D’un ton grave et solennel, le maître engagea son discours. L’introduction porta sur la discipline indispensable au bon déroulement des études, discipline collective forcement, nous étions en classe et le rôle et le comportement des élèves était défini par une règle stricte et sévère à laquelle chacun devait respect et obéissance.
Ces prolégomènes un peu exagérés avaient cependant une autre visée, ils devaient instiller en nous une autre disposition qui était celle de la discipline personnelle, individuelle ; celle-là même qu’il fallait acquérir pour espérer un jour devenir un artiste peintre sculpteur digne de ce nom.
Dès la lecture des articles du règlement, François Lucas avait pris une voie formelle et tranchante. Il égrenait chaque article qui claquait comme un coup de fouet.
En face, nous l’écoutions sans broncher.
Pour terminer, il fit une ultime mise en garde sur les absences et les devoirs non rendus qui représentaient la limite à ne pas franchir si nous voulions conserver notre place au sein de l’école. Nous avions atteint la fin de l'exorde et notre crainte ne faisait que redoubler.
Quand il entama la seconde partie de son discours, sa voix s’adoucit ; elle fut tout à coup plus accommodante et persuasive.