Depuis une vingtaine dâannĂ©es, le nombre de Français qui se dĂ©placent Ă vĂ©lo a littĂ©ralement explosĂ©. Selon un sondage dâAG2R La Mondiale, ils Ă©taient 22 millions Ă avoir enfourchĂ© un vĂ©lo au moins une fois en 2016, contre 31,7 millions en 2022.
Ă Lyon, la tendance est bien visible. La MĂ©tropole de Lyon a considĂ©rablement Ă©largi son rĂ©seau cyclable avec la construction des Voies Lyonnaises. Lyon se classe aujourdâhui comme la 6á” ville la plus âbike friendlyâ de France.
ConsĂ©quence, lâoffre a suivi... Magasins de vente, ateliers de rĂ©paration et prestataires de location de vĂ©los se sont multipliĂ©s dans la mĂ©tropole. Nous sommes allĂ©s Ă la rencontre de lâun de ces acteurs, Alexandre Karsenty. Afin quâil nous parle de son parcours⊠et de lâĂ©volution du rapport des Lyonnais au vĂ©lo.
Une interview de Théophile Eliot. Ecoutez le podcast
Ancien collaborateur de DĂ©cathlon et dâun magazine professionnel sur le vĂ©lo, il fonde en 2010 Lyon Cycle Chic. Une boutique orientĂ©e vers lâusage urbain du deux-roues, Ă contre-courant dâun marchĂ© alors dominĂ© par le sport.
« Ă lâĂ©poque, se dĂ©placer Ă vĂ©lo relevait presque de lâacte militant », se souvient-il. « Mon public Ă©tait constituĂ© dâaficionados, parfois considĂ©rĂ©s comme des illuminĂ©s. ». Mais depuis, le regard a changĂ©. Pour Karsenty, lâĂ©largissement du public ne doit rien Ă un prosĂ©lytisme militant : câest avant tout la praticitĂ© qui a sĂ©duit les citadins.
« Faire dix minutes Ă vĂ©lo plutĂŽt que quinze en voiture, sans compter la galĂšre du stationnement, câest redoutablement efficace. » En 2018, il ouvre Lyon VĂ©lo Location, une enseigne voisine, pour rĂ©pondre Ă une demande croissante de tourisme et de dĂ©couverte.
Les profils cibles sont variĂ©s... Habitants curieux de tester un vĂ©lo cargo ou Ă©lectrique, amateurs souhaitant essayer le gravel avant dâacheter, ou encore familles qui louent pour un week-end sur la ViaRhĂŽna. Plus quâun simple moyen de transport, le vĂ©lo devient un outil dâexploration et dâexpĂ©rimentation.
Pour autant, le gĂ©rant regrette la polarisation du dĂ©bat entre automobilistes et cyclistes : « On oublie que nous partageons tous le mĂȘme espace. Beaucoup de nouveaux cyclistes Ă©taient hier encore au volant. PlutĂŽt que de pointer la paille dans lâĆil du voisin, profitons de ce que le vĂ©lo apporte : praticitĂ©, santĂ©, plaisir. »
Ă Lyon comme ailleurs, la bicyclette nâest plus rĂ©servĂ©e Ă une minoritĂ© engagĂ©e. Elle sâaffirme dĂ©sormais comme une alternative concrĂšte et conviviale, Ă la croisĂ©e de la mobilitĂ© urbaine et du loisir.
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