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Au début des années 1970, la musique anglo-saxonne et particulièrement celle des Beatles influence les artistes français. Ainsi début 70 paraît "La mort d'Orion", un oratorio désespéré de métaphysique de Gérard Manset. Ce dernier a travaillé une année entière à la réalisation de ce chef-d'œuvre. Michel Lancelot le fera connaître en le diffusant régulièrement dans son émission Campus sur Europe 1. Le disque se vendra régulièrement jusqu'à ce de Manset décide de retirer le vinyle du commerce en 1988.
Biographie de James Ollivier
James Gaston Raymond Duchamp, alias James Ollivier, chanteur, compositeur français, naît à Reims en 1933. Ses origines sont de Champagne-Ardennes du côté maternel, du Pas de Calais et de Paris du côté paternel.James est un petit garçon charmant, un peu espiègle, qui vit au sein de la famille, composée de ses parents, de sa sœur aînée, de sa grand-mère maternelle, qui lui raconte des histoires fabuleuses, et de la sœur de sa maman.En septembre 1939, la famille, craignant les vicissitudes de la guerre, se réfugie en Normandie, au bord de la mer, près de la Baie du Mont Saint-Michel. Là, le petit James découvre la beauté du site, son immensité, la plage, et tombe sous le charme.
James a cinq ans, va en classe, poursuivant son petit bonhomme de chemin d'écolier. Ayant appris les chansons « Le petit chemin de fer » et « Les petits lapins », il les reprendra bien plus tard dans un disque pour enfants, lorsque les années auront passé. De retour à Reims en 1941/42, ce sera l'école, la première communion et le collège Henri Jolicœur, où sera signé l'armistice en mai 1945.
Aimant la musique, le chant, le théâtre, James entre au Conservatoire de Reims, où il recevra le premier Prix de Comédie pour le rôle de Lorenzaccio d'Alfred de Musset. Cela décide de ses projets d'avenir, puisqu'il rêve de monter à Paris et de devenir comédien. Ses études terminées, il travaille comme aide-chimiste dans une maison d'alimentation rémoise, mais son idée artistique le tarabuste toujours.
Au milieu des années 1950, James part à Paris où il entre au cours Simon, puis chez Gabrielle Fontan, qui lui donne son nom de scène « James Ollivier ». Arrive, alors, le service militaire, il est infirmier au Val de Grâce.Celui-ci terminé, il rencontre Jean Dasté de la Comédie de Saint-Etienne qui l'engage, lui donnant ainsi son baptême du feu. Là, pendant trois ans, il interprétera les grands auteurs, Molière, Shakespeare, Dostoïevski, Bertolt Brecht, Bernard Shaw, etc... Il jouera dans « Le héros et le soldat », « Les frères Karamazov », « Le cercle de craie caucasien » et bien d'autres pièces de nombreux auteurs.
De retour à Paris, James Ollivier fait un petit détour par le Théâtre de Bussang de Frédéric Pottecher.Il joue chez Sacha Pitoëff, Jacques Fabri, Marie Bell, qui lui donnera un rôle chantant dans « La voleuse de Londres », et Jacques Sarthou dans « Les fourberies de Scapin ».
Mais James Ollivier compose aussi des chansons et met en musique les poètes qu'il aime : Jacques Prévert, Louis Aragon, Robert Desnos, Guillaume Apollinaire, Paul Verlaine Verlaine, Joe Bousquet, Claude Roy, Jules Lafforgue, etc… Un soir, avec des amis, il va « Chez Georges », rue des Canettes. On lui demande de chanter. Suivront le Club des Poètes, la Closerie des Lilas, la Contrescarpe, le Don Camilo.
Ainsi en 1966 paraît chez BAM son disque Marennes - Cancale deuxième album de la série "La Fine Fleur de la Chanson Française" . Le premier ayant été consacré à Hélène Martin, les suivants respectivement à Jacques Douai, Jean Vasca & Francesca Solleville. Bel entourage….Ensuite, en 1970 paraît toujours chez BAM l'album 33 tours Meinert Hobbéma dans lequel il met en musique différents poètes comme Louis Aragon, Norge, Jules Lafforgue, Raymond Queneau…
[ source : archives personnelles de Michel Le Bas, grand merci à lui ! ]
1963 Un 45 tours : L'île lointaine (Bel Air)1964 Un 45 tours : La plage (Bel Air)1965 Un 33 tours : Messagers de l'Histoire (participation) (Reflets SM)1966 Un 33 tours : L'oiseau mort (compilation + 4 inédits) (Bel Air) &Un 33 tours : La Fine Fleur n°2 - Marennes Cancale (BAM)1970 Un 33 tours : Meinhert Hobbéma (BAM)
02:03 Mouloudji : Autoportrait (Athée grâce à dieu) : Marcel Mouloudji - Cris Carol : 197004:39 James Ollivier : Meinert Hobbema : Louis Aragon - James Ollivier : 197007:58 Jean-Paul Marchant : La source : Jean-Paul Marchant : 197010:38 Andrée Simons : Les canaux de Hollande : Andrée Simon : 197013:33 Hélène Martin : Chanson de la rose des vents : Georges-Emmanuel Clancier - Hélène Martin : 1970
Jacques Bryckaert, alias Jacques Yvart, chantauteur français, naît à Rosendaël en 1940. Son père est cap-hornier, ses grands-parents pêcheurs d'Islande. Sa mère avait ses cahiers de chansons et lui a offert sa premières guitare. Après le bac, il prépare un professorat d'éducation physique.Pendant son service militaire, il crée un groupe vocal d'appelés et lui fait chanter ses propres chansons.De retour en France, il fait ses débuts à la Grange au Bouc à Montmartre puis à La Colombe. Sa voix profonde comme le son d'une contrebasse ainsi que sa diction nordiste impressionnent. Guy Béart le convie alors dans ses récitals, parfois en compagnie de Dominique Grange. Georges Brassens qui le surnomme "son filleul" le fait passer deux fois en première partie à Bobino. Georges reprendra "Jehan l'advenu" une de ses chansons dont il fit la musique sur un texte de Norge.
D'abord, au début des années 1960, Jacques Yvart fonde avec Gaston Belby et Edouard Manga (Doudou) le groupe Les Bab's. Il feront paraître six 45 tours entre 1964 et 1966.En 1966, il participe avec les Bab's, Juliette et Anne Ballester sous le nom de "Lubriks" à un album 33 tours "7 chansons spéciales et un texte" vente interdite aux mineurs, exclusivement réservée au corps Médical…La carrière solo de Jacques Yvart commence en 1967 par un 45 tours tiré à 300 exemplaires "Graveline 67" où il met en musique et chante quatre textes d'André Devynck.Ainsi en 1968/69, il remporte le prix Paul Fort et la médaille d'or au festival de la jeunesse à Sofia.Enfin en 1969, il enregistre son premier album 33 tours composé de traditionnels et de textes d'André Devynck qu'il a mis en musique. L'année suivante paraît "De la mer et des hommes" autres album où Jacques fait à nouveau la part belles aux textes d'André Devynck. Il reprend "Cent matelots" de Roger Riffard en deux versions différentes.
17:27 Barbara : Le quatre novembre : Rémo Forlani - Barbara : 197020:06 Arlette Téphany : Le sage Salomon : Bertolt Brecht, adapt. Jean-Claude Hémery - Kurt Weill : 197023:14 Jacques Yvart : On joue à l'homme : André Devynck - Jacques Yvart : 197025:19 Juliette Gréco : Les pingouins : Frédéric Botton : 197027:11 Marie-Josée Vilar : Fille de joie : Marie-Josée Vilar : 1970
Biographie de Luce KleinLuce Klein, chantautrice française, naît à Sélestat (Alsace) en 1933. Benjamine d'une famille de 5 enfant, elle est très tôt passionnée de chanson. Ainsi, sur le chemin de l'école, Luce chante les chansons entendues à la radio. Deux kilomètres à pied, quatre fois par jour. Son seul désir est d'être chanteuse. Ayant obtenu son bac, ses parents l'inscrivent à l'École hôtelière de Strasbourg. À l'insu de ces derniers, Luce s'inscrit au concours du Conservatoire et y est reçue. Devant tant de culot, son père lui accorde le droit de suivre l'École du Centre Dramatique de l'Est… si elle est prise. Elle y est acceptée, suit le cursus de trois ans. Mais ce n'est pas de la chanson. On lui distribue des rôles qui chantent mais Luce n'en est pas satisfaite. Elle commence alors à écrire des chansons.
La maman pleure mais son papa l'aide et ainsi en décembre 1957, Luce Klein part pour Paris. Ses chansons intéressent les cabarets. Elle débute à la Colombe. Michel Valette dit d'elle :
« Venue en décembre 1957 me présenter ses propres chansons, elle avait la fraîcheur des fausses naïves et cependant l'histoire de son parcours la révélera comme une femme de tête. […] Elle s'était mise récemment à écrire quelques chansons et voulait les interpréter elle-même. Ne sachant pas jouer de la guitare, elle fut accompagnée par Marcel Yonnet et programmée dans cinq chansons le 15 février 1958 en première partie des "Contes de fées".Dans les deux ans qui suivirent, elle passa aussi chez Moineau, à l'Écluse, au Collège Inn, à la Rôtisserie de l'Abbaye et au Cheval d'Or qui l'engagea à l'année… pendant sept ans. En 1961, elle fit la première partie d'André Claveau aux Concerts Pacra.»
Malgré les prix (Prix de la chanson française à Beyrouth, Coupe d'Europe de la chanson), les tournées (avec Barbara et Reggiani, Bobino avec Colette Renard) le succès public ne vient pas.
Luce Klein enregistre chez Ricordi deux 45 tours en 1960 & 1961. Georges Brassens lui dit qu'il aurait aimé avoir écrit sa chanson "Le grand tonton". Il donne ainsi la légion d'honneur à Luce sans le savoir. Georges se souviendra d'elle en 1972 car il invitera Luce Klein pour son passage à Bobino en décembre 1972.Ensuite Luce enregistre un album 25 cm "Dans une flaque d'eau" chez Philips. Puis elle fait paraître cinq 45 tours entre 1963 et 1969.Enfin, en 1970 paraît "Rue Mouffetard" un album 33 tous sous l'étiquette BAM.
32:53 Les Frères Amara : Le mendiant : Roger Riffard, Jean-Claude Amara - Roger Riffard : 197034:42 Luce Klein : Vous savez bien : Luce Klein : 197036:46 Raoul De Godewarsvelde : Adieu pour un artiste : Bernard Dimey - Maurice Blanchot : 197039:18 Eric Robrecht : L'oiseleur : Bernard Dimey - Eric Robrecht : 197041:43 Anne Vanderlove : La route du Levant : Gérard Manset - d'après Ludwig van Beethoven : 1970
Gérard Manset, auteur-compositeur-interprète, peintre et écrivain français, naît à Saint-Cloud (région parisienne) en 1945.Parents aisés, son père, beaucoup admiré, genre self-made man est ingénieur dans l'aviation, sa mère violoniste. Un grand-père artiste-peintre qui avait fait les beaux-Arts.Gérard Manset passe sa prime enfance à Saint-Cloud dans des conditions très précaires jusqu'à l'âge de huit ans. Puis la famille déménage dans le 16ème arrondissement de Paris dans des conditions très bourgeoises. Peu intéressé par les études, il échoue au baccalauréat. Il part alors étudier le dessin aux Art Déco.Manset baigne dans la musique classique par l'entremise de son frère aîné. Alors qu'il a 14 ou 15 ans, sa sœur cadette apprend le piano. Mais une fois le cours terminé, il s'installe à sa placez pour déchiffrer les notes à son tour. Après quelques mois, il vole de ses propres ailes, impatient d'aller plus vite que la musique. Puis il se met à la guitare comme tous les pré-adolescents et se met à écrire des chansons.
En 1966, Gérard Manset confie ses premières chansons à son copain de lycée Laurent Malek. En 1970 il crée avec ce dernier son propre studio d'enregistrement : Le Studio Milan.
D'abord en 1968 paraît le 45 tours 3 titres "Animal on est mal" (avec L'Arc-en-ciel & La dernière symphonie). Celui-ci est suivi d'un album 33 tours éponyme à l'automne. Plusieurs titres dont bien sûr "Animal on est mal " sont diffusés régulièrement dans l'émission Campus de Michel Lancelot. Les chansons, à la fois simples et pleines de mystères, donnent l'impression d'un homme étrange et secret. En effet, Gérard Manset paraît préoccupé par les questions existentielles de l'époque et tiraillé entre les solutions possibles. Non-violence, avec "La dernière symphonie" éclatant sur fond d'explosion atomique, respect de l'être humain. Mal de vivre, difficulté à communiquer avec ses semblables "Animal on est mal".Enfin, deux ans plus tard, Gérard Manset publie son mythique album, sorte d'oratorio pop, teinté de science-fiction : La mort d'Orion. Malgré une approche un peu difficile, il rencontre peu à peu un joli succès auprès d'une frange marginale du public.
« Parabole cosmique dont le sitar et les cordes, la guitare électrique et les flûtes accentuent le caractère solennel, ponctuent le cheminement tragique. La voix aérienne d'Anne Vanderlove, celle émouvante, de Giani Esposito contribuent à faire de cette mort d'Orion une pièce d'une exceptionnelle beauté. » in Paroles et Musique n° 34
Malgré l'écho relativement faible qu'a rencontré le disque "La mort d'Orion", ceux qui l'ont apprécié vont vouer un culte à son créateur. Culte d'autant plus vif qu'il n'est pas partagé par le "grand public". Cependant Gérard Manset a honte d'être chanteur :
« Il existe une anormalité décente, positive : celle des écrivains ou des peintres. Ils peuvent être malsains, antipathiques, irascibles : on les vénère comme tels. Un auteur-compositeur-interprète ne sera qu'un saltimbanque, le bas de l'échelle. ».
Imper noir, col roulé noir, regard noi, barbe noire et cheveux bruns, il se déguise alors en nuit sans étoiles.
47:26 Gérard Manset : La mort d'Orion - Où l'horizon prend fin : Gérard Manset : 197049:07 Gérard Manset, Anne Vanderlove : La mort d'Orion - Salomon l'hermite : Gérard Manset : 197055:38 Gérard Manset : La mort d'Orion - Final : Gérard Manset : 1970 56:55 Gilles Elbaz : L'eau : Gilles Elbaz : 1970
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En 1970 s'ouvre une fête étrange, héritière de l'après-68. Jacques Bertin l'a imaginée très calme. Elle ne le fut point. Tous les courants : rock, folk, jazz, chanson poétique s'y sont exprimés et ont expérimenté. Ainsi, la décennie musicale la plus créative du XXe siècle vient d'éclore.Jacques Bertin, Jean Vasca, Béa Tristan, François Béranger vont casser les codes. Dynamiter alexandrins et octosyllabes pour transformer un poème en chanson. Le show-biz essaie de récupérer le mouvement qui intéresse de plus en plus de jeunes qui délaissent leurs niaiseries sucrées. Mais en réalité les "directeurs artistiques" continuent à édulcorer avec des arrangements ou carrément par la censure de certains titres. Mais la machine est en route et va révolutionner l'esthétique du siècle.
Biographie de Béa TristanBeatrix Longa alias Béa Tristan, chantautrice française, naît à Pont-l'Évêque (Calvados) en 1950. De sa mère pianiste, elle hérite d'un don pour l'écriture et le chant. De son père ingénieur agronome, elle reçoit le goût pour la nature, les pays lointains et les motos.En premier lieu, Beatrix passe sa prime jeunesse à Madagascar où son père est en poste. Puis de 1956 à 1966 la famille vit en Lorraine, son père ayant été muté à Nancy.Mais en 1966, les parents divorcent, la mère et ses enfants emménagent à Paris, dans le quartier Mouffetard.
Beatrix commence à chanter ses compositions dans les bistrots de la rue Mouffetard jusqu'à Montmartre. En particulier, elle chante chez Bernadette, rue des Bernardins où un dénommé Coluche fait la cuisine. Elle postule pour l'examen de la SACEM, elle n'a pas encore 16 ans.À cette époque, les directeurs artistiques se déplacent dans les petites salles en quête de nouveaux Talents. C'est ainsi qu'en février 1967, elle est remarquée et invitée à une audition à l'Olympia. C'est Bruno Coquatrix qui la reçoit. Il dira d'elle :
« Quand elle est venue auditionner pour la première fois, j'ai eu un choc, le même qu'en écoutant Jacques Brel à ses débuts »
Sous le nom de "Béa Tristan", elle signe chez Philips en 1967 et enregistre un premier 45 tours "La vague qui divague" suivi d'un premier album 33 tours l'année suivante. Plutôt que marmonner des bluettes sentimentales, Béa Tristan met en scène des tranches de vie fortes et vigoureuses.Cependant, après 1968, Philips sort du cadre qui avait été le terreau des Ferré, Brassens, Leclerc, etc... pour entrer dans celui du marketing. Dans le premier album, les arrangements de François Rauber respectaient l'esprit des chansons.Dans le second, Béa Tristan se voit trahie, les chansons sont habillées d'effets sonores qui doivent plus à la mode qu'à l'esprit des textes. Les "faiseurs de légende, vendeurs d'illusions" la font maintenant naître dans une ferme bretonne pour la cantonner dans un créneau néo-rural. Pour Béa, c'en est trop : jouer les stars rurales pour les nouveaux écolos, ce n'est pas pour elle.Après un passage à Bobino et une tournée en première partie de Félix Leclerc, Béa claque la porte du show-business.Cependant dans un livre de référence, Jacques Vassal écrit :
Béa Tristan pourrait devenir, après Colette Magny, Brigitte Fontaine et Catherine Ribeiro, l'une de nos plus intéressantes chanteuse »
02:41 Serge Regianni : Le Vénusien : Pierre Tisserand : 197006:03 Pax Quartet : Actualités : Albert Vidalie - Stéphane Golmann : 197008:41 Marie-Josée Vilar : La rogne : Marie-Josée Vilar : 197012:34 Béa Tristan : La lanterne orange : Béatrix Long - François Rauber : 1970
Jean Stievenard alias Jean Vasca, chantauteur français naît à Bressuire en 1940 au hasard des chemins de l'exode. Ses parents, d'origine modeste reviendront à Charleville-Mézières trois mois plus tard. Jean y passe une enfance sans histoire. Mais, pendant les vacances, il va régulièrement chez une grand-mère pianiste à Paris qui exerce une véritable fascination sur lui. Ainsi, il y débarque dès l'âge de 13 ans avant d'entrer au lycée Buffon où il achève ses études secondaires. Pendant la guerre d'Algérie il participe aux comités antifascistes. Parallèlement à cette sensibilisation politique, la lecture et surtout l'écriture titillent Jean Vasca, cela depuis toujours. Côté musique, il est surtout attiré par Georges Brassens.
Ainsi, à fin des années 1950, Jean Vasca découvre l'effervescente rue Mouffetard où la chanson rayonne. Alors, il crée une micro-MJC à l'intérieur d'un bistrot avec trois copains de lycée. Ainsi le vendredi et le samedi, dans le décor des toiles et clichés exposés par ses potes, Jean Vasca chante Léo Ferré, glissant ici et là une des ses chansons naissantes. Simultanément, Jean poursuit des études de Lettres à la Sorbonne, en assurant sa subsistance comme maître auxiliaire aux lycées Charlemagne et Henri IV.Ensuite en 1962 et en 1963, Jean Vasca produit une émission radiophonique mensuelle autour de la poésie et de la chanson intitulée "Présence du verbe". Cela lui offre l'accès à la discothèque de la RTF et en outre permet des rencontres décisives avec les gens du "métier". Il fait ainsi la connaissance de collègues artistes : Maurice Fanon, Hélène Martin, Colette Magny, etc... Mais il fait connaissance aussi d'André Almuro (compositeur de musique expérimentale(, de Pierre Schaeffer (pionnier de la musique concrète et directeur du groupe de recherches de la RTF) et de Luc Bérimont (poète et créateur de la Fine Fleur de la Chanson Française). Le choc Vasca-Almuro est fécond, produisant des spectacles collectifs (avec Hélène Martin, Marc Ogeret, Mouloudji...) et les "Poèmes électroniques", des mélanges de textes dits et chantés par Jean Vasca sur des bandes préenregistrées. L'un d'eux (le n° 3) est représenté à la Biennale de Paris en 1963.
Enfin, en 1964, une page se tourne : à 24 ans Jean Vasca lâche la fonction publique et signe chez Polydor. Cette année-là paraît "Les routes" un album 33 tours presque entièrement écrit et composé par lui (un titre de Pierre Corneille). Entre l'inspiration et le style déjà décalé de Vasca, Les ambiances futuro-cosmiques d'Almuro et les cordes inventives de Barthélémy Rosso, ce 25 cm inaugural pose les bases contrastées de l'attaque "à mots -et musique- armés" qui se prépare. Le disque est postfacé par deux textes, l'un de Luc Bérimont, l'autre d'André Almuro. Plutôt bien accueilli en radio et par la presse, le disque ne parvient cependant pas à toucher le grand public.En 1965 paraît "12 chansons françaises" qui malheureusement subit le même sort. La même année, amusé par les aventures galactiques de Barbarella, Jean Vasca écrit une chanson qui accroche illico les radios périphériques. Malheureusement encore, pour des questions de droit, l'éditeur de la BD exige le retrait commercial immédiat du 45 tours. Non seulement Polydor cède sans combat, mais en profite pour virer le trublion.
Albert Alvarès, fondateur des disques BAM, est intéressé par Jean Vasca. Il rachète la bande du 45 tours et le ressort avec Barbarella rebaptisée en Galactéa. Le disque ne connaît pas le succès initial et finit au pilon. Jean Vasca devient alors rédacteur en chef de la revue "Guitare et musique" où il tient la rubrique chanson et poésie.Cependant, en 1967 paraît le quatrième album de la collection "La fine fleur" dirigée par Luc Bérimont. Après Hélène Martin, Jacques Douai et James Ollivier, c'est au tour de Jean Vasca d'être mis à l'honneur. L'ange exterminateur obtient alors le Grand Prix du Disque de l'Académie de la Chanson. Toutefois, c'est encore le silence radio quasi-total, hormis dans l'émission Campus de Michel Lancelot.Enfin en 1970 paraît le quatrième album de Jean Vasca chez Festival : "Vivre en flèche", électrique, percussif, summum de la collaboration avec Mimi Rosso. Hélas, la compagnie Festival capote et sera rachetée par Musidic. Alors Jean Vasca se retrouve à nouveau sans maison de disques. En six ans, il a publié quatre albums, il lui faudra attendre quatre ans jusqu'au suivant.
18:44 Jacques Bertin : Je voudrais une fête étrange : Jacques Bertin : 197021:53 Gilles Elbaz : Le bal masqué : Gilles Elbaz : 197024:25 Jean Vasca : Derrière une épaule : Jean Vasca : 197027:42 Catherine Le Forestier : La chambre rouge : Catherine Le Forestier : 197030:14 Bernard Haillant : Le jour où nous serons vieux : Bernard Haillant : 1970
Biographie de Pierre VassiliuPierre Vassiliu, auteur-compositeur-interprète français naît à Villecresnes (région parisienne) en 1937. Son père est un médecin roumain violoniste immigré en France. Sa mère est une mélomane tourangelle pratiquant le piano. En conflit avec ses parents, il est mis à la porte à 15 ans. Pierre Vassiliu a la passion du cheval, il a éeé apprenti jockey. Cependant, il gratte aussi la guitare, chante avec sa sœur Anne tanfis que son frère Michel lui en écrit les textes. De plus, il gagne sa vie en tant que moniteur d'équitation. Ainsi il donne des cours à des célébrités : Roger Piere, Jean-Marc Thibault et Darry Cowl qui, à leur tour, l'aident à mettre le pied à l'étrier pour entrer dans le "métier" de la chanson. Mais d'abord, il doit faire ses "obligations militaires". De fait, il sert pendant 29 mois comme photographe des armées pendant la guerre d'Algérie.
Ainsi, de retour à la vie civile en 1962, Michel Vassiliu rejoint le Petit Conservatoire de Mireille et chante dans les cabarets rive gauche. Très influencé par Boby Lapointe, Michel Vassiliu fait d'abord rire avec des chansons comme Armand (1962) puis Charlotte (1963). Mais lorsqu'il s'essaie dans le comique troupier antimilitariste, La femme du sergent (1962) en pleine défaite d'Algérie, les foudres de la censure le contraignent à changer son fusil d'épaule. Il continuera dans le grivois : ma cousine (1964).Patrice Delbourg décrit "L'Ostrogoth abrasif" ainsi :
« À contre-emploi, il trouve le moyen de se faufiler pour les apéritifs de tournées yéyé... Les premières parties reçoivent d'habitude tomates, boulons, chaussures et œufs pourris, lui s'en sort plutôt. L'humour potache fait passer la pilule : pratiquer l'autodérision au milieu d'un raz-de-marée de twisteuses devient un plaisir de gourmet. En 1964, il ouvre le spectacle des Beatles à l'Olympia. Oui vous avez bien lu ! »
Fait notable entre 1962 et 1969, dans chaque 45 tours, il cosigne une chanson ou en rétrocède les droits à sa femme Muriel (Jeannine Cachera), belle élégance…
En fait, très bon guitariste rythmique, il compose pour d'autres artistes, par exemple Eddy Mitchell. Ayant découvert la musique de Croby, Stills & Nash, il aspire sans doute à autre chose. En 1970 il quitte la compagnie Decca pour signer chez Barclay et fait paraître un album 33 tours au ton plus sérieux : Amour, amitié.
35:28 Pierre Vassiliu : Amour, amitié : Pierre Vassiliu : 197038:16 Brigitte Fontaine : Comme à la radio : Brigitte Fontaine - Areski Belkacem : 1970
Louise Forestier, chanteuse, autrice & comédienne québécoise, naît à Shawinigan (Qc) en 1943. Au mitan des années 1960, à sa sortie de l'École nationale de théâtre de Montréal, Louise décide de se lancer dans la chanson. Sa carrière part d'un très bon pied. En effet en 1966, elle reçoit le trophée Renée Claude de la célèbre boîte à chanson montréalaise "Le Patriote", ainsi que le titre "Découverte" à l'émission Jeunesse oblige de la SRC (Société Radio Canada).
Après un premier 45 tours en 1966, Louise Forestier fait paraître en 1967 un album dans la lignée des grandes interprètes de l'époque ( Pauline Julien, Monique Leyrac et Renée Claude). Dans cet album "La boulée" elle interprète, entre autres, trois chansons de Robert Charlebois : La boulée, Ouaouarons & Monument national. Louise entre en contact avec ce dernier à la fin de 1967. C'est à ce momemnt-là qu'avec l'aide de Mouffe, Claude Péloquin, Yvon Deschamps et le Jazz libre du Québec, que Robert et Louise concocteront cette véritable bombe qu'est l'Osstidcho. L'ombre de Charlebois lui pèsera un peu lourd. En effet si l'Osstidcho se révèle un formidalbe tremplin pour Charlebois et Deschamps, Louise Forestier ne bénéficie pas d'aussi généreuses retombées. Elle affirme qu'on ne permettait pas encore aux femmes de "faire les folles" et de crier sur scène. Il faudra attendre quelques années pour que Diane Dufresne défonce la porte. Néanmoins, Lindberg, l'album en duo avec Robert Charlebois rencontre le succès.En 1970 paraît son troisème album solo "Avec enzymes"
48:51 Renée Claude : Le début d'un temps nouveau : Stéphane Venne : 197051:33 Louise Forestier : Le temps des enzymes : Louise Forestier - Jacques Perron : 197054:31 Robert Charlebois : Ordinaire : Mouffe, Pierre Nadeau - Robert Charlebois : 1970
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Chansons libertines 1931-2012, le libertin est celui qui remet en cause les dogmes établis. En quelque sorte c'est un libre penseur. Il s'affranchit des normes culturelles, intellectuelles, morales ou sexuelles. Le libertin est un matérialiste qui considère que les prêtres et les princes utilisent la superstition pour régner sur les peuples.Ainsi, dès le XIIe siècle, les Goliards, des clercs itinérants issus des écoles et universités commencent à écrire des chansons à boire et des poèmes satiriques. Ils critiquent les contradictions au sein de l'Église et les écarts de la royauté et de la noblesse.Puis au XVIIe siècle, Pierre Gassendi réhabilite la philosophe d'Épicure qui ouvre la voie au libertinage des mœurs. La répression est féroce avec la condamnation de certains libertins à mort, a l'emprisonnement ou à l'exil.Ensuite, après les dix années de liberté de la Révolution, surviennent le retour à l'ordre de Napoléon et la chape de la réaction qui s'étire jusqu'à la chute du Second Empire. La Troisième République instaure plusieurs décennies d'un climat plus ouvert.
Biographie de Caroline ClerYveline Trefeuil, alias Caroline Cler (ou Clerc), chanteuse et actrice française naît à Alger en 1928. D'abord, dans les années 1950, elle chante dans les cabarets rive gauche : Les Trois Baudets, La Galerie 55, La Fontaine des quatre saisons, l'Écluse.
Ainsi, en 1957 & 1958, Caroline enregistre trois 45 tours humoristiques et poétiques : Caroline, La complainte des cœurs purs & Sur le pont Saint-Louis. De même, elle participe à l'album multi artistes "Paris rive gauche: Un soir à l'Écluse".Puis dès 1959 elle se consacre à la chanson libertine et poétique : "Licence ès lèvres" en 1959 et "Libertins, libertins chéris" en 1960. Cependant, elle continue d'interpréter et d'enregistrer de la chanson poétique. En fin de compte entre 1962 & 1975, elle enregistre plusieurs albums 33 tours en collaboration avec Christian Borel. Leur répertoire est toujours poétique, un brin subversif, mélangeant humour et légèreté.Philippe Soupault dira d'elle :
« Caroline Cler a interprété les chansons en mettant son intelligence, sa finesse et tout son talent au service des poètes authentiques. Elle a réussi à faire comprendre tout ce que les poètes et les musiciens souhaitaient suggérer et pour atteindre cette réussite exceptionnelle, elle a choisi les moyens les plus simples. »
02:13 Sophie et Dourakine : Avec monsieur le président de la république : Pierre Louÿs : 196903:08 Rosalie Dubois : Le pied : Bernard Dimey - Henri Salvador : 196505:476 Caroline Cler : La nonne et le pâtissier : Brigitte Sabouraud, Gil Nierra - Vincent Vial : 196007:33 Esther Lekain : Ça pousse : Maurice Lamelet-Marin, Louis Roydel - François Perpignan : 193110:12 Colette Renard : Le furet du bois joli : Guy Breton - Raymond Legrand : 196911:26 Sophie et Dourakine : Devoirs envers dieu : Pierre Louÿs : 1969
Paul Villaz, chanteur français naît dans le Doubs en 1923. Élève brillant, il est admis à l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm à Paris.Résistant pendant la guerre il est arrêté puis déporté à Buchenwald. Puis, la guerre terminée, il reprend des études de droit et obtient un doctorat. Il enseigne alors cette discipline mais commence alors à écrire des chansons.
Ainsi, Paul Villaz auditionne à La Colombe, Michel Valette n'est pas convaincu mais devant l'insistance de Paul, il lui laisse sa chance et dit de lui:
« À mon grand étonnement, ce timide qui se cachait derrière ses grimaces en chantant des extravagances amusa le public, surtout le public jeune…. Peu à peu, je me rangeais à l'avis de ses admirateurs et je fis mienne les déclarations qui journaliste de Troyes écrivit sur lui : " Humour et esprit : Villaz c'est tout cela, mais aggravé ou enrichi d'un apport surréaliste qui, le fait devenir à son gré trombe, cyclone, dadaïste survolté, satyre, homme serpent, démon quand au plus fort de son mélodrame avec quelques pièces obscures et secrètes, une ambiance suiffée règne dans la salle. " » .
Alors, Monsieur Alvarez des disques BAM, le repère rapidement et lui fait enregistrer deux super 45 tours en 1962/63: "Lunettes, lunettes" et "L'anthropopithèque". Enfin Paul Villaz fait paraître en 1969 un album 33 tours : "L'Académie française" chez Pathé Marconi . La même année il enregistre un 45 tours deux titres " Le médaillon d'argent" chez Saravah.
La vague yéyé lui est fatale et il se détourne de la chanson après la fermeture des derniers cabarets. Paul se tourne alors vers la littérature et écrit le somptueux "Cantique de Siméon".
15:16 Simone Bartel : Le chat curé : Jean Anouilh - André Grassi : 196819:00 Gilbert Grenier : La vieille dame et le jeune homme : Gilbert Grenier : 196620:44 Ginette Garcin : (Prenez mes) Mandarines : Lucien Boyer - René Sylviano : 195823:25 Paul Villaz : Justine : Paul Villaz : 196925:38 Aurélia : Amour au feu rouge : Monique Le Porrier - Léo Petit : 1968 28:48 Virginie Falluce : Lisette tuée par Robin : Mathurin Régnier : 1975
Biographie de Suzy SolidorSuzanne Marion, alias Suzy Solidor, chanteuse, actrice et romancière française, naît en 1900 à Saint-Malo et décède en 1983. Sa mère, Louise Marie Adeline Marion, est domestique chez Robert Henri Surcouf, avocat, armateur et député de Saint-Malo. Le père biologique est inconnu mais selon Suzy Solidor ce serait Robert Henri, le député-employeur.Suzanne passe son permis de conduire en 1917, ce qui était, à cette époque, exceptionnel pour une femme, et peu avant l'armistice elle est promue chauffeur des états-majors.
Après la guerre, elle s'installe à Paris, y rencontre Yvonne de Bremonds d'Ars (célèbre et très mondaine antiquaire) et en devient sa maîtresse pendant 11 ans. C'est Bremonds d'Ars qui façonne et lance Suzy avec ses cheveux blonds et courts, comme prototype de la garçonne.Ainsi en 1929 elle se tourne vers la chanson. Son répertoire se compose alors de chansons de marins et d'œuvres interlopes.Puis en 1933, elle ouvre "La vie parisienne" un cabaret chic et cher, lieu de rencontres homosexuelles.
Durant l'occupation son cabaret est fréquenté par de nombreux officiers allemands.À la libération elle est traduite devant la commission d'épuration des milieux artistiques qui lui inflige un simple blâme mais aussi une interdiction d'exercer de 5 ans.
31:30 Suzy Solidor : Ouvre (version complète) : Edmond Haraucourt - Laurent Rualten : 193334:15 Catherine Sauvage : Concerto pour dames seules : Pierre Brunet - Paul Amar : 196937:02 Jean-Luc Debattice : Sonnet du trou du cul : Paul Verlaine, Arthur Rimbaud - J.L. Debattice : 200939:15 Lucienne Deschamps & Bernard Ascal : Le blason du con : Claude Chappuys - Bernard Ascal : 200941:33 Annick Cisaruk : Les pensionnaires : Paul Verlaine - Léo Ferré : 2010
Lionel Rocheman, chanteur, conteur, musicien & écrivain français, naît à Paris en 1928 dans une famille juive. Lionel sera un des plus jeunes maquisards de France : il s'engage à 16 ans dans les maquis de Creuse et de Corrèze.Puis, la guerre terminée il reprend ses études au lycée Voltaire à Paris et obtient son bac philo en 1946. Lionel poursuit par des études de musicologie pendant deux ans.Il comprend avant tout le monde la richesse de la vague folk venue des États-Unis.
Au début des années 1960, se développe le hootnanny, sorte de fête démocratique où l'on peut échanger des musiques bricolées de toutes sortes, où le racisme est vite expédié. Où l'audience dans son ensemble, jeunes comme vieux, peuvent participer aux chansons syndicalistes, aux vieux spirituals, et aux nouvelles chansons taillées sur mesure. Le phénomène sera vite étouffé par le pouvoir étasunien avec l'aide de la télévision. Lionel Rocheman reprend le concept original et crée en 1964 le Hootnanny, au Centre américain du boulevard Raspail à Paris. On y entend Roger Mason et John Wright. Lionel se met aussi à la chanson ouvrant la porte à toutes les langues et à tous les styles.Enfin en 1967, Lionel Rocheman enregistre un album 33 tours "Les mères d'à présent" postfacé par Georges Brassens :
« Lionel Rocheman ne sacrifie pas à la mode dernière. Il nous conte fort agréablement des histoires venues du fond des temps de dans la forme de la bonne vieille chanson française. On adopte sur le champ ses jolies complaintes, elles sont tout de duite de la famille et enrichissent notre patrimoin.Bravo et merci Lionel »
Puis en 1968 paraît "Chansons et complaintes de soldats". Cet labum sera suivi en 1969 de "Chansons d'amour… parfois polissonnes"
46:50 Lionel Rocheman : Gaillardise : Voltaire - Albanèse : 196949:02 Denise Benoit : Le joli fusil : Ferdinand Bossuyt - Gumery - De Lylle : 196651:01 Georges Chelon : La belle hôtesse : Traditionnel - Georges Chelon : 201253:14 Cora Vaucaire : Ma grand'mère : Pierre Jean de Béranger : 195656:06 Colette Renard : Confession : Guy Breton - Raymond Legrand : 196657:40 Robert Leydet : Le libertintaire : Robert Leydet - Maurice Blanchot : 2005
1969 année héroïque, cette année-là un fait divers secoue la France. L'affaire Gabrielle Russier, une jeune professeure de Lettres, est accusée de détournement de mineur après une liaison en 1968 avec un de ses élèves âgé de 17 ans. Emprisonnée plusieurs fois pendant quelques jours. Elle est alors condamnée en juin 1969 à un an de prison avec sursis. Elle se suicide à la veille de la rentrée scolaire, le parquet ayant fait appel à minima.Ce fait divers reflète les verrouillages de la société française de l'après-68 et les dysfonctionnements de ses institutions. De plus elle montre la contradiction entre l'aspiration de la jeunesse à la liberté d'aimer et les carcans moraux qui enserrent les sexualités.
Biographie de Marie-Blanche VergneMarie-Blanche Vergne, chanteuse et actrice française, naît à Colombes (banlieue parisienne) en 1934. Elle commence sa carrière au théâtre en 1954. Puis s'oriente vers cinéma deux ans plus tard dans de petits rôles non crédités. Enfin, elle aura un rôle plus important en 1959 dans "J'irai cracher sur vos tombes" de Michel Gast, d'après le célèbre roman de Boris Vian. Ensuite, elle commence à apparaître à la télévision à partir de 1961. Mariée à Jean-Christophe Averty, elle participe à toutes les formes d'émissions TV avec sa partenaire Jacqueline Monsigny.
Bref, Marie-Blanche Vergne enregistre avec Jacqueline Monsigny un 45 tours "Deux amies de la TV chantent pour vous" en 1963. Puis en 1967 paraît un autre 45 tours avec, à noter, une chanson écrite par Pierre Louki "La rose" et une autre par son mari "Au risque de te déplaire".En fin de compte, en 1969, elle enregistre un album éponyme dans lequel, elle reprend "La chanson de la glu" qui avait été interprétée par Thérésa dans les années 1880 puis par Yvette Guilbert et Polaire. Un monument de l'Histoire de la chanson.En fin de compte, elle enregistre trois 45 tours simples en 1970, 71 et 72. Puis poursuit sa carrière au cinéma et à la télévision.
02:03 Georges Moustaki : Le métèque : Georges Moustaki: 196904:27 Marie-Blanche Vergne : La chanson de la glu : Jean Richepin - Charles Gounod, arrgt. Yannis Spanos : 196906:02 Julie Saget : De Jules César à Attila : Julie Saget - Jacques Yvart : 1969 07:43 Robert Nyel : Hortense : Robert Nyel : 196911:09 Anne Sylvestre, Boby Lapointe : Depuis l'temps que j'l'attends mon prince charmant : Anne Sylvestre : 1969
Gilbert Hennebic, alias Gilbert Hennevic, chantauteur français naît à Paris. Fils d'instituteur breton, il connaît entre Asnières et Paris une scolarité distraite et rêveuse. Les poèmes, croquis et chansons qu'il griffonne pendant les cours le font considérer comme un prototype parfait du cancre. Il se fait renvoyer de lycée et lycée. Néanmoins, après une tentative dans le dessin, Gilbert accepte un poste d'instituteur suppléant en Normandie. Son inspecteur d'académie trouve alors son enseignement plus riche en poésie, chanson et gymnastique qu'en règles grammaticales.
Pourtant, Gilbert accumule sans cesse des chansons et se décide à écrire à une grande firme de disques. On le fait alors monter à Paris pour une audition, un directeur artistique voit en lui une révélation. Gilbert Hennebic plaque tout et s'installe à Paris en 1964, à une époque où la chanson française se vend moins bien que les adaptations anglo-saxonnes. Les directeurs artistiques qui, un mois auparavant, l'encensaient ne répondent plus au téléphone. Il survit grâce à des petits boulot et se présente aux auditions dans les cabarets.C'est ainsi qu'il rencontre Michel Valette qui se rend compte de la grande qualité des compositions de Gilbert. Ne pouvant l'engager Valette décide de le présenter au gens du métier. Ce dernier lui fait rencontrer Georges Brassens qui, après les avoir écoutées, est séduit par les chansons de Gilbert. Brassens lui dira alors :
«Tu possèdes ce qu'il y a de plus important dans la chanson, tu as ton univers à toi»
Dès lors, Michel Valette prend alors le destin de Gilbert en main et le présente à Jacques Canetti qui l'inscrit immédiatement au programme du Théâtre Fontaine à Montmartre. Gilbert commence à se faire connaitre. Ainsi, dès 1964 Jacques Boyer enregistre deux chansons de Gilbert : "Le costume de communion" & "Par chez nous". De même, Gilles Olivier enregistre "La complainte du satyre" en 1969.De plus, Valette lui fait aussi rencontrer la jeune Brigitte Sauvane qui se cherche un répertoire. Elle choisit quelques chansons et commence à les travailler. Les qualités d'interprète de Brigitte Sauvane ajoutées à celles des chansons de Hennevic donne à Valette l'envie de les enregistrer. Devant l'insuccès pour faire engager Gilbert Hennevic par une maison de disques, Michel Valette décide de créer la sienne. Ce sera les Disques Colombe qui publieront ceux de Gilbert Hennevic et de Brigitte Sauvane. Ainsi en 1967, paraît le premier 45 tours de Gilbert Hennevic "La danse" suivi en 1969 d'un autre 45 tours "La connerie".
18:29 Gilles Olivier : La complainte du satyre : Gilbert Hennevic - Gilles Olivier : 196921:30 Jehan Jonas : Zoo de Vincennes : Jehan Jonas : 196924:11 Gilbert Hennevic : La connerie : Gilbert Hennevic : 196926:46 Francesca Solleville : Je suis née de ce temps : Maurice Bourdet - Jean-François Gaël : 1969
Biographie de Brigitte SauvaneBrigitte Dessauvages, alias Brigitte Sauvane, chanteuse française, naît à Croix dans le Nord (59). Son père musicien, premier prix de trombone au Conservatoire de Paris est soliste à l'Opéra du Rhin. De ce fait, elle passe une bonne partie de son adolescence à Mulhouse. Elle prend des cours de piano et de comédie au Conservatoire avec Paul Bordry. Ce dernier deviendra responsables des programmes culturels francophones à l'UNESCO. Par conséquent, Brigitte peut participer à de nombreuses émissions de cette institutions.Ainsi, dès l'âge de 15 ans, Brigitte fait ses débuts dans un petit cercle littéraire de Mulhouse où elle dit des textes poétiques. Puis, élève à l'École du Théâtre national de Strasbourg, elle suit des cours d'improvisation et de masques. Elle joue quelques classiques au Théâtre de Strasbourg, obtient un premier prix de comédie et part pour Paris. Pleine de courage et de persévérance, elle fait de la figuration au Châtelet et à la Comédie-Française.
En premier lieu, Brigitte participe à des émissions de radio avec le parolier Henri Contet avec André Grassi comme accompagnateur…. elle sélectionne déjà un répertoire de qualité. Parallèlement, elle peaufine sa voix avec maître Botzano, disciple de Caruso. Alors, Brigitte Sauvane rencontre Michel Valette lors d'une audition à La Colombe. Celui-ci est enthousiasmé par sa voix, son énergie et la qualité de son répertoire. Comme il avait rencontré peu de temps auparavant Gilbert Hennevic, un auteur compositeur exceptionnel (voir plus haut) il le lui présente. Brigitte cherchait un répertoire qui lui soit propre. c'est avec joie qu'elle choisit et travaille quelques unes des chansons de Gilbert.
En conséquence, en 1968, elle enregistre un premier 45 tours chez Decca dont deux titres ont été écrits par Hennevic "Pardon monsieur" & "Les caresses"Puis, Michel Valette ayant crée une étiquette "Les Disques Colombe" elle y enregistre alors quatre 45 tours en 1969, 70 & 71.Sa carrière discographique se terminera par deux magnifiques albums 33 tours : "Et qu'importe" en 1973 suivi de "Canal Saint-Martin" en 1976
32:14 Michel Aubert : Position III : Luc Bérimont - Michel Aubert : 196934:52 Barbara : Moi je me balance : Georges Moustaki: 196937:24 Brigitte Sauvane : Les caresses : Gilbert Hennevic : 196840:08 Jacques Debronckart : Mais si, mais si je t'aime : Jacques Debronckart : 1969
Michel Bühler, chantauteur, acteur, écrivain et enseignant suisse, naît en 1945 à Berne. Il grandit à Sainte-Croix, un village vaudois à 1000 mètres d'altitude.
« En hiver, c'est extraordinaire ! Il y a cinquante centimètres de neige gelée. Le plateau suisse, au-dessous de nous, est souvent dans le brouillard. Le regard de l'Auberson, porte jusqu'aux Alpes au-dessus de la mer de nuages »
Michel Bühler vit alors, entouré d'une grande famille qui a le goût du chant. Aussi, chaque semaine tout le monde se réunit et reprend en chœur les vieilles chansons des montagnes.Après des études primaires et secondaires à Sainte-Croix, Michel descend à Lausanne en 1961 pour suivre les cours de l'École Normale. Il y apprend alors la musique, le solfège et l'harmonie. En ville, il découvre cinémas et café ainsi que l'incroyable débit de paroles de ses nouveaux copains. On est plutôt taiseux à la montagne. Du coup, il assite à son premier spectacle : Georges Brassens avec Boby Lapointe en première partie. De plus, avec ses copains il apprend à jouer de la guitare et chante Brassens et Ferrat dans des petits endroits.
« Toutes les chansons diffusées à la radio parlaient d'ailleurs, de Paris, de la France. Aucune n'évoquait les lieux que je connaissais. Je me disais qu'on devait pouvoir raconter notre vie de tous les jours avec ses problèmes, nos paysages. Et c'est pour ça que j'ai commencé. »
Michel en aura la confirmation en entendant un jour à la radio "Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver". D'abord, il pense que c'est un Suisse qui chante avant de se rendre compte que c'est le Québécois Gille Vigneault.
Instituteur depuis 1965, Michel Bühler rêve de devenir chanteur, un de ses copains Denis Niklaus veut être impresario. Tout naturellement, Denis prend la "carrière de Michel en main" et le pousse à monter à Paris avec une maquette sur un bobineau de Revox. Mais les premiers quatre ou cinq directeurs artistiques qu'ils rencontrent ne sont pas intéressés. Cependant, le dernier, Roger Marouani des disques Festival est séduit par la maquette et leur promet de les rappeler. Ce qu'il fait quelques jours plus tard.Donc, en 1967 Michel revient à Paris pour enregistrer un premier 45 tours 4 titres "Chanson pour toi" chez Festival. Il sera suivi de "Helvétiquement vôtre" en 1968.Finalement 1969 sera une année faste pour Michel. En effet il enregistre trois 45 tours : "La plage", "Les yeux, les mains" & "La chanson pour Nono"
Pour en savoir plus, vous pouvez regarder l'émission "plans fixes" qui est consacrée à Michel Bühler.
47:03 Michel Bühler : Jusqu'à l'étoile : Michel Bühler : 196949:43 Jean-Max Brua : La boulange : Jean-Max Brua : 196952:30 Jean Le Fennec : L'abandon : Jean Le Fennec : 196955:57 R. Charlebois, L. Forestier, Mouffe, Y. Deschamps : La fin du monde : Texte d'après mythologie - Robert Charlebois : 1969
1969 année érotique, la chanson de Gainsbourg évoque la libération sexuelle de la fin des années 1960. Cependant cette fin des années 1960 est aussi caractérisée par l'appel de la route. Le livre "Sur la route" de Jack Kerouac devient une référence pour une partie de la jeunesse européenne en quête de changement et de contre-culture.
« Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents… tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. […] Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l’humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent. » (Sur la route, Jack Kerouac)
Brigitte Fontaine, autrice-interprète française, naît à Morlaix en 1940. Ses parents sont instituteurs et farouchement laïques dans une Bretagne alors encore sous la coupe cléricale. Adolescente, Brigitte n'a qu'une seule vraie passion : le théâtre qu'elle dévore dans le texte et pratique en amatrice. De fait, elle s'ennuie à mourir au lycée à Brest.Bref, ayant obtenu le bac, Brigitte débarque à Paris à 18 ans. Des idées de théâtre plein le tête, elle suit quelques cours d'art dramatique. Mais, elle doit courir les petits lieux pour survivre.
C'est alors qu'en 1963, Brigitte Fontaine s'ancre dans la chanson. Elle chante dans les cabarets rive gauche. Puis, elle fait la première partie de Barbara et de Georges Brassens à Bobino en 1964.Enfin, cette année-là elle rencontre Jacques Higelin. Brigitte, Jacques et leur camarade Rufus sont sur scène avec un spectacle délirant "Maman j'ai peur !" Le spectacle remporte un succès tel qu'il reste deux ans à l'affiche.
Jacques Canetti qui les a repérés fait enregistrer à Brigitte et Jacques un premier 45 tours du spectacle en 1966.Dans la foulée, paraît un album 33 tours "13 chansons décadentes et fantasmagoriques" de Brigitte Fontaine. Le contrat est léonin, Jacques Canetti a en effet profité du jeunes âge des artistes pour les piéger.Finalement, en 1968, c'est Pierre Barouh, qui sous sa toute nouvelle étiquette Saravah, va lui permettre de décoller. Dans l'album 33 tours "Brigitte Fontaine est… folle" son duo avec Jacques Higelin "Cet enfant que je t'avais fait" rencontre un (relatif) succès public.En fin de compte, en 1969, la rencontre avec Areski Belkacem, un copain de régiment de Jacques Higelin sera elle aussi décisive et féconde. En premier lieu avec le 45 tours "Lettre à monsieur le chef de gare de la Tour de Carol". Elle enregistre aussi un autre 45 tours "Le goudron" composé pour ponctuer les dialogues de "Les enfant sont tous fous" pièce métaphysique aux côtés de Rufus.
02:20 Jane Birkin, Serge Gainsbourg : 69 année érotique : Serge Gainsbourg : 196905:32 Brigitte Fontaine : Le goudron : Brigitte Fontaine - Jacques Higelin : 196909:39 Michel Corringe : La route : Michel Corringe : 196912:25 Jacques Yvart : Le cabaret des minteux : André Devynck - Jacques Yvart : 1969
Patrick Abrial, chantauteur français, naît à Paris en 1946. Il fait ses études au Lycée Hoche de Versailles. Patrick fait ses premiers pas sur scène en compagnie d'Areski. Les parents de ce dernier tenait un restaurant à Vesailles.Patrick Abrial est alors très influencé par Jacques Brel. Brel lui donne alors véritablement l'envie de chanter.Ainsi, en 1965, en pleine vague yéyé, Patrick se réfugie dans les chansons de Brel. Néanmoins, il apprécie le rock comme décor sonore. Par conséquent ses premières chansons sont issues d'un mélange de Ray Charles pour la musique et de Jacques Brel pour le texte.
Les compositions de Patrick Abrial parviennent par hasard aux oreilles des responsables de CBS. Ceux-ci lui proposent en 1966 un contrat et l'enregistrement d'un premier album 33 tours. Celui-ci est remarqué par la profession et reçoit un "Grand prix du disque". Ensuite, après quatre 45 tours, Patrick Abrial enregistre en 1969 un deuxième album 33 tours "Chanson pour Marie" qu'il présente ainsi :
« Chanson pour Marie est le fruit d'une prise de conscience sociale, d'une nouvelle façon de penser après les événements de mai 68. C'est un album important à plus d'un titre, il a contribué à me faire découvrir au grand public…. »
17:04 Patrick Abrial : Écoute petit : Patrick Abrial, Bernard Le Bellego : 196920:11 Janine Jean : Pauvre gueux : Janine Jean : 196923:07 Andrée Simons : Les roses : Andrée Simons : 196926:47 Claude Réva : La poésie et la réalité : Claude Réva - Pascal Auriat : 1969
Biographie de Catherine DerainCatherine Derain est une chantautrice, écrivaine et comédienne suisse. D'abord ans les années 1950, elle débute au théâtre en participant au Festival de Nîme, puis, plus tard, à celui d'Avignon.Ensuite, Catherine Derain continue sa carrière de comédienne, mais en cumulant d'autres fonctions comme directrice de Radio Bretagne à Rennes
Après la naissance de sa fille, elle fait ses classes dans les caveaux de la rive gauche à Paris. Elle chante en particulier au cabaret Chez Georges, situé rue des Cannettes.Georges sélectionne des artistes "Auteur-Compositeur-Interprète" qui n'ont pas encore enregistré de disque. Catherine Derain en fera partie.Catherine Derain rendra hommage à cette rue :
«Rue des Canettes la pluie mouilleNotre jeunesse qui prend l'eauMettons nos vies sous le boisseauÀ trop rêver le cœur se rouilleViens nous irons au fond des cavesÀ jouer nos vies coutumièresEt bien au sec nous serons bravesLe poing serré sur notre verre
Rue des Canettes le vent grinceDessus nos ardeurs jacobinesElle est morte la capucineEt c'est déjà vivre en provinceViens nous mènerons au fond des cavesL'anarchies de nos vies inquiètesEt ferons craquer les entravesDu quotidien et de ses miettes
Rue des Canettes le soleilSe réfugie au fond des cavesL'alcool nous apaise et nous laveBien que des cages aux mille sommeilsBien nous faites-vous au fond des cavesL'embellie de nos cœurs meurtrisSi ta chanson est dans un criElle s'épanouira dans les cavesRue des Canettes le soleilSe réfugie au fond des caves »
Puis, en 1966, elle enregistre un 45 tours chez BAM dans la sélection "La fine fleur ". Sélection où l'on retrouve Hélène Martin, James Ollivier et Jacques Douai. Catherine Derain y est accompagnée de musiciens prestigieux : François Rabbath, Barthélémy Rosso, Fernand Garbassi & Vincent Casino.Puis en 1969, elle enregistre un 45 tours chez les Disques Mouloudji "Salomé"Finalement, en 1972 lors d'une longue tournée au Liban et en Pologne, elle est sensible au sort des femmes dans ces pays. Du coup, elle écrit des chansons sur la condition féminine. Ainsi paraît en 1976 le disque "Être femme en son temps"
33:06 André Lardon : Près de cette frontière : André Lardon : 196935:52 Anne Sylvestre : Aveu : Anne Sylvestre : 196938:28 Catherine Derain : Salomé : Catherine Derain - Jacques Forbin : 196941:21 Georges Dor : Un homme libre : Georges Dor : 1969
Il n'y a pas d'informations biographiques dans la presse spécialisée ni dans les encyclopédies "chanson". Si vous pouvez m'en fournir, je vous remercie de m'envoyer un message privé via le Contact
En premier lieu, Julie Saget commence à enregistrer chez l'étiquette "Festival" en 1969. D'abord un 45 tours 2 titres écrits et composée par elle " Chansons sur mesure".Ce disque est suivi par un album 33 tours et d'un 45 tours 2 titres, aussi parus en 1969. Les paroles sont de Julie Saget, la musique de Jacques Yvart. Ils sont nommés respectivement "Notre dernière colonie est une île" et "La robe en plexiglass".
Deuxièmement, en 1971, Julie Saget participe à un 45 tours de Michel Simon "Monparno" dans la chanson "Les fayots" refrain d'une chanson de marins mutinés anonymes de la Mer Noire en 1919. Ce disque est paru chez Disc AZ.Puis l'année en 1972 voit la parution d'un 45 tours deux titres "J'ai appris à t'oublier" chez Pathé Marconi. On peut noter l'apparition du célèbre compositeur Yves Gilbert, le mari de Julie.
Enfin en 1976, paraît un album éponyme entièrement écrit par Julie Saget et composé par Yves Gilbert.Finalement, en 1996 paraît un cd consacré à l'autrice Madeleine Chapsal, à nouveau composé par Yves Gilbert "Paroles d'amoureuse"
47:10 Robert Charlebois : Sensation : Arthur Rimbaud - Robert Charlebois, Luc Morin : 196951:51 Julie Saget : La fille de papier glacé : Julie Saget - Jacques Yvart : 196954:11 Jehan Jonas : Nocturnes : Jehan Jonas : 196956:34 Boby Lapointe : Méli-mélodie : Boby Lapointe : 1969
1969 voit l'émergence de nouveaux visages, de nouvelles voix. Les radio diffusent "Tranche de vie" une drôle de chanson longue et gouailleuse de François Béranger. Sur un ton à l'Aristide Bruant, cette chanson évoque la guerre d'Algérie, le tabassage par les flics, le chômage et la prison. Les braises de mai 1968 n'ont visiblement pas été étouffées sous le couvercle gaulliste. Les compagnies discographiques sont obligées de suivre: François Béranger signe chez CBS. Néanmoins, elles continueront à inonder le marché de leurs sucreries insipides.
Biographie de Jean-Luc JuvinJean-Luc Juvin, chantauteur français, naît en juillet 1940 à la Roche-sur-Yon. Sa mère accouche pendant l'exode, alors que ses parent fuient la guerre.Il vit son enfance à Paris. Puis débute sa carrière dans les cabarets rive gauche : Chez Georges, l'Écluse, la Contrescarpe & la Méthode.
C'est au cabaret Chez Ubu à Montmartre (celui de Monique Morelli) qu'ils rejoint Georges Brassens de 1962 à 1965.Ils ont en commun la précision de textes ajustés en artisans. Ciselés comme on grave, et partagent les mêmes idées sur les valeurs de la «chanson de qualité»
D'abord, en 1965, il fait paraître un 45 tours, textes de Georges Bégou, musique de Jean-Luc Juvin : Georges et Jean-Luc.
Ensuite, en 1969 Jean-Luc Juvin enregistre un album 33 tours dans la collection La fine fleur. Finalement, en 1976, son deuxième album 33 tours "Interrogation" est distingué du grand prix de disque de l'académie Charles Cros.Puis, en 1980, parait un album 33 tours "La mère et l'enfant".
Jean-Luc Juvin, publie en 2004, trois ans avant de disparaître, un CD Destinées. Jacques Vassal souligne dans la revue Chorus, à l'occasion de sa sortie que :
« Jean-Luc Juvin est l'un des rares vrais poètes de la chanson»
Parallèlement, sous le nom de Kranek Jean-Luc s'est lancé avec succès dans la peinture.Et avec Jacques Bertin, Jean-Max Brua, Gilles Elbaz & Jean Vasca il fait partie de la Bande des cinq.
02:03 Guy Bontempelli : Merveilleuse gauche française : Guy Bontempelli : 196905:17 François Béranger : Tranche de vie : François Béranger : 196909:27 Jean-Luc Juvin : Envahissement : Jean-Luc Juvin : 196911:54 Lise Médini : Dormez mes agneaux : Lise Médini : 1969
Andrée Simons, chantautrice belge, naît à Ixelles en 1949 de parents tziganes. Le père disparaît très vite.En premier lieu André fait des études d'Humanités Classique : Latin-grec. Puis elle étudie le piano classique et l'harmonie. Mais, en 1963, elle assiste à un récital de Léo Ferré. Ainsi, elle découvre la force artistique de la chanson.Puis en 1964, Andrée auditionne avec succès aux " Jeunesse de la chanson ". Angèle Guller, la "Madame Chanson" de la Belgique Francophone, dira d'elle :
« Elle s'accompagnait au piano et composait des chansons véhémentes et revendicatrices. Il ne fallait pas être clerc pour deviner en cette jeune fille d'apparence si frêle une nature et une volonté farouches »
Enfin, tournant dans les petites salles, Andrée Simons est repérée par Freddy Zeggers, chantauteur et patron du célèbre cabaret bruxellois Le Cantilène. Andrée y passe régulièrement, en première partie de Barbara, Eva, Anne Sylvestre, Boby Lapointe, Pierre Louki, etc... Puis seule en récital.
Finalement, en 1969 André Simons enregistre son premier album 33 tours dont elle est autrice/compositrice de toutes les chansons. Sur le recto de la pochette on peut lire :
« (…) Andrée Simons vient de remporter en ce mois de mai 1969, le Grand Prix de la poésie 1969 au concours annuel de poésie organisé par les " Cahiers du Grenier ", avec son recueil "À vrai dire… ". Le jury, unanime, lui a attribué la plus haute distinction parmi 56 concurrents. »
Après un second album 33 tours en 1970 et trois 45 tours en 1971/1972, Andrée Simons consacre un magnifique album 33 tours à Georges Brassens en 1973. Andrée recommence à travailler avec Freddy Zeggers et Claude Lombard, son épouse. Elle va même vivre avec eux. Claude Lombard présente une émission de télévision pour la jeunesse pour laquelle elle écrit et chante des chanson. Pendant plusieurs années, Andrée l'autrice et Claude la compositrice vont se livrer à un véritable ping-pong créatif. Ainsi ce dernier va engendrer l'album jeunesse "ABC pour les enfants pop" en 1974.
Cependant, en 1976, Andrée Simons quitte la Belgique à la recherche d'une maison de disques pour son répertoire adulte. Ce sera L'Escargot qui lui produira en 1977 "L'amour flou" un bel album au ton largement politique et social. L'album est bien accueilli, André participe à plusieurs concerts. Ainsi en 1977, Andrée tourne en 1ère partie de Gilles Vigneault, François Béranger, Imago. En outre, elle passe un mois à la Pizza du Marais puis à l'Olympia avec Georges Moustaki. Ce dernier dira d'elle :
« (…) Ça a vraiment été un coup de foudre, sa voix, sa poésie, sa musicalité, ses idées, mais aussi sa personnalité dans la vie. Ensuite, je l'ai emmenée partout où j'ai pu en tournée. Elle m'a écrit une chanson " J'improvise " et des choses extraordinaires sur moi »
Effectivement en 1978 et 1979, elle tourne dans toute la France en première partie de Georges Moustaki.
Alors que L'Escargot rencontre des difficultés croissantes, l'auteur Claude Lemesle a, lui aussi, un coup de cœur pour André. Il lui fait rencontrer Sylvain Lebel qui décide, dès la première audition, de lui réaliser un album. Ce sera "Le cœur violon" paru en 1980. L'album remporte Le grand Prix International de l'Académie Charles Cros. Malheureusement, il n'est pas programmé en radio et ne permet pas à André Simons de gagner sa vie. Malgré un passage apprécié au Cloître des Lombards en avril 1981, l'insuccès du disque va avoir raison de la fragilité psychologique d'Andrée Simons et de sa santé. De terribles problèmes de dents, de sommeil et surtout d'anorexie se réveillent. Aucun dévouement amical n'y pourra plus rien, ni le frigo garni par ses proches, ni la chaleur des amis lointains. À la mi juillet 1984, Sylvain Lebel découvre le corps d'Andrée Simons. Il pèse moins de trente kilos.
16:35 Jacques Debronckart : J'suis heureux : Jacques Debronckart : 196919:40 Giani Esposito : Petite marche sur les pieds du voisin : Giani Esposito : 196922:16 Pia Colombo : Avez-vous pensé, Monsieur Jacob Schmidt : Bertolt Brecht, adapt. Geveviève Serreau - Kurt Weil : 196923:47 Dora : La roue du temps : Odysséas Elýtis, adapt. Christine Charbonneau - Mikis Théodorakis : 196927:06 Andrée Simons : Don Quichotte : Andrée Simons : 1969
Biographie d'AnnabelAnnabel May Schwob, alias Annabel, chantautrice française, naît à Paris en 1928 dans une famille bourgeoise juive. Ses parents divorcent alors qu'elle a trois ans. De plus à 8 ans, elle est profondément marquée par le suicide de sa mère.Au début de la guerre, en 1940, elle vit à Cannes, placée dans un pensionnat. Mais, en 1943 , menacée par l'arrivée de l'armée allemande, elle est obligée de se cacher dans l'arrière pays cannois.Puis, la guerre terminée, elle retrouve son père à Paris, avenue Foch. Ainsi, elle y découvre Saint-Germain-des-Prés. Elle se lie d'amitié avec des artistes intellectuels dont Françoise Sagan, Juliette Gréco. Elle fréquente les cabarets de la rive droite en particulier Milord L'Arsouille de Francis Claude.Ainsi, en 1957, elle enregistre un 45 tours avec des chansons de Françoise Sagan.
Mais en 1958, Annabel rencontre le peintre Bernard Buffet. L'allure androgyne d'Annabel séduit le peintre, le couple se marie. Annabel devient la muse de son mari dont il fera de multiples portraits.En 1969, Annabel enregistre un album 33 tours "Aquarelle". La pochette est illustrée par Bernard Buffet, textes et musiques sont de Frédéric Botton.
32:30 Haira : Ma Vénusienne : Marc Hairabédian - Paul Koulak : 196935:32 Guy Béart : La Vénus mathématique : Guy Béart : 196939:28 Annabel : Pour bien rire en société : Frédéric Botton : 196941:05 Georges Brassens : La religieuse : Georges Brassens : 1969
On ne sait rien de Janine Jean, hormis la note de Luc Bérimont sur le verso de la pochette de son unique album :
Imaginez un marché couvert, à Montbard, dans la Côte-d'Or. Il pleut. Sous le toit du marché ont lieu les rencontres du Jeune Théâtre 1969. Il y a là des troupes d'étudiants, des chanteurs, des comédiens, des journalistes, des musiciens, des peintres.
Quelqu'un décide de faire entrer le public en donnant une parade sur la place. On installe un micro sur un chariot de paysan qui sert d'estrade, et l'on hisse une étudiante dijonnaise de 20 ans avec la consigne d'alerter les populations. Il pleut toujours. Les gens viennent peu nombreux. Mais Janine Jean est née. La voix qui sort du micro est tellement extraordinaire, ce qu'elle dit tellement pur et beau, que nous l'embarquons presque à son corps défendant dans l'aventure de la FINE FLEUR. Semaine après semaine, elle gagne les éliminatoires et se classe première, devant 72 concurrents et concurrentes, au Gala final de Bobino.
(...) On la dirait imperturbable, enfermée dans ses certitudes derrière un front têtu d'ange de pierre. En réalité, elle est friable et tendre. Mais, quand elle chante, elle commence les yeux fermés. On dirait une statue qui parle et cela contient sa panique. Peu à peu, cependant, les yeux se fissurent et s'entrouvrent. On voit un long regard vert passer. On comprend ainsi beaucoup de choses sur la tendresse humaine des jeunes filles quand ces dernières sont d'une époque d'acier et de béton.
Luc Bérimont
48:41 Janine Jean : Harmonie : Janine Jean : 196951:07 Françoise Moreau : Chanson à Gribouille : Françoise Moreau : 196953:29 Renée Claude : À soixante-quinze ans : John Lennon, Paul Mc Cartney, adapt. Stéphane Venne : 196955:58 Pierre Tisserand : Chanson précieuse : Alain Tortra - Pierre Tisserand : 1969
Chansons autour de Mai 1968 (2). En 1968, la génération du baby-boom a muri. Depuis quelques années les fadaises de la période yéyé lui apparaissent à leur vraie valeur. L'émission "Salut les copains" s'arrête en mars. Elle sera remplacée par Campus, diffusée plus tard en soirée. Cette émission dédiée à la "contre-culture" naissante (discussion, chanson engagée, pop-music, jazz) est destinée à un public plus âgé.Mai 68 va donner un bon coup de pied dans la termitière et permettre l'émergence de belles étiquettes comme Expression spontanée.
Biographie de Claude VinciClaude Caillaut, alias Claude Vinci, chantauteur français, naît à Frédille (Indre) en 1932. Son père est instituteur, communiste et pacifiste. Pendant la guerre ce dernier est un résistant. Claude est très marqué par l'attitude politique de son père.D'abord, au lycée, Claude est membre de la troupe théâtrale. Ensuite, en 1950, il part à Paris suivre des études de chimie. Il abandonne rapidement la chimie pour se consacrer à ses deux passions : le football et la chanson.
Ainsi, en 1953 Claude Caillaut est membre de l'équipe de France de football junior mais aussi militant au Parti Communiste. Alors, grâce au gardien de but René Vignal Claude rencontre Yves Montand. Les deux hommes sympathisent. Yves deviendra " un second papa choisi " et lui donnera un nom de scène à consonance italienne : " Claude Vinci ". Claude, grand lecteur de poésie, délaisse alors le football pour se consacrer à la chanson d'auteur.Mais en 1956, il est rappelé en Algérie. Témoin d'un massacre de femmes et d'enfants par l'armée française, Claude déserte et réussit à revenir en France. Il reste planqué la plupart du temps chez Yves Montand.Cependant, sa désertion n'a pas été enregistrée officiellement par l'armée. Ainsi, en 1958 il est convoqué pour démobilisation par son régiment. Néanmoins, il tient le PC au courant de sa désertion. Claude en sera tenu à l'écart, il n'y sera réintégré qu'en 1964. Par contre, cette désertion fait "formidablement" plaisir à son père, pacifiste et communiste.
Bref, en 1958, Claude Vinci devient chanteur professionnel. Il se produit dans les cabarets rive gauche ainsi que dans les circuits associatif (MJC, Léo Lagrange, Ligue de l’enseignement).Finalement, il enregistre un premier album "Chante Éluard" en 1963 chez Philips.En fin de compte, il enregistre la chanson "L'enragé (Mai 1968)" dans son 6ème album de 1969 "Chansons de la "Grande patience" n°2
02:56 Antoine Candélas : Mai 68 : Antoine Candélas : 197804:10 François Béranger : Tango de l'ennui : François Béranger : 197308:24 Catherine le Forestier : Allez voir mes voisins : Catherine le Forestier : 197112:08 Aline Montels JF Brossard, JP Ronfard : Pression : Aline Montels - Jean-Frédéric Brossard : 196813:52 Claude Vinci : L'enragé (Mai 1968) : Claude Vinci - Jean-Claude Petit : 1969
Jean Édouard Barbe, alias Jean Édouard chantauteur français naît à Quimper en 1940. Son père est professeur agrégé de physique, sa mère infirmière. C'est ainsi qu'au début de la guerre, ses parents étant résistants, le petit Jean Édouard traverse Quimper avec des tracts et des documents de la Résistance dans son landau.Ensuite la guerre terminée, la famille déménage à Tarbes où son père est muté. Jean Édouard suit alors des cours de violoncelle au conservatoire de musique de Tarbes puis à celui de Moulins. Enfin après un nouveau déménagement, Édouard suit les cours d'art dramatique de Raymond Girard à Paris et le conservatoire de Versailles. Il en dira de cette période plus tard :
"Mais je me suis vite rendu compte que je n'étais pas docile de nature et le théâtre est tout de même une discipline assez rigide… Je n'étais pas assez souple pour ça et puis dans mon coin je faisais déjà mes petites chansons…"
Donc, après le cours Girard, Jean Édouard chante dans les cabarets : L'Écluse, l'Échelle de Jacob… Ainsi quelques mois avant 1968, il commence une nouvelle chanson "La Commune 1871". Mais pendant les "événements" de mai il y ajoute " Mais il reste à Paris l'esprit des insurgés" et la redépose sous le titre "Versaillais ! Versaillais !"
"... et je suis allé la chanter au Théâtre Pacra qui était occupé. La notoriété de la chanson est partie de là, comme une trainée de poudre. En quinze jours tout le monde la chantait…"
Finalement, en 1970 Les Gavrochards sont les premiers à enregistrer cette chanson La version de Jean Édouard paraît sur un 45 tours en 1971 avec "Climat 68" d'Annie Nobel sur la face B.
19:13 Michel Murty : Le nouveau mois de mai : Alain Exiga - Michel Murty : 197322:44 Jean Ferrat : Un jour futur : Henri Gougaud - Jean Ferrat : 196924:48 Annie Nobel, Philippe Richeux; Jean-Édouard Barbe : Versaillais Versaillais ! : Jean-Édouard Barbe : 197227:37 Comité d'Action du Théâtre de l'Épée de Bois : Ah ! le joli mois de mai à Paris : CATÉB - Kirjuhel (Jean-Frédéric Brossard) : 196930:28 Lise Médini : Charognes : Lise Médini : 1969
Biographie d'Anne VanderloveAnna Van der Leeuw, alias Anne Vanderlove, chantautrice française d'origine néerlandaise, naît à Scheveningue (Pays-Bas) en 1943. Son père est artiste-peintre néerlaldais, sa mère bretonne. Le père, résistant, et arrêté et déporté. La petite Anne est confiée alors à ses parents maternels vivants dans le Morbihan. Solitaire et mystérieuse Anne grandit comme une sauvageonne. Puis à 20 ans, Anne part à Paris entreprendre des études de philosophie Ensuite, elle devient institutrice.
Mais, en 1965, au quartier latin à Paris, Anne Vanderlove découvre les chanteurs des rues aux terrasses des cafés. Séduite, elle s'achète une guitare et commence à composer des chansons. Elle commence alors à les chanter aussi aux terrasses des cafés.
Car, à cette époque, la chanson de qualité était encore diffusée à la radio. En particulier dans l'émission "La Fine Fleur de la chanson française" de Luc Bérimont, on pouvait alors y écouter Jacques Bertin, Colette Magny, Hélène Martin.... Anne Vanderlove les rejoint et entame la tournée des cabarets rive gauche. Elle compose des chansons hors du temps sur la mer, l'amour etc...Repérée par un directeur artistique de Pathé-Marconi, Anne Vanderlove enregistre en 1967 "La ballade de novembre" Énorme succès public.
Mais Anne Vanderlove n'est pas la jeune fille romantique dont rêve le show-business. Elle refuse la chirurgie esthétique et de porter une perruque blonde. Ainsi lors du mouvement de mai 1968. Elle chante dans les usines en grève. Sa chanson "Ballade au vent des collines" hymne à la jeunesse révoltée, démarre tous les soirs l'émission Campus de Michel Lancelot.On la surnomme alors la Joan Baez française.En conséquence, les chansons d'Anne Vanderlove, jugées trop contestataires, disparaissent des ondes. De même, elle se fâche avec sa maison de disques et se tourne vers l'autoproduction. Une grande artiste reléguée à la confidentialité.... vous avez dit censure ?
35:13 Anne Vanderlove : Ballade au vent des collines : Anne Vanderlove : 196838:11 Gilbert Hennevic : Ma jeunesse : Gilbert Hennevic : 197141:05 Nicole Rieu : Les gens se sont mis à parler : Simon Monceau - Didier Marouani : 197843:43 Dominique Grange : La pègre : Dominique Grange : 1968
Claude Réva, chantauteur, poète et acteur français naît en 1942 au Caire.Encore un artiste qui n'a pas eu l'heur de plaire aux journalistes puisqu'on ne trouve aucune information biographique le concernant. Ni sur la toile, ni dans la presse spécialisée et les diverses encyclopédies consacrées à la chanson.
En premier lieu Claude Réva apparaît dans 45 tours multi-artistes de 1959 publié par Teppaz "Les Talents de demain" dans lequel il chante "Les boutons dorés"(Maurice Vidalin - Jacques Datin).Ensuite, paraissent deux 45 tours enregistrés chez Barclay en 1968 & 1969 : "Moi aussi" et "Ma ville".Puis, en 1970 & 1971 Claude Réva participe à deux 33 tours 17 cm de la Compagnie René Bourdet consacrés à la poésie pour enfants, parus chez Jacques Canetti.
Enfin en 1973 Claude enregistre un album 33 tours 30 cm chez "les Disques Socca" distribué par "Le Chant du Monde. Claude en a écrit tous les titres sauf deux textes de Nazim Hikmet. La pochette est magnifiquement illustrée par Ernest Pignon-Ernest.Par ailleurs, en 1975, toujours chez les Disques Socca Claude Réva enregistre un deuxième album 33 tours "Là où je suis (parmi les notres)". Claude en tient encore la plume sauf pour un titre de Nazim Hikmet. La maquette est à nouveau de Ernest Pignon-Ernest
En outre en 1979 & 1980 Claude Réva participe à trois albums de la série des cinq albums consacrés aux "Chants révolutionnaires de notre histoire" recueillis et choisis par Robert Brécy.Finalement en 1983 paraît le dernier 45 tours de Claude Réva : "Chante la solidarité" produit et réalisé par le Secours Populaire au profit de ses œuvres de Solidarité.
47:30 Ted Scotto : Sorbonne 68 : Janine Prin - Ted Scotto : 196850:00 Les Barricadiers : Je vote : CMDO (*) : 197053:08 Claude Réva : À contre courant : Claude Réva : 196855:17 Compagnie Jolie Môme : Les nouveaux partisans : Dominique Grange : 2011
(*) CMDO : Conseil pour le Maintien Des Occupations
Chansons autour de Mai 1968. François Béranger évoque les événements de mai-juin 1968 à sa façon :
"Mai 68, ce ne sont pas les barricades et les simulacres de guerre civile, les petits jeux puérils auxquels se livrent déjà certains groupuscules, avec leur goût du secret et du complot. Ces trois semaines –seulement !– imprévisibles ont impressionné le monde entier.On réalise que la plus puissante machine d'État peut être mise en échec par une bande de galopins, que tout peut être dit, contesté, aboli; que les partis, les syndicats, les groupes de pression n'existe que parce qu'on les tolère, par habitude. Qu'on pourrait vraiment changer la vie, les institutions; qu'une fois la mèche allumée le feu se propage dans tous les secteurs et met en lumière des ras-le-bol partout
François Béranger
Jean Adrienssens alias Vania Adrien Sens naît à Paris en 1946. Son père est peintre en bâtimentSa mère est arrêtée pour de petits trafics, le petit Jean st placé à la DDAS et devient un enfant fugueur. Après son certificat d'études, il est placé au Centre Gabriel Prévost (Apprentis d'Auteuil). Grâce à la bienveillance des éducateurs, il apprend la musique. En outre en colonie de vacances, il fait la connaissance d'enfants de famille russes immigrées. Ceux-ci lui donnent alors le surnom de Vania (Jean en russe).
D'abord, Vania exerce plusieurs petits métiers (vendeur en poissonnerie, ouvrier du bâtiment, déménageur) mais parallèlement il fréquente les milieux artistiques. Ainsi, Vania Adrien Sens débute comme comédien en 1967 et effectue une série de spectacles autour des textes et chansons de Léo Ferré, Georges Brassens et Boris Vian. Il participe aussi à la Compagnie du Bus, rue Mouffetard, autogérée par les artistes, le prix du spectacle étant laissé à l'appréciation du public.
Depuis le mois de mars 1968 un goût de révolte et de liberté poussé par toute la jeunesse flottait dans l'air.Alors, Vania Adrien Sens prend une part active et enthousiaste au mouvement de mai 1968. Il occupe avec d'autre comédiens le Théâtre de l'Épée de Bois, les recettes servant à assurer le ravitaillement des ouvriers en grève. Vania fait la connaissance De Dominique Grange et d'Évariste. En outre Il crée un groupe "Les Barricadiers" (ex "Les Gavrochards") avec Annick Mevel, Germinal, Billot, et un guitariste appelé Professeur Nimbus. Leur répertoire est composé de chansons révolutionnaires et de lutte. Ils font paraître deux 45 tours en 1970 & 1971. Le groupe s'arrête en 1971 car il se faisait agresser régulièrement par les fachos.
02:04 Jean Édouard : Hiérarchie : Jean-Edouard Barbe : 197303:42 Michel Murty, Monique Brienne : Notre vache enragée (reenr.) : Michel Murty : 196906:25 Annie Nobel : Climat 68 : Annie Nobel : 197208:43 Aline Montels, JF Brossard, JP Bonfard : La colère : Jean-Pierre Bonfard - Jean-Frédéric Brossard : 196811:11 Pia Colombo : Mai 68 : Maurice Fanon - Gilbert Gascalès : 198012:56 Vania Adrien Sens, Jean Édouard : La révolution : Evariste (Joël Sternheimer) : 2018
Jacqueline Danno, chanteuse et comédienne française naît en 1931 à Le Havre, petite-fille de marin-pêcheur breton elle revendiquera toute sa vie ses racine costarmoricainesD'abord, elle suit des cours de Théâtre au centre dramatique de la rue Blanche à Paris. Et parallèlement, elle s'inscrit au Petit Conservatoire de Mireille. Elle y développe une qualité d'interprète expressive avec une diction exceptionnelle. D'autant plus que la beauté de son visage la fait très vite remarquer.
Ainsi en 1960 elle enregistre un premier 45 tours :"Le manteau gris" suivi de 3 autres. Ainsi cette année-là paraissent quatre 45 tours par une jeune et prometteuse débutante.
Ensuite en 1961, en pleine guerre d'Algérie, elle enregistre "L'amour et la guerre", paroles Bernard Dimey, musique Charles Aznavour, 45 tours qui sera censuré.Néanmoins sa carrière est lancée. Georges Brassens qui apprécie son travail la prend en première partie de son spectacle à Bobino en 1962.
C'est alors qu'en 1969, Jacques Le Glou envisage de produire un disque reprenant ses chansons détournées du printemps 1968.Certains auteurs de la chanson originale refusent (ex. Charles Trénet en raison du texte insurrectionnel, mais aussi Léo Ferré...). D'autres s'en amusent : Jacques Prévert, Jacques Lanzmann & Jacques Dutronc. La préparation de cet album dure près de 5 ans, avec l'aide de Guy Debord et de Gérard Guégan. Le choix des voix se porte sur Jacqueline Danno (sous le pseudonyme de Vanessa Hachloum pour raison de droit) et de Jacques Marchais.
C'est ainsi que le disque "Pour en finir avec le travail" paraît en 1974. Publié à 3500 exemplaires l'album reçoit un accueil enthousiaste, en deux mois tous les disques sont vendus . Mais... d'après Jacques Le Glou:"Je vais voir RCA pour discuter d'une réédition et là, je vois qu'il y a une problème... Entretemps, des membres du conseil d'administration avaient écouté le disque... "Le bon dieu dans la merde... Les flics tombent morts au coin des rues... vous vous rendez compte de ce que vous publiez ? On arrête ça" Donc la vie de ce disque s'est arrêtée. Pendant 25 ans, il n'a plus été question de le rééditer !"
Chansons de la 2ème partie : Chansons autour de Mai 1968 : Il est cinq heures18:15 Jacqueline Danno : Il est cinq heure : Jacques Lanzmann, adapt. Jacques Le Glou - Jacques Dutronc : 197421:10 Colette Magny : Nous sommes le pouvoir (extrait) : Colette Magny : 196823:21 Les barricadiers : Des canons (La chanson du CMDO) : C.M.D.O. : 197126:11 Catherine Ribeiro : Mai 1968 : Jacques Prévert - Sebastian Maroto : 1978
Joël Sternheimer alias Evariste, chantauteur et chercheur français naît à Montluel (Ain) en 1943. Famille aisée : son père est administrateur de biens, sa mère avocate.Alors que le petit Joël n'est âgé que de 10 mois, son père, juif, est arrêté par les nazis et assassiné à Auschwitz. Donc le reste de la famille se cache en Savoie jusqu'à la Libération.Joël Sternheimer est élevé dans des sympathies juives prolétariennes où il acquiert le goût pour la chanson. De surcroit il fréquente les enfants d'ouvriers de son quartier. Très bon élève, au lycée, par exemple il fait une devoir de maths en vers. Joël est licencié de mathématique à la Fac des Sciences de Paris puis, en 1966, passe sa thèse de doctorat de physique théorique à L'Université de Lyon.
Alors, Joël Sternheimer est invité à rejoindre l'Université de Princeton, aux États-Unis d'Amérique pour être l'assistant du professeur Eugene Paul Wigner, spécialiste de la théorie des groupes.. Cependant à peine arrivé, il apprend la suppression du poste, due à des réorientations de crédits à cause de la guerre du Vietnam. On lui propose autre chose, mais il démissionne. Néanmoins, il reste inscrit à des séminaire à l'Institute For Advance Study, donnés par Oppenheimer, le père de la bombe atomique.Un professeur de Princeton d’origine française, qui se tenait au courant de ce qui se passait en France, lui dit :
« Tu as les cheveux longs, pourquoi ne fais-tu pas un disque comme Antoine ? Tu seras indépendant et tu pourras poursuivre tes recherches… »
Ainsi, Joël s'achète une guitare et commence à composer des chansons. Il s'essaye à chanter dans un cabaret de New York, à Washington Square, au Gerde’s Folk City, là où Bob Dylan avait débuté ! Le patron du club l'encourage à continuer.
Pendant ces escapades, Joël manque deux ou trois séminaires à l’lnstitute for Advanced Study… Lorsqu'il y retourne, le professeur Robert Oppenheimer avait remarqué ses absences. Joël doit lui faire part de ses difficultés à Princeton et de mon souhait de devenir indépendant… Ce dernier lui répond alors :
« Si vous avez un moyen pour être indépendant, faites-le ! Si j’avais votre âge aujourd’hui, c’est ce que je ferais. »
De retour en France pour les fêtes de fin d'année, Joël Sternheimer passe une audition chez Disc'AZ . Il enregistre alors un premier 45 tours E=mc2 sous le nom d'Evariste, en référence à Evariste Gallois. Lucien Morisse, directeur général de Disc'AZ et directeur des programmes d'Europe n°1 voit en lui un candidat capable de rivaliser avec Antoine, autre "intello de la chanson".
Finalement, Evariste revient à Paris début 1968. Evariste pendant le mouvement de mai 1968 prend une part enthousiaste, dès le début, aux revendication étudiantes. Il chante dans les amphithéâtres occupés, participe aux manifestations et à l'érection de barricades. Evariste participe également au Comité Révolutionnaire d'Action Culturelle (CRAC). Il y fait la connaissance d'une lycéen - futur chanteur Renaud- qui lui dactylographie sa chanson "Révolution". La pochette est dessinée par Georges Wolinski.Le 45 tours paraît avec l'aide de Lucien Morisse qui négocie des tarifs préférentiels avec la société de pressage. Évidemment le disque est immédiatement interdit sur les ondes mais néanmoins autorisé à la vente. Il est vendu 3 francs de façon militante. Sur la deuxième face se trouve la chanson "La faute à Nanterre"
32:07 Evariste, Comité Gavroche Révolutionnaire : La faute à Nanterre : Evariste (Joël Sternheimer) : 196835:44 Dominique Grange : À bas l'État policier : Dominique Grange : 196837:42 Jacques-Emile Deschamps : Le temps des policiers : Jacques-Emile Deschamps : 197242:31 Hélène Martin : Pour mes amis morts en mai : Louis Aragon - Hélène Martin : 1974
Jacques Monmarché, alias Jacques Marchais, chanteur français, naît à Tours en 1935. Il suit les cours d'art dramatique de Raymond Girard puis prend des cours de chant. Ainsi, en 1956 Jacques Marchais obtient le prix Paul Fort de la poésie et joue du Shakespeare au théâtre de Ménilmontant.Ensuite, dès 1958 Jacques chante dans les cabarets parisiens: La Méthode, Chez Moineau, Le Port du Salut, La Colombe et surtout La Contrescarpe où il se produira régulièrement pendant 10 ans jusqu'en 1968. Arlette Reinerg, cofondatrice de la Contrescarpe dit de lui :
"Jacques Marchais est arrivé par hasard, guitare à la main, à la Contrescarpe il y a 7 ans.[Jacques] y est toujours c'est normal.Il y a entre ce garçon amoureux de l'antiquité et ce vieux quartier, une mystérieuse parenté. [Jacques Marchai] y est venu chanter les poètes à l'endroit même où Verlaine et Rimbaud ont vécu; où Du Bellay, Ronsard et Baïf s'essayaient à la poésie.Il a, lui, Jacques Marchais le modeste, chanté chaque soir ce qu'il aimait et rien d'autre"
Jacques Marchais s'accompagne remarquablement à la guitare pour chanter les poètes mais aussi des chansons de la "belle Époque" ou des emprunts au folklore.Finalement, en 1974 il participe à l'enregistrement de l'album "Pour en finir avec le travail" dont il a été question plus haut. Il dit lui :
« Je crois que Le Glou est venu me chercher à la Contrescarpe, où j’ai chanté jusqu’en 1968. Je lui disaistoujours " pour qui sonne Leglou ! ". Les textes m’ont tout de suite amusé. Il devait y avoir un second volume,et puis cela ne s’est pas fait. J’avais déjà travaillé quelques titres. Je me rappelle d’une "anarseillaise". Ilsavaient détourné Gatztibella, le poème d’Hugo chanté par Brassens. Au lieu de "Il est des filles à Grenade", çacommençait par "Il est des filles à grenades / Il en est d'autres à bazooka. "… »
Merci à Daniel Dumoulin pour ses recherches sur la biographie de Jacques Marchais qui m'ont bien aidées.
Chansons de la 4ème partie : Chansons autour de Mai 1968 :Les Nouveaux Partisans47:17 Jean-Max Brua, Charlotte Brua : Rue de la Grange-aux-belles : Jean-Max Brua - Jean-François Gaël : 197250:47 Jean Edouard : Ode à Jaurès : Albert Bausil - Jean-Edouard Barbe : 201855:24 Jacques Marchais : La vie s'écoule, la vie s'enfuit : anonyme belge, Raoul Vaneigem - Francis Lemonnier : 197458:18 François Béranger : Les nouveaux Partisans : Dominique Grange : 2004
En France "les événements de mai 1968" restent ancrés dans la mémoire collective. Pourtant la contestation de la jeunesse en 1968 n'est pas apparue en mai 68, pas plus qu'elle se s'y termine. Le mouvement vient de loin : aux États Unis d'Amérique en 1960 déjà des étudiants noirs, victimes de ségrégation organisent un sit-in suivi de multiples manifestations. Avec l'intensification de l'engagement militaire étasunien en 1965, le mouvement de protestation va s'amplifier et surtout s'internationaliser.Ainsi depuis le début de 1967 le climat social dans son ensemble se durcit en France. À partir de janvier 1968, les contestations - sur l'enseignement, la condition étudiante, la guerre du Vietnam- convergent et leur intensité ne cesse de croître jusqu'à l'explosion de Mai.
Robert Charlebois, chantauteur et acteur québécois, naît à Montréal (Québec) en 1944. Son père, ingénieur, dirige une usine métallurgique d'outils de précision, sa mère est secrétaire. C'est un enfant timide, discret, bon élève. Il prend des cours de piano très tôt.Il suit le cursus du "cours classique" qui était contrôlé par l'Église et destiné à l'élite de la société. En outre c'était, avant la Révolution tranquille, la seule voie pour pouvoir accéder à l'université.Robert Charlebois va jusqu'à la sixième année "la Rhétorique" puis travaille dans un théâtre itinérant pour enfants. C'est alors à ce moment là qu'il découvre le plaisir de la scène. Ainsi en septembre 1962 il fait ses débuts dans une boîte à chanson en première partie de Félix Leclerc.
Enfin, en 1966 paraît un premier album 33 tours récompensé du titre de "découverte de l'année". Sa chanson "La Boulée" le fait connaître au public des chansonniers.En fait, en 1966 et 1967 Charlebois effectue des voyages en Martinique et en Californie. Ceux-ci seront déterminants pour son orientation musicale future. Ainsi, dans son album 50 millions de 1967 apparait le virage vers une musique "rock". Avec ce troisième microsillon, Charlebois devient le premier chansonnier québécois à s'accompagner à la guitare électrique.Finalement, Robert Charlebois révolutionne la chanson québécoise en collant des textes jouals sur des musiques rock. Enfin, en 1968, il participe à un événement qui marquera définitivement la rupture avec la tradition chansonnière : l'Osstidcho.
Sorte de happening culturel, ce spectacle, qui met également en vedette des gens comme Yvon Deschamps, Louise Forestier, Mouffe et le Jazz Libre du Québec, transgresse les règles du genre et impose une conception totalement différente de la scène. Charlebois y développe un style où se mêlent humour, provocation et improvisation.La liberté créative est au centre du processus de création. Quelques jours avant la première représentation, le spectacle n'avait toujours pas de nom. Excédé par l'indiscipline des membres de la troupe, le metteur en scène, Paul Buissonneau lança à Charlebois : "Ton hostie de show fourre-toé-le dans l'cul". Le titre du spectacle était enfin trouvé.En 1968 paraît l'album Lidberg qui va le faire connaître au grand public.
02:32 Robert Charlebois, Louise Forestier : La marche du président : Gilles Vigneault - Robert Charlebois : 196806:57 Guy Béart : Rotatives : Guy Béart : 196810:07 Marthe Fleurant : Adrienne : Raymond Lévesque : 1968 13:48 Francesca Solleville : Morbihan : Eugène Guillevic - Jean-François Gaël: 1968
Georges Chelon, chantauteur français, naît à Marseille en 1943. Cette année là, a Wehrmacht a envahi la zone libre, le vieux port vient d'être dynamité. Le père est prisonnier, Georges est envoyé chez un oncle dans le Lot-et-Garonne.Au sortir de la guerre, la famille s'installe à Grenoble, le père souhaite y créer une agence d'assurance. Cependant, un jour d'été 1950 le père quitte le foyer familial. Georges se sent abandonné, blessé.Le bac en poche, Georges opte pour le journalisme, il fait donc des études de sciences politiques à Grenoble. Mais il est plus intéressé par la lecture de l'Équipe que celle du Monde...Georges Chelon ne fera qu'un semestre à Sciences-Po.
Puis lors de vacances en Espagne Georges Chelon découvre la guitare. Ne connaissant pas la musique, il apprend avec les tableaux d'accords de la méthode Paul Beuscher. De même toujours en autodidacte il se met à composer et écrire des chansons. Chansons toutes simples et naïves qu'apprécient ses amis et proches.
C'est alors qu'en 1964, il gagne un radio-crochet organisé par Radio Monte-Carlo & Pathé-Marconi, en interprétant deux de ses textes. René Vanneste, directeur artistique de Pathé-Marconi est présent, ce que fait Georges lui plaît et ce que fait Georges lui plaît et le courant passe entre les deux hommes.
En pleine période yéyé, René Vanneste qui cherche un second souffle pour Pathé Marconi engage Georges Chelon. Il lui fait enregistrer un 45 tours en février 1965. Le disque est plutôt bien accueilli, surtout en radio. Le producteur décide d'embrayer immédiatement, chose très rare à l'époque, sur un album 33 tours qui reçoit le Prix de l'Académie Charles Cros.Le succès vient avec la chanson "Père prodigue". Georges enchaîne alors les premières parties d'artiste en vogue : Alain Barrière, Salvatore Adamo. Georges Chelon se place à contre-courant de la chanson de variété de l'époque. Cependant la qualité de ses textes qu'il met lui-même en musique conquiert le public.Finalement en 1968 paraît son troisième album studio " Tu sais ".
Pour aller plus loin : lire le bel article qui lui est consacré dans le numéro 35 (printemps 2025) de l'excellente revue Hexagone
Chansons de la 2ème partie : La jeunesse en 1968 : Georges Chelon17:42 Georges Chelon : 22, rue des carrières "le nid d'amour" : Georges Chelon : 196820:52 Georgette Lemaire : On dégringole : Jean-Pierre Ferland : 196823:16 Jacques Higelin, Brigitte Fontaine : Cet enfant que je t'avais fait : Brigitte Fontaine - Jacques Higelin : 196827:41 Bernard Haillant : Pour l'oiseau : Bernard Haillant :1968
Jean-Max Brua, chantauteur français, naît à Paris en 1938. Il hante les cabarets parisiens dans les années 1965 à 1975. Militant communiste et grand connaisseur du folk étasunien, il chante de sa belle voix grave. Puis il retourne à son métier d'ébéniste.
Chanteur totalement occulté par les médias, on ne trouve pratiquement rien à son sujet sur la toile ou dans la presse spécialisée. Seule la revue "Paroles et musique" lui a consacré un "Et pourtant ils chantent !" de trois pages dans le numéro 29 d'avril 1983. Merci à Bernard Keryhuel dont je vais m'inspirer de la prose pour écrire cet article.De même son décès sera annoncé dans un "En bref" de Chorus dans leur numéro 28 de l'été 1999.Cet assourdissant silence ne gêne pas Jean-Max Brua. Il poursuit inlassablement son travail de créateur solitaire. Installé dans la quiétude d'une fermette du Périgord, intégré à la vie du village (Il s'occupe même de l'équipe de football), il partage les préoccupations journalières d'une réalité parfois âpre à vivre. Patiemment, il engrange ses anecdotes, des instants furtifs qui, un jour ou l'autre, finissent par ressortir transposés en chansons racées.En réalité, son but dit-il c'est de :
"donner une œuvre qui puisse pénétrer dans l'univers des gens, arriver dans leurs têtes, se connecter à leurs sensibilités mais aussi colorer leurs vies".
Jean-Max Brua a fait partie de la bande des cinq : Jacques Bertin, Jean-Max Brua, Gilles Elbaz, Jean-Luc Juvin & Jean Vasca. Bande que Jacques Bertin définit ainsi :
« ce n’était pas une forteresse, ni une Équipe de France, ni une académie. Une bande, ça s’évase, ça déborde, ça fuit de partout ! Chacun d’entre nous avait d’autres amis, d’autres compagnonnages (…) Il y avait d’autres bandes juste à côté. Mais voilà, c’était lui, c’était moi, c’étaient eux, c’était le hasard, c’était comme ça, c’était notre bande. »
Une bande qui se structure et se "théorise" à Tharaud dans le Gard les 10 et 11 août 1976 puis du 24 au 27 juillet 1977, lors d'un "symposium (partie séminaire, partie rigolade). En ce début 2025, Jacques en est le dernier survivant.Jean Vasca pouer Jean-Max Brua :
"Ce qui touche dans tes chansons, c'est ta sincérité et cette volonté têtue et viscérale d'être toi-même, totalement, parmi les hommes; de témoigner de leur combats; d'y prendre part verbe au poing. C'est ton chemin, c'est à travers cette incarnation profonde que tu te trouves et te donnes dans la transparence d'une écriture qui avance. (…)En ces temps où les médias de tous poils hurlent à la mort (je veux dire cette tristesse, ce matraquage quotidien de l'intelligence et de la sensibilité), il nous appartient à nous de hurler à la vie. Alors, Jean-Max, continue, nom de dieu !"
En 1968 paraît le premier 45 tours de Jean-Max Brua "L'étranger"
33:03 Henri Gougaud : Viêt-Nam : Henri Gougaud : 196835:43 Hélène Martin : L'enfant mort : Rose-Marie Moulin - Hélène Martin : 196837:57 Maurice Fanon : Les orgues de monsieur Johnson : Maurice Fanon - Darzie : 196839:54 Jean-Max Brua : Bateaux… Compagnies… : Jean-Max Brua : 196842:54 Isabelle Aubret : La jeunesse d'aujourd'hui : Jacques Debronckart : 1968
Dominique Grange, chantautrice et comédienne française, naît à Aix-les-Bains en 1940. Son père est chirurgien ophtalmologiste, sa mère membre d'association dans un centre social. Les grands-parents de Dominique sont musiciens amateurs et lui transmettent le goût de la musique. Ainsi, elle étudie le piano très tôt et dispose d'une guitare dès l'âge de 11 ans. Adolescente, elle découvre Guy Béart, Jacques Brel, Léo Ferré, le blues, le rock et le folklore sud-américain.Ensuite, en 1954, elle intègre le lycée. Sa prise de conscience politique se fait grâce à sa professeure de philosophie, alors membre du Parti communiste. D'ailleurs, bonne élève, elle obtient le bac en 1958 et part immédiatement pour Paris.En fin de compte, elle s'inscrit à l'École nationale d'interprète de traducteurs de la Sorbonne tout en suivant les cours de théâtre de Raymond Girard.
En conséquence, dès 1961-1962, elle accède rapidement à une carrière multiple de comédienne. Parallèlement, Dominique Grange mène une carrière de chanteuse dans les cabarets rive gauche dans un répertoire de variété bien ficelée. En pleine période yéyé elle fait paraitre trois 45 tours chez "Bel Air". Guy Béart la repère et enregistre la chanson "Le trou dans le seau" en duo avec elle dans son 45 tours "Allô tu m'entends" en 1965. Puis ce dernier l'engage comme collaboratrice pour son émission tv "Bienvenue chez Guy Béart". La réussite de cette émission tiendra beaucoup à la faconde de Béart mais aussi au charme de la belle Dominique Grange.En 1967, elle enregistre son 4ème 45 tours chez Temporel, la nouvelle maison de disque de Guy Béart.
Le mouvement étudiant de révolte et les grèves ouvrières de mai-juin 1968 enthousiasment Dominique Grange et font basculer sa vie.. Elle met fin au contrat avec Guy Béart, arrête sa carrière de chanteuse. D'ailleurs elle fait partie du comité de grève avec Évariste, Pia Colombo, Maurice Fanon, Francesca Solleville, Colette Magny & les Barricadiers. En outre elle participe au CRAC (Comité Révolutionnaire d'Action Culturelle) à la Sorbonne. D'esprit libertaire, elle prend contact avec la Fédération Anarchiste (FA). Des militants de la FA lui expliquent alors, que ce mouvement des étudiants n'était qu'un mouvement "petit bourgeois". En parfait désaccord avec cette analyse, elle tourne le dos à la FA.Peu après la fin du mouvement, Dominique Grange enregistre sur 45 tours autogéré des chansons écrites en mai et juin 1968. Ce 45 tours était vendu 3 francs au profit des grévistes et des comités d'action.
47:36 Jacques Dutronc : Il est cinq heures, Paris s'éveille : Jacques Lanzmann, Anne Ségalen - Jacques Dutronc : 196850:18 Evariste : La révolution : Evariste (Joël Sternheimer) : 196852:27 Claude Nougaro : Paris Mai : Claude Nougaro - Traditionnel, arrgt Ed. Louiss : 196857:48 Dominique Grange : Chacun de vous est concerné : Dominique Grange : 1968
Les débuts de Jacques Bertin. L'année 1968 voit une série de conflits sociaux fleurir à travers la France : À Caen, tout commence en janvier 1968 avec une grève d'OS qui culmine, le 26 janvier, lors d'une nuit d'émeute et d'affrontements en ville avec les forces de l'ordre : aux ouvriers se sont joint une centaine d'étudiants. Le préfet souligne la tradition de ce lien ouvriers-étudiants depuis les luttes communes avec la CFDT pendant la guerre d'Algérie, ainsi que la détermination ert le courage physique des manifestants lors des "attaques contre les symboles de la société en place (…) avec des bris de vitrines mais pas de pillages.
Nouvelle version du podcast : les titres maintenant sont directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.
Béatrice Arnac, chanteuse, compositrice et actrice française naît à Suresnes en 1931. Elle est la fille de Marcel Arnac, dessinateur, précurseur de la BD. De même elle est la petite fille du journaliste pamphlétaire anarchiste Zo d'Axa (Alphonse Galland).Ainsi dès 12 ans, elle étudie la danse, le mime et le chant. Puis elle suit des cours au Conservatoire d'art dramatique.Ensuite, dans les années 1960, Béatrice Arnac passee dans les cabarets rive gauche. Elle chante les poètes : Pierre Seghers, Pierre Mac Orlan, Boris Vian, Arthur Rimbaud., etc...C'est ainsi qu'en 1962, Luc Bérimont dit d'elle:
" Son répertoire Cette voix venue du plus nocturne, du plus insoumis, du plus tendre des pays de la poésie"
Béatrice Arnac remporte un premier Grand prix du Disque Charles Cros en 1962 pour son 2ème 45 tours :"L'amour"En 1963, elle fait paraître un 3ème 45 tours avec un titre écrit par Alain Saury . L'année suivante Béatrice Arnac consacre un album 33 tours à cet auteur pour lequel elle reçoit un deuxième grand prix du Disque de l'Académie Charles Cros.En 1968 paraît son 4ème album 33 tours :" Sans amour"
02:06 Brigitte Sabouraud :Ainsi font font : Brigitte Sabouraud - France Olivia Deguelt : 196804:08 Gérard Manset : Animal on est mal : Gérard Manset : 196807:27 Les Enfants Terribles : Hissez ! : Gérard Lamballe - Alain Féral : 196810:33 Béatrice Arnac : La nonne : Jean-Paul Marchant : 1968
Michel Pineau, alias Michel Murty naît à Paris le 2 Mai 1937, d’un père électricien et d’une mère employée de bureau. Il est l'aîné de trois enfants.Il passe ses premières années d’enfance à Saint Denis durant la période de la guerre (l ’occupation, les soldats, les uniformes, les contrôles d’identité). À l'école maternelle les journées sont ponctuées par les alertes et les bombardements.Cette atmosphère va le marquer profondément et peut expliquer parfois, le choix de certains thèmes de ses chansons et de ses peintures.
Dès la fin de la guerre la famille s’installe en banlieue, à Sevran qui est encore « la campagne ». Michel découvre alors la nature et son émerveillement.D'abord à l'école primaire puis au cours complémentaire seuls le dessin et la musique le passionnent vraiment.
Michel étudie la photogravure entre 1952 et 1954 à l’école Estienne. Il obtient des premiers prix de dessin, d’étude documentaire et de décoration.Parallèlement, il découvre les chansons de Georges Brassens et de Léo Ferré. Alors, il crée, avec deux amis, un trio d'harmonicas et donne ses premiers concerts.
Ensuite en 1955, il entre dans la vie active. Il a ses premiers emplois à la revue « l’Illustration », puis dans différentes entreprises où il se sent comme étranger, comme marginal.En plus de son métier, il suit des cours de peinture à l’école « des Arts Appliqués ». En outre avec quelques élèves qui partagent son enthousiasme, Michel organise un groupe : « Jeune Peinture ». Ainsi en 1957, il obtient son CAP de photograveur (chromiste).Son rêve, son réel désir, est de quitter son emploi pour se consacrer entièrement à la peinture et à la chanson.
Michel Murty effectue son service militaire à Linas-Monthléry puis en Algérie entre 1957 et 1959.Malgré le service militaire il arrive à participer à diverses Expositions de peinture à la « Galerie Moderne » (Paris), et divers salons de Province. Il achète une première guitare et commence à interpréter des chansons de Georges Brassens, Jacques Douai, Yves Montand, Léo Ferré.
Enfin libéré du service militaire, il continue à participer à diverses Exposition Peinture à mais également a quelques spectacles chanson pour amateurs. Notamment; en 1963 il commence à écrire ses premières chansons, paroles et musiques.
Mais en 1964, Michel Murty est de plus en plus attiré par la poésie et la chanson. Il commence ses premières auditions dans les maisons de disques et dans les cabarets « L’Écluse » et « l’École Buissonnière », il a un premier engagement dans un cabaret de Lyon, « Le Kaf’Ka ».Puis Michel est sélectionné au « Palais d’Hiver de Lyon», pour concourir au « Festival International de la Chanson » à Rennes.Finalement il, participe au « Petit Conservatoire de la Chanson » de Mireille où, sa rencontre avec d’autres chanteurs l’incite à former la troupe « Chanson d’Aujourd’hui ».
Enfin en 1965, Michel reçoit le prix Paul Beuscher d'auteur-compositeur interprète à la finale du « Festival International de Rennes ».En effet, Michel Murty est aussi sélectionné pour la finale des « Relais de la chanson ». Ainsi, il commence à tourner dans les cabarets : « La Méthode », « Le Port du Salut », « Le Tire-Bouchon».
D'ailleurs, en 1966 il rencontre, au « Petit Conservatoire de la chanson » la comédienne Monique Brienne qui présente alors ses textes. Michel lui propose de les mettre en musique. Leurs voix s’harmonisant parfaitement, ils vont former un duo : « Michel et Monique ».Le duo chante alors dans quelques cabarets : « L’Échelle de Jacob », « Le Lapin Agile », « La Bollée », « La Grignotière ».
Mais encore, en 1967, ils rencontrent Jean Arnulf qui les présente à Guy Béart; celui-ci les programme dans son émission de télévision « Bienvenue Chez Guy Béart » où ils feront la connaissance de Claude Dejacques, directeur artistique chez Philips, qui à son tour les recommande auprès de Pierre et Michel Célie producteurs des disques « Déesse ».
En fin de compte, en 1968, le duo enregistre deux 45 Tours « Michel et Monique » et « Aux bidonvilles de Nanterre ».Alors, Michel Murty abandonne définitivement son métier de photograveur et peut enfin se consacrer totalement à la chanson et à la peinture.
16:36 Jacques Serizier : Au royaume de mon enfance : Jacques Serizier : 196819:30 Michel & Monique : Aux bidonvilles de Nanterre : Michel Murty : 196822:20 Toulaï : Kumbaya : Lee Hays, Fred Hellerman, Erik Darling, Ronnie Gilbert, Fred Hellerman, adapt. Eddy Marnay24:24 Jehan Jonas : La journée des amants : Jehan Jonas : 1968
Giani Esposito, chantauteur, poète et acteur français naît en 1930 à Etterbeek (Belgique). Son père est italien, sa mère française. La famille déménage en Italie en 1939.Le petit Giani fait des études classiques jusqu'au bac. Parallèlement, il se s'intéresse à la sculpture et au dessin.Giani revient à Paris en 1949, où à défaut de sculpture il travaille comme staffeur mais aussi emballeur et fabricant d'abat-jour.Cependant, Esposito possède en outre "un physique intéressant de beau ténébreux" et se fait remarquer par des réalisateurs tel que André Cayatte, Luis Buñuel ou Alexandre Astruc. En moins de trois ans de 1953 à 1955, il figure dans 7 films dont french cancande Jean Renoir.
En plus de ce reflet cinématographique, Giani Esposito vient à la chanson avec des textes étranges et décalés. Il éveille néanmoins la curiosité de Nico Papatakis et de Léo Noël qui l'engage à la Rose Rouge et à L'Écluse. Le public est fasciné :
"La voix d'Esposito, lacérée entre aigu et grave s'imposait à tous dans sa beauté formelle. Une voix à hauteur d'homme qui rendait plus dérisoire encore les tocades de la radio nationale pour les niaiseries franchouillardes de l'époque".
Il lui faudra du temps pour enregistrer son 1er album " 9 chanson de Giani Esposito".Le succès vient en 1959 avec la chanson "Le clown".En 1968 paraît son troisième album 33 tours "Un noble rossignol"
31:04 Giani Esposito : Un noble rossignol à l'époque Ming : Giani Esposito : 196834:32 Francesca Solleville : Le chant des hommes : Nazim Hikmet, adapt. Charles Dobzynski - André Grassi : 196836:39 Max Rongier : La vérité : Georges Coulonges - Max Rongier : 196839:24 Christine Sèvres : Tu es venu : Jean Ferrat : 1968
Les débuts de Jacques Bertin. Jacques Bertin, chantauteur, poète et journaliste français naît à Rennes en 1946. Sa famille catholique est très croyante mais aussi sociale : Son père, ayant fondé une association "La lutte contre le taudis", passe ses jours de congés à bâtir des maisons pour les sans-logis. Jacques Bertin conserve un souvenir heureux de son enfance.En fait, à la maison, sa mère est passionnée de chanson, on chante au quotidien. Jacques participe à la chorale paroissiale. À 14 ans, il achète sa première guitare. Bientôt il interprète les succès du moment (Brel, Aznavour).Jacques Bertin entre à l'école de journalisme un peu par hasard. Cependant, à l'École Supérieure de Journalisme de Lille, il se liera avec Didier Levallet ( son futur contrebassiste et arrangeur), Bernard Langlois (futur créateur de Politis) et François-Régis Barbry (journaliste à Paroles et Musique puis à Chorus).: "Dès la deuxième année, j'ai commencé à faire des chansons. La troisième, je ne suis plus allé à l'école, car je gagnais déjà ma vie comme chanteur..."
Enfin, en novembre 1966, il remporte le premier prix du concours organisé par la voix du Nord. Eddie Barclay qui est dans la salle lui propose de signer un contrat. Jacques Bertin demande de réfléchir puis :
"Quelques minutes plus tard, fier comme on l'est à cet âge, je réponds non. Tel fut mon premier acte professionnel. Je l'avais échappé belle. Le contrat que me proposait le bon oncle B... était le fameux "contrat d'option" que les maisons de disques font signer à tous les débutants. (…) Un contrat d'option est un contrat par lequel l'artiste se lie à une maison de disques. Il renonce à enregistrer ailleurs durant un, deux ou trois ans. Pendant ce temps, la maison, elle, se propose d'étudier "l'éventualité d'enregistrer un disque". C'est parfaitement immoral…"
Finalement, en 1967 paraît son premier album 33 tours Chez BAM. Ce premier album reçoit le Grand Prix du Disque Charles Cros.et en outre en 1968, paraît son deuxième album 33 tours dans la collection "La fine Fleur" avec un premier titre "Revoilà le soleil".
45:56 Jacques Bertin : Revoilà le soleil : Jacques Bertin : 196848:34 Gribouille : Ostende : Gribouille - Christine Fontane : 196851:12 Béa Tristan : Le soleil : Béatrix Longa : 196855:06 Leny Escudero : L'an 3000 : Leny Escudero : 196857:46 Claude Vence : Où va le monde : Claude Vence : 1968
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