Notes de l’épisode – notre invitée : Sylvia Ferrari
Ah… le Burn-out. Qui n’en a pas déjà entendu parler ? C’est un mal qui sévit de plus en plus dans notre société et qui touchent de nombreux multipotentiels.
Le burn-out, qu’il soit lié à une situation professionnelle ou personnelle est un sujet qui revient très souvent dans les conversations. Et nous sommes ravis de pouvoir en parler aujourd’hui avec Sylvia Ferrari, une passionnée de théâtre, de chant et de photographie qui, à 40 ans, découvre sa multipotentialité et son profil TDAH suite à un burn-out.
Aussi appelé « épuisement professionnel » en France, il a aujourd’hui plusieurs approches et définitions. En effet, les symptômes et le vécu peuvent fortement varier selon les personnes mais son démarrage (le burn) est principalement lié au milieu professionnel et peut parfois avoir des manifestations assez impressionnantes.
Cela commence souvent par des petits symptômes récurrents, des signaux d’alarmes qui se déclenchent mais qui sont régulièrement ignorés par manque de temps et surtout car la tête considère qu’il faut continuer à travailler. Ceux-ci s’amplifient jusqu’à arriver à des effets auxquels on ne peut plus fuir : perte de voix (comme nous l’expliquait Jordane dans l’épisode 10 du podcast), impossibilité de bouger, anesthésie émotionnelle, pertes de mémoire, paralysie, troubles de la vue, maladies…
« À un moment donné, c’était une surcharge de travail. C’était tout le temps essayer de trouver des solutions pour l’amélioration des projets, de l’équipe… Et en fait j’avais beau faire, beau mettre en place, essayer de faire au mieux, il y avait tout le temps des bâtons dans les roues et des problématiques. Il n’y avait jamais quelque chose qui se passait correctement.Et au bout d’un moment, c’est mon estime et ma confiance en moi qui ont été touchées, à me dire « En fait je ne suis pas bonne, pas du tout compétente ». Et comme j’ai un gros syndrome de l’imposteur, ça a été compliqué pour moi de me dire que non, j’étais compétente mais que ça prendra du temps. Je voulais aussi satisfaire (avec ce besoin de reconnaissance que l’on a tous un peu) mon président et mon équipe et comme je n’y arrivais pas. Ça a été une espèce de tout. »
La plupart du temps ce n’est pas la quantité de travail en elle-même qui crée le burnout mais c’est la quantité de pensées et d’attentes vis-à-vis de soi qui font flamber. C’est pour ça que j’aime bien le comparer à une machine à laver en plein essorage qui serait en accélération permanente jusqu’à perdre le contrôle de la vitesse du tambour (les pensées), se casser, flamber en continuant à tourner (un peu comme une roue folle suite à une explosion de voiture dans un film de Michael Bay…).
Ce sont les pensées permanentes d’un cerveau en plein déni ou négociation sur son état physique qui vont déclencher cet état. Le sentiment de ne pas en faire assez, de devoir / pouvoir faire mieux, de ne jamais être satisfait, de ne pas se poser, de ruminer en permanence. Une dissonance entre nos valeurs et notre travail, un syndrome de l’imposteur trop présent, une faible estime de soi, une intégrité professionnelle non réciproque… Ce sont des choses que les profils multipotentiels et que beaucoup d’autres neuro-atypiques connaissent bien.
Et, bien que le processus du burn-out semble soudain, il est en préparation depuis longtemps, parfois depuis des années.
« Le burn-out pour moi ça a été une petite mort, je me suis sentie mourir. C’est comme si je traversais une espèce de vallée désertique où il n’y avait rien qui se passe. Et paradoxalement, mon cerveau travaillait à foison pour trouver des solutions. Peu importe ce que c’était,