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JBP ? Mais qu'est-ce que c'est ? Eh bien c'est un « label » (enfin... pas vraiment) et un studio d'enregistrement lyonnais qui, entre 1958 et 1984, a sorti plus de 700 références, sous la houlette de son fondateur Jean-Baptiste Piazzano. Tout le monde, s'il avait l'argent, pouvait venir enregistrer chez JBP, ce qui fait qu'on trouve de tous les genres ou presque dans son catalogue, de la fanfare régionale au folk rock, en passant par les discours politiques ou la musique centre-africaine. Alors pour nous guider au milieu de cette montagne de musiques à qualités variables, Antoine a demandé à l'expert du rock lyonnais et plus grand collectionneur vivant des disques JBP, Christophe Simplex, qui nous fait faire un tour rapide de cette tranche considérable de l'histoire musicale lyonnaise en 4 disques incontournables.
TRACKLIST :
1. Les Beaver's – Le Madison de Mr. Diderot
2. The Swifts – C'est Gagné
3. Jean-Claude Riffaud – Winter Evenings
4. Duke Ellington – Symphonie Pour Un Monde Meilleur
5. Les Chats Sauvages – Twist à Saint-Tropez
6. Gun's Rock – Pal D'Hiv
7. Gones Rock – A Quoi Sert
8. Robert Grange – La Vieille
9. Gones Rock – Logarithme 70
10. Tchan Tchou – Strangers In The Night
11. Tchan Tchou – Nostalgie
12. Tchan Tchou – Nuages
13. Les Homards Violets – Existentialisme des années 66
14. Skizo Frénétick Bande – Jobard En Voyage
15. Les Homards Violets – Le Sadique
16. Les Homards Violets – Le Clodo
17. Deep Purple – Highway Star
18. After Life – Try People Try
19. Bruno Pelletier – Le Temps des Cathédrales
20. After Life – Jenny
Entre la rue Paul Bert et la place Voltaire, il y a deux ans, un rappeur à la forme olympique et au sens de la syntaxe très solide s'est mis sérieusement au labeur. Trois albums sortis coup sur coup et quelques morceaux plus tard, Tedax Max occupe maintenant une place de choix dans le paysage rap français, sans avoir jamais dissimulé son origine lyonnaise, ni succombé aux sirènes de l'argent facile. Au micro d'Antoine, il se souvient de ses premiers amours de rap, décrit sa façon d'écrire, revient sur sa trilogie Forme Olympique, compare la Guillotière à Harlem et réaffirme son indépendance.
TRACKLIST :
1. Tedax Max – Causes et Pertes
2. C4 Cland – Ici C'est Compton
3. Mac Tyer – Impulsif
4. Secteur A – Une Affaire de Famille
5. Nas feat. Lauryn Hill – If I Ruled The World
6. IAM – Nés Sous La Même Etoile
7. Various – Le Retour du Shit Squad
8. Tedax Max – Sirène
9. Tedax Max – Ambroisie et Nectar
10. Tedax Max – Vite Fait 2
11. Casey – Pas à Vendre
12. Tedax Max – Combine
13. Tedax Max – Premier Dimanche du Mois
14. Tedax Max – JAY-Z sans followers
15. Tedax Max – Grünt
16. Tedax Max – 5 Etoiles
17. Tedax Max – Oliva Biscuit
18. The Diplomats – Let's Go
19. Tedax Max – Harlem Manhattan
20. Tedax Max – Drillotière
21. Tedax Max – On Perd Nos Ailes
Par la musique dans ses albums et par l'écriture dans son unique essai philosophique à ce jour, Agnès Gayraud alias La Féline fait preuve d'une remarquable agilité pour chasser et débusquer la musique pop, là où on ne l'attend pas. C'est d'ailleurs depuis le Grnd Zero, haut-lieu underground nettement moins pop que punk, qu'elle a fait tomber la fourrure au micro d'Antoine, en creusant ses rapports avec la radicalité, la composition musicale, le mainstream pop ou encore son adolescence dans sa ville d'enfance, qui donne son nom à son prochain album : Tarbes.
TRACKLIST :
En frappant les fûts de sa batterie, en solo ou en groupe, en s’immergeant dans d'autres traditions musicales extra-européennes ou en aidant d'autres musicien.ne.s à matérialiser leurs idées via son label Carton, Sébastien Brun cherche en fait à saisir les différentes forces plus ou moins explicables qui le font, depuis plus de 20 ans, faire de la musique. Une quête quasi spirituelle, qu'il retrace au micro d'Antoine, la voix posée et les oreilles grandes ouvertes.
TRACKLIST:
1. Seb Brun – Empty
2. Jim Black – Specter #1
3. Parquet – Puppet
4. Emmanuel Scarpa – Tempus Reductionis
5. Vidwan B R Somashekar Jois & Kumari V Shivapriya – Konnakkol Duet
6. Seb Brun – Ker
7. Linnake – No Rest
8. OK – OK
9. IrèNE – T
10. Boris Boublil : Mù – Sensation
11. Emannuel Scarpa – Helico
12. Zanmari Baré – Bob Zarkansyèl
13. Seb Brun – Bob Zarkansyèl
14. Mazalda & Sofiane Saidi – Wahdi Ana W Galbi
15. Lou Reed – Metal Machine Music
16. Seb Brun – Koroll
Cette semaine dans Le Réservoir, un chapitre méconnu de l'histoire musicale lyonnaise : il était une fois Deux. En 1979, les très talentueux Gérard Pelletier et Cati Tête fondent ce binôme synth-pop, mais manifestement, ils ne tirent pas le bon numéro. Heureusement, dès le milieu des années 2000, quelques chercheurs et chercheuses d'or au nez fin les réhabilitent : d'oubliés malheureux, ils deviennent éternels.
TRACKLIST :
1. Deux – Décadence
2. Flavien Berger – La Fête Noire
3. Essaie Pas – Carcajou 3
4. Yan Wagner – Brise Glace
5. Kraftwerk – The Robots
6. Taxi Girl – Cherchez le garçon
7. Jacno – Rectangle
8. Deux – Europe
9. Steve Reich – Pulses
10. NEU – Hallogallo
11. Kraftwerk – Trans Europe Express
12. Deux – Felicita
13. Marquis de Sade – Walls
14. Deux – Paris/Orly
15. Deux – Let's Go (Not Very The Same Mix)
16. Deux – Out Of Time
17. Be Trance – Desire (2*4 Remix)
18. Frustration – Your Body
19. Ruth – Polaroïd-Roman-Photo
20. Comix – Touche Pas Mon Sexe
21. Deux – Game & Performance
22. Deux – Everybody's Night
23. Oppenheimer Analysis – The Devil's Dancer
24. Martin Dupont – Just Because
25. Moderne – Indicatif
26. In Aeternam Vale – Je Ne Sais Rien
27. Deux – Dance With Me
28. Deux – Golden Dreams
29. Deux – Sex & Trouble
Cette semaine dans le Réservoir, Johnnie Carwash. Un groupe de rock garage à forte nuance pop, léger sans être dérisoire, sincère sans être pesant, emmené avec insouciance par Manon, Bastien et Maxime, un trio d'ados vieillissants mais pas pour autant pressés d'être adultes.
TRACKLIST :
1. Johnnie Carwash – Lazy
2. Chuck Berry – Johnny B. Goode
3. AC/DC – Back In Black
4. Van Halen – Jump
5. Bobby Darin – Splish Splash
6. Johnnie Carwash – Yeah Yeah Yeah
7. Johnnie Carwash – I Don't Give A Shit
8. Johnnie Carwash – Sad Lovers In Town
9. Johnnie Carwash – U Want Me Dead
10. Johnnie Carwash – Lazy
11. Johnnie Carwash – U're A Dog
12. Johnnie Carwash – Teenage Ends
13. Decibelles – Des Gens Qui Tombent
14. JP Goulag – Girl Dreams
15. Irnini Mons – Montreal
16. Luje – Mauve
17. Avions – The Leper
18. Johnny Mafia – I'm Sentimental
Cette semaine dans Le Réservoir, encore mieux que Mad Max : Mad Sax. Lionel Martin, de son vrai nom, est un saxophoniste donc, aussi à l'aise sur les Stooges que sur du Stravinsky, et le créateur du label vinyles Ouch !. C'est depuis son grenier aménagé en studio, au milieu des vinyles, des instruments et des revues de planche à voile (sa deuxième passion), à l'étage de sa maison à Feyzin, qu'il raconte son parcours aussi imprévisible qu'une improvisation.
TRACKLIST :
Dans cet épisode de rentrée de la seconde saison du Réservoir, Antoine donne la parole à une sorte de louve-garou, inoffensive le jour mais redoutable la nuit. Et si ce n'était pas prévu que l'enregistrement se fasse un jour de gros tonnerre, la coïncidence est plutôt parlante. Car Jennifer, cette jeune femme gentille, solaire, presque sage, se mue régulièrement en Vel, productrice d'une techno implacable, caverneuse et survoltée.
TRACKLIST :
1. Vel – Stuck With A Valuable Friend
2. Vel – Pour Me One Glass Of Luv
3. Antonio Vivaldi – Concerto Les Quatre Saisons RV.297 « L'Hiver » (1er mouvement, Allegro Non Molto)
4. Paul Temple – Ful
5. Simo Cell & Abdullah Miniawy – Pending In The Pattern
6. In Aeternam Vale – Circles
7. Vel – Eh Lof Live Real (In Aeternam Vale Remix)
8. Avalon Emerson – One More Fluorescent Rush
9. Vel – Don't Give Her The Mic
Des artistes musicaux singuliers, il y en a quand même un certain nombre à Lyon, et cette première saison du Réservoir nous aura permis d'en (re)découvrir certains. Parmi eux, une figure assez secrète du paysage musical lyonnais, peu férue des lumières, mais néanmoins prolixe et surtout boulimique de composition (allez regarder sa discographie, vous comprendrez) : Christophe Petchanatz, alias Klimperei.
Et comme son métier d'aide-soignant à domicile lui a permis d'acquérir une connaissance rigoureuse des rues et des parcs de son quartier, la Croix-Rousse, il a choisi de balader Antoine parmi quelques jardins méconnus du coin. D'abord, le parc Francis Popy, du nom d'un compositeur lyonnais oublié de la Belle Epoque, cadre idéal pour évoquer les diverses influences françaises et européennes de Klimperei, groupe pendant longtemps composé de Christophe et de son ex-femme Françoise Lefebvre. Leur premier album When Memories Began To Fade, sorti en 1987 sur le label cassette lyonnais Underground Productions tenu par Eric Chabert, qui mélange piano et instruments pour enfants, les fait alors connaître dans un cercle underground.
Depuis, l'étiquette « toy music » colle à la peau de Klimperei, alors même qu'un certain nombre de morceaux composés par Christophe, en solo ou avec Françoise, ne peuvent se réduire à cette dénomination. En revanche, Antoine se risque à une hypothèse : Klimperei ne serait-il pas un précurseur de la bedroom pop ?
Ce qui est sûr, c'est que Christophe a vécu l'aventure des débuts du mail art, cet art postal DIY essentiellement pratiqué à l'époque par des artistes transdisciplinaires, trempés dans la musique, la poésie, le fanzinat. Un art éphémère, périssable, qui fait écho à la tendresse que Christophe porte aux ruines, aux choses délabrées. D'ailleurs, c'est à l'ombre de la Villa Chazière, grande et luxueuse maison bourgeoise abandonnée au centre du parc du même nom que Christophe se souvient de ses nombreuses correspondances épistolaires, et des surprises qu'il découvrait, presque chaque jour, dans sa boîte aux lettres.
Enfin, à quelques dizaines de mètres, sur un banc du jardin d'Ypres, Christophe détaille son rapport viscéral à la musique. Ou plutôt : à la composition musicale, qui bien plus que l'écoute musicale, est depuis très longtemps l'un de ses besoins vitaux. Sa discographie serait-elle donc déchiffrable comme un journal intime ? « Non » semble d'abord répondre Christophe. Quoique ?
TRACKLIST :
Beaucoup les ont découverts avec leur « Benibla Freestyle » en 2018. Six minutes trente, treize couplets, une prod sombre et atmosphérique et l'influence évidente des gros noms de la trap d'Atlanta. Le collectif Lyonzon s'impose. Et parmi ses membres, celui qui « aime téléphoner avec son Sprite » : Gouap. Voix fluette, flow tranquille, son style est inhabituel. Depuis, Lyonzon a certes perdu des membres mais confirmé sa place dans le paysage rap en France, pas loin de leurs potes du collectif 667. Et Gouap y est vraiment pour quelque chose. Car sans être le chef officiel de la bande, c'est bien chez lui, dans sa « maisonnette », que la plupart des couplets ont été écrits, que la plupart des beats ont été fabriqués, bref, que l'essentiel de l'histoire s'est écrite. C'est donc là qu'Antoine l'a rejoint pour lui tendre le micro.
Sans filtre, et avec loquacité, Gouap revient sur les débuts de Lyonzon sur Soundcloud, « le royaume de ceux qu'ont choisi de se développer seuls » ; sur les raisons qui l'ont poussé à se mettre à la prod et tous les automatismes qu'il a développés pour pouvoir pondre ses morceaux comme un boulanger envoie ses baguettes ; sur son style lunaire, autant basé sur sa voix aiguë que ses figures de style ; et enfin, sur son rapport à la scène rap lyonnaise. Un rapport assez intransigeant, qui témoigne finalement d'une réelle ambition chez Gouap : mettre en place les bons outils, les bonnes armes, pour continuer sa conquête, jusqu'au sommet.
TRACKLIST :
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