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Or


Tous ceux qui ont déjà posé un disque labellisé Dur et Doux sur leur platine, ou qui vu sur scène un groupe de l'écurie peuvent en témoigner : ces musiciens-là sont ailleurs. Tous les groupes ne se ressemblent pas, cependant ils ont en commun de ne ressembler à personne, et c'est sans doute la spécificité principale du collectif et label auquel ils appartiennent. Comment se forme une équipe aussi surprenante ? Clément Dupuis, capitaine du vaisseau, vous répond dans ce nouvel épisode du Réservoir. Sans oublier bien sûr d'aborder quelques autres sujets, notamment la façon dont le label se finance, le fait que beaucoup de ces musiciens iconoclastes aient été formés au Conservatoire, ou encore la réputation du labels auprès de vieux allemands fans de prog rock. Bref, si vous connaissez déjà, vous en apprendrez sans doute un peu plus, et si vous ne connaissez pas, vous découvrirez qu'il y a encore, en France, à Lyon en l'occurrence, des musiciens qui n'ont clairement pas peur quand on leur dit que ce qu'ils font, « ça marchera jamais ».
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C'est chez lui qu'Antoine est allé rejoindre Yann Charpentier, le chef d'atelier de la Manufacture Errata, son label qui édite des cassettes de pop fabriquée à la maison et des petits fanzines de musique, de BD ou de chronique intime. Chez lui car c'est là que, depuis le début, Yann gère sa petite entreprise, à l'ombre de sa bibliothèque remplie de plus de 800 cassettes.
Bien sûr, dans ce Réservoir, on en apprend un peu plus sur le fonctionnement de la Manufacture Errata, sur les musiques qui y sont représentées, sur son encrage dans la ville de Lyon, mais on perçoit surtout l'adéquation profonde entre cette maison d'édition confidentielle, hétéroclite, résistante au temps (Errata existe depuis 2008), et son créateur. Car Yann est à l'image de sa micro-usine (ou serait-ce le contraire ?) : difficile à saisir parfois, mais attachant, toujours.
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Yanka est une habituée de l'underground lyonnais. Déjà petite, elle vagabondait parmi les ateliers d'artistes de la Friche RVI, désormais Friche Lamartine. Désormais, on peut la croiser au Grnd Zero, en squat ou à L'Amicale du Futur, ce bar associatif autogéré de la Guillotière qu'elle a choisi pour répondre aux questions d'Antoine.
Son discours est direct, résolument engagé en faveur des minorités. Et ce ne sont pas que des mots. Elle a suivi et aidé un groupe d'ados apprentis rappeurs de La Duchère. Membre du Collectif Hip-Hop Féminin, elle milite pour une meilleure reconnaissance des femmes dans le rap. Pas étonnant donc qu'elle ait choisi de tracer son chemin dans les sous-terrains de la culture, refuges de ceux que la norme rejette. Pourtant, quand elle parle de Boule de Crystal, son duo d'emo-rap formé avec Anotine Nouel, elle assume pleinement son amour pour les morceaux grand-public de Jul ou de Mega Thee Stallion. Car finalement le rap, underground comme mainstream, reste toujours selon elle la voix naturelle des exclus.
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C'est après une séance d'enregistrement pour leur prochain album (dont on guettera la sortie avec impatience) qu'Amédée et Romain, têtes pensantes du duo pop Balladur, ont invité Antoine à venir prendre l'apéro pour discuter de leur quasi-décennie d'existence. L'occasion pour eux d'observer tranquillement la manière dont leur tandem, entre le premier album éponyme de 2013 et le dernier, La Vallée Étroite, en 2019, s'est peu à peu affranchi des premiers modèles. L'occasion aussi de redire les raisons qui les poussent encore à jouer live au milieu du public, et de rappeler leur appartenance à une scène lyonnaise plus affective qu'esthétique. Et puis bien sûr, on parle ici de musique, de leur musique, riche d'influences très variées, résolument pop et pourtant travaillée par une attention tout particulière à ne pas faire comme les autres.
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King Doudou, aussi connu sous le nom de Douster, est surtout célèbre pour quelques hauts faits d'armes. Les instrumentaux des trois énormes hits « Oh Lala » de PNL, « Fiebre » de Bad Gyal, « Negro » de J Balvin sont de sa signature. Pourtant Hugo (c'est son vrai nom) n'a pas tout quitté pour s'installer à Paris ou dans une autre capitale qui aurait pu, peut-être, lui permettre de battre le fer de la musique à gros succès. Au contraire, son studio est à l'Atelier Sumo, un espace de création et d'exposition au cœur du milieu underground lyonnais. Et par ailleurs, il continue de produire des beats pour des artistes locaux qui sont encore loin du succès international. Un positionnement assez singulier donc, à cheval entre deux milieux qu'a priori tout oppose. Et pourtant, au micro d'Antoine pour Le Réservoir de cette semaine, Hugo résout l'énigme avec une simplicité déconcertante : peu importe la finalité, le plus important, c'est d'abord de s'amuser.
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Le squat Hypnotic, situé rue Magneval dans les pentes de la Croix-Rousse, n'a duré que 6 mois. C'est peu, pourrait-on se dire. Pourtant sa courte existence est capitale dans l'histoire de la musique électronique lyonnaise et française. Car c'est là-bas que s'est enflammé le mouvement rave à Lyon. Et Umwelt, sous son ancien alias de Freddy J, a vécu toute cette histoire de l'intérieur. Pour Le Réservoir, il revient sur les lieux brasser quelques souvenirs, avant d'emmener Antoine Boj là où se trouvait son disquaire favori de l'époque, puis devant un ancien club d'after éphémère au sein duquel il a assisté, par hasard, à un spectacle inattendu. Mais ce Réservoir n'est pas qu'une foire aux souvenirs. Umwelt est un musicien toujours actif, gérant des labels New Flesh, Rave or Die et Flesh or Die, fort d'une carrière de 25 ans qui lui permet d'observer d'un regard affûté l'évolution et la récupération de la culture rave.
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Avec son folk-club lyonnais La Chanterelle, son groupe La Bamboche, les festivals auxquels il a participé ou qu'il a co-organisés et ses nombreuses collectes de matériel musical traditionnel réalisées dans les campagnes françaises, Jean Blanchard est incontestablement une figure essentielle du mouvement folk français des années 70. Une période sur laquelle il revient, presque en historien, au micro d'Antoine pour ce Réservoir. Mais Jean n'est pas que ça : il est aussi le co-créateur du CMTRA (Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes) et le passeur bienveillant qui, pendant de nombreuses années, a formé et encouragé bon nombre de jeunes musiciens talentueux à s'emparer des répertoires traditionnels pour les actualiser, les hybrider et leur faire une place de choix dans la musique pop actuelle. Définitivement folk, et définitivement moderne.
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Félicité Landrivon, alias la Brigade Cynophile, a marqué l'histoire du Grrrnd Zero, haut-lieu de l'underground lyonnais. C'est qu'elle en a fait jouer, là-bas, des groupes formidables. Et elle en a produit, des affiches superbes pour promouvoir ces concerts. A tel point que sa réputation de graphiste a fini par dépasser largement les frontières lyonnaises – désormais, Félicité signe des pochettes pour des labels aussi fameux que Bongo Joe ou Warp. C'est donc naturellement au 60 avenue de Bohlen, à Vaux-en-Velin (l'adresse enfin définitive d'un Grrrnd Zero à l'histoire tumultueuse) qu'Antoine a rejoint Félicité. Pour faire une petite visite du lieu d'abord, avant de discuter organisation de concerts à prix libres, grande bouffe à bas prix, art de l'affiche, sobriété de l'underground lyonnais et Ventoline. Non pas celle qui soulage l'asthme mais celle qui, sous la forme d'une revue dans laquelle Félicité n'invite que des femmes, soigne une presse musicale bien trop burnée.
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Dans le rap indé de ces 10 dernières années, L'Animalerie occupe une place de choix. Animé par les flows uniques de rappeurs maestro tels que Kacem Wapalek, Anton Serra, Lucio Bukowski ou Eddy Woogy, accompagnés au hasard de lives ou de vidéos par les pas-encore-si-célèbres Vald, Nekfeu ou Alpha Wann, le collectif lyonnais a bien failli, au mi-temps des années 10, tutoyer les étoiles du grand succès. En tout cas, Oster Lapwass, beatmaker et pilier historique du crew, il y a cru. Et c'est donc sur cette histoire qu'il revient au micro d'Antoine pour Le Réservoir : une histoire peuplée de personnages très différents, tous talentueux, quelques uns revêches ; une histoire qu'on peut lire comme un chapitre supplémentaire de la grande malédiction du rap lyonnais (si tant est qu'elle existe), mais aussi une histoire qui, heureusement, n'est pas encore terminée.
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Mathilda et Ambrine sont les deux fondatrices de Boomrang. Kevin quant à lui est programmateur de ce tiers-lieu situé rue de l'Epée, à Guillotière. Tous les trois sont jeunes, curieux et avides de culture. Au micro d'Antoine, ils retracent ensemble la courte mais intense aventure de cet endroit devenu incontournable tant il prend au sérieux sa mission d'accompagner les jeunes artistes à s'envoler. Ils n’hésitent pas, aussi, à donner certains avis tranchés sur leur ville, et sur la manière dont quelques uns veulent s'emparer des cultures underground. Et puis, en point d'orgue, Ambrine vous fait découvrir son nouveau bébé, petit-frère villeurbannais de Boomrang : Mimesis.
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