Les 4 Vérités

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Les 4 Vérités episodes

  • Carburants, superprofits, transition écologique... Patrick Pouyanné est l'invité du 29 mars 2024

    Totalenergies fête son 100e anniversaire. Pour l’occasion, l’entreprise annonce un certain nombre de mesures en faveur des clients des stations-service mais aussi d’abonnés à l'électricité. En premier lieu, une prime de 100 euros accordée aux 100 000 prochains clients de l’électricité s’ils restent abonnés pendant six mois. Les automobilistes auront également droit à une ristourne puisque les 100 000 premiers qui dépenseront 1000 euros dans les trois prochains mois, bénéficieront d’un chèque de 100 euros. Un dispositif combiné à l’opération de plafonnement du tarif de l’essence à 1,99 euro dans 1000 stations. « Le plafond est atteint dans les autoroutes et un certain nombre de stations-service dans les zones rurales », souligne Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, invité sur le plateau des 4 Vérités, le 30 mars, sur France 2. Jusqu’où le prix du litre peut-il grimper ? « Il est assez stable. (…) Chez TotalEnergies il ne pourra pas monter plus que 1,99 euro », précise-t-il. Invité, ce jeudi 28 mars sur LCI, Michel-Edouard Leclerc n’a pas hésité à tacler les prix du carburant en dénonçant les profits engendrés par les raffineurs. « Il nous fait beaucoup de publicité. Il doit être un peu vexé que nous ayons fait notre slogan '1,99'. S’il veut investir avec moi dans les raffineries, il est le bienvenu. Je suis prêt à partager », ironise le PDG. 

    Pour les salariés, le dirigeant a également annoncé un dispositif exceptionnel. « L’ensemble des 100 000 salariés dans le monde vont recevoir 100 actions pour le centenaire. C’est un geste important de plus de 6000 euros, à la condition qu’ils restent cinq ans chez nous ». Une opération qui devrait coûter près de 20 000 euros à l’entreprise souvent ciblée pour ses superprofits. En 2023, la raffinerie a enregistré près de 20 milliards d’euros de bénéfices nets. 

    Déficit public : taxer les superprofits ? 

    Alors que le gouvernement vient d’annoncer les très mauvais résultats des déficits publics, le Premier ministre n’exclut pas une taxe exceptionnelle sur les superprofits. « Les profits de TotalEnergies en France ne sont pas des superprofits. (…) On est une des entreprises les plus taxées au monde. Nous contribuons de multiples façons à l’économie française, notamment à travers des opérations comme le plafonnement des prix de l’essence. Les Français apprécient cette mesure », argue Patrick Pouyanné. « Je suis heureux qu’en France, il y ait des grandes entreprises qui fassent des profits. Des Profits qui sont des investissements futurs », assure-t-il. 

    TotalEnergies est également taclée pour son empreinte carbone. « On vit majoritairement avec des énergies fossiles. Mais on en sort. On investit massivement dans l’électricité et les renouvelables. On est dans une transition énergétique. Il faut pouvoir maintenir le système actuel tant qu’on n'a pas construit des énergies nouvelles. On y consacre un tiers de nos investissements », affirme le PDG. 

    11 min
  • Le gouvernement souhaite « désmicardiser la France », Marc Ferracci est l’invité du 28 mars 2024

    Le déficit public français a atteint 5,5% du PIB en 2023, soit bien plus que les 4,9% initialement prévus par le gouvernement. « La situation est sérieuse », a reconnu Gabriel Attal mercredi 28 mars 2024 dans le JT de TF1. Invité des 4 vérités, Marc Ferracci, député des Français de l’étranger et Vice-président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, tente d’expliquer cette dette abyssale. « La situation n’a pas dérapé » juge celui qui reconnaît pour autant des « responsabilités partagées ». Simplement, les dépenses ont été « plus importantes que prévu » et « très difficiles à anticiper ». Il tient tout de même à rassurer : pour l’instant, la capacité de la France à emprunter sur les marchés étrangers reste intacte.

    Le gouvernement est à la recherche de solutions pour rendre l’économie meilleure. Le Premier ministre a notamment déclaré souhaiter « désmicardiser la France ». Une formule qui signifie sa volonté d’aider « beaucoup de français bloqués au niveau du smic », explique Marc Ferracci. Un des leviers pour cela serait, par exemple, de donner aux entreprises les moyens de baisser le coût du travail, en faisant diminuer les charges patronales payées actuellement. « Si l’on veut vraiment aider les gens à rehausser leurs salaires, il faut aussi leur permettre d’accéder à la formation professionnelle plus aisément qu’aujourd’hui […] en augmentant leurs comptes CPF », juge également l’homme politique.

    « Le travail doit payer mieux que l’inactivité » a aussi déclaré le Premier ministre dans sa prise de parole mercredi 27 mars 2024. Parallèlement, les bénéfices du CAC 40 ont dégagé 146,2 milliards d'euros en 2023. Alors, pourquoi cibler les chômeurs ? Évoquant la réforme de l’assurance chômage citée par Gabriel Attal, le vice-président du groupe Renaissance jure que « le sujet n’est pas les gens, mais les règles ». Questionné sur sa favorabilité à la réduction des droits des chômeurs 18 à 12 mois, il assure que la priorité serait, selon lui, plutôt de « toucher aux critères d’éligibilité », en réduisant la période travaillée qui donne la possibilité d’ouvrir l’accès aux indemnités. « Tant que les tensions existent toujours sur le marché du travail, il faut les résoudre », martèle-t-il.

    Dans son essai La voie française, Bruno Le Maire a employé le terme « TVA sociale ». Une mesure chère à la droite, qui signifie que notamment que le ministre de l’Économie entend transférer certaines cotisations sociales vers la TVA. Marc Ferracci parle d’un « sujet très profond », qui est à considérer avec sérieux. Cette piste réclame selon lui un nouveau mandat politique, c’est-à-dire qu’elle se « décide et se discute dans le cadre d’une élection présidentielle ».

    9 min
  • Écoles : tenue correcte exigée - Boris Vallaud est l’invité du 27 mars 2024

    Suite à ses propos à l’encontre du port du voile d’une de ses élèves, le proviseur du lycée Maurice Ravel, dans l’est de Paris, s’est vu menacé de mort, ce qui l’a conduit à démissionner de son poste. Un incident qualifié d’« échec collectif » par le député des Landes et président des socialistes à l’Assemblée, qui rappelle que « les menaces de mort n’ont de place nulle part ». Questionné également sur l’uniforme des élèves à Puteaux, manifestement fabriqué dans des pays du tiers-monde, alors que les députés de gauche se battent depuis des mois pour réguler la fast-fashion avec la loi sur le devoir de vigilance, il ne s’agit pas d’une priorité pour Boris Vallaud. Selon lui, l’éducation nationale n’a pas besoin d’uniformes, ni de dépenses supplémentaires inutiles, mais de plus de professeurs, d'accompagnateurs sociaux et d’AESH dans ses établissements. 

    En opposition au gouvernement 

    Le port de l’uniforme scolaire n’est pas le seul différend entre le haut fonctionnaire et les responsables gouvernementaux. Au micro de Thomas Sotto, il se montre très critique face à la volonté affichée par le Premier ministre Gabriel Attal de « désmicardiser » le pays. Il précise que la priorité est, selon lui, de se préoccuper des conditions de travail des français, qui « aiment leur métier et aimeraient bien le faire ». Il indique aussi sa préconisation d’augmenter les salaires plutôt que de réduire la durée des allocations chômage : « beaucoup de gens ne vivent pas de leur travail aujourd’hui ». Ce sont notamment les jeunes, les femmes, les moins diplômés et ceux qui ont des emplois précaires qui souffrent le plus dans le marché du travail, précise l’ancien énarque. 

    Une solution au chômage de masse et à des salaires qu’il considère trop faibles toute trouvée dans les comptes des plus grosses fortunes de France ? Le mari de Najat Vallaud-Belkacem insiste sur l’importance de réduire les écarts salariaux, et de faire participer les grandes fortunes et entreprises, sur le principe de la solidarité nationale. Il impute directement à Bruno Le Maire l’échec de sa stratégie et l’augmentation de la dette publique sur les 7 ans de son mandat au ministère de l’Économie : « je ne sais pas s‘il nous a menti ou s’il est incompétent, mais il y a 16 milliards d’euros de dérapage, qui sont les conséquences des 50 milliards de cadeaux faits aux grandes fortunes ». Il estime que la TVA sociale est une « diversion » de la part du gouvernement, et conseille de mener une politique davantage tournée sur les conditions de vie et de travail du contribuable. Fustigeant à la fois le ministre de l’Économie et le Premier ministre, il indique : « on ne peut pas être le ministre des classes moyennes et ne jamais cesser d’être celui des classes affaires ». 

    Face à ses nombreux désaccords avec la politique menée par les macronistes, Boris Vallaud exprime son ambition de faire des élections européennes de juin un « moment d’espoir pour construire une alternative dans ce tête-à-tête mortifère entre les nationalistes et les libéraux ». On est, selon lui, dans « une lutte à mort entre la puissance publique et la puissance privée », que seuls des votes à gauche aux élections à venir pourront rééquilibrer. En totale adéquation avec sa tête de liste, Raphaël Glucksmann, qui refuse d’aller débattre sur CNews, une « hygiène de vie » que le député des Landes s’est également « accordée depuis des années », il déclare travailler sur une proposition de loi sur l’indépendance des rédaction et être très inquiet pour le financement des chaînes publiques. 

    10 min
  • Déficit public, chômage, terrorisme... : Manuel Bompard est l'invité du 26 mars 2024

    Thomas Sotto reçoit Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise et député des Bouches du Rhône.

    On l’a appris aujourd’hui, le déficit de la France s’élève à 5,5% du PIB. « Un désaveu cinglant pour le gouvernement qui était parti sur des hypothèses de 4,9% », d’après Manuel Bompard. Que faire maintenant ? Deux solutions se présentent. « Il y a la solution dans laquelle s’engage aujourd’hui le gouvernement, c’est à dire faire une saignée sans précédent sur les dépenses publiques », une solution dont « le pays ne se remettrait pas » selon le député de La France Insoumise qui estime que le pays a besoin de dépenser plus, notamment dans le domaine de la santé ou de l’éducation ou de la transition écologique. Deuxième solution, augmenter les recettes de l’État en « concentrant des hausses d’impôts sur les plus riches ». Des pistes sont au travail selon l’homme politique, qui évoque notamment le cas de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Un rétablissement de ce levier permettrait selon lui, « de faire rentrer entre 5 et 10 milliards d’euros dans les caisses ». Une taxe sur les super-profits a également été proposée depuis plusieurs mois par Manuel Bompard et son parti. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a réaffirmé l’objectif de 3% de la dette en 2027. « Un objectif irréaliste qui s’appuie sur des règles européennes qui n’ont aucune valeur économique », d’après l’invité de de Thomas Sotto.

    Aujourd’hui, la dette française s’élève 110,6% du PIB, soit environ 3000 milliards d’euros. Pour Manuel Bompard et son confrère Jean-Luc Mélenchon, une partie de la dette devrait être gelée. « Il faut annuler la partie de la dette qui a été contractée [auprès de la banque centrale européenne] pendant la période du Covid » a-t-il déclaré avant d’expliquer qu’avec ce dispositif « aucune personne qui nous a prêté ne sera pas remboursée ». Aucun problème donc, d’après lui, sur la santé financière de la France qui pourra toujours emprunter. « Je ne vous dit pas de ne pas la rembourser. Je vous dis que si vous la laissez dormir dans le coffre de la banque centrale européenne, elle va fondre avec l’inflation ». Cependant, toute annulation de la dette est actuellement interdite par les traités de la zone euro. Une mesure que la liste de la France Insoumise, conduite par Manon Aubry, a intégré à son programme pour les prochaines élections européennes le 9 juin 2024.

    Le chômage des seniors

    Pour réduire le chômage des seniors en France, le gouvernement envisage de réduire la durée des indemnisations. « Une mesure qui va rendre […] leurs conditions de vie difficiles ». Pour Manuel Bompard, « il faut avoir des mesures contraignantes, des amendes dans les entreprises qui discriminent, qui ne respectent pas leurs objectifs en matière d’emplois ».

    Déficit public, chômage… Bruno Le Maire a-t-il encore sa place au gouvernement? « Je pense que c’est clairement un désaveu politique », même si le véritable responsable est le président de la République, selon Manuel Bompard.

    Autre point abordé, la position du gouvernement dans la lutte anti-terroriste, alors que plusieurs attentats auraient été déjoués sur le sol français ces derniers temps. « Il faut féliciter nos services de renseignements et nos forces de police » même si l'on peut « faire mieux que ce que l’on fait aujourd’hui » avec plus de moyens donnés à ces services. Pour terminer, le député de la France Insoumise a été interrogé sur une potentielle candidature de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2027. « Il a dit qu’il souhaitait être remplacé et on y travaille. Mais il a dit aussi qu’il faisait partie des hypothèses. Il faut être honnête aujourd’hui et ne rien exclure ».

    9 min
  • Terrorisme, la menace au plus haut en France : Sébastien Chenu est l'invité des 4 vérités du 25 mars 2024

    Vendredi 22 mars 2024, le monde a été secoué par l’attentat de Moscou qui ravive des plaies encore vives. Des hommes ont ouvert le feu dans une salle de concert faisant 137 morts dont trois enfants et plusieurs centaines de blessés. Une attaque sanglante d’une rare violence, revendiquée par l’État islamique, qui rappelle fatalement celle du Bataclan en novembre 2015. Pour le Rassemblement National, la menace terroriste doit être la priorité numéro une de nos civilisations pour lutter contre ces forces armées qui s’en prennent aux civils. « Le plus grand danger qui nous guette aujourd’hui est celui de la menace terroriste islamiste […] il n’a jamais disparu puisqu’il y a encore quelques semaines, un professeur se faisait égorger (ndlr assassinat de Dominique Bernard) au nom de cette idéologie islamiste. Cette menace est permanente et inquiétante et nécessite des réponses spécifiques » martèle Sébastien Chenu, vice-président du RN et de l’Assemblée nationale. Face à l’ampleur des derniers événements, le plan Vigipirate a été de nouveau déployé en urgence attentat, le niveau maximal. Une mesure qui reste néanmoins insuffisante pour le député du Nord qui pointe du doigt l’attitude attentiste du gouvernement : « J’ai le sentiment que le gouvernement ne prend pas les choses à la mesure. Le ministre de l’Intérieur (ndlr Gérald Darmanin) me semble particulièrement défaillant. Il l’est parce que nous avons eu des attaques répétées sur notre sol » assène notre invité sur le plateau des 4 vérités ce lundi 25 mars 2024. Pour cet ancien membre du parti Républicain, il faut agir concrètement et réviser la politique intérieure du pays en expulsant les fichés S étrangers (approximativement 800 en détention et 5000 autres surveillés). Ce dernier appelle également le gouvernement à user de l’article 411 du Code pénal qui prévoit l’expulsion manu militari des personnes affiliées à un groupe terroriste. Sébastien Chenu n'exclut pas non plus la possibilité de déchoir la nationalité française à ces personnes au cœur du système qui disposent de la double nationalité et qui concourent à organiser des attentats terroristes ou qui nourrissent la réflexion. 

    « Combattre l’idéologie islamiste » : c’est le fer de lance du Rassemblement National qui souhaite faire fermer les lieux de culte répertoriés parmi les établissements radicalisés. Mais le RN ne s’arrête pas là, et continue de faire campagne en faveur de la fermeture des frontières et de la politique anti-migratoire : « Il faut arrêter l’importation de potentiels terroristes. Il y a un flux d’immigration dans notre pays excessivement important. Là encore, le gouvernement refuse de traiter ce flux d’immigration dans lequel se glissent des terroristes. Il y a à peu près un terroriste sur deux dans les attentats qui ont été commis qui était étranger » rappelle Sébastien Chenu qui souhaite avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, « ouvrir le débat sur la loi de rétention de sûreté » au Parlement. 


    Déficits : la France au pied du mur ! 


    Parmi les nombreuses inquiétudes qui gravitent autour de l’Élysée, les indicateurs économiques ne semblent pas au beau fixe. Et ce mardi 26 mars 2024, seront enfin rendus publics les chiffres du déficit pour 2023 qui sera bien supérieur aux prévisions du gouvernement et sans doute au-delà de 5,5%. Comment redresser les finances publiques ? Faut-il augmenter les impôts malgré la difficulté des Français à boucler leur fin de mois ? Sébastien Chenu y est défavorable, les Français ayant déjà les taux de prélèvement les plus importants d’Europe. Pour le vice-président du RN, le gouvernement doit prendre ses responsabilités : « Que ce soit la dette, le déficit, le pouvoir d’achat ou les faillites d’entreprise, on a un État macroniste totalement défaillant […] notre pays est très abîmé par les politiques qui ont été menées » affirme notre invité avant de soumettre le plan de sa famille politique. « Il faut s’atta

    9 min
  • Attentats terroriste, cessez-le-feu au Proche Orient... Eric Coquerel est l'invité du 23 mars 2024

    Quatre-vingt-treize personnes ont été tuées et des centaines de personnes ont été blessées, vendredi 22 mars, dans un attentat terroriste dans une salle de concert située dans une banlieue de Moscou. L’attentat a rapidement été revendiqué par le groupe Etat Islamique. « C’est assez facile de voir ce qu'ont ressenti les Moscovites », Eric Coquerel,président LFI de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, invité des 4 Vérités, samedi 23 mars, sur France 2. Il dénonce un « acte terroriste », tout en apportant sa solidarité au peuple russe. Il y a deux semaines, l’ambassade américaine en Russie avait pourtant averti ses citoyens d’une possible attaque terroriste sur le sol russe, y compris dans une salle de concert. Vladimir Poutine avait alors évoqué un « chantage explicite » et de « volonté de déstabiliser » la société russe. « On n’imagine pas que l’Etat Islamique est encore capable de commettre de tels attentats, il faut le savoir », affirme-t-il. 

    C’est peut-être un début de tournant dans la guerre au Proche Orient. Pour la première fois, vendredi 22 mars, les Etats-Unis, principal allié de l’Etat d’Israël, ont déposé une résolution à l’ONU pour appeler à un cessez-le-feu face à la situation humanitaire chaotique sur place. Une proposition sans surprise refusée à cause des vétos russes et chinois. « Je salue l’évolution. Il était temps. Les Russes et les Chinois l’ont refusé car ils estiment qu’elle ne va pas assez loin », commente Eric Coquerel. « Je pense que la France a une carte à jouer. Il faut que la France trouve  le texte qui soit à même de rassembler tout le conseil de sécurité », assure l’élu, qualifiant la situation de « génocide vis-à-vis des Palestiniens ». « Il faut aller plus loin », renchérit-il. « Si les Américains et les Français cessent de livrer des armes à Israël, il n’y a plus de génocide. Il y a toutes les clés, il faut qu’ils aillent plus loin. J’espère qu’ils vont trouver le bon texte », explique-t-il. 

    Déficit : ou trouve 20 milliards d’euros d’économies ? 

    Face aux mauvais résultats des déficits, Bruno Le Maire et son ministre délégué Thomas Cazenave, ont annoncé devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, au moins 20 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour l'année 2025. « Une dette financière ça peut se reporter, s’annuler, se négocier », estime Eric Coquerel. « Il faut tourner vers les recettes et les cadeaux qu’on a faits aux plus riches ». De son côté, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet, se dit favorable à expérimenter la taxe sur les superprofits. « Chiche ! Si on peut enfin, trouver une majorité sur le sujet je dis chiche », assure le responsable LFI. 

    11 min
  • Bilan du plan eau : Christophe Béchu est l'invité du 22 mars 2024

    Jeudi 21 mars, Frédéric Mitterrand,  ministre de la Culture durant la législature Sarkozy, est mort à 76 ans, des suites d’un cancer agressif. Depuis l'annonce de son décès, les hommages se succèdent, et tous ne tarissent pas d'éloges sur ce grand cinéphile. Sa disparition a suscité des nombreuses réactions dans le monde de la culture et de la politique à l’instar du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, qui tient à saluer son élégance et l’héritage culturel que cet ancien réalisateur laisse derrière lui.« Il y a comme ça des gens, par la manière dont ils disent les choses, par ce qu’ils incarnent, font partie de notre paysage et de notre quotidien. Et Frédéric Mitterrand était de ceux-là » explique le secrétaire général du parti Horizons. 


    Plan eau : quel bilan ? 


    Lancé il y a un an jour pour jour, c’est maintenant l’heure du premier bilan du plan eau dans le cadre de la planification écologique. À l’initiative de Christophe Béchu, cette mesure encourage une gestion sobre, résiliente et concertée de la ressource en eau avec l’objectif de faire 10% d’économie à horizon 2030. « 53 mesures, elles sont toutes engagées […] on va aujourd’hui avec Roland Lescure (ndrl ministre délégué chargé de l'Industrie de France), braquer les projecteurs sur la partie industrielle du plan » se félicite notre invité qui a dévoilé les 51 sites en première ligne. « Ils représentent à eux-seuls 25% de la consommation d’eau de toute l’industrie française. C’est 51 sites se sont engagés à baisser de plus de 10% leur consommation avant 2030 et davantage au-delà » poursuit-il. À la tête du ministère de la Transition écologique, Christophe Béchu est parvenu à identifier deux sources de gaspillage principales : les fuites et l’incapacité à réutiliser l’eau. Concernant ce premier vecteur, 171 communes sont confrontées à ce problème avec un taux de fuite supérieur à 50% : « Entre l’usine d’eau et le consommateur, on avait plus d’un litre sur deux qui partaient dans la nature » rappelle cet ancien membre de l’UMP. 93 de ces 171 sites ont été révisés, reste 80 sont en cours de chantier. Reste la question de la réutilisation des eaux usées. Parmi les mauvais élèves en Europe, la France était pratiquement en tête de classement : « On avait que 33 stations d’épuration qui réutilisait l’eau d’une manière. On est à plus de 700 en seulement un an […] c’est vraiment un chiffre qui montre une prise de conscience et d’investissement notamment de la part des collectivités territoriales sur le sujet qui est assez spectaculaire » félicite le ministre.


    Parmi les sujets qui divisent les Écologistes et les agriculteurs, la construction de méga bassines est loin de faire l’unanimité. Pourtant, c’est ce qu’a demandé expressément la FNSEA qui doit revoir le Premier ministre et le président de la République dans les jours à venir. Complètement favorable au projet, Christophe Béchu souhaite faire cesser les débats autour de ce projet : « On a des centaines de milliers de points d’eau dans ce pays, plus de 300 000, qui servent à l’agriculture. Qu’on est besoin de nouveau au moment où les scientifiques nous disent ‘Vous aurez plus d’eau l’hiver et moins d’eau l’été’ c’est une évidence » martèle notre invité qui rappelle les conséquences désastreuses de la sécheresse en montagne. Et parmi les départements les plus touchés par ce fléau, les Pyrénées orientales sont particulièrement vulnérables. D’ailleurs, un projet de golf près de Perpignan fait polémique. « Très concrètement c’est un projet communal. C’est un projet sur lequel un préfet, il y a 10 ans, avait fait part de l’opposition de l’État […] Je ne soutiens pas ce projet » affirmé notre invité qui attend des explications de la part du Maire et de l’aménageur. Sur cette question des réserves d’eau, Les Soulèvements de la Terre ont annoncé de nouvelles mesures et de nouvelles actions sur le plan de l’écologie à

    11 min
  • Libre-échange, Notre-Dame-des-Landes et lutte contre les trafics de drogues... Yannick Jadot est l'invité du 21 mars 2024

    Ce jeudi 21 mars, le Sénat doit examiner le CETA, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, appliqué provisoirement de fait depuis plusieurs années. « Cet accord menace notre sécurité alimentaire, menace nos éleveurs et même nos législations », explique Yannick Jadot, sénateur Europe Écologie Les Verts, invité des 4 Vérités, jeudi 21 mars 2024, sur France 2. « Au Canada, les règles sont beaucoup plus souples sur les pesticides, sur l’élevage… (…) C’est un danger pour notre agriculture », renchérit-il. Selon le sénateur, c’est « perdant-perdant ». « Dire non au CETA, ce n’est pas dire non aux échanges avec le Canada, c’est dire non à certains échanges et à certaines règles ».

    Six ans après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le groupe Vinci réclame aujourd’hui une indemnisation de l’État à hauteur de 1,6 milliards d’euros. Le jugement est attendu dans plusieurs semaines. « C’est inacceptable. Vinci est une société qui, grâce à la privatisation des autoroutes, fait des milliards et des milliards. Elle fait beaucoup d’argent avec l’État. Qu’elle vienne devant nos juridictions demander autant d’argent est scandaleux », réagit l’ancien candidat à l’élection présidentielle.

    Trafic de drogue : guerre totale ?

    Mardi 19 mars, le chef de l’État était en déplacement à Marseille pour saluer le dispositif de police XXL mis en place dans le cadre de la lutte contre les trafics de drogues.

    Invité sur BFMTV - RMC, le garde de Sceaux, Éric Dupont Moretti, a déclaré mercredi 20 mars 2024, que « celui qui fume son petit pétard le samedi, ce pétard-là voyez, il a le goût du sang séché sur les trottoirs », indiquant également que le gouvernement préparait une « grande loi sur les repentis ». « Cela peut être vrai, dans les conditions de deal et de trafic d’aujourd’hui. C’est pour cela qu’on est favorable à la légalisation du cannabis », souligne Yannick Jadot. « Le cannabis récréatif est dans la société. La France est le pays le plus répressif et un des pays où on en consomme le plus. Sortons des trafics de drogues, arrêtons de les alimenter. Cela permettra de travailler sur le narcotrafic ». Pour l’élu, ce sujet est « majeur », et mérite « une union nationale ». « Cela nécessite de continuer à mettre des moyens », estime-t-il, se disant favorable à la mise en place d’un « parquet particulier à Marseille pour taper les trafiquants au portefeuille ».

    Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 4,8 % en 2023 par rapport à 2022, selon des chiffres provisoires publiés par le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa). Un chiffre historiquement bas, s’est réjoui le ministre de la transition écologique. « On progresse, tant mieux. Il faut remercier les Françaises et les Français qui ont maintenu leurs efforts pour économiser l’énergie. (…) Il ne faut absolument pas relâcher les efforts et travailler sur l’isolation des logements », commente le sénateur.

    12 min
  • Justice et violences conjugales : Tiphaine Auzière est l'invitée du 20 mars 2024

    Le 28 février 2024, le collectif Nous Toutes dénombrait 31 féminicides depuis le début de l’année. En 2023, ce sont 134 meurtres de femmes qui ont été commis, dont 74% dans le cadre conjugal, soit 94 femmes tuées par leur conjoint. Malgré la popularisation du terme « féminicide » par Marlène Schiappa alors députée à l’égalité homme-femme, utilisé pour décrire le meutre des femmes à cause de leur condition de femme, et une multiplication de dispositifs d’aide aux victimes comme le téléphone grave danger, le phénomène est toujours autant d’actualité et ne semble pas s’essoufler. 

    Tiphaine Auzière est avocate, et a eu envie de retranscrire son expérience dans un roman, pour emmener les lecteurs avec elle au tribunal. Elle publie « Assises » aux éditions Stock le 06 mars 2024, où elle dépeint les trajectoires inattendues des différentes victimes et bourreaux, le but étant pour l’autrice de montrer l’humain qui se cache dans le monde froid de la justice. 

    Elle raconte notamment l’histoire de Laura, victime de violence conjugale, qui tue son mari pour se sauver. À travers son histoire, l’avocate dresse le portrait des victimes incapables de se sortir de l’emprise ni d’avoir recours à une justice suffisamment rapide pour les aider. Ce qui devait être une histoire d’amour devient dans le cas de Laura un drame, une trajectoire malheureusement banale. 

    Une justice humaine 

    Comme elle l’explique elle-même au micro de Thomas Sotto, Tiphaine Auzière a voulu « mettre [son] bagage d’avocate au service du lecteur pour qu’il comprenne le lien qui se crée entre un avocat et son client ». Dans son roman, c’est donc sa propre vision de la justice qu’elle dessine en filigrane des drames humains qu’elle décrit, bien qu’elle défende son texte d’être autobiographique. Elle décrit sa vision d’une justice idéale, plus humaine : « je suis contre l’automaticité des peines, parce qu’on juge des hommes ». Elle plaide en faveur de l’individualisation des peines pour donner une « marge de manoeuvre » aux magistrats afin qu’ils puissent mieux tenir compte de l’aspect humain et du contexte quand ils rendent leur jugement : « dans l’idéal de justice que j’ai, la justice doit être à la fois du droit, et aussi de l’humain ». Quant à la lutte contre les violences sexistes et de genre, la romancière originaire du Pas-de-Calais met en avant l’importance de l’éducation, qui appelle selon elle, à « une réflexion globale de la relation entre les hommes et les femmes ». 

    Fille de Brigitte Macron, l’autrice a pu faire lire son premier roman à beau-papa, qui lui a dit avoir été très fier d’elle, touché par ses qualités littéraires, et très sensible aux sujets abordés. Pour elle, le Président est quelqu’un de très touché par la cause des femmes, toujours à l’écoute et avec qui on peut discuter, bien qu’elle s’abstienne de lui donner des conseils : « Il fait le métier le plus difficile ». Ayant été suppléante aux législatives de 2017, et questionnée sur ses potentielles ambitions politiques, la jeune écrivaine précise qu’elle a « défendu des hommes et des idées » mais n’a « pas envie de se mettre en avant ».

    11 min

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