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Or


Cause commune invite Viri Taimana, Directeur du Centre des Métiers d’Art de la Polynésie française.
Il est un observateur attentif de la vie sociale et politique de son pays. Il développe les différentes dimensions du néocolonialisme français, en pointant les différents ajustements structurels, économiques et culturels, qui sont nécessaires en vue de l’indépendance politique de la Polynésie “française”.
Il explique que la pauvreté est liée à un confinement des locaux dans des postes subalternes dans une économie politique où les expatriés et les entreprises de la “métropole” dominent et contrôlent le monde local.
La pauvreté est donc indissociable de mécanismes socio-raciaux de relégation.
Cause commune présente l’un des penseurs les plus influents sur la “pauvreté” et vous propose le second volet de cette série d’émission consacrée à Serge Paugam.
A l’opposé d’une sociologie critique de la domination, et tout en avançant masqué au travers du concept de disqualification sociale, Serge Paugam propose une variante du culturalisme, une culture de la pauvreté enfermée dans un petit jeu avec les services sociaux tandis que la fabrication sociale du sous prolétariat en tant que groupe est dénoncée comme idéologie et dérive “substantialiste”.
Aurélien Carotenuto-Garot est l’invité des mondes rêvés de George.
Il achève une thèse sur les formes de Carrière à la rue en lien avec les politiques sociales. Il montre qu’une partie importante des Sdf peut immédiatement accéder au logement, tandis qu’une autre est davantage ancrée dans la subculture de rue.
Cause commune présente l’un des penseurs les plus influents sur la “pauvreté”.
A l’opposé d’une sociologie critique de la domination, et tout en avançant masqué au travers du concept de disqualification sociale, Serge Paugam propose une variante du culturalisme, une culture de la pauvreté enfermée dans un petit jeu avec les services sociaux tandis que la fabrication sociale du sous prolétariat en tant que groupe est dénoncée comme idéologie et dérive “substantialiste”.
Thomas Sauvadet, ancien des cités, actuellement prof à l’Université, toujours chercheur, est, comme le sociologue américain Nels Anderson, qui fut à la fois SDF/hobo (nom donné aux travailleurs migrants de l’épopée vers l’ouest entre travail et vie de bohème) et universitaire, un intellectuel et un acteur social du milieu étudié. Il a donc une double casquette et cela est une richesse rarement prise en compte dans les cuisines de la recherche.
Il a vécu en partie ce dont il parle.
Il navigue entre l’expérience et la recherche de l’extérieur, rendant compte des cultures des jeunes des quartiers sous-prolétarisés dits d’habitat social. Il nous brosse aussi le portrait de quelques espaces où la logique du gang prime sur celle des petits trafics, rendant tout travail social pratiquement impossible. Loin de lui l’idée de la remise en cause de l’État de droit, chère aux droitistes.
Il donne à voir ce que des cités délaissées peuvent devenir quand l’État social ne remplit plus ses missions.
Cause commune vous présente dans cette émission du monde rêvé de George une analyse critique de la presse peuple ; sous l’angle de la fabrication de la ( fausse) précarité des stars et starlettes.
Une première dans l’émission Les mondes rêvés de George : Un dossier scientifique sur la précarité paru dans la revue Émulation rassemble une dizaine de contributeurs.
Les responsables éditoriaux présentent les différents articles et leur stimulante synthèse autour d’un débat où les principaux courants scientifiques et militants internationaux sont évoqués sans concession. Les auditeurs y trouveront une boite à outil importante pour déchiffrer les positions actuelles des chercheurs et des militants.
Une approche polysémique riche qui invite à lire rapidement la revue en ligne en accès libre !
Cause commune et “Les mondes rêvés de Georges” reçoivent Anne Sophie Ranaivo, docteure en droit et enseignante à l’Université.
Elle vient d’achever une thèse sur l’ensemble des dispositions et des dispositifs internationaux et nationaux qui croisent la problématique des sans logis. Elle dévoile les manques et les limites des protections existantes.
Son travail est pionnier en France.
Cause commune accueille Jean-Christophe Ryckmans. Directeur d’une ONG s’occupant des enfants en situation de rue au Népal, il mène parallèlement une thèse de science politique dans laquelle il revient sur ses quinze années d’expérience auprès des jeunes en survie urbaine ainsi qu’au milieu des institutions sociales internationales ou népalaises.
Il analyse sa propre structure d’accueil qui héberge plus de 3000 enfants et adolescents. Il propose un regard très critique sur l’humanitaire social.
Madeleine est une « voyageuse », « une Romano », selon ses termes, née en 1917 dans une petite commune de Normandie.
Elle est issue du lien amoureux entre la fille d’un charron forgeron, par ailleurs maire de la commune, et d’un jeune homme de culture Rom, dont la famille se déplaçait et vivait dans des « caravanes à chevaux ». Dans le village elle est « la bâtarde », sa mère lui en veut d’exister, la frappe.
À 13 ans elle part seule à Paris par le train, se fait embaucher comme nurse dans une famille bourgeoise. À 16 ans elle est enceinte, mais c’est la guerre et l’Occupation, l’homme qu’elle aime est tué. Elle-même est incarcérée 6 mois à Compiègne par les Allemands, pour fait de Résistance. Une fois libérée, elle rejoint Saint-Nazaire, dont elle fera son point de gravitation. Au hasard d’une vente de costume et d’une danse, elle rencontre un jeune Manouche. Elle devient sa femme, est intégrée dans le groupe familial, et part sur le voyage, avec la chine pour principale activité, entre commerce et troc, la récupération de ferraille, les services de cannage et d’affûtage.
Je fais sa connaissance en 1987, dans le cadre d’un enquête sur « les gens du voyage » commanditée par les associations de l’Ouest en lien avec ces populations. Entre Madeleine et moi s’établira une relation d’estime et de confiance, elle aimerait que je fasse un livre sur sa vie, je l’enregistrerai à plusieurs reprises. Madeleine est une femme intrépide, qui s’est construite contre l’animosité de sa mère et contre les épreuves de la guerre, elle est aussi un témoin éloquent du monde voyageur, à la fois claire, précise, et ironique. Elle meurt en 2004, elle a 87 ans.
Daniel Bizeul est sociologue. Au cours des années 1980 il a fréquenté « les gens du voyage » dans l’Ouest de la France. À la fin des années 1990, il a enquêté au sein du Front national en région parisienne. En 2018, il a publié Martial, la rage de l’humilié, aux Éditions Agone, selon le prénom d’un jeune homme à l’existence disloquée dont il a partagé la vie (trois émissions lui ont été consacrées sur Cause commune).
Cette émission est consacrée à la première partie de la vie de Madeleine, dominée par le rejet de la part de sa mère, les tribulations successives, la révolte contre l’injustice et les humiliations, la quête de ce père qu’elle ne connaît pas et dont son visage et sa façon d’être témoignent aux yeux de tous.
Daniel Bizeul, Nomades en France, Paris, L’Harmattan, 1993
Mouloudgi – Le temps des cerises
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