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Or


Thibaut Besozzi est l’invité de Cause commune.
Thibaut vient d’achever une recherche ethnographique auprès des SDF dans une ville de l’Est de la France. Il présente son cadre théorique et développe sa typologie des “personnes à la rue”, tout en insistant sur l’importance primordiale des propos des acteurs concernés, ce que les sociologues appellent des “représentations”.
C’est donc l’expérience, le vécu et les idées des SDF qui sont pour lui au centre de toute recherche.
Cause Commune accueille Robin Cavagnoud, sociologue et démographe à l’université catholique de Lima au Pérou.
Cause commune à le plaisir d’inviter Jean Marc, un ancien Sdf ayant connu une expérience militante assez incroyable à Toulouse. Accueilli au groupe amitié fraternité, “le gaf”, il découvre un collectif s’initiant à la création de logements autogérés par des anciens squatteurs et Sdf.
C’est cette expérience de combat et d’invention qu’il nous dévoile avec un sens de l’analyse très aiguisé.
Cause commune invite Fara (nom d’emprunt), une femme hébergée en résidence sociale dans un établissement historique très connu dont on tait le nom pour protéger la résidente.
Son récit édifiant de ses conditions de vie révèle un degré inouï de maltraitance institutionnelle au cœur d’institutions financées par la République de la « solidarité ».
Prise sous le coup d’une tentative d’expulsion, elle témoigne de son combat de syndicaliste informelle au milieu d’autres résidentes qui, apeurées, la laissent finalement seule dans une sorte de lutte désespérée du pot de terre contre le pot de fer.
Militante attaquée de toute parts (travailleurs sociaux, chef de service, directrice), elle donne à voir avec des faits précis le menu de sa mise à mort sociale.
A peine sortie d’un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide, elle a le courage de reprendre la lutte.
Les mondes rêvés de George accueillent dans cette séquence en direct une enseignante chercheuse à Paris 13.
Elle nous présente une vision globale de sa recherche en couplant un retour sur sa trajectoire étudiante ainsi que les principaux résultats de sa recherche menée auprès des gens qui vivent à proximité de foyers pour SDF.
Elle nous explique les représentations que les voisins se font des sous-prolétaires ainsi que l’évolution de leurs mentalités au contact des personnes hébergées. Un débat est lancé sur les deux méthodes en science sociale, le quantitatif et le qualitatif.
Cause commune donne la parole à David Wirtz, ancien SDF, actuellement hébergé dans une résidence sociale.
Après plus de 20 ans de rue, de squat et d’hébergement d’urgence, militant au DAL, il a rédigé un ouvrage sur sa vie : « C’est pas comme si c’était grave », plusieurs fois réédité.
J’ai rencontré David pendant une recherche sur les médiateurs SDF nommés pairs-aidants. L’Etat a lancé une expérimentation sur les médiateurs, un des axes portant sur les relais dans les foyers d’urgence. L’Armée du Salut a remporté l’appel d’offre et comme j’étais bénévole organisant des débats citoyens dans l’un des foyers, le directeur me proposa de l’accompagner dans la démarche. David a écrit un livre, a été militant au DAL, a connu la rue.
Il présente sa vie et les valeurs qui l’ont conduit à se mettre en avant pour la cause des autres. Comment aider les autres sans s’oublier soi-même ? Aider les autres aide t-il à se sortir de la précarité ? Comment peut-on à la fois faire de l’insertion pour les autres tout en n’étant pas épuisé ou usé, bref pour assurer aussi sa propre insertion ? Quelles sont les ressources mobilisées pour affronter cette tâche ? Quelles en ont été les retombées ? Comment sort-on de cette expérience alors qu’aucune pérennisation n’ait été pensée après les deux années de contrats ?
L’émission est consacrée aux analyses d’Elina Dumont à la fois biographe de sa vie (elle a écrit un ouvrage « Longtemps j’ai habité dehors ») et militante en lutte, depuis qu’elle a été relogée, en faveur des femmes qui demeurent dans la dèche.
Elle nous détaille sa vie comme ses combats.
Nous invitons Christophe Blanchard, anthropologue, enseignant chercheur à Villetaneuse Paris 13, qui présente sa recherche menée auprès des SDF qui vivent /survivent à la rue en compagnie de chiens.
Sa perspective, novatrice, nous révèle un univers méconnu où l’espèce canine est intégrée dans le tissu des relations sociales entre SDF, notamment au travers des progénitures. Une fois de plus, on découvre un univers de personnes dominées qui témoignent aussi d’une culture alternative où la dimension individuelle n’est pas absente.
Le chien est bien aussi le compagnon de ce qu’il nomme un propriétaire, faisant du SDF un sujet de droit comme tout un chacun.
Avec Christophe Blanchard, nous proposons un regard sociologique sur le mouvement des gilets jaunes. Plutôt que de jouer au magicien interprétant de haut ce mouvement social, hors de tout travail de terrain, nous avons opté pour une réflexion essentiellement interrogative.
Comme dirait Bachelard, le réel ne répond que si on l’interroge. C’est une sorte de sociologie de l’événement, pleine de doute, de questionnements, de propositions, à l’opposé des analyses immédiates qui ne trompent que ceux qui croient que les experts ou les sociologues spontanés ont réponse à tout par le miracle de leur statut social. Les chercheurs n’ont pas a dire ce qu’est un mouvement social.
Quand ils suivent l’actualité, ils ont à mobiliser tout l’acquis des sciences sociales pour formuler des pistes de recherches et des hypothèses à vérifier par des travaux auprès des personnes concernées.
Lionel Saporiti nous présente les résultats de sa recherche menée à Strasbourg et dans ses environs auprès d’une dizaine de SDF survivant dans la rue depuis plus de 10 ans et qui refusent l’hébergement en centre d’urgence.
Educateur et sociologue, il est parvenu à effectuer un travail ethnographique pendant plusieurs années. Il nous révèle l’insertion pratique des acteurs dans leur environnement locale, tant dans le quartier qu’auprès de leur famille.
Sans être représentative, cette enquête prouve l’existence de liens sociaux denses dans un milieu perçu par la plupart des sociologues comme étant « désaffiliés » ou « désocialisés ».
Vision à sens unique à laquelle ce chercheur tord le cou avec des récits de vie très détaillés.
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