Médias Sociaux Archives - Marketing and Innovation

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Médias Sociaux Archives - Marketing and Innovation episodes

  • Un influenceur IA du luxe avance incognito

    Visionary Marketing s’est entretenu avec Katja Graisse – cofondatrice, avec Stéphane Galienni, de Balistikart, une agence de création numérique indépendante – pour discuter du projet d’influenceur IA dans le luxe : « Incognito AI Influencer ». Nous avons abordé ensemble les avantages et les limites des influenceurs générés par l’IA, l’imbrication entre art et monde des affaires, et bien d’autres choses. Katja dresse ici un bilan optimiste de notre paysage numérique, affirmant que l’utilisation de l’IA permet une implication des médias plus souple, plus durable et, bizarrement, plus honnête. Cependant, la transparence n’est pas toujours de mise avec ces influenceurs IA dans le luxe ou ailleurs. Ainsi, d’aucuns ont utilisé des deepfakes de manière intentionnellement trompeuse, ce qui amène de nombreuses personnes à s’interroger sur les conséquences de ces utilisations de la technologie. Nul ne sait à l’heure qu’il est ce que l’avenir réserve aux influenceurs virtuels.

    Un influenceur IA avance incognito dans le luxe avec volupté

    Photo tirée du Incognito AI influencer project – le projet de Stéphane Galienni et Katja Graisse d’influenceur du luxe

    Comment décrire ce projet d’influenceur du luxe en IA  ?

    Nous avons créé le projet d’influenceur Incognito au début de la Fashion Week de New York cette année avec l’idée de faire naître un influenceur produit par l’IA qui serait capable d’investir le monde de la mode parisienne derrière nos écrans et de vivre, au travers de son regard, toutes les différentes expériences de la Fashion Week.

    À partir de là, nous avons tenté de décrypter certaines des tendances de la semaine de la mode et de les intégrer dans le storytelling que nous donnons à cet influenceur. La notion d’incognito est assez paradoxale, car le but de la plupart des influenceurs est justement d’être reconnu. Et dans ce cas, nous voulions obtenir une sorte d’influenceur outsider du luxe qui infiltre le monde de la mode du mieux qu’il peut.

    D’où vient cette idée d’un outsider de la mode ?

    Chaque année, nous collectons des informations et publions un rapport sur les fashion weeks. L’idée était donc de les regarder depuis le premier rang et de rendre compte de notre observation d’une manière plus ludique que ce que nous faisons habituellement à travers nos cahiers de tendances.

    Nous souhaitions également tester l’IA, car il s’agit d’une technologie en plein essor. Nous voyons apparaître de plus en plus d’influenceurs produits par l’IA et nous désirions essentiellement tester et explorer cette technologie, d’où le vocable de « projet » derrière « Incognito influencer ».

    Image tirée du projet Incognito AI influencer, un influenceur du luxe dans le monde la mode se serait-il statufié ?

    Influenceurs virtuels vs. réels : quels avantages ?

    Je pense que les influenceurs virtuels sont peut-être un peu plus dociles que les influenceurs réels. Ils n’ont pas de caprices ni d’exigences et ne demandent pas de voyager en première classe, par exemple. C’est également un dispositif intéressant pour l’industrie du luxe, qui aime conserver la maîtrise des opérations. Avec un influenceur IA, tous les paramètres sont contrôlables. Par ailleurs, nous étions à la recherche d’une preuve de concept. Le but était de créer un compte d’influenceur sans abonnés, ni activation publicitaire. Nous avons travaillé uniquement de manière « organique » et nous avons reçu un accueil formidable de la part de tous les abonnés à notre compte.

    Cette approche créative est-elle de l’art ?

    Nous voulions créer un personnage tout à fait autofictionnel. Il y a l’auteur, le personnage lui-même – tous ces éléments ne forment qu’une seule et même personne. Cela nous ramène aux premiers travaux de Stéphane, qui avait créé un film présenté au Centre Pompidou à Paris – dans le cadre du Mobile Film Festival – un film de 30 minutes intitulé Autofiction (voir un extrait ci-après).

    Cette démarche est liée à un type de travail qui nous est cher. Nous ne voulions pas d’un influenceur qui fasse la chasse aux abonnés. Nous sommes plus intéressés par la narration qui accompagne son personnage lorsqu’il passe d’un défilé de mode à l’autre. Il ne s’agit pas de créer un individu parfait. Mais au contraire de donner vie à un grand nombre de personnages fictifs et de situations virtuelles différentes.

    Des marques ont-elles manifesté de l’intérêt pour ce projet ?

    Oui, certaines nous ont contactés. Je n’ai pas le droit de vous dévoiler des noms à ce stade. Ce sont des personnes intéressées par le concept et qui ont dû remarquer l’ironie qui s’en dégageait. Nous espérons pouvoir faire équipe avec des marques jeunes qui n’ont pas nécessairement la puissance des grandes marques de luxe du moment. Il sera intéressant de voir comment nous pourrons peut-être établir des partenariats avec ces marques plus jeunes et mettre en avant leur travail.

    Un influenceur IA dans le luxe — image issue du projet Incognito AI influencer project

    Comme décrire votre audience ?

    Nous avons constaté que nous disposons d’un large éventail de données démographiques différentes. Il y a la génération Alpha et la génération X qui nous suivent, et entre ces deux-là, tout un éventail de classes d’âge. Il s’agit principalement d’hommes (60 %), mais en dehors de cela, toutes sortes de groupes d’âge et de régions du monde nous suivent.

    Les influenceurs virtuels ont-ils un taux d’engagement plus élevé que les influenceurs réels ?

    L’accueil a été bon jusqu’à présent. Nous avons eu environ 100 000 impressions et 350 commentaires. Nous avons également reçu un grand nombre de commentaires positifs. Nous avons réussi à réunir ce que nous appelons « le club des 100 » – les 100 abonnés (« followers ») les plus engagés, à la fois sur Instagram et sur le compte LinkedIn de Stéphane.

    Comment décririez-vous un influenceur dans le monde d’aujourd’hui ?

    Si l’on considère les influenceurs traditionnels aujourd’hui, ils sont devenus extrêmement sujets à la monétisation. Beaucoup d’entre eux suivent ce moule très spécifique – si vous passez de l’un à l’autre, il est très difficile de les différencier. Il y a bien quelques exceptions, mais dans l’ensemble, c’est devenu assez banal et un peu superficiel.

    Il est temps de repenser ce qu’est l’influence

    Nous pensons qu’avec les images générées par l’IA, il est possible de créer un personnage qui a beaucoup plus de choses à dire, dont les opinions sont plus variées. Les influenceurs d’aujourd’hui sont souvent moins francs qu’ils ne l’étaient dans le passé parce qu’ils ne veulent pas manquer leur invitation VIP à un dîner ou autre raout. Je pense donc qu’il est peut-être temps de repenser ce qu’est l' »influence ».

    Quelle distinction entre influenceur virtuel et faux profil ?

    Un faux profil est une personne qui essaie de vous induire en erreur.

    L’idée même d’un influenceur virtuel est qu’il doit être très clair sur le fait qu’il n’est pas réel et qu’il n’essaie pas de vous induire en erreur d’une manière ou d’une autre. Il est très important d’être transparent et de dire immédiatement « Je suis un influenceur virtuel ». Il s’agit d’un personnage fictif, et non d’une fausse personnalité qui essaie de se faire passer pour quelqu’un d’autre ou d’utiliser un visage qui n’est pas le sien pour gagner en popularité.

    Dans le cas du projet d’influenceur incognito, l’idée était de prendre le visage de Stéphane Galienni à partir d’une photo d’identité et de le coller dans toutes les images générées par l’IA. C’est le vrai Stéphane, mais il s’intéresse à un environnement différent avec un autre type de vêtements. Son apparence est constante, ce qui manque parfois à d’autres influenceurs d’IA.

    De l’utilisation des bots par les influenceurs

    Les comptes bots existent depuis très longtemps. Cependant, ils n’apportent aucun engagement réel à un compte, car il s’agit de fausses personnes, qui n’interagissent pas réellement avec votre contenu. Le fait d’avoir un grand nombre d’abonnés peut en tromper certains, mais la plupart des gens savent que si vous avez un très grand nombre de followers mais que vous n’avez pas d’engagement, pas de commentaires et pas de likes, c’est qu’il y a probablement quelque chose d’un peu louche sur votre compte. Notre idée était différente. Il ne s’agissait pas d’obtenir une couverture médiatique importante ni de gagner des abonnés afin d’obtenir des billets gratuits pour un événement.

    L’idée était d’expérimenter et d’être authentique

    Quel avenir pour ce projet ?

    Le temps nous le dira. Tout d’abord, il faut beaucoup d’énergie pour être créatif sur une base régulière. Non seulement vous générez 1 à 3 images par jour, mais vous devez garder à l’esprit que derrière une image, il y a peut-être 50 essais avant de trouver la bonne. Mais nos audiences sont vraiment impatientes de voir où cela va nous mener, et je pense que tout est ouvert à ce stade. Nous croyons sincèrement que nous pouvons faire quelque chose de très créatif et de très spécifique à l’ADN de chaque marque, parce que l’idée de créer quelque chose à partir de zéro est que vous pouvez vraiment essayer de suivre les codes de la marque et ses palettes de couleurs.

    Les possibilités sont immenses et nous faisons partie de ceux qui pensent que la technologie est vraiment extraordinaire. Notre parti pris est de jouer et de voir comment cela se passe.

    En conclusion, quelques réflexions sur ce projet AI Influencer

    Les influenceurs virtuels sont légion sur Internet mais cela ne va pas toujours dans le sens de l’authenticité. 

    L’avènement des influenceurs de l’IA soulève certainement des questions sur la façon dont l’authenticité est définie dans le paysage numérique d’aujourd’hui. L’idée qu’un influenceur IA puisse représenter l’authenticité et la transparence remet en question nos perceptions de ces concepts. Peut-être devrons-nous regarder au-delà des éléments tangibles pour évaluer la crédibilité d’un influenceur. Le scepticisme à l’égard de la technologie est toutefois présent, à un moment où les « deep fakes » envahissent le monde numérique. Tout ceci rend l’évaluation critique des sources d’information primordiale. À l’avenir, nous espérons que les influenceurs de l’IA représenteront la réinvention d’un média, plutôt qu’un catalyseur pour une campagne de désinformation.

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    30 min
  • LinkedIn et la majorité silencieuse

    Et si l’audience la plus importante sur LinkedIn n’était pas cette masse de commentateurs, « likers », de « haters » parfois, mais la majorité silencieuse ? Cette masse d’utilisateurs qui… ne font rien. Ils lisent vos publications en silence, mais ils vous suivent et n’hésiteront pas à vous recommander dans la vraie vie. Tel est le conseil, fort judicieux, que nous a fourni Bruno Fridlansky lors de sa dernière visite chez Visionary Marketing.

    Audience LinkedIn : le plus important est la majorité silencieuse

    Tout le monde est tellement préoccupé à faire des vues sur LinkedIn qu’ils en oublient l’audience la plus importante : celle de la majorité silencieuse qui vous recommande nous dit Bruno Fridlansky — image réalisée avec DallE3 bêta.

    LinkedIn, les audiences, le networking et les selfies

    C’est un marqueur de détection de l’automatisation sur les prises de contact. J’ai inséré ce caractère spécial, juste après mon prénom. Quand on prend contact de façon automatisée, il est coutume de dire bonjour avec le prénom. Ainsi, quand quelqu’un me dit « Bonjour Bruno », avec l’emoji juste après, je sais que c’est le résultat d’une automatisation, car aucun humain ne mettra un emoji s’il écrit mon nom manuellement. Ainsi j’ai immédiatement une idée sur le type de message que je reçois.

    Ils sont là ils vous regardent, ils vous apprécient… mais ils ne disent rien, ils sont la majorité silencieuse — image réalisée avec DallE3 bêta.

    Est-il recommandé de mettre des emoji dans son nom?

    Non, je ne recommande pas forcément de modifier le prénom ni le nom. Des utilisateurs se seraient fait bloquer leur compte à cause d’un emoji dans leur nom [NDLR C’est en fait une règle officielle du réseau social].

    Je n’ai pas d’avis tranché cependant. J’ai plutôt tendance à dire que si mes interlocuteurs sont sensibles aux emoji, je peux en mettre. S’ils y sont réfractaires, au contraire, il ne le faut pas. Mon profil et mes prises de parole appartiennent aux membres de mon réseau, à mon audience. Il faut donc que je m’adapte à leurs préférences.

    Le caractère spécial anti-bourrin de Bruno Fridlansky sur son profil. La bonne nouvelle c’est que les bourrins en question sont moins nombreux. Mais d’autres sont venus les remplacer.

    J’ai vu des gens qui allaient jusqu’à écrire leur nom avec des caractères bizarres…

    C’est ce qu’on appelle du texte Unicode, une simulation de texte avec des caractères spéciaux, mais ce n’est pas du vrai texte et c’est à éviter absolument.

    Car le moteur de recherche, lui, se base sur du texte. Et si je transforme en texte Unicode mon prénom, mon nom ou mon accroche, où je mets des mots clés importants, je disparais du moteur de recherche. Notamment aux yeux des gens qui vont chercher mon expertise.

    Que penses-tu de l’automatisation dans LinkedIn ?

    Une bonne automatisation ne se voit pas. C’est une prise de contact personnalisée, par exemple. Quand on la détecte, c’est que c’est mal fait. J’en ai gardé quelques-unes. Un indicateur est le nombre d’utilisateurs qui se plaignent ouvertement d’être démarchés automatiquement. Et il est vrai qu’on remarque qu’il y a moins de plaintes en ce moment. Ils ont d’autres sujets de mécontentement aujourd’hui.

    Quel est le principal sujet de grogne aujourd’hui ?

    Il y a l’algorithme et la façon dont LinkedIn propose des contenus. Et beaucoup de plaintes sur une forme de contenu de développement personnel, avec beaucoup de baratin, sur des modèles de « copywriting » très formatés. Ces contenus sont souvent outranciers, et ne cherchent pas à offrir de la valeur, ils ont pour but unique d’offrir de la visibilité et d’amener des vues. Il y a aussi des utilisateurs trop centrés sur les éléments très privés de leur vie personnelle.

    Pourquoi utilise-t-on LinkedIn, pour faire des selfies ou intéresser son audience silencieuse ? — image réalisée avec DallE3 bêta.

    On y parle de ses échecs, sur un ton trop personnel. Ces contenus-là sont clairement favorisés aujourd’hui et sont plus visibles que les autres et les utilisateurs professionnels s’en plaignent. Nous verrons si LinkedIn prend en compte aussi son audience et pas seulement les chiffres. Pourtant ce qui compte c’est notre réseau : avec qui nous sommes connectés, comment nous construisons notre réseau, quelle est ma ligne éditoriale. Il n’est nul besoin d’avoir des milliards de vues pour faire du business. En fait, la vraie question c’est de savoir ce que l’on cherche sur LinkedIn. Le reste est de la littérature.

    Quelle est l’audience LinkedIn la plus importante ?

    Ce qu’il faut avoir en tête, c’est la majorité silencieuse. Au-delà du nombre de vues, de commentaires et de likes. La majorité silencieuse, ce sont des gens qui ne veulent pas interagir ouvertement dans LinkedIn. Tout y est public, ils ne veulent rien montrer à leur écosystème. Si je like un contenu sur LinkedIn, tout le monde le sait et ils ne veulent pas qu’un collègue, un client ou leur patron le sache. Mais peu importe, ils vont te lire, t’écouter, te repérer et te recommander. Mais ils vont parler de toi autour d’eux, dans la vraie vie. Tu recevras des appels, et non des métriques propres à LinkedIn. Par contre, tu feras plus de business.

    Les quatre derniers contacts business que j’ai eus sont arrivés uniquement au travers de la recommandation au travers de LinkedIn et dans la vraie vie. Et non parce que j’ai fait une publication racoleuse sur ma vie privée.

    LinkedIn, un outil de networking avec ses audiences

    Pour moi, il faut avoir un objectif de contacts individuels. C’est là que tu vas faire du business. Il faut sortir de LinkedIn pour rencontrer des gens dans la vraie vie.

    En revanche, ce que je constate, c’est qu’il faut désormais produire un effort plus important pour rester dans cette dynamique de networking. Car tous ces messages privés prennent de la place, du temps et de l’attention. Il faut donc rester concentré et fournir un effort supplémentaire pour sortir de la sphère du divertissement. Une sphère où on publie et se querelle sans fin, et où on tombe dans les pièges de l’addiction que nous tendent les réseaux sociaux. Pour préserver LinkedIn comme outil de travail, il faut effectivement se forcer à une hygiène d’utilisation plus poussée que par le passé.

    À propos de Bruno Fridlansky

    Bruno Fridlansky est l’auteur de Maîtriser LinkedIn (quatrième édition), chez Kawa, un livre de stratégie pour mettre en place des programmes d’ambassadeurs avec ses collaborateurs et pour ses dirigeants, de manière à développer une véritable influence professionnelle.

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    15 min
  • Transparence et confiance dans les médias sociaux

    La transparence est un des éléments clés dans la confiance dans les médias sociaux et l’influence marketing. Lors de la dernière conférence Reech, en ce début d’année 2023, j’ai rencontré Alain Hazan de chez TAoMa Partners. Alain est un avocat spécialisé dans l’influence marketing. Je l’ai interviewé sur la place de la transparence dans les médias sociaux, un sujet crucial. À l’heure où certains influenceurs sont montrés du doigt, l’étau se resserre. C’est pour autant un domaine moins abouti que ce que l’on pourrait croire.

    Transparence et confiance dans les médias sociaux

    La transparence est un ingrédient indispensable de la confiance dans les médias sociaux, une confiance aussi fragile que des bulles de savon — image antimuseum.com

    Pourquoi se spécialiser dans l’influence ?

    AH. Je suis avocat associé du cabinet TAoMA Partners, un des premiers cabinets à avoir réuni deux professions différentes. Les avocats d’un côté et les conseils en propriété industrielle de l’autre.

    J’enseigne depuis longtemps le droit de la publicité que je pratique depuis plus d’une trentaine d’années. Avec l’une de mes associées, Gaëlle Loinger, on s’est intéressés à l’influence marketing et nous en avons fait une spécialité.

    Il ne suffit pas de faire le beau pour être influenceur marketing. Il faut également faire œuvre de transparence afin de préserver la confiance dans les médias sociaux et l’influence marketing. Le résultat dans le cas contraire serait inverse à celui qui est recherché. Illustration produite avec Midjourney et corrigée avec Photoshop Beta.

    La transparence dans les médias sociaux, c’est facile, il suffit de dire qui on est et pour qui on travaille

    Andy Sernovitz

    Influence marketing : un travail pluridisciplinaire

    Il fallait aussi faire appel à d’autres professionnels dans ce secteur pour compléter nos connaissances. Nous nous sommes donc tournés vers une fiscaliste, un expert-comptable, une experte en droit du travail. Bientôt, nous allons adjoindre une société de communication de crise à notre équipe.

    Notre « vertical » a été surnommé la fabrique du droit des acteurs de l’influence marketing.

    On y réfléchit à aux nouvelles problématiques du secteur et il y en a beaucoup. Il y a des textes de loi en préparation sur le sujet, il y a eu un peu de jurisprudence. Beaucoup de questions se posent sur comment on paye un influenceur. Ou comment on contracte avec un influenceur, qui est responsable de ses prises de parole, etc.

    Transparence et confiance dans l’économie numérique : état des lieux législatif

    AH. Il y a eu une fameuse émission Complément d’enquête sur France Télévisions en septembre 2022. Elle portait sur une partie assez bruyante des influenceurs. Ils sont 200 ou 300, issus du monde de la téléréalité. Leurs pratiques sont un peu douteuses, voire illicites, on parle même d’escroqueries et de contrefaçons. Cela a fait couler beaucoup d’encre. D’ailleurs, les propositions de loi dont je parlais sont issues de cela.

    Une prise de conscience pourtant ancienne

    Mais sur la question de la transparence, ce n’est pas vraiment cette émission qui a réveillé les esprits et qui a fait prendre conscience aux gens qu’il y avait des choses qui n’allaient pas dans le domaine de l’influence marketing. C’est une prise de conscience qui a eu lieu beaucoup plus tôt, je crois, dans les années 2009-2010*.

    À l’origine, c’est la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes, la DGCCRF qui a remarqué un problème. Ils ont vu que des youtubeurs faisaient la promotion de jeux vidéo en citant des marques et en taisant le fait qu’ils avaient un lien entre eux-mêmes et les sociétés qui les payaient.

    *NDLR Visionary Marketing milite sur ce sujet depuis 2009, d’abord dans le cadre de Socialmedia.org (né SMBC), puis celui de Media Aces.

    La publicité déguisée, l’inverse de ce que doit être une vraie publicité

    Le droit français a horreur de la publicité déguisée

    C’est normal, parce qu’on trompe le consommateur. C’est le contraire de ce qu’est ce que doit être une publicité, à savoir quelque chose de loyal.

    Quand on ne dit pas à une personne que ce qu’elle est en train de lire n’est pas forcément objectif, car c’est le fruit d’une rémunération, en argent ou en nature, c’est déloyal.

    Une distinction déjà ancienne

    Cette distinction existe dans le droit de la publicité depuis longtemps.

    Si vous regardez un magazine papier, vous voyez de temps en temps cette mention « publi reportage ». Cela vient d’une loi de 1986 qui a fait cette obligation aux éditeurs de bien distinguer ce qui relève du contenu éditorial et de la publicité.

    Ensuite, les mêmes dispositions se sont appliquées à la radio, et la télévision. Le décret de 1992 prévoit bien que la publicité clandestine doit être bannie de toutes les émissions.

    On n’a pas le droit de citer des marques dans les médias parce que la publicité doit être circonscrite aux plages publicitaires. Après l’arrivée d’Internet, en 2004, le législateur s’est emparé du sujet dans la loi pour la confiance dans l’économie numérique. Celle-ci a établi que l’on doit explicitement dire pour le compte de qui on fait de la publicité.

    Après les premiers textes, les sanctions

    Puis sont venus des textes sur les pratiques commerciales trompeuses, sur la publicité mensongère, assortis de sanctions

    Après les lois de 1986, 1992 et 2004 sont venus les textes assortis de sanctions

    Ces textes sont venus ajouter que cacher la nature publicitaire d’un message ou masquer le nom du commanditaire s’apparente à de la publicité mensongère. Cela est donc répréhensible.

    S’il y a un véritable texte de loi sur la transparence, où le trouve-t-on ?

    AH. On trouve cela dans les articles L. 121-1 et suivants du code de la consommation. C’est un texte assez ancien qui trouve ses racines dans les années 60 et 70. Il a été réformé plusieurs fois et dans ses dernières versions, il prévoit même des listes de comportements qui nous intéressent.

    À savoir le fait d’utiliser un contenu rédactionnel dans des médias pour faire la promotion d’un produit ou d’un service, alors que le professionnel a financé celle-ci lui-même sans l’indiquer clairement dans le contenu ou à l’aide d’images ou de sons clairement identifiables par le consommateur (voir le texte en référence en fin d’article).

    Tout était déjà prévu par les textes.

    Il faut rajouter à cela le travail des organisations professionnelles et en premier lieu l’ARPP. Elle a fait depuis longtemps un travail complémentaire de recommandation. C’est dans son intérêt et celui de ses membres d’offrir au public une position claire sur la question.

    Transparence et confiance : l’ARPP propose un certificat payant.

    Si la loi est ancienne, pourquoi tant d’abus ?

    AH. Pour que les voleurs soient rattrapés par la police, il faut que la police, en l’occurrence la DGCCRF, ait des moyens. C’est un organisme qui dépend du ministère de l’Économie, il faudrait que cette DGCCRF puisse surveiller ce qui se passe sur les réseaux pour remédier au problème.

    L’ARPP fait aussi la police par rapport à ses membres et donc de ses membres qui sont des marques ou des agences de publicité. Comme toutes les organisations professionnelles, elle met en place une autodiscipline avec tout un système de sanctions.

    Et puis, on pourrait se dire que naturellement, le public va perdre la confiance si la transparence et l’honnêteté font défaut dans cette relation entre marques et influenceurs.

    Alors, où en sommes-nous vraiment de ces défauts de transparence ?

    AH. Je pense que nous sommes dans une voie intermédiaire.

    Il y a beaucoup de marques qui respectent, et quand elles ne le font pas c’est affligeant. Mais j’ai tendance à croire que les gros annonceurs prennent ce risque de plus en plus rarement.

    D’abord parce que très souvent, ces annonceurs font partie d’organisations professionnelles comme l’ARPP ou l’Union des marques, qui sont des associations qui mettent en place ces recommandations et attendent de leurs membres qu’elles les respectent.

    Par ailleurs, il y a de plus en plus de « name and shame » et les marques n’ont pas envie de se faire prendre la main dans le sac.

    Le secteur de la publicité et des grandes marques a bien pris conscience que le côté attractif de cette confusion des genres qui intéressait les gens dans les années 2000 était finalement une mauvaise pratique.

    Un problème en voie de disparition, mais encore présent

    Toutefois, quand je discute avec Mohamed Mansouri de l’ARPP, je sais qu’il reste toujours très vigilant sur ces questions de transparence. C’est encore une préoccupation. L’ARPP rencontre encore des influenceurs qui ne respectent pas la règle.

    L’ARPP travaille avec Reech pour vérifier si leurs recommandations sont appliquées, et il y a un pourcentage relativement important de cas où cela ne l’est pas

    Cependant, il y a des signes encourageants. Au-delà de la transparence, pour l’ensemble des recommandations de l’ARPP, le taux de messages non conformes est passé de 36 à 9 %.

    En tout cas, j’ai confiance dans le fait que la situation va s’autoréguler. Car les marques ne voudront pas être montrées du doigt. Et les influenceurs ne voudront pas perdre leurs communautés et être discrédités.

    En conclusion, une note optimiste, mais encore du travail

    Alain a donc clos cette interview sur une note plutôt optimiste. Notre pratique du terrain, y compris dans le B2B, ne fait pas ressortir une énorme prise de conscience toutefois et nombreuses sont les fois où il faut expliquer les évidences à la fois à des marques ou des influenceurs. Notons néanmoins une encourageante prise de conscience, qui n’en est cependant pas encore au niveau de ce que nous avons connu aux USA dans le cadre de Socialmedia.org (et de Media Aces en France en son époque), il y a désormais près de 15 ans.

    Note de référence

    En référence à ce qui précède, voici un extrait du texte L 121-2 cité par Alain.

    Article L121-2

    Modifié par Ordonnance n° 2021-1734 du 22 décembre 2021 — art. 3

    Détails du texte

    Une pratique commerciale est trompeuse si elle est commise dans l’une des circonstances suivantes :

    1° lorsqu’elle crée une confusion avec un autre bien ou service, une marque, un nom commercial ou un autre signe distinctif d’un concurrent ;

    2° lorsqu’elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur et portant sur l’un ou plusieurs des éléments suivants :

    a) L’existence, la disponibilité ou la nature du bien ou du service ;

    b) Les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir : ses qualités substantielles, sa composition, ses accessoires, son origine, notamment au regard des règles justifiant l’apposition des mentions « fabriqué en France » ou « origine France » ou de toute mention, signe ou symbole équivalent, au sens du code des douanes de l’Union sur l’origine non préférentielle des produits, sa quantité, son mode et sa date de fabrication, les conditions de son utilisation et son aptitude à l’usage, ses propriétés et les résultats attendus de son utilisation, notamment son impact environnemental, ainsi que les résultats et les principales caractéristiques des tests et contrôles effectués sur le bien ou le service ;

    c) Le prix ou le mode de calcul du prix, le caractère promotionnel du prix notamment les réductions de prix au sens du I de l’article L. 112-1-1, les comparaisons de prix et les conditions de vente, de paiement et de livraison du bien ou du service ;

    Le service après vente

    d) Le service après-vente, la nécessité d’un service, d’une pièce détachée, d’un remplacement ou d’une réparation ;

    e) La portée des engagements de l’annonceur, notamment en matière environnementale, la nature, le procédé ou le motif de la vente ou de la prestation de services ;

    f) L’identité, les qualités, les aptitudes et les droits du professionnel ;

    g) Le traitement des réclamations et les droits du consommateur ;

    3° lorsque la personne pour le compte de laquelle elle est mise en œuvre n’est pas clairement identifiable ;

    4° lorsqu’un bien est présenté comme étant identique à un bien commercialisé dans un ou plusieurs autres États membres alors qu’il a une composition ou des caractéristiques différentes.

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    24 min
  • LinkedIn n’est plus un réseau social c’est un outil de travail

    LinkedIn est un outil de travail pour l’entreprise, ce n’est plus un réseau social. C’est ce que nous explique Bruno Fridlansky qui sort la 4e édition de son fameux livre sur LinkedIn. J’aime particulièrement l’approche de Bruno et je ne dis pas ça parce que c’est un ami. À l’heure où le microcosme B2B n’a d’yeux que pour les jeunes entrepreneurs épris de copywriting qui se lâchent sur le réseau de Microsoft du haut de leurs 5 ans d’expérience, Bruno revient aux fondamentaux. Et il a raison. LinkedIn, ce ne sont pas le strass et les paillettes d’un réseau de divertissement, mais un réseau sérieux où on rencontre des gens sérieux et où on fait des affaires. Même si un peu de plaisanterie ne nuit pas de temps en temps.

    LinkedIn n’est plus un réseau social, c’est un outil de travail pour l’entreprise

    LinkedIn est selon Bruno Fridlansky, un outil de travail pour l’entreprise et plus un réseau social. Quand on suggère cette idée à Midjourney, il nous met une image d’un pro pas rigolo du tout qui semble nous dire « I mean business! »

    Maîtriser LinkedIn 4e édition : un livre pour l’entreprise

    La date de sortie de cette quatrième édition de maîtriser LinkedIn par Bruno Fridlansky n’est pas innocente. Elle coïncide à quelques semaines  près avec les 20 ans de ce réseau qui, beaucoup l’ignorent, est la plus ancienne des grandes plateformes sociales.

    Pourtant, Bruno nous explique que l’outil préféré du business to business a définitivement tourné la page, et pas forcément dans le sens que l’on croit.

    LinkedIn n’est plus un réseau social, c’est un outil de travail

    La vision de Midjourney de LinkedIn comme outil de travail est assez confondante

    Bien sûr que l’on peut utiliser cet outil pour « raconter sa “life” » selon l’expression consacrée. Mais on peut aussi y faire, à la manière du businessman de Saint Exupéry, des choses sérieuses.

    On peut y pratiquer « l’influence professionnelle, tous les jours, au contact de son écosystème business », explique Bruno. « Pour les commerciaux, c’est vendre (NDLR subtilement devrait-on ajouter), pour les collaborateurs, c’est promouvoir la notoriété de l’entreprise, travailler la marque employeur ».

    Bref, un couteau suisse. Et ce n’est pas fini.

    Prendre la parole pour les dirigeants

    acheter le livre

    « Pour les dirigeants, c’est aussi prendre la parole et porter sa vision sur cette plateforme de conversation ». Aah ! La conversation…

    Markets are conversations

    Qui, en effet, se souvient encore du premier précepte du Cluetrain manifesto de Doc Searls et ses camarades ?

    Pourtant, il revêt une importance encore plus particulière à cette époque où les « experts » de LinkedIn confondent  péroraison et discussion.

    20 ans après avoir découvert cette plateforme, je m’étonne encore et toujours du peu d’ardeur que mettent les marques, même en B2B, à parler comme des personnes avec leurs clients, leurs partenaires, voire leurs confrères.

    Il reste beaucoup de chemin à parcourir, et c’est pour cela qu’il faut découvrir ou redécouvrir le livre de Bruno Fridlansky.

    « J’ai écrit la quatrième version de mon livre Maîtriser LinkedIn, afin de pouvoir mettre à jour les évolutions de la plateforme et des comportements d’utilisation  », nous explique Bruno dans cette vidéo tournée dans notre studio par anticipation en fin d’année dernière.

    Ce qui change dans le livre

    « Par rapport au livre précédent, j’ai changé l’organisation des contenus et surtout, j’ai essayé de passer moins de temps sur l’algorithme et plus sur l’utilisation humaine de l’outil », explique Bruno. C’est pour cela, qu’il faut acheter ce livre. Car il y en a assez de ces utilisateurs qui sont obsédés par leur concours de visites.

    Car LinkedIn reste un outil à part dans le paysage des médias sociaux.

    « Les autres réseaux sont essentiellement basés sur la publicité alors que LinkedIn vend des licences aux professionnels. Son positionnement, son modèle économique sont originaux. »

    C’est une plateforme éditoriale d’un côté et en même temps c’est un outil de networking qu’on va utiliser pour se connecter avec d’autres professionnels pour nouer des partenariats, vendre, se faire connaître, gagner en visibilité.

    De la « facebookisation » de LinkedIn

    C’est un secret de polichinelle, LinkedIn est devenu une sorte de nouveau Facebook dont on se demande de plus en plus ce qu’il a à faire avec le business. Mais Bruno refuse de voir les choses ainsi et propose une autre lecture.

    « On voit beaucoup de choses personnelles sur LinkedIn qui dérangent certains, qui en satisfont d’autres. Je ne dirais pas que LinkedIn est devenu grand public. Il reste quand même un outil un peu sévère, professionnel, où on est au contact d’autres professionnels ».

    Il est toutefois le premier à reconnaître que cet outil s’est ouvert « davantage par rapport à ses débuts où il était très centré autour du CV RH ».

    Chacun va y construire son propre réseau, autour de ses centres d’intérêt et ses postures, personnelles pour certains, purement professionnelles pour d’autres

    Je pense que le lecteur aura compris de quel côté nous nous situons. Après tout, on n’est pas obligé d’étaler sa vie personnelle partout. Telle a été ma posture depuis le début d’Internet, il y a près de 30 ans. Quoi qu’il en soit, comme le répète Bruno, il faut comprendre que « LinkedIn, ce n’est pas la vraie vie, c’est juste un réseau  ».

    La vraie vie de l’entreprise est dans le monde physique, pas dans LinkedIn

    Retour aux fondamentaux donc avec Bruno. Celui-ci nous confirme que « la vraie vie est dans le monde physique et non dans la plateforme ». On se demande donc pourquoi tant d’entre nous semblent l’avoir oublié. Et nous remercions Bruno de nous le rappeler.

    « Si vous achetez ce livre, vous vous en servirez plusieurs années ».

    Car, selon Bruno, les principes édictés ici sont valables « pour LinkedIn, aujourd’hui, et probablement demain pour un autre réseau qui viendra sans doute le remplacer .  Le principe à suivre restera toujours celui d’un outil de travail que l’on pourra dupliquer sur d’autres réseaux » a-t-il conclu.

    Courez donc acheter ce livre, inutile de râler sur la pauvreté des posts des copywriters de LinkedIn ! Ce n’est qu’un épiphénomène.

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    10 min
  • Comment rendre vos visuels médias sociaux plus percutants

    Les médias sociaux requièrent des visuels appropriés et efficaces pour rendre vos posts plus percutants. N’importe quel élève de première année le sait. Les marketeurs aussi, en principe. Pourtant, une étude récente menée par Vistacreate et le Content Marketing Institute a montré qu’il y a matière à progrès dans ce domaine. Dans ce rapport, Robert Rose, fondateur et directeur de la stratégie de The Content Advisory, a exhorté les professionnels du marketing à mieux tester leurs hypothèses. Le rapport fournit également des informations approfondies sur les visuels sur les médias sociaux et sur la manière de les utiliser efficacement.

    Comment rendre vos visuels sur les médias sociaux plus percutants

    Les visuels que nous mettons sur les médias sociaux ont leur importance. C’est que nous expliquent CMI et Vistacreate dans une étude de 2023. Néanmoins, les marketeurs devraient passer un peu plus de temps à tester plutôt qu’à créer des visuels pour eux-mêmes — voici une image générée par Midjourney d’un peintre en train de créer un visuel de médias sociaux pour Twitter.

    L’état actuel des visuels sur les médias sociaux

    Nous savons tous, au moins intuitivement, que les visuels sur les médias sociaux sont importants. Une récente enquête du CMI et de Vistacreate apporte la preuve que notre intuition est justifiée. Elle souligne également que les pros du marketing devraient tester leurs visuels avec plus d’attention.

    Une étude sur les visuels médias sociaux par CMI et Vistacreate.

    Les résultats de l’enquête en bref

    Le CMI a sélectionné un échantillon de marketeurs pour cette enquête. 167 répondants ont été qualifiés pour l’analyse et ils ont répondu aux questions de l’institut en juin 2022. Voici une représentation visuelle de l’échantillon avec une planche tirée du rapport.

    Il convient de noter que les secteurs B2B et B2B+B2C représentent 69 % de l’échantillon total. L’enquête est donc principalement axée sur le business to business. Le B2C, les autres secteurs et les organisations à but non lucratif représentent les 31 % restants de l’enquête. L’enquête a été réalisée essentiellement aux États-Unis (68 % des répondants).

    Les résultats de l’enquête en bref

    Le CMI a tiré cinq enseignements majeurs de son enquête
    Insight numéro un : testez vos hypothèses

    Les auteurs du rapport insistent sur le fait que trop de marketeurs se comportent en fonction de leurs propres goûts plutôt que de tester l’efficacité de leurs visuels.

    C’est la principale conclusion du rapport. Alors que le marketing consiste à mesurer la réaction des clients et l’efficacité de ses messages et de ses campagnes, il semble que la plupart des marketeurs se fient plutôt à leurs propres goûts.

    Des visuels médias sociaux dessinés par Léonard de Vinci ? Tout est possible avec Midjourney, mais pas certain que ce soit une bonne idée.

    Êtes-vous un lanceur de tendances ?

    Cela peut être une bonne chose si votre marque est à l’origine des nouvelles tendances comme Apple ou Gucci. Lorsqu’Android a lancé son nouveau design plat dit « flat design » avec sa version 4.0 Icecream sandwich, Alphabet a lancé une nouvelle tendance que tous ont suivi.

    Apple leur a emboîté le pas en 2013. À l’époque, la plupart d’entre nous trouvaient le flat design affreux et trop minimaliste. Après un certain temps, nos goûts ont changé et nous nous y sommes habitués.

    Les marketeurs ont tendance à créer de belles images qui leur font plaisir plutôt que des images qui sont efficaces ou qui plaisent à leur public. Si cela peut être une bonne idée si vous êtes Apple ou Gucci, ce n’est pas forcément le cas si votre marque n’est pas une marque de luxe ou une marque aimée. L’image ci-dessus est une image générée par Midjourney. Un peintre crée un énorme visuel de médias sociaux pour Twitter avec un pinceau.

    Une perspective très différente

    Cela a été rendu possible parce que chacun d’entre nous avait un Android ou un iPhone d’Apple dans sa poche. En fait, nous n’avions pas le choix. Pour les publicités sociales visuelles, le public a le choix de cliquer ou de ne pas cliquer.

    La perspective est très différente. D’où les tests.

    Insight numéro 2 : considérer les médias sociaux visuels comme une plateforme

    Les auteurs affirment que la création de contenus visuels pour les médias sociaux est prise en main par les équipes internes.

    Près de 50 % des marques ne disposent pas d’un budget distinct pour le contenu visuel des médias sociaux. Pourtant, la création de visuels adaptés aux plateformes sociales est un travail à part entière et un budget devrait y être alloué.

    60 % des marketeurs déclarent créer eux-mêmes les contenus visuels pour les médias sociaux, 56 % disposent de designers professionnels en interne et seulement 28 % font appel à des graphistes indépendants (le chevauchement est dû au fait que certains répondants ont coché les trois options)

    Ce qui est étrange, c’est que les auteurs du rapport ont découvert que « de manière contre-intuitive, les petites entreprises sont plus susceptibles de disposer d’un budget distinct pour le contenu social visuel, que les grandes entreprises (47 % contre 22 %) ».

    Les auteurs affirment que c’est une bonne chose, mais que les marques doivent réserver un budget, même minime, pour la création de contenus. Après tout, c’est un travail, pas un loisir, autant faire appel à des professionnels.

    Insight numéro 3 : construire des processus reproductibles

    Lorsqu’il s’agit de déterminer quels types de visuels ont plus de succès que d’autres, l’enquête du CMI met systématiquement en évidence trois grands types de contenus :

      1. Contenus vidéo
      2. Photos personnalisées (par opposition aux images de stock)
      3. Infographies
      4. Le top 3 d’Instagram est un peu différent, les « stories » arrivant en troisième position. Les « reels » sur Facebook semblent toujours à la traîne, cependant.

        Les vidéos sont souvent citées comme étant les modes de contenus les plus performants. Cela dit, très peu de marketeurs parviennent à rendre leurs vidéos virales sans l’aide des publicités payantes sur les médias sociaux. Nous recommandons définitivement aux marques de travailler sur leurs stratégies de bouche à oreille avant de passer à une activation sociale axée sur la publicité.

        Insight numéro 4 : faire correspondre ces processus avec un budget documenté et formel

        En ce qui concerne l’efficacité, LinkedIn est certainement la plateforme sociale préférée des marques.

        LinkedIn a obtenu le score le plus élevé avec 56 % (le jugeant extrêmement ou très efficace), suivi de Facebook (38 %) et d’Instagram (31 %)

        Ces résultats sont très probablement dus au fort biais B2B de l’échantillon de l’enquête. Ils doivent donc être pris avec précaution si vous travaillez dans le  B2C.

        Insight numéro 5 : donner aux créateurs de contenus visuels les moyens de raconter des histoires

        La cinquième conclusion du rapport est probablement la plus intéressante. Le CMI a testé 5 visuels de médias sociaux différents auprès de professionnels du marketing et de non-spécialistes du marketing. Les résultats des deux audiences ont été radicalement différents.

        Les visuels des médias sociaux doivent être testés auprès de votre public. CMI a montré que le visuel vert était classé au premier rang par les professionnels du marketing et comme l’un des moins efficaces par les non-spécialistes du marketing. QED.

        Voilà du vécu pour les créateurs de contenus. Comme leur nom l’indique, ils misent sur la créativité et l’inventivité et proposent des concepts originaux. Et voilà que la ou le responsable de marketing corporate se met à leur crier dessus en déclarant « Vous ne respectez pas la charte  ! ».

        Les ennuyeuses chartes graphiques

        L’instant d’après, le créateur de contenu en question est tellement abattu qu’il ouvre — à contrecœur — les ennuyeuses directives de la marque. Une fois de plus, il produit alors un clone de tous les autres visuels des médias sociaux de la marque. Si bien que tous les messages et toutes les publicités sur les médias sociaux de cette marque se ressemblent.

        Les professionnels du marketing sont trop égocentriques et accordent trop d’importance à leurs directives de marque. Alors que ces chartes sont, en général, bénéfiques, elles ont également tendance à rendre tout votre contenu uniforme et fade.

        Essayez donc de travailler avec des créateurs de contenu tiers et des partenaires médiatiques externes afin de générer des visuels plus diversifiés. Ils seront plus adaptés aux médias sociaux et attireront l’œil du public. Il s’agit d’une astuce que nous avons souvent mise en œuvre en tant que directeur des médias sociaux ainsi qu’avec nos clients.

        À propos des auteurs du rapport

        Les auteurs du rapport d’étude sur les visuels des médias sociaux

        Note importante : nos lecteurs les plus observateurs auront remarqué que nous aimons produire nos propres visuels créatifs sans les tester. C’est parce que nous sommes des lanceurs de tendances depuis près de trente ans 😉

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        9 min
      5. Forrester conseille de mettre la publicité Twitter en pause

        Est-ce que Twitter est toujours la bonne plateforme pour la publicité ? Twitter a fait la Une des journaux du fait des changements intervenus au sein de l’organisation ainsi que dans ses politiques d’utilisation. Plus récemment, M. Musk a même décidé de demander aux utilisateurs de Twitter s’il devait démissionner et il semble que la réponse ne lui ait pas plu. Les journalistes qui rendent compte des caprices de M. Elon Musk s’amusent bien, mais que doivent faire les annonceurs ? Doivent-ils mettre Twitter en pause ? Pour le savoir, j’ai interviewé Kelsey Chickering, Principal Analyst – CMO Practice chez Forrester sur la manière dont ces changements sont susceptibles d’impacter les marques et les marketeurs B2B. Kelsey nous a éclairés sur la direction que prend la plateforme et sur ce que les professionnels du marketing devraient faire. Et son conseil est clair : les annonceurs doivent mettre la pédale douce sur Twitter, tant pour les publicités que pour le bouche-à-oreille. Let that sink in! Elon.

        Forrester conseille aux marques de mettre la publicité Twitter en pause

        Twitter est-il encore la bonne plateforme pour la publicité ? La réponse de Kelsey Chickering de Forrester à cette question est un non catégorique. Let that sink in, Elon ! – Image réalisée avec Midjourney

        Twitter pour les annonceurs : faut-il prêter attention aux caprices d’Elon Musk ?

        Kelsey Chickering : Du point de vue de l’annonceur, il faut prêter attention aux caprices d‘Elon, car à ce stade, ceux-ci orientent l’avenir de Twitter, la façon dont la modération est mise en place, et les nouvelles fonctionnalités qui apparaissent.

        Il est judicieux que la plupart des annonceurs mettent en pause leurs budgets pub Twitter du fait des caprices d’Elon Musk 

        Les annonceurs devraient garder un œil sur ce que Musk tweete et indique sur l’avenir de Twitter, tout en adoptant une approche conservatrice en matière de dépenses.

        Que nous réserve l’avenir ?

        Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, alors mieux vaut être prudent. Je ne vous dirais pas de supprimer Twitter pour toujours.

        Mais c’est une bonne idée d’arrêter d’y investir pour le moment, étant donné l’incertitude associée à la plateforme. Les dernières semaines ont démontré que ce n’est pas vraiment l’endroit le plus sûr pour les marques.

        L’avenir de Twitter pour la publicité en ligne

        Les annonceurs doivent-ils encore dépenser leur argent pour être visibles sur Twitter ? Notre oiseau bleu autrefois préféré pleure à chaudes larmes

        Les consommateurs s’inquiètent de l’avenir de Twitter et de ce qu’il pourrait devenir. S’agira-t-il d’un endroit où ils souhaitent passer du temps ou d’une plateforme envahie par la désinformation et les fausses nouvelles ?

        A-t-on vraiment besoin de Twitter ?

        Cependant, je pense que du point de vue des annonceurs, la plupart des marques n’ont pas vraiment besoin de la publicité sur Twitter pour atteindre leurs objectifs commerciaux.

        Ce n’est pas un problème si important que cela, car vous pouvez mettre votre budget publicitaire là où vous pouvez espérer des résultats au milieu et en haut du funnel. Nombreuses sont les marques qui n’utilisaient pas Twitter pour les actions en bas de funnel. Je pense que l’impact sur vos résultats sera minime si vous mettez vos budgets publicitaires ailleurs. Il y a, bien sûr, des exceptions à cette règle.

        « Les annonceurs doivent trouver de nouveaux débouchés », prévient l’analyste de Forrester

        Ainsi, les annonceurs doivent trouver de nouveaux débouchés. Pour les consommateurs, c’est un peu différent, car Twitter offre quelque chose que personne d’autre ne leur propose actuellement.

        C’est un endroit où les gens vont pour trouver des informations en temps réel, non disponibles ailleurs à ce stade

        Kelsey Chickering, qui a supprimé son compte Twitter @kelseyeats, a gentiment répondu à nos questions.

        Twitter pour les marketeurs est plus un cas d’usage qu’un must-have. Il y a certains cas d’utilisation, comme le service client, où Twitter est un canal significatif. Cela pourrait signifier que vous devez trouver de nouveaux canaux pour gérer le service client.

        Influenceurs et Twitter

        Twitter a certainement été une plateforme prisée des médias. C’est un endroit où vous pouvez être vu et entendu. Cela dit, de nouvelles plateformes font leur apparition. TikTok, par exemple, est un lieu créativité et la plateforme attire beaucoup de créateurs de contenus. Il se pourrait bien que les acteurs des médias et de l’information y passent davantage de temps.

        En dehors de Twitter ?

        Il y a deux canaux qui, selon moi, sont des lieux viables pour les créateurs de contenus et le grand public : TikTok et Reddit. Reddit est semblable à Twitter car on y trouve des publics très spécialisés. La plateforme recèle des conversations sur des sujets originaux et spécifiques, ce qui était autrefois l’apanage de Twitter. La principale différence réside toutefois dans le fait que Twitter est davantage axé sur le temps réel et les événements.

        Ensuite, nous avons Bluesky de Jack Dorsey. Il est cependant assez difficile de savoir ce qu’est Bluesky, ce qu’il sera et s’il remplacera Twitter. Je n’ai encore rien vu qui indique qu’il pourrait le remplacer.

        Cependant, le paysage est mûr pour une nouvelle plateforme qui offre des fonctionnalités semblables à celles de Twitter, avec la même sécurité et modération de contenu.

        Statut certifié ou payé

        Bienvenue ou au revoir aux annonceurs Twitter ? Celui qui comprendra la réalité de son compte certifié gagnera un oiseau Twitter en peluches offert par Elon Musk.

        Disposer d’un compte certifié sur Twitter pourrait être une bonne chose. Il serait utile pour les gens de comprendre si le contenu provient d’une personne réelle ou d’un faux compte.

        Mais malheureusement, les récents changements ont permis aux usurpateurs d’identité d’être plus facilement certifiés. Donc cela a eu un peu l’effet inverse.

        Un va-et-vient incessant

        Toutes les informations que j’ai lues mettent en exergue un va-et-vient de Twitter qui essaie de trouver le bon équilibre, tout en se rendant compte qu’il y a un problème si tout le monde peut accéder au compte certifié.

        Malheureusement, la certification s’est traduite par des usurpations  d’identités en lieu et place d’une véritable certification. Il était donc encore plus difficile de faire davantage confiance aux informations provenant de ces comptes dits certifiés.

        Paysage actuel et avenir des médias sociaux

        Nous sommes à un tournant pour Meta. Il faut dire que la publicité sur les médias sociaux a connu des difficultés l’année dernière avec les changements apportés par Apple en matière de confidentialité.

        Si vous regardez n’importe quel rapport de Meta ou les prévisions publicitaires plus récentes de Forrester qui ont été publiées en novembre dernier, la publicité sur les médias sociaux atteindra son rythme le plus lent, n’augmentant que de 7,4 % cette année.

        Nous prévoyons donc un ralentissement des dépenses pour 2023.

        Cependant, les partons d’agences et les marques maintiennent les médias sociaux sur l’année qui vient. Ils réfléchissent à la manière de continuer à maintenir ces budgets, car les attributions budgétaires sont en train de changer.

        Méta offre un canal fort différent

        Méta offre un canal qui permet de traiter de nombreux aspects différents du cycle de vie du client, de la découverte d’un nouveau produit à la gestion des conversations avec vos clients actuels. Il s’est certainement taillé la part du lion dans la pub sur les réseaux sociaux parce qu’il est très efficace en bas de funnel. C’est un moyen pour eux d’obtenir de l’exposition en bas de funnel à bon prix.

        De nouvelles plateformes émergent et vous verrez les consommateurs se déplacer vers de nouveaux endroits comme TikTok, par exemple. Nous commençons à nous rendre compte que les marques comprennent comment transférer leurs budgets vers les nouvelles plateformes. Ainsi elles cherchent à se rapprocher de leurs publics.

        Cela présente une toute nouvelle série de défis, notamment du point de vue de la création de contenus. Dans un avenir prévisible, vous allez assister à des transferts depuis les plateformes traditionnelles comme Meta vers des plateformes émergentes comme TikTok, et vers des créateurs qui vous aident à produire le contenu pour ces platesformes.

        Création de contenu : marques et influenceurs

        Nous commençons à voir une tendance des marques et des agences à engager des créateurs pour créer du contenu pour les canaux organiques. Il ne s’agit pas seulement de gagner l’influence de leurs adeptes, mais aussi de créer du contenu qu’ils pourront publier.

        Je pense qu’elles se rendent compte que lorsqu’on entre sur une plateforme comme TikTok, on ne peut pas appliquer la même stratégie que par le passé.

        Les équipes chargées du contenu ne savent apparemment pas encore comment créer du contenu attrayant pour cette plateforme. Ils engagent donc des créateurs et des intervenants externes pour créer leurs contenus ou les conseiller.

        Les marques doivent retravailler leurs contenus et canaux en propre

        Avant de faire de la publicité, il faut faire le ménage chez soi.

        Vos espaces en propre sont incroyablement importants parce que les consommateurs passent de manière transparente des plateformes de médias sociaux à votre site Web, puis à autre chose, et enfin au contenu de votre blog

        Ce passage est naturel et transparent pour les consommateurs. Ainsi, chaque point de contact avec un client doit refléter votre marque et vos valeurs. Il doit réfléchir votre image et votre expérience client.

        Indépendamment des médias sociaux, il est essentiel que les marques mettent de l’ordre dans leurs affaires et s’assurent que leur présence en propre apporte un bénéfice pour les consommateurs.

        A quoi s’attendre quand on utilise Twitter ou qu’on y fait de la publicité ?

        La saga du statut de compte certifié de Twitter a suffi à rendre la planète entière complètement indécise sur ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. Votre compte vérifié ne valait paraît-il plus rien et Twitter prétendait qu’il s’agissait simplement d’un badge certifié ancien accordé à quelqu’un qui était connu auparavant. Il indique désormais que : « ce compte est vérifié parce qu’il est notable dans le domaine du gouvernement, de l’actualité, du divertissement ou d’une autre catégorie désignée ». Mais uniquement en anglais ! Les annonceurs ont droit désormais un badge jaune « Ce compte est vérifié parce qu’il s’agit du compte officiel d’une entreprise sur Twitter ». N’est-ce pas tout à fait déroutant ? Je ne ferai aucun commentaire sur les capacités de gestion de Musk.

        Attendez quelques mois selon l’analyste de Forrester

        Au cours des prochains mois, les choses vont s’éclaircir. Vous verrez peut-être que les consommateurs redoubleront d’efforts sur Twitter.

        Il se peut qu’ils se rendent compte qu’il n’y a pas d’alternative viable à Twitter. Et que c’est là qu’ils aiment passer leur temps.

        Ou au contraire il pourrait y avoir un exode de la plateforme si elle devient un endroit où le contenu est peu recommandable ou sans intérêt. Si ces deux scénarios sont possibles pour les consommateurs, je ne vois pas par contre les marques revenir sur Twitter dans les deux prochains trimestres.

        Une forte incertitude

        Cela s’explique par l’incertitude de la plateforme et par le fait que les marques se serrent la ceinture.

        En ce moment, nous sommes dans une période d’incertitude économique où les marques n’ont pas beaucoup d’argent à dépenser en publicité.

        Elles doivent donc faire des choix difficiles pour savoir où être présentes. La façon dont la plateforme s’est manifestée récemment fait qu’il est assez facile pour les marques de décider de couper leurs budgets ou mettre leur argent ailleurs.

        Publicité et contenu organique sur Twitter

        Ainsi, si vous pensez que la plateforme ne vous convient pas en tant qu’annonceur, elle ne doit pas être convenable  pour vos contenus non plus. Retirer votre contenu d’une plateforme parce que vous pensez qu’elle n’est pas sûre, s’applique également à votre présence « organique ».

        Voici le résultat, cow-boy. Laisse-toi aller! https://t.co/H4Fq8xRLd6

        – Yann Gourvennec (@ygourven) 22 janvier 2023

        Forbes a démontré que le résultat de la nouvelle gouvernance de Musk est assez clair. La publication américaine a en effet  souligné une baisse de 50 % du volume publicitaire pour le seul mois de novembre 2022.

        Les conseils de Kelsey ont dû être suivis.

        Pour le marketing B2B, il est peut-être grand temps de commencer à explorer d’autres plateformes. Sans oublier de travailler sur notre capital digital. Comme le recommande l’analyste de Forrester.

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        28 min
      6. Twitter : ce mass média social hybride

        Twitter n’est plus une plateforme de microblogging, mais un mass media social. Depuis quelques jours, Twitter appartient à Elon Musk (et ses co-investisseurs pour près de 50 %). Grâce à ce rachat, et les rumeurs tout au long de l’année, je ne passe plus pour un imbécile dans les classes où j’enseigne quand je les fais travailler sur Twitter. Au-delà de ce constat rassurant, et sans ajouter du bruit au bruit des « toutologues », je me suis posé la question de savoir ce que nous disait tout ce battage médiatique et « social médiatique » sur la plateforme de microblogging qui justement, n’en est plus une.

        Twitter, ce mass media social qui nous en dit tant sur nous-mêmes

        Twitter, ce nouveau mass media social. Je me suis bien amusé en produisant cette image avec l’outil Dall-E d’Elon Musk en utilisant le « prompt » suivant : « un cowboy chevauchant un oiseau bleu Twitter portant un évier et tirant son pistolet ». On remarquera que dans les règles d’utilisation il est interdit d’utiliser le nom d’Elon Musk. Quant à l’oiseau Twitter, il a un peu souffert du transport.

        Depuis des années, Twitter roupillait tranquillement. Quand je faisais plancher les élèves sur Twitter, les commentaires fusaient. « C’est mort, M’sieur », « je ne vais plus sur cette poubelle », « ça ne sert à rien… » étaient les commentaires les plus entendus sur le sujet. 

        De plus en plus énigmatique. Le « prompt » était « Twitter est la plateforme de mass media social du 21e siècle ». Comme Dall-E est très mal à l’aise avec les prompts abstraits je m’attendais au pire, je n’ai pas été déçu.

        Twitter : 2022 a changé la donne. 

        Quelque chose vient de se passer et dans un sens c’est réjouissant, car les événements croustillants se faisaient rares ces temps-ci. Et c’est toujours plus passionnant que de lire ça, par exemple. 

        Pour être plus précis, je dirais qu’il ne se passe pas grand-chose depuis de 2012 environ, où la pub a commencé à envahir les écrans. Et plus encore depuis environ 2017-18, où l’algorithme a commencé à nous faire tourner en bourrique. 

        [ci-dessous le dessin de Matahari pour le JDD ce week-end]

        https://www.instagram.com/p/Ck51JbFoyqo/?utm_source=ig_web_copy_link

        Le côté obscur est fait des blabla des toutologues de tout poil qui donnent un avis non avisé à des gens qui n’ont rien demandé. « Twitter va mourir ! », « Twitter va renaître », « Twitter ne sera plus comme avant »… et maintenant… « Twitter va faire faillite ». 

        Je ne vais pas en rajouter. C’est inutile. J’utilise la plateforme depuis près de 16 ans, mais cela ne me donne pas de licence pour prédire l’avenir d’une société encore cotée* — donc valorisée différemment — dont les destinées dépassent ses commentateurs.

        *[Erratum : cette société était retirée de la cote à peu près à la même date que l’article]

        Nouvel essai avec un oiseau un poil plus réaliste et beaucoup de bizarreries produites par l’IA qui a pas mal déliré. Le « prompt » en était : « un cowboy chevauchant un oiseau bleu portant un lavabo et tirant ».

        Au contraire, je vais plutôt prendre un peu de recul et me poser la question de savoir ce que ce bruit sur les médias et les médias sociaux nous dit de Twitter. 

        Des attentes (édit, changements) 

        D’abord on observe des attentes de la part des utilisateurs. Justifiées ou non, novices ou non, peu importe. Cela va du bouton « edit » (pour modifier ses messages) à la possibilité de dire tout et n’importe quoi de manière libre et lutter contre ce qu’ils appellent la « censure » (RCP, un journal en ligne à la droite du parti républicain). 

        Ce qui ne va pas sans la contrepartie des personnes qui au contraire pensent qu’il faut sélectionner, modérer, segmenter. 

        Sans prendre parti ni même entrer dans ce débat qui a quitté la sphère technique et factuelle, cela veut bien dire que Twitter n’est plus une plateforme comme les autres. C’est devenu, qu’on le veuille ou non, un reflet de l’espace public, avec ses conflits d’intérêt et de vision. 

        On n’évoque pas la censure ni la modération, avec autant de véhémence pour un espace privé.  

        Ces débats se sont en effet énormément politisés sur fond de midterm elections à risque pour les démocraties en Europe et dans le Monde. La plateforme est devenue un pivot pour le débat public. 

        A contrario, elle est aussi beaucoup plus toxique et délicate à gérer pour les entreprises et en particulier dans le B2B.

        De la fascination (Elon Musk est un Dieu) 

        La saga Twitter, et Elon Musk en particulier, suscite également une fascination incroyable. Le milliardaire américain, même s’il est sud-africain, représente en effet tout ce qu’on aime et qu’on déteste dans ce grand pays. La puissance et la gloire et la vulgarité. La réussite, l’humour et l’arrogance (l’épisode du lavabo était assez emblématique) et à l’opposé la brutalité. 

        Elon Musk c’est un peu le bon la brute et le truand en un seul personnage, une sorte de caricature à la Tintin en Amérique. Ça fait le buzz, car c’est clivant. Et plus c’est gros, plus ça passe. 

        Good bad ugly pic 

        « All the world’s a stage and all the men and women merely players », a écrit le grand homme.  

        Des commentaires amusés et ironiques

        Il y a de quoi s’amuser en fait de voir dépenser 44 milliards de dollars pour ensuite virer la quasi-totalité de l’équipe et enfin annoncer sa possible faillite. 

        À noter cependant que Musk n’a pas investi 44 milliards seul et que 20 milliards ont été apportés par Larry Ellison, Morgan Stanley et Bank of America. 

        Bref tout cela fait le buzz, ce qui n’est pas nouveau pour le cowboy sud-africain, et ravit le vulgum pecus en mal d’émotions dans un monde pas très intéressant. 

        Les deux faces d’une même pièce

        D’un côté tout cela est anecdotique (Twitter ou Facebook peuvent disparaître et je l’ai annoncé dès 2009. Certains ont trouvé ça bizarre, mais la question se pose aujourd’hui). 

        De l’autre, cela montre que Twitter est incroyablement puissant comme l’a fait remarquer Musk lui-même : « j’adore quand les gens se plaignent de Twitter… sur Twitter 🤣🤣 » a-t-il tweeté. 

        À moins que ce ne soit pas lui, mais son équipe de CM, comme l’ont conjecturé des utilisateurs français (là encore, on ne sait pas. Mais il y a eu des précédents).

        I love when people complain about Twitter … on Twitter 🤣🤣

        — Elon Musk (@elonmusk) November 10, 2022

        Ce qu’il adviendra de Twitter nul ne le sait. Une société encore cotée avec des investisseurs puissants qui va devenir une société non cotée (donc opaque) avec des investisseurs toujours aussi puissants peut nous réserver de belles surprises. Ou de mauvaises alors qu’une crise de la Tech se profile (là aussi il faut être prudent). 

        La seule chose qui soit sûre c’est que Twitter occupe une place unique dans le paysage des médias sociaux, et ce malgré la baisse cataclysmique du « reach organique ». 

        Cette place unique est tout entière résumée dans ce paragraphe de cet article de the Atlantic. 

         « La prise de contrôle de Twitter par Musk est comme beaucoup de choses dans la vie américaine en 2022 : elle est à la fois stupide et lourde de conséquences. Twitter, malgré sa taille relativement petite, a une importance disproportionnée dans notre politique et notre culture. Il est utilisé par les activistes et les dissidents, et ce qui se passe sur Twitter ne reste pas confiné à l’internet ». 

        Pourquoi ces conjectures sont peu intéressantes 

        Les rumeurs vont bon train. Selon certains, c’est l’exode. Les célébrités ferment leur compte. Les rats quittent le navire.

        Pour l’autre bord, la rumeur inverse circule : c’est plus 20 % d’abonnés à la plateforme selon l’imbécile en chef [« Chief Twit » selon le vocable, dont il s’est lui-même affublé].

        La réalité est sans doute ailleurs. Le temps nous le dira. 

        Un des nombreux dessins circulant sur le Net. J’ai trouvé celui-ci hilarant.

        Les personnes qui s’expriment sur ces événements et nous abreuvent de prédictions sont sans doute compétentes sur plein de choses, mais personne ne sait où va la Tech demain sinon il serait trop facile de devenir milliardaire. 

        La Tech et l’innovation sont un domaine volatil et imprévisible. Le caractère fantasque de notre cowboy de service n’arrange rien à l’affaire. Les analyses des toutologues sont sans intérêt. 

        L’histoire de l’innovation s’écrit dans la durée. Et une grande part des aventures technologiques sont des autoprophéties réalisatrices. 

        Mais le monde, et les médias en particulier dont on mésestime sans cesse l’importance, est trop habitué à réagir sur les dépêches des agences de presse.

        Les célébrités peuvent changer les choses, ce n’est pas la foule qui fait l’histoire, mais eux (ce qui en dit long sur la façon dont nous nous sommes trompés sur les médias sociaux en croyant que le pouvoir revenait à la multitude). 

        Certes il y a des « influenceurs », mais les vrais leaders d’opinion sont ailleurs. Ce sont eux qu’on commente, et leurs propos qu’on dissèque. Ce n’est pas un signe d’intelligence, mais de pouvoir d’influence. 

        Twitter est devenu un mass media (un peu social)

        Alors oui, Twitter peut partir en vrille dans tous les sens (par manque de modération) ou par manque de financements (si la mauvaise réputation pousse les entreprises dehors. Là aussi je resterais prudent nous connaissons des précédents fameux) 

        Mais ce que cette histoire nous dit sur Twitter va au-delà. L’oiseau bleu n’est plus un média social. Twitter est en effet devenu un média tout court pour méga influenceurs, une sorte de mass media à l’ancienne, mais interactif, un hybride, mais aussi une antithèse de média social au sens traditionnel du terme. 

        Certes on peut encore l’utiliser ainsi, comme  un média social à l’ancienne, mais il est de facto devenu un jouet sous l’influence des « people » (en anglais on dirait « celebs », un terme moqueur et bien senti). 

        La plateforme de Dorsey a commencé par un tweet anodin (« Just setting up my Twittr ») et bon enfant, mais elle est devenue un espace de débat public sur des sujets de société qui reflète au grand jour les tensions de cette dernière. Et qu’on n’imagine pas que ces tensions sont nouvelles (lire cette BD indispensable). Elles sont juste plus visibles et quantifiables. 

        Pour les entreprises aussi le débat change de plan. S’exposer sur Twitter revient aussi à prêter le flanc à des sujets qui touchent la société comme le respect de l’environnement et du social. 

        Je ne sais pas si Twitter va disparaître ni s’il va être magnifié (après tout on attend toujours notre bouton EDIT donc…) l’avenir est imprévisible. Mais ce que je sais c’est qu’il occupe une place incontournable. 

        Et même si ce qu’il est devenu n’est pas ma tasse de thé on ne peut que l’admettre. 

        La rumeur, ce côté obscur du bouche-à-oreille

        L’avenir nous dira si tout cela valait 44 milliards de dollars et si Jack Dorsey est capable de relancer un média social de l’extérieur avec BlueSky. 

        Quant à Mastodon, il ne joue pas dans la même cour.  Il va attirer les nostalgiques des médias sociaux d’antan, heureux de débattre en petit comité sur leurs petits serveurs nationaux, protégés du grand public (vous me retrouverez sur [email protected] si cela vous intéresse). 

        Pour les autres, il leur faudra un peu de temps avant de décoder comment fonctionne la plateforme germanique si tant est que cela ait un intérêt.

        En attendant, il faudra faire avec cet hybride de média social et de mass media social.

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        12 min
      7. Les réseaux sociaux sont morts, vivent les réseaux de divertissement !

        Les réseaux sociaux seraient-ils devenus des réseaux de divertissement ? Dans ce billet, Sébastien Beaujault, de son propre aveu « observateur passionné des mondes numériques » met les pieds dans le plat. Un exercice difficile, mais nécessaire, à un moment où les médias sociaux sont en train de changer de manière significative. 

        Les réseaux sociaux sont morts, vivent les réseaux de divertissement !

        Les réseaux sociaux sont morts, vivent les réseaux de divertissement !

        Car cette question du « divertissement » nous amène immanquablement à nous pencher sur l’étymologie. Derrière le vocable « divertissement » il y a le verbe « divertir » et dans divertir, il y a plusieurs sens.

        D’abord, bien entendu distraire ou amuser. Mais aussi « détourner l’attention ou l’activité de quelqu’un sur un autre objet, une nouvelle occupation » [2] et surtout « détourner à son profit » [1].

        Le sens 2 nous pose la question de ce que nous faisons sur les médias sociaux et pourquoi nous y passons autant de temps, spécialement LinkedIn que Sébastien évoque dans ce billet.

        Et le sens 1 nous rappelle certains émois de créateurs de contenus qui se posent la question de savoir à qui appartient réellement le contenu qui est créé sur ces plateformes.

        Ce qui fait dire à notre ami Sébastien qu’il est temps de penser à des alternatives : d’autres plateformes sociales d’une part, et surtout, retravailler les médias en propre.

        Des réseaux sociaux aux réseaux de divertissement

        L’arrivée de TikTok dans l’oligopole du social media, a révolutionné le genre et phagocyté les stratégies numériques du groupe Meta.

        Comment ? En proposant, dès son lancement, une nouvelle expérience. En soumettant, sur l’application, par défaut, des publications suggérées, sur les avis, les envies (les emmerdes aussi !), des utilisateurs. Et ça marche !

        Un bouleversement et un succès retentissant qui fait vaciller la société de Menlo Park. En réaction, les deux structures (Facebook et Instagram) ont décidé de copier TikTok, sans y parvenir, pour le moment.

        Mais l’intention est désormais claire : passer de réseau social à réseau de divertissement. Les vidéos « découvertes » sont poussées. La machine à scroller bat son plein.

        Et pour les stratégies de communication des marques, des entreprises, ça change quoi ? Tout !

        Pour certaines plateformes numériques, le changement, c’est maintenant !

        Dans les couloirs des services de communication, l’ambiance n’est plus à faire tourner les serviettes. Les chiffres sont implacables.

        Le reach, les interactions des publications sont en perte de vitesse sur Facebook et sur Instagram. Juste un peu mieux sur TikTok pour qui a osé s’y aventurer.

        Les réseaux de divertissement : un casse-tête …

        Les utilisateurs ont déserté ces plateformes ? Non ! Ils ont simplement changé de comportement. Sur TikTok, les voici à découvrir des contenus non plus d’amis, mais de profils inconnus.

        Rien n’est laissé au hasard, puisque ce sont des publications basées, de près ou de loin, sur nos goûts et nos sujets de prédilection. Et tout ceci en plein écran sur votre téléphone portable.

        L’algorithme est très puissant. Il vous rend addict. Et vous passez des minutes pour certains, des heures pour d’autres, à scroller le feed infini de votre application.

        La machine à dopamine fonctionne à plein régime. Vous en oubliez presque une fonctionnalité vous invitant à regarder ce que vos amis ont posté. On verra plus tard !

        [nous vous invitons également à visionner cette vidéo d’un événement live enregistré sur LinkedIn en octobre 2022 avec Sébastien Beaujault]

        Depuis quelques semaines, insidieusement, même si dans les rues 2.0, la fronde se fait entendre, on tente de copier l’algorithme de TikTok.

        Adam, le Roi de la vidéo facecam d’Instagram, a beau rassurer les révoltés du Mosseri, l’intérêt du groupe prime avant tout. Et il est fort à parier que le plein écran et les contenus de « suggestion » arriveront aussi sur les terres de Meta.

        Et ça change quoi ?

        Pour les communicants, cela risque de devenir un véritable casse-tête. Quid des stratégies de communication mises en place sur ces réseaux ? La plupart seront vaines ou invisibles.

        En fait, ces espaces ne seront plus adaptés à recevoir un message ou une information à caractère publicitaire. Je pense même qu’il sera plus difficile de créer une audience.

        D’interagir avec ses communautés. Voici l’heure des plateformes de distraction, d’amusement, de franche rigolade.

        J’insiste donc, il s’agit de plateformes de divertissement

        Et qui dit pas ou peu de visibilité, dit des services financiers, des CEO, des entreprises, qui viennent frapper à la porte des services de communication. Et maintenant, on fait quoi ?

        Il est l’heure d’appareiller, de quitter le mouillage, le port. Et de partir explorer de nouveaux mondes numériques. De nouveaux territoires à conquérir.

        Trouver ou retrouver de nouveaux espaces d’expression

        TikTok, Instagram et Facebook sont le haut de l’iceberg social media. Twitter ou encore LinkedIn sont et restent, à mon avis, des canaux stratégiques. Mais il existe d’autres réseaux sociaux qui méritent une attention toute particulière : Trumblr, Yubo, Discord, Twitch, pour ne citer qu’eux.

        Il est fort à parier, également, que la technologie avançant, nous soyons (et c’est déjà le cas !), en capacité, de créer et de gérer nos propres réseaux sociaux. Une manière, quelque part, de sortir de « l’algo dépendance ».

        Sans oublier les vieux pots, dont on fait la bonne soupe numérique. Ceux que je nomme les « canaux propriétaires ». Tous adaptés à vos stratégies de communication : la newsletter, le blog, le site Internet, le podcast. Les alternatives existent !

        Comment sortir des réseaux de divertissement ?

        Il est bien dangereux de savoir ce que les lendemains numériques nous réservent. Mais une chose est quasiment sûre. Les réseaux de divertissement sont dans la place.

        Les communicants, devront-ils faire fi de ces plateformes numériques ? Sans doute pas.

        Du moins pas tout de suite. Le peu de visibilité sera toujours bon à prendre. Et les contenus courts, créatifs et imaginatifs, sont une petite porte de sortie, une infime chance d’exister.

        Mais il est temps d’envisager d’autres mondes. D’autres stratégies marketing. Moins assujetties aux robots, aux algorithmes. Il est temps de reprendre le contrôle de votre communication.

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        9 min
      8. Marques et médias sociaux : les défis posés par l’essor de TikTok et de l’UGC

        Les marques et les médias sociaux en 2022, c’est une histoire d’amour qui dure depuis longtemps, mais qui se complique quelque peu. Nous sommes à une période charnière de l’avenir de ces « nouveaux » médias dont les pionniers vont fêter leur 20e anniversaire. TikTok a pris son envol et les usages des plateformes se diversifient, la pression sur les entreprises s’accentue. Mais des solutions existent. C’est ce que m’a expliqué Romina Gonzalez Galetto, directrice générale de Hootsuite France dans ce podcast [transparence, Hootsuite a été notre client à plusieurs reprises, dans le cadre du baromètre des réseaux sociaux].

        Marques et médias sociaux : les défis posés par l’essor de TikTok et de l’UGC

        Pour connaître les défis des marques face au paysage renouvelé des médias sociaux, j’ai posé mes questions à Romina Gonzalez Galetto, nouvelle DG de Hootsuite France.

        Les marques face à l’évolution des médias sociaux

        TikTok engrange sans cesse de nouveaux utilisateurs (voir les chiffres ci-dessous). Son usage est très lé aux créateurs de contenus. Et face à cela, « les marques sur ce réseau se cherchent encore » nous explique Romina.

        Parallèlement, Facebook et Instagram perdent des recettes pour la première fois, mais ces médias sont toujours indispensables pour les entreprises, nous dit la patronne française de l’éditeur canadien.

        TikTok est dans le peloton de tête des réseaux sociaux mondiaux – source Statista 2022 (cliquer pour agrandir)

        « Nous avons constaté, après la pandémie, que les utilisateurs avaient besoin de converser avec les marques », souligne Romina. « Les consommateurs plébiscitent ces espaces d’échange en « one-to-one », Facebook Messenger, WhatsApp ou Instagram ».

        Les applications de messagerie en 2021 : Meta (ex-Facebook) est encore en pole position.

        Avec WhatsApp, par exemple, une entreprise peut envoyer des notifications à ses clients et nourrir un contact plus personnalisé. Les sociétés recourent sans cesse davantage à ces techniques.

        On observe un changement dans le nombre d’abonnés, mais d’autres cas d’usages apparaissent, ce qui rend possible un équilibre certain dans l’utilisation des réseaux

        La couverture de Time magazine en novembre 2021 : les journalistes vont-ils trop vite en besogne alors que Meta gagne toujours des utilisateurs dans le monde ?

        On remarque également un changement concernant l’âge des usagers de Facebook. « Les très jeunes donnent la priorité à TikTok, les plus seniors sont sans cesse plus présents sur Facebook ».

        Mais les volumes de connexions et surtout les conversations, l’engagement client continuent à être importants, notamment avec Messenger.

        Un changement de perception

        Si l’utilisation des médias sociaux évolue vers la conversation — entre abonnés et entre marques — leur importance ne faiblit pas selon Romina.

        On observe aussi des différences d’usages selon les services, voire des cloisonnements, comme nous l’avions souligné dès 2018.

        La spécialisation des plateformes, déjà présente en 2018, n’a fait que se renforcer depuis lors — infographie par Visionary Marketing. À noter que TikTok ne faisait pas partie du panel à cette époque.

        Pas de disparition des médias sociaux à l’horizon

        Malgré les nombreux appels ici et là à supprimer ses comptes, « dans l’immédiat, la disparition des réseaux sociaux n’est pas à l’ordre du jour. Au contraire, nous avons souligné l’étonnante vitalité de ces plateformes dans le rapport “tendances 2022” », ajoute Romina.

        Le rapport des tendances médias sociaux 2022

        Se tourner vers les réseaux adaptés à vos publics

        La conclusion à tirer de ce constat : les marques doivent sélectionner les réseaux qui leur conviennent le mieux. Et surtout ceux qui sont le plus en phase avec leurs publics.

        Le temps de la présence frénétique tous azimuts est bel et bien terminé.

        Bien que l’utilisation de TikTok soit très répandue, ce réseau n’est peut-être pas adapté à toutes les marques

        « Les marques doivent donc réfléchir si elles sont capables, en fonction de leur ADN, secteur ou spécialité, de créer des contenus engageants sur TikTok ».

        Chaque réseau social a un usage spécifique

        « Si l’on désire, par exemple, proposer de l’information à sa communauté, Facebook ou Instagram seront plus adaptés que TikTok » ajoute Romina.

        « Une marque doit d’abord définir ses objectifs et sa stratégie sur les médias sociaux ».

        Elle doit identifier ensuite les réseaux qui lui permettront d’atteindre ces objectifs, particulièrement pour ce qui est de l’« engagement ».

        Les marques ne doivent pas adopter un réseau social uniquement parce qu’il est à la mode

        Dans un sens, ceci n’est pas révolutionnaire, nous le répétons depuis assez longtemps. Mais la nouveauté est que ce choix stratégique est désormais un passage obligé.

        Marques et médias sociaux en 2022 : un rappel du dernier baromètre Hootsuite

        On retrouve ici ce que nous avions observé dans les baromètres Hootsuite, notamment celui de 2021.

        À savoir que d’un côté, on trouve les utilisateurs qui sont en train de migrer vers les nouvelles plateformes (on parlait de Snapchat à cette époque-là, mais on évoque beaucoup plus TikTok désormais). Et de l’autre côté, on remarque que les entreprises sont moins capables de produire des contenus pour ces plateformes.

        Même si les choses changent, sous l’impulsion des agences de communication.

        La place centrale des créateurs de contenus dans les médias sociaux

        « Les entreprises sont plus à même d’alimenter les réseaux plus traditionnels comme LinkedIn, Facebook, Instagram », explique Romina.

        Animer une communauté sur TikTok avec des contenus vraiment attractifs est beaucoup plus difficile

        Mais cette difficulté n’est pas rédhibitoire.

        Il est en effet possible de « s’allier à une communauté de créateurs de contenus« .

        « Notre rapport de tendances de cette année a fait ressortir l’importance de ces influenceurs : les marques les plus mûres se tournent vers eux en priorité quand elles désirent rendre leurs publications plus engageantes et faire en sorte qu’elles soient plus adaptées au public visé par l’entreprise ».

        « Ceci est à la fois plus facile et plus enrichissant », souligne la DG de Hootsuite France.

        Les professionnels doivent donc gérer ce mix de réseaux : ceux à animer soi-même et les plateformes à déléguer à des créateurs de contenus.

        Cette nouvelle donne transforme complètement le travail des entreprises sur les médias sociaux

        La montée irrésistible de l’UGC

        Nous constatons dans les entreprises plus matures que les usages des réseaux vont au-delà de l’équipe marketing. Ils englobent, entre autres choses, la marque employeur.

        Les marques mobilisent leurs employés autour de leurs stratégies médias sociaux

        « Nous remarquons aussi une explosion de l’UGC », souligne Romina.

        « Nous assistons à une complexification du paysage des médias sociaux, ce qui implique de savoir diversifier ses techniques et ses moyens en fonction des différents usages ».

        Quel est l’avenir de Twitter ? Seul le temps le dira

        Même si 2022 a été une année riche en rebondissements pour Twitter — et ce n’est pas fini — le réseau à l’oiseau est encore bien vivant.

        Les utilisateurs considèrent Twitter comme réseau d’information et de communication interpersonnelle

        « Twitter est encore bien présent, son usage reste important, même s’il est un peu moindre qu’avant”, constate la directrice générale de Hootsuite France.

        Utilisation des médias sociaux en France en 2022. Si Twitter est toujours bien placé, il s’est néanmoins fait dépasser par TikTok et même Snapchat — source Statista 2022 Global Consumer Survey

        Rien n’est sûr et l’avenir nous réserve de belles surprises. Attendons donc que le temps fasse son action pour voir ce que deviennent Twitter, Meta et les autres.

        À court et moyen termes, les plateformes se transformeront, mais ne disparaîtront pas.

         

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        21 min
      9. Influence en marketing : le point de vue des annonceurs en 2022

        L’influence en marketing est un sujet de fond pour les annonceurs en 2022. Je me suis entretenu avec Guillaume Doki Thonon afin qu’il me présente, comme l’année dernière, l’étude Reech sur ce sujet. Cette étude a concerné cette année 600 interviewés professionnels du marketing, de la communication, du social media, avec un changement de poids puisque c’est la première fois que les annonceurs y sont interviewés.

        Influence en marketing : le point de vue des annonceurs en 2022

        Influence en marketing 2022 : pour la première fois, Reech a interviewé les annonceurs sur leur point de vue

        L’idée d’origine de la première étude Reech en 2017 était de faire la lumière sur les nombreux a priori sur les influenceurs: « Non, tous les influenceurs n’ont pas des millions d’abonnés, ne gagnent pas tous des millions d’euros, ne parlent pas tous de mode et de beauté ».

        Inflographie de Reech sur l’influence en marketing – étude 2022

        En 2021, Guillaume nous disait que seuls 6 % des créateurs de contenus gagnent plus de 20 000 euros par an. Il y a 150 000 influenceurs en France, moins de 500 sont des stars de la télé réalité, et sur ceux-la, seulement une cinquantaine vit à Dubaï.

        L’influence est un sujet sérieux et qui sert les marques, ce sont les annonceurs interviewés qui le disent.

        Dans cette interview réalisée dans les locaux de Visionary Marketing, Guillaume a dispensé trois conseils aux marketeurs désireux de tirer le maximum de bénéfice de l’influence en marketing pour leur marques :

        1. Donner du temps au temps
        2. L’influence en marketing est un métier de la donnée, et il faut donc être équipé
        3. Choisir avec application les influenceurs avec lesquels vous voulez travailler
        4. 1er constat : la croissance du marché de l’influence marketing

          74 % des annonceurs répondants ont déjà mis en place une campagne d’influence marketing lors des deux années précédentes. Et l’influence en marketing continue d’attirer les annonceurs :

          Les annonceurs sont quasiment 80 % à vouloir faire de l’influence marketing dans les deux prochaines années

          C’est établi, l’influence est entrée dans les mœurs.

          Les différents domaines d’application de l’influence

          L’influence marketing sert les marques, c’est ce qui ressort de cette étude.

          Aujourd’hui, les annonceurs utilisent beaucoup le marketing d’influence pour la notoriété.

          Les annonceurs sont plus de 90 % à utiliser l’influence marketing dans un but de notoriété

          Ils vont aussi travailler la préférence de marque, c’est donc l’entrée dans l’entonnoir de la conversion.

          Le bon vieil entonnoir des ventes fait toujours recettes, y compris en influence marketing

          Quelques annonceurs vont utiliser l’influence marketing dans des considérations RH, marque employeur, pour notamment recruter de nouveaux talents.

          On observe aussi un nombre croissant de campagnes RSE pour faire parler de sa marque d’un point de vue corporate.

          L’influence RH est également un domaine qui attire les annonceurs.

          L’influenceur est un super conseiller d’orientation

          « Rien de mieux qu’un influenceur pour parler d’un métier, le faire découvrir à une communauté qui est présente sur les réseaux sociaux et qui va pouvoir vivre cette expérience. On a vu des campagnes ou des influenceurs accompagnaient des chauffeurs routiers. On a monté également une campagne pour les Compagnons du devoir, par exemple. C’est une bonne idée de recourir aux influenceurs pour faire découvrir des métiers manuels », souligne Guillaume.

          Les annonceurs ont-ils conscience que les influenceurs n’aiment pas ce terme ?

          L’influenceur qui apporte à sa communauté est celui qui crée du contenu original

          La composante créateur de contenu est extrêmement importante dans ce métier.

          Les influenceurs trouvent que ce terme n’explique pas assez bien ce qu’ils font.

          Bien sûr ils influencent, mais avant ça ils créent du contenu.

          Quand on les interroge, les influenceurs sont plus de deux tiers à vouloir préférer être appelés créateurs de contenus.

          L’influence est un levier marketing efficace

          L’influence marketing est-elle un levier marketing efficace ? « Tout à fait pour 40 % des répondants, plutôt pour 45 % nous dit Guillaume.

          Il y a donc encore un peu de progrès à faire dans ce domaine, à moins que les attentes des annonceurs soient un peu au-dessus de ce que la réalité peut leur offrir.

          Conseils aux annonceurs pour être plus efficaces dans leurs campagnes d’influence
          Le premier conseil est de donner un peu de temps à l’influence 

          Quand on découvre un nouveau levier de marketing et de communication, il faut apprendre à bien l’utiliser. Un annonceur qui se lance dans l’influence pour la première fois ne va peut-être pas choisir les bons influenceurs, va peut-être les choisir trop vite.

          Les chiffres montrent que l’ancienneté dans l’influence marketing est corrélée au degré de satisfaction.

          Ceux qui ont commencé il y a plus de trois ans vont trouver l’influence marketing efficace à un plus haut pourcentage que ceux qui ont commencé il y a un an.

          Le deuxième conseil est de ne pas partir à mains nues quand on se lance dans le marketing d’influence parce que c’est un métier de la data

          Seulement 36 % des annonceurs sont équipés d’une technologie d’influence marketing

          Quand on se lance dans un dans un nouveau levier, forcément, il faut disposer d’outils, et ils sont nombreux aujourd’hui, qui aident à récupérer des grandes masses de données.

          Le troisième conseil pour être efficace dans le marketing d’influence est de  choisir avec application ses influenceurs

          Il y a 150 000 influenceurs. Si on choisit très vite, sans regarder ce que les influenceurs aiment faire, comment ils ont l’habitude de s’exprimer à leur communauté, pour ensuite simplement les briefer sur une manière de travailler très différente de ce qu’ils pratiquent, la collaboration va être compliquée.

          Il vaut mieux prendre du temps pour analyser ce qu’ils font, et en déduire si ce sont les bonnes personnes avec lesquelles on a envie de travailler. On pourra ensuite leur laisser beaucoup plus carte blanche dans leur manière de prendre la parole.

          Ceci avait déjà évoqué lors de l’étude 2021. Ce qui énerve particulièrement les créateurs de contenus est qu’on vienne leur demander de faire exactement l’inverse de ce qu’ils savent faire.

          Les réseaux préférés de l’influence marketing

          L’étude a comparé les préférences des annonceurs, les préférences des agences, et les réseaux utilisés par les influenceurs.

          • Le blog n’est pas mort
          • Le blog est toujours dans les 5 premières places.

            Les marques se tournent vers le blog plus que les influenceurs eux-mêmes parce que le blog a une certaine pérennité du contenu qu’on ne retrouve pas sur les autres réseaux, et les marques apprécient le contenu pérenne.

            • Instagram est le réseau de l’influence aujourd’hui dans le B2C
            • Il n’y a pas de différence entre annonceurs et influenceurs : Instagram est le réseau privilégié par tous les acteurs du B2C.

              • TikTok a une croissance incroyable
              • Les marques interrogées l’indiquent comme premier réseau sur lequel elles ont envie de lancer une campagne d’influence marketing en 2022. Les influenceurs interrogés l’année dernière indiquaient également TikTok comme le réseau sur lequel ils avaient envie de s’inscrire sur les 12 prochains mois.

                L’écart est encore assez important entre Instagram et TikTok. « TikTok va-t-il dépasser Instagram ? Il est trop tôt pour le dire. Je pense pas que ce sera en 2022. TikTok va-t-il avoir la capacité d’innovation nécessaire pour tenir et dépasser en 2023 ou en 2024 ? Je pense que personne n’est à même de le dire aujourd’hui », remarque Guillaume avec humilité.

                Les marques se posent aujourd’hui exactement la même question qu’elles se sont posées il y a trois ans quand elles sont arrivées sur Instagram : « le réseau est super, il y a beaucoup de monde. Mais que vais-je bien pouvoir publier ? « . Elles vont chercher des influenceurs pour parfois faire du contenu en marque blanche parce que les influenceurs sont très créatifs.

                • Twitch, un réseau dédié gaming, est en train de rentrer dans le grand-public ; Le format, qui se rapproche de plus en plus d’un format télévisuel, plait bien ;
                • Le podcast, un réseau historique, revient à la mode et notamment dans le grand public ;
                • Snapchat ne prend pas ;
                • Facebook et Twitter sont parmi les grands perdants ;
                • Pinterest, la plateforme qui était un peu en mode furtif depuis des années, est toujours là. Sur Pinterest, on est dans l’intention d’achat. Quand on fait des boards pour un voyage, pour décorer sa maison, c’est qu’on est à deux clics d’acheter. Ce qu’on ne va pas forcément retrouver par exemple sur TikTok, où on va davantage travailler la notoriété ;
                • Et toujours l’ineffable YouTube … ;
                • L’arrivée de Mapstr, un réseau de partage d’adresses qui un peu le nouveau Foursquare, très intéressant pour les acteurs du tourisme.
                • Mapstr Le nouveau Foursquare

                  Une grosse tendance qui arrive des Etats-Unis : l’amplification

                  Aux Etats-Unis, pas une campagne ne sort sans amplification. L’amplification est la possibilité pour une marque de faire de l’achat média directement sur le contenu et au nom du créateur.

                  Cela permet aux marques de cibler une audience plus large et d’augmenter la portée du contenu réalisé par le créateur. Le contenu étant plus naturel il va mieux fonctionner.

                  Parmi les créateurs ayant effectué des partenariats en 2020, 45% ont déjà pratiqué l’amplification, et seuls 2% y sont opposés

                  La création de contenu n’est vraiment plus un gadget, et devient même un des outils principaux du marketing.

                  Télécharger ici L’influence marketing, créatrice de valeur pour les marques – 2022 – 6ème édition 

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