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Mission encre noire Tome 17 Chapitre 217 Frissons garantis ce soir ! Vous aimez avoir peur dans le noir ? Éric vous propose Demonica, un récit d'horreur d'Hervé Gagnon, paru en 2016 aux éditions Recto-Verso. Damné, Malefica, sont déjà des séries sur le même thème, publiées par l'auteur. Également reconnu pour ses polars, il n'en est pas à ses permiers pas dans le genre. En 1563, une colonie de huguenots fuit les guerres de religion européennes et embarque vers le Nouveau Monde. Havre-Grâce, non loin d'Hochelaga, dans ce qui deviendra le Québec, sera leur destination finale et le théatre de souffrances pour le moins inattendues.
Extrait: «Un regard furtif nous a suffit pour confirmer que nous songions aux même choses: la petite Louise assise dans son coin, recroquevillée et baignant dans les excréments dont elle s'était elle-même maculée ; son regard affamé qui nous suivait partout, au-dessus de ses genoux qui cachaient le bas de son visage et son sourire rempli de chicots noircis. Ses paroles ont résonné à nouveau dans ma tête. C'est toi qui vas être mangée. Comme tout le monde. Il va dévorer toute la colonie. Et puis celles d'Alexandre Bemon: Nous pourrions manger les morts.»
Suburra de Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo paru en 2016 aux éditions Métailié/noir est aussi et surtout un quartier pauvre de Rome. Reconnu pour être le lieu de naissance de Jules César et le lieu de débauche de l'impératrice Messaline. Faisons fi de la Rome Antique, ici ! La maffia italienne convoite un projet immobilier qui visera à bétonner le littoral, d'Ostie jusque la capitale italienne. Un récit chaud bouillant dont l'actualité puise à même les faits divers qui se déroulent de nos jours à Rome. De Cataldo réalise, une fois encore, l'un des meilleur roman noir actuel sur le sujet. Je vous emmène à la rencontre des coulisses criminelles de la capitale italienne.
Extrait: «Ceci est un Mannlicher, fabriqué en 1901 en Autriche. À la différence des pistolets semi-automatiques normaux, le fonctionnement n'opère pas grâce au recul de l'obturateur, mais à cause du déplacement vers l'avant du canon. L'obturateur est, comme on dit, solidaire du châssis: comme tu vois, les cartouches s'insèrent par en haut, et non par le bas. L'arme fut adopté par l'armée autrichienne, qui s'en servit durant la première Guerre mondiale. Par la suite, tombée en désuétude, elle a connu une nouvelle fortune en Argentine. Et de fait, ces cartouches que tu vois sont des Borghi, fabriquées à Buenos Aires en 1947. Au moment du tir, le canon, en partie contenu par un guidon cylindrique, avance, tiré par la friction du projectile et, comprimant un ressort de récupération approprié, expulse la balle.
Samouraï poussa un profond soupir, pointa le Mannlicher sur le front de Botola et fit feu.»
Agenda:
Conférence Tiken Jah Fakoly le samedi 30 à 14:00 au Ciné-Théatre Le Chateau à Montréal ; puis Tiken Jah Fakoly sera en concert le 6 mai au Métropolis pour les 30 ans de Nuits d'Afrique.
Mission encre noire Tome 16 Chapitre 216 Une émission militante sur fond de tragédie écologique annoncée. Le chant de la Tamassee de Ron Rash paru en 2016 aux éditions du Seuil est le second roman de l'auteur. La traduction tardive arrive bien après ses succès les plus reconnus. Une jeune femme s'est noyée dans la rivière sauvage, la Tamassee, frontière naturelle entre la Caroline du sud et la Géorgie. Le comté d'Oconee devient le territoire de conflits brutaux entre partisans écologistes et la famille d'un riche homme d'affaire de l'Illinois. Ce second roman nous révèle déjà les grandes lignes de l'écriture et de l'univers sudiste de Ron Rash.
Extrait: «Il était encore trop tôt pour qu'il y ait beaucoup de touristes, mais Billy était déjà assis dans un fauteuil à bascule sur la galerie branlante de son magasin, un livre à la main et un labrador retriever brun à ses pieds. Il portait une chemise en flanelle déchirée et une salopette délavée. Une barbe noire drapait son menton tels des filaments de mousse espagnole. Il ne manquait à son costume qu'une pipe en épi de maïs. Billy avait un diplôme d'ingénieur agricole de l'université de Clemson et sa famille possédant le plus grand verger de pommiers de la vallée, mais après la fac il avait décidé que sa véritable vocation était d'incarner le personnage de Snuffy Smith, pour plumer les touristes. Il jurait que s'il pouvait trouver un gamin bigleux sachant jouer du banjo il le collerait sur la galerie et augmenterait ainsi son chiffre d'affaire de vingt-cinq pour cent.»
Seriez-vous friands (es) de thriller d'anticipation chargé d'adrelanine, que Résilience de Yannick Monget paru en 2016 aux éditions De la Martinière vous serait idéalement désigné. L'auteur choisi de nous parler des enjeux autour de l'exploitation du nucléaire dans un roman hypnotisant et ultra documenté. Il est à peu près certains que vous n'y resterez pas insensible, ou du moins,Résilience vous laissera, au mieux, un goût étrange dans la bouche, au pire, un soupir de découragement tangible devant le constat tragique de la dérive de nos institutions à l'égard des dangers qui nous guettent.
Extrait:«Une nouvelle image remplaça la précédente. Les halos lumineux témoignant de la présence des habitants avaient tous disparu. Frédéric tendit son regard pour tenter de comprendre. Les habitants étaient en réalité toujours présents, mais beaucoup moins lumineux, prostrés dans des positions qui ne laissaient guère de doute sur ce qu'il était advenu d'eux...
- Les photographies aériennes semblent montrer que toute la population de la ville de Kansaï a été décimée entre six heures et demie et dix heures, heure locale, détailla Pochin.»
Agenda : Suuns en showcase le 18 avril 2016 à 18 h au magasin Phonopolis à Montréal.
R.I.P Jim Harrison.
Mission encre noire Tome 16 Chapitre 215 Immigrer: «une lente histoire de dissolution et de transformations». Il y a des livres qui tombent à pic pour nous sortir du marasme de l'actualité. Pristina, second roman de Toine Heijmans paru en 2016 aux éditions Christian Bourgeois est de cela. Nous basculons dans l'univers d'une minuscule île au large des Pays-Bas. L'installation d'un camp de réfugiés va modifier drastiquement les habitudes, pendant trois ans, jusqu'à l'ordre administratif soudain du démantèlement. Une jeune femme contourne l'expulsion. Albert Drilling, fonctionnaire zélé part à sa recherche.Voici un roman surprenant, turbulent, qui, loin d'être moraliste vous surprendra.
Extrait: «Les récits de Héro avaient persuadé Cira que cette île était l'endroit où elle devait rester: le terminus de sa vie de nomade. Un endroit immunisé contre la guerre, où la mer lave le sable deux fois par jour, où le vent élimine d'un souffle la saleté des interstices. Une forteresse d'humanité. L'unique lieu pour lequel elle voulait bien se donner de la peine. Elle avait poussé dans l'île, remarquerait-elle, comme le liseron des sables: une fleur des dunes aux racines très profondes.»
Soleil de David Bouchet paru en 2015 aux éditions La peuplade. Déracinement, chocs des cultures, une famille sénégalaise vient de s'installer à Montréal. Nous suivons pas à pas, à travers les yeux de Souleymane, douze ans, dit Soleil, leurs péripéties bouleversantes. Roman d'une actualité brûlante, Soleil n'a pas peur de la différence. Le regard porté par l'auteur est imprégné de beaucoup de générosité et d'humour. Il y est question d'identité, d'immigration et d'enracinement. La plume légère de David Bouchet aborde, avec tact, des sujets, jugés encore trop sensibles de nos jours.
Extrait: «Mère me demande de tirer le rideau, de ne pas regarder, et qu'est-ce que je peux bien avoir à me mêler des affaires des voisins. « Pour vivre heureux, il faut vivre caché et avoir de srelations courtoises avec ses voisins.» C'est Mère qui le dit. On n'a pas à regarder ce qui se passe chez les autres. Chacun chez soi. Je me demande à quoi servent les fenêtres, alors. Mais ce qu'elle ne sait pas, Mère, c'est que c'est par les fenêtres qu'on s'est connus, Charlotte et moi.»
N'oubliez pas le Lancement des Histoires mutines, recueil de nouvelles réunies par Marie-Ève Blais et Karine Rosso et publié aux éditions du Remue-ménage.
Rendez-vous le 06 avril 2016 de 18h à 20h à La Flèche rouge 3235, rue Ontario Est, Montréal
Mission encre noire Tome 16 Chapitre 214 Nous nous interessons ce soir à deux icônes de la musique populaire: Oscar Peterson et Kim Gordon. Le premier roman présenté par Éric s'intitule Oscar paru en 2016 aux éditions du Boréal. L'imagination fertile de Mauricio Segura nous entraîne sur les pas du célèbre pianiste de jazz, Oscar Peterson. Montréal vit sous le règne de l'acier, les années cinquante se fument au bout des cheminées des usines, le Canadien Pacifique saigne la ville en deux. Mauricio Segura rend un très bel hommage appuyé à un musicien hors du commun. Le soleil refuse de se coucher sur les mélodies d'Oscar, les femmes paraissent plus belles, même s'il faut pour cela, peut-être, vendre son âme au diable, allez savoir !
Extrait: «Une semaine plus tard, avant de partir en tournée, comme Oscar jouait à quatre pattes dans le salon avec son fils aîné, moins par plaisir que pour se faire pardonner par Beverly ses absences répétées, le téléphone sonna. Au bout du fil, la voix moelleuse de norman G. lui rappela qu'il était l'homme de parole et lui suggéra d'écouter la radio publique avant de raccrocher sans lui dire au revoir. Quand Oscar alluma la radio, tandis que son fils était absorbé dans la construction d'un immeuble en briques emboîtables, une pause publicitaire vantait les vertus d'un savon à vaisselle ; bientôt, un animateur annonça un concours de pianistes de musique classique dédié à Franz Liszt. Si le premier participant le fit bayer au corneilles, il reçut un coup au coeur en écoutant le deuxième, car il reconnut de suite son jeu timide, inimitable.»
Kim Gordon Girl in a band paru en 2015 aux éditions Le mot et le reste. La bassiste et ex-chanteuse du groupe phare du mouvement post punk expérimental des années 90 prend la plume pour nous faire explorer son évolution dans le milieu de la musique et des arts. Kim Gordon fascine. Plutôt discrète, au fil des trente ans de carrière avec Sonic Youth, elle a accumulé les rencontres et des anecdotes en pagaille. Dans un conversation inédite avec son lectorat, Kim Gordon nous raconte son parcours atypique de son enfance en Californie à son divorce final d'avec Sonic Youth, un soir de concert sous la pluie, au Brésil. Modèle pour toute une génération, plongez dans l'intimité d'une grande artiste, au coeur des heures les plus brutes du New York des années 1990. Un must.
Extrait: « Adolescente, je n'ai jamais chanté, et encore moins chantonné sur de la musique ; je préférais me concentrer sur mes projets artistiques, fumer un peu d'herbe et écouter Bob Dylan, Buffalo Springfiels, Tim Buckley, les Beatles, Archie shepp et l'Art Ensemble Of Chicago. J'aimais les mêmes trucs que mon frère, à l'exception de Joni Mitchell et de Billy Holiday. Après la publication de mon article, Dan m'a demandé si j'avais envie de monter un groupe de filles pour remettre en scène une de ses performances les plus connues, Performer/Audience/ Mirror, qui examine et retourne la relation entre l'artiste et le public.»
Young Fathers en show au Fairmount le 31 mars prochain !
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