En Hongrie, un artiste nommé Azahriah rend fou le dirigeant homophobe d’extrême droite Viktor Orbán.
130 000, c’est le nombre de spectateur·rices qui ont assisté, il y a quelques jours, aux trois concerts d’Azahriah au stade Puskas de Budapest. Cet artiste est un sacré personnage. Il est devenu si populaire en Hongrie que le Président Viktor Orbán l’a pris en grippe. Le dirigeant d’extrême droite n'aime pas qu’on lui fasse de l’ombre, surtout quand on dénonce sa politique…
Originaire des quartiers nord de Budapest, Azahriah, de son vrai nom Attila Bauko, a 22 ans. Autodidacte, modeste et humble, il a tout appris sur Internet, mais ne sait pas lire une partition. En trois ans de carrière et 6 albums, le musicien est pourtant devenu le symbole du rejet grandissant par la jeunesse hongroise du dirigeant nationaliste au pouvoir depuis quatorze ans, le seul que cette jeunesse ait connu.
Azahriah est devenu si populaire en Hongrie, y compris chez les propres électeur·rices d’Orbán, qu’il met le pouvoir en transe. Ne sachant pas sur quel pied danser, mais bien conscient de la popularité de l’artiste, Viktor Orbán s’est fendu, début avril, d’une courte vidéo sur TikTok pour dire qu’il écoutait lui aussi Azahriah. Bon, depuis, il n’a pas refait de vidéo de ce type.
Il faut dire que si la famille d’Azahriah vote pour Orban, il n’en est pas de même pour le musicien, très critique à l’égard du pouvoir. Celui-ci est devenu si célèbre qu’il peut se permettre de dire ce qu’il veut sans craindre les pressions du pouvoir.
Dans le stade de Puskas, Azahriah a fait entonner une de ses chansons les plus subversives, « Four Moods 2 » : https://www.youtube.com/watch?v=F6yVSrKHptc
« Si je vous disais ce que je pense, cela serait politiquement incorrect / Si je disais que la misère et les crampes d’estomac / C’est parce qu’on t’a volé et qu’on t’a craché au visage des dizaines de fois / vous pourrez toujours vous agenouiller comme des conservateurs / Sachez que mon avenir et votre argent ne vont pas de pair »
C’est ce qu’il dit dans ce titre dont le clip cumule près de trois millions de vues sur YouTube, ce qui est quand même beaucoup pour un pays de dix millions d’habitants. Dans ce clip, Azahriah moque la propagande de Viktor Orbán à coups d’images de Charlie Chaplin singeant Adolf Hitler.
Personne ne se souvient qu’un chanteur hongrois ait jamais réussi à percer à l’étranger avant lui, et personne n’avait non plus réussi à remplir le Puskas trois soirs de suite…
Pour aller plus loin, on vous conseille l’article « Azahriah, la pop star hongroise qui défie Viktor Orban » dans M. Le mag .
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