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« Faire l’histoire du fromage, c’est faire l’histoire d’un travail, d’une consommation et d’une distribution. C’est véritablement une histoire à la fois économique, sociale, et culturelle : une histoire globale. » La chercheuse Sylvie Vabre du laboratoire FRAMESPA de l’UT2J travaille depuis de nombreuses années sur le Roquefort, emblématique à bien des égards. Sylvie Vabre préside également le réseau International Commission for Research into European Food History (ICREFH).
Ce plateau de fromages devient emblématique de la fin d’un repas français. C’est pour cela que, lorsque le repas français est intégré au patrimoine immatériel de l’humanité, on insère les fromages.
Le roquefort est un fromage tout à fait particulier qui, dès le XIXᵉ siècle, s’est exporté vers les États-Unis, l’Argentine et l’Europe, devenant un symbole français.
En 1925, le roquefort devient le premier fromage à obtenir une appellation d’origine, ouvrant ainsi la voie aux AOC pour les produits alimentaires.
La pasteurisation du lait, développée industriellement après 1945, a permis d’uniformiser le goût des fromages et d’en faciliter la commercialisation.
L’histoire du fromage est révélatrice d’une époque, d’une consommation, des structures économiques et commerciales, et elle touche finalement toute la société.
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Le podcast ON « R » parle de tout, même des questions les plus complexes, en ouvrant le micro aux chercheures et chercheurs de l’UT2J.
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Vous pouvez le copier, le partager ou l’adapter pour un usage non commercial, à condition de créditer les auteurs et de publier toute œuvre dérivée sous la même licence.
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Les textes et l’esthétique de la musique métal empruntent de nombreuses références à la culture et littérature classiques. Des mythes de l’Antiquité jusqu’à Stephen King, en passant par les romantiques : la doctorante en littératures comparées au sein du laboratoire LLA-Créatis (Lettres, Langages et Arts) Camille Migeon-Lambert en explore la place et la fonction dans son travail de thèse.
La musique métal, c’est une musique qui est très travaillée, tant en termes d’écriture que de musique justement.
Le postulat de départ, c’était de se dire : il y a de la littérature ; est-ce qu’il y a des époques privilégiées ? Est-ce qu’il y a des genres privilégiés, etc. ?
Il y a des petits passages qui sont vraiment tirés mot pour mot du poème, mais il y a aussi une grande partie du morceau qui est une réécriture, un peu à la manière de, avec des recherches, des effets de style et des recherches sur les sons.
On sent une connivence entre les romantiques et les « métalleux » d’aujourd’hui, dans la mesure où il va y avoir cette lutte aussi contre les valeurs bourgeoises que revendiquaient également les romantiques.
Dans le métal symphonique, par exemple, on a eu besoin des femmes pour faire un contraste entre cette voix rauque et cette musique très saturée, et une voix très souvent de chanteuse lyrique.
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Plurilingues, multilingues, pluriculturels : les albums jeunesse abordent la question de l’autre. L’évolution de leurs formats reflète l’évolution du rapport aux cultures et aux langues non françaises et pourtant présentes dans la société. Ceci est au cœur des travaux de la chercheuse et maîtresse de conférences en espagnol à l’INSPE Toulouse Occitanie Pyrénées (Institut National du Professorat et de l’Éducation) Euriell Gobbé-Mévellec. Elle coordonne le programme de recherche Livre Ensemble au laboratoire LLA-CREATIS (Lettres, Langages et Arts) de l’Université Toulouse – Jean Jaurès.
Ce que j’ai pu remarquer, c’est qu’on est passé d’un paradigme multiculturel à un paradigme pluriculturel, en s’intéressant moins à la façon dont l’autre vit ailleurs qu’à la façon dont on coexiste avec lui.
Les albums plurilingues ne font pas que juxtaposer des langues, mais favorisent des interactions entre elles, créant une porosité linguistique et culturelle.
Depuis 2015 l’institution a intégré dans ses programmes officiels la nécessité de faire avec les élèves de maternelle un éveil à la diversité linguistique.
Au moins un élève sur cinq a en effet une langue à la maison qui est autre que le français.
Que ce soit bibliothèques, travailleurs sociaux, il y a une vraie demande de pouvoir trouver des supports littéraires pour les enfants adaptés justement à leur caractère plurilingue.
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Écrire la nature, dont l’humain fait partie, ce n’est pas seulement la décrire. C’est aussi l’aborder d’un point de vue non-humain. Telle est la littérature écologiste qu’étudie la chercheuse Claire Cazajous-Augé, maîtresse de conférences en littérature anglophone et environnement à l’Université Toulouse Jean Jaurès, au sein du laboratoire CAS (Centre for anglophone studies). Ses récentes recherches portent sur l’œuvre de Rick Bass et a pour cadre les grands espaces nord-américains des Etats-Unis.
On estime que le père fondateur de l’écriture de la nature et plus largement de la littérature environnementale, c’est Henry David Thoreau, notamment connu pour son œuvre Walden où il décrit son expérience de vie en harmonie avec la nature.
L’écriture de la nature, bien que centrée sur l’expérience humaine, est un genre hybride mêlant histoire naturelle, autobiographie, pensées philosophiques, et parfois fiction.
Le but n’est pas simplement de représenter la nature, de la décrire. C’est aussi essayer avec l’écriture poétique d’évoquer quelque chose, le rythme des animaux. Donc c’est quelque chose qui n’est pas mimétique, c’est presque une incarnation.
Les animaux dans les récits de Rick Bass ne sont pas seulement des éléments de décor, mais souvent l’objet d’une quête narrative, avec une dimension éthique qui invite à respecter leur autonomie et leur territoire.
La littérature écologiste, en proposant d’autres façons de percevoir le monde, crée une sensibilité qui favorise une conscience écologique, essentielle face à la crise de l’anthropocène.
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Au volant, vous êtes du genre zen ou agacé ? Que nous en soyons témoin ou auteur, nous sommes très souvent sujets à l’agressivité en voiture.
Après avoir identifié des profils types de conducteur et conductrice agressif·ve, la chercheure Emilie Berdoulat a mené une étude en psychocriminologie, révélatrice de parcours de vies et de la place de l’objet voiture chez les individus.
Le contexte sociétal et les périodes qu’on a pu vivre confinement, COVID,… ont quand même exacerbé, ou en tout cas, rendu la tolérance à la frustration un peu plus difficile.
Dans ma voiture, j’ai un peu cette excitation de jouer avec les limites, mais une fois à l’extérieur, cette colère peut se raviser face à l’absence de ‘cage’ protectrice.
À travers mon étude, j’ai identifié quatre profils types de conducteurs : les agressifs justiciers, situationnels, dominants et respectueux, chacun ayant des comportements et motivations distincts.
Hommes et femmes sont quasiment au même niveau dans les pensées agressives. Sauf que pour la femme, ça va rester sur un niveau de rumination et pour l’homme ça peut en effet se traduire par un comportement ouvert
C’était un moyen de se sociabiliser, de s’autonomiser, de se défaire parfois d’une emprise familiale pesante. Et c’est là où on se rend compte de pourquoi la voiture peut générer des comportements aussi extrêmes. C’est quand elle vient faire appel à de l’intime.
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Une ressource peut-elle systématiquement se substituer à une autre ? Non vous répondra la socio-économie écologique. Ce courant pluridisciplinaire place les écosystèmes et les ressources naturelles au cœur de son approche économique avec pour marqueur le principe de soutenabilité forte.
C’est au regard de la socio-économie écologique que Géraldine Froger chercheuse au sein du laboratoire LÉREPS (Laboratoire d’Études et de Recherches sur l’Économie, les Politiques et les Systèmes Sociaux) Sciences Po Toulouse Université de Toulouse, analyse les dispositifs écologiques actuels.
L’économie écologique, courant de pensée récent, contemporain, né en 1989, […] émerge en opposition à l’économie de marché classique pour offrir une réponse aux crises écologiques.
Ce courant pluridisciplinaire rassemble économistes, sociologues, anthropologues et géographes pour réévaluer notre relation à l’environnement et aux ressources naturelles.
L’économie écologique prône la soutenabilité forte, affirmant que l’environnement ne peut être substitué par des actifs manufacturés, contrairement aux principes de l’économie mainstream.
Le marché carbone, perçu par certains comme un outil économique innovant, révèle ses limites lorsqu’on examine les impacts sociaux et environnementaux plus en profondeur.
La socio-économie écologique va au-delà du modèle utilitariste, en intégrant des analyses critiques sur la gouvernance participative et les effets locaux des dispositifs écologiques.
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A l’échelle européenne, la France compte le plus grand nombre conseillers municipaux non français et de candidats européens aux élections.
Le chercheur en sciences politiques David Gouard s’intéresse à cette population minoritaire et peu visible.
Qu’est-ce qui motivent les non nationaux à investir la sphère politique française ? Et qu’en est-il de l’usage du droit de vote des non nationaux ?
Le traité de Maastricht de 1993 a beaucoup changé les choses dans le cas français, puisqu’il accorde des droits politiques aux étrangers qui sont membres d’un pays de l’Union européenne et qui vivent en France. Parmi ces droits politiques, on trouve le droit de vote aux élections municipales et aux élections européennes, ainsi que le droit d’éligibilité à ces deux mêmes élections.
Il y a environ aujourd’hui 15 millions d’Européens qu’on appelle mobiles, qui portent une nationalité de l’Union européenne, qui n’est pas la nationalité du pays de résidence en âge de voter.
Il y a des variables explicatives qui ont un poids important comme la durée de résidence en France, comme le diplôme.
Les Belges, par exemple, ont un taux d’inscription et de participation plus élevé, en raison de leur culture civique et de leur familiarisation précoce avec la vie politique française.
Aux dernières élections municipales françaises, il y avait environ 5800 candidats européens non français et une petite moitié a effectivement été élue.
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L’intelligence artificielle a aujourd’hui investi de nombreux secteurs professionnels.
L’outil, ni miraculeux, ni épouvantail, intéresse la science de l’ergonomie dans ses usages et ce qu’il peut transformer de la réalité au travail.
C’est tout l’objet de la thèse menée par la doctorante Mélanie Biencourt sous l’égide du laboratoire CERTOP (Centre d’Étude et de Recherche Travail, Organisation, Pouvoir) et du Laboratoire Psychologie de la Socialisation – Développement et Travail (LPS-DT) de l’UT2J.
On va vraiment aller voir comment les gens réalisent le travail en fonction des contraintes qu’ils ont, en prenant en compte leur santé tout en essayant d’atteindre des objectifs de performance liés à l’entreprise.
L’intégration d’outils d’IA dans ces situations de travail, ça va forcément transformer, que ce soit l’organisation ou plus largement le travail.
Les troubles musculo-squelettiques, il n’y a pas qu’une dimension physique, il y a aussi des facteurs psychosociaux qui sont à prendre en compte, comme le stress, le management en place.
En fait, il faut prendre en compte la variabilité des personnes. Donc moi, par exemple, sur les centres de tri, ce que j’ai pu observer en analysant l’activité, c’est qu’il y a beaucoup de variabilité en fonction des postes, comment ils sont conçus en fonction des personnes, selon leur expérience.
Finalement, ce qu’il y a derrière l’IA, ce sont des questionnements qui se prolongent et qui mènent à de nouveaux défis, qui ne sont finalement pas si nouveaux.
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Amélie Rousseau s’intéresse au corps et surtout à l’insatisfaction corporelle qui amène les individus à adopter des comportements alimentaires nocifs.
Dans ses recherches en psychopathologies et psychologie de la santé au sein du CERPPS à l’UT2J, la chercheure travaille sur les influences socio-culturelles liées à ces troubles.
Elle a développé des questionnaires et des programmes de prise en charge et de prévention spécifiques. Pour restaurer l’équilibre entre forme extérieure et structure intérieure…
Les troubles de l’image du corps, c’est vraiment le dénominateur commun à l’ensemble des troubles alimentaires répertoriés dans les nomenclatures psychiatriques.
Une des composantes essentielles des troubles de l’image du corps, c’est l’insatisfaction corporelle. C’est la distance qui existe entre ce que je suis et ce que je voudrais être physiquement.
Trois grands troubles alimentaires ont été répertoriés : l’anorexie, la boulimie et ce qu’on appelle aussi le binge eating disorder ou en français l’hyperphagie incontrôlée.
Ces influences socioculturelles viennent principalement des médias, des pairs, des amis et de la famille. Et ensemble, ces trois sources vont implicitement ou explicitement diffuser des idéaux auxquels il faut adhérer pour être dans la norme.
La taille moyenne des Françaises, c’est 42. Alors allez dans les magasins et voyez la majorité des tailles, ça démarre au 32. Donc ça aussi c’est une expérience de stigmatisation.
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La production d’images est vieille comme l’humanité…
L’archéologue Camille Bourdier du laboratoire TRACES à l’UT2J s’intéresse à celles qu’ont laissé nos lointains ancêtres sur deux sites d’art rupestre au Zimbabwe. Elle y dirige le programme international MATOBART.
Ses travaux cherchent à recontextualiser cette imagerie afin d’en définir ses usages et ses fonctions pour ces populations préhistoriques. Une recherche qui s’appuie sur des éléments également présents dans le sol.
Pour notre part, au sein du programme, on a décidé, plutôt que de se concentrer sur la signification, de s’intéresser à un autre aspect de l’imagerie : les usages et les fonctions au sein des sociétés que ces productions d’images ont pu revêtir.
L’obsession numéro un en tant qu’archéologue, c’est d’essayer de trouver des éléments de chronologie
Ces populations de chasseurs collecteurs, à partir du moment où elles produisent des images sur des parois, elles laissent leur empreinte dans le paysage, dans la nature, et donc ça leur confère une dimension autre dans la manière d’habiter le monde
L’art rupestre marque un tournant assez fondamental du point de vue anthropologique dans la manière dont les groupes humains se sont vus dans le monde et dont les groupes humains ont interagi entre eux également.
Nous sommes là au sein de cette équipe, pour aussi apporter à ces étudiants une formation pratique puisque nos chantiers sur place sont des chantiers école d’archéologie.
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