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La question des imaginaires technologiques au cinéma est la spécialité de Vincent Souladié. Le chercheur en histoire et esthétique du cinéma (laboratoire PLH-ELH) à l’Université Toulouse – Jean Jaurès s’intéresse aux machines à l’écran. Lorsqu’elles sont utilisées comme procédés esthétiques, mais également lorsqu’elles apparaissent en tant que personnages. Depuis la naissance du cinéma en 1895 à l’ère actuelle de l’intelligence artificielle, cette question reflète la métamorphose du cinéma.
Probablement que le premier robot marquant de l’histoire du cinéma, il y a eu des précédents, mais le plus marquant sans doute, c’est Metropolis de Fritz Lang.
La photogénie ou la cinégénie des machines a fasciné très vite le cinéma, et donc un peu plus tardivement, les robots.
A titre personnel ou en tant que chercheur, moi ce qui m’intéresse dans ce que les images trahissent, c’est ce qu’elles trahissent de leurs conditions techniques d’existence.
C’est tout le paradoxe du cinéma, c’est-à-dire qu’avec l’intelligence artificielle, il se confronte à un objet qui est plus grand que lui, d’une certaine façon, qui dépasse la réalité des images
L’intelligence artificielle peut devenir un bon outil à partir du moment où ça permet de d’échapper à l’hégémonie, alors déjà économique de l’industrie, mais surtout à l’hégémonie esthétique, imaginaire de l’industrie cinématographique.
Le podcast ON « R » parle de tout, même des questions les plus complexes, en ouvrant le micro aux chercheuses et chercheurs de l’UT2J.
Le temps d’un trajet en métro ou en bus, ON « R » vous propose dans chaque épisode de tout comprendre sur un sujet de recherche
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Ce media est diffusé sous licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
Vous pouvez le copier, le partager ou l’adapter pour un usage non commercial, à condition de créditer les auteurs et de publier toute œuvre dérivée sous la même licence.
https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/deed.fr
Léa Sébastien mène depuis de nombreuses années des enquêtes de terrains auprès de celles et ceux qui s’opposent à des projets d’aménagements locaux. Elle analyse l’évolution de ces mouvements d’oppositions -lesquels peuvent s’étaler sur plusieurs décennies- et démontre combien cette résistance est éclairée. Loin du nimbisme ou de l’écoterrorisme, ses travaux mettent en lumière les enjeux fondamentaux que soulèvent ces résistances dans les territoires : la démocratie, l’égalité, l’environnement.
Ça part toujours d’une réflexion, d’une interrogation très locale, territoriale, citoyenne, autour des riverains d’un projet.
Mes travaux montrent qu’on est aujourd’hui très, très loin du mouvement NIMBY. Au contraire, ce sont des collectifs qui relient à la fois les enjeux locaux et les enjeux globaux. Et aujourd’hui, on est dans ce que j’appelle plutôt une résistance éclairée.
Le capital social, les connaissances acquises et les attachements renforcés — crée un positionnement politique.
Dans mes enquêtes, j’ai essayé de recenser tous les conflits d’aménagement sur la région Midi-Pyrénées ; j’ai recensé 372 conflits d’aménagement sur 20 ans.
Les enjeux environnementaux sont les arguments qui reviennent systématiquement dans le discours des militants et qui ne sont jamais pris en compte ou très peu dans les documents d’urbanisme.
On est passés du NIMBYiste au zadisme ou à l’écoterrorisme. Les deux notions ont la même vocation : la vocation de décrédibiliser les opposants et de ne pas les considérer comme des adversaires légitimes pour les écarter du débat politique.
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Traduire instantanément une pensée en image : c’est l’une des capacités perceptives que la chercheuse en psychologie Lucie Bouvet observe chez certaines personnes atteintes du trouble de l’autisme. Ses travaux questionnent le regard sur l’autisme, abordé ici non pas dans ce qui dysfonctionne, mais dans ce qui fonctionne.
Mes travaux s’ancrent dans un modèle où finalement on s’intéresse pas forcément à ce qui fonctionne moins bien dans l’autisme comme les difficultés d’interaction ou de communication, mais plutôt sur ce qui fonctionne bien, voire mieux.
La pensée visuelle, c’est vraiment s’intéresser à une façon un peu différente de penser en s’appuyant sur des capacités perceptives qui sont supérieures dans l’autisme.
On retrouve des capacités perceptives qui sont supérieures en audition, en vision. On retrouve également, d’un point de vue plus clinique, une hypersensibilité sensorielle ou une hyposensibilité qu’on peut retrouver dans toutes les dimensions sensorielles.
La pensée en images, ça concerne pas forcément toutes les personnes autistes, mais on la retrouve en proportion plus importante chez les personnes autistes.
Les personnes autistes doivent faire un effort de traduction entre l’image qu’elles ont dans leur tête et la parole
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Dans la restauration commerciale, comment le modèle du cuisinier, artisan de la gastronomie, a-t-il évolué en un demi-siècle vers des pratiques d’assemblage de produits semi-élaborés, voire finis ? C’est la question qu’étudie le chercheur en sociologie et directeur de l’ISTHIA Cyrille Laporte. Il observe la transformation des tâches dans les cuisines professionnelles, et avec elles, l’évolution de la figure des cuisiniers et cuisinières d’aujourd’hui.
Ce qu’on appelle la restauration hors foyer, c’est l’ensemble des repas qu’on va consommer hors de son foyer : que ce soit dans la restauration dite collective à caractère social ou que ce soit en restauration commerciale
On observe au début des années 70 un certain nombre d’individus qui vont avoir l’envie, que ce soit en soirée ou que ce soit les week-ends, que ce soit sur les périodes de congés payés, de profiter de ce temps libre et d’aller notamment dans la restauration commerciale.
Vous avez une offre de produits transformés qui n’a jamais été aussi importante, c’est-à-dire que sur le marché, quand vous êtes restaurateur, vous avez une gamme de produits alimentaires extrêmement variée qui va du produit brut au produit transformé.
Dans les professionnels de la cuisine, des personnes qui font le métier de cuisinier mais ils le font de façon différente.
On a une tension entre répondre aux besoins du marché ou être fidèle à la culture gastronomique française. Et ce n’est pas toujours simple à arbitrer.
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Et si le langage intérieur utilisé dans un cadre thérapeutique pouvait agir sur le stress post-traumatique ? C’est l’un des projets de recherche que mène la chercheuse en stylistique et linguistique française Stéphanie Smadja. Linguiste clinicienne, elle dirige depuis 2010 le programme de recherche « Monologuer » auprès de patient·es enfants et adultes.
La parole intérieure renvoie vraiment à toute la dimension verbale de la vie intérieure, tandis que le langage intérieur correspond à tout système de signes qu’on pourrait avoir dans la tête : les mots, mais aussi les images, les sons, les musiques, les silences.
La proposition que nous faisons dans le programme Monologuer, c’est aussi de prendre en compte les formes linguistiques et les fonctions positives ou négatives du langage intérieur pour apprendre à les travailler avec des exercices centrés sur le langage.
On peut aussi traiter les symptômes linguistiques du stress post-traumatique.
Les mots intérieurs peuvent être des armes comme ils peuvent soigner : tout dépend de la façon dont nous nous parlons.
Le protocole est anonyme, confidentiel et surtout fondé à toutes les étapes sur le volontariat : rien n’est obligatoire.
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Florence Vigneron est une scientifique qui consacre sa recherche aux façons de transmettre la culture scientifique au grand public. Elle travaille sur la bande dessinée, dont le potentiel imaginaire et illustratif se révèle être un formidable outil de médiation. Ou comment Star Wars et Transperceneige rencontrent les grands enjeux sociétaux de la science.
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Si l’université en tant qu’institution est apparue au Moyen-Âge, elle mettra plusieurs siècles à commencer à accueillir des femmes. Le 19ème siècle voit ainsi apparaître des étudiantes pionnières, dont certaines feront carrière, allant même jusqu’à devenir chercheuses. C’est ce que nous raconte l’historienne toulousaine Lila Coudière.
Le moment où les femmes commencent à s’intégrer au sein des institutions, c’est à partir du XIXᵉ siècle, à partir de la deuxième moitié du XIXᵉ siècle.
Julie-Victoire Daubié, première femme en France à obtenir son baccalauréat en 1861, est aussi une des premières à s’inscrire à l’Université française et va être la première licenciée de lettres en France en 1871.
Marthe Condat fait des études médicales et elle a été la première femme à obtenir en 1923 l’agrégation de médecine.
Parmi les premières à mener des recherches, on peut par exemple citer Marguerite Cabanac et Berthe Aggéry, qui ont toutes les deux des carrières assez importantes à la faculté des sciences jusque dans les années 50-60.
La massification de l’enseignement supérieur après 1950 permet l’arrivée plus importante des femmes, mais souvent à des postes subalternes.
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Le système éducatif japonais a une double mission : transmettre les savoirs et transmettre le savoir être japonais. Socle fondamental de la société, l’éducation japonaise, est, selon le professeur en langue et civilisation japonaise à l’Université Toulouse – Jean Jaurès et chercheur à l’IFRAE Christian Galan, pourvoyeur d’individus « moyens », uniformes. Depuis plusieurs années, ce modèle traverse une crise et voit augmenter le refus de l’école, le harcèlement, la violence scolaire, et le suicide des jeunes.
On a une fonction de l’école qui est « de fabriquer » des Japonais de manière à ce qu’ensuite ils s’insèrent dans la société en harmonie avec les autres.
La scolarité la moins chère pour des parents japonais, si tout est fait dans le public, ce qui est très rare, ça représente à peu près par enfant à peu près 65 000 €.
Quand les parents reçoivent un bulletin de notes, ils n’ont pas les notes brutes de leurs enfants. Ils ont un positionnement des notes de leurs enfants par rapport à la moyenne de la classe.
Les causes principales de la dénatalité au Japon sont liées essentiellement à l’absence de structure pour les mères avant l’école élémentaire et la « tradition japonaise » qui consistait à ce qu’une femme, lorsqu’elle devient mère, elle arrête ses études.
Les problèmes que connaît en fait le système éducatif japonais ? On peut en trouver quatre le refus scolaire, le harcèlement, la violence scolaire et la question du suicide des jeunes.
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Les altitudes glacières, et celles de haute et moyenne montagne se transforment sous l’effet du réchauffement climatique. Le géographe toulousain Emmanuel Salim en fait son terrain de recherche depuis de nombreuses années. Il étudie les mutations qui s’opèrent sur les infrastructures et les activités de tourisme dans ces territoires.
Cela va avoir comme effet de réduire la durée des saisons d’enneigement et la quantité d’enneigement pendant la saison, du fait de l’augmentation des températures et de la transformation de certaines précipitations neigeuses en précipitations pluvieuses.
Il a été estimé que, dans les Alpes, entre 60 et 99 % du volume de glace actuel pourrait avoir disparu d’ici 2100, en fonction des scénarios climatiques.
Il existe enfin des stratégies que nous appelons transformatives, où l’idée est de complètement soustraire l’infrastructure ou l’acteur à la vulnérabilité en transformant la manière dont elle travaille.
C’est l’idée de venir voir quelque chose qui serait en voie de disparition dans le but de le voir avant que cela ne disparaisse.
Dans le tourisme, et ce n’est pas du tout propre au retrait glaciaire, d’une manière générale, l’intensité carbone de l’activité tourisme se situe dans les déplacements.
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L’odeur d’une voiture, celui du pain à l’entrée d’un magasin, le design olfactif sème des odeurs partout. La chercheuse Anne-Charlotte Baudequin a choisi de récolter les odeurs en ville et en campagne pour mieux questionner le design olfactif, en dehors de toute visée esthétique ou fonctionnelle.
C’est un designer qui travaille les odeurs ou les parfums comme des matériaux de création, et qui sort du domaine de la parfumerie et de la cosmétique.
Dans les années 1960, au moment de l’industrialisation, il y a eu une émergence du design olfactif, notamment dans l’automobile.
Dans mon travail, je questionne l’olfaction comme un outil de narration, de création et de médiation.
Le sens de l’odorat, c’est le sens de la respiration.
L’olfaction amène plus facilement l’émotion et l’humain au centre du projet.
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