Oublieuse Postérité

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Oublieuse Postérité episodes

  • EP 56 - GILBERT GADOFFRE : Résistance et alchimie (Les ordalies, 1955)

    Les ordalies est un roman bien mystérieux.

     

    D’abord, il est le seul de son auteur qui se consacrera ensuite uniquement au travail de l’esprit avec de nombreux essais. Ensuite, il est introuvable. Aucun exemplaire à la vente, nulle part. Moi-même, pour la première fois dans Oublieuse Postérité, je ne possède pas le livre que j’évoque.

     

    Une fois que l’on ouvre le livre, le mystère semble d’abord se disperser. Écriture élégante bien que classique, canevas qui, en 1955, n’a rien de novateur. Histoire de résistance comme il en a été maintes fois racontés (Vercors, Jean-Louis Curtis, Joseph Kessel, Roger Vailland, Jean-Louis Bory…) depuis la capitulation allemande, et même avant. Même l’idée du personnage principal ayant un cousin qui incarna sa part d’ombre (résistance contre collaboration) a déjà blanchie au soleil.

     

    Puis le narrateur change. Ce docteur Bailleul qui essayait de se remémorer la figure du lieutenant Orcel, qu’il a bien connu durant l’Occupation, laisse la place au témoignage de la jeune recrue Guyot. Là, les choses se compliquent. Un mystérieux château apparait dans un maquis qui semble épargner par la guerre, la rumeur d’un cavalier blanc qui serait le prince d’un royaume échappant à Vichy et à de Gaulle enfle. Il aurait même été annoncé par Nostradamus…

     

    Le récit de guerre devenu récit mémoriel puis récit de l’attente et conte romantique devient un étrange traité théologique et ésotérique. Les pages semblent désormais s’épanouir dans l’invention constante du mythe… Jusqu’au jour où les Allemands attaquent. Jusqu’au jour où le journal Le monde, fin 1955, découvre que cette histoire de cavalier blanc a bien existé dans le Vercors, jusqu’au jour où un spécialiste de l’alchimie, quinze ans plus tard, affirme que Les ordalies traite des plus hauts secrets de la libération alchimique, par-delà l’espace et le temps.) 

     

    Et dans son ultime livre d’entretiens, Gilbert Gadoffre évoque toute sa vie et son œuvre entière sans évoquer une seule fois Les ordalies, sauf en en citant de longs passages (sans dire qu’ils sont tirés du roman) quand on lui demande de raconter son existe de résistant…

     

    Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.


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    35 min
  • EP 55 - JEAN-PIERRE MARTINET : Trois anomalies littéraires (Jérôme, 1978)

    Parmi les héritiers de Maldoror, le démon outrancier d’Isidore Ducasse, il faut citer trois auteurs, sans doute ses trois rejetons privilégiés, sorte d’élus épargnés par les tentations abortives de l’archange du Comte de Lautréamont : Jean-Pierre Martinet, Marcel Moreau et Hubert Gonnet.

     

    Réunion arbitraire ? Peut-être pas. C’est en tout cas celle que j’ai faite dans ma postface à la réédition de L’exécution, signé Hubert Gonnet, qui paraîtra le 11 septembre aux Éditions du Chemin de fer. Les ayants coincés dans la même phrase, je dois désormais m’expliquer dans cet épisode qui ressemble à une énorme note de bas de page de 6000 mots. Pour ce faire, je m’appuierai sur trois romans :

     

    - Jérôme de Jean-Pierre Martinet, paru en 1978 au Sagittaire.

    - Quintes de Marcel Moreau, paru chez Buchet/Chastel en 1963.

    - Misérable mémoire, merveilleuse menterie, récit inédit d’Hubert Gonnet, écrit vers 1970, que la famille m’a généreusement autorisé à consulter.

     

    Trois œuvres labyrinthiques dans lesquelles il n’y a pourtant aucune véritable histoire. L’intrigue nous intéresse peu, les péripéties n’ont pas la moindre valeur. C’est l’intériorité des personnages qui donne à ces sinistres épopées leurs véritables dimensions. Nous sommes ainsi bien obligés de reprendre à notre compte les propos de Jean Ricardou, théoricien du Nouveau roman, dans un article daté de 1970 : « C’est à partir de lui-même que le texte prolifère : il s’écrit en imitant ce qu’il lit (…) il s’écrit en s’opposant à ce qu’il lit. »

     

    Et le tour de force fonctionne jusqu’à une certaine limite au-delà de laquelle la crise terminale commence : la mort du désir. Jérôme commence à mélanger ses mots, songe au pou de Solange et bientôt la crise dépasse le papier, devient réelle et ronge jusqu’au drame peut être, Marcel Moreau, Hubert Gonnet et Jean-Pierre Martinet…


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    45 min
  • EP 54 - ANDRE THERIVE : L'Europe des faux-prophètes (Le troupeau galeux, 1934)

    Si Pierre Van der Meulen a tenu son serment dans l’épisode précédent en écrivant son Apocalypse dans l’Antéchrist et le potier (1947), évoquant la destruction totale du monde submergé par un nouveau déluge, nombreux sont les écrivains à avoir promis de même sans oser aller jusqu’au bout de la Révélation.

     

    Et pour cause, la plupart de ces écrivains, romanciers, dramaturges, ont mis en scène un personnage qui a réellement existé (contrairement à Van der Meulen) ; un prophète devenu faux-prophète, un Messie transformé en apostat, une mystique frappée de luxure, en somme un prédicateur, un chantre de la fausse parole.

     

    Si cet épisode commence avec Le troupeau galeux d’André Thérive (dont la présence demeure tout au long du podcast), chronique véritable d’Antoinette Bourignon, il tente surtout de dresser un vaste panorama de l’Europe des faux-prophètes en littérature. France, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Hongrie, Espagne, Pologne… autant de pays dans la boue desquels on peut encore déchiffrer les mots d’une parole viciée.

     

    André Thérive donc, mais aussi Isaac Bashevis Singer, Dmitri Merejkowski, Max Brod, Gabriel d’Aubarède, Roger Bésus, Armand Salacrou… Antoinette Bourignon, Sabbataï Zevi, le tsar Pierre 1er, David Rubeni, Thomas Münzer et Jean de Leyde, Jérôme Savonarole…

     

    Tous chantres de la Nouvelle Jérusalem, de l’anabaptisme, du Triple Antéchrist, du messianisme juif, tous figures historiques et bientôt littéraires, mis en scène de multiples manières, entre roman historique, pièces de théâtre, roman d’apprentissage, chronique, roman expressionniste, jusqu’aux réflexions finales qui concluent cette « épopée transcendante » du Verbe.


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    1 hr 3 min
  • EP 53 - PIERRE VAN DER MEULEN : Magie et démoniaque (Les griffes, 1946)

    Étrange carrière que celle de Pierre Van der Meulen. L’homme nait à Cherbourg en 1902, publie cinq romans et un recueil de nouvelles en six ans, entre 1942 et 1947, puis disparait à jamais des lettres alors qu’il ne meurt qu’en 1982.

     

    Après la lecture de chaque livre, il n’y aurait qu’un pas à faire pour affirmer qu’il est une de ces apparitions surnaturelles qui peuplent ses livres, que ce nom n’est que l’étrange pseudonyme d’un écrivain fort célèbre qui voudrait pour un temps retourner vers la solitude des montagnes du Dauphiné, sa bonne terre d’élection, et un régionalisme poétique délivré des conventions du roman moderne. 

     

    De pseudonyme, c’en est bien un. Mais non d’un auteur en vogue ; seulement du Président du Tribunal de Valence. Jean Henri Achille Van Waetermeulen juge les divorces, les affaires d’enfants abandonnés, les feux follets qui hantent les combes enneigées du Vivarais.

     

    Dans un article paru en 1946, Jacques Mérindol rapporte que l’homme fait frissonner les avocats, qu’on « lui prête de grands connaissances en matière de sciences occultes et qu’il se livre à toutes sortes d’expériences magiques. » Le journaliste, dont l’inquiétude semble suer du papier, rajoute que « les signes et les contre-signes de la sorcellerie n’ont pas de secrets pour lui. En fait, personne ne sait si Van der Meulen est réellement sorcier ou médium. »

     

    C’est que cet héritier de Ramuz et Bernanos a progressé dans la légende : il n’est plus l’homme des loups-garous et des fantômes de sa première manière. En quelques mois il s’est enlisé dans le démoniaque. Le Diable est à l’œuvre, et l’Antéchrist aussi. Voilà un écrivain qui sera aller jusqu’à l’Apocalypse.

     

    Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.


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    43 min
  • EP 52 - PAUL MORAND : De retour d'exil (Le flagellant de Séville, 1951)

    « Le 3 mars 1951, un homme qui pourrait déjà être à la retraite reçoit deux jeunes gens à déjeuner dans sa suite à l’hôtel du Crillon à Paris. Ce vieil homme, que les années n’ont pas encore flétri, rêve de revanche depuis qu’il a terminé le manuscrit de son dernier roman, son grand roman, le plus long, le plus ambitieux, le plus personnel aussi. Cette reconquête littéraire, il y songe depuis sept ans au moins.

     

    Le 09 septembre 1944, il a été aligné, non contre un mur et devant un fusil comme Robert Brasillach quelques mois plus tard, mais aux côtés de onze autres écrivains coupables de collaboration sur une page du journal Les lettres françaises. Les tous premiers hommes à être accusés par le Comité national des écrivains, qui seront bientôt rejoints par 84 autres puis par 61 autres, portant leur nombre à plus de 150.

     

    Mais cette liste noire, en 1951, après la loi d’amnistie du 5 janvier, c’est déjà de l’histoire ancienne. Il n’est plus question pour le vieil homme du Crillon de ruminer. Il n’est pas loin de se sentir Napoléon. Comme lui, il va revenir de son exil à l’île d’Elbe. Il n’a plus qu’à rassembler ses troupes et renverser la dictature existentialiste, absurde et nihiliste, des lettres françaises ; l’empire des belles, des souples lettres dont il était un des plus grands généraux durant l’entre-deux guerres pourra alors revivre et s’étendre dans tout le pays.

     

    Alors, pour propager la rumeur de son retour, lui qui n’a pas été banni au milieu de la méditerranée mais au bord du lac Léman, à Vevey, en Suisse, il fait entrer les deux jeunes personnes qu’il a invité dans sa suite, les fait s’assoir et commence à leur parler de son nouveau roman, son grand roman de pénitence, qui paraîtra dans trois mois en France et en Espagne. Il en a eu la révélation en contemplant les œuvres de Goya à l’académie San Fernando en Andalousie, et notamment la Procession des pénitents… »


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    30 min
  • EP 51 - HUBERT CHATELION : Une vie d'échecs (Maldagne, 1937)

    En février 1968 est imprimée en Belgique une mince plaquette qui réunit quelques articles du romancier et critique Robert Poulet. Tous se rapportent à l’œuvre d’un inconnu nommé Hubert Chatelion, médecin syphilitique, mort de folie et de désespoir en 1941, à quarante ans à peine. On a beau ignorer le patronyme de cet homme, le titre du brimborion est sans équivoque : Un Céline Belge. 

     

    Voilà de quoi intriguer. Un volcan caché au milieu du plat pays, prêt à entrer en éruption, qui aurait même déjà recouvert de sa lave plus acide que brûlante les lettres belges ? Ou comme le pensent d’autres critiques, rien qu’une colline quelconque, renflement sans envergure rempli d’air inodores plutôt que de miasmes étourdissants ?

     

    Écoutons Robert Poulet qui écrit en février 1937 à propos de Maldagne, le deuxième roman d’Hubert Chatelion : « Quand aux cent premières pages, c’est bien simple : je les tiens pour le plus beau morceau de poésie romanesque qu’on ait pu lire dans ce genre depuis Céline. On peut d’ailleurs comparer le chapitre de Maldagne intitulé Études à un passage analogue, au demeurant l’un des meilleurs, de Mort à crédit. À coup sûr, l’écrivain français l’emporte par la puissance de la vision et de l’expression. Mais il me semble qu’on trouve plus de vérité du côté de l’écrivain belge. En tout cas, cette peinture des rapports familiaux dans un milieu de petits artisans en voie de se déclasser prend à la gorge. »

     

    Maldagne tiendrait donc la comparaison avec Mort à crédit, l’authentique chef-d’œuvre de Céline ?

     

    Eh bien, allons-y, comparons.


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    29 min
  • EP 50 - CHRISTIAN MURCIAUX : Un égal de Marguerite Yourcenar (Les fruits de Canaan, 1949)

    Si vous avez aimé les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, il faut lire Pedro de Luna de Christian Murciaux. Si, comme moi, vous avez préféré, L’œuvre au noir, il faut lire Les fruits de Canaan de Christian Murciaux. Si ce sont Les nouvelles orientales qui vous ont le plus enchanté, alors ce sont celles du recueil Le douzième iman qu’il faudra découvrir. Si c’est Le coup de grâce, Les paradis perdus vous attendent. Si c’est La mort conduit l’attelage, il n’y aura qu’à se désaltérer à La fontaine de vie…

     

    A chaque roman ou nouvelle de Marguerite Yourcenar répond un ouvrage de Christian Murciaux. Né en 1915, douze ans après la première académicienne, on pourrait croire qu’il n’en est qu’une ombre ; il est en réalité un second soleil. Cet éternel célibataire n’a rien à envier à la plus grande romancière française, sinon l’illustre gloire dont elle bénéficie à juste titre et qu’il devrait partager avec elle si la postérité n’était pas injuste.

     

    Voilà quelques milliers de pages pour voguer au début du quinzième siècle avec l’antipape Benoît XIII, dernier ministre d’Avignon, qui « prétendit, à quatre-vingts ans, reconquérir l’Italie à la tête de ses galères », des milliers de pages pour nourrir le sable de l’Ifriqiya de sang ennemi avec la légendaire Kahena, guerrière et prêtresse berbère du VIIème siècle, autant de pages pour bâtir la nouvelle Jérusalem avec Sir Nathaniel qui débarque du Mayflower au dix-septième siècle avec d’autres Puritains au regard glacé…

     

    « Dans ce jeu entre l’âme exigeante, austère, inquiète, et l’imagination sensible, amoureuse, des voluptés du dépaysement, dans ce jeu, Christian Murciaux s’est engagé pour en faire sa vocation. La sensualité d’un esthète et la mystique d’un inquiet peuvent résumer cette vocation, et c’est en ce sens baudelairien que nous suivrons ses livres, cruels et colorés. » R. M. Albérès.


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    45 min
  • EP 49 - LOUIS PARROT : Résistance et révélation (La flamme et la cendre, 1949)

    Les signes sont parmi nous.

     

    Ils se multiplient dans le village. C’est autant l’image d’un papillon ensanglanté que l’apparition d’un homme qui ne devrait pas être ici, l’effondrement d’une poutre jetée en travers d’un bassin « comme une brindille » que les discussions nocturnes d’un homme qui semble persécuté par un fantôme.

     

    Les signes sont parmi nous.

     

    Le vieux Samuel, le puritain, en est certain qui le répète chaque jour à sa famille qui elle-même le répète aux villageois qu’il tient pour des païens : Oui, « la terre (va) bientôt disparaître comme un papier de journal qu’on jette en flamme dans un puits. » Il ne faudra pas longtemps pour que toute la communauté ou presque en soit convaincue. Il ne faudra guère plus longtemps pour qu’elle monte au sommet de la montagne pour assister à la fin du monde.

     

    C’est sur cette surprenante ouverture aux fortes tonalités eschatologiques que La flamme et la cendre de Louis Parrot, paru en 1949 chez Robert Laffont, quelques mois après la mort de son auteur à 42 ans, tente de lier le destin de l’humanité à celui des résistants. Les textes qui donnent une proportion biblique à cette période de guerre ne sont pas légion en France (La peste de Camus et Le requis civil de Masson, mais après ?) – contrairement en Allemagne avec la Trummerliteratur que j’ai déjà évoqué dans l’épisode consacré à Elisabeth Langgässer.

     

    Louis Parrot aura essayé de « laisser Dieu sans recours » dans ce roman ; il aura dans beaucoup d’autres œuvres et dans sa vie essayé de mettre à l’honneur la poésie et les résistants, l’Espagne et les poètes assassinés, lui qui fut aussi traducteur et essayiste, qui fut « l’amie parfait » selon Paul Éluard avec lequel il traduisit Federico Garcia Lorca.

     

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    28 min
  • EP 48 - SAINT-LOUP : La colonisation mystique (La nuit commence au cap Horn, 1952)

    En 1953, à deux semaines du Prix Goncourt, Francis Carco lance un ultime roman dans la course au prix. Il s’agit de La nuit commence au cap Horn d’un inconnu ayant choisi un pseudonyme aux résonnances proustiennes : Saint-Loup. Les jurés et la presse glosent : est-ce un romancier qui n’aurait pas déjà eu le Goncourt sous un autre nom ? Ou bien un romancier qui ne pourrait se montrer pour des raisons particulières ?

     

    Au terme d’une enquête, notamment menée par un policier des renseignements généraux, on découvre que Saint-Loup est le pseudonyme de Marc Augier, un collaborateur qui fut condamné à mort par contumace. Les voix qui le soutenaient changent de favoris. Pierre Gascar et Le temps des morts (auquel j’ai consacré le premier épisode de ce podcast) seront couronnés.

     

    Le livre de Pierre Gascar est l’une des plus belles variations sur le deuil que j’ai lu. Il est probe, d’un lyrisme grave, et d’une portée universelle. La nuit commence au cap Horn est également un texte grave, bouleversant même, d’un lyrisme brutal et crépusculaire ; il est aussi d’une portée universelle.

     

    Ce n’est pas la mort presque ordonnée dans un camp de prisonnier en Allemagne entouré des lourds échos du peuple juif qu’on immole cette fois, mais la mort lointaine, inévitable, des peuples indiens de la Terre de Feu que des missionnaires du XIXe siècle veulent convertir, peu importe le prix.

     

    Pendant six décennies, Saint-Loup suivra le destin de Duncan Mac Isaac, pasteur britannique, dans ce qu’il appellera un génocide de droit divin. Quant à cet épisode, il essayera de mettre en regard la malédiction qui s’abat sur le cap Horn et des épisodes de la vie de Saint-Loup.

     

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    40 min
  • EP 47 - LOUIS-FREDERIC ROUQUETTE : Un Jack London français (Le grand silence blanc, 1921)

    « A Tempest, chien d’Alaska, qui a force de tendresse attentive m’a fait oublier les misères humaines… »

     

    Tempest a réellement existé. C’était le chien de tête de Freddy, alias Louis-Fréderic Rouquette, lors de sa première aventure en Alaska et au Canada. Il a parcouru les steppes enneigées avec lui, s’est perdu loin du trail, a survécu on ne sait comment dans un igloo de fortune pendant les longues heures du blizzard…

     

    Aux Etats-Unis, deux contemporains de Louis-Fréderic Rouquette, deux aventuriers comme lui, sont des gloires nationales : James Oliver Curwood et Jack London. En France, on ne sait même plus que nous avons eu leur égal dans les années vingt, on ne sait même plus qu’on a peut-être eu plus encore l’extrême pointe de l’esprit d’aventure mêlée à la culture latine avec Louis-Frédéric Rouquette…

     

    Il fut pourtant célébré par bon nombre de critiques, comparé à l’auteur de L’appel de la forêt, parfois préféré à ce dernier. Pourtant, de Louis Hémon et de Maria Chapdelaine (paru la même année que Le grand silence blanc bien qu’écrit plus tôt), dont nous nous souvenons, roman anecdotique dont nous n’aurions plus le moindre souvenir si Bernard Grasset ne s’était pas livré à la plus formidable et novatrice campagne de publicité de l’histoire de la littérature française (qu’il recommença avec le non moins meilleur Diable au Corps de Radiguet)…

     

    Il en va de même de Maurice Constantin-Weyer qui obtint le Prix Goncourt en 1928 avec Un homme se penche sur son passé, autre roman de l’épopée canadienne, très bon roman par ailleurs, plus construit que les récits d’aventure de Rouquette mais moins enthousiaste, joyeux et émouvant.

     

    Et puis, Rouquette, ce n’est pas que le Canada et l’Alaska, ce sont aussi les mers et les terres australes, l'Islande avant tout le monde, les rivages de la Méditerranée… Mort trop tôt, il est n’est pourtant pas trop tôt pour partir à l’aventure ! Regardez, n’est-ce pas la patte intrépide de Tempest qui vous gratte la jambe ?

     

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    26 min

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Oublieuse Postérité est un podcast littéraire bimensuel qui s'écoute comme une série d'aventure narrée à la première personne par un naufragé romanesque qui lutte pour sa survie dans un océan sans mémoire qui a englouti toutes ses idoles, océan duquel émergent quelques silhouettes inquiétantes, inconnues et peut-être salvatrices... S'en approchant, le narrateur va découvrir un continent oublié de la littérature du XXème siècle et, ébahi, va partager ces chefs-d'oeuvre pour se venger de l'oublieuse postérité.