Procrastination, pour procrastiner utile sur son écriture

Procrastination, pour procrastiner utile sur son écriture

By Elbakin.netArts
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Procrastination, pour procrastiner utile sur son écriture episodes

  • s10e12 - Les contraintes de taille
    Du haiku à la trilogie en cinq volumes, comment aborder la question gérer les envergurs de différents récts ? Peut-on changer la taille d’un projet pour la faire rentrer dans une autre catégorie, de la nouvelle au roman – ou inversement ?
    Mélanie a une approche intuitive, mais son format de prédilection étant la nouvelle, elle sent quand une histoire déborde du cadre. Il lui est toujours assez facile de couper, mais pas rallonger.
    Lionel est l’inverse : il écrit toujours au plus court, ce qui démontre la gravité de son cas, et trouve toujours des couches de profondeur additionnelles à une histoire (ce qui cause la gravité de son cas).
    Estelle avance que les jeunes auteur·ices tendent souvent à sous-estimer la longueur de ses récits ; elle donne quelques pistes pour apprendre sa propre approche, et encourage l’expérimentation riche d’enseignements.
    Reférences citées
    - Les éditions Critic
    - Josef Capek, Un Gâteau 100 fois bon
    17 min
  • s10e11 - Manies et traits mémorables des personnages
    Les traits, les manies, les particularités des personnages peuvent leur donner de la couleur et aider à les caractériser d’une façon unique et parfois même éloquente : conversation à bâtons rompus autour de la conception et de l’usage de ce levier narratif cette quinzaine. Pour Mélanie, pour qui les personnages viennent entièrement formés pour vivre, ce genre de détail est fourni par l’inconscient. Estelle réfléchit beaucoup au process de description, s’efforce de sortir de la fiche signalétique, et donc les détails ont un rôle intéressant et potentiellement éloquent.
    Lionel loue le rôle de l’inconscient, propose de se fier aux éléments qui n’ont pas de sens conscient mais s’élucident au fil de la création dès lors qu’ils semblent justes.
    Références citées
    - Star Wars, saga de George Lucas
    - Mad Max: Fury Road, film de George Miller
    - The X-Files, série de Chris Carter
    - Peter Pan, pièce et roman de J. M. Barrie
    - Morgan of Glencoe
    - Madame Bovary, roman de Gustave Flaubert
    - Desperate Housewives, série de Marc Cherry
    - Twin Peaks, série de Mark Frost et David Lynch
    - Down by Law, film de Jim Jarmusch
    - Mad Max 2, film de George Miller
    - La Pointe de l’épée, roman d’Ellen Kushner
    17 min
  • s10e10 Recommandations pour la position de travail sur ordinateur, avec Karima Amarouche
    Pour sa dixième saison, le podcast Procrastination est enchanté et honoré de s’entretenir avec Karima Amarouche, ergonome à France Travail, membre du département ergonomie et analyse des activités et spécialiste de la prévention des risques professionnels, afin de créer le meilleur – et le plus durable – environnement d’écriture possible !
    Troisième volet de cette conversation au long cours, cette fois sur la position de travail à l’ordinateur, notamment portable : un peu de matériel supplémentaire peut faire une nette différence en termes de confort. Il est question aussi de positions étranges… et pas forcément toujours mauvaises !
    Références citées
    - L’INRS, https://www.inrs.fr
    15 min
  • s10e09 - Les alpha-lecteurs
    Pour reprendre la terminologie informatique, les alpha-lecteurs s’opposent aux beta-lecteurs en ce qu’ils viennent avant la finalisation du texte ; au lieu de traquer maladresses et chercher à élever une œuvre finalisée par l’auteur·ice, leur intervention arrive tôt, au cours même de l’élaboration de la forme du récit.
    Estelle pratique cette approche depuis toujours : elle expose en détail les bénéfices qu’elle retire d’un travail avec un cercle d’écriture et comment cela a toujours fait partie de son processus. Lionel ne pratique pas, mais avance l’importance de la communauté et de l’échange dans la création, tout en présentant l’état d’esprit qui doit, en principe, tenir éloigné·e de l’alpha lecture. Enfin, Mélanie explique en quoi cette approche ne lui convient pas : pour elle, l’histoire est indissociable de sa forme finale, ce qui exige de fixer le travail avant de le soumettre aux regards extérieurs.
    Références citées
    - Stephen King, Écriture
    14 min
  • s10e08 - Sortir de son genre
    L’imaginaire est identifié par ses genres, et attire ceux et celles qui les aiment et veulent les explorer. Ce qui peut conduire, avec le temps, à s’y trouver identifié·e. Mais: si l’on veut sortir de ce cadre ? Peut-on le faire, comment, est-ce même une bonne idée ?
    Lionel décrit succinctement le monde anglophone où ces explorations doivent correspondre à autant de noms de plume différents, et avance que la francophonie accepte beaucoup plus les expérimentations. Il donne aussi l’exemple de sa propre stratégie avec Évanégyre pour se donner sa propre liberté d’écriture.
    Estelle explique que, quand on travaille dans plusieurs courants, on se retrouve classé·e dans celui qui est le moins considéré. Mais elle se préoccupe avant tout du genre qui appelle l’histoire qu’elle veut raconter ; lesquels forment autant des boîtes à outils que des cultures. Elle rappelle aussi que ces classifications sont de toute façon toujours mouvantes.
    Mélanie parle de son parcours en changeant de format, et son observation du monde du livre l’amène à formuler que changer de genre est davantage un problème de milieu éditorial que de public.
    Références citées
    - Iain (M.) Banks
    - Les éd. Goater
    - Floriane Soulas
    - Francis Berthelot, « Le Rêve du démiurge », Bibliothèque de l’entre-mondes
    - Les éd. Dystopia
    - Emily St. John Mandell, Station Eleven
    - Les éd. Gallimard et leur collection blanche
    - Tristan Garcia, 7
    - Jean-Baptiste Del Amo, La Nuit ravagée
    - Ken Grimwood, Replay
    - Les éd. La Volte
    - Les éd. Aux Forges de Vulcain
    22 min
  • s10e07 - Les limites du worldbuilding
    La question est fréquente : à partir de quand puis-je me lancer dans mon projet ? Mon monde est-il suffisamment développé ? Mais y a-t-il un risque inverse : trop développer son monde, au point que cela devienne contreproductif ? Où trouver le dosage ?
    Pour Lionel, l’horizon reste l’écriture de l’histoire, et donc créer un monde sans fin représente un problème. Il trace un parallèle fort entre la création des personnages, où l’on ne peut pas tout connaître, mais en avoir une connaissance suffisamment solide permet d’improviser quand c’est nécessaire.
    Estelle invite à penser aux grandes lois, aux grands systèmes, au degré de réalisme et surtout à prendre des décisions fortes et cohérentes. Le point de vue est un outil important pour faire jouer ignorance et découverte d’un monde imaginaire ; la documentation permet aussi de sortir des sentiers battus !
    Mélanie parle de son expérience de traduction d’œuvres parmi les plus touffues en termes de worldbuilding, et met en garde les jeunes auteur·ices contre la tentation de vouloir absolument tout mettre dans son histoire, ce qui risque d’enliser la narration.
    Références citées
    - Brandon Sanderson, « Les Archives de Roshar »
    - Joe Michael Straczynski, Becoming a Writer, Staying a Writer
    18 min
  • s10e06 Organiser sa pièce de travail, avec Karima Amarouche
    Pour sa dixième saison, le podcast Procrastination est enchanté et honoré de s’entretenir avec Karima Amarouche, ergonome à France Travail, membre du département ergonomie et analyse des activités et spécialiste de la prévention des risques professionnels, afin de créer le meilleur – et le plus durable – environnement d’écriture possible !
    Deuxième volet de cette conversation au long cours, plus en détail sur l’organisation de sa pièce (ou de son espace) pour travailler. Quelles recommandations en particulier pour l’éclairage et l’organisation, d’un point de vue tant physique que psychologique ? Avec beaucoup de premières recommandations quant aux méfaits (et bienfaits précis) du travail à l’ordinateur portable.
    Références citées
    - L’INRS, https://www.inrs.fr
    18 min
  • s10e05 - Le sensitivity reading partie 2
    Suite et fin de la conversation sur le sensitivity reading ou relecture concernée, sur ses enjeux, son importance et sa pratique dans l’écriture de fiction.
    Estelle rappelle qu’il ne devrait pas y avoir de prime à bien faire son travail, et que toute réflexion est un travail en cours, y compris de la part des personnes concernées, où le consensus n’existe d’ailleurs pas forcément. Elle pose aussi les questions vitales de la rémunération des lectures concernées par les maisons d’édition et celle de la diversité dans leurs hiérarchies décisionnaires.
    Lionel insiste sur le fait que la perfection formelle quant à des questions nécessitant des relectures concernées est un faux objectif, surtout dans la création artistique, mais qu’il convient de garder toujours justice et justesse au cœur. Il rappelle aussi que l’idéal kafkaien du livre « fendant la mer gelée en nous » est plus que nourri par les relectures concernées et la diversité.
    Mélanie aborde la question de l’accessibilité dans les événements littéraires et son évolution récente.
    Références citées
    - Franz Kafka
    - Moby Dick, Hermann Melville
    13 min
  • s10e04 - Le sensitivity reading partie 1
    Le « sensitivity reading », relecture par une personne concernée par une problématique donnée, a cristallisé un certain nombre d’idées reçues voire de paniques morales ; dans ce double épisode, Procrastination définit la question, son importance et sa pratique dans l’écriture de fiction.
    Lionel rappelle d’abord qu’il s’agit, dans le fond, de faire appel à un·e expert·e, ce qui ne devrait choquer personne, et sur des sujets potentiellement porteurs d’impacts psychologiques ou traumatiques, ce qui exige d’autant plus de soin.
    Estelle insiste sur l’importance du vécu et de l’expérience personnelle, quotidienne, des personnes concernées, et rappelle qu’on a toujours interrogé le vécu des gens dans la littérature.
    Mélanie voit dans le monde que l’on écrit celui que l’on reflète et qu’on espère, à son échelle, contribuer à créer. Elle relate son expérience de la pratique du sensitivity reading à travers l’un de ses récents textes.
    Références citées
    - Différente, film de Lola Doillon
    - Grady Hendrix, Witchcraft for Wayward Girls
    17 min
  • s10e03 - Les thèmes dans la fiction
    Les thèmes sont censément les clés de voûte de la littérature, mais il existe pourtant des pans entiers de la fiction où ils ne sont pas spécialement centraux. Quelle place dans l’écriture à proprement parler : faut-il les décider à l’avance, ou bien les laisser se présenter si c’est le cas ?
    Lionel pense que qu’il est inévitable d’en avoir, ne serait-ce qu’à travers les préoccupations personnelles des personnages. Dès lors, autant les conscientiser pour s’en emparer au lieu d’en devenir esclave, voire risquer les biais inconscients. Il met en avant l’importance de l’inconscient dans leur émergence.
    Pour Mélanie, les thèmes incarnent le liant dans son travail de fiction ; ne pas les avoir cernés suffisamment entraîne souvent des blocages dans son processus.
    Estelle expose trois niveaux de lecture des thèmes : à la création, à la réception publique et à l’exégèse. Elle met en avant un équilibre à trouver entre l’importance de l’inconscient, l’incapacité fondamentale de tout contrôler dans la création, et la conscience nécessaire qu’il faut avoir de son travail et des courants sous-jacents dans l’œuvre des autres, surtout quand vient s’insérer le recul historique.
    Références citées
    - Bring her back, film de Danny et Michael Philippou
    - Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness), roman de Joseph Conrad
    - Amok, roman de Stefan Zweig
    - Moby Dick, roman d’Herman Melville
    - Dracula, film de Luc Besson, inspiré du roman de Bram Stoker
    - Adrien Party
    - Pour saluer Melville, essai de jean Giono
    20 min

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Le 1er et le 15 de chaque mois, Lionel Davoust, Estelle Faye et Mélanie Fazi discutent de l’art et de la technique de la narration, partagent leur expérience, et s’aventurent aussi, à l’occasion, dans…

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