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  • « Bloquons tout » : « C’est une forme d’exaltation du présent, sans regard pour le futur » soulève Gérald Bronner

    Un mot d’ordre circule depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux : « Bloquons tout ». Derrière ce slogan, un mouvement social émergeant, et dont l’ampleur reste encore inconnue, qui appelle à une mobilisation massive le 10 septembre contre les mesures du gouvernement de François Bayrou. Invité de la matinale, Gérald Bronner, sociologue et auteur de « A l’assaut du réel » (PUF), décrypte ce mouvement à travers le prisme de la « post-réalité ».

    « Le réel, on ne sait pas très bien ce que c’est, mais il nous fait valoir son existence quand il repousse nos désirs, quand il nous dit « non » », explique Gérald Bronner. La « post-réalité », qui peut prendre la forme des technologies numériques, comme l’intelligence artificielle qui brouille la frontière entre le vrai et le faux, mais aussi des idéologies politiques qui nourrissent des récits où tout semble possible, est une sorte de déni collectif. Elle nous entraîne à ne plus être confronté à ce refus du réel. Dans ce contexte, des mouvements comme « Bloquons tout » deviennent le symptôme d’une société qui préfère l’illusion d’un présent fougueux au poids d’un futur contraignant.

    Pour expliquer ce processus, le sociologue met en avant un événement français historique : Mai 68. Ses slogans, comme « Sois réaliste, demande l’impossible » ou « L’imagination au pouvoir », exprimaient déjà « une subjectivité radicale, ce qui signifie que l’individu a le droit d’imposer sa vision du monde au réel ». Le sociologue continue en indiquant que, quelques années plus tard, ces slogans se sont recyclés dans la publicité et dans le développement personnel, invitant les individus à consommer davantage.

    La fin du mythe de progrès

    Que penser alors de « Bloquons tout », ce mot d’ordre qui monte en puissance ? Pour Gérald Bronner, l’incertitude domine : « C’est un mouvement très intéressant. On ne sait pas encore à quoi il va ressembler. […] Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’il est né sur les réseaux sociaux, dans le monde numérique, et qu’il reste à voir ce qu’il donnera dans la réalité. » Le slogan lui-même en dit long sur l’état d’esprit du collectif : « l’idée de « Bloquons tout » traduit une forme d’exaltation du présent, sans regard pour le futur. Par exemple, la question de la dette publique […], je ne suis pas économiste, mais refuser d’en voir l’existence, c’est en reporter la charge sur les générations à venir. »

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    Au-delà de ce cas particulier, Gérald Bronner replace la dynamique des mouvements sociaux dans une réflexion plus large sur notre rapport au temps : « Pendant longtemps, nous pensions que demain serait supérieur à aujourd’hui. L’effondrement du mythe du progrès, qui était un ciment commun, fait apparaitre la crainte du regard vers l’avenir ».

    Daphnée Cataldo

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  • Pablo González nommé à la direction musicale de l’Orchestre national d’Île-de-France

    La direction de l’Orchestre national d’Île-de-France (ONDIF), annonce la nomination de Pablo González en tant que directeur musical et chef principal. Le chef d’orchestre espagnol entrera en fonction en 2027 pour un mandat de quatre ans.


    L’Orchestre national d’Île-de-France, sa présidente Florence Portelli et son conseil d’administration, la Région Île-de-France et la Direction régionale des affaires culturelles, sont heureux d’annoncer la nomination de Pablo González, 50 ans, en tant que directeur musical et chef principal de la formation francilienne à compter de septembre 2027. Le chef d’orchestre espagnol succèdera au maestro américain Case Scaglione qui dirigeait l’ONDIF depuis 2019.

    Dans un communiqué, Pierre Brouchoud, directeur général de l’orchestre, rappelle que « Pablo González a dirigé l’Orchestre national d’Île-de-France à plusieurs reprises, laissant à chaque fois une forte impression sur les musiciens par son exigence et son engagement », tandis que l’heureux élu souligne que L’ONDIF « n’est pas seulement un ensemble exceptionnel, c’est aussi une institution socialement engagée qui poursuit une mission éducative forte, en parfaite adéquation avec mes propres valeurs ».

    Pablo Gonzalez est actuellement chef principal invité de l’Orchestre symphonique de Tenerife

    Né à Oviedo (Asturies) en 1975, Pablo González Bernardo a étudié au Conservatoire d’Oviedo et à la Guildhall School of Music and Drama de Londres. Ancien directeur musical de l’Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya jusqu’à 2015, et chef principal de l’Orchestre symphonique de la radio et de la télévision espagnole (RTVE) de 2019 à 2023, il est actuellement, le chef principal invité de l’Orchestre symphonique de Tenerife.

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    En septembre, l’Orchestre national d’Île-de-France se produira le jeudi 18 au Festival international de musique de Besançon, le samedi 20 à la Seine Musicale de Boulogne Billancourt pour un concert consacré aux 150 ans de Maurice Ravel et le samedi 27 dans le Val de Marne pour le concert des 140 ans d’Alfortville.

    Cette semaine, on a également appris le renouvellement pour deux ans du contrat du chef d’orchestre ouzbek Aziz Shokhakimov à la tête de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg qu’il dirige depuis septembre 2021.

    Philippe Gault

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    Le Met Opera de New York signe un accord lucratif avec l’Arabie Saoudite

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  • Avicenne, génie de l’Orient médiéval : 5 choses que vous ne savez pas sur le père de la médecine

    Des nombreux savants de l’An Mil, le persan Avicenne est peut-être le plus humain, le plus attachant, et le plus universel. Alors qu’en Europe régnaient les premiers Capétiens, Ibn Sina a révolutionné la médecine, la philosophie et les sciences de son époque. 

    Avicenne avait une mémoire hors du commun et une capacité d’apprentissage impressionnante

    Avicenne est né en 980 dans l’actuel Ouzbékistan. C’est le fils du préfet de son village, autant dire un petit fonctionnaire qui a épousé une simple paysanne. Très tôt, cet enfant va donner les signes de la plus vive intelligence. A 2 ou 3 ans, il parle couramment l’arabe et s’intéresse déjà au Coran.

    Avicenne reçu par le gouverneur d’Ispahan / MARY EVANS/SIPA

    A 10 ans le petit garçon récite par cœur les 114 chapitres du livre saint des musulmans. On lui désigne un précepteur prestigieux, un philosophe du nom de Ennatili, qui trouve l’enfant tellement extraordinaire qu’il finit lui-même par déclarer forfait !

    Il devient médecin à seulement 16 ans 

    Il est même réputé à cet âge particulièrement précoce. Toutes sortes de malades affluent pour le voir, car ce n’est pas seulement un praticien, c’est aussi un savant. Il assimile le savoir de son temps dans tous les domaines : théologie, littérature arabe, géométrie, mathématiques, physique, logique et philosophie. Il a aussi une intuition magnifique et une intelligence des êtres. Il perçoit chaque cas comme une énigme à résoudre.

    Profondément rationnel, Avicenne libère la médecine des explications magiques

    Avicenne se concentre uniquement sur le rationnel, rejetant les explications magiques et maléfiques. Il met aussi fin à la distinction qui existait entre la médecine théorique et la médecine pratique. Pour lui, c’est un ensemble.

    Avicenne se préoccupe surtout de l’hygiène

    Sa principale préoccupation est l’hygiène, à travers le choix des aliments et des boissons, l’assainissement des excreta, l’environnement, les vêtements, l’activité corporelle et mentale. Il est très conscient de l’origine souvent psychosomatique des affections dont peuvent souffrir ses patients. Il cherche à soigner l’âme autant que le corps.

    Son apport à la science va bien au-delà de la médecine

    Avicenne a découvert la preuve par 9 en mathématiques, la méthode pour calculer la différence entre les longitudes de deux localités, inventé un instrument mesurant l’altitude et l’azimut d’un astre, une méthode pour produire de l’eau distillée, fondé les bases de la chimie inorganique et de la géologie moderne.

    Avicenne a-t-il voulu vaincre la mort ?

    Cet homme, qui tournait le dos à toutes les explications magiques et irrationnelles tellement répandues dans son temps, avait compris et expliqué le premier un certain nombre de phénomènes, par l’observation. Un exemple fascinant : parce qu’il avait observé des fossiles en plein désert, il en avait conclu qu’autrefois, le désert en question avait été recouvert par une mer. Il est même parvenu à expliquer l’impossibilité de voir les étoiles en plein jour par un phénomène de brillance et de réverbération dans l’atmosphère.

    La légende raconte qu’il a voulu revenir d’entre les morts

    Avicennes est mort d’une affection intestinale en 1037, à l’âge de 57 ans. Pour vaincre la mort et devenir immortel, il aurait préparé 40 produits différents que son disciple aurait dû lui administrer dans un ordre bien déterminé, aussitôt qu’il aurait passé de vie à trépas. Le disciple s’est acquitté fidèlement de cette tâche et à sa grande stupéfaction, au fur et à mesure qu’il injecte dans le corps inerte de son maître les médicaments prescrits, celui-ci redevient souple et rajeunit à vue d’œil. Voilà que le visage redevient rose.

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    La respiration reprend déjà. Vite, il faut donner la dernière ampoule, celle qui assurera la résurrection. Ne maîtrisant plus sa joie, impatient et fébrile, le disciple la saisit. Mais ses mains tremblent, l’ampoule lui échappe et le mystérieux liquide se répand sur le sable. La légende est belle, mais elle est à prendre évidemment dans un sens symbolique. Et d’ailleurs, pourquoi recourir à la légende quand la réalité, déjà, est tellement extraordinaire ?

    Découvrez l’intégralité de l’épisode des Grands Dossiers de l’Histoire consacré à Avicenne, raconté par Franck Ferrand

     

    Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte

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  • Le quatuor Agate fête les 10 ans de son festival Corsi Classic

    A l’occasion de la nouvelle édition de leur festival Corsi Classic, Raphaël Pagnon et Simon Iachemet du quatuor Agate seront, ce jeudi 4 septembre à 20h, les invités du Journal du Classique.

    Après avoir sillonné la France des festivals, les musiciens du quatuor Agate poseront leurs valises en Corse, à Ajaccio. Se tiendra, du 11 au 14 septembre, la nouvelle édition de leur festival, Corsi Classic.

    Ils y accueilleront cette année Marie Chilemme, Gabriel Le Magadure ou encore Théo Fouchenneret autour de programmes particulièrement variés, dans leurs effectifs comme dans leurs styles, de Vivaldi à Ravel, en passant par Mozart, Brahms, Dvorak ou encore Fauré.

    Un festival né avec le quatuor Agate

    Raphaël Pagnon et Simon Iachemet, altiste et violoncelliste du quatuor nous raconteront ce soir l’histoire de ce festival qui est né en même temps que leur ensemble et fêtera cet été son 10ème anniversaire.

    Laure Mézan

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    Le Met Opera de New York signe un accord lucratif avec l’Arabie Saoudite

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  • Antisémitisme : « La France a de vrais mécanismes, mais ce n’est pas suffisant » selon l’ambassadeur d’Israël en France

    Emmanuel Macron coprésidera le 22 septembre, avec le prince saoudien, une conférence au siège de l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York. A cette occasion, la France devrait formaliser sa reconnaissance de l’Etat de Palestine, aux côtés de pays comme l’Australie, la Belgique ou le Canada. Une initiative qu’Israël conteste. Invité de la matinale, Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, livre le point de vue de son pays.

    « Le boulot d’un ambassadeur est de rendre les relations bilatérales meilleures. La France est un pays qui m’est cher, j’y suis né, et Israël est mon pays », explique Joshua Zarka. Les derniers événements ont fragilisé le lien entre Paris et Tel-Aviv et, en écho au chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, l’ambassadeur considère que « cette politique déstabilise la région au lieu de nous aider à mettre fin à cette guerre terrible ». Derrière cette critique, c’est une inquiétude stratégique : en reconnaissant la Palestine, la France prend le risque, selon Israël, de renforcer indirectement le Hamas. Une « erreur historique » qui, selon lui, ne ferait que compliquer d’éventuelles négociations à venir avec les Palestiniens.

    Joshua Zarka rappelle qu’Israël a déjà proposé à plusieurs reprises la création d’un Etat palestinien : « à quatre occasions, 98 % des terres définies comme palestiniennes ont été proposées, avec des échanges de territoires, le partage de Jérusalem, le contrôle des frontières, une armée… On est donc prêt à payer le prix pour la paix, on l’a fait avec l’Egypte, avec la Jordanie, et les accords d’Oslo ». Il souligne qu’avant l’attaque du 7-octobre, la situation à Gaza, bien que fragile, restait plus stable : « des dizaines de milliers de Palestiniens venaient travailler chaque jour en Israël… Cette guerre nous a été imposée par le Hamas. »

    Le 7-octobre, « le plus important traumatisme » pour Israël

    Depuis, cette date s’est inscrite dans la mémoire collective comme une cicatrice : « le monde a compris que le 7-octobre a été un événement terrible, mais le monde occidental ne mesure pas l’ampleur du traumatisme que cela représente pour nous », souligne l’ambassadeur. « Dans l’histoire du peuple juif, nous vivons de traumatisme en traumatisme. Le 7-octobre est le plus important que l’Etat d’Israël ait vécu. »

    Au-delà du Proche-Orient, c’est aussi à l’échelle nationale que les tensions se manifestent. Joshua Zarka reconnaît les efforts de la France contre l’antisémitisme : « c’est un des seuls pays qui a des vrais mécanismes, des lois robustes, et qui les utilise pour combattre l’antisémitisme. […] Mais aujourd’hui, ce n’est pas suffisant face à la quantité d’actes antisémites. » Pour lui, l’éducation reste le meilleur rempart contre la haine. Mais il ajoute que les choix politiques français peuvent entraîner des conséquences néfastes : une reconnaissance de l’Etat palestinien, mal comprise par l’opinion, pourrait attiser davantage les divisions.

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    Malgré tout, l’ambassadeur se veut rassurant : « ce que nous voulons, nous Israélien, est simple : vivre en paix avec nos voisins palestiniens. » Et quand on lui demande si la France demeure un allié d’Israël, il répond sans hésiter « bien sûr. »

    Daphnée Cataldo

     

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  • Le Met Opera de New York signe un accord lucratif avec l’Arabie Saoudite

    La compagnie du prestigieux Metropolitan Opera de New York, qui fait face à de sérieuses difficultés financières, a annoncé avoir signé un accord avec l’Arabie Saoudite au terme duquel elle s’engage notamment à jouer trois semaines par an dans le royaume.

    La compagnie newyorkaise « se rendra à Riyad chaque hiver, pendant cinq ans, afin d’y présenter des opéras mis en scène et des concerts », souligne-t-elle dans un communiqué. Les spectacles auront lieu à l’Opéra Royal de Diriyah, dont l’ouverture est prévue en 2028. Elle assurera également « la formation de jeunes chanteurs d’opéra, compositeurs, metteurs en scène, décorateurs, artisans de théâtre et techniciens saoudiens. La collaboration comprendra également la commande d’un nouvel opéra », poursuit le texte.

    Si aucun chiffre n’a été communiqué, des proches du dossiers ont indiqué au New York Times que l’accord pourrait rapporter près de 200 millions de dollars au Met Opera sur huit ans. La compagnie logée dans la Metropolitan Opera House du Lincoln Center, immense bâtiment récemment rénové qui trône en majesté dans un quartier huppé de Manhattan, ne s’est pas remise de la pandémie de Covid-19, qui avait entraîné une perte de revenus de 150 millions de dollars.

    L’accord avec l’Arabie Saoudite pourrait rapporter 200 millions de dollars au Met Opera

    Bien que la fréquentation du Met Opera ait commencé à se rétablir, elle reste inférieure aux niveaux d’avant l’épidémie. En réponse, l’institution a notamment puisé dans son fonds de dotation et réduit le nombre de spectacles. L’initiative avec les Saoudiens reflète les conditions économiques « de plus en plus difficiles » qui concourent à la production de grands opéras, a déclaré Peter Gelb, directeur général du Met.

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    « Le Met ne peut pas survivre uniquement grâce à ses revenus propres et à la collecte de fonds annuelle », a poursuivi le patron du Met, ajoutant que « cet accord avec le gouvernement saoudien nous aide à répondre à nos besoins financiers », sans donner plus de détail.

    Fin août, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note du Met, qui émet des obligations pour se financer, de deux crans à « B3 », plaçant l’institution un peu plus bas dans la catégorie des investissements spéculatifs du fait d’une « détérioration persistante et croissante de ses performances ».

    Philippe Gault (avec AFP)

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    « Ce n’est pas un détonateur, c’est juste une pédale » : Une violoncelliste déclenche involontairement une alerte rouge à l’aéroport d’Amsterdam

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  • « Ce n’est pas un détonateur, c’est juste une pédale » : Une violoncelliste déclenche involontairement une alerte rouge à l’aéroport d’Amsterdam

    Décidément Maja Bogdanović n’a pas de chance avec l’aéroport d’Amsterdam. Déjà empêchée de prendre un vol l’an dernier à cause de son violoncelle, la violoncelliste française, d’origine serbe, a involontairement déclenché une alerte rouge dans l’aéroport néerlandais cette semaine à cause d’un objet insolite mais inoffensif.

    En octobre 2024 Maja Bogdanović avait vécu une mésaventure qui est souvent arrivée à un certain nombre de ses collègues violoncellistes qui doivent voyager en avion avec leur instrument. Alors qu’elle devait prendre, avec son mari violoniste et ses deux enfants, un vol pour Belgrade en Serbie, son pays d’origine, depuis l’aéroport d’Amsterdam, la violoncelliste s’était vu refuser l’embarquement de son instrument pour un problème de réservation.

    Lundi dernier, c’est encore dans ce même aéroport Schiphol d’Amsterdam que la musicienne, formée au Conservatoire de Paris (CNSMDP), a fait parler d’elle. Non pas en raison d’un problème de transport de son violoncelle mais à cause d’une pédale Bluetooth Airturn. Un petit appareil qui lui sert à tourner à distance les pages des partitions sur sa tablette numérique et qu’elle avait placé dans son sac à main mais qui, lors de son passage sous le portique de sécurité, a déclenché une alerte rouge dans le hall d’embarquement.

    « Achetez des billets pour la violoncelliste explosive ! »

    En quelques secondes, la violoncelliste s’est retrouvée entourée de policiers et de douaniers très méfiants et suspicieux face à cet appareil. Maja Bogdanović a tenté d’expliquer aux policiers ce qu’était l’engin. « Je sais que ça ressemble à un détonateur, mais c’est juste une pédale », leur a-t-elle maladroitement déclaré. Une explication qui, en fait, n’a fait qu’empirer les choses. Les policiers, peu convaincus, lui ont en effet demandé : « Comment savez-vous que cela ressemble à un détonateur ? ». La musicienne leur a alors répondu qu’un agent de sécurité d’un autre aéroport le lui avait dit.

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    « Les gens autour de nous ont commencé à reculer, comme si j’étais dangereuse. Même si on sait qu’on n’a rien fait de mal, c’est un sentiment vraiment gênant et inconfortable. », a confié Maja Bogdanović au site The Strad. Heureusement, après quelques recherches en ligne et des explications sur ces pédales et leur pertinence pour le travail des musiciens, les agents de sécurité lui ont permis de poursuivre son voyage.

     

    Arrivée avec quelques heures de retard à destination au Danemark où elle doit interpréter ce jeudi avec le Odense Symfoniorkester le Concerto pour violoncelle n° 1 de Dimitri Chostakovitch, Maja Bogdanović a demandé avec humour à ses admirateurs danois d’acheter des billets « pour la violoncelliste explosive ! ».

    Philippe Gault

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  • L’âme tzigane du quatuor Talich

    A l’occasion de la publication du nouvel album du Quatuor Talich, le violoniste Jan Talich sera, ce mercredi 3 septembre à 20h, l’invité du Journal du Classique.

    C’est l’un des plus illustres quatuors à cordes, qui perpétue la grande tradition de l’école tchèque, dont les enregistrements font toujours référence. Le Quatuor Talich a choisi, pour son nouvel album sorti chez la Dolce Volta, d’explorer un nouveau répertoire, plus populaire et de faire rejaillir ainsi l’âme tzigane de ses musiciens. Les pièces qui constituent ce programme empruntent, en effet, au folklore de Moravie mais aussi de Roumanie et de Hongrie. Elles ont été arrangées par Dvorak, Janacek, Bartok ou encore Dinicu.

    Jan Talich, le premier violon du quatuor, nous racontera ce soir la genèse de ce programme qu’il donnera en concert, avec ses partenaires, le 30 novembre au Théâtre des Bouffes du nord à Paris.

    Laure Mézan

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  • IA : L’usage va se normaliser, comme « ce qu’il s’est passé avec l’écriture » rassure le sociologue Bernard Lahire

    Face à l’essor de l’intelligence artificielle, à la baisse du niveau scolaire et à la diminution des financements publics, la recherche et la transmission des connaissances apparaissent fragilisées. Invité de la matinale, Bernard Lahire, sociologue et directeur de recherche au CNRS, rappelle que l’avenir d’une société repose sur la vitalité de ses connaissances.

    « Pour la première fois, aux Etats-Unis, un des plus grands pays au monde, on voit une guerre contre la science », déplore l’auteur de « Savoir ou périr », publié aux éditions Seuil. « Ce ne sont pas que les sciences sociales, souvent attaquées, mais aussi les climatologues, les biologistes, et les médecins, à qui on retire de l’argent, des financements ». Un phénomène qui traverse l’Atlantique puisqu’en France, le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche a été amputé de 1,5 milliard d’euros en février dernier. « C’est en vouloir à la science de l’appauvrir », insiste le chercheur.

    Cela va de pair avec la démocratisation de l’intelligence artificielle, et plus particulièrement l’usage de ChatGPT : « il y a des raisons d’être paniqué à court terme. Étant donné qu’on valorise plus le résultat que le processus d’apprentissage, des enfants passeront directement à l’intelligence artificielle pour cracher des réponses. » Mais, il ajoute que « il se passera avec l’IA, ce qui s’est passé avec l’écriture : Platon disait que cela allait tuer la mémoire, à une époque où le savoir était oral. […] Mais cette accumulation culturelle a rendu possible une accélération des savoirs et de la science. »

    Le savoir, un milieu élitiste ?

    Le sociologue souligne que le « bachotage », déjà mentionné par le philosophe Paul Valéry et l’historien Marc Bloch, et la pression du classement écrasent la curiosité intellectuelle. La course des parents pour un bon établissement des parents, et « l’obsession de la note, de l’évaluation […] et du bon classement » des enfants, alimentent un climat anxiogène. « Tout le monde a conscience que dans un pays où il y a du chômage, il faut avoir de bons diplômes… C’est une course effrénée au succès scolaire pour avoir les meilleures chances possibles, et cela rend tout le monde malheureux », observe Bernard Lahire.

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    Autre angle mort pointé par le chercheur : la sous-valorisation des métiers techniques et manuels. « À l’heure actuelle, vous arrivez dans ces formations-là parce que vous avez échoué scolairement, ce qui est absurde puisque ce sont des métiers essentiels. Il y a des pays qui accordent beaucoup plus d’importance à la technologie, à la pratique, et aux travaux manuels tels que l’Allemagne et la Suisse par exemple. »

    Daphnée Cataldo

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  • Création et innovation : Le double défi d’Esa-Pekka Salonen à la Philharmonie de Paris

    La Philharmonie de Paris a annoncé mardi la nomination d’Esa-Pekka Salonen en tant que chef principal de l’Orchestre de Paris mais également titulaire de la chaire Création et innovation de la Philharmonie à partir de 2027. L’institution attend beaucoup du maestro finlandais qui va avoir un agenda parisien bien rempli dès cette saison.

    Même si Esa-Pekka Salonen n’endossera ses habits de chef principal de l’Orchestre de Paris et de titulaire de la chaire Création et innovation de la Philharmonie de Paris qu’en 2027, le chef d’orchestre finlandais de 67 ans va être très sollicité à Paris dès cet automne. Ainsi en novembre, il dirigera la formation parisienne lors d’une série de concerts programmés à la Philharmonie.

    Cette série sera consacrée à un répertoire allant de Wagner et Prokofiev à Bruckner et Sibelius, avec notamment Yuja Wang, Renaud Capuçon et Stefan Dohr, qui interprétera son Concerto pour cor. Esa-Pekka Salonen collaborera également avec le Chœur de l’Orchestre de Paris avec lequel il a créé sa pièce Karawane en 2022 et interprétera le Requiem de Ligeti en novembre prochain.

    Esa-Pekka Salonen passera au moins huit semaines par an auprès de l’Orchestre de Paris

    Lorsqu’il aura pris ses fonctions de chef principal dans deux ans, Esa-Pekka Salonen dirigera l’Orchestre de Paris notamment dans une intégrale des symphonies de Beethoven et de Mahler et une rétrospective Henri Dutilleux, mettra à l’honneur Bartók et Sibelius, accueillera des solistes internationaux, conduira des tournées en Europe, en Asie et aux États-Unis, et « défendra la création d’aujourd’hui sous toutes ses formes et dans une grande diversité d’esthétiques ».

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    Concernant son poste de titulaire de la chaire Création et innovation de la Philharmonie de Paris, au-delà des huit semaines par an qu’il passera auprès de l’Orchestre de Paris et des tournées qu’il dirigera, Esa-Pekka Salonen aura pour mission d’imaginer des projets créatifs impliquant l’Ensemble intercontemporain, la Philharmonie des enfants, le Musée de la musique, et de façon générale tous les départements de l’institution. Il participera également au développement de projets interdisciplinaires et de co-productions internationales et contribuera à l’élaboration d’initiatives intégrant les nouvelles technologies au sein d’un comité consacré au numérique et à l’intelligence artificielle.

    La Philharmonie de Paris collaborera étroitement avec le Philharmonique de Los Angeles

    Enfin, avec la nomination en parallèle d’Esa-Pekka Salonen, dès la saison prochaine, en tant que directeur de la création du Los Angeles Philharmonic, la Philharmonie entend collaborer plus étroitement avec la grande formation californienne qui accueillera notamment l’Orchestre de Paris dans le cadre des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Cette collaboration revêtira différentes formes : conception de festivals, résidences, commandes et co-productions dont des créations réunissant un chorégraphe et un compositeur. La première sera confiée à Benjamin Millepied et à la compositrice américaine Gabriella Smith.

    Philippe Gault

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