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La direction de l’Orchestre de Paris a annoncé la nomination de Sarah Nemtanu au poste de premier violon de l’Orchestre de Paris (ODP). La violoniste franco-roumaine entrera en fonction le 1er janvier 2026.
« Klaus Mäkelä, directeur musical, comme les musiciens de l’Orchestre de Paris, sont heureux de pouvoir désormais compter sur ses grandes qualités musicales et humaines », c’est par ces mots d’encouragement que la direction de la grande formation parisienne a commenté la nomination de Sarah Nemtanu au poste vénérable de premier violon solo. Un poste vacant depuis le départ à la retraite de Roland Daugareil en 2021 et la disparition prématurée de Philippe Aïche en 2022.
Premier violon solo de l’Orchestre National de France depuis 2002, la violoniste franco-roumaine de 44 ans entrera officiellement en fonction le 1er janvier 2026 mais occupera ce poste avec l’ODP dès ce week-end sous la direction d’Esa-Pekka Salonen lors d’une tournée en Suisse et en Allemagne, puis cet automne aux côtés de Daniel Barenboïm et Esa-Pekka Salonen.
Née à Bordeaux en janvier 1981 et fille de parents d’origine roumaine, Sarah Nemtanu a baigné, dès son enfance, dans un environnement musical privilégié, entre un père violon solo de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine et une mère chanteuse lyrique, aux côtés de sa sœur cadette Deborah, actuellement violon solo super soliste de l’Orchestre de Chambre de Paris.
Formée au Conservatoire de Paris (CNSMDP) où elle enseigne depuis 2022, Sarah Nemtanu a été désignée parmi les six violonistes « qui marquent l’univers musical mondial actuel de leurs talents » par le Figaro Magazine en 2011. Elle fit également une incursion remarquée sur grand écran en 2009 dans le film Le Concert de Radu Mihaileanu, dans lequel elle doublait « le son » de Mélanie Laurent en y interprétant le concerto pour violon de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
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Sarah Nemtanu connaît bien l’Orchestre de Paris avec lequel elle a été invitée en tant que premier violon solo en octobre et novembre 2024 (Symphonies n°9 et n° 2 de Gustav Mahler), en avril de cette année (Messe en si de JS Bach), puis un mois plus tard dans un programme Berwald et Brahms. Elle est également proche de son directeur musical Klaus Mäkelä avec lequel elle a même partagé la scène, lui au violoncelle et elle au violon, en octobre 2024 dans un programme de musique de chambre.
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Philippe Gault
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A l’occasion de son prochain concert, demain soir, au Gstaad Menuhin Festival, Sol Gabetta sera, ce jeudi 28 août à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
C’est l’un des plus prestigieux et des plus ambitieux festivals de l’été, qui se tient sur presque deux mois. Le Gstaad Menuhin festival se poursuit cette année jusqu’au 6 septembre. De grands artistes mais aussi de jeunes musiciens venus se perfectionner dans le cadre de ses académies y sont attendus. Parmi ces artistes, la violoncelliste Sol Gabetta, l’une des fidèles de la manifestation. Elle y reviendra vendredi 29 août pour interpréter le 2eme concerto pour violoncelle de Chostakovitch avec l’orchestre de la Tonhalle de Zurich et Paavo Järvi.
Elle se confiera ce soir sur ses liens avec le festival où elle se produit tous les étés depuis une vingtaine d’années. Elle nous parlera également de Chostakovitch qui compte parmi les compositeurs les plus représentés cette année dans la programmation. Une programmation placée sous le signe de l’exil. Le compositeur russe qui n’a jamais quitté l’Union Soviétique incarne une forme d’exil intérieur.
Laure Mézan
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Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se retrouvent ce jeudi 28 août à 18h au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents français. L’objectif de cette rencontre est de sceller la relance du couple franco-allemand avant un conseil des ministres conjoint le lendemain à Toulon. Invité de la matinale, Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC, affirme que l’Europe est trop fractionnée et cela influe sur ses actions.
Après Helmut Kohl en 1985, Angela Merkel en 2020, Friedrich Merz sera le troisième chancelier allemand à être reçu par un président français au fort de Brégançon. Ce jeudi soir, il y retrouvera Emmanuel Macron pour une discussion en équipe restreinte, puis en tête à tête sur les grands dossiers de sécurité européenne, la réponse aux positions américaines, et les moyens de renforcer la compétitivité industrielle du continent.
Pour Pascal Lamy, cette rencontre est indispensable pour relancer à une plus grande échelle l’Europe : « si l’Europe veut redevenir une puissance reconnue mondialement, ça ne peut que se faire en s’appuyant sur le couple franco-allemand qui est en quelque sorte son moteur et la clé pour qu’elle retrouve sa pertinence historique. »
D’après lui, l’Europe doit surtout s’adapter au monde actuel : « la vérité m’oblige à dire que le monde a changé beaucoup plus vite que l’Europe. Donc l’idée qu’elle a gardée pendant des décennies que l’intégration économique engendre de l’intégration politique et donc des bénéfices et une paix n’existe plus. Maintenant il va falloir que l’on s’ajuste à cette nouvelle réalité. »
Organisation unique dans le monde, l’Union européenne rassemble aujourd’hui 27 États membres. Pour veiller à la représentation des intérêts de tous dans les décisions européennes, l’Union se compose de plusieurs institutions, dont les plus connues sont la Commission, le Parlement, le Conseil de l’Union européenne et le Conseil européen.
Pourtant, aujourd’hui, ce système représente une fragilité pour l’Europe, explique Pascal Lamy : « Si on prend par exemple la Commission européenne, son rôle c’est d’être le gendarme du marché intérieur. Donc, quand les États membres ne transposent pas les directives européennes, elle est censée les reprendre à l’ordre et les sanctionner. Or, cela fait quelques années qu’elle a pris l’habitude de ne rien dire pour ne pas embêter les États membres, alors que pour son bon fonctionnement, c’est inimaginable. »
Pascal Lamy est catégorique : « L’Europe est tout simplement trop fractionnée sur le plan idéologique et c’est ça qui l’empêche de réaliser des actions fortes parce que les États membres ne lui fournissent pas de puissance suffisante. Il est temps pour l’Europe de se réarmer idéologiquement, économiquement et stratégiquement ! »
« Pour être libre, il faut être craints. Nous n’avons pas été assez craints », a déclaré Emmanuel Macron 48h après l’accord passé en Écosse, prévoyant 15% de droits de douane sur les produits européens qui seront importés par les États-Unis.
Pourtant, l’ancien directeur général de l’OMC estime que la décision de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, d’accepter ces droits de douane était inévitable : « Certes, c’est un mauvais accord, mais quelle était l’alternative dès lors que nous dépendons de la protection américaine sur le plan stratégique du conflit ukrainien. »
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D’après lui, ce sujet soulève une autre interrogation : « Le processus démocratique européen prévoit que cet accord sera examiné par le Conseil des ministres et le Parlement, un débat aura donc lieu. Mais à mes yeux, ce n’est pas là que se situe l’enjeu principal. Le vrai procès à faire, c’est de comprendre pourquoi Ursula von der Leyen a systématiquement opté pour une politique transatlantique, sans envisager d’alternatives. »
Alessandra Wyak
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C’est une initiative ambitieuse à laquelle s’attèlent la Fondation Bettencourt Schueller et la Philharmonie de Paris en lançant « Chœurs en mouvement ». Un programme d’envergure qui vise à faire rayonner le chant choral sur l’ensemble du territoire.
La Fondation Bettencourt Schueller, engagée depuis plus de 35 ans en faveur du chant choral, accompagne la Philharmonie de Paris depuis 2018 dans sa volonté de faire de cet art une pratique vivante et largement partagée. Afin d’amplifier leur engagement en faveur du chant choral, les deux institutions annoncent le lancement du programme « Chœurs en mouvement ».
Françoise Bettencourt Meyers, présidente de la Fondation voit dans cette nouvelle collaboration la possibilité de « donner une nouvelle ampleur à son engagement en faveur du chant choral, en soutenant le rayonnement et le développement de cet art porteur de sens et d’émotion », tandis qu’Olivier Mantei, directeur général de la Philharmonie de Paris, estime que ce partenariat va « renforcer la place centrale de la voix dans le projet de l’établissement « .
Ce programme structurant, qui mêle création, transmission et soutien à la filière autour d’actions artistiques, pédagogiques et collectives, se déploiera jusqu’en 2027. Le projet sera articulé autour de cinq axes majeurs qui ont pour objectif de proposer une nouvelle forme de programmation chorale, à la fois enrichie d’une dimension scénique et conçue en propre, de la création à la diffusion.
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• Chaque saison sera organisé un « Week-end Chœurs » qui mettra à l’honneur la diversité des pratiques. Le premier aura lieu du 25 au 28 septembre.
Radio Classique est partenaire du Prix Liliane Bettencourt pour le chant choral et consacrera cet automne une journée spéciale au lauréat de l’édition 2025, dédiée cette année exclusivement aux chœurs et aux maîtrises d’enfants.
Philippe Gault
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15 secondes, c’est le temps moyen passé à lire un mail, selon une étude. Il faut donc être efficace et éviter de tourner autour du pot pour se distinguer dans le flot de courriels reçus chaque jour par vos contacts.
Pour commencer, que doit-on écrire dans l’objet d’un mail ? Même si cela tombe sous le sens, on repère encore certains écueils. Retenons qu’il faut être bref. On peut s’inspirer des titres de journaux et de leurs phrases nominales, par exemple : « demande de renseignement ». Évitons les objets à rallonge, ou ceux qui sont trop lapidaires : « demande », ou pire « urgent !!! ». S’il y a vraiment un caractère d’urgence, on peut l’indiquer, mais on écrit « urgent : » et on ajoute l’objet de cette urgence.
Ensuite, il faut toujours penser à mettre une formule d’appel, car sinon, ce serait comme entrer chez quelqu’un sans frapper. Il y a différents codes à respecter. Pour être formel, si on ne connaît pas le titre de la personne à qui on s’adresse, on écrira Monsieur ou Madame. Cela doit bien sûr être écrit en toutes lettres. Il est considéré comme impoli de mettre l’abréviation M. ou Mme dans un courriel. D’ailleurs, je rappelle que l’abréviation Mr, c’est celle de Mister parce qu’on trouve souvent l’erreur.
On voit de plus en plus ce « Monsieur » ou ce « Madame » qui est suivi du nom de famille. Dans ce cas-là il y a deux écoles, ceux qui considèrent que ça personnalise le courriel, c’est d’ailleurs très employé dans le domaine commercial, et ceux qui estiment que c’est inutile, car la personne connaît déjà son nom de famille.
Et « bonjour », peut-on l’employer ? Oui, même si certains considèrent qu’il relève du domaine de l’oral. Un « bonjour » neutre et poli sera bien plus apprécié que d’employer un « Monsieur » au hasard alors qu’on s’adresse à une femme et inversement. On peut bien sûr dire « Bonjour Monsieur », en prenant soin de mettre une majuscule à Monsieur, ou encore « Bonjour » + le prénom si c’est une personne qui nous est familière.
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Dans quel cas peut-on employer « cher » ? On peut l’employer si on connaît bien le destinataire ou si on écrit une circulaire commerciale avec un ton chaleureux. Il est aussi très employé dans certains milieux comme dans celui de l’édition. On emploiera donc « cher » + le prénom de la personne concernée. Ou alors « chers collègues », au pluriel, ou même « cher tous », c’est tout à fait correct. Et je rappelle que dans le domaine des courriels, les règles sont moins figées que dans le courrier traditionnel et que chaque entreprise a des tournures spécifiques qu’il s’agira de respecter pour s’adapter à son domaine professionnel. J’espère que toutes ces indications vous aideront.
Karine Dijoud
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A l’occasion du lancement du tout nouveau festival « Les Prem’s » à la Philharmonie de Paris, Olivier Mantei, son directeur, sera, ce mercredi 27 août à 20h, l’invité du Journal du Classique.
C’est l’ambiance des Proms de Londres que nous restituera, du 2 au 11 septembre, la Philharmonie de Paris. La saison symphonique débutera ainsi avec un tout nouveau festival dont l’esprit, l’ambiance devraient s’apparenter à celle du Royal Albert Hall. Les sièges du parterre seront retirés pour permettre à une grande partie du public de vivre l’expérience du concert debout, voire en déambulant. Et quelques-unes des plus grandes phalanges internationales ont été conviées pour l’occasion : Le Gewandhausorchester Leipzig avec Andris Nelsons, les Berliner Philharmoniker de Kirill Petrenko, le choeur et l’orchestre de la Scala de Milan sous la direction de Riccardo Chailly sans oublier l’orchestre de Paris et son chef Klaus Mäkelä.
Olivier Mantei nous éclairera ce soir sur l’esprit de ce festival qui s’adresse à un large public, notamment aux jeunes, casse les codes du concert mais n’en demeure pas moins d’une grande exigence artistique. On pourra y entendre des standards du répertoire orchestrale, de très vastes symphonies, comme des chœurs de Verdi, de la musique américaine et même une création.
Laure Mézan
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L’édition 2025 du festival de Bayreuth a atteint ses objectifs. Le taux de remplissage a dépassé les 98 % et les équipes travaillent déjà sur la 114e édition qui célébrera les 150 ans du grand événement bavarois.
Alors que la 113e édition du festival de Bayreuth s’est terminée ce mardi dans la Festspielhaus sur une ultime représentation de Parsifal dans la mise en scène de Jay Scheib, la direction du grand festival wagnérien s’est félicitée du bon bilan dressé, avec un taux de remplissage de 98,1 %, soit plus de 56 000 visiteurs qui ont assisté aux 29 représentations proposées (58.000 en 2024 mais pour 30 représentations).
Malgré une météo moins favorable que d’habitude, le public a donc répondu présent sur la Colline verte et les quelques défections de dernière minute de certains artistes ont pu être comblées avec réussite. Ce fut le cas notamment pour des représentations des Maîtres chanteurs de Nuremberg avec le forfait de Daniele Gatti, malade, remplacé par Axel Kober puis des chanteurs Michael Volle et Ya-Chung Huang qui ont également pallié au pied levé leurs collègues indisposés.
Désormais toutes les équipes du Bayreuther Festspiele sont tournées vers l’édition 2026 qui célébrera l’été prochain les 150 ans de l’événement bavarois. Même si l’on sait, depuis des mois, que les difficultés financières rencontrées par le festival ont contraint la direction artistique à réduire sa programmation (7 opéras au lieu des 11 prévus initialement), cette édition anniversaire proposera un programme ambitieux et inédit.
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Ce sera notamment le cas du concert d’ouverture, le 25 juillet, dirigé par Christian Thielemann et consacré à la Symphonie n° 9 de Ludwig van Beethoven que dirigea Richard Wagner lui-même à l’opéra des Margraves lors de la pose de la première pierre du festival de Bayreuth en 1872. Le lendemain, sera créé, pour la première fois dans l’histoire du festival, l’opéra Rienzi du compositeur allemand. La grande nouveauté, très attendue, sera le recours à l’intelligence artificielle (IA) pour générer les images, à partir d’archives du festival, qui composeront l’environnement d’un « Ring 10010110 » que dirigera également Christian Thielemann.
Philippe Gault
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La REF (Rencontre des Entrepreneurs de France), la traditionnelle université d’été du MEDEF, a ouvert ses portes ce mercredi 27 août. Après l’annonce de François Bayrou d’engager sa responsabilité le 8 septembre, l’inquiétude et la méfiance des chefs d’entreprise se mesurent très concrètement : en deux séances, le CAC 40 a perdu 3%. Invité de la matinale, Emmanuel Combe, économiste, estime que l’instabilité politique coûte à l’économie et aux entreprises.
Le Medef (Mouvement des entreprises de France) tient son université d’été ce mercredi et jeudi en pleine crise politique après la décision de François Bayrou de demander un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre. Le président du Medef, Patrick Martin, juge « courageuse » l’alerte émise par François Bayrou sur la situation des finances publiques.
Les partis de gauche, les écologistes et le Rassemblement National ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient contre. Pour Emmanuel Combe, cette instabilité politique va bouleverser la croissance française : « L’instabilité politique actuelle a des répercussions directes sur l’économie, et toutes les études le démontrent, car plus souvent vous changez, moins vous pouvez réformer, et à la fin, cela se traduira par une baisse du PIB. »
D’après lui, cela représente un véritable frein au développement des entreprises : « En termes d’investissement, il faut que l’on soit capable de se projeter sur l’avenir, or, à l’heure actuelle, on ne sait même pas ce qu’il va se passer dans les 6 prochains mois. Il est clair que ce sera un frein à notre croissance, mais aussi pour les investisseurs étrangers. Il y a une étude qui dit que, depuis la dissolution en 2024, des projets qui devaient se concrétiser en France nous sont passés sous le nez parce que les investisseurs préfèrent signer avec un pays à la politique stable. »
En réponse à l’instabilité ambiante, les entreprises ont freiné leurs investissements, gelé les embauches, et comme le vote du budget a été décalé, les commandes ont aussi été freinées. Mais pour Emmanuel Combe, le budget 2026 ne serait pas le seul facteur d’incertitude : « Au niveau du commerce mondial, l’Europe vient à peine de signer son accord sur la taxe à 15% sur toutes leurs exportations aux États-Unis. Le problème, c’est qu’à peine l’encre est séchée que Donald Trump engage une nouvelle procédure sur les meubles importés au motif que les États-Unis importent trop de meubles de l’étranger. Là, on fait un constat alarmant : il n’y a plus de règles du jeu et la signature d’un contrat n’a plus aucune valeur. »
Dimanche 27 juillet, Donald Trump avait conclu les négociations avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en disant que « c’est le plus grand deal à avoir jamais été passé. »
Pourtant, pour l’économiste, l’Europe aurait dû faire preuve de plus de fermeté : « Pour moi, si vous cédez à la première négociation, vous céderez à celle d’après aussi. C’est dommage parce qu’on en avait les moyens, on aurait pu reprendre la rhétorique de Trump qui dit que le commerce mondial est déloyal car il a un déficit commercial avec l’Europe, mais on aurait très bien pu répondre que c’est aussi notre cas avec les États-Unis dans le secteur des services. Mais comme on n’a pas utilisé cet argument dès le départ, maintenant, on se retrouve en position de faiblesse. »
« Pour moi, le multilatéralisme est mort », affirme Emmanuel Combe. Ce concept, utilisé dans le champ des relations internationales, se traduit par la coopération de trois États au moins dans le but d’instaurer des règles communes.
Mais pour l’économiste, depuis l’instauration des droits de douane du président américain Donald Trump, c’est maintenant une chose révolue : « Ce mode d’organisation est né en 1947 avec un article 1 qui s’appelle la clause de la nation la plus favorisée : tu traiteras un pays et les autres pays de la même manière, mais avec les droits de douane sur les autres pays, de fait, le multilatéralisme est quasiment mort. »
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Actuellement, la balance commerciale européenne a baissé de plus de 30% en moins d’un mois. D’après Emmanuel Combe, l’Europe est la grande perdante de cette bataille : « C’est simple, on vient de perdre la bataille des idées. Dans notre logique, on est toujours gagnant-gagnant même si on perd, mais Trump vient de tout renverser et nous emmène tous dans sa propre logique qui est qu’il gagne toujours contre l’autre. »
Alessandra Wyak
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Gorbatchev, réformateur audacieux, est à l’initiative de la Perestroïka et de la Glasnost. Saluées à l’Ouest, ces réformes précipitent la chute du Mur de Berlin et révèlent les tensions internes du régime. Alors comment Gorbatchev a-t-il involontairement scellé le destin de l’URSS ? Plongez au cœur d’un empire en implosion.
Le 11 mars 1985, une étrange atmosphère plane sur Moscou. La radio diffuse de la musique classique, les programmes habituels sont suspendus, et les manifestations officielles sont annulées. Une ambiance pesante, familière aux Soviétiques habitués aux codes subtils annonçant le décès d’un dirigeant. Pourtant, aucune annonce officielle ne vient confirmer les suspicions. Constantin Tchernenko, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, est au plus mal. À 73 ans, il incarne un système vieillissant, à bout de souffle. L’attente est palpable, lourde de conséquences pour l’avenir de l’URSS.
La mort de Tchernenko, confirmée dans l’après-midi par un communiqué médical laconique, met fin à un règne bref, mais symptomatique. À la tête du pays pendant seulement un an, il succède à une série de dirigeants vieillissants, incapables d’endiguer le déclin de l’Union Soviétique. L’économie est en berne, minée par l’inefficacité et la corruption. La course aux armements, relancée par l’initiative de défense stratégique de Ronald Reagan, draine les ressources du pays. Sur le plan social, la société est étouffée par un système rigide et oppressant. L’URSS, autrefois symbole de puissance et d’idéologie, apparaît comme une gérontocratie incapable de se réformer.
Pourtant, au sein du Politburo, le comité central du parti communiste de l’Union soviétique, un homme se distingue. Mikhaïl Gorbatchev, 54 ans, a gravi les échelons du parti avec une rapidité surprenante.
Son parcours, de sa région natale dans le Caucase du Nord à l’université de Moscou, en passant par des responsabilités croissantes dans le domaine agricole, en fait un homme nouveau, familier des arcanes du pouvoir, mais porteur d’une vision différente. Son dynamisme et sa jeunesse contrastent avec la sénilité ambiante. Depuis deux ans déjà, il supplée Tchernenko dans les réunions officielles et les voyages à l’étranger, laissant entrevoir les prémices d’un leadership nouveau.
Dès son élection, Gorbatchev rompt avec les traditions soviétiques. Fini les apparitions protocolaires et les déplacements en limousines aux vitres fumées. Il se promène dans les rues de Moscou, serre des mains, discute avec les passants, et laisse ses gardes du corps à distance. Son épouse, Raïssa, l’accompagne dans ses sorties, rompant avec l’image des épouses de dirigeants invisibles et effacées.
Ce nouveau style de communication séduit l’opinion publique et marque une rupture profonde avec le passé. Gorbatchev comprend l’importance de l’image et de l’adhésion populaire pour mener à bien ses réformes.
Fort de ce soutien, Gorbatchev lance sa grande réforme : la Perestroïka, ou restructuration économique, et la Glasnost, ou transparence politique. Il s’attaque à la corruption, à l’inefficacité, et à la stagnation économique. Les entreprises se voient accorder plus d’autonomie, les prisonniers politiques sont libérés, et la censure est assouplie. La presse bénéficie d’une liberté sans précédent, révélant les problèmes de la société et les abus du pouvoir. Des œuvres littéraires interdites depuis des décennies sont enfin publiées. L’URSS s’ouvre au monde, et les mots « Perestroïka » et « Glasnost » résonnent dans toutes les langues.
Ces réformes audacieuses suscitent un immense espoir en Occident, où Gorbatchev est salué comme un homme de paix et de progrès. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1990 et devient une figure emblématique de la fin de la Guerre Froide. Mais à l’intérieur de l’URSS, les résistances sont fortes. La vieille garde du parti voit d’un mauvais œil ces changements. Les différentes nationalités qui constituent l’URSS, longtemps réprimées, expriment leurs revendications avec de plus en plus de force. L’économie, malgré les efforts de Gorbatchev, peine à se redresser. Les pénuries persistent et les tensions sociales s’aggravent.
La chute du Mur de Berlin en novembre 1989 marque un tournant décisif. Elle symbolise l’effondrement du bloc soviétique en Europe de l’Est et encourage les aspirations à l’indépendance au sein de l’URSS. Les pays baltes, l’Ukraine, la Géorgie, et d’autres républiques multiplient les déclarations de souveraineté. Gorbatchev tente de trouver un compromis en créant une nouvelle assemblée législative, le Congrès des députés du peuple, et en accordant plus d’autonomie aux régions. Mais ces mesures sont jugées insuffisantes par les nationalistes, qui réclament l’indépendance pure et simple. L’unité de l’URSS est plus que jamais menacée.
Au cœur de l’été 1991, alors que la situation se détériore, un groupe de dirigeants communistes orthodoxes tente de renverser Gorbatchev. Le 19 août, alors qu’il est en vacances en Crimée, il est placé en résidence surveillée et les putschistes prennent le contrôle de Moscou. Mais le coup d’État échoue face à la résistance populaire, menée par Boris Eltsine, le président de la Russie. Gorbatchev est libéré, mais son autorité est irrémédiablement affaiblie. L’URSS est au bord du précipice.
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Le 25 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev annonce sa démission de la présidence de l’Union Soviétique. Dans un discours télévisé empreint de tristesse et de lucidité, il reconnaît l’échec de sa tentative de réformer le système et prend acte de la disparition de l’URSS.
Le drapeau rouge est abaissé sur le Kremlin, remplacé par le drapeau tricolore russe. L’Union Soviétique, née de la révolution d’Octobre 1917, cesse d’exister.
Franck Ferrand
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A l’occasion de leur participation au dispositif Génération Chaise Dieu, Ada Aebi et Eléonore Hirt, membres du Quatuor Vermeille seront, ce mardi 26 août à 20h, les invitées du Journal du Classique.
Coup de projecteur ce soir sur un tout nouveau quatuor à cordes qui est en train d’éclore, de se construire depuis seulement quelques mois. C’est le Quatuor Vermeille qui réunit des musiciennes suisses issues de la Haute Ecole de Musique de Genève. Elles participent en ce moment à une résidence dédiée aux jeunes ensembles dans le cadre du festival de la Chaise Dieu, encadrée par le violoniste Pierre Fouchenneret, l’altiste Lise Berthaud et le pianiste Romain Descharmes. Une résidence qui s’achèvera samedi 30 août par un grand concert à 17h30 à l’Auditorium Cziffra.
Ada Aebi et Eléonore Hirt, violoniste et violoncelliste du quatuor, nous éclaireront ce soir sur leur vision de ce genre, l’un des plus nobles et des plus intimidants de la musique classique auquel elles ont choisi de se confronter et dont elles découvrent les enjeux artistiques et humains.
Laure Mézan
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