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Genève, 1957. Un titre macabre fait la une de La Tribune de Genève : « Un homme foudroyé par une flèche empoisonnée. » Franck Ferrand vous entraîne dans un fait divers sordide, derrière lequel se cache une organisation secrète.
Marcel Léopold, négociant de 55 ans, rentre chez lui au numéro 16 du cours des Rives. Sur le palier, alors qu’il referme la porte de l’ascenseur, un tir mortel l’atteint à l’aisselle. Un assassin l’attendait, dissimulé derrière la cage d’ascenseur avec une sarbacane prête à tirer. Léopold a juste le temps d’appuyer sur la sonnette de son appartement et de murmurer : « J’ai été empoisonné », avant de s’effondrer dans les bras de sa femme.
L’enquête, menée par le chef de la sûreté Charles Kencht, révèle le passé sulfureux de Léopold. Parti en Chine sans un sou, il avait fait fortune dans les maisons closes et les fumeries d’opium, avant de tout perdre à l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong. Réfugié à Genève, il s’est reconverti dans un autre commerce : le trafic d’armes à destination du FLN, le Front de Libération Nationale algérien.
Des lettres de menaces signées « La Main Rouge » sont retrouvées chez la victime. Mais qui se cache derrière ce nom sinistre ? Durant près de 10 ans, cette organisation anonyme va semer la terreur à travers l’Europe et en Afrique du Nord, multipliant les attentats et les assassinats.
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Préparez-vous à plonger dans les opérations secrètes de la Main Rouge, une histoire de trahison, de manipulation et de secrets d’État aux conséquences insoupçonnées sur le conflit algérien. Un récit glaçant à écouter sur Radio Classique.
Franck Ferrand
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À moins d’un an des élections municipales, une étude réalisée pour l’institut Terram et le laboratoire de la République prend le pouls de l’attrait des Français pour les conseils municipaux. Son auteur, Benjamine Morel, estime que 24 % des personnes impliquées se disent prêtes à figurer sur une liste électorale, un pourcentage stable depuis 1999. Invité de la matinale, le maître de conférences en droit public à ASSAS dévoile que cette stabilité n’est pas une bonne nouvelle.
En mars 2026, les citoyens et citoyennes éliront leurs conseillers municipaux. Leur rôle : représenter les habitants de la commune dans les décisions prises pour sa gestion. Selon le nombre d’habitants de la ville, leurs effectifs peuvent varier. Pourtant, l’année dernière, une proposition de loi a tenté de réduire le nombre de places au poste de conseiller municipal, portée par le groupe Union Centriste au Sénat.
Pour ce groupe de sénateurs, cela répondrait à la baisse du nombre de candidats aux élections municipales : « Les difficultés pour trouver des candidats pour exercer les fonctions de conseiller municipal peuvent conduire à recruter des personnes moins motivées, ce qui entraîne des démissions plus fréquentes et un absentéisme élevé. »
Benjamin Morel, auteur de l’étude Conseils Municipaux : renouer avec l’engagement citoyen, alerte sur le fait que toutes les communes font face à un abandon du conseil municipal : « Dans les petites communes, on a du mal à trouver des listes dues à la désertification rurale, mais ce phénomène se produit aussi bien dans les grandes métropoles où là l’engagement paraît trop grand et trop compliqué. »
Pour Benjamin Morel, ce refus d’engagement politique viendrait d’abord des contraintes du poste : « Quand on est maire, on est payé, mais en tant que membre du conseil municipal, vous êtes simplement bénévole. Le seul argent que vous touchez est celui du remboursement des déplacements et, en cas de repas, lors du conseil municipal. Et il y a aussi le fait que ce n’est pas l’organe qui détient le pouvoir et, selon le management politique du maire, vous pouvez être très marginalisé. C’est à ce moment-là qu’on se pose alors la question : « À quoi bon ? » »
Pourtant, un autre facteur serait un frein dans la prise de poste : « Vous allez donner de votre temps gratuitement et sa valorisation à la sortie est faible, donc il y a déjà le regard de votre famille qui pèse, et aussi celui de vos collègues qui se demandent pourquoi vous passez moins de temps au travail. »
L’auteur dresse alors un constat clair : « 24 % des personnes rassemblées qui se disent prêtes à être sur une liste l’année prochaine, mais le chiffre n’a pas bougé depuis 1999 et ce n’est pas une bonne nouvelle. On observe une véritable différence générationnelle avec des jeunes qui ont envie de s’engager, mais aujourd’hui le poste représente trop de contraintes. L’avenir qui s’esquisse pour cette fonction n’est pas très rose alors il faut repenser les conditions de l’engagement politique. »
En 2020, après le renouvellement général des conseils municipaux, 345 communes ne disposaient pas d’un conseil municipal complet, contre 228 en 2014. Benjamin Morel révèle que le manque de volontaires à ce poste va totalement bouleverser le système tel qu’on le connaît : « C’est simple, s’il n’y a plus assez de monde, on va devoir faire appel à des fonctionnaires pour faire ce travail. Ce sont les communes qui devront les payer et elles ne feront pas d’économies grâce à ça. »
D’après lui redonner l’envie de s’engager au conseil municipal passerait par une valorisation dans le parcours professionnel : « Si vous vous engagez politiquement sur une liste et que vous n’êtes pas adjoint au maire, vous n’avez aucun gage qui vous permette de valoriser ça. Le premier changement à appliquer serait d’en faire un véritable atout pour votre carrière professionnelle. »
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Pour Benjamin Morel, ce poste représente une formation unique en son genre : « C’est très formateur, vous découvrez la politique locale, vous découvrez comment fonctionnent une commune, vous découvrez comment fonctionner des choses aussi basiques qu’un marché public et ça tout en contribuant à la vie de votre commune. »
Alessandra Wyak
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The Yellow Tie (La Cravate jaune), le film qui raconte la vie du grand chef d’orchestre roumain Sergiu Celibidache, sortira en salles le 28 novembre. La bande-annonce du film, dont John Malkovich est la tête d’affiche, vient d’être mise en ligne.
Pour interpréter un personnage aussi haut en couleur que celui de son père, le réalisateur Serge Ioan Celebidachi a choisi Ben Schnetzer dans le rôle du chef d’orchestre roumain jeune et John Malkovich pour l’interpréter plus âgé, jusqu’à sa mort à Nemours en 1996, à l’âge de 84 ans. Les deux acteurs américains sont accompagnés de Sean Bean dans le rôle du père du maestro, qu’on peut découvrir dans la bande-annonce de La Cravate jaune récemment mise en ligne.
Le film, coscénarisé et réalisé par le fils de Sergiu Celibidache, a été tourné en 2022. Il raconte le parcours d’une figure emblématique de la musique au XXe siècle à la vie très romanesque et au tempérament sans concession, comme le décrit le site Opera On Line. Chassé de chez lui à l’adolescence par son père qui ne voulait pas qu’il fasse carrière dans la musique, Sergiu Celibidache deviendra l’un des plus jeunes chefs à diriger le Philharmonique de Berlin.
Pour se mettre dans la peau du maestro roumain, John Malkovich, qui a dû notamment « diriger » un concert à Bucarest devant un public composé de plus de 4000 figurants pour une scène du film, a reçu une formation accélérée auprès du chef d’orchestre allemand Konrad von Abel qui fut l’assistant de Sergiu Celibidache de 1986 à 1996 à Munich.
« Incarner Sergiu Celibidache a été un défi de taille et un apprentissage difficile. C’était un personnage incroyablement doué, complexe et changeant, mais j’ai été grandement aidé dans cette entreprise par son fils, Serge et par Konrad von Abel, chargé de la tâche peut-être peu enviable de m’enseigner la direction d’orchestre », a confié John Malkovich au magazine Variety.
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L’acteur américain de 71 ans est depuis longtemps un passionné de musique classique. On a pu notamment le voir et l’entendre évoquer Frédéric Chopin en 2023 dans le court-métrage The Music Critic imaginé par le violoniste et compositeur Aleksey Igudesman. En juin 2024, il avait partagé la scène de l’Opéra Royal du Château de Versailles avec la mezzo-soprano Cecilia Bartoli, les Musiciens du Prince et les chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo dans le spectacle lyrique Their Master’s Voice, consacré aux grands chanteurs castrats du XVIIIe siècle.
Philippe Gault
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Au cœur de la Russie tsariste, un jeune écrivain, Fiodor Dostoïevski, ose penser librement. Son châtiment sera terrible : l’arrestation, la prison, une exécution montée de toutes pièces, puis le bagne. Une descente aux enfers qui transformera l’écrivain en profondeur, révélant les thèmes qui nourriront ses plus grands romans.
Fiodor Dostoïevski perd ses parents très jeunes. Sa mère décède des suites de la tuberculose alors qu’il n’a que 15 ans et, quatre ans plus tard, son père certainement victime des serfs du domaine dans lequel il habitait. Issu de la noblesse, il aurait dû vivre une vie confortable ; pourtant, il ne roule pas sur l’or. L’héritage laissé par ses parents est géré par son beau-frère. C’est pour cela qu’après ses études, il se voit obligé de prendre un poste d’officier au département des plans du génie à Saint-Pétersbourg. Il conserve ce travail purement par nécessité, car en réalité, ce qui le passionne vraiment, c’est la littérature.
Le 21 août 1844 marque le véritable début de sa carrière d’auteur. Son biographe Virgil Tanase rapporte que « le jeune Dostoïevski demande sa mise en disponibilité, persuadé qu’il peut vivre de sa plume à condition de se consacrer à la rédaction d’un ouvrage important. Il propose alors à son tuteur de renoncer à sa part d’héritage en échange de 3000 roubles tout de suite. » Après un travail considérable, il publie son premier roman, Les Pauvres Gens, à l’âge de 24 ans. Même s’il publie d’autres œuvres par la suite, le succès n’est jamais aussi retentissant.
Après une période où sa carrière piétine, Dostoïevski rencontre un certain Petrachevski, un jeune homme cultivé, fasciné notamment par le socialisme. Très rapidement, il invite Fiodor à des débats où, plus le temps passe, plus ils commencent à aborder les sujets interdits lorsque l’on vit dans la Russie du Tsar Nicolas Ier. Les participants s’en prennent au pouvoir impérial, aux religieux ; et parlent de réformes, n’osant pas prononcer le mot « révolution ». Mais ce qu’ils ne savent c’est que dans ce petit groupe, il y a une taupe qui rapporte secrètement ce qui se trame chez Petrachevski aux autorités.
Un matin d’avril 1849, Fiodor rentre de chez Petrachevski. À peine s’était-il allongé qu’il est réveillé par des voix et un cliquetis de sabres. En ouvrant les yeux, il vit sa lampe allumée et, devant lui, l’inspecteur de police du quartier, un lieutenant-colonel et un soldat. Cherchant de quoi l’incriminer, les agents du Tsar mettent alors ses affaires sous scellés et le conduisent hors de son domicile. La nuit suivante, c’est dans la forteresse Pierre-et-Paul, isolée au milieu des flots agités de la Neva qu’il va la passer. Il y occupe la minuscule cellule numéro 9, située au ras de l’eau. À l’intérieur, il y a un lit en bois, une table, un tabouret et des fenêtres triplement grillagées avec les vitres peintes. Une porte en bois munie d’un judas donne sur un couloir plongé dans l’obscurité, de sorte le détenu ne puisse jamais percevoir l’œil du gardien qui l’épie.
C’est seulement douze jours plus tard que Dostoïevski est interrogé par la commission qui s’occupe de son affaire. Fiodor va se défendre d’une manière surprenante ; il ne va pas réfuter ses dires, au contraire, il les assume et demande à la commission pourquoi il n’aurait pas le droit de vouloir le bien de sa patrie. Mais au-delà de sa prise de position politique, d’autres faits lui sont reprochés, comme la propagation d’un texte interdit et la possession d’une carte de membre d’un groupe de Petrachevski pour préparer une insurrection dans la capitale russe. Malgré ses dénégations, la commission garde des doutes et le laisse incarcéré. Son sort est désormais entre les mains de la justice impériale.
De semaine en semaine, et de mois en mois, ses conditions de détention s’adoucissent légèrement. Il a même la permission de continuer à écrire et d’échanger des lettres avec son frère, auquel il confie ses tourments et ses préoccupations concernant sa santé fragile, due à son épilepsie. Mais vers la mi-octobre, la correspondance est de nouveau interdite, signe que le jugement approche.
Les membres de la Commission ont transmis leurs appréciations aux juges militaires chargés du verdict final. Ils se révèlent sévères envers Fiodor, dont la défense a été jugée peu convaincante. Il est donc condamné à mort.
Le matin du 22 décembre, il fait partie des 21 détenus rassemblés pour être conduits hors de la forteresse enneigée. Le petit convoi rejoint la place Semenovski. Trois poteaux sont dressés bien en vue de la foule, venue assister au sinistre spectacle. Un militaire annonce aux condamnés leur sort : dans quelques instants, ici même, sur cette place, ils mourront pour leurs crimes. Mais soudain, un incroyable rebondissement se produit : l’exécution est annulée. Le tsar a accordé sa grâce ! Les condamnés ne seront pas exécutés, mais leurs peines seront ajustées au cas par cas. Tout ça n’aura été qu’une mise en scène. Pour Dostoïevski, la grâce impériale ne signifie pas la fin de la souffrance, mais le début d’une nouvelle épreuve : il est condamné à 4 ans de bagne.
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Quelques jours plus tard, Fiodor entreprend un voyage interminable vers l’est. Sous bonne garde, il traverse tant bien que mal les étendues de l’immense Russie. De rares bourgades ponctuent le paysage, jusqu’à Tobolsk, atteinte au début du mois de janvier 1850. Deux semaines plus tard, Fiodor arrive enfin à destination : le bagne-forteresse d’Omsk. Là, il endure un véritable enfer quotidien. Cette épreuve lui permettra de découvrir une autre facette de lui-même et de l’humanité. Après ces quatre ans de bagne, il reprendra le cours de sa vie avec une force nouvelle, transformé à jamais par cette expérience. C’est au cœur de la Sibérie que Dostoïevski puisera l’inspiration qui donnera naissance à Crime et Châtiment, à L’Idiot, et aux Frères Karamazov, les œuvres qui ont fait de lui Dostoïevski.
Franck Ferrand
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Léon Trotski, chassé par Staline, a vécu trois ans au Mexique, après un long exil qui ne prendra jamais fin. Le révolutionnaire russe a été assassiné malgré le dispositif de haute sécurité dont il bénéficiait.
5 agents de police patrouillant en permanence dans la rue, une dizaine de trotskistes vivant sur place pour assurer sa sécurité, des « secrétaires-gardes-du-corps » et une forteresse en guise de bâtiment : voilà dans quelles conditions vivaient Trotski et son épouse Natalia.
Malgré cela, le plus célèbre des réfugiés russes au Mexique a été sauvagement assassiné par un homme dont il a lâché le nom au moment de mourir, « Jackson ». Celui-ci avait caché un pic à glace sous son manteau et a frappé une fois Léon Trotski, qui s’est battu comme un tigre, mordant son agresseur et l’empêchant d’utiliser le pistolet et la dague dont il était également pourvu.
Le lendemain, le 21 août 1940, Trotski meurt de ses blessures. Un assassinat accueilli avec une certaine indifférence en Europe, en proie à la conquête de l’Allemagne Nazie. Il n’empêche que cette machination décidée par l’ennemi de Trotski, Staline est digne d’un roman d’espionnage.
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Elle implique tout un réseau d’espions, y compris un certain Nahum Eitingon et sa maîtresse, une aristocrate catalane. Une femme fatale qui n’a pas hésité à faire disparaître une vingtaine de trotskistes. Ce n’est pas elle, mais son fils, qui est désigné pour éliminer Leon Trotski.
Franck Ferrand vous raconte la minutieuse préparation de l’assassinat du leader bolchévique, qui a inspiré au cinéaste Joseph Losey « L’Assassinat de Trotski », avec Alain Delon dans le rôle titre :
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L’alliance atlantique a annoncé que les chefs d’état-major des armées de l’OTAN se réunissent en visioconférence ce mercredi après-midi pour évoquer le conflit en Ukraine et les progrès des efforts diplomatiques. Cette réunion intervient alors qu’une rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le président ukrainien Volodymyr Zelensky est envisagée. Invité de la matinale, Bruno Tertrais, politologue, estime que cette rencontre ne va pas avoir lieu.
Donald Trump a fait savoir qu’il allait « commencer les préparatifs » d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, qui rejetait jusqu’ici une telle réunion. Mais cette rencontre ne semble pas crédible pour Bruno Tertrais : « Vladimir Poutine n’a pas formellement accepté le principe d’un sommet bilatéral avec Zelensky. Et je pense qu’il n’y aura sans doute pas de sommet, car pour Poutine, cela reviendrait à reconnaître l’existence de l’Ukraine en tant que pays souverain au même niveau que la Russie, mais ça, c’est inenvisageable. »
Pourtant, plusieurs pays, comme la Suisse, l’Autriche ou la Hongrie, se proposent comme terre d’accueil de ce sommet. Lors d’un appel avec Donald Trump ce lundi 18 août, Vladimir Poutine aurait même pris les devants : « Quand le président Russe propose Moscou comme lieu de rencontre au président américain, c’est purement stratégique, parce qu’il sait très bien que c’est le seul endroit où Zelensky refuserait d’aller. En réalité, Poutine joue avec Trump comme un chat joue avec une pelote de laine. »
D’après le politologue, une rencontre sous une autre forme reste envisageable : « Ce qui reste possible, c’est une rencontre à haut niveau, c’est-à-dire que ce sont les ministres des affaires étrangères qui vont se rencontrer en vue d’arriver à un éventuel accord d’armistice. »
Les États-Unis ont annoncé être prêts à apporter un soutien militaire aérien, ce mardi 19 août, en guise de garantie de sécurité à l’Ukraine en cas d’accord de paix avec la Russie. C’est justement le sujet central vers lequel vont se tourner les discussions de la visioconférence de l’OTAN cet après-midi : « Si lors de la coalition volontaire on arrive à stabiliser la question de la distribution des territoires, il va falloir garantir que Poutine ne puisse plus attaquer l’Ukraine, et c’est ça la question fondamentale. »
Le politologue explique que ces garanties de sécurité peuvent être négatives et positives : « La définition négative signifie qu’un pays s’engage à ne plus attaquer tel ou tel pays. Pour l’instant, on a la Russie qui a dit qu’elle s’engage à signer un texte pour ne plus attaquer personne, mais personne ne peut la croire sérieusement alors qu’elle a déjà violé cet engagement à de multiples reprises. Ensuite, on a la définition positive qui signifie qu’un pays s’engage à garantir la sécurité d’un autre pays. On a déjà la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni qui se sont engagés. »
D’après lui, la Russie ne veut pas de ces propositions mais les Européens et les Ukrainiens ne sont pas prêts à changer d’avis : « Ils ont annoncé très clairement que s’il n’y a pas ces fameuses garanties de sécurité, il n’y aura pas d’accord. »
« Le rôle de la France est assez intéressant parce que très clairement, elle est en pointe dans ce dossier », affirme Bruno Tertrais. Depuis 2022, Emmanuel Macron a fait de la guerre en Ukraine un point central de sa politique.
Pour le politologue, le président de la République a su s’imposer comme une figure des négociations : « Pour parler avec Trump, il faut qu’il vous aime bien. Et on a pu voir que lors du sommet de lundi, pas mal de dirigeants européens ont fait des courbettes à Trump, mais Emmanuel Macron est le seul qui a su rester ferme. Il a une véritable capacité à entraîner les Européens avec lui, et je crois qu’il joue un rôle très utile dans les négociations, surtout maintenant qu’il n’a plus aucune illusion vis-à-vis de la Russie et de Vladimir Poutine. »
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Pourtant, Bruno Tertrais affirme que les Européens sont en train de voir leur plus grande crainte se réaliser : « Cette rencontre en Alaska entre Trump et Poutine, c’était un véritable cadeau pour le président russe. Il a pu retrouver l’ambiance qu’il adore, celle de la guerre froide où il se donne l’impression qu’avec l’Amérique, il gère ensemble les affaires de la sécurité du monde, et ça, c’était exactement ce que les Européens ne voulaient pas qu’il se passe. »
Alessandra Wyak
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L’un des violons les plus précieux au monde, fabriqué il y a près de trois siècles par le célèbre luthier italien Guarneri, sera la vedette le 28 août d’un concert à Londres à l’occasion du prestigieux festival de musique classique des Proms.
Ce violon, connu sous le nom de Carrodus, est l’un des rares instruments encore existants fabriqués par Giuseppe Guarneri del Gesu, célèbre luthier de Crémone, dans le nord de l’Italie. Il a notamment appartenu au célèbre compositeur italien et violoniste virtuose Niccolo Paganini et a été acheté en juin dernier pour la somme de 20 millions de dollars (17,08 millions d’euros) par la Stretton Society, une organisation à but non lucratif.
Réalisé en 1743, l’instrument sera joué pour la première fois lors d’une soirée de la série annuelle de concerts des Proms le jeudi 28 août au Royal Albert Hall de Londres par le violoniste Inmo Yang. « Je n’en reviens pas de la chance que j’ai de jouer de cet instrument. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs jamais fabriqués », a déclaré le musicien sud-coréen de 30 ans, qui fera lui aussi ses débuts aux Proms à cette occasion.
La Stretton Society, un réseau de philanthropes, de mécènes et de sponsors qui a prêté le violon à Inmo Yang, acquiert des instruments rares et historiques pour les mettre à disposition des meilleurs musiciens du monde. « Guarneri del Gesu est considéré comme l’un des luthiers les plus importants de l’Histoire et Inmo Yang est l’un des meilleurs musiciens de sa génération », estime Stephan Jansen, cofondateur de la Stretton Society.
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Lors de ce concert, consacré aux compositeurs français et dirigé par la cheffe d’orchestre Marie Jacquot, Inmo Yang interprétera Carmen-Fantaisie, la variation par Pablo de Sarasate d’un des airs les plus célèbres de l’œuvre de Georges Bizet. Selon le violoniste « La large palette sonore du violon rend compte du caractère fort, parfois séducteur, du personnage de Carmen (…) Penser que Paganini utilisait cet instrument a quelque chose de spirituel ».
Une publication partagée par INMO YANG (@inmoyangviolin)
Le Carrodus a été prêté à Inmo Yang pour un minimum de 10 ans, mais avec l’idée de le lui confier « à vie », indique Stephan Jansen.
Philippe Gault (avec AFP)
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À quelques jours du début de l’US Open de Tennis, une des marques partenaires de Novak Djokovic diffuse un clip publicitaire dans lequel l’ancien n°1 mondial « joue » au violon un extrait des Quatre saisons de Vivaldi.
Alors que l’US Open, qu’il a déjà remporté à quatre reprises, débute cette semaine, Novak Djokovic laisse planer le doute sur sa participation en raison de douleurs au genou droit. En revanche, les sponsors de l’ancien n°1 mondial ont déjà saisi l’opportunité de sa présence potentielle aux Etats-Unis pour communiquer. C’est notamment le cas de son équipementier/chaussures, ASICS, qui vient de mettre en ligne un spot plutôt décalé.
Une publication partagée par ASICS (@asics)
Sur la vidéo de la firme japonaise, dont le nom est l’acronyme de la devise latine Anima Sana In Corpore Sano (Un esprit sain dans un corps sain), on peut voir le champion serbe mimer, un violon à l’épaule et un archet à la main, l’interprétation du thème du premier mouvement de L’Hiver, extrait des Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi. Une nouvelle preuve de l’attirance de Novak Djokovic pour les instruments à cordes frottées et particulièrement le violon.
C’est depuis une dizaine d’années que le tennisman distille ponctuellement de petits indices sur cette passion. On se souvient qu’en 2016, Nole, son surnom, était apparu enfant puis adulte, partagé entre violon et tennis dans un spot pour la 308 Peugeot. En 2020, il avait demandé à son ami et compatriote, le célèbre violoniste Nemanja Radulović, de jouer lors de la cérémonie d’ouverture d’un tournoi caritatif qu’il avait organisé à Belgrade pendant le premier confinement sanitaire.
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Il y a un an, quelques semaines après avoir remporté le titre olympique à Paris, Novak Djokovic, qui passait quelques jours de vacances en Croatie, avait emprunté l’instrument de l’altiste Sarah McElravy pour improviser quelques notes en duo avec le violoniste Julian Rachlin, compagnon de cette dernière. Sans oublier le geste, devenu gimmick, du champion serbe, qui mime un violoniste avec sa raquette, à l’issue de ses victoires depuis le mois de juin 2024, en clin d’œil à sa fille Tara, 7 ans, qui a commencé à étudier le violon cette année là.
Philippe Gault
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Le docteur Gachet est resté célèbre dans l’histoire de l’Art pour avoir accueilli à Auvers-sur-Oise le peintre Vincent Van Gogh, dont il admirait le travail. Ce bourgeois, fin connaisseur du milieu artistique, a été un grand collectionneur et a aidé bon nombre de peintres.
Paul Ferdinand Gachet était un médecin spécialisé dans les troubles psychiques, qui a accueilli Vincent Van Gogh à sa sortie de l’asile psychiatrique en 1890. Lors de ce séjour de 70 jours à Auvers-sur-Oise, qui se terminera tragiquement par le suicide du peintre, Van Gogh a produit 70 toiles. Une courte période, prolifique, au cours de laquelle le docteur Gachet encourage son patient à créer, estimant que c’est la meilleure des thérapies face à ses problèmes mentaux.
Il faut dire que cet homme d’une soixantaine d’années, bien introduit dans le monde artistique, a su apprécier, avant tout le monde, le talent de Vincent Van Gogh. Il fréquente les Impressionnistes, et surtout Camille Pissarro, dont il est le médecin, et soigne régulièrement des peintres, parfois en échange de toiles.
Le docteur Gachet devient au fil des années un grand collectionneur, prêtant même des toiles pour la fameuse Exposition impressionniste de 1874. Il est à l’avant-garde artistique, organise des dîners avec des peintres et des critiques d’art.
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Avec un mélange d’humanisme et d’enthousiasme, et tout en continuant lui-même à peindre, il soutient financièrement des artistes en difficulté comme Honoré Daumier, et partage son temps entre son cabinet à Paris, son jardin à Auvers-sur-Oise, et sa collection d’art.
Franck Ferrand vous brosse le portrait de ce mécène, dont la maison à Auvers-sur-Oise peut encore être visitée aujourd’hui :
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Le Hamas a annoncé, lundi 18 août, avoir donné son feu vert à un cessez-le-feu avec Israël dans la bande de Gaza, associé à une libération d’otages retenus dans le territoire palestinien. La proposition, soumise par les médiateurs égyptiens et qatari, n’a toujours pas été validée par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Invité de la matinale, Gilles Kepel, politologue spécialiste du monde arabe, analyse la situation.
Une trêve de soixante jours du conflit israélo-palestinien en échange de la libération de dix otages et d’un retrait partiel de l’armée israélienne : voilà ce que prévoit le cessez-le-feu accepté par le Hamas ce lundi.
Le directeur des services de renseignement égyptiens, Diaa Rashwan, a confirmé au média d’État Al-Qahera News que l’Égypte et le Qatar, les deux médiateurs dans le cadre du conflit israélo-palestinien, ont bien également soumis cette proposition à Israël et que « la balle est désormais dans son camp.»
D’après le politologue et spécialiste du monde arabe, Gilles Kepel, la population israélienne est divisée quant à l’acceptation de ce cessez-le-feu : « Ce dimanche, deux millions de grévistes ont manifesté pour appeler à la libération des otages et à la fin de la guerre à Gaza, alors que, dans le même temps, l’extrême droite souhaite l’extermination du Hamas et non la libération des otages. Le constat est clair Netanyahu est pris entre le marteau et l’enclume. »
Cette relance diplomatique intervient au moment où l’armée israélienne, sur ordre du cabinet militaire du Premier ministre Benyamin Netanyahu, se prépare à lancer une nouvelle phase de ses opérations militaires à Gaza. L’objectif : libérer tous les otages israéliens et « vaincre le Hamas.»
Pourtant, Gilles Kepel révèle qu’il n’est plus possible pour Israël de continuer l’occupation de Gaza : « Tout ça commence à coûter très cher à Israël. C’est coûteux en hommes, en argent, mais aussi en réputation à l’échelle internationale, et on l’observe par les alliés de toujours d’Israël qui lui mettent vraiment la pression pour stopper le conflit. »
D’après l’Institut international d’études stratégiques de Londres (IISS), l’armée israélienne dispose de 169 500 soldats appelés et professionnels. Mais aujourd’hui, une faille s’est créée entre le gouvernement israélien et son armée : « Les gens refusent de rentrer dans l’armée, le nombre d’officiers ou de soldats potentiels qui se suicident ne fait qu’augmenter, donc le consensus qui dit que l’armée et le gouvernement sont comme les deux doigts d’une même main est en train de se fragiliser. »
Le 24 juin dernier, l’Iran et Israël ont accepté un cessez-le-feu, mettant fin à la guerre des douze jours. Pourtant, ce lundi, le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Aref, est revenu sur cet accord : « Nous devons être prêts à tout moment à la confrontation. Aujourd’hui, nous ne sommes même pas dans une situation de cessez-le-feu, il y a plutôt une cessation des hostilités. »
Le politologue spécialiste du Moyen-Orient alerte : « L’Iran fait tout pour continuer ses recherches et l’exploitation d’uranium afin d’atteindre un niveau lui permettant de disposer de l’arme nucléaire. Il observe aussi ce qui se passe à Gaza, car ils ne veulent pas que le Hezbollah rende les armes, étant donné que pour eux, c’est un relais d’information très important. »
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Gilles Kepel annonce que le monde s’apprête à être bouleversé : « Il y a une véritable course qui est en train de se jouer au Moyen-Orient, en même temps que ce qui se passe avec la guerre en Ukraine. Le monde tel qu’on le connaît va être bouleversé, et ce qui est sûr, c’est que Washington en est l’épicentre. »
Alessandra Wyak
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