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  • Un imposteur pendant la Révolution : qui était le faux évêque d’Agra, tour à tour républicain et royaliste ?

    Le citoyen Guyot était patriote le jour, la nuit évêque in partibus. Il était républicain pour les Républicains, catholique pour les Catholiques dans le contexte de la guerre de Vendée.

    L’histoire de Gabriel Guyot de Folleville est un exemple en matière d’usurpation. Cet homme éloquent et cultivé, catholique, mais adhérant aux idées révolutionnaires, a plusieurs fois retourné sa veste pour tenter de sauver sa peau. Et cela fonctionnera… un temps.

    En janvier 1793, il arrive à Poitiers sans un sou. Affirmant être membre des jacobins, il parvient à obtenir une pension… tout en fréquentant le soir des sœurs et des frères catholiques, ce qui va évidemment à l’encontre des idées révolutionnaires.

    Guyot prend le risque d’être découvert

    Craignant d’être finalement démasqué, Guyot décide de rejoindre l’armée royale de Vendée ! Il ne se bat pas d’ailleurs, mais se cache et attend la fin des hostilités. Arrêté comme déserteur, il mise tout sur un coup d’éclat.

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    Il assure être un évêque envoyé par le Pape Pie VI sous une fausse identité, ce qui serait le premier signe d’un soutien du Saint Siège à l’armée vendéenne. Cette nouvelle va soulever un élan d’enthousiasme chez les paysans. Mais tout n’est qu’un mensonge, et Guyot prend le risque d’être découvert.

    Découvrez l’intégralité de l’épisode consacré à cet usurpateur sous la Révolution, raconté par Franck Ferrand :

     

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  • Rencontre Trump-Zelensky : « Les Européens et Zelensky veulent rappeler que la paix ne se fait pas à n’importe quel prix », explique Ulrich Bounat

    Après le sommet Trump-Poutine en Alaska, le président américain reçoit ce lundi 18 août Volodymyr Zelensky, président ukrainien, à la Maison Blanche. Les deux hommes s’entretiendront dans l’après-midi en présence des soutiens européens, dont Emmanuel Macron. Invité de la matinale, Ulrich Bounat, analyste géopolitique, décrypte la situation à quelques heures de cette réunion.

    Après presque trois heures de réunion lors du sommet en Alaska qui s’est tenu le vendredi 15 août, Donald Trump et Vladimir Poutine n’ont pas réussi à s’accorder sur un plan pour résoudre le conflit en Ukraine. Depuis le fort de Brégançon, le président français Emmanuel Macron a réagi avec gravité : « J’ai l’intime conviction que Vladimir Poutine ne veut pas la paix, mais la capitulation de l’Ukraine, alors que Donald Trump veut la paix ».

    Ulrich Bounat, analyste géopolitique, estime que la volonté affichée par Donald Trump de parvenir à la paix à tout prix pourrait poser problème : « En désirant obtenir la paix le plus rapidement possible, on observe que Donald Trump a plutôt tendance à se ranger du côté de la Russie, comme il a beaucoup plus de facilité à faire pression sur Volodymyr Zelensky que sur Vladimir Poutine. »

    Pourtant, c’est bien le président américain qui reste le maître du jeu : « C’est Trump qui peut faire la pluie et le beau temps, dans le sens où il peut décider de mettre plus de sanctions à la Russie comme il peut apporter plus de sécurité à l’Ukraine. C’est pour ça que les Européens se rendent à Washington aujourd’hui. »

    L’Ukraine à la recherche d’une paix équilibrée

    C’est la cinquième fois que Volodymyr Zelensky est reçu dans le bureau ovale depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. C’est aussi la deuxième fois qu’il rencontre Donald Trump, après une première entrevue assez tendue au cours de laquelle le président américain l’avait accusé de « manquer de respect et de ne pas avoir dit une seule fois merci pour l’aide militaire fournie par les États-Unis. »

    Pour Ulrich Bounat, l’objectif de l’Europe et de l’Ukraine lors de cette nouvelle réunion, c’est de s’imposer : « Il faut d’abord qu’ils essaient de comprendre ce qui s’est dit en Alaska, et à partir de là, il va falloir revenir sur les conditions imposées par Vladimir Poutine, dont certaines sont vraiment inacceptables pour l’Ukraine. L’autre point majeur, c’est de leur faire comprendre que la paix ne peut pas se faire à n’importe quel prix ! »

    Car, pour poursuivre les négociations de paix, Vladimir Poutine aurait posé une exigence : prendre le contrôle de l’entièreté du Donbass. Pour l’Ukraine, c’est militairement inacceptable : « Le Donbass, c’est 10 % du territoire ukrainien, explique l’analyste. Laisser la partie contrôlée par la Russie depuis 2015 a déjà été acceptée par les Ukrainiens, qui savent que cela fait 10 ans maintenant que la population est soumise à la propagande pro-russe. Mais le problème, c’est qu’il reste 25 à 30 % du territoire, dont les deux plus grandes villes, qui ne sont pas occupées. Dès lors, céder l’ensemble du territoire sans se battre est inimaginable. »

    Poutine, grand gagnant du sommet en Alaska ?

    Depuis mars 2023, le président russe est visé par un mandat d’arrêt international pour des soupçons de déportation illégale d’enfants ukrainiens vers la Russie. L’analyste politique estime que sa simple arrivée sur le sol américain constituerait déjà une victoire pour lui : « Vladimir Poutine a totalement réhabilité son image, et c’était quand même assez incroyable de le voir arriver sur un tapis rouge, dans un rugissement d’applaudissements. Il est clair que, sur la forme, il est le grand gagnant de ce sommet en Alaska. »

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    Du côté européen, l’enjeu médiatique et géopolitique est également important : « Si l’Europe n’arrive pas à influencer le cours des choses, si elle n’arrive pas à s’asseoir à la table des négociations, il sera compliqué de prétendre ensuite qu’elle est une puissance géopolitique capable de peser sur les affaires du monde. »

    Alessandra Wyak

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  • Plácido Domingo croit au pouvoir de la musique en temps de crise : « elle peut créer un environnement plus propice au dialogue »

    Dans un long entretien accordé à un journal espagnol, le chanteur et chef d’orchestre espagnol Plácido Domingo a abordé plusieurs sujets. L’évolution de sa carrière et ses projets, évidemment, mais également l’actualité internationale et notamment les conflits qui agitent la planète en ce moment.

    Alors qu’il va démarrer une longue tournée internationale qui va le mener en Bulgarie à Sofia le 29 août, avec José Carreras et Sonya Yoncheva puis en Pologne à Cracovie le 2 septembre, à Bangkok le 23 septembre et aux arènes de Vérone le 30 septembre pour le concert organisé en hommage à Luciano Pavarotti, Plácido Domingo a accordé un long entretien au quotidien madrilène La Razón.

    Dans cet entretien, le ténor et maestro espagnol fait le point sur sa carrière et ses envies intactes, avouant « savourer pleinement chaque instant sans jamais cesser de rêver à des projets futurs. Les rêves et l’enthousiasme sont le carburant du moteur de ma voiture… une voiture de collection ». Plácido Domingo y évoque également sa passion pour la zarzuela, le genre musical qui a nourri son enfance et dont il est désormais l’ambassadeur mondial.

    « Commenter ces tragédies ou prendre parti ne fait qu’attiser les divisions et générer davantage de haine »

    Mais c’est surtout sur l’actualité internationale que Plácido Domingo s’est longuement livré. Concernant sa position par rapport aux conflits actuels (Russie/Ukraine, Israël/Gaza), le chanteur déclare « Mon opinion est inutile et ne changera rien. Ce qui compte, ce sont les êtres humains, et surtout les enfants qui souffrent et meurent encore aujourd’hui, en 2025 », et ajoute : « À quoi bon commenter ces tragédies ou prendre parti ? Cela ne fait qu’attiser les divisions et générer davantage de haine ».

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    Plácido Domingo rappelle que le concours international de chant, Operalia, qu’il a créé et qu’il organise depuis 1993, accueille des chanteurs venus du monde entier « car la musique est un langage universel ». Le chanteur conclut qu’il croit au pouvoir de la musique en temps de crise, estimant que même si « rien ne remplace la diplomatie et la médiation politique, la musique peut ouvrir des portes, atténuer les différences entre les peuples et créer un environnement plus propice au dialogue ».

    Philippe Gault

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  • Dans l’enfer khmer rouge : comment le réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh a survécu à l’extermination

    Réalisateur franco-cambodgien, Rithy Panh porte en lui les cicatrices d’un passé qu’aucune œuvre ne pourra effacer. Dans « L’Élimination », publié aux éditions Grasset, en 2011, il revient sur son histoire, entremêlant souvenirs personnels et un face-à-face glaçant avec Duch, l’un des bourreaux du régime khmer rouge.

    Lorsque Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sâr, prend le pouvoir dans les années 1970, il instaure au Cambodge un régime totalitaire, rêvant d’une société communiste uniforme. Issu d’une famille aisée et intellectuelle, Rithy Panh devient, aux yeux du régime, un « oppresseur » à rééduquer. Les Khmers rouges ne font pas de distinction d’âge : ses neveux, âgés de 3, 5 et 7 ans, subissent le même sort. Pendant que des adolescents de 15 ans tiennent les armes, 40 % de la population bourgeoise est déportée vers les campagnes. Uniformes noirs obligatoires, cheveux coupés identiquement, noms changés : tout est pensé pour déraciner, briser les familles, anéantir les traditions et effacer l’individu.

    Le père de Rithy Panh, ministre de l’Éducation, croit pouvoir trouver sa place dans le nouvel ordre et refuse de fuir vers la Thaïlande. Une illusion vite brisée. Son beau-frère chirurgien, resté à Phnom Penh pour soigner les blessés, est exécuté. Sa femme, sœur de Rithy et archéologue, subit le même sort. La famille est dispersée : deux sœurs dans un groupe de jeunes, les parents et enfants placés chez des paysans.

    Sa vocation de cinéaste surgit au cœur du deuil

    Commence alors un retour brutal à une vie de labeur harassant dans les rizières, sous le contrôle idéologique permanent des Khmers rouges. La famine rôde, au point où certains mangent des serpents pour survivre. A cela s’ajoutent des massacres : Rithy voit des cadavres, mutilés, flotter sur le fleuve Bassac. Un coup de pioche malheureux lui infecte le pied. Seule la débrouillardise de sa mère, fille de paysans, lui sauve la vie avec un peu de pénicilline.

    Mais l’horreur ne s’arrête pas aux privations. Rithy assiste, impuissant, à la lente déchéance de son père, enterré à la va-vite dans une rizière, sans obsèques. Le soir, avec les membres de la famille encore vivants, ils s’inventent une cérémonie imaginaire. Un « film » mental qui, sans doute, amorce la vocation du futur cinéaste. Peu à peu, tous disparaissent : sœurs, neveux, nièces… jusqu’à sa mère, pourtant l’une des plus fortes.

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    Il devient alors fossoyeur dans un hôpital, creusant des tombes pour d’autres. Puis, l’armée vietnamienne pénètre au Cambodge. Rithy Panh voit une porte de sortie : fuir vers la Thaïlande avec sa dernière sœur en vie. Mais le pays est saturé de réfugiés. Finalement, en 1979, il parvient à rejoindre la France et s’installe à Grenoble. Là, lentement, il se reconstruit et choisit de témoigner, film après film, pour que jamais ne s’efface la mémoire des siens et des millions de victimes.

     

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  • Qui était Malinche, jeune esclave maya au destin tragique, interprète et maîtresse du conquérant Cortès ?

    Malinche est un symbole de l’histoire douloureuse du Mexique. Cette jeune esclave vivant en pays Maya a été – malgré elle – embarquée dans la conquête espagnole. Elle deviendra même un rouage indispensable des négociations, et un instrument d’évangélisation.

    Jeune esclave âgée de 18 ou 19 ans, Malinche a été offerte en cadeau aux Espagnols en 1519, après la défaite du chef Maya de la localité où elle vivait. De belle allure, elle est attribuée à un artistocrate, ami du conquistador Hernan Cortès.

    Alors que les Espagnols tentent de conquérir de nouveaux territoires, Malinche révèle une compétence inattendue, et très précieuse : elle parle la langue nahuatl, employée au centre de l’actuel Mexique.

    Hernan Cortès fait de Malinche sa concubine

    D’esclave, elle devient alors l’interprète indispensable d’Hernan Cortès lorsqu’il fonde la ville de Vera Cruz. Elle joue aussi un rôle dans l’évangélisation des peuples. Et lors des massacres de population, un chroniqueur de l’époque note que Malinche reste stoïque et suscite même l’admiration des conquistadors pour son sang-froid.

    En 1521, les Espagnols attaquent la ville de Tenochtitlan (aujourd’hui Mexico). C’est aussi l’année où Hernan Cortès fait de Malinche sa concubine. Lorsqu’elle accouche d’un petit garçon en 1522, l’enfant lui est arraché pour être confié à un cousin de Cortès. Puis celui-ci le ramène en Espagne, sans Malinche, qu’il a mariée à un de ses officiers.

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    On perd ensuite la trace de cette femme, vue par certains Mexicains comme une traîtresse, et par d’autres comme une victime. Elle est aujourd’hui considérée symboliquement comme la mère du premier enfant métisse, du premier Mexicain. Le jeune homme sera légitimé par son père, et héritera du nom et de la fortune de Cortès.

    Statue controversée de Hernan Cortès, Malinche et leur fils Martin située à Mexico- Wikimedia commons

     

    Franck Ferrand vous raconte toute l’histoire de Malinche

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  • Guerre en Ukraine : « Donald Trump compte beaucoup sur son charisme et raisonne toujours en homme d’affaires » souligne Anne Toulouse

    Donald Trump et Vladimir Poutine doivent se retrouver, ce soir, à Anchorage, en Alaska, pour un sommet sur la guerre en Ukraine. Une rencontre, que beaucoup espèrent comme cruciale dans le règlement de ce conflit, mais qui se tiendra sans le président ukrainien et sans représentants européens. Invitée de la matinale, Anne Toulouse, journaliste et essayiste franco-américaine, remet en perspective le profil du président américain.

    « C’est exactement ce que Poutine souhaite : pas de sommet avec Zelensky », observe Anne Toulouse, autrice de « L’art de « trumper » ou comment la Politique de Donald Trump a contaminé le monde », publié aux Editions du Rocher. L’absence des deux principaux acteurs occidentaux du conflit suscite des critiques, mais la spécialiste n’est pas surprise : « lors son premier mandat, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont bien entendus ». Mais elle apporte une nuance : « vous avez deux hommes face à face qui sont très différents. Il y en a un qui est imprévisible, et l’autre impénétrable. Il ne faut pas oublier que Poutine est un pur produit du KGB, formé à la manipulation et à la désinformation. En face, vous avez Donald Trump qui compte beaucoup sur son charisme et qui raisonne toujours en homme d’affaires. »

    Le président des Etats-Unis avait promis de « régler le problème de l’Ukraine dans les 24 heures. » Des propos qui s’avèrent être une « hyperbole véridique » puisqu’« il voulait dire rapidement, mais cela fait six mois… », selon Anne Toulouse. Cette promesse s’inscrit dans une quête de reconnaissance internationale, avec, en toile de fond, un objectif : le prix Nobel de la paix. « Le Nobel serait le joyau de la couronne mais, Nobel ou pas, il veut le respect », insiste la spécialiste.

    Donald Trump, un président incompris ?

    Un respect qu’il poursuit depuis ses débuts dans l’immobilier. « Donald Trump a toujours eu une revanche à prendre. Depuis le début de sa vie, depuis qu’il s’est lancé dans l’immobilier, il a toujours été regardé de haut comme une sorte de bouffon, quelqu’un qu’on ne prenait pas au sérieux. Tout ce qu’il a fait, c’était toujours pour prouver qu’il était le plus grand, le plus fort. […] Et, contrairement à ce qu’on dit, il n’est ni bête, ni fou », souligne la journaliste.

     

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    A l’échelle nationale, sa marque de fabrique est assumée : « il est très bon pour diagnostiquer les problèmes, mais il répond au marteau piqueur » pour faire référence à l’intervention de la garde nationale à Washington. Anne Toulouse rappelle cependant certaines réussites comme les accords d’Abraham au Proche-Orient, qu’elle considère comme « une avancée considérable ».

     

    Daphnée Cataldo

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  • Sylvester Stallone, Gloria Gaynor… mais aucun artiste classique récompensé par le Kennedy Center, présidé par Donald Trump

    Donald Trump a annoncé mercredi les lauréats des prix du Kennedy Center, prestigieux centre culturel de Washington dont il a récemment pris le contrôle du conseil d’administration. Aucun artiste de musique classique ne figure parmi ces cinq lauréats annoncés par le président américain.

    Depuis 1978, la célèbre cérémonie des Kennedy Center Honors récompense chaque année, lors d’un grand show diffusé fin décembre sur CBS et en présence, généralement, du président américain, cinq artistes qui se sont illustrés dans leur carrière et ont contribué à la culture américaine.

    Régulièrement, de grandes figures de la musique classique y sont honorées. Ce fut le cas notamment ces dernières années de Renée Fleming, Martha Argerich, Michael Tilson Thomas, Philip Glass, -Yo-Yo Ma ou encore Zubin Mehta. Mais cette année, alors que Donald Trump a pris la présidence du prestigieux centre culturel de Washington, il n’y a aucun artiste classique parmi les cinq lauréats annoncés.

    Sylvester Stallone a qualifié Donald Trump de « deuxième George Washington »

    Dans cette liste figurent donc des personnalités souvent proches ou, tout au moins, très appréciés du président américain. À commencer par Sylvester Stallone, nommé à trois reprises aux Oscars et révélé par son rôle de Rocky Balboa dans la saga des Rocky. L’acteur de 79 ans avait été désigné symboliquement comme l’un des « ambassadeurs » de Donald Trump à Hollywood pour être « les yeux et les oreilles » du président dans l’industrie du cinéma très majoritairement favorable aux démocrates. De son côté, Sylvester Stallone a qualifié Donald Trump de « deuxième George Washington », en référence au père fondateur et premier président des Etats-Unis.

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    Dans cette liste, on retrouve également Gloria Gaynor, 81 ans, interprète du tube disco I Will Survive, ou George Strait, 73 ans, légende de la country, genre musical traditionnellement apprécié par les conservateurs. Y figurent également : le groupe de glam-rock KISS formé dans les années 1970 dans la ville natale du président, New York, et l’acteur britannique Michael Crawford, 83 ans, connu pour son rôle dans le Fantôme de l’opéra, la comédie musicale star de Broadway, un genre de spectacle dont Donald Trump est un grand amateur.

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    It was a special day at the Kennedy Center with a visit from our Chairman, President Donald J. Trump, and the announcement of our five incredible Honorees for the 48th Kennedy Center Honors. pic.twitter.com/MlPRcZaZqJ

    — The Kennedy Center (@kencen) August 14, 2025

    Engagé dans une croisade ultra-conservatrice contre ce qu’il appelle la « propagande antiaméricaine » dans l’art mais aussi dans la recherche et l’histoire, le président américain, outre le Kennedy Center, a aussi pris le contrôle de plusieurs grands musées de la capitale. Dans ce cadre, la Maison Blanche a annoncé vouloir mener à la Smithsonian Institution, organisation gérant les principaux musées de Washington, un examen approfondi pour s’assurer de leur « alignement » avec la vision de l’Amérique prônée par le président.

    Philippe Gault (avec AFP)

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  • Nat King Cole, crooner à la voix d’or et symbole de l’Amérique noire en pleine ségrégation

    Connu sous le nom de Nat King Cole, Nathaniel Adams Coles a marqué l’histoire par sa voix inimitable et son élégance musicale. Jusqu’à ses 45 ans, il a enchaîné les succès, laissant derrière lui des classiques intemporels, dont l’inoubliable L-O-V-E. Aujourd’hui encore, son timbre chaud et soyeux résonne dans le monde entier.

    Nathaniel Adams Coles grandit à Montgomery, en Alabama, dans un foyer où la religion et la musique vont de pair. Son père est pasteur et sa fratrie baigne dans la musique. A seulement 4 ans, sa famille s’installe à Chicago, ville qui deviendra le berceau de son éclosion artistique. C’est là que son oreille absolue et son talent précoce au piano se révèlent. Passionné de jazz et de rythm and blues, il se forme rapidement et affine son style.

    Virtuose du piano, il sait s’entourer : avec son trio, il impose une sonorité nouvelle, et sa voix, chaude et soyeuse, séduit un public toujours plus large. C’est justement grâce à son entourage qu’il trouve son nom de scène : un jour, un de ses amis place une couronne sur sa tête et l’appelle « King Cole », référence au personnage de comptine « Old King Cole ». Il devient alors le fameux Nat King Cole. La suite appartient à l’histoire.

    Un comportement jugé passif face à la ségrégation 

    Si sa carrière le propulse au rang de star, elle ne l’épargne pas des réalités du racisme. En 1956, en pleine ségrégation, il se produit à Birmingham, dans son Alabama natal. Il doit y donner deux concerts : un pour un public blanc, l’autre pour un public noir. Lors du premier, il est agressé sur scène par un groupe d’hommes blancs armés. Six sont arrêtés. Mais sa réaction divise.

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    Elle est considérée trop conciliante et fait polémique : malgré sa voix, il semble ne pas militer pas en faveur de la communauté noire. Pour d’autres, sa musique, moderne et accessible, constituait déjà une forme de résistance, subtile mais puissante, face aux préjugés raciaux.

    Daphnée Cataldo

     

    Découvrez l’épisode de Franck Ferrand pour en savoir davantage sur Nat King Cole :

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  • Le « donateur » était un escroc : Le Met Opera de New York abusé par un philanthrope véreux

    Depuis le mois de mai, le Met Opera se trouve confronté aux conséquences d’une malversation de grande ampleur, commise par un de ses mécènes qui s’est révélé être un escroc. L’institution new-yorkaise doit désormais trouver les fonds pour abonder les sommes promises.

    L’histoire est à peine croyable. Depuis 2018, le Met Opera recevait des dons de la part d’un mécène qui se faisait passer pour un proche conseiller de la riche famille Soros et de la collectionneuse et mécène Courtney Sale Ross, veuve du fondateur de Time Warner. Jusqu’à cette année, les dons réguliers de Matthew Christopher Pietras ne s’élevaient qu’à quelques dizaines de milliers de dollars par an. De quoi, toutefois, lui avoir permis d’intégrer le conseil d’administration du Met avec le titre de directeur général.

    C’est au printemps dernier que l’affaire s’est compliquée avec la proposition de Matthew Christopher Pietras de faire un don à la fin du mois de mai de 15 millions de dollars au Met Opera. Mais alors que l’institution tentait de faire transférer un acompte de 10 millions de dollars, la banque sollicitée lui indiqua que ce transfert lui apparaissait comme « frauduleux ». Et le 30 mai, nouveau et saisissant rebondissement, la police révélait que le prétendu homme d’affaires avait été retrouvé mort dans son appartement près de Madison Square Park.

    L’escroc avait aussi permis à la Frick Collection de recevoir indûment des millions de dollars de dons

    Depuis cette funeste découverte on en a appris plus sur le parcours de Matthew Christopher Pietras. L’enquête du New York Magazine révèle ainsi que l’individu, âgé de 40 ans, n’avait en fait été qu’assistant parmi d’autres des milliardaires dont il se vantait d’être un très proche collaborateur. Un talent d’affabulateur qui lui avait permis d’effectuer d’importantes donations avec l’argent de ses « patrons », non seulement au Met mais surtout à la Frick Collection, un des grands musées de New York qui a ainsi pu bénéficier de millions de dollars de dons et avait même accolé son nom au titre du responsable de la musique et de la performance.

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    Désormais, le Met se trouve confronté à plusieurs problèmes financiers, notamment pour abonder ces 15 millions de dollars qu’elle avait inscrits dans ses recettes. Si l’institution a restitué les 10 premiers millions de dollars de cette dotation, il lui a fallu demander l’autorisation du comité exécutif de son conseil d’administration pour prélever 5 millions de dollars supplémentaires sur son fonds de dotation pour contribuer à la reconstitution des fonds manquants.

    Reste maintenant la question des dons antérieurs reçus par le Met (et la Frick Collection) par l’intermédiaire de Matthew Christopher Pietras. Les familles Soros et Ross auraient en effet l’intention de demander la restitution de ces fonds indûment détournés.

    À la fin des années 1990, le Met Opera avait déjà fait l’objet d’une promesse de dons frauduleuse

    Le New York Times rappelle qu’à la fin des années 90 le Met Opera avait déjà été confronté à ce genre de mésaventure. À l’époque, le milliardaire Alberto W. Vilar, investisseur passionné d’opéra, avait fait une promesse de don de 25 millions de dollars qu’il ne put jamais honorer. En 2008, l’homme d’affaire fut reconnu coupable de fraude et condamné à plusieurs années de prison.

    Philippe Gault

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  • « Les incendies s’étendent désormais avant et après l’été, et le risque concerne toute la France » alerte Christophe Chantepy

    Dans l’Aude, un incendie d’une ampleur exceptionnelle a ravagé plus de 16 000 hectares. S’il est désormais maitrisé, il n’est pas encore éteint. La nouvelle vague de chaleur qui frappe la France inquiète pompiers et habitants, redoutant une réactivation des flammes. Invité de la matinale, Christophe Chantepy, expert en Défense des Forêts Contre les Incendies (DFCI) pour l’Office National des Forêts (ONF), analyse ce phénomène qui s’installe dans la durée.

    « Toutes les caractéristiques de ce feu dépassent les normes habituelles des feux de forêt plus classiques […]. En moins de 24 heures, il avait parcouru déjà plus de 10 000 hectares », souligne Christophe Chantepy. Les épisodes caniculaires du mois de juin, les sécheresses répétées des dernières années et un air de plus en plus sec créent un terrain favorable aux départs de feu. Le vent aggrave la situation en transportant « des particules incandescentes de végétation, comme des petites brindilles de bois, des écorces détachées, ou des feuilles, qui partent dans la colonne de fumée et retombent enflammées à l’avant du feu, quelques dizaines ou centaines de mètres, voire un kilomètre plus loin. Et là, ce n’est plus un feu qui marche, c’est un feu qui galope », explique l’expert.

    Pour limiter ces catastrophes, la prévention reste essentielle : informer, sensibiliser et surveiller les comportements à risque. Christophe Chantepy rappelle quelques règles simples : ne pas faire de barbecue, éviter de fumer en forêt et reporter certains travaux puisqu’en faire « avec une meuleuse, avec une disqueuse, avec une débroussailleuse pourrait générer des étincelles, et à côté d’une végétation sèche, c’est un risque de départ de feu ».

     

    Une menace qui devient une norme

    La nature est forte comme l’indique l’expert : « Après un incendie, la végétation peut prendre du temps mais va revenir. On a un type de végétation forestière dans le sud de la France qui est plutôt adapté au risque de feu de forêt, notamment au passage du feu. C’est le cas avec le pin d’Alep par exemple ». Quant aux équipes en charge de la prévention et de la maîtrise des feux de forêt, elles sont performantes : « 95 % des feux de forêt sont arrêtés avant de faire une taille de 4 ou 5 hectares. On a une efficacité aujourd’hui, en France, sur l’intervention des feux naissants qui permet de cantonner bon nombre de feux dans des surfaces qui sont réduites ».

     

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    Mais la tendance est claire : la saison des incendies ne se limite plus à l’été. « On a un risque feu de forêt qui s’intensifie dans le sud de la France, et remonte sur toute la façade atlantique jusqu’en Bretagne, dans le Val-de-Loire et dans le Grand Est. […] On peut s’attendre à ce que l’ensemble du territoire français soit concerné, à des degrés différents, dans les prochaines années », prévient Christophe Chantepy.

     

    Daphnée Cataldo

     

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