
Sign up to save your podcasts
Or


Le 8 mai 1927, Charles Nungesser et François Coli décollent de l’aérodrome du Bourget à bord de leur avion l’Oiseau Blanc. Ils ont un objectif : réaliser la première traversée aérienne de l’Atlantique sans escale. Malgré les espoirs suscités par leur vol, l’avion disparaît mystérieusement.
Charles Nungesser, naît à Paris en 1892, au sein d’une famille de marchands bouchers. Ses parents ayant divorcé, il partage son enfance entre Saint-Mandé, où réside son père, et Valenciennes, la ville natale de sa mère. Peu intéressé par les études, il se révèle en tant que sportif accompli, excellent nageur, footballeur et boxeur. À 15 ans, il décroche un diplôme en mécanique et électricité. Déjà fasciné par le ciel, il se passionne pour ce qu’on qualifiait à l’époque de « machines volantes » et consacre tout son temps libre à la construction d’aéroplanes. À 18 ans, il s’envole pour l’Argentine, où il rejoint son oncle. Il y passe deux années à travailler et à élaborer des plans d’avion.
Dès le début de la Première Guerre mondiale, Nungesser s’engage dans l’aviation et se distingue par son courage. Interrogé par le général Nivelle sur sa capacité à abattre de nombreux ennemis, il lui répond : « Quand je suis devant l’adversaire et que je vois l’appareil bien au bout de ma mitrailleuse, je ferme les yeux et je tire. Lorsque je les rouvre, quelquefois je vois l’adversaire s’émietter dans l’espace, d’autres fois je me retrouve dans un lit d’hôpital. » Cette méthode, aussi risquée qu’efficace, lui vaut de nombreuses victoires, mais aussi de fréquentes blessures. En 1916, il est victime d’un grave accident lors d’un vol d’essai. Les médecins le croient mort, mais il se rétablit miraculeusement. En trois jours seulement, il marche avec des béquilles, et une semaine après, il rejoint déjà son escadrille au combat.
Pour récompenser ses exploits, Charles Nungesser reçoit la Légion d’honneur, et il devient l’un des as, faisant donc partie des pilotes totalisant au moins cinq victoires aériennes. Nungesser commence à avoir une petite célébrité. On le surnomme même le Hussard de la Mort en raison de l’emblème de son avion, connu de tous : un cœur noir enrobant une tête de mort, un cercueil, des tibias croisés et des chandeliers.
C’est d’ailleurs ce symbole qui lui sauve la vie de manière inattendue. Un jour, en plein combat avec un chasseur allemand plus performant, il se pose à terre et capitule. Prêt à affronter la mort, il voit son adversaire se contenter de le survoler. L’aviateur allemand avait reconnu son insigne de guerre.
Après la guerre, Charles Nungesser se tourne vers un nouveau défi : la traversée de l’Atlantique. Première étape pour réaliser cet exploit : il faut trouver un avion. Il fait appel à Pierre Levasseur, constructeur aéronautique français, qui crée un modèle spécialement pour l’occasion. L’avion est un Pontonnier M.1 semblable à ceux utilisés par la marine nationale, avec plus de 14 mètres d’envergure, presque 10 mètres de long et 4 mètres de haut. Nungesser décide de le baptiser l’Oiseau Blanc, en hommage à un chef indien qu’il a rencontré lors d’un séjour en Amérique. Pour cette traversée de l’Atlantique, Charles Nungesser s’associe avec François Coli, un aviateur chevronné. Pendant 15 jours, ils effectuent les essais de vol, qui se déroulent sans encombre. Le 8 mai 1927, l’aérodrome du Bourget est en effervescence. Une foule de personnalités et d’aviateurs se rassemble pour assister au décollage de l’Oiseau Blanc. Parmi eux, des figures emblématiques telles que Joséphine Baker, Maurice Chevalier, et l’écrivain Tristan Bernard. L’ancien ministre Édouard Daladier est également présent, tout comme le boxeur Georges Carpentier.
Nungesser et Coli, vêtus de combinaisons de cuir jaune orangé, montent à bord de leur avion.
À 05h15, l’Oiseau Blanc décolle, se dirigeant vers le nord-ouest. Quatre autres avions s’envolent dans la foulée, l’un occupé par celui qui a piloté l’Oiseau Blanc pendant les essais, le second par des officiers, et les deux autres par des photographes et des opérateurs de cinéma. À 06h45, l’Oiseau Blanc est au sud de Rouen, dans les boucles de la Seine. L’avion vole très bas, à 200 mètres d’altitude. À 06h48, il passe la côte et s’engage au-dessus de la Manche, au-dessus des falaises d’Étretat, en étant toujours stable dans les airs. Mais les heures passent, et aucune nouvelle des aviateurs ne parvient aux autorités. L’Oiseau Blanc ne parvient jamais à destination.
Des recherches sont lancées, mais elles restent vaines. Les premières rumeurs circulent sur l’itinéraire de l’avion, certains témoins affirmant l’avoir vu en Angleterre ou même en Irlande. D’autres témoins l’auraient vu à Terre-Neuve au Canada. Selon l’historien explorateur Bernard Decré dans son ouvrage L’Oiseau Blanc, l’enquête vérité, paru en 2014 aux éditions Arthaud, « l’appareil aurait été abattu par des garde-côtes canadiens persuadés que l’avion était occupé par des contrebandiers. Pour se remettre dans le contexte, Terre-Neuve était une plaque tournante du trafic d’alcool, car on est encore en pleine période de prohibition. » Malgré ces témoignages, l’avion et ses pilotes ne seront jamais retrouvés, laissant derrière eux un mystère non résolu.
La disparition de l’Oiseau Blanc marque profondément l’histoire de l’aviation. Dix jours après cet événement tragique, l’Américain Charles Lindbergh réussit la traversée de l’Atlantique dans le sens inverse, de New York à Paris, à bord du Spirit of Saint Louis.
Mais il faut savoir que la traversée Paris-New York est plus simple qu’en partant des côtes françaises. Encore aujourd’hui, pour effectuer un vol Paris-New York, il faut rajouter trois quarts d’heure de plus que dans l’autre sens en raison de la direction des vents. Les deux aviateurs avaient d’ailleurs réfléchi à partir de New York pour réaliser leur traversée, mais Nungesser aurait dit : « Partir de là-bas, cela reviendrait un peu à nous rendre visite à nous-mêmes ». En se posant à Paris, Lindbergh lui-même tient à rendre hommage à Nungesser en visitant sa mère à Paris.
A lire aussi
Bessie Coleman : Découvrez le parcours de la première aviatrice afro-américaine, de sa conquête des airs à sa fin tragique
Jusqu’à sa mort en 1945, la mère de Charles Nungesser garde l’espoir de recevoir des nouvelles de son fils. Elle transforme son appartement en un musée dédié à la mémoire de son fils, accueillant des visiteurs du monde entier. Le mystère entourant la disparition de l’Oiseau Blanc alimente les spéculations et les recherches pendant des décennies, mais aucune preuve concrète n’émerge pour expliquer ce qui s’est réellement passé. En hommage à Charles Nungesser et François Coli, un monument a été érigé à Étretat, sur les falaises où l’Oiseau Blanc a été aperçu pour la dernière fois avant de disparaître au-dessus de la Manche. Ce monument, inauguré en 1928, est une stèle en pierre qui rend hommage à leur courage et à leur esprit pionnier. Il est devenu un lieu de pèlerinage pour les passionnés d’aviation et les admirateurs de ces deux héros, symbolisant leur contribution à l’histoire aéronautique.
Franck Ferrand
Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte
De Gaulle et Kennedy : Une estime mutuelle unissait les présidents français et américain
Artemisia Gentileschi : le combat d’une femme peintre dans un monde dominé par les artistes masculins
L’histoire du cadavre d’Hitler : Franck Ferrand raconte la dissimulation et la désinformation qui a duré des décennies
Vidocq : L’incroyable parcours d’un criminel qui a révolutionné la police moderne
Cet article RÉCIT – L’aviateur Charles Nungesser : son vol mythique de 1927 n’arrivera jamais à destination est apparu en premier sur Radio Classique.
La scène du Royal Ballet and Opera s’est transformée en tribune politique samedi dernier, à la fin d’une représentation du Trouvère, l’opéra de Verdi. Un des danseurs de la prestigieuse troupe a agité un drapeau palestinien, provoquant un certain émoi en coulisses et dans la salle londonienne.
Le Royal Ballet and Opera proposait depuis le 8 juillet à Covent Garden Le Trouvère dans la mise en scène d’Adèle Thomas, lorsqu’un incident est venu perturber l’ultime représentation de l’opéra de Giuseppe Verdi samedi sur la scène de la célèbre institution londonienne. Incident qui s’est produit lors des rappels alors que la troupe saluait le public.
pic.twitter.com/9zeJu4hdJK
— Syd Cassimaty (@sydcas) July 20, 2025
Un des danseurs de la troupe, déguisé en diable, a alors saisi et déployé devant lui un drapeau aux couleurs palestiniennes. Oliver Mears, le directeur du Royal Ballet and Opera, est rapidement intervenu depuis les coulisses pour tenter, en vain, de lui arracher l’objet du scandale. Dans la salle les réactions ont été mitigées, entre huées, sifflets et applaudissements.
Selon le quotidien The Telegraph, le perturbateur se nomme Daniel Perry et avait été engagé juste pour la dernière représentation du Trouvère samedi. Formé dans une très prestigieuse école du spectacle de Londres et danseur professionnel depuis 2013, le jeune homme se définit comme « artiste de danse queer ». Une semaine avant l’incident à Covent Garden, Daniel Perry avait publié sur Instagram, une photo de lui portant un tee-shirt blanc sur lequel était inscrite la mention « Free Palestine », alors qu’il assistait à la 1500e représentation de la comédie musicale Cabaret au Playhouse Theatre.
A lire aussi
RÉCIT : À Gaza, le conservatoire Edward-Saïd est détruit, mais les cours de musique se poursuivent tant bien que mal
Dans un communiqué, la direction du Royal Ballet and Opera, dont le roi Charles III est le parrain, a tenu à préciser que cette action était « spontanée et non autorisée et n’était pas conforme à l’engagement de l’institution en matière d’impartialité politique ». On se rappelle pourtant qu’en 2022 le Royal Opera House (son ancien nom) avait publiquement affiché son soutien à l’Ukraine et même écarté le maestro russe Pavel Sorokin, chef invité permanent du Royal Ballet à l’époque.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Valery Gergiev : Le festival de Caserte fait marche arrière et annule le concert du chef russe
La mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon est morte à 61 ans
INSOLITE : Ça roule pour Beethoven aux Émirats Arabes Unis
Malade, Lorenzo Viotti remplacé par Esa-Pekka Salonen à Salzbourg
Cet article Londres : Un danseur déploie un drapeau palestinien à la fin d’un opéra de Verdi est apparu en premier sur Radio Classique.
De nouveaux pour parlers vont avoir lieu en Turquie, mercredi 23 juillet, annonce Volodymyr Zelensky. Cette annonce intervient après une nouvelle nuit de frappes de drones et de missiles russes sur l’Ukraine. Invitée de la matinale, Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie, explique pourquoi ces nouvelles négociations ne mettront pas fin à la guerre en Ukraine.
C’est dans une de ses allocutions quotidiennes sur les réseaux sociaux que Volodymyr Zelensky a annoncé : « J’ai discuté avec Roustem Oumerov, le secrétaire du Conseil de la sécurité ukrainienne, de la préparation d’un échange et d’une nouvelle réunion. »
Mais pour Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie, la perspective d’une résolution rapide du conflit reste peu probable : « Je ne pense pas que ça mette fin à la guerre, d’ailleurs ce n’est pas du tout l’objectif de ces pourparlers. » Même si la Russie n’a pas confirmé sa présence, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, estimait déjà ce lundi qu’il faudrait « beaucoup de travail pour obtenir des avancées compte tenu des propositions de paix diamétralement opposées » des deux pays.
Sylvie Bermann souligne l’importance pour l’Ukraine de jouer ses bonnes cartes lors des négociations : « ce n’est pas inutile que les adversaires se parlent. C’est peut-être des questions humanitaires, libération de prisonniers, d’échange de corps, mais peut-être également la question des enfants ukrainiens qui ont été déportés en Russie. »
Dans la nuit de dimanche à lundi, des frappes de drones et de missiles russes sur l’Ukraine ont fait au moins un mort et neuf blessés à Kiev. Face à l’offensive russe, l’Union Européenne a adopté une nouvelle série de sanctions.
Mais d’après l’ancienne ambassadrice de France en Russie, ces sanctions n’ont pas d’effets : « C’est déjà le 18ème train de sanctions, ce qui prouve que pour le moment, ça n’a pas vraiment d’effets car il n’est pas vraiment intéressé par l’économie et il l’a démontré tout au long de ses 25 ans de mandat. Là, il a une guerre qui pour lui est existentielle en Ukraine et c’est sa priorité absolue. »
Selon Sylvie Bermann, l’Europe souffre d’un manque de coordination avec les mesures américaines : « Le problème des sanctions européennes, c’est qu’elles ne sont pas liées à des sanctions américaines. Il est nécessaire que ces sanctions deviennent véritablement internationales et universelles. Sinon, elles vont continuer d’être détournées. »
Selon des sondages nationaux de Russian Field, la population russe serait de plus en plus favorable à la guerre. En 2022, 57 % y étaient favorables et 35 % étaient contre. En 2024, ces chiffres ont évolué à 70 % pour et 20 % contre.
Sylvie Bermann explique : « Avant 2022, il y a eu une grande militarisation de la société russe. Dans tous les lycées, il y avait un musée de la Seconde Guerre mondiale, donc les esprits étaient préparés. Même s’il y a eu des opposants, on constate que les plus jeunes et les plus de 50 ans vont plus avoir tendance à suivre leur « guide » car ils ne veulent pas perdre la guerre. »
A lire aussi
« L’horreur des enfants volés d’Ukraine » : Bernard-Henri Lévy dévoile « le scandale le plus ignoré de cette guerre »
L’ancienne ambassadrice de France en Russie révèle également une certaine corruption des maires : « Au moment de la crise avec l’Afghanistan, j’habitais en Russie. Ce que j’ai découvert, c’est que les maires, les seuls qui avaient encore une mince possibilité de se révolter, recevaient des sommes importantes pour rester du côté de Vladimir Poutine. »
Alessandra Wyak
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale
États-Unis : « La liberté d’enseignement est menacée et le pays semble évoluer vers un régime autoritaire », affirme Brian Sandberg
Droits de douane : « Il faut vraiment qu’on utilise ce dernier mois qui est devant nous pour trouver un accord qui soit équilibré », estime Thierry Breton
RÉCIT – À Gaza, le conservatoire Edward-Saïd est détruit, mais les cours de musique se poursuivent tant bien que mal
Guerre des 12 jours : Ces bombardements ont « pour la première fois de l’Histoire réuni tous les Iraniens » affirme Bernard Hourcade
Cet article Guerre en Ukraine : « Aujourd’hui, Vladimir Poutine est convaincu qu’il peut gagner la guerre », affirme Sylvie Bermann est apparu en premier sur Radio Classique.
Face à la polémique soulevée par l’annonce de la venue du chef d’orchestre Valery Gergiev, soutien du pouvoir russe, les organisateurs du festival de Caserte ont annulé le concert qu’il devait y diriger dimanche prochain.
Le concert que devait diriger Valery Gergiev dimanche 27 juillet à Caserte (Campanie) dans le cadre d’un festival musical devait marquer le retour en Europe du chef d’orchestre russe écarté des scènes occidentales depuis février 2022 et le début du conflit entre la Russie et l’Ukraine en raison de sa proximité avec Vladimir Poutine.
Le maestro russe, à la tête de l’orchestre philharmonique du Théâtre Giuseppe Verdi de Salerne avec des solistes de l’Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, devait diriger des œuvres de Giuseppe Verdi, Maurice Ravel et Piotr Ilitch Tchaïkovski. Las, face à la controverse et à la mobilisation politique, les organisateurs de l’événement ont décidé d’annuler cette prestation.
Quelques jours après l’annonce, début juillet, de la venue de Valery Gergiev, un mouvement de contestation a démarré en Europe. D’abord avec le lancement d’une pétition qui a recueilli plus de 16.000 signatures. Ce sont ensuite plusieurs Prix Nobel qui ont interpellé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), l’organisation de l’opposant Alexeï Navalny mort en prison, a posté sur X un message pour « exiger l’annulation du concert de Valery Gergiev ».
A lire aussi
Anna Netrebko accusée d’être « insincère » sur l’Ukraine : Le directeur du Met Opera fait polémique en ciblant la soprano
En Italie, l’affaire a tourné au bras de fer entre l’eurodéputée Pina Picierno, vice-présidente du Parlement européen, qui a demandé très tôt l’annulation du concert, et le président de la région Campanie Vincenzo De Luca. En réponse, ce dernier, qui souhaitait le maintien de la représentation, avait qualifié la situation de « déconcertante », s’interrogeant sur la « limite entre liberté d’expression et propagande », tandis que Le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, lui aussi partisan d’un « art libre et sans censure », admettait que « la propagande, même avec talent, est une autre affaire ». Selon lui, le concert de Valery Gergiev risquait d’ « envoyer un message erroné ».
Mais c’est probablement le fort risque de troubles à l’ordre public qui a définitivement scellé le sort de ce concert « sensible ». Les associations ukrainiennes en Italie étaient en effet prêtes à organiser des manifestations et avaient même acheté des billets pour les premiers rangs de la salle afin de faire entendre leur réprobation.
Interrogé par l’agence de presse officielle russe TASS, Valery Gergiev a déclaré : « Je n’ai pas été informé de l’annulation du concert ».
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
La mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon est morte à 61 ans
INSOLITE : Ça roule pour Beethoven aux Émirats Arabes Unis
Malade, Lorenzo Viotti remplacé par Esa-Pekka Salonen à Salzbourg
Le pianiste et chef d’orchestre Andras Schiff récompensé par le Praemium Imperiale, le « Nobel des arts »
Cet article Valery Gergiev : Le festival de Caserte fait marche arrière et annule le concert du chef russe est apparu en premier sur Radio Classique.
À la rentrée, l’université d’Aix-Marseille accueillera 31 chercheurs américains. Face aux menaces de suppression de milliards de dollars de subventions de recherche par l’administration Trump, les chercheurs américains ont postulé au programme Safe Place For Science pour bénéficier de la liberté académique de l’université du sud de la France. Invité de la matinale, Brian Sandberg, enseignant dans une université publique du Midwest, témoigne des effets de la politique antiscience de Donald Trump.
« Dans les médias, on voit principalement Harvard ou Columbia, mais en fait, c’est tout le système de recherche et d’éducation qui est attaqué par l’administration Trump », explique Brian Sandberg. Après la suppression de milliards de dollars de subventions de recherche, 75 % des scientifiques envisagent de quitter les États-Unis.
Le chercheur en histoire du climat témoigne de la gravité de la situation : « Beaucoup de scientifiques pensent que toute leur carrière est terminée. Pas mal de mes collègues avaient une bourse appelée National Endowment for the Humanities mais aujourd’hui elle leur a été retirée et ils ont dû licencier des assistants de recherche et arrêter leurs travaux. Les scientifiques du secteur de la recherche en médecine tirent la sonnette d’alarme car ils n’ont plus les financements nécessaires pour continuer. »
La France a donc mis en place Safe Place For Science, un programme d’asile scientifique destiné aux chercheurs entravés dans leurs recherches. En tout, 600 chercheurs ont postulé, dont Brian Sandberg : « Au moment où les attaques de l’administration Trump se sont amplifiées, j’ai vu que le monde des recherches aux États-Unis était bouleversé et à ce moment-là je me suis dit que je devais déposer ma candidature pour au moins avoir la possibilité de continuer mes recherches sur la thématique du Petit Âge Glaciaire et sur le changement climatique, étant donné qu’elles sont bloquées aux Etats-Unis. »
C’est l’université d’Aix-Marseille qui accueillera 31 chercheurs à la rentrée 2025. Mais d’après le chercheur sur l’histoire du climat, les étudiants aussi sont menacés : « Une grande partie des étudiants ne peuvent pas poursuivre leurs études parce que les programmes qu’ils suivent sont supprimés. Les étudiants étrangers, eux, font face à une autre menace, celle de perdre leur visa. » Aujourd’hui, la demande de visa pour les États-Unis en tant qu’étudiant ou chercheur n’est plus possible.
Deuxième étape du plan de Donald Trump dans son attaque au système éducatif, il veut « rétablir la vérité dans l’histoire américaine. » Le 28 mars dernier, il a d’ailleurs signé un décret visant à reprendre le contrôle du contenu des musées Smithsonian de Washington.
Brian Sandberg alerte sur un possible révisionnisme de l’histoire américaine : « Le Smithsonian, c’est l’institution qui gère tous les grands musées de Washington. Ils contiennent l’histoire des indigènes et des Afro-Américains. Mais tous ces musées sont en train d’être pris en main par l’administration Trump qui veut changer l’histoire à motif politique. »
« Ce n’est pas l’administration Trump qui contrôle directement l’enseignement aux États-Unis. Mais on voit que ses alliés au niveau des États sont en train de changer tous les modes d’enseignement ! Par exemple, au Texas et en Floride, il y a des républicains de l’État de l’Indiana qui sont en train d’éliminer 20 % des programmes académiques », explique Brian Sandberg.
D’après lui, Donald Trump aurait un objectif très précis en tête : « Il veut transformer les universités vers des programmes pratiques de type business ou ingénierie. Il veut aussi contrôler l’histoire en disant que l’esclavage n’était pas aussi grave que ça, par exemple. Il veut avoir un type d’histoire pratique pour lui qui dit que le business c’est bien et que les États-Unis n’ont pas commis d’erreur par le passé, mais c’est du révisionnisme. »
A lire aussi
INFO RADIO CLASSIQUE – Les universités françaises ont commencé à recruter des chercheurs américains
Brian Sandberg n’envisage pas un avenir serein aux États-Unis : « La liberté d’enseignement est menacée et le pays semble évoluer vers un régime autoritaire. »
Alessandra Wyak
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale
Droits de douane : « Il faut vraiment qu’on utilise ce dernier mois qui est devant nous pour trouver un accord qui soit équilibré », estime Thierry Breton
RÉCIT – À Gaza, le conservatoire Edward-Saïd est détruit, mais les cours de musique se poursuivent tant bien que mal
Guerre des 12 jours : Ces bombardements ont « pour la première fois de l’Histoire réuni tous les Iraniens » affirme Bernard Hourcade
Donald Trump, prix Nobel de la paix ? « C’est un homme qui ne souhaite pas forcément la paix, mais l’arrêt des guerres », estime Eric Danon
Cet article États-Unis : « La liberté d’enseignement est menacée et le pays semble évoluer vers un régime autoritaire », affirme Brian Sandberg est apparu en premier sur Radio Classique.
Depuis le début du mois de juillet, les automobilistes qui circulent sur l’autoroute E84 à Fujaïrah aux Émirats Arabes Unis peuvent entendre l’Ode à la joie lorsqu’ils roulent sur une portion de 800 mètres. Un projet artistique mais utile pour la prévention routière.
Depuis le milieu des années 90 les projets de « routes musicales » se multiplient dans le monde, de Gylling, la première au Danemark, à Sapporo au Japon en passant par Villepinte en France, où fut installé provisoirement ce type de dispositif boulevard Casanova en 2000. Le concept consiste à poser sur certains tronçons de ces routes des bandes rugueuses sonores le long de la chaussée avec, comme premier objectif, d’alerter les automobilistes inattentifs.
Aux Émirats Arabes Unis, une première installation avait été mise en place en 2023 près d’Al Aïn (émirat d’Abou Dabi). Sur un morceau de cette route, les automobilistes qui roulaient sur ces fameuses bandes rugueuses pouvaient entendre l’hymne du pays : Īshī Bilādī. Depuis le début du mois de juillet c’est sur une portion d’une autoroute près de l’émirat de Fujaïrah que le dispositif a été mis en place.
Sur ce tronçon de 800 mètres de l’autoroute E 84, les rainures en question, lorsqu’on roule dessus à la vitesse de 100 km/h, provoquent des vibrations qui reproduisent la mélodie de l’Ode à la joie, le célèbre air final de la 9e Symphonie de Ludwig van Beethoven et hymne de l’Union Européenne, perceptible à l’intérieur des véhicules concernés.
A lire aussi
L’ode à la joie de Beethoven, une célèbre mélodie… inventée par Mozart ?
Outre l’objectif de prévention du danger sur la route, ce projet à vocation artistique, développé par l’Académie des Beaux-Arts de Fujaïrah, vise à intégrer la musique au quotidien dans la région. Concernant le choix d’une musique classique européenne, le directeur de l’institution, Ali Obaid Al Hefaiti, déclare qu’il encourage toujours ses étudiants à « explorer différentes cultures ». Selon les autorités émiraties, la Sheikh Khalifa bin Zayed Road, serait la première route musicale permanente du monde arabe.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Malade, Lorenzo Viotti remplacé par Esa-Pekka Salonen à Salzbourg
Le pianiste et chef d’orchestre Andras Schiff récompensé par le Praemium Imperiale, le « Nobel des arts »
Verbier Festival 2025 : Les plus grands artistes classiques réunis pour cette 32ème édition !
« Ce concert doit être annulé » : La présence du chef d’orchestre russe Valery Gergiev à un festival italien fait polémique
Cet article Une nouvelle « route musicale » permet d’entendre Beethoven aux Émirats Arabes Unis est apparu en premier sur Radio Classique.
La chanteuse lyrique franco-espagnole Béatrice Uria-Monzon est décédée samedi 19 juillet à Agen des suites d’une longue maladie, à l’âge de 61 ans, a annoncé son agent sur Facebook.
Elle a été « une immense artiste, une immense Carmen », a confié à l’AFP Thérèse Cédelle, son agent depuis près de 40 ans, évoquant une chanteuse d’une « grande classe, très franche, très sincère et très aimée ». Révélée en 1993 lors de son interprétation révolutionnaire de Carmen de Georges Bizet à l’Opéra de Paris, la mezzo-soprano a repris ce rôle à de nombreuses reprises dans les plus grandes salles à travers le monde, de New York à Moscou.
« Elle brûlait sur scène », a ajouté l’agent, saluant la « très grande carrière à l’internationale » d’une « artiste jusqu’au bout des ongles ». Évoluant vers le répertoire de soprano, Béatrice Uria-Monzon a notamment interprété la Tosca ou encore Lady MacBeth. En 2017, elle a joué la Comtesse de Sérizy dans le Trompe la Mort de Luca Francesconi à l’Opéra de Paris, puis Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea à Saint-Etienne, Margherita et Elena dans Mefistofele aux Chorégies d’Orange, La Gioconda au Théâtre Royal de la Monnaie et Madeleine de Coigny dans Andrea Chénier.
« Quel chagrin de perdre une amie et une merveilleuse chanteuse », a posté sur Instagram l’ancienne ministre de la Culture Roselyne Bachelot. « Adieu ma Béa », a réagi Roberto Alagna, qui a joué Carmen à ses côtés. L’héroïne de Georges Bizet, son rôle fétiche dont, selon l’Opéra National de Paris, Béatrice Uria-Monzon fut « Une interprète inoubliable (…) elle en a marqué le rôle par sa voix cuivrée et son engagement scénique, ainsi que par son approche nuancée du personnage, loin des clichés ».
A lire aussi
Carmen de Bizet et le cinéma : l’amour fou ?
Pour rendre hommage à Béatrice Uria-Monzon, France Télévisions a annoncé qu’une soirée spéciale lui sera consacrée mardi 22 juillet sur France 4, avec la rediffusion du Carmen joué au Théâtre antique d’Orange, mis en scène par Jérôme Savary, suivie de l’émission « Fauteuils d’orchestre » présentée par Anne Sinclair qui lui a été consacrée.
Philippe Gault (avec AFP)
Retrouvez l’actualité du Classique
INSOLITE : Ça roule pour Beethoven aux Émirats Arabes Unis
Malade, Lorenzo Viotti remplacé par Esa-Pekka Salonen à Salzbourg
Le pianiste et chef d’orchestre Andras Schiff récompensé par le Praemium Imperiale, le « Nobel des arts »
Verbier Festival 2025 : Les plus grands artistes classiques réunis pour cette 32ème édition !
Cet article La mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon est morte à 61 ans est apparu en premier sur Radio Classique.
Le Verbier Festival bat son plein et accueille jusqu’au dimanche 3 août une pléiade d’artistes plus prestigieux les uns que les autres.
En marge de cette édition 2025, Radio Classique vous propose de revivre l’un des concerts donnés en 2023, le 15 juillet précisément, par le Verbier Festival Chamber Orchestra dirigé par Gabor Takacs-Nagy. Trois œuvres étaient au programme : l’Ouverture tragique de Brahms, le Concerto pour violoncelle d’Elgar joué par Sheku Kanneh-Mason et la Symphonie n°3 « Rhénane » de Schumann. Ce concert sera suivi de la diffusion d’archives du Verbier Festival, avec notamment Martha Argerich, Menahem Pressler, Evgeny Kissin, Gautier Capuçon et Klaus Mäkelä. Cette soirée sera présentée par Pauline Lambert.
Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses régions grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
Retrouvez l’actualité du Classique
INSOLITE : Ça roule pour Beethoven aux Émirats Arabes Unis
Malade, Lorenzo Viotti remplacé par Esa-Pekka Salonen à Salzbourg
Le pianiste et chef d’orchestre Andras Schiff récompensé par le Praemium Imperiale, le « Nobel des arts »
Verbier Festival 2025 : Les plus grands artistes classiques réunis pour cette 32ème édition !
Cet article Radio Classique au Verbier Festival ce dimanche à 20h est apparu en premier sur Radio Classique.
Le Verbier Festival, dont l’édition 2025 se poursuit jusqu’au dimanche 3 août, est l’un des rendez-vous estivaux les plus prestigieux.
Radio Classique vous propose de revivre ce samedi l’un des concerts de l’édition 2024, en l’occurrence celui donné le 25 juillet par le Verbier Festival Chamber Orchestra dirigé par le jeune chef finlandais Tarmo Peltokoski. Trois œuvres était au programme : Ma mère l’Oye de Ravel, la célèbre Rhapsody in blue de Gershwin interprétée par Lucas Debargue, et l’antépénultième symphonie de Mozart, la Symphonie n°39. Ce concert sera suivi, jusqu’à minuit, de la diffusion d’archives du Verbier Festival avec notamment Martha Argerich, Renaud Capuçon, Vadim Repin, Mischa Maisky et Esa-Pekka Salonen. Cette soirée sera présentée par Pauline Lambert.
Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses régions de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
Retrouvez l’actualité du Classique
INSOLITE : Ça roule pour Beethoven aux Émirats Arabes Unis
Malade, Lorenzo Viotti remplacé par Esa-Pekka Salonen à Salzbourg
Le pianiste et chef d’orchestre Andras Schiff récompensé par le Praemium Imperiale, le « Nobel des arts »
Verbier Festival 2025 : Les plus grands artistes classiques réunis pour cette 32ème édition !
Cet article Radio Classique au Verbier Festival ce samedi à 20h est apparu en premier sur Radio Classique.
Depuis le début du mois de juillet, les automobilistes qui circulent sur l’autoroute E84 à Fujaïrah aux Émirats Arabes Unis (EAU) peuvent entendre l’Ode à la joie lorsqu’ils roulent sur une portion de 800 mètres. Un projet artistique mais utile pour la prévention routière.
Depuis le milieu des années 90 les projets de « routes musicales » (Asphatphone) se multiplient dans le monde, de Gylling, la première au Danemark, à Sapporo au Japon en passant par Villepinte (93) en France, où fut installé provisoirement ce type de dispositif boulevard Casanova en 2000. Le concept consiste à poser sur certains tronçons de ces routes des bandes-rugueuses sonores le long de la chaussée avec, comme premier objectif, d’alerter les automobilistes inattentifs.
Aux Émirats Arabes Unis, une première installation avait été mise en place en 2023 près d’Al Aïn (émirat d’Abou Dabi). Sur un morceau de cette route, à l’époque les automobilistes qui roulaient sur ces fameuses bandes rugueuses pouvaient entendre l’hymne du pays : Īshī Bilādī. Depuis le début du mois de juillet c’est sur une portion d’une autoroute près de Fujaïrah (émirat du même nom situé dans le golfe d’Oman) que le dispositif a été mis en place.
Sur ce tronçon d’un demi-mile (800 mètres) de l’autoroute E 84, les rainures en question, lorsqu’on roule dessus à la vitesse de 100 km/h, provoquent des vibrations qui reproduisent la mélodie de l’Ode à la joie, le célèbre air final de la 9e Symphonie de Ludwig van Beethoven et hymne de l’Union Européenne, perceptible à l’intérieur des véhicules concernés.
A lire aussi
L’ode à la joie de Beethoven, une célèbre mélodie… inventée par Mozart ?
Outre l’objectif de prévention du danger sur la route, ce projet à vocation artistique, développé par l’Académie des Beaux-Arts de Fujaïrah, vise à intégrer la musique au quotidien dans la région. Concernant le choix d’une musique classique européenne, le directeur de l’institution, Ali Obaid Al Hefaiti, déclare qu’il encourage toujours ses étudiants à « explorer différentes cultures ». Selon les autorités émiraties, la Sheikh Khalifa bin Zayed Road, serait la première route musicale permanente du monde arabe.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Malade, Lorenzo Viotti remplacé par Esa-Pekka Salonen à Salzbourg
Le pianiste et chef d’orchestre Andras Schiff récompensé par le Praemium Imperiale, le « Nobel des arts »
Verbier Festival 2025 : Les plus grands artistes classiques réunis pour cette 32ème édition !
« Ce concert doit être annulé » : La présence du chef d’orchestre russe Valery Gergiev à un festival italien fait polémique
Cet article INSOLITE : Ça roule pour Beethoven aux Émirats Arabes Unis est apparu en premier sur Radio Classique.
From the publisher's feed