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Ma Petite Entreprise est un projet lancé par trois entrepreneurs savoyards avec un objectif : participer au Tour de France à l’horizon 2030 avec une équipe cycliste professionnelle exclusivement soutenue par des TPE et des PME. Déjà 500 entreprises ont été séduites par le projet. Invité de la matinale, Michaël Amand, l’un des fondateurs du collectif, revient sur les ambitions et les défis de cette initiative inédite.
Un vent de renouveau souffle sur le cyclisme français avec Ma Petite Entreprise, une initiative audacieuse portée par Michaël Amand et Emeric Ducruet. Loin des modèles traditionnels, le collectif ambitionne de fédérer des milliers de petites et moyennes entreprises pour créer une équipe cycliste professionnelle féminine et masculine.
L’un des créateurs, Michaël Armand, raconte que tout est venu de la passion qu’il partage avec son ami : « On est amateur de vélo avec mon ami Emeric Ducruet, un entrepreneur tout comme moi. Un jour il s’est dit que même en tant que petite entreprise, on devrait pouvoir participer au cyclisme professionnel si on en a envie. C’est pourquoi on a créé un collectif de boîtes qui mettent des petits billets plutôt que demander à deux ou trois grandes de mettre des millions d’euros. »
Pour faire partie du projet, il faut avoir deux centres d’intérêts essentiels d’après l’un des créateurs de Ma Petite Entreprise : « C’est une logique de passion, avec d’abord celle du cyclisme et ensuite celle de l’entrepreneuriat. En ce moment les gens commencent vraiment à venir vers nous et ils sont d’autant plus agréablement surpris quand ils voient que le montant minime pour participer à cette grande aventure est de 750 euros. »
Le premier objectif de Ma Petite Entreprise est la création d’une équipe professionnelle de douze coureuses d’ici janvier 2026. Pour constituer ce groupe, la recherche va au-delà des simples performances physiques : « On essaie de trouver des profils de coureuses jeunes, avec du potentiel, un esprit entrepreneurial, le goût de l’effort et cette envie de se dépasser pour un projet. »
Lancée en 2024, cette initiative originale commence à susciter l’intérêt des sportifs : « Les coureuses commencent à nous contacter de plus en plus, mais pour l’instant, on essaie simplement de constituer une liste précise de personnes. On ne les recontactera que lorsque l’on sera sûr de l’existence de l’équipe. »
Michaël Amand explique que, pour mener à bien ce projet, une validation de l’Union Cycliste Internationale (UCI) est nécessaire : « L’objectif est de présenter l’équipe à l’UCI au mois de septembre. Mais d’ici là, il faut que nous obtenions 75 % de notre budget, qui s’élève à 1,5 million d’euros. Nous sommes dans les temps, car nous avons atteint déjà 50 %, et ce chiffre continue d’augmenter depuis l’arrivée de Vincent Lavenu, fondateur de l’équipe cycliste professionnelle AG2R, en tant que parrain bénévole. »
Un avenir ambitieux se profile déjà pour Ma Petite Entreprise, avec des objectifs à long terme. Michaël Amand vise déjà le Tour de France 2026 pour l’équipe féminine et songe déjà à la création d’une équipe masculine : « On a déjà prévu de lancer l’équipe masculine d’ici 2027 car c’est un peu plus complexe. Le modèle économique et les besoins budgétaires sont vraiment conséquents, donc d’abord on écrit l’histoire avec l’équipe féminine ».
Le collectif compte même proposer un accompagnement pour l’après-vie sportive : « On veut accompagner les coureurs dans l’après-carrière. Comme on a la chance d’avoir plein de partenaires issus de métiers différents, l’idée, c’est qu’on pourra présenter les coureurs à nos partenaires et leur faire découvrir des métiers, et se préparer au moment où ils devront arrêter le sport de haut niveau. »
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Alessandra Wyak
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Dix ans après sa première prestation remarquée à Salzbourg, Lorenzo Viotti devait diriger deux concerts fin juillet lors du festival autrichien mais de graves ennuis de santé le contraignent à renoncer. Le jeune chef d’orchestre suisse sera remplacé par l’expérimenté Esa-Pekka Salonen.
Lorenzo Viotti se faisait une joie de faire son retour à Salzbourg où il s’était illustré il y a dix ans en remportant le prix Herbert-von-Karajan des jeunes chefs d’orchestre (YCA). Le jeune chef d’orchestre suisse de 35 ans devait diriger les 27 et 28 juillet deux concerts consacrés à Œdipus rex, d’Igor Stravinsky.
Mais, selon la direction du festival autrichien, Lorenzo Viotti a dû y renoncer en raison d’une grave maladie (« acute illness ») dont on ignore totalement les détails. Sollicité, Esa-Pekka Salonen qui dirigera à Salzbourg, autour de ces dates, plusieurs représentations d’un spectacle de Peter Sellars consacré à des œuvres de Schönberg et Mahler, a accepté de le remplacer pour ces deux concerts.
À la tête de l’Orchestre philharmonique de Vienne, le chef d’orchestre finlandais proposera un programme légèrement modifié puisque la Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz sera jouée en deuxième partie de spectacle après donc Œdipus rex.
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Dans cette version d’Œdipus rex, l’opéra-oratorio d’Igor Stravinsky sur un livret de Jean Cocteau d’après Sophocle, le narrateur sera interprété par l’acteur austro-allemand doublement oscarisé Christoph Waltz (qui a déjà mis en scène Le Chevalier à la rose de Richard Strauss en 2023 à Anvers et Genève), le ténor Allan Clayton chante le rôle d’Œdipe, le baryton Michael Volle celui du messager Créon et, dans le rôle de Jocaste… Marina Viotti, la sœur de Lorenzo Viotti.
Philippe Gault
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Du 7 juillet au 5 octobre 2025, la ville d’Arles se métamorphose en capitale mondiale de la photo. Pour sa 56ème édition, les Rencontres d’Arles sont portées par le thème « Images Indociles », célébrant la diversité. Invité de la matinale, Christophe Wiesner, le président du festival, revient sur le programme mettant à l’honneur deux pays cette année : l’Australie et le Brésil.
« Ce qui est fascinant dans cette ville, c’est qu’avec le début du festival, des chaises et des tables s’installent, et la ville commence à reprendre vie. Elle passe d’un état de dormition en hiver à quelque chose qui bouillonne et vibre ! », explique Christophe Wiesner, directeur des Rencontres d’Arles. Fort d’un démarrage en trombe pour sa 56ème édition avec une augmentation de 15 % de visiteurs en juillet par rapport à l’année précédente, le festival aborde cette année le thème des « Images Indociles ».
Christophe Wiesner souligne que les Rencontres d’Arles souhaitent transmettre un message précis cette année : « Les images résistent à la volonté de les effacer, à la volonté de leur faire dire des choses qu’elles ne veulent pas dire. Ainsi, dans une période où l’on ne cesse de réécrire ou de transformer l’histoire, il faut rappeler que les photographes sont là aussi pour témoigner et donner un avis sur la situation. »
Chaque été depuis 1970, les Rencontres d’Arles contribuent à transmettre le patrimoine photographique mondial. Surnommée la capitale de la photographie, la ville d’Arles propose plus de quarante expositions installées dans divers lieux patrimoniaux.
Pour cette 56ème édition, l’Australie et le Brésil sont mis à l’honneur : « Notre affiche est d’ailleurs une bonne représentation du thème. C’était un processus assez long pour la choisir car on voulait que ce soit une contraction du message que l’on veut faire passer. On voit donc un garçon d’origine aborigène déguisé en Captain America sur une carcasse de voiture, ce qui est assez ironique avec ce qui se passe actuellement aux États-Unis. »
Pour transmettre le message le plus clairement possible, le directeur des Rencontres d’Arles a créé une équipe spéciale : « C’est une exposition réalisée avec quatre commissaires, dont deux d’origine autochtone et deux qui ne le sont pas. Notre but était de montrer qu’on peut réussir à construire quelque chose ensemble. Nous l’avons fait en nous mettant d’accord sur un objectif commun : que notre message soit un signe positif sur l’avenir ! »
Outils de retouche automatique, générateurs d’image, appareils photo de plus en plus intelligents : l’intelligence artificielle fait aujourd’hui partie du monde de la photo. Poutant d’après Christophe Wiesner, le sujet doit encore être étudié : « L’intérêt de faire une exposition sur l’intelligence artificielle est évidemment réel. Cette année, il y a même deux artistes photographes d’origine brésilienne qui travaillent avec l’IA. Mais ce qui reste encore assez complexe, c’est la question des droits d’auteur car rien n’est encore clarifié. Pour l’instant, je considère l’IA comme un outil supplémentaire qui s’ajoute à la palette des photographes. »
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Igi Lola Ayedun et Mayara Ferrao utilisent l’intelligence artificielle générative Midjourney pour réaliser leur création. Mais le directeur des Rencontres d’Arles dévoile qu’elles ont réalisé une découverte surprenante sur l’algorithme de l’IA : « Comme l’IA mâche toutes les images chargées et comme il y a beaucoup plus d’images issues de la culture nord-américaine ou européenne, on s’aperçoit d’une certaine stéréotypisation quand on demande à l’algorithme de générer une image de personnes issues des communautés autochtones ou brésiliennes. Les deux artistes en viennent même à dire que l’IA est finalement raciste. »
Alessandra Wyak
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Plutôt orchestre ou plutôt balcon ? Sur le côté ou en plein milieu ? Faut-il s’installer au plus près des artistes pour s’imprégner du génie de la performance ou se mettre à distance de la scène pour ne rien manquer de la richesse du son ? C’est ce que nous allons découvrir !
Le type de salle – théâtre à l’italienne, salle « en vignoble », auditorium … -, les catégories de place – orchestre, balcon, ailes … -, le type de formation musicale – quatuor, orchestre symphonique, troupe d’opéra – sont autant de facteurs qui déterminent l’appréciation d’une expérience de concert en salle.
D’où la principale question à se poser avant chaque représentation : quelle expérience ai-je envie de vivre ? Quel souvenir ai-je envie d’avoir ? Celui d’un son ou celui d’une image ? Celui d’une qualité acoustique ou celui d’une performance ? Ai-je tendance à me focaliser sur un.e musicien.ne en particulier ou ai-je besoin d’une vision d’ensemble pour apprécier ce que j’écoute et ce que je vois ? Ai-je besoin de me placer près d’une sortie pour des raisons de confort ou de bien-être, ou de me fondre au beau milieu de l’orchestre ? Est-ce que je souhaite à l’inverse obtenir un équilibre entre un visuel satisfaisant et une oreille comblée ?
La réussite acoustique d’une salle de concert vient de sa capacité à restituer le son émis dans l’espace en jouant sur ce qu’on appelle le phénomène de « réverbération » : quand un son est émis, des ondes sont projetées partout dans la pièce. Si certaines arrivent directement à l’oreille de l’auditeur, d’autres vont rebondir sur les parois et mettre plus de temps à arriver dans l’oreille, générant ainsi de la réverbération.
L’objectif d’une salle de concert est de maîtriser au mieux ce temps de réverbération pour que le son soit restitué dans l’oreille de l’auditeur avec le plus de précision et de richesse possible. Une vidéo fortement instructive de nos confrères de RTBF traite par ailleurs de ce sujet.
Il est donc déconseillé de se placer trop près d’une paroi qui pourrait rendre le son sensiblement différent.
Pour une recherche d’équilibre sonore lors d’un concert de musique symphonique, un placement au niveau de l’orchestre – ou du parterre – à compter de la 7ème rangée est recommandé, et plus particulièrement, dans une salle de type « boîte à chaussures » – salle rectangulaire organisée sur la longueur – qui constitue la forme la plus courante des salles de concerts.
Pour les salles dites « en vignoble » telles que l’Elbphilharmonie de Hambourg, le Walt Disney Concert Hall de Los Angeles ou la Philharmonie de Paris – où la scène, située au centre, permet de disposer le public tout autour – la question de l’optimisation acoustique est moins évidente tant chaque salle est unique. Elles permettent, entre autres, de découvrir l’orchestre sous un autre angle et d’apprécier, à la manière de celui qui joue, la direction du chef !
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Quant aux opéras, un placement au premier balcon est plus que recommandé : en plus d’obtenir un son de qualité, ce type de catégorie offre le recul nécessaire pour apprécier la scénographie dans son ensemble.
Clément Serrano
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Prodige multi-instrumentiste, chanteur et compositeur, Jacob Collier a conquis le monde avec son approche novatrice de la musique. Des vidéos YouTube a cappella à ses collaborations avec les plus grands noms de l’industrie, plongez au cœur de l’univers fascinant de cet artiste hors norme.
Jacob Collier est un ovni dans le paysage musical actuel. À seulement 30 ans, il est devenu le protégé de Quincy Jones, a fait la première partie d’Herbie Hancock et a sorti 4 albums, tous couronnés d’un Grammy Award. Quincy Jones, qui a été son manager pendant huit ans, l’a qualifié de « quintessence de cette génération » et d’un artiste au « talent unique comme il n’en a jamais rencontré de toute sa vie ».
Parmi ses fans, on compte le célèbre compositeur de musique de films Hans Zimmer et Chris Martin le chanteur du groupe Coldplay. Et s’il s’est lancé, c’est grâce à une philosophie de vie qui l’accompagne encore aujourd’hui : « Je crois que chacun d’entre nous peut être un musicien, il suffit de se donner l’occasion de le faire. »
Il commence son exploration vocale armé d’un simple micro Shure SM58. Il superpose les harmonies et crée des arrangements complexes pour exploiter au maximum les possibilités de sa voix. À 20 ans, il poste ses premières vidéos sur YouTube. Le public découvre alors sa voix et son style vestimentaire unique : motifs psychédéliques et Crocs de toutes les couleurs. En 2013, sa reprise de Don’t You Worry ’bout a Thing de Stevie Wonder devient virale.
Ses premiers pas dans la musique, il les a faits auprès de sa mère violoniste, Suzie Collier. Le jour où elle l’a mis au défi d’identifier la note produite par un aspirateur, il a compris que la musique se cache partout, même dans les sons les plus banals. Guitares, percussions et autres instruments : sa chambre d’enfance est devenue son laboratoire sonore. C’est là, dans ce qu’il décrit comme son paradis, qu’il a façonné son identité d’ovni musical.
La rencontre avec Quincy Jones marque un tournant décisif dans la carrière de Jacob Collier. Son ex-manageur a étudié la musique auprès de la compositrice et cheffe d’orchestre Nadia Boulanger. Elle considérait Quincy Jones comme son élève le plus marquant après Igor Stravinsky. Devenu un légendaire producteur, qui a travaillé avec les plus grands noms de la musique, de Miles Davis à Michael Jackson, il décèle immédiatement le potentiel de Jacob.
Pourtant, le jeune Britannique hésite. Il craint de perdre son indépendance, son identité. En tant que jeune créateur, il a une vision très claire du milieu de la musique : « Aujourd’hui, le pouvoir est dans les mains du créateur, c’est un monde nouveau à l’opposé des méthodes des grandes maisons de disques. » Il fait alors une proposition inattendue à Quincy Jones : il lui demande de devenir amis avant de collaborer professionnellement. C’est seulement après que l’équipe de Quincy Jones lui propose de faire la première partie du concert de Herbie Hancock au Montreux Jazz Festival de 2015 que Jacob est convaincu et signe avec lui.
Cette expérience est une révélation pour le jeune Britannique, qui réalise qu’il peut collaborer avec les plus grands noms de la musique tout en restant fidèle à sa vision artistique. Herbie Hancock, justement, est une autre figure clé de son parcours. Le pianiste de jazz a découvert Jacob Collier sur YouTube. Il a été immédiatement subjugué par son talent : « Je pensais que j’étais doué pour l’harmonie, mais je dois avouer qu’il est bien meilleur que moi ! » confie-t-il dans une interview pour un documentaire de la BBC sur l’artiste intitulé Jacob Collier: In the Room Where It Happens.
En 2025, il relève un autre défi audacieux : improviser une musique avec un orchestre sans aucune préparation. Il s’est inspiré du chanteur américain et conseiller artistique de l’Orchestre Symphonique National du Kennedy Center, Ben Folds qui en seulement 10 minutes, a improvisé une chanson. Jacob, lui, a réussi l’exploit en 14 minutes.
Au-delà des récompenses et des collaborations prestigieuses, Jacob Collier se laisse guider par sa soif d’exploration. L’une de ses marques de fabrique est son utilisation inventive de la voix. C’est simple pour Jacob « la voix humaine c’est l’instrument le plus important d’entre tous !»
Il maîtrise l’art du one-man band transformant sa voix en une multitude d’instruments. Véritable alchimiste des sons, il manipule les accords avec une audace et une créativité qui paraît innée chez lui : « J’ai appris la musique comme une langue. Je m’exprime par les sons, c’est tout ! »
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Jacob travaille avec des artistes très différents les uns des autres comme Stormzy, le rappeur britannique, ou encore Chris Martin, le chanteur de Coldplay. Sa consécration arrive avec les Grammy Awards. Jacob Collier en remporte deux en 2017, deux autres en 2020, et un cinquième en 2021. Il entre ainsi dans l’histoire de la musique en étant le seul artiste britannique à avoir remporté un Grammy pour chacun de ses quatre premiers albums, un exploit que même les Beatles n’ont pas réussi à atteindre.
Alessandra Wyak
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Le Premier ministre François Bayrou a présenté ce mardi la feuille de route budgétaire pour l’année 2026 de son gouvernement. Il s’est fixé comme objectif de trouver 40 milliards d’euros d’économies afin de ramener le déficit l’an prochain à 4,6 % du PIB français. Invité de la matinale, Philippe Dessertine, ancien membre du conseil des finances publiques, a mis en avant l’impératif pour la France d’agir vite.
Année blanche, suppression des jours fériés et une refonte de l’abattement fiscal des retraites, le Premier ministre François Bayrou a prévenu : « Tout le monde devra participer à l’effort. » Avec son nouveau plan d’économie, portant comme slogan « Le moment de vérité », le Premier ministre souhaite ramener le déficit à 5,4 % d’ici la fin de 2025 et atteindre 2,8 % en 2029.
Pour Philippe Dessertine, ancien membre du conseil des finances publiques, ce plan est nécessaire pour sortir du déficit : « C’est un plan qui, très clairement, suscite l’opposition, mais il faut accepter que ce soit par cela qu’il va falloir passer, car si on attend, ce sont les créanciers de la France qui sonneront la fin de la récréation. »
Il insiste sur la nécessité de freiner l’emballement de la dette française : « Je le rappelle, ce plan, ce n’est que le début, car son but c’est juste d’empêcher la dette de continuer d’augmenter. Aujourd’hui, elle est hors de contrôle. Cela veut dire qu’elle continue d’augmenter même si nous ne le voulons pas ! »
L’objectif de l’année blanche est de geler totalement ou partiellement les dépenses publiques en 2026. C’est la première étape pour stopper la dérive budgétaire. Il faut ensuite créer des richesses, et cela signifie plus de travail : « Si vous voulez réviser votre dépense publique, soit vous ne dépensez plus du tout, ce qui n’est pas l’approche de François Bayrou, soit vous repoussez l’âge de la retraite car cela permet d’avoir plus d’actifs et donc plus de création de richesse. »
En 2004, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac, décide de supprimer le lundi de Pentecôte comme jour férié. L’objectif de l’exécutif était de faire travailler les actifs une journée par an sans qu’ils soient payés pour financer des établissements et des services médico-sociaux. Cette mesure est prise un an après la canicule meurtrière de 2003 durant laquelle 15 509 personnes ont perdu la vie. Aujourd’hui, le gouvernement propose de supprimer deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai.
Pour Philippe Dessertine, la proposition doit être défendue malgré les oppositions : « C’est simple, si on n’augmente pas le temps de travail quotidien, on augmente le nombre de jours au travail et la suppression des jours fériés va dans ce sens. Ça suscite un refus massif de quasiment tout le monde, mais en réalité, c’est parce que personne ne veut mettre cette question sur la table. »
« On a le sentiment qu’on retourne en 1958 avec De Gaulle qui arrive avec des finances publiques affreuses qui doit gérer un déficit du commerce extérieur épouvantable, mais il explique aux Français que pendant deux ans on souffre, et ensuite le pays repart », explique l’ancien membre du conseil des finances publiques.
Nouveau Franc, suppression des subventions, hausse des impôts : en 1958 le Général De Gaulle a réussi à mettre fin au désastre économique du pays. À l’époque, le budget affiche un découvert d’au moins 1 200 milliards de francs. Sa solution est de créer un gouvernement resserré autour d’hommes d’expériences. Avec leur aide, il entreprend une thérapie choc : une dévaluation de 17,5 % du franc, l’arrêt des subventions aux entreprises déficitaires, la suppression de l’indexation des salaires, la stabilité monétaire, la réduction vigoureuse des dépenses et l’ouverture de l’économie française au Marché commun.
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Mais nous n’en sommes pas encore là d’après Philippe Dessertine : « La France a des capacités de rebond et de créer de la valeur il ne faut pas l’oublier. Malheureusement, je pense que nous ne sommes même pas encore au début de la sortie de crise de 1958. »
Alessandra Wyak
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À l’occasion de la 36e édition du Praemium Imperiale, le jury de la Japan Art Association a distingué Sir András Schiff, le pianiste et chef d’orchestre austro-britannique d’origine hongroise, dans la catégorie musique.
Le jury du prix Praemium International, considéré à juste titre comme le « Nobel des arts », se compose de cinq comités d’experts présidés en France par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin ; en Italie par l’ancien premier ministre Lamberto Dini ; au Royaume-Uni par l’ancien chancelier d’Oxford Christopher Patten ; aux États-Unis par l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton, et en Allemagne par l’ancien président du Goethe Institut Klaus-Dieter Lehmann. Décerné annuellement par la Japan Art Association depuis 1988, ce prestigieux prix est attribué à des artistes méritants dans 5 catégories différentes.
Et cette année, pour la 36e édition du prix japonais, aux côtés de Peter Doig (Peinture), Marina Abramović (Sculpture) Eduardo Souto de Moura (Architecture) et la danseuse et chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker (Arts vivants), le prix Musique a été attribué à Sir András Schiff.
À 71 ans, le pianiste et chef d’orchestre hongrois naturalisé autrichien en 1987 et citoyen britannique depuis 2001, succède dans cette catégorie à la pianiste portugaise Maria-João Pires, lauréate en 2024. Grand spécialiste du répertoire germanique, c’est en tant que pianiste dans des œuvres de Jean-Sébastien Bach et Ludwig van Beethoven qu’András Schiff se produira à la Philharmonie de Paris le 11 février 2026.
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Créé en 1988 en l’honneur du prince Takamatsu du Japon pour commémorer le centenaire de la Japan Art Association, le prix Praemium Imperiale a récompensé jusqu’à présent pas moins de 180 artistes. Chacun des lauréats 2025 du Praemium Imperiale recevra la somme de 15 millions de yens (environ 92 000 €) lors d’une cérémonie qui se déroulera à Tokyo le 22 octobre prochain.
A privilege to join @AmbJapanUK at @japanhouseldn for the presentation of the Praemium Imperiale 2025. Delighted to see Sir András Schiff, who performs Bach at the @bbcproms this year, announced as this year’s Music Laureate. pic.twitter.com/AHAnbImZkj
— Sam Jackson (@classicjacko) July 15, 2025
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Des banquets musicaux du 19e siècle aux grandes manifestations d’aujourd’hui, Berlioz est l’initiateur du concept de festival.
Depuis 30 ans, le Festival Berlioz célèbre en retour l’œuvre inspirante d’un artiste visionnaire, révolutionnaire, romantique !
Cet été, chaque semaine à 16h59, Radio Classique et Bruno Messina, directeur du Festival Berlioz, vous dévoilent l’âme musicale de Berlioz et de son festival.
Pour plus d’informations : www.festivalberlioz.com
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Cinq pays européens, dont la France, testent une application de vérification de l’âge des utilisateurs des réseaux sociaux, dans le but d’empêcher les enfants d’accéder à des contenus dangereux. Pour Hugo Micheron, chercheur en science politique, cette initiative, perçue par certains comme un premier pas vers l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ne s’attaque pas à la source du problème. Invité de la matinale, il dévoile sa méthode pour lutter contre « le pouvoir algorithmique ».
Le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie et l’Espagne deviennent les cobayes du prototype d’une application de vérification de l’âge des utilisateurs des réseaux sociaux développé pour l’Union Européenne. D’ici quelques mois, chaque État membre pourra ajuster l’application selon ses propres règles.
Pour Hugo Micheron, auteur de La Colère et l’Oubli (éditions Gallimard), il faut aller plus loin : « C’est un premier élément qui va dans le bon sens, mais le problème aujourd’hui, c’est qu’on n’a aucun contrôle sur l’algorithme des réseaux. Si on prend TikTok, il est devenu le concurrent du professeur d’école, car chaque heure passée par un enfant sur TikTok défait tout ce qu’il a appris dans la journée. » Selon l’Observatoire des plateformes en ligne, les 12-17 ans passent en moyenne 116 heures par mois sur internet, soit près de quatre heures par jour.
D’après le chercheur en science politique, les réseaux sociaux incarnent un nouveau type de pouvoir au cœur de nos sociétés : « Aujourd’hui, n’importe quel réseau social utilisé mondialement peut modifier une seule ligne de code de son algorithme et faire passer ses propres messages. Les propriétaires de ces algorithmes ont un pouvoir qui est au-dessus de celui des États, ils touchent les plus jeunes et le cœur de l’opinion publique. C’est le nouveau pouvoir algorithmique qu’il est nécessaire d’encadrer. »
Sur les réseaux sociaux, l’algorithme désigne l’ensemble de données et de règles qui déterminent le contenu à afficher en priorité. Propre à chaque utilisateur, il évolue en fonction du comportement qu’il adopte en ligne.
C’est grâce à ce fonctionnement qu’il a déjà été utilisé pour influencer des événements majeurs dans le monde : « Aujourd’hui, il y a un système de guerre informationnelle et on l’observe dans des éléments très récents comme lors des tensions en Nouvelle-Calédonie. Nous avions repéré sur internet que l’Azerbaïdjan et la Chine ont amplifié les clivages pour déstabiliser encore plus la relation du pays avec la France. »
Le chercheur en science politique estime que notre seule solution est l’innovation : « De la même façon qu’on a pu encadrer l’usage de la presse au 19e siècle, il va falloir faire de même pour les algorithmes, mais pour ça, il faut innover. C’est pour cela que j’ai lancé Arlequin AI dont le but est de devenir un outil contre la désinformation qui, contrairement à ChatGPT, ne va pas générer du contenu, mais l’analyser à grande échelle et rendre ses conclusions disponibles à tous. »
Il existe sept types d’IA différentes. Arlequin AI est considérée comme une intelligence stratégique, car elle identifie des schémas et des tendances au sein des données tout en laissant un contrôle total sur l’analyse et l’interprétation des résultats aux experts humains.
Pour Hugo Micheron, c’est précisément dans cette branche que la France et l’Europe peuvent encore se faire une place dans le domaine de l’IA : « Les autres grands modèles reposent sur des données d’entraînement ; ils ont donc besoin d’énormément de données, de puissance de calcul et donc d’investissement. Si les Américains sont en tête dans la course à l’IA, c’est parce qu’ils possèdent ces trois atouts. Si l’Europe imite ces modèles, elle est condamnée à rester dans leur sillage. Il faut donc se baser sur des modèles comme Arlequin AI, qui n’a pas besoin de ces trois facteurs pour exister. »
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D’après lui, c’est dans ce secteur qu’une alternative crédible peut émerger : « On est en pleine révolution de l’IA et l’Europe a une voix à défendre. Car s’il y a des ingénieurs du chaos, il doit y avoir des ingénieurs de la démocratie, et c’est justement là-dessus que la France peut avoir une carte à jouer. »
Alessandra Wyak
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L’invitation à un festival fin juillet à Caserte, près de Naples, du célèbre chef d’orchestre russe Valery Gergiev, blacklisté en Occident depuis l’invasion de l’Ukraine, fait polémique en Italie et en Russie, où l’opposition a appelé à l’annulation de sa venue.
Le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), l’organisation de l’opposant Alexeï Navalny mort en prison, a ainsi posté vendredi sur X un message pour « exiger l’annulation du concert de Valery Gergiev » et annoncé l’envoi de lettres en ce sens au festival et aux ministres italiens de la Culture et de l’Intérieur. Le FBK appelle également à une manifestation le 19 juillet à Milan contre la venue du maestro de 72 ans, partisan de longue date du président russe, boycotté depuis 2022 par des orchestres occidentaux pour ne pas avoir dénoncé l’offensive contre l’Ukraine.
GERGIEV’S CONCERT MUST BE CANCELLED pic.twitter.com/fxzbS5HzOh
— The Anti-Corruption Foundation (@ACF_int) July 11, 2025
En Italie, l’eurodéputée du Parti démocrate, de centre-gauche, Pina Picierno, vice-présidente du Parlement européen, a réclamé l’intervention de Vincenzo De Luca, lui aussi du PD et président de la région Campanie, l’une des institutions finançant le festival de Caserte. « Je t’invite (…) à le retirer du programme comme cela a été fait à la Scala et dans tous les théâtres du monde. Notre région ne peut pas devenir un lieu accueillant pour les soutiens de criminels », a-t-elle dénoncé.
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La proximité du maestro russe avec le chef du Kremlin et le fait qu’il n’ait pas dénoncé l’attaque de l’Ukraine lui ont déjà valu des polémiques et surtout sa mise à l’écart de tous les orchestres et festivals en Europe et aux Etats-Unis auprès desquels il avait des engagements. Comme on pouvait s’y attendre, Peter Gelb, le directeur général du Met Opera, a déclaré que Valery Gergiev « n’est rien de moins qu’une doublure artistique de Poutine. Il ne peut y avoir d’échange culturel avec des meurtriers de masse et des kidnappeurs d’enfants, ce qui constitue l’actuel modus operandi du régime russe ». À ce jour, malgré de nombreuses interpellations, le festival de Caserte n’a toujours pas réagi.
Philippe Gault (avec AFP)
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