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Comme chaque année, le festival Off d’Avignon proposera au mois de juillet des centaines de spectacles de compagnies indépendantes. La musique classique y sera représentée notamment avec la reprise d’un spectacle qui met en avant de manière originale les œuvres pour piano de Wolfgang Amadeus Mozart.
Parallèlement au festival d’Avignon officiel, considéré comme la plus importante manifestation de théâtre et de spectacle vivant du monde, se tient le festival off aux mêmes dates, du 5 au 26 juillet cette année. L’occasion de découvrir près de 1500 productions proposées par des compagnies indépendantes.
Parmi ces nombreuses productions, est programmé cette année, tous les jours sauf les 8, 15 et 21, à la Chapelle de l’Oratoire, une nouvelle version du spectacle musical Mozart au Paradis, imaginé par Vincent Laissy, fondateur du Trio Bagatelle. Dans ce spectacle original, le pianiste, accompagné par la violoncelliste Aurore Alix et la violoniste Lucile Dugué, souligne, sur des mélodies composées par WA Mozart, des textes du philosophe Fabrice Hadjadj dits par un récitant inattendu.
Ce narrateur c’est Philippe Chevallier, qu’on connaît plus comme humoriste dans le duo comique qu’il composait avec Régis Laspalès ou sur scène et au cinéma dans des comédies. Dans Mozart au Paradis, le comédien ne se contente pas de dire un texte, il incarne, parfois avec la complicité du public, un dandy désabusé qui se complaît d’abord dans la noirceur et le pessimisme et nous raconte sa conversion à la joie la plus pure, la plus juvénile, qui le bouleverse à l’écoute de la musique de Mozart.
Le compositeur autrichien, que Philippe Chevallier, plutôt attiré enfant par l’œuvre de Beethoven, avait découvert plus tard lors de séjours chez sa grand-mère à Saint-Malo. « Comme le personnage de la pièce » déclare-t-il, « j’ai été envoûté par la profondeur et la gravité qui se cachent derrière la légèreté apparente du style de Mozart ».
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Dans le spectacle, Philippe Chevallier est donc accompagné par le Trio Bagatelle qui ouvre le spectacle avec le premier mouvement de La Petite musique de nuit. L’interaction entre la musique et le texte prend vie avec de courts extraits des airs les plus emblématiques de l’œuvre de Mozart : Ah vous dirai-je Maman, la Sonate n° 16 dite « Facile », l’adagio du Concerto n°23 pour piano, l’air de Chérubin Voi che sapete des Noces de Figaro… Les musiciens interprètent ensuite un trio intégral de Mozart.
Tour à tour drôle, tendre et insolent, Mozart au Paradis célèbre l’esprit libre du compositeur autrichien dans une forme artistique originale, accessible à tous, mélomanes avertis comme curieux néophytes. Une parenthèse enchantée où la musique classique se fait complice du théâtre et de l’humour. Le spectacle sera ensuite joué tous les mois au Collège des Bernardins, dans le 5ème arrondissement de Paris, à partir du mois d’octobre.
Philippe Gault
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Coup d’envoi du Festival de Chambord par l’Orchestre national d’Ile-de-France dirigé par Marc Leroy-Calatayud, Renaud et Gautier Capuçon avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne à Evian et Yuja Wang avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse dirigé par Ryan Bancroft à La Grange au Lac : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours.
C’est l’Orchestre national d’Ile-de-France, dirigé par Marc Leroy-Calatayud qui ouvrira le 14e Festival de Chambord. En partenariat avec Radio Classique ce concert sera donné dans les Jardins à la française du château de Chambord.
Au programme, quelques-unes des plus grandes œuvres du répertoire, comme l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini, España de Chabrier, Nimrod d’Elgar, ou encore le Finale de la Symphonie n°7 de Beethoven. Angélique Boudeville et Vanessa Wagner seront les deux invitées d’honneur. Elles interpréteront respectivement les airs « Sombre Forêt » de Guillaume Tell et « Tacea la notte placida » du Trouvère de Verdi, et l’Adagio du Concerto pour piano n°23 de Mozart ainsi que les Trois Pièces lyriques de Grieg.
Renaud et Gautier Capuçon seront réunis dans ce concert des Rencontres Musicales d’Evian. Ils interpréteront le Concerto pour violon et violoncelle de Brahms, avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne que Renaud Capuçon dirigera du violon.
Au programme également de cette soirée : Siegfried Idyll de Wagner et la Sérénade n°2 de Brahms. Ce concert sera diffusé en direct sur Radio Classique à 20 heures.
Ravel sera à l’honneur de cette soirée au cours de laquelle Yuja Wang jouera le Concerto en sol avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse placé sous la direction du chef américain Ryan Bancroft.
Trois autres grands œuvres de Ravel, dont on célèbre cette année le cent-cinquantième anniversaire de la naissance, sont au programme : Ondine, les Valses nobles et sentimentales dans la version orchestrale, et La Valse. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique en direct à 20 heures.
Jean-Michel Dhuez
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A l’occasion du grand concert de l’Orchestre des Climats de Bourgogne qui clôturera ce dimanche le festival Musique & Vin au Clos Vougeot, Daniel Weissmann, Yuan Qing Yu et Arnaud Leroy seront, ce vendredi 27 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.
C’est un orchestre éphémère qui, le temps de quelques répétitions et d’un unique concert, parvient à créer un univers sonore, une véritable alchimie entre des musiciens venus du monde entier, issus de quelques-unes des plus grandes phalanges internationales. S’ils ne se connaissent pas forcément, ils sont pourtant capables de vibrer ensemble, de partager une aventure musicale exceptionnelle. Cet orchestre, celui des climats de Bourgogne, se reconstitue tous les étés pour le concert de clôture du festival Musique & Vin mais, à chaque édition, avec des couleurs spécifiques.
Daniel Weissmann, le directeur de l’orchestre nous racontera la façon dont il le façonne en fonction du programme du concert, en l’occurrence cette année, une célébration de l’amitié franco-américaine avec Bizet, Gershwin et Dvorak. Nous accueillerons, à cette occasion, deux musiciens participant pour la première fois à cette aventure orchestrale, le clarinettiste Arnaud Leroy issu de l’Orchestre de Paris et Yuan Qing Yu qui compte parmi les violons solos de l’Orchestre symphonique de Chicago.
Laure Mézan
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Le Premier ministre François Bayrou a proposé ce jeudi de donner plus de temps aux syndicats et au patronat pour surmonter leurs derniers points de désaccords. Reste à trouver un compromis sur les aménagements à la réforme des retraites de 2023 et le redressement des finances du système de pensions. Invité de la matinale, le PDG de Saint-Gobain, Benoit Bazin, revient sur l’échec du conclave et l’entreprise qu’il dirige, la plus vieille du CAC40.
Saint-Gobain, c’est 160 000 salariés présents dans 80 pays. À sa tête depuis 2019, Benoit Bazin explique sa conclusion du conclave des retraites en tant que grande entreprise et membre du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) : « J’en retiens quand même des choses positives. On voit que quand il y a du dialogue, on peut avancer. Il y a un accord sur l’âge à 64 ans, il y a un accord sur le besoin de fondamentalement réformer les retraites et d’arriver à l’équilibre au plus tard en 2030. Il y a eu aussi des ouvertures sur la capitalisation, donc il y a quand même des points positifs. »
Pendant plusieurs mois, le syndicaliste et ancien directeur général de la CFDT, Laurent Berger, a échangé avec le PDG de Saint-Gobain pour la réalisation de leur livre Voies de passage (aux éditions de l’Aube). Benoit Bazin dévoile en avoir conclu la nécessité de faire avancer le pays : « Ce n’est pas anodin si nous avons choisi comme titre « Voies de passage », car nous pensons qu’il faut bouger les lignes. On a l’impression, en France, qu’on ne se définit que par des oppositions et non pas par de la convergence, mais j’appelle à trouver des solutions parce que ça fait avancer le pays. »
L’un des critères sur lequel il faut avancer, pour le PDG de Saint-Gobain, c’est le travail : « C’est clair qu’en France, on a un problème de compétitivité des coûts du travail. » Il explique : « La cause vient des charges qui pèsent sur le travail. Si on regarde bien, ça coûte quasiment deux fois à l’employeur ce que le salarié touche en net dans ses rémunérations. »
D’après lui, la situation n’est pas prête de changer pour l’instant : « Nous n’avons pas les marges de manœuvre, les ressources budgétaires pour innover et préparer l’avenir à cause de ressources publiques qui n’ont pas du tout été restructurées depuis des années. Et aujourd’hui, je ne vois toujours pas de courage politique, d’effort, de voie de passage pour réduire et restructurer les dépenses publiques. »
Selon un sondage de l’opinion en direct piloté par l’institut Elabe, 63 % des Français estiment que le gouvernement porte une responsabilité majeure dans cet échec du conclave des retraites. Le PDG de Saint-Gobain analyse : « Nous avons l’impression, en France, que dans le monde politique, on se crispe sur des positions personnelles à très court terme. On se pose la question de sa réélection, de ce que l’on va dire au journal du 20h le dimanche soir, mais pas de l’intérêt général sur le long terme. »
Saint-Gobain est le leader dans la construction durable. L’entreprise mise aujourd’hui dans la chimie de construction, annonce Benoit Bazin : « Nous avons déployé une vision stratégique très claire : rester le leader mondial de la construction durable. C’est dans cet esprit que l’on a investi dans la chimie de construction qui apporte plus de performance aux bâtiments. On peut décarboner certains matériaux tout en augmentant la productivité sur les chantiers. »
Cela engendre même un retour à des techniques plus traditionnelles : « Pour travailler l’inertie thermique des murs, on a développé des offres en terre cuite. C’est un retour des techniques traditionnelles, car autrefois on construisait déjà avec, et qui permet d’absorber la chaleur la journée. »
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Innovation, développement, et croissance, à la tête de Saint-Gobain Benoit Bazin, a su insuffler sa vision du management : « Mon rôle de dirigeant, c’est de faire jouer le collectif, de donner du sens, et de faire en sorte que tous les talents individuels comme collectifs soient fructifiés comme dans un orchestre. »
Alessandra Wyak
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Lalo Schifrin, auteur de la musique de Mission : Impossible et Starsky et Hutch, et de films célèbres comme Bullitt, est mort ce jeudi à l’âge de 93 ans à Los Angeles. Compositeur de plus de cent musiques de film, Il a laissé une empreinte indélébile sur le cinéma d’action américain des années 1960 et 1970.
Né le 21 juin 1932 à Buenos Aires et naturalisé américain en 1969, Boris Claudio Schifrin, élève au Conservatoire de Paris, proche d’Olivier Messiaen et des plus grands jazzmen dans les années 50, était un pianiste et chef d’orchestre qui s’est taillé un nom dans le septième art, en composant les bandes originales de plus de 100 films.
Ses œuvres lui ont valu six nominations aux Oscars et il a été récompensé par un Oscar d’honneur en 2018 pour l’ensemble de sa carrière – un prix remis à seulement deux autres compositeurs, Ennio Morricone et Quincy Jones.
Parmi les petits bijoux composés par Lalo Schifrin, on retrouve la musique minimaliste de la célèbre course-poursuite avec la Mustang de Steve McQueen dans Bullitt, le syncrétisme d’Opération Dragon, le funk avant-gardiste de L’Inspecteur Harry ou encore le mélange jazz, folk et musique symphonique de Luke la main froide.
Mais sa partition la plus connue reste celle de Mission : Impossible, avec son motif répétitif et syncopé évoquant si bien l’urgence et le suspense des films d’espionnage. Ce thème musical, qui a connu de multiples variations et apparaît au générique de tous les films où Tom Cruise incarne l’agent Ethan Hunt, a entre autres permis au compositeur de remporter deux Grammy Awards parmi la pluie de récompenses récoltées au cours de sa carrière.
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Les mélodies de ce musicien visionnaire ont été samplées par des artistes du hip-hop et de l’électro comme Portishead. Swing, pop, funk, bossa nova, dodécaphonisme: toutes ces rythmiques intégrées à ses partitions ont apporté à ses musiques une modernité intouchable, comme en témoigne The Sound of Lalo Schifrin, une anthologie de son œuvre sortie en 2016.
The countdown begins. The fuse lights. The music hits and suddenly, you’re in it. That was the genius of Lalo Schifrin.
With six Academy Award nominations and iconic scores for MISSION: IMPOSSIBLE, THE FOX, BULLITT, AND THE STING II, Schifrin didn’t just write music, he built… pic.twitter.com/uA0KfeVmaT
— The Academy (@TheAcademy) June 26, 2025
« C’est avec une grande tristesse que nous recevons la nouvelle de la perte de Lalo Schifrin, un génie musical qui a transcendé les frontières et les générations, et dont l’héritage s’étendra à jamais dans l’histoire culturelle de notre pays et du monde », a écrit le secrétaire à la culture argentin, Leonardo Cifelli.
Philippe Gault (avec AFP)
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C’est en compagnie de Beethoven que nous vous invitons à passer cette dernière Soirée en musique de la saison.
Quatre heures pendant lesquelles vous pourrez entendre ses plus grands chefs d’œuvres dans les interprétations les plus marquantes. Quelques exemples : la Symphonie n°5 par l’Orchestre Philharmonique de Vienne dirigé par Carlos Kleiber en 1974, le Concerto pour piano n°4 dans l’interprétation d’Alfred Brendel avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne placé sous la direction de Simon Rattle en 1997, ou encore le Concerto pour violon joué par Isaac Stern accompagné par l’Orchestre Philharmonique de New-York dirigé par Leonard Bernstein en 1959 ainsi que la Sonate pour piano n°23 “Appassionata” par Alfred Brendel en concert à Vienne en juin 2002 et le Quatuor n°9 par le Quatuor Artemis.
Cette soirée s’achèvera une œuvre unique en son genre, la Fantaisie pour piano chœur et orchestre interprétée par Daniel Barenboïm, le Chœur John Alldis et le New Philharmonia Orchestra placés sous la direction d’Otto Klemperer en 1967. Daniel Barenboïm avait alors 25 ans et Otto Klemperer 82. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique grâce au DAB+ dans de nombreuses villes de France.
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Réputé pour ses scénographies spectaculaires et ses décors démesurés installés sur une scène flottante, le festival autrichien de Bregenz va devoir faire des économies. Ses subventions publiques vont être réduites de 30% pour les deux prochaines éditions.
Le faste et la démesure des spectacles proposés sur une scène flottante au bord de son lac par le festival autrichien de Bregenz en font un événement unique très prisé des amateurs d’opéra et un modèle, au point que les Émirats Arabes Unis vont s’en inspirer pour construire un opéra flottant à Dubaï.
Mais le festival d’été autrichien risque d’être contraint de réduire sa voilure dans les années à venir car les autorités publiques qui contribuent à son financement – gouvernement fédéral, Land du Vorarlberg et municipalité de Bregenz – à hauteur d’environ 7 millions d’euros par édition, ont décidé de réduire leur subvention de 30 % en 2025 et en 2026. Soit une perte de 2,1 millions d’euros par an.
Au-delà du contexte économique complexe qui conduit à des baisses de subventions publiques dans tout le secteur culturel en Autriche, il semble aussi que le festival de Bregenz soit victime… de son succès et de ses bonnes recettes de billetterie. L’an dernier, par exemple, près de 200.000 spectateurs ont assisté aux 28 représentations de Der Freischütz de Carl Maria von Weber, soit un taux de fréquentation record de 99%.
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Fort de sa trésorerie bien remplie, le festival ne devrait pas souffrir de cette baisse de subvention cette année. L’édition 2025, qui se déroulera du 16 juillet au 17 août, présentera d’ailleurs à nouveau l’opéra de Weber à partir du 17 juillet sur la scène flottante.
Pour 2026 et les années suivantes, ce sera certainement plus compliqué. Hans-Peter Metzler, le président du festival, prévient déjà que « la coopération quinquennale avec le Burgtheater (de Vienne, ndlr) sera suspendue en 2026 et 2027 et l’introduction de la sonorisation en hauteur, intégrée au système acoustique BOA, sur la scène flottante, sera reportée ».
Philippe Gault
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Le monde bascule en apprenant l’assassinat de Kennedy. Le Général De Gaulle est personnellement bouleversé. Au-delà de la tragédie, cet événement révèle une relation franco-américaine complexe, faite d’admiration et de profondes divergences sur l’arme nucléaire et la souveraineté. Découvrez les dessous d’une estime mutuelle minée par les enjeux de la Guerre Froide.
Nous sommes le vendredi 22 novembre 1963, à Paris. Il est 20h, la nuit est tombée sur l’Élysée. Après avoir éteint la lumière de son bureau, le Général de Gaulle s’apprête à rejoindre son épouse quand le secrétaire général de l’Élysée l’interrompt subitement : « On a tiré sur le président Kennedy. » C’est la stupéfaction. Le général fait demi-tour et, le temps qu’il rallume la lumière, la confirmation tombe : Kennedy est mort. De Gaulle connaît les risques du pouvoir étant donné qu’il a lui-même été la cible de nombreuses tentatives d’assassinat. Il se remet à peine de l’attentat du Petit-Clamart. Le 22 août 1962, alors que le président était en route avec sa femme en direction de Villacoublay, un groupe d’hommes a déversé une salve de balles sur le couple.
Au-delà de la condamnation du drame qui frappe l’Amérique, De Gaulle ressent une proximité particulière avec ce président américain, de 27 ans son cadet. Il dira même au Conseil des ministres : « Ce qui est arrivé à Kennedy, c’est ce qui a failli m’arriver. Son histoire, c’est la mienne. » Touché, il demande à ce que la France mette ses drapeaux en berne à partir du moment de l’annonce jusqu’à l’enterrement à Washington. Cela aura duré 4 jours.
Charles De Gaulle a tenu à se rendre aux obsèques. Et c’est vêtu de son uniforme de général de brigade qu’il marche derrière le cercueil de Kennedy.
Un hommage surprenant, compte tenu des relations parfois tendues entre la France et les États-Unis en pleine Guerre froide. Mais la déclassification d’archives américaines a révélé une estime et une admiration mutuelles entre les deux hommes, au-delà des divergences.
À peine quelques mois après son élection, le 20 janvier 1961, Kennedy choisit contre toute attente pour son premier voyage à l’étranger la France. Et les deux présidents manifestent tout de suite des signes de grande estime. Éric Branca explique dans De Gaulle et les grands : « Entre les Nouvelles Frontières de l’Américain et la résurrection appelée de ses vœux par le Français, il existait à coup sûr un point commun. »
C’est André Malraux, ministre d’État chargé des Affaires culturelles, qui va accompagner le couple présidentiel et surtout Jackie Kennedy dans toutes sortes de visites, à la Malmaison, au musée du Louvre, et à une soirée à l’opéra. Un programme très chargé lors duquel De Gaulle et Kennedy se rencontrent pour étudier un certain nombre de dossiers.
L’essentiel se joue dans les discussions, feutrées, entre les deux chefs d’État. De Gaulle est clair : la France doit se doter de l’arme nucléaire. C’est une question de souveraineté. Kennedy, lui, hésite. Son secrétaire à la Défense, Robert McNamara, a une autre vision. Il théorise une « riposte graduée » : en cas d’attaque soviétique, les États-Unis ne réagiraient pas forcément avec l’arme nucléaire, mais de manière proportionnée.
Pour De Gaulle, c’est inacceptable. Cela signifie que l’Amérique pourrait hésiter à se sacrifier pour défendre l’Europe. La France doit donc être capable de se défendre seule. La discussion est très tendue. Et Kennedy va jusqu’à demander au Général : « comment les alliés de la France pourraient-ils être sûrs que Paris utiliserait l’arme atomique pour les défendre, et l’Allemagne en particulier ? » De Gaulle, imperturbable, lui rétorque : « vous savez, le Rhin est beaucoup plus étroit que l’Atlantique. La France se sent plus intimement liée à la défense de l’Allemagne que l’Amérique à la nôtre. »
En octobre 1962 survient la crise des missiles de Cuba. Le monde retient son souffle après que les Soviétiques ont annoncé installer des rampes de lancement nucléaires à Cuba, à portée de tir des États-Unis. Kennedy a besoin de soutien. Il envoie son émissaire, Dean Acheson, à Paris. Kennedy est prêt à tout, il demande d’ailleurs à son secrétaire d’État d’annoncer à Charles De Gaulle qu’ils sont prêts à aider la France à maîtriser la technologie nucléaire. Mais Acheson déteste De Gaulle. Il ne lui a jamais pardonné son opposition à la Communauté européenne de défense qui aurait créer une armée européenne.
Dean Acheson omet donc volontairement de parler de la proposition de Kennedy. Pourtant, De Gaulle va assurer directement son soutien total à Kennedy après avoir vu les photos des rampes de lancement soviétique à Cuba. Kennedy obtient ce qu’il voulait et les Soviétiques retirent alors leurs missiles de Cuba. Mais pour De Gaulle, cette affaire révèle une chose essentielle : même la plus grande puissance du monde, les États-Unis, peuvent être vulnérables et obligés de composer. Quelques mois plus tard, l’assassinat de Kennedy à Dallas vient obscurcir un peu plus le tableau.
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80 minutes après sa mort, Lee Harvey Oswald a été inculpé du meurtre du président. Pourtant, il a nié avoir tiré sur lui et a affirmé qu’il était « un pigeon ». Mais avant de pouvoir être jugé, Lee Harvey Oswald a été abattu par Jack Ruby, un propriétaire de boîte de nuit, lors de son transfert de la prison du quartier général de la police à la prison du comté.
Il n’y a donc jamais eu de procès. De Gaulle fait partie de ceux qui n’acceptent pas la version officielle, celle de l’acte isolé d’un déséquilibré. Il soupçonne un complot, voici ce qu’il confie à Alain Peyrefitte, dans La Voix du Général : « La police a fait le coup, ou bien elle l’a fait faire, ou bien elle l’a laissé faire. Lee Harvey Oswald n’est qu’un prête-nom, c’était l’homme qu’il leur fallait, un merveilleux accusé. La fable était de faire croire que le type avait agi par amour du communisme. »
Franck Ferrand
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A l’occasion de leur venue au festival Musique et Vin au Clos Vougeot, Gautier Capuçon, Jean-Yves Thibaudet et Clemens Hagen seront, ce jeudi 26 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.
Pour cette troisième émission au Château du Clos Vougeot, nous accueillerons deux des figures emblématiques du festival Musique et Vin, ses deux conseillers artistiques, Gautier Capuçon et Jean-Yves Thibaudet. Très attachés à la région comme à ses grands crus, ils viennent chaque été y poser leurs valises le temps de concerts et de moments de partages avec artistes et vignerons. A leurs côtés ce soir, Clemens Hagen qui faisait cette semaine ses débuts au festival avec ses partenaires du Quatuor Hagen.
L’occasion de revenir sur l’amitié qui unit depuis des années Gautier Capuçon et le violoncelliste autrichien. Leur si belle complicité dans le Quintette à deux violoncelles de Schubert mardi soir en l’Abbaye de Saint-Vivant en a été un touchant témoignage. Quant à Jean-Yves Thibaudet, il se confiera sur sa rencontre avec les Hagen et sur son plaisir à partager la scène avec de telles légendes de la musique comme avec de jeunes talents, à l’instar de la flûtiste Martha Chan.
Laure Mézan
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