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A l’occasion de leur venue au festival Musique et Vin au Clos Vougeot, Gautier Capuçon, Jean-Yves Thibaudet et Clemens Hagen seront, ce jeudi 26 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.
Pour cette troisième émission au Château du Clos Vougeot, nous accueillerons deux des figures emblématiques du festival Musique et Vin, ses deux conseillers artistiques, Gautier Capuçon et Jean-Yves Thibaudet. Très attachés à la région comme à ses grands crus, ils viennent chaque été y poser leurs valises le temps de concerts et de moments de partages avec artistes et vignerons. A leurs côtés ce soir, Clemens Hagen qui faisait cette semaine ses débuts au festival avec ses partenaires du Quatuor Hagen.
L’occasion de revenir sur l’amitié qui unit depuis des années Gautier Capuçon et le violoncelliste autrichien. Leur si belle complicité dans le Quintette à deux violoncelles de Schubert mardi soir en l’Abbaye de Saint-Vivant en a été un touchant témoignage. Quant à Jean-Yves Thibaudet, il se confiera sur sa rencontre avec les Hagen et sur son plaisir à partager la scène avec de telles légendes de la musique comme avec de jeunes talents, à l’instar de la flûtiste Martha Chan.
Laure Mézan
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L’essayiste, romancier et réalisateur Bernard-Henri Lévy dévoile son dernier film, Notre Guerre co-réalisé avec Marc Roussel. Diffusé ce dimanche 29 juin sur France 5, il partage le quotidien des citoyens et soldats ukrainiens en pleine invasion russe sur les fronts de Pokrovsk et Soumy, dans l’est de l’Ukraine. Invité de la matinale, il revient sur la création de son quatrième film et révèle les enjeux mondiaux que représente la guerre en Ukraine.
Bernard-Henri Lévy s’alarme d’un début d’un oubli collectif de cette guerre. Depuis l’invasion russe du territoire ukrainien en 2022, il y a un afflux important de journalistes internationaux pour couvrir le conflit, mais qui a fluctué en fonction de l’intensité des combats.
Le co-réalisateur de Notre Guerre tire la sonnette d’alarme : « Il y a une espèce de zapping qui s’opère dans nos têtes face à la guerre en Ukraine. Elle faisait la une des écrans et des plateaux télé, et puis d’un seul coup, elle est en train de tomber dans une sorte de trou noir. Il faut que chacun de nous lutte de toutes ses forces pour empêcher cela. »
Son objectif ? Continuer à retracer le quotidien du peuple ukrainien de la manière la plus directe et intime possible au reste du monde : « Je suis extrêmement reconnaissant à France Télévisions de diffuser ce film en prime time à 21h dimanche. Il est anxiogène, on voit des cadavres, des combats, et surtout, on y dévoile une rumeur urbaine mondiale qui s’est avérée : l’horreur des enfants volés d’Ukraine. »
Notre Guerre c’est le journal de bord des deux réalisateurs, Bernard-Henri Lévy et Marc Roussel, qui, entre février et avril 2025, ont filmé le peuple ukrainien dans les tranchées et au cœur aussi bien des instants de danger que de grandes émotions.
Ils racontent l’histoire de cette guerre et dévoilent le scandale des enfants ukrainiens déportés par Moscou : « Cette révélation, c’est le président Zelensky qui la fait dans mon film. Il explique que les Russes vont chercher les enfants dans les villages ukrainiens, ils les enlèvent, changent leur nom, leur donnent une nouvelle identité, et ensuite les mettent dans le fin fond de la Russie, dans des maisons de redressement et des camps militarisés pour en faire des petits Russes. »
Lors de cette interview avec le président ukrainien, le réalisateur a obtenu des premières données chiffrées sur ces enlèvements : « Zelensky donne un chiffre qui est vraiment minimal, documenté par les services ukrainiens, qui est de 19 956, et il est certainement bien supérieur à cela en réalité. Ça reste le scandale le plus ignoré de cette guerre qui est en train de tomber dans l’oubli. »
Drones, intelligence artificielle et ordinateurs font aujourd’hui partie des principales armes de défense ukrainiennes. Bernard-Henri Lévy décrit les scènes de combat comme celles d’un film de science-fiction : « On a d’un côté les tranchées boueuses de 1914-1918 et des combats dignes de la Guerre des Etoiles qu’on ne pensait possible que dans notre imaginaire ! C’est une scène du film que j’ai d’ailleurs hésité à monter, où l’on voit des soldats « geeks » qui tuent un soldat russe à quelques mètres d’eux par un clic d’ordinateur. L’homme est repéré, identifié, visé et tué sans qu’il y ait de contact. »
Il alerte sur cette évolution technologique militaire : « Demain, un missile russe ou iranien pourra tenter de viser n’importe lequel d’entre nous, et pas que sur le front ukrainien, mais peut-être sur une villégiature européenne, et c’est un véritable effroi intellectuel que d’observer la tournure que prend la modernité. »
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Il conclut sur un avertissement du futur qui nous attend en fonction de la fin du conflit russo-ukrainien : « L’Ukraine doit gagner pour nous tous, car ce n’est pas seulement une guerre normale de territoire, il y a cette idée russe que l’Ukraine n’existe pas, c’est pourquoi elle doit être conquise et annexée. Et aujourd’hui, c’est l’Ukraine, mais demain, ça pourra très bien être la Pologne et ses voisins. »
Alessandra Wyak
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Le jury du concours Opus Klassik, qui récompense les artistes et orchestres dont les enregistrements ont marqué la saison, a rendu son verdict. Parmi les 37 lauréats, trois représentants français : la trompettiste Lucienne Renaudin Vary, le ténor Benjamin Bernheim et le violoniste et directeur d’orchestre Julien Chauvin.
En 2024, le concours allemand Opus Klassik avait récompensé deux musiciens français, Gautier Capuçon et Bertrand Chamayou. Cette année, ils sont trois. À commencer par la trompettiste Lucienne Renaudin Vary dans la catégorie « instrumentiste de l’année » pour sa performance dans l’album Jardins d’hiver (Warner Classics) enregistré avec l’Orchestre de Chambre de Paris.
[RÉCOMPENSE]
C’est avec une joie immense que nous sommes heureux de vous annoncer que Les 4 saisons dansées, notre concert chorégraphié par Mourad Merzouki vient de recevoir le prix Opus Klassik du concert innovant de l’année. pic.twitter.com/2aeJmRZp16
— Le Concert de la Loge – Julien Chauvin (@concertdelaloge) June 25, 2025
Les autres prix attribués par cette édition 2025 du concours Opus Klassik ont consacré de grands noms de la scène classique. Honneur aux femmes avec, dans la prestigieuse catégorie « chef d’orchestre de l’année », le sacre de la maestra allemande Joana Mallwitz qui succède à Klaus Mäkelä. Deux jeunes chanteuses, deux mezzo-sopranos, ont également conquis le jury allemand : la Canadienne Emily d’Angelo, lauréate du prix de la « meilleure chanteuse » et la chanteuse russe Aigul Akhmetshina, 29 ans, désignée « jeune artiste de l’année ».
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De grands pianistes ont également été honorés cette année : Fazil Say dans la catégorie « enregistrement solo », Seong Jin Cho, lui aussi désigné « instrumentiste de l’année » ex-aequo avec Lucienne Renaudin Vary, Igor Levit, avec Christian Thielemann à la tête du Philharmonique de Vienne, pour « l’enregistrement de concert de l’année » consacré aux concertos pour piano de Johannes Brahms et, enfin, Kirill Gerstein, lauréat d’un prix spécial pour son album La musique en temps de guerre (Myrios Classics).
Philippe Gault
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La guerre entre l’Iran et Israël a éclipsé l’actualité toujours brûlante de Gaza. Le bilan dépasse les 55.000 morts et il n’y a aucune perspective de cessez-le-feu en vue. Un programme français permet à quelques-uns de s’extraire de l’enfer.
Le « Programme Pause », chapeauté notamment par le Collège de France, le Quai d’Orsay et le ministère de l’enseignement supérieur, offre la possibilité à des scientifiques et artistes en danger d’intégrer une université française.
Amal Alkahlout est physicienne et professeure à l’université, spécialiste des nanotechnologies et de la science des matériaux. A peine quelques jours après l’attaque du 7-Octobre, cette Palestinienne de 56 ans a dû fuir sa maison de Gaza city pour trouver refuge dans l’hôpital pédiatrique de la ville, que dirigeait son mari.
« Les bombes tombaient partout de façon aléatoire. Des enfants en soins intensifs ont été tués. On avait tellement peur, tout le monde se cachait dans le noir, dans les couloirs de l’hôpital. On devait vivre à côté de cadavres » raconte-t-elle. Quand l’armée israélienne a évacué l’hôpital, poursuit-elle « nous leur avons demandé des ambulances pour les enfants reliés à l’oxygène. On a découvert plus tard qu’aucune ambulance n’était venue. Leurs corps se sont décomposés, envahis d’insectes. C’est une scène déchirante que je ne pourrai jamais oublier. »
Avec ses quatre enfants et sa mère très âgée, Amal fuit, à pied, vers le sud de la bande de Gaza. Comme des milliers de palestiniens, elle fait face au manque d’eau, d’hygiène et de nourriture.
« C’était très difficile d’obtenir ne serait-ce qu’un kilo de farine pour faire du pain. Je cuisinais comme mes ancêtres : pendant que je préparais le feu, je pleurais, parce que je ne suis pas habituée à faire ça : on avait une maison luxueuse, avec tous les équipements. Tout d’un coup [il n’y avait] plus d’électricité, plus de gaz. » Ses proches restés à Gaza, ne trouvent, eux, « plus rien à manger ».
C’est par une amie qu’Amal entend parler du Programme Pause. Elle dépose sa candidature et apprend plus tard qu’elle est sélectionnée. Quelques jours avant la fermeture de la frontière, Amal et sa famille parviennent à passer en Egypte. Fin août 2024, ils arrivent en France. Amal a été intégrée à l’Université Sorbonne Paris Nord. Hantée par la guerre, elle tente de se reconstruire.
« Je ne dors plus la nuit. Je regarde tout le temps les informations. Je me sens tellement coupable. Nous, nous sommes en sécurité, mais mes amis, mes proches à Gaza ne le sont pas. Nous avons à manger, pas eux. Je suis suivie en thérapie. Les gens à l’université me soutiennent beaucoup. Récemment, je commence à retrouver ma voie. Je suis tellement reconnaissante au Programme Pause : ce n’est pas seulement pour t’aider à mener des recherches, ça te donne la chance d’être en vie. »
D’autres scientifiques et artistes palestiniens attendent encore de pouvoir quitter Gaza pour rejoindre la France. Laura Lohéac est la directrice du Programme Pause : « Une soixantaine de personnes sont soutenues par le programme, mais en 2024, très peu ont pu arriver parce qu’ils étaient bloqués à Gaza. Jusqu’au mois de mai, certains ont pu [venir] par leurs propres moyens et ensuite, la bande de Gaza étant totalement fermée, ils sont restés piégés ». La France est entrée en négociation à haut niveau pour essayer de faciliter les sorties, et l’opération d’évacuation a pu avoir lieu en avril dernier.
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Laura Lohéac décrit des extractions et des évacuations « extrêmement longues et difficiles ». Aujourd’hui 16 lauréats du programme sont encore à Gaza. « On craint chaque jour d’apprendre leur mort, parce que ça a été le cas d’un de nos lauréats, un architecte, décédé des suites d’un bombardement ». Sa femme est attendue dans un contexte « d’embrasement général ». « Pour les évacuations, nous n’avons aucune visibilité », déplore-t-elle. Surtout que le Programme Pause, qui a bénéficié depuis 2017 à 600 chercheurs fait face à des restrictions budgétaires. Un appel aux dons a été lancé sur le site de la Fondation de France.
Laurie-Anne Toulemont
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À partir de la fin juin et pendant quatre semaines, le grand pianiste chinois Lang Lang va encadrer la formation d’une trentaine de jeunes pianistes saoudiens à Riyad.
Déjà formateur de nombreux jeunes talents en Extrême-Orient, grâce notamment à la structure qu’il a ouverte à Pékin en 2021, Lang Lang va superviser un ambitieux programme de formation en Arabie Saoudite. Du 29 juin au 24 juillet, le pianiste chinois va en effet encadrer une session qui rassemblera, au Saudi Music Hub de Riyad, une trentaine de jeunes pianistes, hommes et femmes venus de tout le pays.
Cette initiative de la Commission Saoudienne de la Musique vise à faire émerger une nouvelle génération de musiciens. Pour Paul Pacifico, son président : « Ce programme marque un nouveau chapitre audacieux dans l’évolution de l’éducation musicale au royaume saoudien. En nous associant à des éducateurs internationaux de renommée mondiale, nous encourageons non seulement la prochaine génération de talents saoudiens, mais élargissons également les horizons de nos ambitions culturelles ».
Les stagiaires participants (âgés de plus de 7 ans et au niveau 3 de l’ABRSM ou supérieur) suivront un programme intensif comprenant des cours individuels, des cours collectifs, des formations pratiques et des sessions interactives en direct, le tout animé par d’éminents enseignants et professionnels de la musique dont bien sûr Lang Lang, qui supervise cette formation.
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Lors de son premier séjour en Arabie Saoudite en janvier 2019, le pianiste chinois avait impressionné les autorités culturelles et le public dans un concert donné à guichet fermé avec l’Orchestre symphonique de Guangzhou pendant le festival d’hiver de Tantora qui s’était déroulé à Al-Ula, près de Médine.
À cette occasion, Lang Lang avait déclaré que la musique était sa « langue maternelle » et que grâce à elle, il pouvait communiquer avec des publics du monde entier, malgré les barrières linguistiques. Il semble que le message a été bien entendu à Riyad.
Philippe Gault
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Paul Poiret est considéré comme le premier couturier célèbre. Au début du XXe siècle, cet artiste total, peintre et parfumeur, a révolutionné la mode. Le Musée des Arts Décoratifs consacre une exposition jusqu’au 11 janvier 2026.
Pour les Américains, c’était The King of fashion, le roi de la mode. Paul Poiret est le premier couturier français à s’exporter aux Etats-Unis et à changer radicalement les lignes du vêtement. Figure incontournable de la haute couture parisienne du début du 20ème siècle, il est mis à l’honneur par le Musée des Arts décoratifs, à Paris.
A travers 550 œuvres (vêtements, accessoires, arts décoratifs) l’exposition met en lumière le génie créatif de Paul Poiret et son influence. En 1903, ce fils d’un drapier des Halles, rêveur et touche-à-tout crée sa maison de couture. « L’un des chefs-d’œuvre de Paul Poiret est la robe Joséphine, d’une grande simplicité de ligne avec la taille haute, un voile avec des effets de décors brodés, tout en raffinement et en légèreté » explique Marie-Sophie Carron de la Carrière, commissaire de l’exposition.
Paul Poiret donne des noms à ses tenues. Joséphine est une robe de soie si délicate avec au creux de la poitrine, une rose : « les sources d’inspirations sont déterminées par sa vision de créer une nouvelle femme, une nouvelle esthétique », poursuit la commissaire.
Ses tenues se portent à même la peau : finis les corsets et l’accumulation de tissus et de dentelle. Les lignes sont plus simples, « Poiret vint et bouleversa tout » a dit Christian Dior. Les vêtements de Paul Poiret sont des œuvres d’art avec des turbans et des robes-culottes inspirés du sarouel.
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« Il s’expose et il est connu à travers le monde. Il achète toutes sortes d’objets [et notamment] des tissus. Par exemple, nous avons une robe réalisée à partir d’une simple nappe qu’il a trouvée sur le marché de Cracovie ».
L’exposition présente des créations d’autres grands noms de la mode des années 70 à nos jours, et l’héritage de Poiret devient une évidence…
Victoire Faure
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À l’occasion de notre délocalisation au château du Clos de Vougeot, dans le cadre du festival Musique & Vin, Aubert de Villaine, Bernard Hervet et Martha Chan seront, ce mercredi 25 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.
Nous accueillerons ce soir les deux directeurs fondateurs du festival Musique & Vin au Clos Vougeot, deux grandes figures du vignoble bourguignon, Aubert de Villaine et Bernard Hervé. Depuis plus de 15 ans, ils fédèrent autour d’eux les plus grands musiciens comme les plus grands vignerons de la région, suscitant chaque été des moments de partage exceptionnels dans des lieux aussi inspirants que le château du Clos de Vougeot, la cour de l’Hôtel-Dieu à Beaune, l’Abbaye de Saint-Vivant ou le château de Meursault.
Ils nous éclaireront ce soir sur ces lieux et sur l’esprit du festival en compagnie de la jeune flûtiste hong-kongaise Martha Chan. Elle fait partie de ces nouveaux talents invités cette année au Clos Vougeot. Elle nous racontera son parcours, elle qui vient de Los Angeles où elle étudie au sein de la Colburn School.
Laure Mézan
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Lors d’un colloque organisé à l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon a proposé de ne plus parler de « langue française », mais de « langue créole ». Lancé la semaine dernière par le député insoumis Aurélien Taché, le débat portait sur la francophonie et la langue française. Dans Esprits Libres, Marc Lambron conteste les propos de l’ancien candidat à l’élection présidentielle.
Nouvelle polémique ou véritable débat sur la langue française ? Le fondateur de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, propose de repenser l’appellation même de la « langue française » : « la créolisation est notre maître mot, si nous voulons que le français soit une langue commune, il faut qu’elle soit une langue créole et je préférerais qu’on dise que nous parlons tous le créole parce que ça nous arrangerait mieux que de dire que nous parlons français, car cela serait sans doute plus vrai. »
Interrogé par David Abiker à l’antenne de Radio Classique, Marc Lambron, membre de l’Académie française, s’insurge contre une telle proposition : « j’aime qu’on soit précis quand on veut légiférer sur la langue française, il ne faut pas dire n’importe quoi et Monsieur Mélenchon aurait pu consulter le dictionnaire de l’Académie française avant de faire cette proposition. »
Les Immortels se réunissent tous les jeudis pour élaborer la nouvelle édition du Dictionnaire de l’Académie française, qui est l’un des plus anciens dictionnaires de la langue française. En tout, il en existe neuf éditions, dont la dernière a été publiée en 2024.
Outil incomparable, Marc Lambron y a justement étudié la définition du mot « Créole » : « alors, première définition : personne de famille européenne née dans une des anciennes colonies des régions tropicales de l’Amérique et de l’océan Indien, plus particulièrement aux Antilles, exemple : Joséphine de Beauharnais était créole. Donc, je ne pense pas que ce soit ces créoles-là. »
Il continue sa recherche en proposant une lecture du sens dérivé qui soulève le souci de cette proposition : « toute personne née dans ces régions, exemple : un Noir ou un métis créole né dans ces colonies, mais pas en Afrique, donc si vous faites le français créole, déjà vous excluez les apports africains à notre langue ! »
Pour le membre de l’Académie française, il est nécessaire de ne pas renier toutes ses origines : « notre langue est plus hospitalière que ce que décrit monsieur Mélenchon. Elle n’a cessé d’incorporer des mots étrangers, je prends deux exemples : le turc et le japonais. Les mots : tulipe, chacal, kiosque et turquoise, c’est du turc ; karaoké, judoka, typhon et futon, c’est du japonais. Mais dans les deux cas, on n’est pas en zone créole, donc il ne faut pas exclure toutes les origines de la langue française. »
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Marc Lambron alerte sur les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon : « Une fois que l’on a étudié sérieusement le sens du mot créole, on comprend que Mélenchon est un grand exterminateur du lexique et qu’avec ce discours, il entend appauvrir notre langue et notre culture. »
Alessandra Wyak
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Le directeur du Théâtre national de l’Opéra-Comique, Louis Langrée, a été reconduit dans ses fonctions jusqu’en 2029. Durant ce second mandat, d’importants travaux de modernisation obligeront l’établissement à fermer pendant une année.
Nommé à la direction de l’Opéra-Comique en octobre 2021, Louis Langrée, 64 ans, a été reconduit pour un mandat de quatre ans par le président de la République, sur proposition de la ministre de la Culture Rachida Dati. Ce nouveau mandat lui « permettra de consolider son projet artistique et culturel au service de l’art lyrique et de ses publics, et d’amplifier son action autour de la diversité, de la parité et de la transition écologique », souligne le ministère.
« De juin 2026 à juin 2027, Louis Langrée pilotera d’importants travaux sur la cage de scène historique de la salle Favart, pour la moderniser et la rendre notamment accessible aux personnes à mobilité réduite », poursuit-il. Ces travaux obligeront l’institution à fermer pendant cette période, Ce « sera l’occasion de nombreux rendez-vous hors-les-murs, dans les espaces du théâtre, le quartier qui l’entoure, et avec nos partenaires ailleurs en France et à l’étranger ».
Lors de son premier mandat, Louis Langrée a mis « en valeur la diversité des expressions artistiques, de l’opéra baroque à la création contemporaine, ainsi que le patrimoine original de l’Opéra-Comique » et a également eu « à coeur de développer les projets de transmission » auprès des jeunes artistes (Académie et Maîtrise Populaire), est-il précisé.
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Le directeur de l’institution parisienne poursuivra en outre « les coproductions engagées avec les grandes institutions lyriques françaises et européennes (Festival lyrique international d’Aix en Provence, Festival international d’Edimbourg, Staatsoper de Berlin, Volksoper de Vienne…). Il s’appuiera sur la progression importante des recettes de mécénat », ajoute le ministère de la Culture.
L’Opéra-Comique a indiqué que ces dernières avaient été « multipliées par trois en trois ans, dépassant aujourd’hui les 5 millions d’euros ». Le budget total de l’institution est de 24 millions d’euros, dont 12,5 de subvention de l’État, a-t-elle précisé.
Philippe Gault (avec AFP)
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Atteint d’une grave dépression dont il a du mal à guérir, le jeune chef d‘orchestre britannique Ben Glassberg a annoncé sa démission. Il occupait le poste de directeur musical du Volksoper de Vienne.
En avril, Ben Glassberg avait annoncé sur son compte Instagram qu’il avait passé quatre semaines dans un hôpital anglais où il avait été admis après « une grave dépression ». Des ennuis de santé qui l’avaient contraint à renoncer à diriger le Volksoper de Vienne, notamment pour les représentations des Noces de Figaro de Mozart en mai dernier.
Début juin, toujours sur Instagram, le jeune chef d’orchestre anglais de 31 ans, annonçait qu’il allait mieux mais qu’il n’avait pas « récupéré à 100% ». Et c’est toujours sur ce réseau social qu’il a publié ce mercredi un long message dans lequel il indique démissionner de son poste de directeur musical de l’institution viennoise qu’il occupait depuis janvier 2024.
Dans ce message, accompagné d’une photo où il apparaît à côté de ses deux enfants, Ben Glassberg écrit : « J’ai vraiment essayé d’être ouvert avec mes collègues et amis au sujet de mes défis actuels en matière de santé mentale. Heureusement, je fais de grands progrès et je me sens plus fort chaque jour. S’éloigner du Volksoper, aussi difficile que cela soit, accélérera mon rétablissement, espérons-le », qualifiant sa dépression de « saleté ».
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Ben Glassberg ajoute qu’il a « hâte de travailler avec les brillants orchestres et maisons qui ont eu la gentillesse de m’avoir comme chef d’orchestre invité. Je suis vraiment excité par ma dernière année en tant que directeur musical à Rouen et de revenir, dans les mois à venir, à travailler avec l’Orchestre Philharmonique de Bergen et le Deutsche Oper Berlin ».
Pour l’instant, Ben Glassberg n’aspire qu’à une seule chose : rentrer chez lui à Londres afin de « pouvoir consacrer plus de temps à mes beaux enfants ».
Une publication partagée par Ben Glassberg (@glassyben)
La directrice artistique du Volksoper, Lotte de Beer, indique que les représentations de La Flûte enchantée de Mozart, programmées à partir du 14 septembre à Vienne, seront dirigées par un autre chef d’orchestre dont le nom n’a pas encore été révélé.
Philippe Gault
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