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Le prodige finlandais démontre une fois de plus ses affinités avec la musique française
Le troisième album de Klaus Mäkelä avec l’Orchestre de Paris présente deux grands classiques de la musique française : la Symphonie fantastique de Berlioz et La Valse de Ravel. Il s’agit d’une musique inscrite dès l’origine dans l’ADN de l’Orchestre de Paris comme aucune autre. Aussi Klaus Mäkelä marche-t-il sur les brisées de ses illustres prédécesseurs : Charles Munch, Herbert von Karajan, Daniel Barenboim ou Christoph Eschenbach.
Pièce maîtresse de l’album, la Symphonie fantastique bénéficie de l’acoustique flatteuse de la Philharmonie de Paris. Le chef finlandais magnifie la virtuosité des musiciens de la phalange parisienne – rompue à cette musique depuis sa création en 1967 – tout en parvenant à faire surgir une lecture neuve. On admire le raffinement, la précision méticuleuse du nuancier, la splendeur des timbres. Les deux mouvements conclusifs écartent le débraillé au profit de la perfection de la mise en place, sans rien aliéner de la noirceur sardonique.
Maurice Ravel, au même titre que Debussy ou Sibelius, ressortit de ce premier XXe siècle musical qui forme le cœur de répertoire de Mäkelä. Fort d’une complicité de plus de cinq années avec les musiciens de l’orchestre, il livre une version d’une grande élégance, jouant en funambule avec les trois temps de La Valse, tour à tour langoureux, chaloupés ou martelés (terrifiante coda).
Jérémie Bigorie
Hector Berlioz : Symphonie Fantastique. Maurice Ravel : La Valse. Orchestre de Paris, dir. Klaus Mäkelä (1 CD Decca)
Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.
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Le critique gastronomique François Simon est devenu influenceur malgré lui. Sur son compte Instagram, il partage ses dernières dégustations qui vont du fast-food à la table étoilée. Il termine toujours ses vidéos par la formule « Y retournerai-je ? », qui a donné le titre de son dernier livre sorti aux éditions Flammarion. Invité de la matinale, il se questionne sur la gastronomie actuelle.
« Mes enfants étaient toujours incapables d’expliquer ce que je faisais », s’exclame François Simon. Depuis 40 ans, son métier consiste à rester dans l’ombre : « c’est une drôle de profession, critique gastronomique. Notre rôle, c’est d’aller au restaurant incognito, de réserver sous un autre nom, d’arriver à l‘heure, d’être raccord avec le décor et de faire attention à ce qu’on mange, voit, écoute et ressent. Le tout en partant sans se faire reconnaître ! »
L’auteur de Y retournerai-je ? maîtrise l’art de rester incognito, mais tient à alerter des dommages de la notoriété pour les critiques : « Quand on est invité comme une célébrité, tout est modifié ! C’est merveilleux, on a une grande table, une coupe de champagne apparait, un supplément de foie gras est offert, mais ça change totalement la scène. On ne peut plus émettre de jugement. »
Les restaurants étoilés sont connus de tous grâce au célèbre guide Michelin. Pourtant le mystère plane toujours sur son nombre d’inspecteurs. Le seul critère révélé est qu’ils sont des hommes et femmes de tous âges et de 25 nationalités différentes.
Pour François Simon, c’est cet anonymat qui fait tout l’art d’un critique gastronomique : « Il faut accepter d’être dans cette seconde zone et d’avoir la table près des toilettes, de devoir lever le bras plusieurs fois pour pouvoir demander l’addition, et j’adore, ça veut dire que ça se passe bien. »
Il révèle tout de même un secret, celui du restaurant idéal : « Pour moi, un bon restaurant, c’est la bienveillance, l’indulgence et la gentillesse. Si je me sens bien, mon estomac va bien digérer ce que j’ai mangé. Un restaurant dans lequel on se sent enfermé et à l’ambiance stricte va rendre mon estomac acide, tendu, ce qui n’est pas normal. Alors la bonne table doit être très simple, même dans un grand restaurant. »
Cette année, 68 établissements ont été promus au Guide Michelin 2025. Mais le critique brosse un portrait nouveau de la cuisine gastronomique actuelle : « Je pense que cet univers de la haute gastronomie est parti très haut dans les nuages rejoindre les dieux ! Ils nous ont quittés et c’est bien dommage, car il y a parmi eux des chefs formidables. Mais je trouve que les prix sont insensés. »
François Simon explique que les bonnes adresses ne sont plus forcément étoilées : « Pour moi, la gastronomie s’est déplacée vers les petites adresses ; non point que je me défie des grandes adresses qui restent quand même passionnantes et intéressantes, mais je pense qu’aujourd’hui, ça se passe ailleurs avec des nourritures nomades. »
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Il conclut par un conseil : se sentir le temps d’un plat critique à notre tour. « Il y a du sentiment dans l’assiette. Alors, si on regarde notre plat pendant 10 secondes, c’est incroyable le nombre de messages et de vibrations qui sont transmises. Je vous le recommande d’ailleurs lors de votre prochain déjeuner ! »
Alessandra Wyak
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Alexandre Kantorow, Daniel Lozakovich et Gautier Capuçon à la Fondation Louis Vuitton, le Requiem de Donizetti au Festival de Saint-Denis et le coup d’envoi des Musicales du Luberon avec Marie-Laure Garnier et Célia Oneto Bensaid : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours
Pour le dernier concert de sa saison, la Fondation Louis Vuitton réunit un trio d’exception : Alexandre Kantorow, Daniel Lozakovich et Gautier Capuçon. Ils interpréteront le Trio n°1 de Mendelssohn, composé en 1839 à l’âge de 30 ans et le Trio n°1 de Brahms, là aussi une œuvre de jeunesse, écrite en 1854 à 21 ans. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le dimanche 15 juin à 20 heures.
C’est une rareté ! Le Requiem de Donizetti est l’affiche du Festival de Saint-Denis. Composé après la mort de Bellini en 1835, il n’a jamais été joué ni édité du vivant de Donizetti. Ce n’est qu’en 1870, vingt-deux ans après la mort du compositeur, qu’il est créé à Bergame.
Le Festival de Saint-Denis l’avait déjà inscrit à son programme en 2016. Il revient donc neuf ans plus tard, sous la direction de Speranza Scappucci à la tête de l’Orchestre national d’Ile-de-France et du Chœur de l’Orchestre de Paris avec la soprano Claudia Muschio, la mezzo-soprano Alisa Kolosova, le ténor Bogdan Volkov, le baryton Vito Priante et la basse Jean Teitgen.
La jeune pianiste Célia Oneto Bensaid ouvrira la saison 2025 des Musicales du Luberon, avec deux concerts. Le 6 juin elle accompagnera la soprano Marie-Laure Garnier dans un « Hommage à Jessye Norman » pour un programme de Negro Spirituals et de mélodies de Gershwin. Puis le 9 juin elle donnera un récital « Un salon français » avec des pièces de Chopin, Bizet, Camille Pépin, Marie Jaëll et Ravel. Parmi les autres rendez-vous des Musicales du Luberon figurent les Variations Goldberg de Bach dans un arrangement pour trio à cordes les 11 et 12 juillet avec Guillaume Chilemme, Xavier Phillips et Manuel Vioque-Judde, ou encore le concert consacré à Vivaldi par le Venise Baroque Orchestra sous la direction d’Andrea Marcon le 16 juillet.
Jean-Michel Dhuez
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A l’occasion de la publication de l’album Northern light, Lucile Richardot et Sébastien Daucé seront, ce vendredi 30 mai à 20h, les invités du Journal du Classique.
C’est en Suède, à la cour du roi Charles XI, au 17ème siècle, que nous entrainent Lucile Richardot et Sébastien Daucé avec l’ensemble Correspondances. « Northern light », ainsi s’intitule leur sublime album réunissant des pièces d’une grande force expressive voire contemplative de compositeurs suédois, mais aussi allemands ou italiens qui séjournaient alors à Stockholm. Un programme qui s’inscrit dans le prolongement de leur exploration de la musique germanique entamé avec Buxtehude.
Lucile Richardot et Sébastien Daucé nous éclaireront ce soir sur ce programme et se confieront sur cette belle amitié qui les unit depuis de longues années et les conduit à concevoir de passionnants projets. Ils évoqueront également leurs actualités estivales. Sébastien Daucé dirigera ses musiciens de Correspondances dans La Calisto de Cavalli en juillet à Aix-en-Provence. Lucile Richardot sera, quant à elle, au festival de Salzbourg, dans la production de Giulio Cesare de Haendel dirigée par Emmanuelle Haïm.
Laure Mézan
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Œuvre de référence pour initier les enfants à l’univers de la musique classique, Pierre et le loup de Serge Prokofiev a surtout été l’occasion pour des figures populaires issues du milieu du cinéma, du théâtre, de la variété ou de la politique de se prêter au jeu de la narration. Une tradition que l’on retrouve en France – Gérard Philipe, Charles Aznavour, Smaïn, Valérie Lemercier – comme à l’international. Des collaborations qui peuvent témoigner d’une époque, d’une idéologie, quand il ne s’agit pas d’un dialogue entre les arts ou entre les pays. De Romy Schneider à Bill Clinton, retour sur quatre curiosités discographiques de Pierre et le Loup.
Romy Schneider et Herbert von Karajan
1957. La jeune Romy Schneider, adulée par le grand public pour son rôle mythique de Sissi impératrice, enregistre sous la houlette d’Herbert von Karajan et de l’Orchestre Philharmonia une version allemande de Pierre et le Loup. Les raisons de cette collaboration ? : « Romy Schneider croyait à juste titre que les conteurs ne doivent pas toujours être des hommes. Les jeunes femmes, les mères et les grands-mères peuvent tout aussi bien le faire. Elle récitait ainsi Pierre et le Loup avec un accent autrichien à la fois touchant et sincère. Ce qui a mis les fans de la jeune actrice dans tous leurs émois. » rapporte le journaliste allemand Joachim Kaiser dans son ouvrage Kaisers Klassiks. Un enregistrement paru en 33 tours chez Columbia avant de bénéficier d’une sortie CD chez EMI.
David Bowie et Eugene Ormandy
Artiste caméléon venu de la pop à qui l’on doit de nombreux tubes tels que Space Oddity, Life on Mars ou Ziggy Stardust, mais aussi une prestation remarquée au cinéma aux côtés de Ryuichi Sakamoto dans Furyo de Nagisa Oshima ou bien encore dans L’homme qui venait d’ailleurs de Nicolas Roeg, c’est en voulant faire un cadeau à son fils – le futur réalisateur Duncan Jones – que David Bowie accepte en 1978 de collaborer avec Eugene Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie pour prêter sa voix au conte. Un enregistrement RCA qui figurera à la 136ème place du hit-parade aux Etats-Unis.
Christopher Lee et Yehudi Menuhin
Christopher Lee, acteur rendu célèbre auprès des amateurs du cinéma de genre pour son interprétation du comte Dracula dans les productions de la Hammer ou celle du perfide Saroumane dans l’adaptation cinématographique du Le Seigneur des anneaux réalisée par Peter Jackson, n’a jamais caché son amour pour la musique.
La preuve : sa voix grave et ténébreuse pouvait être entendue dans des groupes de métal symphonique passé les 80 ans … C’est oublier plusieurs incursions dans le classique, l’artiste faisant office de récitant dans L’histoire du soldat d’Igor Stravinsky sous la baguette de Lionel Friend en 1986, mais surtout, dans Pierre avec le Loup en 1989, dirigé par Yehudi Menuhin avec le English String Orchestra.
Un enregistrement, qui d’après les dires de notre cher conteur dans son autobiographie, Le Seigneur du désordre, ne fut pas de tout repos : « Je me rendis ensuite à Leominster pour enregistrer Pierre et le Loup de Prokofiev, sous la direction de Yehudi Menuhin. M’ayant déjà entendu chanter, il fut surpris par mon incapacité à lire le solfège mais s’adapta en dirigeant mon tour de chant par de discrets mouvements du doigt. »
Bill Clinton, Mikhaïl Gorbatchev, Sophia Loren et Kent Nagano
C’est un projet érigé dans le plus grand secret au début des années 2000. La réunion de deux anciens ex-dirigeants politiques autour d’un message prônant la paix et la tolérance, sous la baguette de Kent Nagano et de l’Orchestre national de Russie. D’un côté, Bill Clinton, président des Etats-Unis d’Amérique de 1993 à 2001. De l’autre, Mikhaïl Gorbatchev, Secrétaire général du Parti communiste d’URSS devenu président de 1990 à 1991 et figure de proue de la perestroïka.
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Une collaboration internationale articulée autour d’un double programme, celui du conte originel, narré par l’actrice italienne Sophia Loren, suivi de sa suite, Wolf Tracks, mise en musique par Jean-Pascal Beintus où l’ex-président américain, Bill Clinton, assure la voix du narrateur. L’ex-président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, assure quant à lui le prologue, un intermezzo et l’épilogue de ce double programme. Un enregistrement qui remporta en 2004 le Grammy Award du meilleur livre audio pour enfants.
Clément Serrano
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La Fondation Louis Vuitton organisait les 12 et 13 avril dernier un hommage musical à David Hockney à l’occasion de l’importante exposition qu’elle lui consacre jusqu’au 31 août.
Plus de quatre cents œuvres, de 1955 à aujourd’hui sont présentées. Elles proviennent de l’atelier du peintre britannique et de sa Fondation, ainsi que de prêts de collections internationales institutionnelles et privées.
Pour ces deux concerts, la Fondation Louis Vuitton avait invité les pianistes Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy, qui ont joué à plusieurs reprises dans l’atelier de David Hockney. Ce dernier est un mélomane averti et la musique est l’une de ses sources d’inspiration majeure, tout comme le printemps. C’est ainsi que Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy ont interprété la Valse Frühlingsstimmen (Voix du printemps) de Johann Strauss II, dans une transcription pour deux pianos.
David Hockney entretient par ailleurs des liens très forts avec la musique de Wagner. Il a réalisé un film intitulé film Wagner Drive, dans lequel il mêle des paysages californiens à des œuvres de Wagner. C’est tout naturellement que Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy ont joué les Ouvertures du Vaisseau fantôme et de la Walkyrie.
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Ce concert faisait aussi la part belle à la musique française pour illustrer l’optimisme et la joie de vivre qui irriguent l’œuvre de David Hockney. C’est ainsi que, accompagnés par l’ensemble britannique de percussions Colin Currie Group, Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy ont interprété deux grandes œuvres de Ravel : Ma mère l’Oye et la Rapsodie espagnole, dans des arrangements pour deux pianos et percussions. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
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Avec les Quatre Derniers Lieder, composés entre 1946 et 1948, Richard Strauss, alors âgé de plus de quatre-vingts ans, revient à l’écriture romantique. Ce chef d’œuvre du lied avec orchestre a été créé en mai 1950, huit mois après le décès du compositeur par Kirsten Flagstad avec le Philharmonia Orchestra dirigé par Furtwängler.
Pour ces deux concerts donnés les 22 et 23 avril dernier à la Philharmonie de Paris, c’est la jeune soprano Elsa Dreisig, accompagnée par l’Orchestre de Paris placé sous la direction de Jukka-Pekka Saraste qui a interprété de cycle dans lequel s’épanouit tout le génie mélodique de Richard Strauss, qui, à travers cette œuvre, semble prendre congés du monde et de ses beautés, mais aussi des voix de femme qu’il a célébrées dans ses opéras.
Au cours de cette soirée vous pourrez également écouter l’Ouverture tragique de Brahms, composée en 1880, parallèlement à l’Ouverture académique, et à propos desquelles le compositeur a dit : “L’une pleure, et l’autre rit”.
La dernière œuvre au programme était la Symphonie n°5 de Sibelius, l’une des symphonies les plus aimées du compositeur, par ailleurs compatriote de Jukka-Pekka Saraste. Ce concert sera présenté par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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L’équipe de Cicero Moraes, chercheur et expert brésilien spécialisé dans la reconstruction faciale numérique 3D, vient de publier dans une revue scientifique les résultats de son étude sur la reconstitution du visage de Ludwig van Beethoven à partir de photos de son crâne conservées à Bonn.
Comme il l’avait fait au début de l’année pour reconstituer en 3D le visage de Wolfgang Amadeus Mozart, Cicero Moraes et son équipe ont utilisé la technique de l’approximation faciale médico-légale (reconstruction ou du visage d’un individu à partir d’un crâne) pour faire de même avec celui de Ludwig van Beethoven.
Dans la revue scientifique en ligne OrtogOnLineMag, l’expert brésilien explique avoir travaillé à partir de trois photos du crâne du compositeur allemand conservées par la Beethoven-Haus de Bonn, sa ville natale. L’utilisation de différents logiciels (graphisme vectoriel, correction d’images et modélisation 3D) et de technologies utilisées en médecine médico-légale a permis de modéliser le visage de Beethoven tel qu’il devait être à la fin de sa vie à 56 ans.
Cicero Moraes explique qu’il s’est servi du célèbre tableau réalisé en 1820 (sept ans avant la mort du compositeur) par le peintre Joseph Karl Stieler, pour finaliser son portrait, notamment pour les lignes d’expression d’un personnage au regard décrit comme « intimidant » et pour les vêtements, dont la fameuse lavallière rouge, et sa coiffure.
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En préambule de cette étude, l’expert explique que le crâne de Beethoven, tel qu’il a été photographié en 1863 peu après son exhumation – en même temps que celle de Schubert, son voisin au cimetière de Währing à Vienne – n’était pas en bon état en raison des nombreux prélèvements et incisions réalisées lors de l’autopsie pratiquée le lendemain de sa mort. Des prélèvements qui ont notamment permis de déterminer les causes de sa mort.
Une publication partagée par Cicero Moraes (@cogitas3d)
D’autres données anthropométriques réalisées à partir des photos d’os de son squelette ont permis, au cours de cette étude, de réaliser une meta-analyse qui confirme que Beethoven mesurait entre 1m62 et 1m65.
Philippe Gault
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A l’occasion de la publication d’une édition enrichie de la correspondance de Maurice Ravel, Manuel Cornejo sera, ce jeudi 29 mai à 20h, l’invité du Journal du Classique.
Sept ans après sa première publication, la correspondance de Ravel, enrichie de ses écrits et entretiens, vient de faire l’objet d’une nouvelle édition, augmentée de nombreux inédits.
Edité par Gallimard sous la forme d’un coffret de deux volumes, cette publication de près de 3000 pages constitue une véritable bible pour tous les amoureux du compositeur français. On la doit à Manuel Cornejo, président-fondateur de l’association des Amis de Maurice Ravel qui, tout au long de ses longues années de recherches, a réuni une somme exceptionnelle de documents.
Il nous éclairera ce soir sur les nouveautés de cette édition. Des lettres, parfois anodines, mais qui en disent beaucoup sur la condition de vie du compositeur ou des témoignages bouleversants sur sa maladie. L’occasion de découvrir à quel point Ravel était entouré et pouvait compter sur de nombreux et fidèles amis.
Laure Mézan
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Les Musiciens, réalisé par Grégory Magne, vient de sortir en salles. Il rejoint cette série de films qui retranscrivent à travers le grand écran le monde exigeant et fascinant de la musique. Entre portraits intimes, fresques historiques et drames contemporains, la musique classique inspire plus que jamais le cinéma. Découvrez les 10 films qui ont marqué ces dernières années.
C’est un des rôles les plus marquants de la carrière de l’actrice Cate Blanchett, lauréate de trois prix pour son interprétation, notamment du prestigieux Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique. Elle joue une cheffe d’orchestre de renom qui devient la première femme à être nommée pour diriger l’Orchestre philharmonique de Berlin. Présentée comme brutale et autoritaire, elle doit affronter un scandale public qui se transforme pour elle en descente aux enfers.
Ce portrait acide qui a donné lieu à une polémique : certains y ont vu les traits de la cheffe américaine Marin Alsop, malgré les dénégations de la comédienne principale, qui assure ne pas s’être inspirée d’elle. Dans une interview au Sunday Times, Marin Alsop confie : « C’était pourtant une bonne opportunité de représenter une femme dans ce rôle, mais d’en faire quelqu’un qui agresse, c’est inadmissible, insupportable ! » Elle a d’ailleurs démenti avoir collaboré avec le réalisateur Todd Field.
Divertimento sorti en 2023 est tiré d’une histoire vraie, celle de la cheffe Zahia Ziouani. À 17 ans, elle crée son propre ensemble et fait aujourd’hui partie des 5 % des femmes qui dirigent un orchestre en France. Interprétée par la comédienne Oulaya Amamra, cette musicienne dont la sœur jumelle est violoncelliste, vit en Seine-Saint-Denis et souhaite rendre accessible à tous la musique et dans tous les territoires.
L’orchestre de Zahia Ziouni existe encore aujourd’hui. Situé à Stains, il réunit 70 instrumentistes venant tous de milieux différents. Pari donc réussi pour la cheffe d’orchestre ! La réalisatrice de Divertimento, Marie-Castille Mention-Schaar, elle-même passionnée de musique symphonique, n’est pas restée insensible au parcours de cette cheffe. Elle a tenu à retranscrire dans le film la dureté de ce milieu perçu très fermé et essentiellement masculin. Le film a reçu un accueil critique globalement positif, mais n’a pas rencontré de succès commercial avec 267 000 entrées cumulées.
L’actrice Angelina Jolie a récemment donné vie à la grande Maria Callas ! Son réalisateur, Pablo Larraín, confie : « J’ai grandi avec la présence de cette chanteuse d’un niveau exceptionnel, cette femme à la voix d’ange. » C’est sa maman qui lui fait découvrir La Callas : « J’étais simplement émerveillé à chaque fois que je voyais un opéra, puis nous rentrions à la maison et ma mère disait : ‘Très bien, mon fils, tu as vu ça. Alors maintenant, voici ce qui se fait de mieux.’ Et elle mettait un disque de Maria Callas. » Grand connaisseur et admirateur de la cantatrice, il a pourtant choisi de présenter les dernières années de sa vie. Elle est recluse dans son vaste appartement avec comme seule compagnie son majordome et sa cuisinière. Retraitée, « la divina » ne rêve que d’une chose : faire résonner sa voix encore une fois.
Dévoilé pour la première fois à la Mostra de Venise, il a moyennement fonctionné en France avec 320 004 entrées. Ce film est en fait la conclusion d’un projet de Pablo Larraín intitulé Figures du XXᵉ siècle qui a débuté avec Jackie en 2016, film sur Jackie Kennedy, puis Spencer en 2021, sur Lady Diana. Maria est aux yeux du réalisateur « la conclusion parfaite de ce triptyque sur trois femmes qui ont, chacune à leur manière, bouleversé le 20ᵉ siècle. »
« Je n’ai écrit qu’un seul chef-d’œuvre, le Boléro, malheureusement, il est vide de musique », confessait Maurice Ravel au compositeur Arthur Honegger. Cette œuvre n’était initialement qu’une simple phrase musicale répétée pendant 17 min sous différentes variations. Finalement, elle est devenue l’air le plus connu de son compositeur et l’un des plus grands tubes de la musique classique. Et c’est bien cette œuvre qui est le personnage principal du film d’Anne Fontaine. C’est l’acteur français Raphaël Personnaz qui enfile le costume de Maurice Ravel lors de la création du Boléro.
Il a eu beaucoup de mal à créer cette mélodie et c’est ce qui a attiré la réalisatrice Anne Fontaine, qui a tenté de « percer le double mystère d’une œuvre et d’un compositeur victime, vers la fin de sa vie, de troubles neurologiques qui l’empêchaient de reconnaître sa musique ». Composé en 1928, le Boléro marque en effet le début de la maladie de Ravel. Presque incapable de parler et ne pouvant plus exécuter des mouvements coordonnés, sa maladie dégénère jusqu’à sa mort. Un an auparavant, il se serait effondré en pleurs et dit : « J’ai encore tant de musique dans ma tête, je n’ai encore rien dit, j’ai encore tellement à dire ! »
Kirill Serebrennikov a lui aussi décidé de s’intéresser non pas directement au compositeur… mais à sa femme ! Tchaïkovski a en effet épousé Antonina Milioukova, bien qu’homosexuel. Le réalisateur a voulu dresser le portrait de cette femme qui a souffert toute sa vie de cet amour non réciproque : « Il m’a semblé que la vie de cette femme était d’autant plus intéressante qu’elle est souvent considérée comme une idiote incapable d’apprécier le talent de Tchaïkovski, de rester digne à ses côtés. J’ai donc eu envie de creuser, d’en savoir plus, en me demandant si elle était vraiment l’idiote dépeinte. » Antonina décède seule dans un hôpital psychiatrique en 1917.
Ce film a marqué le grand retour du réalisateur sur la scène internationale après son assignation à résidence en Russie de 2017 à 2022. Pour ce faire, il a choisi le plus grand compositeur de son pays, comme il l’explique : « Comme on dit en russe, Tchaïkovski, c’est notre tout. » Chose exceptionnelle, Kirill Serebrennikov a fait le choix de n’utiliser aucune de ses musiques : « Faire un film sur Tchaïkovski, avec la musique de Tchaïkovski serait d’une extrême vilenie ! ». Pour la bande-originale, il a fait confiance au jeune compositeur Danill Orlov. Sorti du conservatoire d’État Tchaïkovski de Moscou en 2018, celui-ci a depuis étroitement travaillé sur les divers opéras et pièces de théâtre mise en scène par Kirill Serebrennikov.
La star hollywoodienne Bradley Cooper rêvait d’être chef d’orchestre ! Après A Star Is Born en 2018, un film déjà consacré au milieu de la musique, Maestro est le second film de Bradley Cooper. Le réalisateur a repris un projet relativement ancien que Martin Scorsese, puis Steven Spielberg avaient envisagé de réaliser. Convaincus par le premier film du réalisateur, ils ont tous deux accepté de coproduire Maestro.
Ce qui était initialement un biopic s’est finalement transformé en récit de la grande histoire d’amour que Leonard Bernstein vécut avec l’actrice chilienne Felicia Montealegre. Après 27 ans de mariage, le couple sombre dans une dispute dévastatrice. Le secret qu’il gardait éclate, tout comme son couple. À la différence des autres films, Maestro est sorti au cinéma mais aussi sur Netflix, ce qui lui a offert un double succès. Sur la plateforme de streaming, 78 % des utilisateurs l’ont aimé et il a été distingué par le prix AFI (Award des films de l’année).
Un fils d’esclave est devenu l’un des musiciens les plus appréciés de son époque : c’est l’histoire du Chevalier de Saint-George. On est plongé en pleine période révolutionnaire pour découvrir l’histoire de ce fils illégitime d’une esclave africaine et d’un propriétaire de plantation français. Il reçoit une éducation par les meilleurs précepteurs, experts en escrime, littérature et équitation. Et c’est grâce à la musique qu’il atteint les sommets de la société française ! Avec une éducation musicale confiée au meilleur violoniste du royaume, Jean-Marie Leclair, il devient rapidement premier violon du Concert des amateurs. On l’a surnommé le Mozart noir.
Un destin que le réalisateur Stephen Williams a décidé de mettre en avant dans Chevalier ! L’acteur Kelvin Harrison Jr., lui-même musicien de jazz chevronné, interprète le rôle de Joseph Bologne de Saint-George. Pour se préparer au tournage, il a appris le violon pendant six mois, à raison de cinq heures par jour, pour incarner au mieux ce personnage. Sorti en 2022 en pleine pandémie du Covid, Chevalier n’a pas eu le succès escompté au cinéma. Il reste disponible aujourd’hui sur Disney+ et Apple TV.
D’autres films ont pâti des années Covid à l’image deTénor, lui aussi sorti en 2022. Distribué dans 400 salles, il n’attire que 104 000 personnes le premier week-end de sa sortie. Son réalisateur, Claude Zidi Jr., a eu l’idée de Ténor en passant un jour devant un établissement scolaire à Saint-Ouen : « J’aperçois deux ados, une fille et un garçon, en train de danser un rockabilly au milieu de leurs potes ! J’y ai vu un contraste formidable : logiquement ça n’allait pas ensemble, mais c’était pourtant très beau et j’ai immédiatement imaginé la même chose entre le rap et l’opéra… »
C’est d’ailleurs l’histoire du personnage principal, Antoine. Le jeune homme découvre sa passion pour le chant lyrique alors qu’il était simplement venu faire une livraison de sushis à l’Opéra Garnier. C’est Mohammed Belkhir qui se glisse dans la peau du livreur de sushi devenu ténor. Cela marque sa première expérience sur le grand écran de Mohammed Belkhir. Anciennement MB14, il a participé à la finale de la 5ᵉ saison de The Voice : La Plus Belle Voix.
Actuellement toujours en salles, Les musiciens de Grégory Magne. Le réalisateur n’a pas centré son récit sur un musicien en particulier, mais sur l’univers de la musique classique ! Il a été inspiré par le souvenir d’une amie musicienne et a retranscrit son parcours pour rentrer dans un orchestre. Grégory Magne a retracé dans ce film les dynamiques de groupe, les ambitions cachées et les blessures intimes qui peuvent prendre le dessus dans ce genre de situation.
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Le synopsis des Musiciens, fait rêver tous les mélomanes. Astrid Thompson, le personnage principal interprété par Valérie Donzelli veut réaliser le projet fou de son père, réunir quatre Stradivarius pour un concert unique. Les instruments utilisés dans le film sont authentiques, prêtés exceptionnellement par une fondation suisse et assurés pour plus de 20 millions d’euros. Ils ont même été transportés chaque jour sous escorte pendant le tournage !
Alessandra Wyak
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