REM 98.4 FM

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REM 98.4 FM episodes

  • Jazz o’Five : Quand le théâtre le 5bis se mue en club de jazz
    Jazz o’Five : Quand le théâtre le 5bis se mue en club de jazz

    Le club de poche

    Il faut imaginer la scène. On démonte les gradins, on sort les tables de bistrot, on tamise les lumières. Ce n’est plus tout à fait un théâtre, pas encore un bar. C’est un entre-deux chaleureux, un « cabaret » comme le dit Elise Dubroca. La directrice du Théâtre le 5bis a accepté de bousculer ses murs pour accueillir la passion de Thierry Wellhoff avec la soirée Jazz o’Five.

    Lui, c’est l’homme des « Nuits d’Hure ». Il a l’œil qui frise quand il parle de jazz. Pas celui, élitiste, qui vous regarde de haut. Non, le jazz qui se partage autour d’une planche de charcuterie et d’un verre de vin, sans chichi mais avec une exigence musicale redoutable.

    Le pari de la jeunesse

    Pour cette première du « Jazz o’Five », ce 17 janvier à La Réole, ils ne sont pas allés chercher des vieux briscards. Ils ont misé sur l’insolence du talent brut. Le Naamloze Trio arrive de Tarbes. Ils ont à peine l’âge de passer le permis, mais ils jouent déjà comme s’ils avaient trois vies derrière eux. Thierry les a repérés à Marciac. C’est mélodique, c’est carré, ça joue sérieux sans se prendre au sérieux.

    C’est ça, la signature de cette nouvelle saison au 5bis : laisser la place. Que ce soit pour ces musiciens prodiges ou pour les compagnies théâtrales qui suivront en février et mars, l’idée est d’ouvrir les portes.

    50 chaises, pas une de plus

    L’ambiance « club », c’est aussi la proximité. Au 5bis, on ne triche pas. Avec 50 places, chaque spectateur fait partie du décor. On est sur les genoux des musiciens, ou presque. C’est rare, c’est précieux, et fatalement, ça part vite.

    Elise et Thierry ont lancé une dynamique. Ça commence par du jazz, ça continuera avec l’histoire de la langue française ou du théâtre culinaire. Mais pour l’instant, rendez-vous samedi 17 janvier à 20h. Pour voir si le jazz a une autre saveur quand on est assis à une table plutôt que coincé dans un fauteuil rouge.

    19 min
  • C’est Baud c’est bon : Invités Mathias entreprise World à pattes – Dominique Haverlan viticulteur des graves

    Ce vendredi 9 janvier 2026, alors que la tempête secouait les branches à l’extérieur, l’ambiance était chaleureuse dans les studios de la radio de l’Entre-deux-Mers (REM 98.4). Pour cette première émission de l’année de « C’est beau, c’est bon », Gérard a reçu deux invités animés par la même exigence : le respect du vivant et du savoir-faire.

    D’un côté, l’éducation canine bienveillante avec Mathias ; de l’autre, la tradition viticole des Graves avec Dominique Haverlan. Retour sur une émission riche en partages.

    World’s a Pat : Une approche sur-mesure pour les chiens sensibles

    Il ne s’agit pas simplement de promener un chien, mais de comprendre ses émotions. C’est le message porté par Mathias, fondateur de World’s a Pattes. Son déclic ? L’adoption de Smoky, un chien des rues de l’île de la Réunion, au passé traumatique.

    Mathias s’est spécialisé dans la garde et la promenade de chiens dits « sensibles » : ceux qui ont peur de l’humain, qui sont réactifs ou qui ont un vécu difficile. « C’est un service sur-mesure. Je m’occupe des petits cœurs avec des poils autour », explique-t-il au micro.

    Loin de l’uberisation de la garde d’animaux, son processus est rigoureux :

    • Questionnaire préalable : Pour établir le profil psychologique du chien.

    • Rencontres obligatoires : Mathias ne prend jamais un animal sans avoir créé un lien de confiance au préalable, souvent via plusieurs rendez-vous.

    • Garde à domicile : Pour ne pas perturber les repères de l’animal (tarif autour de 45€/jour).

      Basé sur la bienveillance, il intervient du lundi au dimanche pour soulager les propriétaires qui travaillent ou qui font face à des pépins de santé.

      Vieux Château Gaubert : L’excellence au cœur des Graves

      En seconde partie d’émission, place au terroir avec Dominique Haverlan, propriétaire du Vieux Château Gaubert à Portets. Vigneron de quatrième génération, Dominique incarne la mémoire et l’avenir de l’appellation Graves.

      Si la propriété s’étend sur une trentaine d’hectares (au sein d’un ensemble de 90 hectares), elle se distingue par un terroir exceptionnel de graves sèches. Dominique y produit des vins rouges structurés, faisant la part belle au Cabernet Sauvignon et au Merlot, mais aussi au Petit Verdot, ce cépage ancien qui revient en force grâce au changement climatique.

      L’échange fut aussi l’occasion d’aborder sans langue de bois la crise viticole actuelle :

      • L’arrachage des vignes : Une réalité douloureuse mais nécessaire pour rééquilibrer le marché (4000€ de prime par hectare, jugée insuffisante mais utile).

      • L’adaptation : Avec des vins plus fruités et accessibles pour les jeunes générations (comme la cuvée « Benjamin »), tout en gardant les grands vins de garde élevés en barriques de chêne français.

        Le château ne se contente pas de produire ; il vit. Ouvert aux mariages et séminaires, le Vieux Château Gaubert mise sur l’oenotourisme pour diversifier ses activités et faire découvrir ce patrimoine local, dont le vin s’exporte jusqu’en Chine.

        Pour aller plus loin :
        Retrouvez Mathias sur Instagram via @worldsapattes (Tél: 06.23.84.87.15) et découvrez les vins de Dominique Haverlan sur vignobles-haverlan.com ou directement à la propriété à Portets.

        59 min
      • Les Rires Olé du FAM : Invitée Laure Beney du centre équestre de La Réole

        C’est une émission qui sent bon le terroir et la convivialité. Comme tous les deuxièmes jeudis du mois, l’équipe du Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) de La Réole a pris les commandes des studios pour un nouvel épisode des « Rires Olé ». Au programme de ce rendez-vous radiophonique : de l’inclusion par le sport, des débats passionnés sur le ballon ovale et une immersion intergénérationnelle.

        L’équitation pour tous : le pari réussi de Laure Beney

        L’invitée d’honneur, Laure Beney, gérante du Centre Équestre de La Réole, a ouvert le bal. Voisine du foyer, elle dirige cette structure depuis plus de trente ans avec une philosophie claire : le cheval est un médiateur universel. Au-delà des cours classiques pour enfants et de la compétition, le centre accueille toute l’année des personnes en situation de handicap.

        « On ne cherche pas forcément la performance, mais le lien, » explique Laure. Pour rendre cette pratique accessible, le club s’est équipé d’un « Equilève », un montoir hydraulique permettant aux cavaliers à mobilité réduite de se mettre en selle, ainsi que d’une selle adaptée « Hippolib ».

        Pour soutenir ces initiatives coûteuses mais essentielles, un Loto du Cœur sera organisé le dimanche 8 mars à l’amicale laïque de La Réole. L’objectif est clair : renouveler le matériel pédagogique et d’obstacles pour continuer à offrir des séances de qualité.

        Rugby : la fierté malgré la défaite

        Impossible de passer à côté de l’actualité sportive. Nicolas et Francis ont livré une analyse sans concession du match France-Afrique du Sud. Si la défaite est amère, le duo retient surtout la pression médiatique intense qui pèse sur les épaules du XV de France.

        Les animateurs ont salué le mental d’acier de joueurs comme Thomas Ramos, capable de remobiliser les troupes dans la tourmente. « C’est le bon dieu qui joue, » plaisante Francis, soulignant que malgré les critiques, le talent est bien là. Un échange qui prouve que la passion du rugby vibre fort en Sud-Gironde.

        De Monségur aux Gamers : le grand écart

        L’émission a également pris la direction de l’EHPAD de Monségur grâce au reportage de Gérard. Loin des clichés, on y découvre un lieu de vie rythmé par les revues de presse, le karaoké et les jeux de société. Gérard y décrit une ambiance chaleureuse où l’on cultive le « bien vieillir » malgré les difficultés liées à l’âge.

        Pour finir sur une note plus technologique, la parole a été donnée aux « geeks » du foyer. Benjamin, Jean-Philippe et Nicolas ont partagé leur amour pour les jeux vidéo. Loin d’être une activité isolante, la console apparaît ici comme un vecteur d’échange et de plaisir, même si, comme le souligne Benjamin avec humour, « parfois ça énerve quand on perd ! ».

        Une émission riche et éclectique qui démontre, une fois de plus, que les résidents du FAM ont des choses à dire et savent le faire avec cœur.

        58 min
      • Amandine Blaise : Du bistouri au polar, l’art de la double vie
        Amandine Blaise : Du bistouri au polar, l’art de la double vie

        Elle a ri quand on a évoqué « Les Obies ». C’était le nom de son groupe de rock à la fac de véto, à Lyon. Un clin d’œil aux « obèses », les chiens en surpoids qu’elle étudiait alors. Ce rire franc, un peu cassé, résume Amandine Blaise. Elle ne se prend pas au sérieux, mais elle va au bout des choses. Vétérinaire, chanteuse de métal à ses heures, et désormais auteure de thriller. Rien ne semble la définir entièrement, si ce n’est cette envie furieuse de ne pas choisir.

        Le « loisir coupable »

        En 2019, Amandine a fait « table rase ». Quinze ans de pratique dans la Drôme, deux enfants, et ce constat brutal : une vie trop chronophage. Elle a traversé la France à l’horizontale pour atterrir en Gironde, à Sauveterre-de-Guyenne. C’est là, dans le calme de l’Entre-deux-Mers, que le clavier a remplacé le micro.

        Elle parle de l’écriture comme d’un « loisir coupable ». Une expression qui trahit une humilité presque gênante pour quelqu’un qui sort un roman de 350 pages. Elle écrit le dimanche matin, quand la maison dort encore, ou pendant la sieste. Pas de rituel mystique, juste un ordinateur portable et un café. C’est une écriture volée au quotidien, une échappatoire nécessaire face à un métier de soin souvent lourd émotionnellement.

        Des ailes de cire et d’encre

        Son premier roman, Des ailes de cire, sort aux éditions La Grande Vague. Ne vous fiez pas au titre poétique : c’est un polar, un vrai. On y suit Thomas, un détective privé lyonnais (on ne se refait pas) tiré de sa retraite par une affaire non classée.

        Mais ce qui frappe, c’est l’aveu d’Amandine. Ce livre n’est pas qu’une intrigue policière. C’est le terrain de jeu de ses propres démons. À travers ses personnages, elle explore la vengeance, la rédemption, et pose cette question qui nous hante tous à un moment donné : jusqu’où aller pour se faire justice ?. Elle ne cherche pas à donner de leçon. Elle utilise la fiction pour digérer le réel.

        Rendez-vous en terre connue

        Amandine Blaise n’a pas abandonné la médecine vétérinaire. Elle continue d’exercer. Mais depuis ce matin, une autre étiquette s’est collée sur sa blouse. Celle d’une auteure qui a osé transformer ses doutes en intrigue haletante.

        Pour les curieux qui voudraient croiser ce regard pétillant, elle sera en dédicace ce samedi 10 janvier à la Fnac de Libourne (15h-18h) et le samedi 17 janvier à l’espace culturel de Bergerac. Allez-y pour le livre, restez pour l’humaine.

        22 min
      • La Ferme des Filles : L’Oasis de Confiance à Captieux

        La Ferme des Filles : L’Oasis de Confiance à Captieux

        Ce n’est pas une voix qui vous accueille, mais une énergie collective. Sophie, Julie et Cécile forment un trio organique enraciné dans les sables parfois ingrats de Captieux. Sur ces cinq hectares, l’agriculture biologique n’est pas qu’une méthode, c’est une évidence joyeuse qui fait jaillir la vie là où le sol exige patience et humilité.

        Une Révolution par la Confiance
        Plus que des légumes, c’est du lien social que l’on cultive ici. Le symbole ? Un point de vente autogéré, sans surveillance. Un simple cahier et une caisse ouverte suffisent, pari audacieux sur l’honnêteté humaine. Cette éthique s’étend naturellement à leur engagement auprès de la Gemme. Pour Cécile, la démarche est claire : assainir la terre ne suffit pas si l’on n’assainit pas l’économie. Chaque transaction en monnaie locale devient un acte de résistance douce pour un territoire solidaire.

        Héberger le Vivant
        La ferme est en perpétuelle mutation. Tandis que Julie orchestre l’arrivée des plantes médicinales – sirops et macérats pour « prendre soin de soi » – l’hospitalité se réinvente sous les pins. Avec l’installation de tentes lodges pour les voyageurs de passage, La Ferme des Filles s’affirme comme bien plus qu’une exploitation agricole : un refuge d’optimisme et de sens au cœur de la Gironde.

         

        6 min
      • Simon et Carole : quand la radio réveille la Gen Z
        Simon et Carole : quand la radio réveille la Gen Z

        Il y a ceux qui dorment encore et il y a Simon. À 22 ans, ce monteur truquiste a l’habitude des réveils qui piquent. Pas pour aller à l’usine, mais pour attraper le premier train vers ses études de graphisme à Bordeaux, ou pour monter ses premières vidéos YouTube directement depuis sa PlayStation 4. Une époque héroïque où il liait son propre compte YouTube sur la console pour commenter ses parties. C’était laborieux, un peu fou, mais c’est là que tout a commencé, avant d’arriver à REM radio.

        Aujourd’hui, Simon est le « présent » de la radio à Sauveterre-de-Guyenne. Service civique en poste, il a troqué la solitude du freelance — ce bureau à domicile où l’on ne croise personne — pour un studio vivant. Il le dit sans détour : « L’humain est fait pour être avec des gens ». Après un an de télétravail en vase clos, il avait besoin de voir du monde, de sortir de l’écran. La radio, c’est sa thérapie sociale, son retour au réel.

        Face à lui, Carole incarne la suite logique. Elle est le « passé » récent de la station, celle qui a déjà transformé l’essai. Son service civique de huit mois lui a servi de sas de décompression vers l’âge adulte. « Ça permet de prendre confiance en soi », confie-t-elle. Désormais projectionniste au cinéma de Bazas, elle revient au studio non par obligation, mais par plaisir. Pour retrouver cette ambiance de matinale où le café circule et où les langues se délient avant même que le soleil ne soit haut.

        Ce qui frappe chez ces deux-là, c’est leur culture commune. Une culture de l’image, du son, et surtout du doublage. Oubliez les préjugés sur la VF : pour leur génération, les doubleurs sont des rockstars. Carole raconte avoir vu un homme s’effondrer en larmes devant Brigitte Lecordier à une convention. Simon, lui, a fait la queue une heure et demie juste pour que Donald Reignoux lui enregistre une phrase mêlant Harold de Dragons et Spider-Man. Ils parlent de « comédiens de doublage » avec un respect quasi religieux, admirant ce jeu d’acteur invisible qui donne vie à leurs héros.

        Leur passage à la radio n’est pas une parenthèse, c’est un accélérateur. Simon rêve de créer son jeu vidéo, un projet qu’il garde encore secret mais qui l’anime. Il veut aussi lancer sa propre émission, explorer ce média qu’il consommait déjà en voiture quand le Bluetooth lâchait. Carole, elle, continue de graviter autour de l’image et du son, forte de cette expérience qui l’a « cadrée » tout en la laissant libre.

        Pour 2026, ils ont choisi leurs mots d’ordre comme on plante un drapeau. Pour Carole, ce sera « Vivre ». Tout simplement. Vivre les peurs, les joies, l’euphorie, sans filtre. Pour Simon, ce sera « Discipline ». Celle qui le fait se lever le matin, celle qui transforme le talent brut en compétence durable. Et peut-être, comme le suggère l’animateur, viser l’abondance. Ne plus avoir peur de manquer, ne plus avoir peur de perdre. Juste avancer, le casque sur les oreilles et les yeux grands ouverts.

        19 min
      • Des champs de La Réole au soleil du Mexique : L’improbable rencontre.
        Quand le Michoacán rencontre La Réole : l’hiver français vu par Valentina

        Dans notre studio de radio locale en Gironde, cet échange étudiant met en lumière la rencontre entre engagement local et ouverture internationale.

        D’un côté, le chant rocailleux de l’occitan, porté par un animateur à la verve gasconne ; de l’autre, la mélodie douce et chantante de l’espagnol mexicain. Ce matin-là, les ondes ne transportent pas seulement des mots : elles tissent un pont improbable entre un agriculteur girondin et une lycéenne venue de l’autre bout du monde.

        L’architecte du lien

        Philippe Tarditi ne porte pas son titre de président du Rotary Club comme une médaille, mais comme un outil de travail. Assis derrière le micro, il dégage cette force tranquille propre aux hommes de la terre. Agriculteur de métier, il a cette patience séculaire de celui qui sait que, pour récolter, il faut d’abord semer.

        Qu’il s’agisse d’organiser une marche pour l’éradication de la polio, de vendre des huîtres sur un marché ou de collecter des bouchons en plastique pour financer la lutte contre le cancer, Philippe aborde chaque tâche avec la même gravité bienveillante. Pour lui, il n’y a pas de petite action, seulement des engrenages nécessaires à la grande mécanique de l’entraide.

        Lorsqu’il parle du Rotary, sa voix perd toute trace de formalisme institutionnel. « Servir d’abord » n’est pas un slogan marketing : c’est une ligne de conduite. Il raconte avec fierté le programme Student Exchange, détaillant la complexité des départs et des arrivées, le coût réduit pour les familles grâce à la solidarité du club, et la magie de voir une jeune fille de Gironde partir au Pérou tandis qu’une Brésilienne découvre le Sud-Ouest. Philippe est un passeur : celui qui permet aux jeunes de franchir les océans pour comprendre que, malgré les différences de climat ou de culture, l’humanité reste la même.

        Un ancrage local pour une portée universelle

        Profondément enraciné, Philippe parle de La Réole, de Monségur, de Sauveterre ou de Pellegrue avec l’affection de celui qui connaît chaque virage. Il dirige un club hétéroclite — de l’artisan au retraité — avec la conviction que la diversité est le seul terreau fertile.

        Il ne cache pas les difficultés : la mobilisation des bénévoles est un combat constant, le rajeunissement des effectifs un défi permanent. Mais son regard s’illumine véritablement lorsqu’il évoque la jeunesse. Il n’est pas là pour briller en société, mais pour ouvrir des portes.

        L’exploratrice du froid

        À ses côtés se trouve Valentina Carroz Araya. Elle a 17 ou 18 ans, mais dans son regard brille déjà la sagesse des voyageurs. Venue du Michoacán, terre chaude du sud-ouest mexicain, elle a atterri dans l’hiver girondin comme une fleur tropicale transplantée dans un sol givré.

        À la radio, on ne voit pas son sourire, mais on l’entend. Il se glisse dans sa maîtrise impressionnante du français, une langue qu’elle apprivoise depuis seulement quelques mois. Avec un rire cristallin, elle avoue que le « froid » français la saisit : les 18 degrés qui ravissent les locaux la font frissonner, et l’absence de picante dans la cuisine laisse son palais nostalgique.

        Pourtant, Valentina ne se plaint pas. Elle absorbe l’altérité avec une curiosité vorace. Elle troque les tacos pour la baguette, les mariachis de Noël pour les longs repas familiaux du 25 décembre. Elle incarne l’archétype de l’exploratrice : celle qui quitte le confort du connu pour se confronter à la rugosité du monde. Sa force réside dans cette capacité d’adaptation fulgurante, passant d’un lycée mexicain aux journées à rallonge du système scolaire français sans perdre sa joie de vivre.

        La chaîne de confiance

        Ce qui lie Philippe et Valentina, c’est le programme Student Exchange. Philippe l’explique avec une clarté pédagogique : ce n’est pas du tourisme, c’est une école de vie. Un système basé sur une confiance totale et une absence de réciprocité directe. Une famille française envoie son enfant à l’autre bout du monde et, en retour, en accueille un autre, sans jamais savoir précisément ce que l’avenir leur rendra.

        Entre les bouchons de liège recyclés et les billets d’avion pour l’étranger, Philippe Tarditi construit, silencieusement, des ponts entre les hommes. Il a compris que la richesse d’une vie ne se mesure pas à ce que l’on possède, mais à ce que l’on permet aux autres de devenir.

        52 min
      • Guerric Nopéné : L’art de bouger pour se réparer, pas pour se dépasser.

        Guerric Nopéné : L’art de bouger pour se réparer, pas pour se dépasser.

        Il y a dans la voix de Guerric Nopéné une cadence particulière. Ce n’est pas celle, martiale et sans appel, des coachs sportifs qui hurlent pour motiver. C’est une voix posée, humaine, ponctuée de légères hésitations qui ne sont pas des faiblesses, mais les respirations d’une pensée en train de se construire. Lorsqu’il parle d’activité physique, il ne vend pas de la sueur ou des calories brûlées ; il propose une réconciliation.

        Le mouvement comme thérapie, pas comme combat

        Pour ce kinésiologue à l’approche bienveillante, nous avons collectivement fait fausse route. Nous avons confondu « bouger » et « souffrir ». Avec une lucidité désarmante, il démonte le mythe du « no pain, no gain ». Pour lui, le jardinage, la marche douce ou le simple fait de s’étirer ne sont pas des activités mineures, mais les piliers fondamentaux de notre équilibre nerveux et lymphatique.

        Il y a une forme de sagesse ancienne dans son discours : le corps ne doit pas être un adversaire que l’on mate à coup de marathons mal préparés, mais un partenaire que l’on écoute. « Le bon mouvement est celui qui soutient la personne, pas celui qui la met en lutte contre elle-même », rappelle-t-il, soulignant la frontière ténue entre l’exploit qui valorise l’ego et l’effort excessif qui crispe l’esprit.

        Le silence pour seule musique

        C’est lorsqu’il évoque sa propre pratique que le portrait prend toute sa dimension sensorielle. Guerric ne court pas après le temps avec des écouteurs vissés aux oreilles. Il marche. Sans musique.

        Il décrit cette expérience avec une poésie simple : le bruit du vent, le chant des oiseaux, le rythme de son propre souffle. C’est une invitation à la contemplation, une manière de dire que la santé ne se mesure pas en kilomètres avalés, mais en qualité de présence au monde. Dans un monde bruyant et obsédé par la performance, Guerric Nopéné nous offre, avec son « Be Happy » final, une prescription aussi simple que radicale : ralentir, respirer, et laisser le vivant faire son œuvre.

        6 min
      • Les vendredis éclectroniques #11 coup de coeur : Hugo Kant

        Pour cette première émission de 2026, nous commençons l’année tout en beauté, en douceur, en amour et en bonheur. Trip-hop, hip-hop et downtempo sont ainsi à l’honneur, notamment avec mon coup de cœur, Hugo Kant. Multi-instrumentiste et producteur d’une musique éclectronique cousue de fil doré, il enchaîne les mélodies douces et colorées sur des beats groovy et percutants. C’est certain, vous allez adorer !

        https://hugokant.com/

        Playlist

        01. Hugo Kant – Sure the sun will rise

        02. Tumi & Chinese Man feat Taiwan MC – Better That Way

        03. RJD2 – June

        04. Smokey Joe and the kid – Jailhouse blues

        05. Hugo Kant feat Miscellaneous – Us vs Them

        06. Youssoupha – Suprême

        07. Dooz Kawa – Le savoir est une arme

        08. Orelsan – L’odeur de l’essence

        09. La phaze – Vivre libre ou mourir (Berruriers Noirs remix)

        10. Nicola Cruz feat Minük – Voz de las Montañas

        11. Jean du voyage feat Dawa Salfati – Talk to me

        12. Hugo Kant – Come With Me

        13. Chelou – Halfway to Nowhere

        14. Synapson & Bonga – MonaKi Ngi Xica

        15. The Avener & Phoebe Killdeer – Fade Out Lines

        16. Feder – Goodbye

        17. Stanton warriors – Green light

        18. Benett – Vois sur ton chemin

        19. Underworld – Born slippy

        20. Salut c’est cool – Techno toujours pareil

        21. Perceval – Machtou pichtou

        22. Hugo Kant – Entering The Black Forest

        23. King Coya – Te Digo Wayno

        24. Savages – Youre My Chocolate

        25. Synapson feat Victor Démé – Djon Maya Maï

        26. Kate Bush – Running Up That Hill

        27. Broadcast – Until then

         

        2 hr 1 min
      • On est pas des enfants : 1 janvier 2026

        On n’est pas des enfants : Fêtes et vœux 

        Revivez la magie de Noël avec l’équipe de « On n’est pas des enfants ». Préparatifs, chansons et vœux pour la nouvelle année au foyer de Sauveterre sur RE2M.

        C’est avec une énergie débordante que l’équipe de l’émission « On n’est pas des enfants » a pris l’antenne pour ce premier rendez-vous de l’année. Diffusée chaque premier jeudi du mois sur le 98.4 FM et re2m.org, cette émission prouve une fois de plus que le handicap n’est pas un frein à la parole, ni à la bonne humeur.

        Animée par Francis et sa « troupe » au foyer de Sauveterre, cette édition spéciale a navigué entre les souvenirs des fêtes de décembre et les vœux chaleureux pour la nouvelle année.

        Une émission qui voyage dans le temps

        Francis ne s’en est pas caché : si les auditeurs entendent ces voix en janvier, l’enregistrement, lui, a eu lieu en décembre. Une petite pirouette temporelle qui n’a pas empêché les chroniqueurs de souhaiter une « Bonne Année » collective avec enthousiasme. L’ambiance était à la fête, et pour cause : Samuel célébrait ses 41 ans (même s’il affirme en avoir 21 dans sa tête !), une double occasion de célébrer.

        Noël au foyer : huîtres, foie gras et guitares

        Le cœur de l’émission a battu au rythme des préparatifs de Noël. Chacun y est allé de son anecdote. Morgane a géré l’organisation et le comptage des couverts pour le grand repas rassemblant résidents, familles et éducateurs — soit près de 130 personnes ! Au menu ? Les incontournables huîtres (validées par Kévin), du foie gras, et la fameuse « petite populaire » chère à Christine.

        Côté ambiance, on a pu compter sur les talents de la maison. Xavier, grand amateur de football, a troqué ses crampons (orange, pour éblouir l’adversaire !) contre une place au micro, tandis que Jean-Marc, la star du jour, a longuement débattu sur sa préférence entre guitare acoustique et électrique. S’il ne joue « qu’à l’oreille », sa passion pour le folk et le rock est, elle, bien réelle.

        Des passions dévorantes

        Au-delà des fêtes, l’émission a permis de mettre en lumière les passions qui animent les résidents :

        • Caroline et les loups : Une séquence touchante où Caroline a partagé sa fascination pour les Huskys et les chiens-loups, née d’une rencontre avec un chien nommé « Galant ». Pour elle, ces animaux ne sont pas effrayants, mais fascinants.

        • Morgane et l’équitation : Cavalière depuis l’enfance, elle monte « Spirit » à Bagas. Entre le trot et le galop, elle explique avec justesse cette connexion émotionnelle unique qui se crée entre le cavalier et sa monture.

          En musique, maestro !

          Que serait une émission de fin d’année sans musique ? La playlist était éclectique et choisie par les chroniqueurs eux-mêmes. L’incontournable Mariah Carey a résonné pour le plaisir de tous, suivie par des rythmes plus latinos avec Santana, une dédicace spéciale à Jean-Marc et son amour des cordes.

          L’émission s’est clôturée sur un tour de table émouvant, où chacun, de Fanny à Damien, a pu adresser ses vœux de santé et de bonheur aux auditeurs et à leurs proches. Une parenthèse de sincérité qui fait du bien aux ondes.

          52 min

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        Bienvenue sur la Page Podcast de REM Située au cœur de la Gironde, dans la dynamique région de l’Entre-Deux-Mers, REM est votre radio associative de proximité. Nous sommes fiers de vous présenter…