« L’austérité est un mode de gouvernance parfaitement neutre dans sa logique, par contre elle ne l’est pas dans ses effets », dit l’auteure, chroniqueuse et militante féministe Aurélie Lanctôt. Cette dernière dresse le portrait plutôt sombre de la condition des femmes après la mise en œuvre des politiques d’austérité du gouvernement libéral. Les mesures de compression ont essentiellement touché le secteur public, observe-t-elle. Or, les trois quarts des employés de ce secteur sont des femmes. De plus, les femmes sont les principales utilisatrices des services publics, comme la santé et le réseau des services de garde, et quand on les fragilise, elles en payent le prix. Les mesures de relance économique favorisent nettement les hommes, ajoute Aurélie Lanctôt, qui analyse les effets du Plan Nord. Elle cherche à démontrer qu’on « a décidé de sabrer ce qu’on fait de mieux – santé, éducation, petite enfance – pour des raisons idéologiques [afin de] servir davantage les élites », et ce, au détriment des femmes.