« Mémoires Vives » émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Préparée par Rachel Rimmer et présentée par Stéphane Bou qui reçoivent William Karel, réalisateur pour l’avant-première du documentaire le 7 novembre « La mort en face »
À propos du Documentaire : " La mort en face "
Réalisateur : William Karel
« Aucun pays, l’Allemagne exceptée, ne participa aussi activement au massacre des Juifs que la Roumanie. » Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe
A Iasi, quatrième ville de Roumanie, en 8 jours, du 28 juin au 6 juillet 1941, près de 15 000 Juifs furent assassinés lors d’un effroyable pogrom.
Au moment des faits, l’extermination programmée des juifs d’Europe n’avait pas encore débuté. À Iasi, il n’y avait ni chambre à gaz, ni four crématoire, mais tout le reste était là : la terreur, les humiliations, les wagons plombés, la famine, les exécutions publiques, la haine. Les ordres venaient d’en haut, et ils ont été appliqués avec enthousiasme, par la police, l’armée et la population. Pendant plus de 60 ans, les gouvernements communistes successifs ont tout fait pour que le pogrom de Iasi sombre dans l’oubli. Il fallait perpétuer le mythe de la résistance du peuple tout entier contre la tyrannie fasciste et minimiser leurs responsabilités dans le pogrom.
Il fallut attendre novembre 2004 pour que l’État roumain admette pour la première fois sa responsabilité directe dans le pogrom. Des excuses officielles du gouvernement furent enfin présentées à la communauté juive, 60 ans plus tard.
De ce massacre, il ne reste rien, pas le moindre bout de film, juste quelques photographies, la plupart prises par des soldats allemands qui les envoyèrent à leur famille en guise de souvenir de Roumanie. Et une poignée de témoins. Ils avaient sept, neuf ou douze ans en 1941. Les derniers survivants racontent.