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Mémoires Vives » émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Préparée par Rachel Rimmer et présentée par Stéphane Bou qui reçoivent Théo Ivanez pour son film « La Babel des enfants perdus » film projeté au Mémorial de la Shoah le 17 novembre
Avant-première : dimanche 17 novembre 2019, 16h30 au Mémorial de la Shoah, Paris
La fin de la Seconde Guerre mondiale jette sur les routes plus de 10 millions de personnes, dont beaucoup seront accueillies dans les Displaced Person Camps créés par l’United Nations Relief and Rehabilitation Administration (UNRRA).
À l’été 1945, à Indersdorf, non loin de Munich, s’ouvre ainsi le premier camp pour enfants réfugiés de guerre. Il regroupera plus de 1 000 jeunes orphelins, dont de nombreux enfants juifs, sous la protection d’une poignée d’hommes et de femmes. Pionniers du travail humanitaire, ils sauront les entourer et leur redonner foi en l’avenir avant de leur trouver une destination d’accueil.
La période de l'immédiat après-guerre, époque paradoxale qui mêle espoir et poids d’un passé impossible à oublier, est ici racontée par le prisme de cette histoire. Quelques-uns de ces enfants pensionnaires du Children Center, aujourd'hui octogénaires, racontent ainsi leur parcours, depuis les marches de la mort à la sortie des camps jusqu’au retour sur leur terre natale ou vers un nouveau pays d’accueil.
« Mémoires Vives » émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Préparée par Rachel Rimmer et présentée par Stéphane Bou qui reçoivent Ludovic Cantais, réalisateur pour la sortie du documentaire le 13 novembre « J'aimerais qu’il reste quelque chose »
Au cinéma le mercredi 13 novembre 2019
Au Mémorial de la Shoah, à Paris, une équipe de bénévoles recueille chaque semaine les archives personnelles des déportés et de leurs familles.
Pour ceux qui les donnent comme pour ceux qui les reçoivent, lettres, photographies et objets racontent l’horreur de la séparation, de l’attente et de la perte.
Mais au fil des entretiens, au détour d’une histoire, s’affirme l’indélébile présence des absents.
Filmer ces moments fragiles et fugaces, quand l’intime entre dans l’institutionnel et le collectif.
Cependant, une question demeurait : comment filmer la Shoah aujourd’hui dans les années 2010 en essayant de trouver un nouveau point de vue ? Je tenais mon sujet.
Ce film serait sur la transmission de la mémoire et comment ça se passe. Filmer ceux qui donnent, mais aussi ceux qui reçoivent. Ceux qui parlent et ceux qui écoutent.
Filmer ce qui ne l’avait jamais été a priori, à savoir le collectage d’archives, leur indexation, penser, classer, trier comme dirait Perec.
Ludovic Cantais
Toujours placée à la bonne distance, la caméra de Ludovic Cantais filme avec tact et douceur le travail patient des archivistes mais aussi la vertigineuse persistance de la mémoire.
Documentaire, France, 2018, 79 min, La Luna productions et Maje productions, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Sortie en salles le mercredi 13 novembre 2019
À partir d'un corpus pour partie inédit, Christophe Cognet enquête sur les photographies clandestines des camps nazis, comme autant d'actes de résistance.
Depuis plus de quinze ans, Christophe Cognet mène une méditation, filmique, sur les images réalisées par les déportés eux-mêmes, en secret, et au risque de leur vie, dans les camps nazis. Après Parce que j'étais peintre, sorti en salles en 2014, consacré aux dessins et aquarelles, il travaille désormais à un autre film, À pas aveugles, à la rencontre de telles photographies : à Auschwitz-Birkenau et à Buchenwald, Dachau, Mittelbau-Dora et Ravensbrück, des détenus ont réussi à prendre des clichés clandestins. Ce second volet compose une archéologie des images en tant qu'actes, insistant sur leurs dimensions physiques – c'est ce que peut le cinéma.
Le livre Éclats – au sens d'esquilles, de brisures – est issu autant de ce projet de film que de cette longue fréquentation des images clandestines : il compose l'aventure d'un regard en proposant des analyses sensibles de ces photographies, toutes scrutées longuement, puis remises dans leurs contextes. Il s'agit de reprendre l'enquête – et parfois de l'initier – avec le savoir disponible aujourd'hui, sans théorie, mais sans ignorer toute théorie, sans préjuger de ce que ces images ont à nous montrer et à nous dire. Il s'agit tout autant d'une exploration historique que de faire l'éloge de leurs auteurs, les remettre au centre et à l'origine de leurs images. Ce livre veut ainsi composer le récit très précis de leurs actes et des scènes prises, mais aussi former les portraits, lorsque c'est possible, tant des femmes et des hommes photographes que de ceux représentés.
Né à Marseille en 1966, Christophe Cognet est scénariste et réalisateur. Attentifs aux traces et au travail de la mémoire, ses films interrogent le cinéma, les formes de pouvoir et de surveillance, les mécanismes de la création et la puissance des images.
Avant-propos d'Annette Wieviorka
Né à Marseille en 1966, Christophe Cognet est réalisateur, essentiellement de documentaires mais aussi d'essais filmés, courts et moyens métrages. Attentifs aux traces et au travail de la mémoire, ses films interrogent le cinéma, les formes de pouvoir et de surveillance, les mécanismes de la création et la puissance des images.
« Mémoires Vives » émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Préparée par Rachel Rimmer et présentée par Juliette Sénik qui reçoivent Réjine Halimi, artiste peintre photographe et Annie Melihan Cheinin, Directrice de la résidence Amaraggi du Casip Cojasor pour l’exposition « mémoire d’un sourire » du 16 au 27 septembre à la Mairie du 19e arrondissement de Paris
« Où allez vous Mademoiselle ? J’ai répondu : le commissaire m’a donné l’autorisation de partir du poste de police ». « Attendez, je vais vérifier. » Le commissaire lui a confirmé l’autorisation. Moi et une dizaine d’enfants juifs, on a été sauvés ce jour là. Ça jamais je n’ai oublié », Dinka Reich.
Dinka Reich, Rose Volcot, Rachel Puszet (photo ci dessus), Raymonde Kenig, Sabine Lerer, Jean-Marc Leroy, Mendel Gorlicky, Joseph Weissmann, ce sont des noms, des visages, des vies, qu’on pourra voir du 16 au 27 septembre 2019 à la mairie du 19ème arrondissement autour d’une exposition qui s’intitule « Mémoires d’un sourire ».
Ce très beau projet a été mené dans le cadre du programme Kecher, soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, qui vise à prendre en compte les parcours spécifiques de chaque survivant de la Shoah qui intègre une des 3 résidences du Casip-Cojasor, Amaraggi dans le 19 ème, Kelmann à Créteil et La Colline à Nice.
H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu’il a connues à 18 ans, de 1906 à 1912.
Dans une première partie, H. Leivick se souvient des six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention, révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs. Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues intérieurs émouvants avec son père.
Dans la deuxième partie, H. Leivick raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie, traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l’existence et la résistance à l’oppression.
Extrait du récit
« Le gardien ouvrit le battant de sa grosse clef et me poussa à l’intérieur. Je me cogne aux ténèbres comme à un mur. Mais ce n’est pas encore la vraie porte. Cette porte mène à une seconde, plus bas. Nouvelle poussée du gardien qui me projette derrière une autre porte blindée qui ne laisse pas passer la moindre trace d’une quelconque lueur.
Il me précipite dans ce nouvel espace. Claque la première et la deuxième portes et les verrouille. Il y règne un silence de mort. C’est la première fois de ma vie que je me trouve dans des ténèbres pareilles, dans une semblable noirceur, dans une éternelle, une inqualifiable nuit.
Je ne savais pas qu’il existait au monde une telle densité de ténèbres. J’ai le sentiment qu’elles percent ma vue, qu’elles s’infiltrent dans mon corps. Elles sont acérées, gluantes, du plomb fondu. Elles me lacèrent le torse et la tête. Elles me glacent, me pétrifient. Je me cogne le visage à cette noirceur et me retourne aussitôt, reste couché sur le dos à demi évanoui. Non pas à cause de la chute ou du froid mais à cause de la puanteur qui m’étouffe et qui remplit cette sorte de tombe.
Je ne sais combien de temps, je suis resté dans cet état à moitié inconscient jusqu’au moment où mes poumons commencent petit à petit à s’habituer à cette puanteur froide de moisi, et mes yeux à cette noirceur inimaginable. »
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Émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, présentée par Stéphane Bou et Juliette Senik, avec la collaboration de Rachel Rimmer, chaque dimanche de 13h à 13h30.
« Mémoires Vives » met en lumière les nombreuses initiatives en lien avec la mémoire de la Shoah et la transmission du judaïsme. Elle donne chaque semaine la parole aux hommes et aux femmes qui oeuvrent pour tisser à travers le temps et les générations les liens d’une mémoire ancrée dans les réalités contemporaines et soucieuse de l’avenir.
La Fondation soutient la recherche sur les persécutions antisémites et la Shoah, en France comme à l’étranger
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