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Or


Pour avoir raison, il suffit souvent de tenir des propos désespérants et de qualifier de naïfs les motifs d’espérer. En ce sens, la rationalité est souvent la répétition intériorisée et répressive du discours dominant. Avez-vous déjà observé à quel point ce discours désespérant encourage à la docilité et à la résignation ?
C’est dans cette perspective que je vous propose d’explorer une disposition affective qui peut aussi bien être aliénante qu’émancipatrice : l’espoir. Aliénante lorsque espérer revient à supporter les choses comme elles sont en les fuyant par l’imagination. Émancipatrice lorsque l’espoir donne l’élan nécessaire pour transformer une situation qui nous fait souffrir.
Dans ce premier volet de notre exploration, je vous présente un rapide parcours d’une approche critique de l’espoir, récurrente dans l’histoire de la philosophie. En creusant ces arguments, on peut comprendre en quoi l’espoir peut nous disposer à entretenir des schémas de servitude volontaire et en quoi une forme de vigilance émancipatrice s’impose.
Accompagnez et prolongez votre écoute avec le bonus de l’épisode : la transcription joliment mise en forme par Hélène Francqueville, ainsi que des textes complémentaires.
L’article ÉPISODE 7 Saison 2 : L’espoir (1) – Les arguments critiques est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour ce sixième épisode, je vous emmène dans l’exploration d’un sentiment complexe qui a une fonction citoyenne et politique fondamentale : la honte qui nous saisit lorsque la domination, l’humiliation et la cruauté ont lieu.
Comment comprendre que nous puissions avoir honte de la violence qu’autrui peut commettre ? Pourquoi une forme intense de honte accompagne-t-elle notre indignation face à la violence d’autrui ? Qu’est-ce que signifie ce cri qui résonne en nous lorsque, face au scandale du mal, nous disons : « c’est une honte » ?
J’aimerais vous montrer qu’au lieu d’étouffer ce sentiment inconfortable en raison de l’aveu d’impuissance qu’il comporte, on peut y voir la racine d’un nécessaire élan politique. La honte du pire peut devenir le ciment de la solidarité si elle nous met en garde contre l’aveuglement qui nous menace, l’aveuglement quant à notre propre violence. Alors la honte entremêle trois éléments caractéristiques : le frisson, le sentiment d’impuissance et le sursaut politique.
Accompagnez et prolongez votre écoute avec le bonus de l’épisode : la transcription joliment mise en forme par Hélène Francqueville, ainsi que des textes complémentaires.
L’article ÉPISODE 6 Saison 2 : La honte, de l’éthique à la politique est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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Dans ce cinquième épisode, je vous emmène à la rencontre de cette voix très discrète qui ne vous quitte jamais et se dresse la première pour vous empêcher de terminer vos phrases et vos pensées : la vôtre.
On aura beau dénoncer telle ou telle norme sociale, il nous faut commencer par libérer nos pensées et nos paroles. Or, ce n’est pas une chose si facile ! Même lorsque nous sommes seul·e, nous nous heurtons à des discours que nous avons intériorisés depuis la plus tendre enfance. Comment identifier ces autocensures qui nous habitent ? Comment leur faire face et comment les surmonter ?
Je vous propose de creuser la question en nous plongeant dans une conférence de Virginia Woolf, donnée en janvier 1931, deux années après la publication d’Une chambre à soi. Dans cette conférence intitulée « Des professions pour des femmes », Woolf raconte son expérience de l’autocensure et la façon dont elle s’en est sortie…
Accompagnez et prolongez votre écoute avec le bonus de l’épisode (transcription mise en forme du podcast + un texte exclusif par votre Simone).
L’article ÉPISODE 5 Saison 2 : Peut-on surmonter l’autocensure ? La réponse de Virginia Woolf est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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Dans ce quatrième épisode, je vous propose de décortiquer le pouvoir de parler, donc le pouvoir de terminer ses phrases, à partir d’une question qui m’a été posée par l’une d’entre vous lors de la rencontre du Club de Simone la semaine dernière.
« Je travaille avec des hommes respectueux des femmes, mais j’ai pris conscience que lorsque je prends la parole à table, je ne peux jamais finir ma phrase sans être coupée. Pourquoi ? Parce que tout le monde a l’habitude que j’écoute ? Parce que c’est mon rôle de femme de prendre soin sans donner mon avis ? »
Le questionnement philosophique émerge de nos expériences d’étonnement… Et dans la plupart des prises de parole sur des sujets considérés comme « sérieux » (politique, scientifique, économique, philosophique, etc.), l’étonnement qu’expérimentent les femmes face à un groupe mixte est douloureux. Pourquoi sont-elles interrompues lorsqu’elles commencent à formuler leur pensée ? Pourquoi leurs débuts de phrases sont-ils systématiquement coupés, corrigés, effacés par une parole masculine, singulière ou collective ?
Pourquoi l’impuissance de parler s’intègre-t-elle pour tant de femmes – et dès le plus jeune âge – au rôle qui identifie le genre féminin ? Comment la surmonter ?
Pour accompagner et/ou prolonger votre écoute, vous pouvez télécharger le texte de l’épisode.
L’article ÉPISODE 4 Saison 2 : Les phrases que vous pouvez terminer ont un genre est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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Dans ce troisième épisode, aussi surprenant cela puisse vous paraître, je vous raconte pourquoi je pense que j’aurais pu devenir féministe plus vite, plus tôt grâce à Kant.
Pourquoi lire les textes de Kant sur la condition féminine ? Quels éléments de compréhension peut-on en tirer pour nous émanciper ? Pourquoi y aurait-il un intérêt à lire Kant avec des lunettes féministes (plutôt que de s’en tenir à ses textes considérés comme majeurs) ?
Vous pouvez accompagner et prolonger votre écoute en accédant au texte de l’épisode et à des compléments.
L’article ÉPISODE 3 Saison 2 : Devenir féministe avec Kant est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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Dans ce second épisode, je vous invite à faire un peu de magie… en transformant un cliché en concept. À creuser le sens d’un mot qui a longtemps servi – et sert encore – à mépriser ce qui serait féminin, trop féminin pour être philosophique. Je vous embarque aujourd’hui dans une déconstruction de la futilité.
Qu’est-ce qui est futile et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Comment la futilité traverse-t-elle nos préjugés de façon récurrente et normative ?
Et pourquoi l’attention à ce qui est considéré comme futile peut-elle être une source de joie ?
Pour accompagner et prolonger votre écoute, vous pouvez accéder au texte de l’épisode ainsi qu’à des compléments.
L’article ÉPISODE 2 Saison 2 : Qu’est-ce que la futilité ? est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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Des manuels scolaires aux médias, des vitrines de librairies aux colloques académiques, de l’École d’Athènes de Raphaël au Penseur de Rodin… la philosophie serait une discipline virile. Alors que faire quand on est une femme ? S’en remettre à la parole qui occulte tout ce qui touche de près ou de loin au féminin ? Ou envoyer valser cette discipline surchargée par son histoire patriarcale ?
Il y a une autre voie, moins balisée mais passionnante : enfiler des lunettes féministes pour revisiter ensemble les questions que nos existences plurielles font émerger.
Vous pouvez accompagner et prolonger votre écoute en accédant au texte et au bonus de l’épisode.
L’article ÉPISODE 1 Saison 2 : Que faire de la philosophie quand on est une femme ? est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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Entrez dans la pensée de Hegel par l’exploration d’un de ses thèmes les plus importants…
Par son travail de la langue et le caractère systématique de sa pensée, Hegel a la réputation d’être difficile d’accès. Pourtant, il a laissé à la postérité plusieurs concepts essentiels pour comprendre l’existence, en particulier ceux de reconnaissance et d’aliénation.
Pour « entrer » dans cette pensée le plus tranquillement du monde (autant qu’il est possible!), on a improvisé un entretien autour du café matinal. Pour la première fois donc, Simone a des complices autour du micro : Raphaël – l’apprenti philosophe – et Geoffroy – à la prise de son et au montage – sont de la partie. D’énormes mercis à eux du fond du cœur !
L’article ÉPISODE 14 Saison 1 : A‑t-on besoin de reconnaissance ? Entretien de Simone sur Hegel est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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En quoi la lenteur interpelle aujourd’hui par sa puissance émancipatrice ? C’est le thème de cet épisode du podcast (28 mn).
Pourquoi nous invite-t-on désormais à ralentir, alors même que l’impératif de maximisation du temps, cher à notre époque, continue de nous dicter une cadence effrénée, aussi bien au travail que dans ce qu’on appelle notre « temps libre » ?
Il faut dire que, au milieu de nos journées agitées, le mot « ralentir » sonne doux à nos oreilles. Car le culte de la rapidité – poussé à son paroxysme grâce à l’instantanéité numérique – ce culte nous fragilise : l’hypercompression du temps a un coût pour notre équilibre, en érodant nos capacités d’attention, de calme, de concentration, de réflexion, d’imagination, de soin, de respect et autres facultés nécessaires pour la vie individuelle et collective.
Alors par contraste, la lenteur semble pour beaucoup une solution permettant de tordre le bâton dans l’autre sens. En témoignent les récents et nombreux mouvements promouvant la lenteur dans tous les domaines de la vie sociale que Carl Honoré décrit dans son fameux Éloge de la lenteur. Mais qu’en est-il vraiment ? La décélération peut-elle réellement nous libérer et, si oui, comment ?
Ouvrages cités au cours de l’épisode:
Nicole Aubert, Le culte de l’urgence. La société malade du temps, Flammarion (2009).
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Gallimard (1989).
Christophe Bouton, Le temps de l’urgence, Éditions Le Bord de l’eau (2013).
David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins et de la lenteur (2012).
Carl Honoré, Éloge de la lenteur. Et si vous ralentissiez? , Marabout (2007).
Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps, Éditions La Découverte (2010).
Hartmut Rosa, Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, Éditions La Découverte (2014).
Jean-Jacques Rousseau, Confessions (publication originale en 1782).
Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur, Rivages (2000).
Tout plein de mercis à Geoffroy Montel qui a assuré avec soin la masterisation de cet épisode !
L’article ÉPISODE 13 Saison 1 : La lenteur peut-elle nous libérer? est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
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Pourquoi sommes-nous toujours si occupé·e·s et si préoccupé·e·s ? Un nouvel épisode du podcast avec Blaise Pascal et sa pensée du divertissement.
Dans le deuxième épisode du podcast de Simone et les philosophes, nous avions vu comment Sénèque expliquait notre plainte au sujet de la brièveté de la vie : c’est parce que nous nous croyons immortels que nous nous agitons dans tous les sens, perdant ainsi notre temps à fuir le présent. A contrario, la vie est assez longue pour qui adopte dès maintenant un mode de vie approprié, centré sur le présent. Notre inconscience eu égard à notre mortalité nous rend inconstants et par là hyper occupés.
Et si, ce n’était pas le manque de conscience de notre mortalité qui nous conduisait à nous disperser, mais l’inverse… je veux dire… et si nous nous agitions de tous côtés précisément pour nous créer l’illusion d’être immortels, de ne pas avoir à voir les limites du temps que nous avons à vivre ? Car après tout, en courant, nous oublions – un instant au moins – nos faiblesses et notre mortalité. C’est cette manière de fuir la conscience de notre mortalité que Blaise Pascal nous permet de comprendre à travers son concept de « divertissement ».
Selon le philosophe, nous sommes toujours occupés et soucieux parce que nous cherchons toujours de quoi nous divertir. Nous fuyons le repos plus que nous le ne ratons…
Citations extraites des Pensées de Blaise Pascal :
« Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser. »
« De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n’est pas qu’il y ait en effet du bonheur, ni qu’on s’imagine que la vraie béatitude soit d’avoir l’argent qu’on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre qu’on court ; on n’en voudrait pas s’il était offert. Ce n’est pas cet usage mol et paisible et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition qu’on recherche, ni les dangers de la guerre, ni la peine des emplois, mais c’est le tracas qui nous détourne d’y penser et nous divertit. »
« Ce n’est donc pas l’amusement seul qu’il recherche. Un amusement languissant et sans passion l’ennuiera. Il faut qu’il s’y échauffe, et qu’il se pipe lui-même en s’imaginant qu’il serait heureux de gagner ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui donnât à condition de ne point jouer, afin qu’il se forme un sujet de passion et qu’il excite sur cela son désir, sa colère, sa crainte pour cet objet qu’il s’est formé comme les enfants qui s’effraient du visage qu’ils ont barbouillé. »
« Ils s’imaginent que s’ils avaient obtenu cette charge il se reposeraient ensuite avec plaisir et ne sentent pas la nature insatiable de la cupidité. Ils croient chercher sincèrement le repos, et ne cherchent en effet que l’agitation. Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l’occupation au-dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles. Et ils ont un autre instinct secret qui reste de la grandeur de notre première nature, qui leur fait connaître que le bonheur n’est en effet que dans le repos et non pas dans le tumulte. Et de ces deux instincts contraires il se forme en eux un projet confus qui se cache à leur vue dans le fond de leur âme, qui les porte à tendre au repos par l’agitation et à se figurer toujours que la satisfaction qu’ils n’ont point leur arrivera si, en surmontant quelques difficultés qu’ils envisagent, ils peuvent s’ouvrir par là la porte au repos.
Ainsi s’écoule toute la vie, on cherche le repos en combattant quelques obstacles. Et si on les a surmontés, le repos devient insupportable par l’ennui...
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