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Or


Pourquoi reprochons-nous à la vie d’être trop courte si ce n’est pour nous déresponsabiliser de nos propres pertes de temps? Et si la vie n’était pas toute entière concentrée dans ce présent que nous fuyons? Dans son De la brièveté de la vie, Sénèque écrit à son beau-frère les raisons pour lesquelles il ne faut pas remettre au lendemain le moment de vivre heureux. Il n’y a rien de plus essentiel que le temps dont nous disposons et que nous gaspillons si souvent. La sagesse consiste à bien en user… mais comment y parvenir? Voici un podcast (18 mn) pour vous introduire à la lecture de ce beau texte, à écouter sans plus attendre
Références bibliographiques:
Baudrillard La société de consommation
Pascal Pensées
Sénèque De la brièveté de la vie
[attention! Emportés par un vent de liberté, les liens renvoient vers un site de librairies indépendantes. Vous pouvez aussi trouver votre libraire près de chez vous]
Musique: Spanish romance de Filu&Dina
L’article ÉPISODE 2 Saison 1 : La vie est-elle assez longue ? La réponse de Sénèque est apparu en premier sur Simone et les philosophes.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Quand on veut commencer à « parler philo » avec ses amis, survient assez vite une remarque du type : « Enfin, tout cela dépend de ce qu’on entend par faire de la philosophie »!
Remarque en queue de poisson qui reviendra de manière lancinante et pourrait verrouiller vos échanges. Dès qu’on invoque le « ça dépend de chacun », on ferme la réflexion d’un bon vieux geste relativiste, marqueur d’une réticence à mettre sa propre opinion en question. Certains mettront en avant leur image de la philosophie (par exemple, être serein comme Yoda ou le Dalaï Lama) tandis que d’autres soutiendront une autre vision (par exemple, tenir des raisonnements cohérents). Et personne ne sera sorti de son point de vue… donc n’aura appris quoi que ce soit.
S’il s’agit là d’un problème récurrent, c’est que la philosophie n’est pas une discipline toute faite avec des contenus théoriques tout faits (des textes, des idées dans ces textes, des philosophes-icônes derrière ces idées et ces textes) qu’il suffirait d’apprendre – et de répéter ensuite. On apprend à philosopher et non la philosophie, écrivait Kant. D’ailleurs, cela ne vaut-il pas pour tous les savoirs? Derrière le mot qui désigne la discipline en question, il y a toujours une pratique ou un ensemble de pratiques. L’histoire est ce qui est relatif à des pratiques historiographiques, des manières de faire de l’histoire. Il s’agit toujours de faire quelque chose, selon des méthodes différentes qui se rapportent à un objet particulier (le passé pour l’histoire, les nombres pour les mathématiques, la langue pour les lettres, etc.).
Bref, se demander ce qu’est une discipline, c’est confronter son verbe à la diversité des modes de faire ainsi qu’à l’objet qui leur serait commun.
Voyons donc quelles sont ces pratiques, disjointes voire même contradictoires, qu’on désigne par « philosopher »:
étudier des textes et des auteurs. Faire de la philosophie, c’est en ce sens se familiariser avec la culture philosophique, c’est-à-dire avec l’histoire de la philosophie, celle qui est enseignée à l’université. Ici, c’est le travail de compréhension, d’assimilation et d’interprétation des textes qui est désigné. En ce sens, faire de la philosophie, c’est s’approprier un héritage culturel dit « philosophique » parce qu’il a à voir avec des débats d’idées.
vivre « en philosophe », c’est-à-dire donner à ses actions une certaine cohérence en les rendant conformes à des principes qu’on se fixe. Souvent, ces principes ou règles sont élaborés en vue de poursuivre une fin agréable, comme le bonheur, la joie, la paix, la sérénité, ou tout au moins de nous épargner des souffrances causées par nos propres représentations et habitudes. En ce sens, la philosophie est un mode d’être de sorte que c’est la vie qui témoigne de la « philosophie » de son auteur.
Exercer une capacité dialogique et critique à l’égard des énoncés proposés, c’est-à-dire « penser par soi-même » pour reprendre la formule de Kant dans Qu’est-ce que les lumières ? En ce sens, la philosophie est un travail de la pensée, ayant pour objectif d’acquérir une indépendance d’esprit (ainsi libéré des opinions héritées) propice à la découverte d’une vérité (fût-elle sceptique ou critique!).
D’autres occurrences peuvent être proposées, mais elles se rattacheront très vraisemblablement à l’une ou l’autre de ces pratiques. Une option serait de batailler pour l’une de ces représentations, en faisant valoir la stérilité des autres. Comme s’il fallait nécessairement choisir ! Or, raisonner par disjonction est utile quand cela permet d’établir des distinctions… mais peut devenir stérile quand ça nous conduit à édifi...
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