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Quelle époque ! La technologie y est omniprésente ! Et les technologues, pour certains véritables techno fascistes, oscillent entre la promesse d’un paradis numérique et la prophétie apocalyptique d’une destruction totale de l’humanité ! Les effarantes annonces d’une superintelligence en embuscade affolent le monde numérique, médiatique et politique.
Que cache tout ce battage ? Que garder de ces technologies ? Qui en sont les gardiens ? Qui les promeuvent en France en particulier ? Faut-il en limiter l’usage, voire s’en défaire ? Et peut-être bien, interroger les premiers concernés, nous autres, citoyens ? Qu’en est-il des débats technocritiques plus ou moins radicaux ? Peut-on espérer l'avènement d’une démocratie technique, chère à l’auteur ?
Irénée Régnauld est essayiste, sociologue et doctorant à l’EHESS et à l’INSA Rennes (Institut National des Sciences Appliquées). Spécialiste des implications sociales du numérique, il tient depuis 2014 le blog « Mais où va le web ? » et a cofondé en 2017 l’association Le Mouton Numérique. Il a récemment publié, avec Arnaud Saint-Martin, Une histoire de la conquête spatiale. Des fusées nazies aux astrocapitalistes du New Space (2024).
Il publie à La fabrique éditions, La sommation technologique au temps des catastrophes.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le monde de la culture en France tire la sonnette d’alarme -un appel au président de la République a été lancé à Avignon, le 13 juillet dernier, sur la scène mythique du Palais des papes. Nombre de structures publiques et/ou associatives sont menacées dans leur existence même, faute de subsides ; le désengagement de l’État, mais aussi des collectivités territoriales ne fait qu’aggraver une situation déjà très périlleuse. La culture est-elle devenue la cinquième roue du carrosse ? Des craintes portant sur les déprogrammations, la censure de certains spectacles se sont avérées fondées suite aux récentes élections municipales en France !
Terrain Social a réuni autour de la table, à la magnifique médiathèque Jack Ralite, un équipement de haute volée, dans le quartier populaire de Croix-de-Neyrat, ses invités : Frédérique Rousseau, bénévole au cinéma d'Art et d'Essai Le Rio, Mathilde Aulas, bénévole chargée de la programmation du Café-Lecture Les Augustes, Erwann Mozet, délégué régional du SYNAVI AURA (Syndicat national des Arts Vivants, co-responsable de la compagnie La Sauvage à Saint-Étienne et Maxime Séchaux-Dogang, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle, Spectacle vivant, qui nous a accordé un entretien.
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Les sans-papiers, soumis à la folie graphomaniaque de l’administration française, sont sommés de produire de l’écrit pour faire valoir leurs droits !
Depuis le début des années 70, les juristes du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) ont donc mis leur expertise au service des migrants. Ils ont reçu des milliers de lettres de demande de conseils qui donnent à voir l’ordinaire de l’immigration en France, reflet des soubresauts de la géopolitique et du durcissement des politiques migratoires !
A quelle catégorie appartiennent-elles -celle des archives de l’infamie- ? Que disent-elles de la condition des migrants ? La dématérialisation des procédures fait-elle courir de nouveaux dangers aux immigrés sans-papiers ? La force reste-t-elle au droit ?
Philippe Artières est historien du contemporain. Directeur de recherche au CNRS, membre de l’Iris, Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux de l’EHESS à Paris-Condorcet. Il est notamment l’auteur de La mine en procès. Fouquières-lès-Lens 1970, en 2023. et A bout portant. Versailles 1972, en 2024.
Il publie aux éditions Anamosa, Les papiers des sans-papiers, dans les archives du Gisti, 1993 - 2011.
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En Europe occidentale, un peuple, les Roms, est toujours la cible d’une exclusion à répétition entre bidonvilles et harcèlement administratif ! Et la France, patrie des Droits de l’homme, ne fait pas exception ! Rejet, haine et idées reçues se conjuguent pour nier l’humanité du peuple tsigane, itinérant et pauvre par force !
S’agit-il seulement d’une crise de l’accueil, ou plus profondément, ne sommes-nous plus capables d’hospitalité, la forme la plus élémentaire de la solidarité ? Hospitalité et dignité même que nous daignons à ceux que nous rejetons ? Reste-t-il encore des graines d’humanité à semer ?
Mélikah Abdelmoumen est romancière et essayiste. Elle est née à Chicoutimi, au Québec, en 1972. Son essai Baldwin, Styron et moi aux éditions Mémoire d’encrier, en 2022, a remporté le prix Pierre-Vadeboncoeur. Elle habite à Montréal mais a vécu douze ans en France (Lyon). Elle publie aux éditions LUX, Traité de la petite bonté, Lettres à une jeune amie tsigane.
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La question du trafic de drogues est sur toutes les lèvres en France ! Il défraie la chronique avec son terrible lot de violence -parfois mortelle, mais aussi une autre violence, elle, structurelle -inégalités sociales, racisme, retient moins l’attention de médias prompts à le faire le buzz. Ce “bizness”, objet des politiques répressives de l’État - Interventions XXL, ou encore JUMBO, de prison de “haute sécurité” pour les patrons de réseaux -en particulier, les têtes de la DZ Mafia, doit-il être considéré comme une véritable économie, répondant aux mêmes critères d’analyse ? Comment les jeunes, qui y entrent, s’y socialisent ? Est-il possible, pour reprendre le vocabulaire de l’entreprise, d’y faire carrière ? Enfin, comment quitter le réseau et décrocher de ces sociabilités mortifères ?
Khadidja Sahraoui-Chapuis, docteure en sociologie, développe une démarche qui articule intervention de terrain et production de savoirs. Elle travaille depuis 1999 sur les questions de drogues à partir d'une approche de santé et mène des recherches sociologiques sur les trafics et leurs effets sociaux, notamment à partir de terrains situés dans les quartiers nord de Marseille.
Elle publie, aux éditions La découverte, Les prolétaires du bizness, Dans l'ordinaire des trafics de drogue.
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Dès son accession au pouvoir, en mai 1936, le Front populaire gouverne sous la pression des mouvements syndicaux et des grandes grèves qui paralysent l’activité dès juin. La reprise en main du pays ne se fait pas sans douleur. Loin de la mythologie et des images heureuses que nous partageons tous, à quelles difficultés, Léon Blum et son gouvernement de Front populaire doivent-ils faire face ? Étaient-ils suffisamment préparés ? Quelles doléances remontent du pays en crise ?Comment la situation leur a-t-elle échappé ? Et à quelles concessions, ont-ils été contraints sur leur gauche, mais aussi à droite -le patronat et le capitalisme financier- dont le patriotisme est une vue de l’esprit ? Quels fils peut-on tirer de cette histoire, en particulier pour l’actuelle gauche désunie ?
Ludivine Bantigny est historienne, enseignante et chercheuse, membre du Laboratoire d'histoire de l'université Rouen-Normandie. Elle travaille sur l'histoire des mouvements sociaux et des engagements politiques. On lui doit de nombreuses publications parmi lesquelles : 1968, de grands soirs en petits matins (Seuil, 2018, rééd. 2020), Révolution (Anamosa, 2019), La Commune au présent (La Découverte, 2021) et L'Ensauvagement du capital (Seuil, 2022). Elle publie, une enquête enthousiasmante : La Bourse ou la vie, Le Front populaire, histoire pour aujourd'hui, toujours aux éditions La découverte.
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En France, le livre est un produit à part ! Le monde de l’édition y est ancien, divers et reconnu. Depuis une vingtaine d’années, l’économie du livre connaît un emballement sans précédent. Plus récemment encore, l’indépendance des maisons d’édition est remise en cause par l’intégration et la concentration dans des structures de diffusion, elles-mêmes, aux mains de quelques milliardaires aux intentions peu louables.Le livre se trouve être un enjeu dans la bataille culturelle engagée par les forces réactionnaires capitalistes.
Quels dangers pour la diversité du livre ? Quels risques une concurrence effrénée fait-elle courir aux petits éditeurs ? Ne faut-il pas casser les empires éditoriaux, par une loi anti-trust ? N’assistons-nous pas à l'avènement du conformisme, première marche d’une fascisation des esprits
Pour cette 100ème édition de Terrain Social, il y a une urgence à donner la parole à un véritable éditeur indépendant et mettre en avant une maison d’édition Anamosa, qui fête ses 10 ans d’existence, fondée par Chloé Pathé, et dans laquelle notre invité, Frantz Olivié, publie, dans l’indispensable collection “Le mot est faible”, le titre : Édition.
Frantz Olivié est historien et éditeur. En 2000, il a cofondé avec Charles-Henri Lavielle les éditions Anacharsis. Il enseigne aussi dans le Master Lettres – Parcours Monde du livre (Aix Marseille Université).
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Touche-à-tout par excellence, Simon Paré-Poupart a porté de nombreuses casquettes : gestionnaire et intervenant social, notamment à la Croix-Rouge Canadienne, militant politique où il a été coordonnateur pendant un temps du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ) et candidat pour le Parti Vert du Canada, aussi, fondateur d’une petite entreprise de récupération de métaux, journaliste indépendant, recherchiste, et, dernièrement, écrivain.
Il a écrit Ordures ! Journal d’un vidangeur, publié aux éditions LUX basé sur son travail comme vidangeur à Montréal pendant vingt années. Il a aussi travaillé comme correcteur, réviseur et recherchiste pour un ouvrage majeur en politique avec Alain Deneault, De quoi Total est-elle la somme?. Ce parcours a été possible grâce à des études en littératures françaises, en journalisme, en sociologie et en psychologie (pour les deux dernières disciplines, il possède un baccalauréat). Études qu’il a complété avec une maîtrise en administration internationale.
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Que se cache-t-il derrière les murs de ces centres, dits de rétention administrative, des lieux loin de tout débat public ? Comment sont-ils gérés et attribués au moins-disant des marchés publics ? Les employé.es -agent.es d’accueil, sont-ils aussi invisibilisé.es que les retenus ? Et peut-être même ont-ils des points en commun ? Tous soumis, à des degrés divers, à une violence plus ou moins institutionnalisée. Interdit aux journalistes et aux chercheurs, notre invitée est parvenue à en pousser les portes, allant de surprise en surprise !
Louise Tassin est sociologue, post doctorante au Centre européen de sociologie et de science politique (université Paris-I-Panthéon-Sorbonne/CNRS), affiliée au Centre d’études de l’emploi et du travail (Cnam) et membre de l’Institut Convergences Migrations. Ses travaux portent sur le contrôle migratoire en Europe, le travail subalterne et la sous-traitance de l’action publique.
Elle publie, aux éditions La découverte, une enquête de terrain inédite, Comme on les enferme, dans les centres de rétention de Paris à Lampedusa.
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Depuis le début des années 1980, le courant féministe majoritaire s’est adossé de plus en plus à l’État et ses institutions -la police, la justice, et la prison-, pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Quittant résolument ses positions révolutionnaires, il fait le choix d’un féminisme autoritaire et punitif, loin de la mise en cause des structures du patriarcat et du capitalisme, culminant avec le mouvement #MeToo et l’affaire Pélicot !
Comment en est-il arrivé à promouvoir seulement l’image de la femme victime ? Et en parallèle, à proposer une réponse toujours plus répressive et sécuritaire ? Cette réponse a-t-elle résolu la question des violences sexistes et sexuelles ? Qu’en est-il, aujourd’hui, de l’émancipation, voire de l’abolition, combat féministe historique ?
Elsa Deck Marsault a cofondé Fracas, collectif queer et féministe d’entraide militante à la prise en charge des conflits et des violences en milieu intracommunautaire. Elle est l’autrice de Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes (La fabrique, 2023).
Elle enfonce le clou, toujours aux éditions La fabrique, avec un nouvel essai : La violence en spectacle : Féminisme, État punitif et figure de la victime.
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