Tom Odell revient avec ”A Wonderful Life”, un septième album qui confirme sa volonté de rester un artiste en mouvement. Révélé en 2013 par ”Another Love”, il s’est depuis largement réinventé avec une écriture plus brute, plus frontale, presque débarrassée de toute recherche de séduction immédiate.
”A Wonderful Life” est un disque organique. Les morceaux sonnent comme des prises directes, où l’on entend parfois les respirations, les frottements, où l’on privilégie l’émotion à la perfection. Le piano reste central, mais il dialogue désormais avec des guitares, des percussions sèches, et une production volontairement dépouillée. L’ensemble dégage une tension constante : entre ballades fragiles, presque murmurées, et morceaux plus nerveux, marqués par un chaos sonore qui reflète les tourments intérieurs du chanteur.
Côté textes, Tom Odell aborde sans détour les obsessions qui traversent sa génération : le doute amoureux, le poids du regard des autres, la peur de l’échec, mais aussi le besoin vital de trouver un peu de lumière dans un monde qui vacille. Ses paroles sont simples, directes, parfois dures. Pas de métaphore inutile, mais des phrases qui claquent comme des vérités difficiles à entendre. On est loin du romantisme enjolivé : ici, l’amour est cabossé, fragile, mais il reste un moteur essentiel.
Le titre de l’album, ”A Wonderful Life”, sonne d’ailleurs comme une ironie. Derrière l’apparente joie, c’est bien un constat amer sur notre époque qu’Odell met en musique. Mais ce qui frappe, c’est sa manière de toujours laisser une porte entrouverte vers l’espoir. Dans les silences, dans un accord de piano qui s’attarde, on perçoit une forme de douceur qui empêche l’album de sombrer complètement.
Avec ce disque, Tom Odell signe un album honnête. Il illustre la sincérité d’un artiste qui préfère montrer ses failles plutôt que d’endosser un rôle.