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Dans cet épisode, nous explorons la relation entre le wu gong et les principes du taijiquan. Le wu gong constitue un outil privilégié pour comprendre les six coordinations, en progressant de la posture extérieure vers le mouvement intérieur. Contrairement aux formes complexes, le maintien de postures comme wuji et taiji, ainsi que la répétition de mouvements fondamentaux ouvrir/fermer et monter/descendre, permettent de mieux différencier les qualités subtiles : relaxé versus mou, léger versus superficiel. Ma pratique s'inspire des pistes ouvertes par Wang Xiangzhai, enrichies par les recherches modernes en biomécanique et physiologie de la perception. J'insiste sur le relativisme des formes : ce qui compte n'est pas la forme elle-même, mais son esprit, clé d'accès à une multitude de formes. Par analogie avec l'apprentissage linguistique, la compréhension profonde nécessite une mémoire sémantique plutôt que lexicale, construite par la répétition de contextes variés.
Dans cet épisode, j'explore l'origine et l'importance du Wu Gong (travail de la quintessence) dans l'apprentissage de la « boxe du faîte suprême ». Contrairement au taijiquan qui privilégie la répétition d'enchaînements longs, le xingyiquan a développé des formes fondamentales structurées, approche qui a inspiré le grand maître Sun Lutang dans sa conception de l’apprentissage du taijiquan. J'ai étudié le Wu Gong et le Ba Fa (les 8 techniques clés) auprès des maîtres chinois Men Hui Feng, surnommé « l'Encyclopédie des arts martiaux », et de son épouse Kan Gui Xiang, reconnue pour sa maîtrise du style Chen. Le Wu Gong, littéralement « le travail des 5 », se compose de cinq exercices d'une simplicité apparente qui permettent d'accéder à la substantifique moelle de l’art de l’intégration. Cette méthode pédagogique constitue un terrain privilégié pour comprendre, mémoriser et intégrer les principes fondamentaux de cet art martial interne. Je présente ma propre réinterprétation de cette tradition transmise par mes professeurs chinois, fruit d’un travail de réappropriation et de prolongement de leur enseignement.
Dans cet épisode de mon podcast sur les arts martiaux internes, explorons le Dacheng Quan, fondé par Wang Xiangzhai (1885-1963) sous le nom initial de Yi Quan. Cet art visionnaire des années 1930-1940 synthétise l'essence des boxes chinoises comme le Xingyiquan, Taijiquan et Baguazhang, en intégrant physiologie, mécanique et sciences modernes. Sa fondation : la posture de l'arbre, qui forge énergie immobile, force souple et mouvement vif.
Wang Xiangzhai, maître du Xinyiquan, évolua vers le Yi Quan en priorisant l'intention (yi) sur la forme, puis vers le Dacheng Quan – "boxe du grand accomplissement" – via un voyage initiatique en Chine, mêlant traditions et innovations. Ce qui m'inspire ? Non l'art final, mais le parcours du fondateur : un processus d'exploration, bien plus enrichissant qu'un sommet atteint sans chemin.
Principes clés : chercher l’action dans l'immobilité, la force unitaire en trois dimensions et six directions, lier intention, qi, force, forme et esprit via visualisations (se fondre en tigre ou montagne). Personnellement, je retiens du Yi Quan le travail intense en posture statique au niveau mécanique, pneumatique, imaginal.
Dans cet épisode de podcast, je plonge dans les valeurs de la compétition en taijiquan, contrastant ses pièges avec ses richesses. En tant que pratiquant et enseignant, je critique la société du spectacle où la compétition exalte le culte de la performance, l'ego surdimensionné et la fraude, semblant trahir l'harmonie du taijiquan. Pourtant, mes expériences internationales comme athlète, entraîneur et arbitre m'ont enseigné des leçons essentielles : travail acharné, analyse des progrès, exigence et lâcher-prise, menant à des états de grâce où les records s'effacent. Ces perles enrichissent ma pratique globale et invitent à intégrer l'ombre pour embrasser le réel, non l'idéal. Les critères d'évaluation soulignent la distinction entre relaxé et mou, ancré et raide, avec une harmonie axée sur la taille, une puissance douce et un esprit tranquille unifiant forme et pensée. Je mets en garde contre les déviances, comme les performances tape-à-l'œil ignorant la force interne.
En écho, Olivier Hamant voit la robustesse comme antidote au culte de la performance : inspirée de la biologie, elle privilégie résilience et adaptabilité aux imperfections, contrecarrant l'obsession de l'excellence qui fragilise. Appliquée au taijiquan, elle cultive une force intérieure durable, holistique.
Cet épisode explore le concept de « principe » et son application dans le taijiquan. Dérivé du latin principium, le terme désigne un commencement ou une origine, servant de fondement dans différents domaines : en logique comme proposition première, en science comme loi générale non démontrée, en morale comme règle d’action, et en philosophie comme vérité fondamentale.
Dans le contexte du taijiquan, les principes structurent et vitalisent les formes, tous découlant d’un principe unique : le taiji. Ce principe fondamental vise la réalisation de la coïncidence des opposés, un concept central du taoïsme symbolisé par le Yin/Yang. Cette notion de conjonction des opposés n’est pas exclusive à la pensée orientale, comme en témoignent les réflexions de nombreux penseurs occidentaux.
Des principes issus de divers traités classiques sont présentés. Ces principes soulignent l’importance de l’équilibre, de la fluidité du mouvement, et de l’harmonie entre le corps et l’esprit. L’apprentissage progresse de l’extérieur vers l’intérieur, intégrant posture, mouvement extérieur et mouvement intérieur pour atteindre une pratique harmonieuse.
Les formes interactives du taijiquan peuvent être considérées comme une extension des formes fondamentales et répertoires. L'interaction avec un partenaire ou un objet agit comme un miroir qui amplifie tant les aspects positifs que négatifs de la pratique. Les formes interactives sont essentielles dans l’apprentissage. L’oublier, c’est comme vouloir étudier une langue sans pratiquer la conversation.
L'interaction avec un partenaire ou un objet permet de développer de multiples aspects : la structure, l'alignement, la mémorisation, la souplesse, l'élasticité, le rythme, la respiration, l'intention et l'état d’esprit. L'épée requiert une grande technicité, le sabre facilite les mouvements circulaires et le bâton de treize paumes offre une grande variété technique. La poussée des mains est une technique incontournable pour développer le toucher caractéristique du taijiquan.
L’approfondissement du taijiquan implique une progression équilibrée entre les formes fondamentales, les formes répertoires et les formes interactives. À un niveau avancé, la pratique devient intégrative permettant au pratiquant de percevoir l'unité dans la diversité des exercices, qu'il s'agisse du travail avec les armes ou avec un partenaire.
Les formes fondamentales comprennent les postures de base, le wu gong (la quintessence) sorte de grammaire mettant en évidence les principes clés et le ba fa (méthode des huit) vocabulaire basique. Les formes fondamentales constituent le socle essentiel de la pratique.
Les formes répertoires sont des ensembles codifiés plus complexes de mouvements à mains nues, représentant la partie la plus connue du taijiquan. C’est par l’intermédiaire de celles-ci que l’enseignement est transmis de génération en génération. Une tradition vivante ne véhicule pas des formes figées, mais des formes en évolution et en recréation permanente.
Il est nécessaire de relativiser les étiquettes de moderne et de traditionnel : ce qui est présenté comme moderne n’est pas toujours aussi moderne qu’on le croit, de même ce qui est dénommé traditionnel n’est pas toujours aussi ancien qu’on l’imagine. La forme véritable est celle qui nous met en contact avec ce dont nous sommes porteurs, celle qui nous révèle à nous-mêmes.
Les formes naturelles sont omniprésentes dans notre environnement, mais la science n'a que récemment commencé à comprendre comment la matière s'organise en structures. La forme représente l'aspect visible et les contours résultant d'une structure interne, se manifestant dans de nombreux domaines : de la géométrie à l'esthétique, de l'organisation de la matière à celle de la société. Issue du latin forma, elle évoque à la fois le moule et l'objet moulé, donnant naissance à de nombreux termes dérivés.
Dans le taijiquan, la forme est à la fois matrice et structure, permettant de former, informer et transformer. Elle constitue un langage dont la valeur réelle réside dans sa dimension intérieure plutôt que dans son aspect extérieur. L'expression de tout principe nécessite une forme, mais aucune forme n'est exclusive. L'étude de différents styles de taijiquan permet de mieux saisir ses principes fondamentaux tout en reconnaissant les spécificités de chaque tradition.
Le taijiquan possède une nature vivante et adaptable qui varie selon les personnes, les lieux et les circonstances. La pratique du taijiquan privilégie l’expérience directe et le ressenti plutôt que la théorie pure, intégrant des aspects cellulaires, musculaires, émotionnels et relationnels. Cet art de vie fonctionne comme une « voie humide » alchimique, où l’apprentissage se fait par l’observation et l’expérience plutôt que par des formules fixes. Chaque mouvement contient l’essence de l’art entier, suivant un principe hologrammatique où la partie contient le tout et le tout est dans la partie. Le but n’est pas l’instruction pure, mais l’éveil de la conscience à travers la pratique.
L’approche phénoménologique du taijiquan offre plusieurs avantages significatifs pour la pratique et la compréhension de cet art. Elle permet d’abord une connaissance directe à travers le ressenti et l’analyse des sensations. Cette expérience multidimensionnelle revendique une connaissance incarnée. Contrairement à la tradition philosophique platonicienne et cartésienne qui se méfie des sens, l’approche phénoménologique accepte qu’une forme de connaissance émerge d’un ressenti analysé.
Cet épisode explore les parallèles entre l’alchimie occidentale et le taijiquan comme pratique d’alchimie intérieure. L’alchimie occidentale se déroule en trois phases essentielles : l’œuvre au Noir (mort et dissolution), l’œuvre au Blanc (nouvelle naissance et union avec la Vie), et l’œuvre au Rouge (retour à la Terre et union avec le Principe). Dans les deux traditions, orientale et occidentale, l’artiste est à la fois l’artisan et l’œuvre, se transformant au fil du processus alchimique.
Le taijiquan, lorsqu’il est pratiqué comme alchimie intérieure (neidan), va au-delà du simple qigong (travail du souffle) pour devenir une méthode complète de transformation personnelle. Cette approche intègre non seulement le travail physiologique et imaginatif, mais aussi une dimension intellectuelle et spirituelle. Elle vise à permettre à l’individu de comprendre sa position dans le monde, de le transcender, et d’atteindre un état d’éveil, une démarche particulièrement pertinente dans notre époque de grandes mutations.
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