Tuteur illégal raconte

Tuteur illégal raconte

By Tuteur illégal raconteKids & Family
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Tuteur illégal raconte episodes

  • J'ai tout le temps peur de pas faire bien
    Des mots, empruntés à Ben Mazué, qui résonnent souvent dans ma tête.
    La peur de l’illégitimité, celle qui peut figer et faire rester en retrait de leur mère.
    La peur qu’ils me balaient d’un revers de main si je n’agis pas comme ils aimeraient, si j’interdis, si je m’oppose.
    L’appréhension de s’affirmer dans leur éducation, au risque de les contrarier et imaginer qu’ils pensent :
    « Mais qu’est-ce qu’il nous veut lui ? T’es ni mon père, ni ma mère, alors t’es gentil et tu te tais ».
    Cette peur, aussi, qu’ils aient honte de moi, qu’ils me trouvent ridicule, gênant, à côté de la plaque. Comment se comporter avec eux, en famille ou devant leurs copains ? Comment être sûr de ne pas trop en faire, ne pas « surjouer » ?
    Après tout, je débarque dans leur monde avec des codes que je ne maitrise pas. Je dois trouver mes repères mais j’ai aussi besoin d’indulgence. Comment demander ça à un enfant ?
    Et que dire de cette boule au ventre lors de la première vraie dispute avec L.
    Le ton qui monte, des mots blessants l’un envers l’autre, une porte qui claque et un silence assourdissant…
    « Elle ne m’aimera plus jamais, après ça. »
    J’avais tellement peur d’avoir cassé quelque chose, que tout soit irréversible.
    Je l’imaginais déjà ne plus vouloir m’adresser la parole.
    C’est vrai : je ne suis pas son père.
    Pourquoi est-ce qu’elle voudrait passer outre cette engueulade ?
    Peut-être parce qu’on a créé des liens forts, jour après jour.
    Parce qu’une dispute ne balaie pas des années à s’intéresser, se découvrir, s’écouter, se comprendre, se connaître et, finalement, s’aimer.
    Parce que je n’avais pas mis dans la balance toute l’implication du quotidien à laquelle les enfants sont sensibles.
    Parce qu’un regard en direction de leur mère, quand je leur donnais une consigne, était ponctué par : « Pourquoi est-ce que vous me regardez ? Vous n’avez pas entendu ? »
    Cette peur aurait pu me figer, me faire rester en retrait, rester dans l’observation plutôt que dans l’action.
    L’affronter c’était prendre le risque de se confronter aux enfants et à leur éventuelles réactions et réflexions.
    Les premiers accrocs font mal. Même si les enfants ne le verbalisent pas, je comprends facilement qu’ils n’apprécient pas tellement mes interventions.
    Cette sensation est tellement dure à accueillir, de mon point de vue… et du leur.
    Alors j’ai pris la décision de leur expliquer…
    Leur expliquer qu’ils n’étaient pas un mal nécessaire à mon histoire avec leur mère, mais qu’ils en étaient le bonus.
    Leur expliquer que j’avais vraiment envie de m’impliquer auprès d’eux, pas seulement parce que je le devais, mais parce que j’en avais envie.
    Leur expliquer que faire partie de leur vie, ce n’était pas seulement jouer avec eux et les faire rire, mais aussi prendre part à leur éducation, en accord avec leur mère.
    Leur expliquer que j’avais peur de les décevoir, de me tromper, de mal agir.
    On était tous en train d’apprendre…
    Qu’ils entendent de ma bouche que j’avais conscience de commettre des erreurs, que je voulais les corriger avec leur aide.
    Qu’on devait arriver à se débrouiller sans intervention de leur mère : juste eux et moi.
    Qu’ils avaient le droit d’être en colère contre moi et de m’en parler, sans que le ton monte.
    Je leur demandais de l’indulgence et je leur promettais de tout faire pour les comprendre.
    J’ai fait le choix de les impliquer dans mon apprentissage pour qu’ils aient envie de contribuer à notre réussite.
    Ils en sont devenus acteurs.
    Recette miracle ? Sûrement pas. Seulement mon expérience de vie.
    Aujourd’hui j’ai « toujours peur de pas faire bien ».
    Cette peur qu’ils ne m’aiment plus, qu’ils se détachent de moi si on ne se comprend pas.
    J'apprends à faire confiance à ce qu’on a construits tous les 4 ensemble
    4 min
  • L6M11

    L6M11

    Qu’est-ce que ça peut bien être ?

    C’est quelque chose qui n’existait pas avant de partager la vie de ma chérie.

    C’est un papier sur mon frigo, dans mon appartement.

    C’est un peu de honte, pour moi, d’avoir recours à ce code.

    C’est une signification qui a fait sourire ma chérie, lorsqu’elle l’a comprise.

    C’est le début d’une quantité de nouvelles informations à assimiler.

    L6M11

    Ce sont 2 enfants qui entrent pleinement dans ma vie, comme je suis entré dans la leur.

    C’est intégrer où se trouve l’école. (la bonne ! pas l’autre…)

    C’est retenir de quel bâtiment doit sortir chacun des enfants.

    C’est éviter d’attendre dehors tout seul alors qu’il faut aller chercher le petit à l’intérieur.

    C’est le récupérer au périscolaire, mais pas le même que celui où je l’ai déposé ce matin…

    Bah non, sinon c’est trop facile !

    L6M11

    C’est la sensation d’être perdu au milieu de ces « vrais » parents qui maitrisent déjà tous les codes et parlent entre eux.

    Ils sont sereins, ne cherchent pas du regard leur progénitures.

    Ils papotent alors que mon cœur bat à pleine vitesse et que je scanne la cour de récré !

    Quand, enfin, je vois « les miens » arriver, c’est la victoire :

    Oui ! Ils sont là ! J’ai récupéré les 2, et en parfait état !

    L6M11

    C’est la pression que je ressens, la première fois que je les assois dans ma voiture.

    En quelques semaines, ma conduite devient celle de mon père !

    Ces petits visages qui me font confiance et qui me sourient dans le rétro, quand je les emmène à la musique, au judo, au cours de cirque…

    Leur petit air amusé quand je me trompe de route, voire de village parce que : « Tu sais bien que le cours du vendredi n’est pas au même endroit que celui du mercredi ».

    L6M11

    C’est m’accorder le droit à l’erreur et ne pas trop me mettre la pression.

    C’est me dire que je croule sous de nouvelles infos et que je peux en oublier.

    Après tout, je débarque dans un monde inconnu, rythmé par les impératifs liés aux enfants.

    Activités, école, devoirs, douche, repas, dodo. Même les petites fesses à nettoyer, en attrapant cet enfant par les pattes, comme mon grand-père attrapait les lapins !

    L6M11

    C’est faire de mon mieux pour prendre ce train en marche, avec l’envie que les enfants ressentent mon réel intérêt pour eux.

    C’est vouloir que ma chérie sente que je suis là parce que j’en ai envie et non pas par devoir.

    C’est mettre un maximum d’énergie à assimiler toutes ces nouvelles infos parce que je le veux, parce que je veux faire partie de leur vie, sincèrement.

    C’est me dire que, même si je ne suis pas parfait, je fais de mon mieux, avec le cœur.

    L6M11

    C’est avoir besoin de prendre des notes, parfois, pour assimiler.

    C’est capter une information importante, lors d’une conversation téléphonique avec ma chérie.

    C’est prendre un post-it au plus vite, pour y noter, à la hâte « L6M11 », tout en continuant à l’écouter.

    C’est avoir ce moyen rapide et efficace de répondre à cette fameuse, question sans la moindre hésitation.

    « Quels âges ont les enfants de ta chérie ? »

    Je ne voulais pas hésiter là-dessus, jamais, surtout pas devant eux.

    Parce que je voulais qu’ils ressentent que tout ce qui les concerne compte pour moi.

    Ça a commencé par un post-it sur un frigo…

    « 2023, les enfants vont avoir 17 et 12 ans ».

    Je réponds vite, n’est-ce pas ?

    Facile : L6M11

    Vous l’avez ?

    4 min
  • Les présentations sont faites. Et maintenant ?

    Voilà : les présentations sont faites. Vient le temps de faire connaissance.

    Maintenant que je les ai, là, face à moi, je suis très curieux de les voir évoluer avec leur mère, dans leur univers.

    J’ai envie de connaitre leur quotidien, sans pour autant vivre avec eux. Eh oui : A ce stade, c’est chacun son appart’.

    L’idée, c’est toujours de ne pas les brusquer, attendre qu’ils réclament, qu’ils aient envie.

    Ce n’est pas parce que je suis entré dans leur vie que je dois la squatter !

    Tout est écoute et dosage. Quand ils laissent une note vocale depuis le téléphone de Maman en demandant que je vienne, comment résister ?

    Je joue le mec débordé, qui va faire de son mieux pour venir, alors que je suis déjà dans la voiture, valise faite et cap sur leur petit nid !

    Je me souviens de ces moments où j’arrive et ils viennent me faire un bisou, tous les 2.

    Oui, tous les 2 : Il semblerait que j’arrive à gagner la confiance d’un garçon de 2 ans (et demi !)

    A peine le temps de faire un bisou à ma chérie : Allez hop ! Tiré par la main pour aller essayer un nouveau jeu, m’émerveiller devant le tout dernier dessin.

    Parfois, j’ai même la sensation qu’ils se disputent ma compagnie.

    La réussite de cette phase de découverte, je l’associe vraiment à la rareté.

    Savoir qu’on va être ensemble, un peu, puis que je vais repartir semblait leur donner envie de profiter au maximum de ma présence. S’ils savaient à quel point je me nourrissais de la leur !

    Au début, je suis un peu pataud dans cet appartement et dans cette chambre qu’ils partagent et puis, visite après visite, je trouve mes marques. 

    Leur mère reste en retrait et je la vois, parfois, nous observer : « Oui, ma chérie ? » Elle repart avec un joli sourire : « Non, rien. Je ne veux pas vous déranger. »

    Les connexions se créent : les dessins animés préférés, le nom de la maitresse, les prénoms des copains et des copines, ce qu’ils aiment manger… Je fabrique ma base de données.

    Ils créent aussi la leur : Ils sont très curieux de moi, de ma vie avant eux, de ma famille. Quand je réponds à leurs questions, j’ai l’impression qu’ils boivent mes paroles.

    Cet intérêt me touche profondément.

    Il donne le sentiment d’être dans la bonne direction et, surtout, à la bonne vitesse.

    Ils me font tout partager d’eux, sans pudeur, sous le regard de leur mère qui me donne des petites astuces, quand elle pense que c’est nécessaire.

    « C’est toi qui donnes le bain ?! » V’là autre chose… Et bah en avant !

    Premier point : pas de loupé sur la température du bain, sinon je peux les transformer en glaçons ou les cuire comme des tagliatelles.

    Je gère, même si je leur pose discrètement des questions sur la marche à suivre.

    J’apprends à m’y retrouver au milieu des 97 bouteilles qui ornent la baignoire et j’essaie de mettre autant d’application à les laver qu’à leur voler leurs jouets !

    Bref, un quotidien qui a bien changé :

    Il y a quelques mois, je m’émerveillais devant mon nouveau home-cinéma, vautré dans mon canapé.

    Aujourd’hui, j’ai un vrai cas de conscience pour savoir ce que je préfère entre la Maison de Mickey et la Pat’Patrouille.

    J’ai adoré cette période de découverte, porté par la confiance de ma chérie. Elle m’a permis de prendre, pas après pas, ma place dans cette tribu.

    3 min
  • Et si on parlait… avec nos enfants et nos beaux-enfants ?

    Écouter mes beaux-enfants m’a souvent aidé à réajuster les choses, doser en tenant compte de leurs ressentis et questionnements.

    Parce qu’ils font partie intégrante de la famille recomposée, ils ont peut-être des choses à dire.

    Ecouter mes beaux-enfants m’a souvent aidé à réajuster les choses, doser en tenant compte de leurs ressentis et questionnements.

    Parfois on s’inquiète alors qu’il n’y a pas lieu… Parfois on pense que c’est facile pour eux alors qu’ils sont en souffrance.

    Peut-être qu’à la lecture de certains sujets, vos beaux-enfants, vos enfants auront envie de réagir. Ce sera avec plaisir que je récolterai leurs témoignages pour, pourquoi pas, consacrer un épisode de « Tuteur illégal » à ce qu’ils ont à dire !

    N’hésitez pas à me contacter sur Facebook ou Instagram, ou par mail à [email protected]

    On garde ça dans un coin de la tête…

    1 min
  • Et si on parlait… d'avoir un enfant en commun ?
    Vous l’aurez compris, notre tribu c’est : 2 enfants, leur mère et moi. (Et quelques animaux de compagnie…)
    Le sujet d’un bébé en commun est très vite arrivé sur le tapis : Ma chérie ne tenait pas à être mère une troisième fois et elle voulait être sûre que cette volonté ne me priverait pas du désir d’être père.
    Délicate attention, cependant j’avoue que je ne ressentais rien qui me poussait à vouloir faire un enfant. Et puis, il y en avait deux qui venaient d’entrer dans ma vie !
    Même si je n’ai pas de point de comparaison, je dis souvent les aimer comme mes propres enfants. Après tout, en garde alternée, je profite d’eux et je peux m’impliquer presque autant que leurs parents biologiques.
    Est-ce que les avoir faits ajouterait quelque chose que je ne peux pas percevoir ?
    Est-ce que dire que ce sont mes enfants, après 10 ans passés ensemble est illégitime ?
    Est-ce que c’est maladroit vis-à-vis de leurs parents ?
    Est-ce qu’on aime forcément plus son propre enfant que son bel-enfant ?
    Des questions qui, à mon sens, ont autant de réponses qu’il existe de cas.
    C’est pourquoi, pour ce premier sujet, je vous mets à contribution car j’ai réellement besoin et envie de collecter vos avis et vos ressentis.
    Qu’est-ce qui peut définir le besoin ou l’envie d’avoir, ou pas, un enfant en commun ?
    Qu’est ce qui peut être un frein ou, au contraire, un déclencheur ?
    Quelle a été votre situation ?
    En attendant, voilà quelques idées :
    L’horloge biologique :
    Le simple désir ou besoin viscéral d’avoir un enfant. Comment renoncer à cela si l’autre n’en a pas envie ? Est-ce une bonne idée d’essayer de ranger l’autre à sa décision ? Est-ce une bombe à retardement pour le couple ?
    L’âge auquel on se rencontre :
    On a des enfants de plus en plus tard et lorsqu’on recompose une famille, on peut s’estimer trop vieux pour en avoir à nouveau.
    Le nombre d’enfants que chacun a déjà :
    Certaines questions peuvent se poser :
    Devoir changer de taille de voiture, de maison et toute la logistique du quotidien d’une famille nombreuse, sans oublier l’aspect financier.
    Avoir un enfant qui soit le lien entre tous :
    Comme un ciment à la tribu, un enfant qui crée un « vrai » lien entre tous les membres. Peut-être est-ce l’occasion, pour chaque beau-parent, de créer un trait d’union avec ses beaux-enfants.
    Le point de vue des enfants :
    Il faut peut-être, aussi, considérer l’avis des enfants, lorsqu’ils sont en âge de l’exprimer. Comment vivraient-ils l’arrivée d’un bébé qui serait le fruit d’une union différente de celle de leurs parents ?
    Peuvent-ils se sentir exclus, moins importants, moins aimés ?
    Au contraire, verraient-ils cela d’un bon œil, comme ce lien décrit précédemment ?
    Ça vaut la peine d’en parler…
    Je n’ai pas eu à me poser toutes ces questions car nous avons rapidement été en phase.
    Mais qu’en est-il lorsqu’il y a des envies et des besoins différents ?
    Si l’un des deux finit par se ranger à l’avis de l’autre, est-ce que ça peut mettre en péril l’équilibre du couple ou de la tribu ? Et si l’on n’est pas certain de le vouloir tous les deux, est-ce une bonne idée de prendre le risque de mettre un tel poids sur les épaules de cet enfant à venir ?
    Parce que c’est bien de lui dont il s’agit…
    3 min
  • Derrière la porte
    Mon cœur accélère au fur et à mesure que cette porte s’ouvre.
    « Reprends-toi, mec, tu as peur d’une fillette de 7ans ?! »
    Puis je l’ai vue, et j’ai compris que ce n’était pas de la peur, mais de l’impatience… L’impatience de voir sa petite bouille me regarder fixement, avec un large sourire.
    Elle n’a pas dit grand-chose, alors je me suis lancé :
    « Bonsoir Mademoiselle, Maman est là ? Je peux entrer ? »
    Sans rien dire, elle me fait comprendre qu’elle m’y autorise. Sa mère apparait derrière elle : « Tu dis bonjour, ma puce ? » J’entends un « Bonjour » prononcé sans même quitter son sourire. Je me penche vers elle et lui tends la joue pour recevoir son tout premier bisou, que je lui rends avec une délicatesse que je ne me soupçonnais même pas !
    Je crois lui avoir sorti le grand jeu : « J’ai beaucoup entendu parler de toi. Je suis trop content de te rencontrer ! »
    Je suis invité à m’installer dans le canapé. La fillette est plantée devant moi, comme un suricate souriant ! Ça me réchauffe le cœur tout en me mettant presqu’un peu mal à l’aise. Je lui pose quelques questions auxquelles elle répond brièvement, avant de reprendre son attitude d’observatrice. Elle me donne l’impression d’imprimer sa rétine avant d’aller se coucher. Il est l’heure : elle me souhaite bonne nuit et j’ai droit à mon deuxième bisou. Oui : je les ai comptés…
    Je tends l’oreille et je perçois un lexique auquel je ne suis pas (encore) habitué : « Tu vas te brosser les dents et tu files au lit, ma puce » « Fais attention à ne pas réveiller ton frère » « Tu as ton doudou ? »
    Ma chérie revient : « Ça va ? » « Oh bah oui ! »
    Malgré moi, j’imite l’attitude de la fillette : large sourire et réponses courtes. Je suis un peu sous le (bon) choc.
    Numéro 1 : OK. Vivement demain matin pour Numéro 2 !
    Le matin, ma chérie est déjà levée, réveillée par les appels répétés de ce petit inconnu de 2 ans. J’écoute et je laisse du temps pour qu’il se réveille un peu, qu’il ait ses rituels. J’entends sa mère l’installer dans sa chaise haute, alors je me lève.
    Je n’oublierai jamais sa tête lorsqu’il m’a vu dans le cadre de porte : Ce « Maman » lâché avec un air inquiet, en se penchant vers sa mère devenue, pour l’occasion, son doudou géant. On est loin du sourire de sa sœur, la veille !
    Sa sœur, la voilà qui vient tout naturellement me faire un (troisième !) bisou, les yeux encore un peu fermés : « Bonjour… »
    Lui assiste à la scène et je lis dans son regard : « Oh?! J’ai loupé un épisode ?! Il est là, lui, et tout le monde à l’air de trouver ça normal ! »
    Il ne me quitte pas du regard. Je sens que je perturbe son équilibre. Il triture frénétiquement son Monsieur Patate. S’il savait que c’est moi qui le lui ai offert !
    Je me concentre alors sur sa mère et sa sœur, avec qui les premiers rires éclatent. Il se laisse embarquer dans cet élan, mais si j’essaie d’interagir directement avec lui, c’est l’échec assuré : il se réfugie contre sa mère. A sa place, pourquoi est-ce que je serais heureux de voir arriver ce grand bonhomme, alors que j’ai 2 ans, ma maman et ma sœur pour moi ?! Je le comprends et je m’adapte. 2 enfants, 2 âges, 2 caractères : 2 approches différentes. C’est noté !
    Là, je prends un peu de recul sur la scène : je suis dans la cuisine de ma chérie, avec elle et ses deux enfants. Pas de cris, un visage inquiet qui se détend minute après minute, des sourires et nos premiers rires communs. Je prends conscience du travail qu’a fait leur mère avant que j’arrive : elle les a mis dans les meilleures conditions pour m’accueillir. Je ne me sens pas chez eux. Je me sens parmi eux, et la nuance est immense…
    Merci à elle.
    Début d’une nouvelle vie !
    4 min
  • Les enfants veulent te voir
    (Premier) objectif atteint !
    On a attisé leur curiosité.
    C’était notre seule certitude : attendre que les enfants demandent à me voir. Il était hors de question de leur forcer la main…
    Ça aurait pu être long, d’autant que le plus jeune des deux n’avait même pas 2 ans au début de notre relation. Autant dire que tout reposait sur la curiosité de sa sœur de 7 ans.
    Pour susciter l’intérêt, il se peut que leur mère ait parlé d’un collègue de travail qui l’a aidé à déplacer un meuble, à installer de nouveaux rideaux.
    Ce collègue, dont ils commencent à retenir le prénom, s’avère être devenu son chéri ; confidence d’une mère à sa fille lors de la St-Valentin.
    En bonne porte-parole de son frère, la fillette a fini par réclamer :
    « Mais Maman, on veut le voir, ton chéri »
    Cette phrase qui donne le sentiment d’être dans le bon tempo, d’avoir laissé aux enfants le temps d’assimiler que Papa et Maman n’allaient plus être amoureux et ne vivraient plus ensemble.
    Le temps aussi de comprendre qu’une nouvelle personne allait faire son apparition dans leur nouveau quotidien, à peine rôdé.
    On a eu le temps d’imaginer la rencontre idéale : Maman se promène avec les enfants et, ô surprise, elle croise son nouveau chéri … ou bien quelque chose de plus officiel, de plus solennel ?
    On a opté pour la solution simple : venir les rejoindre chez eux. Ils sont dans leur contexte, ils ont leurs repères et tout un appartement à me faire visiter… même si je le connais déjà un peu, mais chuuuuuuuuut…
    Fin de journée : le plus petit a été mis au lit. Sa sœur, elle, a le droit de veiller un peu plus tard pour attendre « le chéri » qui ne devrait plus tarder.
    D’ailleurs, il en est où, le chéri ?!
    Bah, il ne fait pas le fier. Il monte l’escalier, fébrilement, partagé entre l’excitation de les rencontrer, l’appréhension de ne pas leur plaire et le sentiment qu’après avoir poussé cette porte, rien ne sera plus jamais pareil.
    Ces vieux escaliers sont bruyants : je suis sûrement repéré, alors je continue. J’arrive devant la porte, en prenant bien soin de ne pas utiliser la clé de l’appartement que j’ai déjà en poche.
    Je prends une grande inspiration et j’essaie d’arborer mon plus beau sourire.
    TOC TOC TOC
    Sans délai, la porte s’ouvre doucement, comme au ralenti.
    3 min
  • Au fait : j’ai deux enfants
    Tout commence là… Une simple phrase. Une phrase qui crée un déclic : de la légèreté d’une nouvelle relation, je passe au sérieux de potentielles responsabilités.
    Pourquoi est-ce qu’elle me dit ça ? Elle veut me mettre la pression, me tester ? Cela dit, si elle me parle de ses enfants, c’est que pour elle, c’est du sérieux. Quels âges ont-ils ? Garçon ? Fille ?
    « OK mec ! Pas panique ! C’est juste que… tu n’as jamais envisagé d’être père, encore moins de devenir beau-père. »
    Je ne sais même pas si je veux l’être, ou si j’en suis capable. Dans le doute, que dois-je faire : continuer à avancer avec elle, ou courir vite et loin ?
    « Respire… personne ne va débarquer avec un monospace, 2 sièges auto et un énorme chien dans le coffre ! »
    D’ailleurs, je n’ai rien de tout ça : ni grande voiture, ni jouet, ni cette chose dont j’ai vaguement entendu parler : les principes éducatifs.
    2 enfants… Et puis, ils ont un père : pourquoi est-ce qu’ils voudraient de moi dans leurs vies ? Est-ce que je vais leur plaire ? Et, eux, vont-ils me plaire ? Après tout, c’est vrai : elle a peut-être créé des monstres !
    A vrai dire, je savais déjà que ses enfants existaient, mais là, elle vient de les rendre très réels !
    Poker face ! A l’intérieur c’est la fête à la question et au doute. La lâcheté fait une brève apparition même si c’est la peur qui prend toute la place. A l’extérieur, je la regarde droit dans les yeux et je balbutie : « Oui, je sais, aucun problème. »
    Cet instant est, à mon sens, le vrai premier cap. Qu’on ait déjà des enfants ou pas, faire entrer ceux de quelqu’un d’autre dans sa vie est une sacrée responsabilité ! Ma vie va changer du tout au tout. Reste à tout faire pour que ce soit de la meilleure des façons.
    Qu'ont ressenti les gens dans cette même situation?
    Qu'avez vous ressenti? Je serais curieux de le savoir.
    « Allez mec ! Un pas après l’autre. Tu l’aimes, tu les aimeras forcément. »
    Prochaine étape… les rencontrer.
    3 min
  • Tuteur illégal... Qu'est ce que c'est?!
    « Tuteur illégal » c'est ma vie de beau-père de 2 enfants.
    Dix ans, à ce jour, passés à leurs côtés. Des joies, des peines, des questionnements, des difficultés, des évidences. Un parcours emprunté par de plus en plus d’adultes et d’enfants. On se sent parfois seul(e) face à certains sujets, certains caps, certaines émotions. Humblement et grâce à votre aide, j’imagine créer un espace d’échange, dans la bienveillance. Des témoignages à propos de certains moments clés de la vie d’une famille recomposée qui, je l’espère, feront raisonner des choses en vous et vous donneront l’envie de partager vos expériences, vos interrogations. Pas de règlement de compte, pas d’accusation, pas de jugement, juste de la discussion et l’envie de témoigner pour, qui sait, apporter certaines pistes ou certaines réponses à des adultes, mais aussi à des enfants et des ados qui connaissent cet univers des « tribus réunifiées ».
    Je vous proposerai des sujets à aborder mais, surtout, je resterai à l’écoute des choses dont vous auriez besoin ou envie de parler, sur Facebook ou Instagram, ou plus directement sur mon adresse mail : [email protected].
    Je n’ai aucune prétention ni formation particulière, juste l’envie de parler avec sérieux, mais aussi avec humour d’un sujet que je connais et qui me tient particulièrement à cœur.
    Bienvenue à toutes et tous dans mon univers de beau-père!
    2 min
  • Merci !
    Merci à tous!
    N'hésitez pas à aller écouter les très bons podcasts de The Cool StepFamily :
    https://anchor.fm/the-cool-stepfamily
    4 min

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Morceaux choisis de ma vie de beau-père de 2 enfants.