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Or


Avec Jean-Michel Othoniel
Entretien : Yasmine Youssi
"Il y a d’abord eu la bouche du métro Palais-Royal, à Paris. Ses boules de fer et de verre entrelacées. L’illusion furtive, à chaque fois, de descendre au pays des songes. Et puis cette exposition éblouissante à la Fondation Cartier en 2003, transformée pour l’occasion en château onirique à l’atmosphère capiteuse. Il se dessinait là une idée de l’amour noué à coup de gigantesques colliers de perles, sous des lustres aux couleurs de fête foraine, avant de s’achever dans des bocaux de larmes aux formes d’étoiles de mer ou de hameçons de verre poli comme le souvenir d’une passion enfuie. Oui, les œuvres de Jean-Michel Othoniel sont belles, immédiatement accessibles, jamais hautaines, et c’est pour cela que j’ai tenu à ce que l’artiste soit des nôtres le 23 septembre, parce que l’art contemporain nous appartient à tous. Il nous aide à comprendre le monde et les hommes. A vivre ?"
Durée : 01:13:57
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Tardieu du Théâtre du Rond-Point
Avec Michel Serres
Entretien : Juliette Cerf
"83 ans et 60 livres à son actif, Michel Serres n'a pourtant pas pris une ride. Son sens du présent est intact. Pourquoi ai-je eu envie de l'inviter ? Pour son ouverture d'esprit, sa modestie et son enthousiasme, autant d'antidotes à la déprime ambiante colportée par tous ces « grands-papas ronchons » ! – comme il les nomme avec malice dans Petite Poucette (éd. du Pommier). Le succès de ce livre, portrait d'une nouvelle génération née dans le monde numérique, a été fulgurant : 175 000 exemplaires vendus. L'occasion se présente donc d'y revenir. Et, qui sait, d'évoquer aussi le prochain essai du philosophe, au titre mystérieux, Le Gaucher boiteux..."
Durée : 01:05:27
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Renaud-Barrault du Théâtre du Rond-Point
Avec Guillaume Erner
Entretien : Valérie Lehoux
"La première fois que je l'ai remarqué, c'était en septembre 2011. Il venait de reprendre les commandes de Service Public, l'émission de consommation de France Inter, présenté depuis cinq ans par Isabelle Giordano. De quoi parlait-il ce matin-là ? Du renoncement au sexe... Plus socio ou psycho que conso, comme sujet, non ? A peine installé dans son nouveau siège d'animateur, le très malin Guillaume Erner était en train de changer le concept d'une émission solidement ancrée sur la grille d'Inter (sans en changer le titre)... J'ai trouvé ça gonflé, et intrigant. Depuis, le virage éditorial n'a cessé de me plaire. Il y a quelques jours, Guillaume Erner se demandait avec ses invités « pourquoi les pauvres votent à droite ». Question qui gratte, et débat passionnant. Quand on sait qu'il a commencé sa vie professionnelle en vendant des fringues du Sentier, on se dit que décidément, l'énergumène sort de l'ordinaire. Et qu'il doit avoir des tas de choses passionnantes à raconter."
Durée : 00:54:31
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point
Avec Patrick Cohen
Entretien : Aude Dassonville
"Tous les matins depuis septembre 2010, aux alentours de 9h10, l’envie se fait irrépressible. Pendant moins d’une minute, je rêve de rentrer dans le poste. Je pousse Pascale Clark, m’assieds devant le micro et lance d’une voix suave (forcément suave) : « Merci Patrick ! On vous retrouve demain, à 7 heures ? » Ebahi par tant de concision, Patrick Cohen prend congé, heureux et soulagé : pour une fois que le « passage d’antenne » n’a pas viré au guet-apens pour journaliste essoré ! Chaque matin, donc, l’anchorman d’Inter mène une matinale intense, exigeante et corsée comme un expresso. Son billet de 7h45 en constitue le nuage de lait quand l’interview de 8h20, elle, serait plutôt du genre à laisser ses invités torréfiés (Hervé Morin, en 2011 ; Marine Le Pen qui, en juillet, qualifiait France Inter de « radio bolcho » ). Ce pouvoir-là agace, forcément. Si, le 23 septembre, le journaliste nous explique comment il conçoit son métier et reçoit les critiques, on lui en sera très reconnaissants. S’il nous raconte les dessous des « passages d’antenne » aussi ! "
Durée : 00:52:14
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Tardieu du Théâtre du Rond-Point
Avec M/M Paris
Entretien : Loran Stosskopf
"Ces deux créateurs sont les graphistes que le monde entier nous envie. En multipliant les collaborations avec des musiciens telles que Björk ou Benjamin Biolay, des plasticiens comme Pierre Huyghe ou Philippe Parreno, ou encore avec les créateurs de mode Yohji Yamamoto et Marc Jacobs (pour n'en citer que quelques-uns), le duo M/M Paris a redéfini ce que peut être – doit être ? – le positionnement du graphisme par rapport aux autres métiers de la création. Ils ont volontairement ignoré les frontières entre les disciplines artistiques, et, par le biais du graphisme, participé à l'essor d'une vaste scène french touch qui a remis la France dans le tempo de la création internationale."
Durée : 00:50:13
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point
Avec Jean-Claude Gallotta
Entretien : Emmanuelle Bouchez
"Parce qu’il réussit à rendre sexy sur scène des hommes aux jambes nues portant socquettes.
Parce qu’il aime danser partout, dehors ou dedans, et qu’il a été un des premiers à le faire.
Parce que tous les corps l’intéressent.
Parce qu’il se laisse emporter par les mots quitte à être parfois un peu bavard.
Parce que confier ses états d’âme ne le rend jamais narcissique.
Parce qu’il aime le rock et le baroque.
Parce que son art de chorégraphe est aussi l’histoire du couple qu’il forme avec Mathilde Altaraz.
Parce qu’il déjeune sur le pouce de maquereaux en boîtes.
Parce qu’à 60 ans, il porte le perfecto sans ridicule.
Parce qu’il est fidèle à sa troupe qui le lui rend bien.
Parce que celle-ci danse du bout des pieds au bout des doigts.
Parce qu’il est devenu un grand artiste sans quitter Grenoble, sa ville d’origine.
Parce qu’il a un jour créé une pièce comme Daphnis è Chloé, bijou de virtuosité sensuelle..."
Durée : 00:51:18
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Tardieu du Théâtre du Rond-Point
Avec Fanny Ardant
Entretien : Pierre Murat
"Je me souviens de Fanny Ardant, venue me chercher à la gare de Deauville pour notre premier entretien, à la veille de la sortie de Vivement dimanche ! Je me souviens, pour un autre film, l’avoir vue, de loin, traverser la place du Trocadéro et entrer dans le café où je l’attendais, sous le regard fasciné des consommateurs qui se demandaient pourquoi elle se dirigeait vers moi et non vers eux ! Je me souviens, au bar de l’hôtel Raphaël où elle me racontait son enfance, de son émotion à évoquer L’Idiot de Dostoievski, dévoré en quarante-huit heures lors d’un été pluvieux...
Je me souviens de sa formule à propos d’Aventure de Catherine C, d’après Pierre-Jean Jouve : « Me déconsidérer ? M’autodétruire ? J’adore ça ! » Je me souviens l’avoir entendue dire que les films lui avaient appris non ce qu’elle voulait devenir, mais ce qu’elle ne voulait pas être... Je me souviens, surtout, de sa définition du cinéma : « La lumière dans le noir... » "
Durée : 00:46:48
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Renaud-Barrault du Théâtre du Rond-Point
Avec Kamel Mennour
Entretien : Yasmine Youssi
"Il a déboulé dans le monde de la création contemporaine comme un éléphant dans un jeu de quilles. Sans réseau ni formation en histoire de l’art, mais avec un culot salutaire. Un bagout monstre. Et des intuitions fortes. Il faut se souvenir de ces années 1990, fin de siècle endormie où artistes et galeristes français brillaient par leur absence à l’international, jugeant même inutile de s’y confronter. Kamel Mennour a d’emblée pressenti l’explosion du marché de la photographie. Ce qui l’a poussé à frapper à la porte des plus grands comme le Japonais Araki, le Britannique Martin Parr ou l’Américain Larry Clark, pour leur proposer de les exposer. Plus important encore, il a été le premier à mettre sur orbite une génération d’artistes d’origine maghrébine, comme Adel Abdessemed ou Kader Attia, désormais présentés dans les musées du monde entier. Et puis Kamel Mennour s’en est allé chercher les collectionneurs incontournables d’ici et d’ailleurs. Ceux qui avaient pris l’habitude de déserter Paris. Aujourd’hui, il représente les plus grands, Daniel Buren, Anish Kapoor ou Alfredo Jaar. Il y a quelque chose d’unique dans son parcours. De bluffant, d’exemplaire.?"
Durée : 00:49:17
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Vauthier du Théâtre du Rond-Point
Avec Vincent Macaigne
Entretien : Emmanuel Tellier
"C’est un inclassable comme on les aime. Pire (mieux !) : un incorrigible brouilleur de pistes, un agitateur de formes, de sons, de sens et de scènes – de théâtre comme de films. Vincent Macaigne, né en 1978, ne tient pas en place. Sans doute parce qu’il ne connaît pas la sienne, et pourvu que ça dure, dans un pays où l’on raffole des cases, des étiquettes. Sa liberté est grande, sa jeunesse pleine d’énergie, sa rébellion permanente. S’installer pour de bon dans le fauteuil du metteur en scène en vogue ? Son cv l’y autoriserait sans doute, mais le voilà déjà reparti devant ou derrière les caméras (on le verra beaucoup au cinéma prochainement). Depuis le succès de la comédie La Fille du 14 juillet, son visage s’est fait un nom : le voici chouchou de toute une génération de cinéphiles trentenaires (et un peu plus) séduits par sa subtile déglingue, son art du pas de côté faussement nonchalant, sa façon de jouer sans jouer. Est-il touché par cette popularité décuplée ? On lui posera la question, et beaucoup d'autres... Précision d’importance : je ne suis ni critique de théâtre ni critique de cinéma. Ça n’empêche en rien un intérêt majeur pour le parcours hors normes de ce garçon attachant, par ailleurs doté d’un verbe, d’un geste, qui ne connaissent pas la langue de bois. "
Durée : 00:51:49
Enregistré le 23 septembre 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point
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