On le connaissait comédien, chroniqueur, acteur, humoriste… et voilà que Vincent Dedienne ajoute plus officiellement une nouvelle corde à son arc : la chanson. Son premier album “Un lendemain soir de gala” vient de sortir, et c’est bien plus qu’une simple fantaisie d’artiste. C’est un projet sincère, tendre et mélancolique, un prolongement direct de son spectacle “Un soir de gala”, qui lui avait valu un Molière en 2022.
Dedienne a demandé à une quinzaine d’auteurs-compositeurs qu’il admire – Alex Beaupain, Jeanne Cherhal, Vincent Delerm, Albin de la Simone, Ben Mazué ou encore Pierre Lapointe, de s’inspirer de ses sketchs et d’en faire des chansons. Chacun s’est emparé d’un personnage ou d’une émotion, et Dedienne en a pris la voix. Résultat : quatorze titres, entre humour et tendresse, comme autant de petits tableaux sur la vie, la nostalgie, les rêves et les blessures ordinaires.
L’album s’ouvre sur “Un lendemain soir de gala”, une chanson presque autobiographique, où il évoque ses débuts, la scène, la solitude et le vertige du lendemain. Suivent des morceaux où se croisent le rire et la mélancolie, l’ironie et la douceur. “La chanson française” écrite par Jeanne Cherhal, se moque avec tendresse de notre besoin de chanter nos malheurs ; “Le mariage de papa” revisite les familles recomposées avec une touche de fantaisie ; “La chagreur” signée Ben Mazué, se glisse dans les plis de la tristesse avec un humour désarmant.
La musique, elle, prend des airs de cabaret, de valse, parfois de jazz ou de chanson à texte. On pense à Reggiani, à Souchon, à Brel aussi. Vincent Dedienne s’inscrit dans cette filiation avec légèreté et modernité. Sa voix n’est pas celle d’un chanteur professionnel, et c’est justement ce qui la rend attachante : elle tremble un peu, elle vit, elle raconte.
Avec “Un lendemain soir de gala”, Vincent Dedienne réussit un pari rare : transformer l’humour en émotion pure, sans jamais perdre son autodérision.