
Sign up to save your podcasts
Or


Le Premier ministre du gouvernement du Yukon, Ranj Pillai, et le gouverneur de l'État américain de l'Alaska, Mike Dunleavy, ont signé un accord historique le 9 février 2024 à Whitehorse, lors de la première visite du gouverneur dans le territoire du Yukon. Cet accord vise à régir les relations intergouvernementales et établit un protocole d'entente sur l'amélioration de l'entretien de la route de l'Alaska, principal réseau routier entre l'Alaska et le Yukon.
Ce partenariat marque le début d'une nouvelle relation de coopération et contribue à renforcer les liens historiques et culturels entre l'Alaska et le Yukon. L'accord se concentre principalement sur la maintenance de la route de l'Alaska, en particulier dans la zone subarctique, fortement affectée par le réchauffement climatique.
Les deux gouvernements ont reconnu l'urgence d'améliorer cette route et le gouvernement de l'Alaska s'est engagé à fournir les fonds nécessaires au gouvernement du Yukon pour réparer cette portion de la route. Le protocole prévoit ainsi la réparation et l'amélioration des tronçons endommagés par la fonte du pergélisol. Des travaux de resurfaçage, d'amélioration de la couche de fondation et de drainage seront entrepris.
Dans cette capsule d'actualité, nous avons appris que le trafic maritime dans l'océan Arctique a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. En effet, le nombre de bateaux dans la région a augmenté de 37%, passant de 1298 en 2013 à 1782 en 2023.
Parmi ces navires, une grande proportion (41%) est composée de bateaux de pêche, avec un total de 723. Cette augmentation du trafic est principalement due à la diminution de la glace de mer dans l'Arctique, causée par le réchauffement climatique, ainsi qu'à l'augmentation de l'extraction des ressources naturelles au Nunavut notamment.
Cependant, cette augmentation du trafic maritime dans l'Arctique a également des conséquences environnementales préoccupantes. Les bateaux de pêche, les pétroliers et les cargos sont en effet les plus gros émetteurs de carbone noir, un gaz à effet de serre dangereux pour le climat.
Face à cette situation, Clean Arctic Alliance, un regroupement international d'associations de protection de l'environnement, a demandé à la présidence norvégienne du Conseil de l'Arctique d'agir.
Il est essentiel que des mesures soient prises pour réduire l'impact environnemental du trafic maritime dans l'Arctique. Le réchauffement climatique a déjà des conséquences dramatiques dans cette région, avec la fonte des glaces et la disparition progressive de l'habitat des espèces arctiques. La réduction des émissions de carbone noir serait un pas important vers la préservation de cet écosystème fragile.
Le Festival international de la bande dessinée à Angoulême, en France, met en vedette le Nord canadien. Près de soixante artistes canadiens, représentant toutes les provinces et territoires, sont mis en lumière lors d'une exposition spéciale en marge du festival qui se déroule du 24 au 28 janvier 2024. Parmi ces artistes, il y a Babah Kalluk du Nunavut, Alison McCreesh des Territoires du Nord-Ouest, et Kim Edgar du Yukon pour n'en citer que quelques-uns.
Les artistes du Yukon, Claire Gallagher, Kim Edgar et Cole Pauls, sont actuellement à Angoulême et animent des ateliers et des discussions pendant le festival.
Leur participation à ce festival renforce leur visibilité et leur permet de partager leur talent artistique avec le reste du monde.
En 2023, de nombreux événements ont marqué l'actualité de l'Arctique. Tout d'abord, la reprise des activités du Conseil de l'Arctique en mai a été une excellente nouvelle pour la diplomatie dans la région. Après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le Conseil avait suspendu ses activités.
En Alaska, la suspension des baux dans la réserve faunique nationale arctique est aussi un événement notable. Alors que les nations Gwich’in ont salué cette décision, le peuple Iñupiat a exprimé son incompréhension et a dénoncé le manque de transparence entourant cette décision.
Par ailleurs, la sécurité est une préoccupation majeure dans l'Arctique canadien. En juin 2023, le comité sénatorial de la sécurité nationale, de La Défense et des anciens combattants a remis un rapport inquiétant sur les défaillances de la sécurité dans l'Arctique canadien. Le 4 janvier 2024, le gouvernement du territoire du Yukon a annoncé la création d'un conseil consultatif du Yukon sur la sécurité dans l'Arctique.
Le territoire du Yukon a été touché par plusieurs inondations au cours de l'année 2023. La région de Dawson est celle qui a été la plus touchée du territoire par ces épisodes extrêmes.
Des embâcles ont causé des dommages importants aux propriétés et aux infrastructures dans la région du Klondike y compris à la ferme de la Première nation Tr’ondëk Hwëch’in. De plus, une débâcle sur la rivière Peel a provoqué d'importantes inondations à Fort McPherson dans les Territoires du Nord-Ouest, endommageant également une station de relevés hydrologiques.
Pour Benoît Turcotte, professionnel de recherche senior à l'Université du Yukon, il faut adopter une stratégie globale pour protéger les propriétés et les infrastructures contre les inondations récurrentes.
Dans cet épisode, il est question des récents développements concernant l'exploration dans la Réserve faunique nationale de l'Arctique. Une délégation autochtone de neuf personnes des territoires du Yukon et du Nord-Ouest s'est rendue à Washington DC pour rencontrer des sénateurs américains et discuter de la protection permanente de la région. L'administration Biden n'a pas pris de décision définitive à ce sujet.
Lors des discussions qui ont eu lieu du 6 au 7 décembre 2023, la délégation canadienne a rencontré une délégation Gwich'in de l'Alaska pour discuter de l'avenir de la zone. Le Grand Chief Kenny Kyikavichik du Conseil tribal des Gwich'in aux territoires du Nord-Ouest, considère que les discussions ont été fructueuses et que les nations Gwich'in des deux pays sont unies dans leur opposition à tout développement dans la réserve. Le législateur Jared Huffman soutient également la protection de la Réserve et souligne l'importance d'écouter les peuples autochtones dans le contexte du réchauffement climatique.
Cependant, le peuple Iñupiat exprime son mécontentement face au manque de consultation de la part de l'administration Biden. Le président de l'organisme Voice of the Arctic Iñupiat, Nagruk Harcharek, affirme que les Iñupiat sont contraints au silence et cette situation met en danger leur culture et leurs communautés. Selon lui, le gouvernement fédéral ne peut pas annuler les droits des peuples autochtones au nom du changement climatique.
La conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, également connue sous le nom de COP28, se déroule actuellement à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. Gunn-Britt Retter, du département de l’environnement et de l’Arctique au sein du Conseil Saami basé à Karasjok en Norvège, a rappelé l’importance d’écouter les peuples autochtones de l’Arctique dans le cadre de la lutte contre les effets du réchauffement climatique.
Selon les données de l'agence Copernicus, le mois de novembre 2023 a été le mois le plus chaud jamais enregistré à l'échelle mondiale.
Les perspectives inuites et autochtones canadiennes ont aussi été prises en compte lors de cette conférence. Le Conseil Circumpolaire Inuit du Canada a présenté une vidéo mettant en évidence les impacts du réchauffement climatique dans l'Arctique canadien.
De son côté, l'Assemblée des Premières Nations a envoyé une délégation de cinq personnes pour plaider en faveur d'une action climatique urgente et transformatrice.
Dans cette émission, nous discutons d'une étude récente publiée dans la revue Nature Communications, qui met en évidence les conséquences du changement climatique et de l'assèchement de l'atmosphère sur la croissance de la forêt boréale canadienne et sa capacité à absorber le carbone. Cette étude, à laquelle Martin Girardin de Ressources naturelles Canada a participé, a analysé 3 559 sites forestiers à travers le pays, y compris dans les territoires du Nord-Ouest et au Yukon.
Il s'avère que les différentes espèces de la forêt boréale réagissent différemment à l'assèchement de l'atmosphère, en particulier l'épinette noire qui se révèle être particulièrement sensible. Lorsqu'il fait très chaud, cette espèce ferme ses stomates, ce qui ralentit sa croissance et diminue sa capacité à capturer du carbone. Cette recherche montre donc qu'au long terme, les forêts ne pourront plus absorber autant de carbone qu'auparavant.
From the publisher's feed