Inscrire le Cé què lainô dans la constitution. Voilà sur ce quoi les Genevois vont devoir se prononcer, le 3 mars prochain. Le député UDC, Yves Nidegger, favorable à cette inscription était invité de Béatrice Rul, à 7h30, sur Radio Lac.
Une constitution est une loi fondamentale qui fixe l'organisation et le fonctionnement d'un organisme, généralement d'un État ou d'un ensemble d'États. En quoi un chant comme le Cé què lainô aussi beau soit-il, fixe l’organisation et le fonctionnement de Genève?
"En rien! En temps ordinaires, personne n'aurait eu cette idée, très genevoise, d'inscrire deux couplets d'un chant patriotique si beau fut-il, dans un texte constitutionnel. C'est le résultat d'un ping pong genevois entre un député socialiste qui trouvait le Cé què lainô n'était pas assez laïc et trop guerrier et qui s'est vu répondre par un député UDC, "si c'est comme ça, on le met dans la constitution". Le Parlement a suivi, je pense que le peuple suivra".
Il n'est donc pas possible de toucher Cé què lainô?
"En temps ordinaire, non. Mais toute sorte de députés s'applique, aujourd'hui, à déconstruire, démolir, tout ce qui fait que nous avons une histoire, une identité, un encrage et que nous existerons demain, à cause de notre passé. A ces gens, il faut répondre sur le même ton".
C'est donc une vaste conspiration "woke"?
"Les gens en ont une marre et ils ont voté plutôt pour la Droite. Le wokisme est une réactualisation, pour ignorants, de ce que fut le marxisme. Autrefois, on se battait contre le grand capital, aujourd'hui on se bat contre le grand patriarcat. Cela mènera au même bilan mortifère. Confucius disait si tu veux te venger, creuse deux tombes: l'une pour ton ennemi, l'autre pour toi. On a voulu lutter contre la masculinité toxique, on a créé le féminisme toxique et à la fin, on va tous finir non binaire!".