
Sign up to save your podcasts
Or


Lorsque les amis de Job arrivent vers lui, ils ne le reconnaissent pas ! Ils ne reconnaissent pas son aspect extérieur, à cause des multiples plaies, mais ils ne reconnaissent pas, c’est-à-dire qu’ils ne comprennent pas ses dispositions intérieures, car Job est joyeux de souffrir pour Dieu et avec Dieu.
Cela est rassurant pour les fidèles que Dieu traite comme Job : ils n’ont pas à s’inquiéter de ne pas être reconnus de leurs amis. C’est une leçon également pour que nous veillions à ne pas être comme ces amis de Job qui se scandalisent des opprobres de l’Église.
Face à eux, Job gratte ce qui sort de ses plaies. Saint Grégoire le Grand nous explique qu’il élimine ses mauvaises pensées qui coulent des blessures de l’âme. Il les élimine avant qu’elles ne produisent leur effet. Celui qui veille sur ses pensées n’a plus besoin de veiller sur ses actes. Pour cela, saint Benoît, le maître de saint Grégoire, nous prescrit de prendre les mauvaises pensées dès le début, dès qu’elles se présentent et de les briser aussitôt sur le Christ, comme sur un rocher. Je vous donne quelques exemples.
Vous voyez ce qu’il nous reste à faire !
Texte de la Bible : 2, 11. Cependant trois amis de Job apprirent tous les maux qui lui étaient arrivés, et ils vinrent chacun de leur pays : Eliphaz de Théman, Baldad de Suha, et Sophar de Naamath. Car ils s’étaient concertés pour venir le voir ensemble, et le consoler. Et ayant levé de loin les yeux, ils ne le reconnurent pas ; et (jetant un grand cri,) ils pleurèrent à haute voix, déchirèrent leurs vêtements, et jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête. Et ils se tinrent assis à terre avec lui sept jours et sept nuits, et nul ne lui dit une parole, car ils voyaient que sa douleur était extrême.
Télécharger" rel="nofollow" class="ddownload-button button-black id-18978 ext-mp3"> Télécharger
Dans le précédent sermon, nous avons vu que Job représente le Sacré-Cœur , c’est-à-dire Jésus souffrant pour nous. 04. Job représente le Sacré Cœur de Jésus
Sermons précédents sur Job
Rappel : consulter le calendrier liturgique sous l’onglet du menu « sanctifier le dimanche ». Vous pouvez même l’imprimer en PDF ordinaire et en PDF livret
L’article Sermons sur Job
05. Ses amis ne comprennent pas Job est apparu en premier sur Abbé Pivert.
Job représente le Sacré Cœur de Jésus. Son histoire nous est racontée dans la Sainte Écriture pour mieux nous faire comprendre le Sacré Cœur.
Trois parties à ce sermon : 1. Pourquoi Dieu a-t-il permis que Satan tente Adam et Ève. 2. Jésus prend la place de Job pour subir lui-même les persécutions du démon et donner la victoire à tous ses fidèles. 3. Comment nous sommes impliqués dans cette lutte.
Télécharger" rel="nofollow" class="ddownload-button button-black id-18954 ext-mp3"> Télécharger
Vous pouvez également profiter des ressources suivantes :
La liste de tous les sermons classés par thème et par sujet
Le calendrier liturgique.
Bibliothèque spirituelle et doctrinale, contenant tout ce qui a été publié sur le site, classé par ordre logique.
L’article Sermons sur Job
04. Job représente le Sacré Cœur de Jésus est apparu en premier sur Abbé Pivert.
En résumé
« Faites ceci en mémoire de moi. » Le Christ nous associe à son Sacrifice eucharistique, source et sommet de notre consécration à Dieu. Ce sermon montre comment participer réellement à la Messe, même lorsqu’on ne peut communier sacramentellement, par la communion spirituelle et le don total de soi.
Télécharger l'audio
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
Mes bien chers Frères,
Nous fêtons aujourd’hui la Fête-Dieu, grande fête du Corps du Christ que nous avons déjà fêté le Jeudi-Saint, mais nous étions alors préoccupés par la méditation de la Passion, et nous n’avons pas pu apporter autant d’attention que nous l’aurions désiré à la Sainte Eucharistie. C’est ce que nous faisons aujourd’hui, à la demande de l’Église qui a institué cette fête.
Qu’est-ce que la sainte Eucharistie ?
C’est le sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ renouvelé sur nos autels. L’enseignement du concile de Trente est formel : à la messe comme à la croix, c’est la même victime, c’est le même prêtre Jésus-Christ, c’est la même offrande dans le même but pour porter les mêmes fruits, essentiellement pour le pardon de nos péchés et, nous allons le voir, pour nous consacrer à Notre Seigneur et, à travers lui, à la Sainte Trinité tout entière.
Dieu veut nous consacrer. Qu’est-ce que consacrer ? C’est rendre sacrée une chose qui était jusqu’alors profane. Adam et Eve étaient consacrés à Dieu dans le Paradis Terrestre, mais ils ont profané cette consécration, et Dieu est venu les sortir de ce monde profane pour les consacrer de nouveau à lui et, par Jésus-Christ, cette consécration atteint sa plénitude.
Il y a deux images, deux comparaisons pour nous faire comprendre cette consécration. D’une part, nous sommes les temples de la Sainte Trinité, c’est-à-dire que Dieu vit en nous et, d’autre part, nous sommes les membres de son Corps dont il est la Tête.
Ce que nous fêtons aujourd’hui, c’est la nourriture que Dieu, que Jésus-Christ, apporte à son corps. Et ce qui est absolument merveilleux, c’est que cette nourriture, c’est lui-même. Il le proclame ouvertement dans l’Évangile « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. »
C’est ainsi que nous sommes consacrés, et cette consécration est un sacrifice, parce que c’est la même signification pour les deux mots. Sacrifice : faire du sacré, comme bénéfice : faire du bien. Faire du sacré ou consacrer à partir d’une chose profane.
Entrons un peu plus loin dans le mystère, si vous le voulez bien, mes bien chers Frères.
Notre Seigneur offre son sacrifice sur la croix à Dieu le Père, et il gagne par-là de consacrer le monde entier, c’est-à-dire tous les hommes avec leurs activités, avec leur famille, avec leur pays, de tout consacrer à Dieu le Père. Il le gagne. Encore faut-il que cela soit réalisé ou, pour le dire autrement, que cela soit appliqué.
Prenez l’exemple d’un pays dans la famine. On a vu cela avec Joseph dans l’Ancien Testament : Joseph accumule dans les greniers suffisamment de blé pour toute la période de la famine. Encore faut-il que ceux qui sont concernés viennent chercher le blé.
Eh bien, Notre Seigneur par le sacrifice de la croix a, dans les greniers divins, accumulé de quoi sauver le monde entier. Encore faut-il que chacun d’entre nous, nous recevions ce salut, c’est-à-dire que ce salut nous soit appliqué à nous-mêmes.
Ce salut nous est appliqué par notre participation à la Sainte Eucharistie, c’est-à-dire par notre participation au sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette participation est évidemment essentiellement spirituelle, mais des signes peuvent y aider. Le Bon Dieu avait institué dans l’Ancien Testament des sacrifices dans lesquels on mangeait réellement la victime : on consacrait la victime à Dieu, puis ensuite le fidèle la mangeait lui-même en esprit de consécration et de victime.
Dans le Nouveau Testament, le Bon Dieu n’a pas voulu abandonner totalement cette manière de faire parce qu’elle nous aide beaucoup. Mais, pour éviter que nous n’ayons qu’une vue charnelle, matérielle de ce sacrifice, la victime, Notre Seigneur Jésus-Christ, est présente sous les apparences du pain et du vin, et ainsi nous gardons le fait de manger la victime, mais en même temps, cette manière de faire nous oblige à avoir une démarche très spirituelle.
Il est évident que lorsque nous participons au sacrifice de la messe par la communion, nous sommes invités tout naturellement à une démarche spirituelle, sinon cela n’aurait aucun sens de recevoir la Sainte Hostie.
Il faut insister sur cette participation spirituelle. Il n’y a pas de vraie communion sans elle. Bien plus, saint Thomas d’Aquin nous enseigne que celui qui communierait sacramentellement — c’est-à-dire qui recevrait le corps de Jésus-Christ dans la Sainte Hostie — mais sans communier spirituellement — c’est-à-dire en négligeant la démarche spirituelle — celui-ci ferait un sacrilège. D’ailleurs, Notre Seigneur le dit très clairement dans l’Évangile en Saint Jean chapitre 6 : « C’est l’esprit qui vivifie — c’est-à-dire qui donne la vie — la chair ne sert de rien. Or, les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. »
Et l’Église nous fait méditer un enseignement de saint Augustin en ces jours de la Fête-Dieu, qui s’applique directement à notre sujet de la communion. « Ces paroles sont esprit et vie. Que cela signifie t-il ? Qu’il faut les entendre dans un sens spirituel. Vous les avez entendues spirituellement : elles sont esprit et vie. Vous les avez comprises d’une manière charnelle : elles sont encore esprit et vie, mais elles ne le sont pas pour vous. »
Il est donc très important, mes bien chers Frères, que les paroles de Notre Seigneur, autant que la communion à son Très Précieux Corps, soient pour nous esprit et vie.
Comment le seront-elles ? Par un grand désir de nous consacrer à lui.
Regardez les trois enfants de Fatima. Ils n’avaient pas encore fait leur première communion, mais Dieu leur envoie un ange qui a pris dans un tabernacle de la terre les Très précieux Corps et Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ et qui leur donne la communion. Et à partir de ce moment, ces enfants vont être de plus en plus attentifs à étendre cette consécration à tous leurs actes, à vivre avec lui, en lui et pour lui.
La Sainte Vierge va leur faire découvrir en quoi consiste cette consécration : elle consiste essentiellement à prolonger le sacrifice de Notre Seigneur sur la croix pour le salut des pécheurs. C’est la grande réalité.
Celui qui est uni à Dieu fait les œuvres de Dieu. Celui qui est uni au Christ fait les œuvres du Christ. Celui qui est uni à la croix fait les œuvres de la croix.
D’où cette préoccupation constante chez les enfants de Fatima, préoccupation qui leur a été enseignée par la Très Sainte Vierge de sauver les pécheurs. Du coup, ils se sauvent de même bien entendu.
Il y a un sacrement qui vient préciser, concrétiser cette démarche, c’est le sacrement de mariage. L’enseignement de saint Paul est très clair sur ce sujet : le mariage est la prolongation du sacrifice de la croix. C’est, évidemment, pour le salut des enfants. Le mariage a pour objet de sauver les enfants, c’est-à-dire de les sortir de leurs habitudes profanes, de leur vie profane, et de les consacrer à Dieu.
C’est pourquoi il est très important de ne pas laisser les enfants, même tout petits, dans leurs caprices. Un caprice d’enfant nous paraît petit parce que l’enfant est petit. En réalité, leurs caprices sont des fils par lesquels Satan essaie de le retenir pour l’empêcher de se consacrer à Dieu.
Imaginez un oiseau qui soit retenu par quelques fils aussi fins que des fils à coudre, vous vous diriez : oh, ces fils ne sont pas grand-chose, on les casse facilement ; oui mais quand ils sont attachés à la patte d’un oiseau, ils suffisent pour l’empêcher de voler, et ils suffisent pour que le chat saute dessus et dévore l’oiseau. Ne négligeons pas les petits fils par lesquels Satan attache la patte des enfants afin, plus tard, de pouvoir sauter dessus et les dévorer.
Le seul moyen de sortir les enfants de ce monde profane, c’est de les consacrer à Dieu. Et par conséquent, mes bien chers Frères, vous qui êtes parents, pères et mères de famille, votre premier travail dans l’éducation première des enfants, c’est-à-dire lorsqu’ils ont encore quelques années seulement avant l’âge de raison, est de préparer cette consécration qui va se réaliser lors de leur première communion. Et pour cela il est très important que vous coupiez les fils, et que vous leur donniez déjà le sens du sacrifice en leur montrant Jésus en croix et la Très Sainte Vierge au pied de la croix. À chaque fois qu’il faut leur demander quelque chose, surtout lorsque c’est quelque chose de difficile, c’est pour Jésus. Comme les petits enfants de Fátima.
Les célibataires me diront : alors, et nous qui n’avons pas le sacrement de mariage ? Je leur rappellerai qu’ils ont le sacrement de baptême — qui est une première consécration, le sacrement de confirmation qui rend cette consécration plus parfaite, plus active, plus dans la main de Dieu, et le sacrement de l’Eucharistie qui nourrit cette consécration. Vous me direz que les époux ont cela aussi. Oui, mais les époux ont un sacrement spécial à cause de leur mission auprès des enfants. Mais ceux qui sont célibataires n’ont pas de mission auprès des enfants, et par conséquent le sacrement de l’Eucharistie pour eux-mêmes personnellement leur suffit pleinement.
Avec tout ce que je viens de vous expliquer, mes bien chers Frères, il est facile de comprendre que la communion sacramentelle, lorsque vous recevez le corps de Jésus dans la Sainte Hostie, est une aide à la communion spirituelle, un support de la communion spirituelle.
Or, le Bon Dieu, dans sa grande bonté, parce qu’il sait que nous avons tendance à nous arrêter aux choses extérieures, à nous en satisfaire et à négliger, hélas, les choses intérieures, le Bon Dieu dans sa grande bonté a voulu limiter le nombre de nos communions sacramentelles. Les religieux, les prêtres qui vivent constamment en union avec Jésus-Christ et avec Jésus crucifié, ne communient cependant qu’une seule fois par jour. Les prêtres ne célèbrent la messe qu’une seule fois par jour. La plupart des fidèles ne communient qu’une fois par semaine. Les malades ne communient qu’une fois par mois, par trimestre. Les vieillards, qui sont retenus à la maison par la maladie ou par la vieillesse, communient très peu également. Les chrétiens dans les pays de mission communient une fois par trimestre, par an.
Pourquoi cela ?
Parce que le Bon Dieu veut purifier leurs intentions, purifier leur attachement spirituel à Notre Seigneur Jésus-Christ, et c’est ce que saint Augustin, que je vous ai cité, nous fait bien comprendre :
Entendez-vous les paroles du Christ spirituellement : elles sont esprit et vie. Les entendez-vous de façon charnelle : elles sont encore esprit et vie mais elles ne le sont pas pour vous.
Or, dans la situation actuelle du monde, il y a une gourmandise sensible qui a tout envahi, même le domaine religieux. C’est pourquoi, mes bien chers Frères, il faut nous séparer des écrans le plus possible parce que, tout ce qui est spirituel en nous, ils le rendent visuel, sensible, charnel. Le Bon Dieu, parce que les chrétiens tièdes sont devenus de plus en plus nombreux et abusent du sacrement de l’Eucharistie, communient sans faire attention et même, hélas trop souvent, communient sans respect et en état de péché, et donc commettent des sacrilèges, le Bon Dieu pour remédier à cet état de choses dans l’Église permet que les chrétiens soient privés de la communion sacramentelle pour mieux découvrir la communion spirituelle, et c’est notre devoir, à nous les prêtres, de vous faire comprendre que lorsque Dieu retire, c’est pour mieux donner. Et c’est à nous prêtres, notre devoir, de vous expliquer comment mieux vous unir au sacrifice eucharistique spirituellement pour correspondre aux vues de Dieu sur vous.
J’aimerais que ce sermon soit entendu par toutes les personnes qui sont bloquées chez elles, par toutes les personnes qui ne peuvent plus assister à la messe parce que la messe n’est maintenant plus célébrée dans tous les villages de France, et encore moins dans tous les villages du monde, et que, en raison du tout petit nombre de prêtres, beaucoup de chrétiens ne peuvent plus aller dans les grands centres où la messe est célébrée. Celui qui leur portera la doctrine de la communion spirituelle leur fera un grand bien.
Faites-le, mes bien chers Frères. Faites-leur connaître cette doctrine, diffusez ce sermon audio.
Et à vous, mes bien chers Frères, qui avez compris qu’il est malsain et qu’il est quelquefois sacrilège, hélas, de participer à la messe avec des rites vulgaires, ce rite vulgaire de la messe nouvelle, à vous de comprendre, mes biens chers Frères, que dans ce cas mieux vaut participer spirituellement seulement que, sous prétexte de recevoir corporellement Notre Seigneur Jésus-Christ, participer à la messe de façon vulgaire, voire sacrilège.
Vous ai-je rendu plus d’espoir ? Je l’espère. Mais ce n’est pas moi, c’est saint Augustin, saint Augustin fidèle à l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est la Très Sainte Vierge à Fatima, et donc je vous invite après ce sermon à faire une communion spirituelle.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
Autres sermons sur la communion spirituelle : L’Eucharistie
L’article Notre participation au Saint Sacrifice Eucharistique est apparu en premier sur Abbé Pivert.
L’histoire de Job nous révèle bien des trésors, tant pour notre victoire sur le démon que pour la victoire de l’Eglise. On peut dire que Dieu provoque le démon à la lutte.
Pourquoi ? Dans l’intérêt de Job.
Comment ? Parce que le Saint Esprit agit en Job et que, en croyant lutter contre Job, c’est en réalité le Saint-Esprit que le démon trouve face à lui comme adversaire.
Cœur de Jésus j’ai confiance et j’espère en vous ! Cœur douloureux et immaculé de Marie, soyez mon refuge !
Télécharger" rel="nofollow" class="ddownload-button button-black id-18713 ext-mp3"> Télécharger
Le démon a parcouru la terre, cherchant à y faire du mal. C’est Dieu qui attire son attention sur Job.
Pourquoi ? Parce que Job est simple, droit, craignant Dieu et fuyant le mal. Et que Dieu ne « craint » donc pas que Job tombe. La seule raison à ce que Dieu permette au diable de tenter Job, c’est que Dieu veut le progrès de Job.
Celui que l’inspiration divine rend fort contre le démon, c’est comme s’il le louait aux oreilles du démon. Quand Dieu fait des louanges, c’est d’avord qu’il concède des dons, ensuite qu’il lequ’il y veille et les conserve. Mais l’antique ennemi sévit d’autant plus contre un homme qu’il le voit plus entouré de la protection divine.
Lorsque le feu du Ciel tombe sur la maison où sont réunis les enfants et les tue tous, on a l’impression que Dieu collabore avec le démon. Le démon veut faire tomber le feu et le Seigneur lui « prête » le feu du Ciel.
Saint Grégoire le Grand donne l’explication suivante : Et l’homme a besoin de sentir sa faiblesse pour mieux s’appuyer sur Dieu à l’avenir.
Les bœufs sont emportés : le travail attentif de l’âme. Les ânes : la simplicité de l’âne qui se laisse charger sans récriminer désigne la simplicité de l’âme ou sa torpeur. Les brebis, les chameaux, les serviteurs. Les chameaux : ceux qui ont la charge de régir les choses du monde : qui ruminent le service de Dieu, mais sont impliqués dans la souillure du monde.
Les fils et les filles sont les vertus. La sécurité dans la vertu est dangereuse. Pas la vertu, bien sûr, mais la sécurité dans la vertu.
Il est l’Esprit d’intelligence qui maintient vive et profonde la foi dans l’âme au milieu des tentations.
L’Esprit de Sagesse qui, par une charité profonde, unit l’âme à la sagesse de Dieu face à la folie du monde.
L’Esprit de Science qui éclaire l’œuvre de Dieu dans le monde et qui donne la vraie autorité face à ceux qui bafouent l’autorité qu’ils ont reçue.
L’Esprit de Conseil qui fait choisir le moyen de la Croix là où le monde conseille les moyens humains, les moyens matériels, charnels et même diaboliques.
L’Esprit de Piété qui fait rayonner la paternité de Dieu.
L’esprit de Force qui affronte toutes les terreurs que le monde lève devant nous et qui ne sont que des rideaux de fumée.
L’esprit de Crainte qui nous donne de nous méfier de nous-mêmes pour ne nous fier qu’en Dieu.
— Saint L. M. Grignion de Montfort aux associés de la Compagnie de Marie :
Vous êtes petits, ils sont grands. Vous êtes pauvres, ils sont riches. Vous êtes sans crédit, ils sont appuyés de tous. Vous êtes faibles, ils ont l’autorité en main.
Je suis votre protection et votre défense, petite Compagnie, vous dit le Père éternel. je vous ai gravé[e] dans mon cœur et écrit[e] en mes mains, pour vous chérir et vous défendre, parce que avez mis votre confiance en moi et non dans les hommes, en ma Providence et non dans l’argent. Je vous délivrerai des pièges qu’on vous tend, des calomnies qu’on vous impose, des terreurs de la nuit et des ténèbres qui vous intimident, des assauts du démon du midi qui veut vous séduire ; je vous cacherai sous mes ailes ; je vous porterai sur mes épaules ; je vous nourrirai à mes mamelles ; je vous armerai de ma vérité, et si puissamment que vous verrez de vos yeux vos ennemis tomber à milliers à vos côtés : mille mauvais pauvres à votre gauche, dix mille mauvais riches à votre droite, sans que ma vengeance approche même de vous. – Vous marcherez avec courage sur l’aspic et le basilic envieux et calomniateur ; vous foulerez à vos pieds le lion et le dragon impie, emporté et orgueilleux ; je vous exaucerai dans vos prières ; je vous accompagnerai en vos souffrances ; je vous délivrerai de tous vos maux ; je vous glorifierai de toute ma gloire que je vous montrerai dans mon royaume, à découvert, après que vous aurai comblé[e] de jours et de bénédictions sur la terre.
Les pauvres d’esprit sont riches en foi et dans les autres vertus. Pauperes in hoc saeculo divites in fide ; affatim dives est qui cum Christo pauper est : celui-là est abondamment riche qui est pauvre d’esprit avec Jésus-Christ, dit saint Jérôme. Le vrai pauvre d’esprit a la possession de Dieu même dans son cœur.
L’article Sermons sur Job
03. Job invincible avec le Saint-Esprit est apparu en premier sur Abbé Pivert.
Dans ce sermon de Pentecôte, je vous invite à être fidèles au Saint-Esprit. Je vous explique comment reconnaître ses inspirations dans la vie quotidienne, et comment, à la suite de la Très Sainte Vierge, participer à la mission du Saint-Esprit : la sanctification de nos âmes et du monde.
1. Durant tout le temps après la Pentecôte, l’Église va nous faire progresser avec le Saint-Esprit qui va nous inspirer. Qu’est-ce qu’une inspiration du Saint-Esprit ?
2. Notre implication dans la mission du Saint-Esprit dans le monde.
En nous laissant former par la Très Sainte Vierge.
Télécharger le seermon
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
Mes bien chers Frères,
En cette fête de la Pentecôte, je vais évidemment vous parler du Saint-Esprit, et vous encourager à vous laisser guider par le Saint-Esprit.
La doctrine du Saint-Esprit est très riche. On pourrait parler du Saint-Esprit dans la Sainte Trinité, des rapports du Saint-Esprit avec le Père et le Fils, mais je vous parlerai aujourd’hui de la mission du Saint-Esprit dans nos âmes et dans le monde. C’est un sujet d’importance puisqu’il va nous occuper depuis cette fête de la Pentecôte jusqu’au dernier dimanche après la Pentecôte.
Nous avons donc la moitié de l’année liturgique durant laquelle nous allons être occupés à faire fructifier tout ce que le Saint-Esprit nous donne et nous apporte. On peut résumer la mission du Saint-Esprit en un mot : sanctifier.
Le Saint-Esprit a été envoyé dans le monde pour sanctifier les fidèles et pour sanctifier le monde à travers les fidèles, selon le modèle de Jésus-Christ. Et donc, mon sermon sera en deux parties : premièrement, la sanctification de nos âmes, deuxièmement la sanctification du monde à travers l’Église par les chrétiens.
Il faut que nous soyons bien persuadés que notre vie est essentiellement la vie du Saint-Esprit en nous. De même que l’âme fait vivre le corps, ainsi le Saint-Esprit fait vivre notre âme. Notre vie est essentiellement intérieure. Tout ce qui est extérieur est au service de notre vie intérieure, c’est-à-dire au service de notre vie avec le Saint-Esprit.
Le Saint-Esprit descend en nous pour nous ramener à lui au sein de la Très Sainte Trinité pour vivre dans la sainte société du Père et du Fils avec lui le Saint-Esprit.
La doctrine du Saint-Esprit est particulièrement importante aujourd’hui, puisque Dieu permet les épreuves pour purifier et pour élever notre vie chrétienne. La grande gloire de Dieu dans les épreuves de l’Église, et notamment les épreuves des derniers temps, ce sera celle que lui apporteront ceux qui seront en tout fidèles au Saint-Esprit, détachés de toute référence au monde et de toute attache au monde, et n’ayant pour seule référence que le Saint-Esprit et ses inspirations.
Bien sûr, cela se fait par la Sainte Vierge et voilà pourquoi les apôtres des derniers temps seront des grands dévots de Marie parce qu’il n’y a pas moyen d’aller au Saint-Esprit que par Marie.
Quelle est la condition pour vivre du Saint-Esprit ? Il y en a une, donnée par saint Paul qui, pratiquement, est suffisante. Saint Paul nous dit « Ne contristez pas l’Esprit de Dieu qui est en vous. » (Eph. 4, 30)
En effet, le jour du baptême, c’est le Saint-Esprit qui est venu en nous le premier, et nous n’avons fait que répondre à sa venue, et le Saint-Esprit continue à être actif tout au long de notre vie pour nous faire progresser. Comme tout ce qui est bon vient de Dieu et non pas de nous, il s’ensuit que la condition que Dieu nous pose, c’est d’être fidèles au Saint-Esprit, et si nous sommes fidèles au Saint-Esprit alors nous méritons que le Saint-Esprit poursuive son œuvre en nous, et continue à développer ses dons en nous.
Notre Seigneur dans l’Évangile dit la même chose bien entendu « Celui qui garde mes commandements, mon Père l’aimera et nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure. » La demeure de Dieu dans l’âme, c’est évidemment la demeure du Saint-Esprit, car c’est au Saint-Esprit qu’on attribue toute œuvre de vivification.
C’est terrible, mes bien chers Frères, lorsqu’on ne fait pas attention à ne pas contrister le Saint-Esprit. Le contrister gravement par le péché mortel, cela entraîne de le perdre. Mais le contrister sans aller jusqu’au péché mortel, cela entraîne de ne plus être guidé par lui, de ne plus entendre ses inspirations.
Vous me direz : mais qui nous garantit que les inspirations viennent bien du Saint-Esprit, et que ce ne sont pas, en réalité, des inspirations que nous nous sommes suggérés à nous-mêmes, de l’auto-persuasion ? Ce qui nous le garantit, c’est de ne pas contrister le Saint-Esprit. Plus nous sommes attentifs à ne pas contrister le Saint-Esprit, et plus ses inspirations seront reconnues, et moins nous risquerons de les mélanger à des inspirations personnelles qui viendraient tout fausser.
Cela suppose une très grande délicatesse de conscience, un soin à aimer Dieu par-dessus toute chose, et à ne jamais nous souiller avec les choses du monde. C’est d’autant plus important, aujourd’hui, que nous n’avons plus l’aide de la hiérarchie de l’Église, des prêtres ; que nous avons peu de bons amis ; que les bons amis se sont souvent transformés, comme pour Job, en des persécuteurs, voire même des persécuteurs dangereux.
On pourrait dire qu’aujourd’hui nous sommes seuls pour diriger notre vie, seuls face au monde entier, mais en réalité nous ne sommes pas seuls puisque nous sommes guidés par le Saint-Esprit à condition, bien sûr, de ne pas le contrister.
Il y a une deuxième condition bien entendu, c’est la prière. Mais ce que nous devons demander dans notre prière, ce n’est pas tellement que le Saint-Esprit vienne en nous, parce que cela il le veut, nous devons lui demander d’être fidèles. Nous devons lui demander de bien nous disposer à sa venue par l’exercice des vertus, et nous devons lui demander que si, par malheur, nous lui avons été infidèles, il veuille bien nous convertir et ne pas permettre que nous soyons séparés de lui.
Cette prière est essentielle, parce que, sans elle, il ne peut pas y avoir de bonnes dispositions. C’est elle qui les donne, et Dieu a subordonné ses dons à notre prière, d’où l’importance de la prière du rosaire à la Très Sainte Vierge, qui a été couverte de l’ombre du Saint-Esprit pour l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ
Quant à ceux qui affirment que viennent du Saint-Esprit des inspirations qui leur sont propres, c’est-à-dire des opinions tout à fait personnelles, eux ne se rendent peut-être pas compte qu’ils trichent, mais les bons peuvent les juger, les bons savent ce qui vient du Saint-Esprit et ce qui ne vient pas.
Vous me direz : les bons le savent et peuvent en juger, mais ils ne peuvent pas empêcher cela. Effectivement, ils ne peuvent pas toujours empêcher cela. Ils ne peuvent pas empêcher toujours les conséquences de ces mauvais choix de ceux qui se disent inspirés du Saint-Esprit et qui ne le sont pas.
Il faut affirmer alors, que le Bon Dieu permet cela pour leurs progrès dans la vertu, pour la confusion des mauvais plus tard lorsque Dieu se montrera à eux tel qu’il est, et leur montrera qu’ils ont triché.
L’Église a toujours été dans la lutte. Il y a la lutte grossière de ceux qui négligent la loi de Dieu pour s’opposer à l’Église. Il y a la lutte plus dangereuse et plus élevée de ceux qui veulent modifier la loi de Dieu, et puis il y a la lutte de ceux qui se prennent eux-mêmes pour le Saint-Esprit. C’est le concile Vatican II : l’homme qui prend la place de Dieu, l’homme qui affirme que tout ce qu’il veut, tout ce qu’il pense, tout ce qu’il fait, puisqu’il est un bon chrétien pense-t-il, nécessairement vient de Dieu.
Non seulement, on ne peut pas empêcher que des chrétiens trichent avec le Saint-Esprit, mais on ne peut même pas empêcher que ces mauvais chrétiens nous condamnent, soi-disant au nom du Saint-Esprit.
Sainte Athanase fut exilé, condamné, excommunié par ceux qui affirmaient suivre le Saint-Esprit.
Saint Hilaire de Poitiers, de même. Et on pourrait faire une longue liste, le dernier étant Mgr Lefebvre qui fut condamné par des modernistes prétendument au nom du Saint-Esprit, au nom de la nouvelle doctrine présentée par le concile Vatican II comme venant du Saint-Esprit, mais en réalité inventée de toute pièce pour faire la révolution dans l’Église.
Que cela ne vous trouble pas, mes bien chers Frères. Nous sommes ici-bas dans l’Église militante, le triomphe ne sera qu’au ciel, et c’est un grand danger de vouloir la paix ici-bas alors que la vie de l’homme sur la terre n’est qu’une milice : affirmation de Job.
Que cela ne vous trouble pas et que cela ne vous pousse pas à abandonner le Saint-Esprit en raison de doutes que vous auriez ou de méfiance que vous auriez envers vous-mêmes. Le Saint-Esprit sait toujours se faire reconnaître, il signe ses interventions, il signe ses inspirations. Nous savons lorsqu’elles sont de Dieu ou lorsqu’elles ne le sont pas.
Que d’autres prétendent tricher, il n’empêche que, nous, lorsque nous sommes inspirés du Saint-Esprit, nous savons que cela vient du Saint-Esprit d’où, comme je vous le disais, le soin jaloux que nous devons mettre à ne jamais le contrister.
Nous ne sommes pas, mes bien chers Frères, des poissons dans un bocal. Les poissons ne font pas le bocal. Au contraire, les loups font une meute, et les abeilles une ruche, et les chrétiens font une chrétienté, c’est-à-dire qu’ils sanctifient le monde à travers l’Église par le Saint-Esprit.
Tout chrétien a une mission dans le monde : Dieu dit à Adam et Eve « Croissez, multipliez-vous et dominez la terre. » Ce n’est évidemment pas seulement au sens matériel, c’est-à-dire d’avoir des enfants nombreux. C’est évidemment principalement au sens spirituel, car nos œuvres sont nos vrais enfants.
Pourquoi y a-t-il un sacrement spécial, la confirmation, qui nous est donné pour faire de nous des adultes accomplis ? Après le sacrement du baptême qui fait de nous des enfants de Dieu, vient le sacrement de Confirmation qui fait de nous des hommes accomplis, des adultes, parce que l’homme ne se contente pas de se diriger soi-même, il dirige les autres.
Je lisais dans saint Grégoire le Grand, dans un commentaire sur Job, que les jeunes vivent facilement dans la volupté, et qu’il appartient aux adultes de contraindre cette volupté par la règle. Personne ne pourra dire le contraire. Et c’est vrai non seulement pour les jeunes, mais également entre adultes. Nous avons une destinée commune, et personne ne va seul au ciel, comme personne ne va seul en enfer, en raison de la solidarité, ou pour mieux dire, de la charité, de l’amitié qui doit unir tous les hommes.
Je viens de lire un livre L’amitié dans la politique qui montre qu’en chrétienté, on ne conçoit pas la vie politique autrement que comme une amitié, comme l’exercice d’une amitié. Cette amitié n’est évidemment pas seulement un mot, elle n’est pas seulement dans la sensibilité, elle n’est pas une amitié pour faire la fête, elle n’est pas une amitié seulement pour se réjouir, elle est une amitié pour progresser dans la vertu tous ensemble.
Il ne suffit pas d’avoir la foi, mes bien chers Frères. Saint Jacques dans son Épître dit que la foi sans les œuvres est morte. Eh bien, il en va des épreuves de l’Église aujourd’hui comme de celles de chacun d’entre nous, elles sont toutes voulues par Dieu pour sa plus grande gloire à travers nos œuvres.
« À la fin mon Cœur immaculé triomphera » dit la Très Sainte Vierge. Triomphera, pourquoi ? Parce qu’il y aura une lutte. Il ne peut pas y avoir triomphe s’il n’y a pas eu lutte. Et c’est en raison de cette lutte commune que nous avons reçu la Confirmation par laquelle le Saint-Esprit se rend de nouveau plus présent à nous qu’il ne l’était par le baptême, et qu’il vient plus fortement de façon plus présente avec la surabondance de ses dons.
Concrètement, comment cela se fait-il ? Par les œuvres de miséricorde qui sont le fruit de la charité, le fruit de l’amitié, et c’est pourquoi nous serons jugés sur les œuvres de miséricorde.
« Venez à ma droite les bénis de mon Père… parce que j’ai eu faim, j’ai eu soif, etc. et que vous m’avez secouru » ce qui, évidemment, est à prendre au sens corporel, mais surtout au sens spirituel. Et dans les œuvres de miséricorde, saint Thomas d’Aquin en développe une, particulièrement, qui est la correction fraternelle. Il dit : corriger un inférieur, c’est une œuvre de justice ; corriger un supérieur, c’est une œuvre de charité. Et il explique que cette correction fraternelle est particulièrement obligatoire, parce que vous savez, mes bien chers Frères, qu’il n’y a pas que la justice qui rend les choses obligatoires, la charité également et elle les rend encore plus obligatoires que la justice : je suis tenu de rendre l’argent que j’ai emprunté, je suis encore plus tenu de secourir le malheureux dans sa détresse. Et donc saint Thomas nous dit que la correction fraternelle est particulièrement obligatoire envers les supérieurs donc, lorsque la foi est en danger parce que cela rejaillit sur toute l’Église, et que notre correction va rejaillir sur toute l’Église.
Corriger, ce n’est pas être dur. On croit souvent que toute correction est presque une punition, ou une sévérité. Non, corriger, veut dire « rendre droit » et cela doit se faire avec une grande charité.
Et puisque nous ne pouvons pas corriger tous les pécheurs, supplions Dieu d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.
Prions Dieu pour les vocations.
Demandons à Dieu de bons nombreux saints évêques
Demandons à Dieu de nombreux bons saints prêtres.
Demandons à Dieu de nombreux bons saints pères et mères de famille.
Je terminerai par une dernière considération.
Cette fidélité au Saint-Esprit nous mène nécessairement à la croix, nous mène nécessairement au sacrifice, car la grande œuvre du Saint-Esprit a été le sacrifice de Notre Seigneur sur la croix, et si par fidélité au Saint-Esprit, il faut souffrir, souffrir en silence, souffrir seuls, souffrir abandonnés peut-être, c’est encore une manière pour nous de servir l’Église, de servir Dieu comme Notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix a servi Dieu et a sauvé l’Église.
C’est pourquoi, le Saint-Esprit se manifeste particulièrement chez les martyrs comme esprit de vérité et comme esprit de force.
Tout au long du temps après la Pentecôte, l’Église nous fera gravir les marches des diverses vertus par lesquelles nous devenons de plus en plus fidèles au Saint-Esprit, mais dès maintenant supplions la Très Sainte Vierge et par le Rosaire demandons-lui la fidélité au Saint-Esprit qui la couvrit de son ombre pour l’Incarnation de Jésus, le Fils de Dieu, le Verbe éternel.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
Lecture recommandée : Les dons du Saint Esprit, par Dom Guéranger dans notre Bibliothèque spirituelle et doctrinale.
Vous pouvez écouter un sermon de Mgr Lefebvre La Vierge Marie et l’Esprit Saint 1989
L’article Sermon de Pentecôte
Soyons fidèles au Saint-Esprit est apparu en premier sur Abbé Pivert.
Mes bien chers Frères,
Très pris par un stage des jeunes Amis du Sacré Coeur, je n’ai pu étudier pour vous donner un sermon correct. Voici en guise de sermon une conférence spirituelle de Mgr Lefebvre sur le Christ dans la Sainte Trinité ce qui convient bien en ce temps de l’Ascension.
Que Dieu vous bénisse par Marie !
Télécharger" rel="nofollow" class="ddownload-button button-black id-18687 ext-mp3"> Télécharger
Nous continuons donc notre étude sur Notre-Seigneur, Notre-Seigneur dans sa divinité, et donc dans ses relations dans la Trinité Sainte. Je crois que cette méditation, si je puis dire, de ces considérations, je l’espère, vous aide à mieux comprendre ce qu’est Notre-Seigneur pour nous, et doit nous aider à mieux comprendre ce qu’est l’œuvre de Notre-Seigneur et, en même temps, la grandeur, la sublimité de Notre-Seigneur afin que nous nous attachions toujours davantage à Lui, que nous Le suivions, que nous nous abandonnions pleinement à Lui, afin que notre vie soit vraiment une vie chrétienne, une vie attachée à Notre-Seigneur Jésus-Christ, une vie Il le demande Lui-même dans l’Evangile. Il dit qu’il faut qu’Il vive en nous, et que nous nous vivions en Lui.
Si nous voulons apprécier, je dirais, ce qu’est Notre-Seigneur, il nous faut donc considérer tous les aspects sous lesquels Notre-Seigneur se présente à nous, et en particulier alors, dans la très Sainte Trinité.
Comment l’Evangile peut-il nous aider à mieux comprendre ce qu’est Notre-Seigneur dans la Trinité Sainte ? Et bien je pense qu’un des passages les plus significatifs, c’est celui de la première épître de Saint Jean, lorsque Saint Jean nous parle de la charité, dans son ch.IV, verset 12ème :
Personne n’a jamais vu Dieu. Mais si nous nous aimons les uns, les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. Nous connaissons que nous demeurons en lui et qu’il demeure en nous, en ce qu’il nous donne de son Esprit.
Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père nous a envoyé le Fils comme Sauveur du monde.
Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.
Rien que cela déjà nous montre la place de Notre-Seigneur donc dans la très Sainte Trinité, et par rapport à nous parce que, par la simple confession de la divinité de Notre-Seigneur, si elle est faite avec une foi véritable évidemment, et bien Dieu demeure en nous, et nous nous demeurons en Dieu.
Nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour, et celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu demeure en lui.
Deus caritas est. Je pense qu’il est bon de méditer un peu ce passage de la Sainte Ecriture, ce passage de l’épître de Saint-Jean. En demandant particulièrement à Saint Thomas ce qu’est la charité. Saint Thomas donne la qualité particulière de la charité, il la définit en ces termes : Caritas est diffusivum sui, c’est-à-dire : de soi, la charité sort de la Personne, voyez, car la charité se donne.
Ce serait contraire à la charité qu’elle se retienne, en quelque sorte, ou qu’elle ait un certain égoïsme. C’est le contraire de l’égoïsme, exactement le contraire ! La charité tend à donner ce qu’elle a, à donner ce qu’elle est. Et bien si, précisément, c’est cela la charité, et que Dieu est charité, alors je dirais, dans une certaine mesure, on comprend mieux que Dieu ait engendré un Fils, et que le Fils et le Père aient engendré l’Esprit-Saint. Puisque Dieu est charité, il est impossible, quasiment impossible, qu’Il ne se donne pas. Et, se donnant, Il se donne de telle manière que le Fils qu’Il engendre est égal à Lui-même. Donc on peut dire que Dieu est vraiment, pleinement charité, puisqu’Il ne retient rien de Lui-même. Il ne retient rien à ce point que Celui qu’Il engendre de toute éternité est égal à Lui-même, égal au Père. Donc on ne peut pas accuser le Père d’égoïsme, de se donner à moitié de se donner un peu, de se donner dans une certaine mesure, non ! Le Père se donne tellement à son Fils qu’Il engendre de toute éternité un Fils égal à Lui, sans aucune différence, sans aucune distinction. La seule distinction, c’est précisément que le Fils vient du Père. Mais le Père lui donnant tout de toute éternité, le Fils est absolument égal au Père. Evidemment c’est un mystère, bien sûr, mais je pense que l’Ecriture elle-même nous invite à étudier ce qu’est la charité puisqu’elle définit Dieu : charité ; et que le propre de la charité, c’est précisément de se donner.
Et alors il serait anormal aussi, d’une certaine manière, que le Fils étant Lui aussi charité – puisque Dieu est Charité et le Fils est Dieu, donc Il doit avoir aussi en lui la charité – que de Lui ne procède rien, et donc, je dirais, qu’Il ne se donne pas Lui-même ! Donc, si le Père était charité, et que si aucune autre Personne ne procédait du Fils, on pourrait dire : – Oui, le Père est charitable, mais le Fils ne l’est pas. Le Fils n’est pas vraiment charité, comme le dit l’Evangile ! Puisque Dieu est charité, donc le Fils est aussi charité.
Et du Fils précisément, procède Celui qui représente l’Amour du Père et du Fils entre eux. Cela produit une troisième Personne qui est le Saint-Esprit, l’exemple le plus parfait de la charité entre le Père et le Fils. Et là aussi, l’Esprit-Saint est égal au Père et au Fils. Cette troisième Personne qui procède des deux autres est égale au Père et au Fils. Donc, on peut vraiment concevoir qu’il y a là l’expression, à l’intérieur de la Sainte Trinité, de la charité la plus parfaite que l’on puisse imaginer.
Et cette considération, encore une fois, se base sur l’Evangile lui-même, et sur la simple notion de ce qu’est la charité et nous explique aussi que la mission qui est donnée à Notre-Seigneur, la mission qui est donnée également au Saint-Esprit est une mission de charité. Ça ne peut pas être autre chose. Si Dieu est charité, que peut-Il faire d’autre que de diffuser la charité qui est en Lui. Non seulement à l’intérieur même de la Trinité, dans les opérations ad intra, mais aussi dans les opérations ad extra, qui sont toute la Création, toute la Rédemption, enfin tout ce que Dieu a donné à ses créatures. Ça ne peut être que l’expression de la charité. Il est donc impossible, inconcevable, que la Création ne soit pas une œuvre de charité, et que les créatures que le Bon Dieu a créées, et surtout les créatures spirituelles qui sont créées à son image, ne soient pas créées aussi dans cette définition, je dirais, dans cette réalité de la charité.
Donc si nous voulons vraiment ressembler à la très Sainte Trinité, si nous voulons être le plus proche de la Sainte Trinité, c’est dans la mesure où nous serons charitables, dans la mesure où nous serons charité nous aussi, où nous pouvons nous définir charité, que nous serons davantage à Dieu. C’est évident, c’est simple, et c’est tout un programme ! Et c’est pourquoi, notre loi, notre loi fondamentale, notre loi essentielle, est une loi de charité. C’est la loi que le Bon Dieu a inscrite dans nos cœurs, a inscrite dans notre nature, c’est une loi de charité. C’est bien ce qu’a dit Notre-Seigneur. Tous les commandements se résument en deux commandements : aimer Dieu, aimer son prochain. C’est cela la charité. Dans la mesure où nous accomplissons cette loi de charité qui est en nous, nous sommes vraiment à l’image de la Sainte Trinité qui est vraiment charité.
C’est d’ailleurs Notre-Seigneur Lui-même, dans sa prière sacerdotale, qui est une prière admirable, qu’il est bon de relire souvent, la prière sacerdotale de Notre-Seigneur lorsqu’Il était seul avec ses apôtres, où Il a manifesté, je dirais encore, sa charité avant de la manifesté de manière beaucoup plus concrète par son immolation sur la croix. Et bien, Il l’a manifesté par ses paroles en s’adressant d’abord à son Père. C’est au ch.XVII de Saint Jean :
Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils afin que votre Fils vous glorifie puisque vous lui avez donné autorité sur toute chair, afin qu’à tous ceux que vous lui avez donnés, il donne la vie éternelle.
Voilà, c’est à la fin de sa prière sacerdotale, qu’Il dit à ses apôtres :
Père juste, le monde ne vous a pas connu, mais moi je vous ai connu et ceux-ci (les apôtres) ont connu que c’est vous qui m’avez envoyé. Je leur ai fait connaître votre Nom et je le leur ferai connaître afin que l’amour dont vous m’avez aimé soit en eux et que je sois, moi aussi, en eux.
« Afin que l’amour dont vous m’avez aimé », donc cet amour éternel qui engendre le Fils Lui-même, qui est cet amour du Père, qui est la cause même, je dirais, du Fils, si on peut parler ainsi… et bien, « que cet amour dont vous m’avez aimé soit en eux et que je sois, moi aussi, en eux ». Donc, voyez, c’est donc bien le but même de cet amour que Notre-Seigneur a pour nous, c’est de nous rendre charité. C’est dans la mesure où nous observerons ces commandements, dit Notre-Seigneur, Il le dit encore dans Saint Jean, donc ces commandements d’amour, ces commandements de charité, que nous serons en Lui et que Lui sera en nous.
Et que Lui sera en nous… Qu’est-ce que cela veut dire ? Il l’explique Lui-même : lorsqu’Il envoie son Esprit-Saint : – Je ne vous laisserai pas orphelins et je viendrai en vous – donc Il s’identifie en quelque sorte, c’est son Esprit qui viendra en nous, son Esprit de charité qu’Il nous enverra ; et par le fait même, étant donné la consubstantialité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est pourquoi Notre-Seigneur répète toujours : – Le Père et moi, nous viendrons en vous. Et puis ensuite, quand Il parle du Saint-Esprit : – Je viendrai en vous lorsque je vous enverrai mon Esprit. Donc c’est vraiment l’habitation de la Sainte Trinité en nous, qui réalise cette œuvre de charité qu’est Dieu Lui-même, qui ne peut, en quelque sorte, pas faire autre chose que de nous donner la charité.
Et donc voilà un petit aperçu – dans la mesure où l’on peut avoir un aperçu de la Sainte Trinité – de la place de Notre-Seigneur dans la très Sainte Trinité, et aussi de la mission qui Lui sera donnée.
La théologie catholique entend par « mission » lorsqu’elle parle des Personnes divines, dit Mgr Gaume dans son Traité du Saint-Esprit :
Lorsqu’elle parle des Personnes divines, la théologie catholique entend par mission, la destination éternelle d’une Personne de la Trinité à l’accomplissement d’une œuvre du temps, destination qui lui est donnée par la Personne de qui elle procède.
De toute éternité il était décidé que le Verbe se ferait homme et viendrait dans le monde pour le sauver. Voilà sa mission.
De toute éternité il était décidé que le Saint-Esprit viendrait dans le monde pour le sanctifier. Voilà sa mission.
Ainsi, dans les Personnes divines, il y a autant de Personnes divines qu’il y a de processions. Le Père n’a pas de mission parce qu’il ne procède de personne ; le Fils reçoit sa mission du Père seul parce qu’il ne procède que de lui ; le Saint-Esprit reçoit sa mission du Père et du Fils parce qu’il procède de l’un et de l’autre.
Et, en effet, ces paroles se retrouvent nettement dans la Sainte Ecriture. C’est exactement cela.
Ecoutons Saint Augustin :
Le Fils est envoyé par le Père parce qu’il a apparu dans la chair, et non le Père. Nous voyons aussi que le Saint-Esprit a été envoyé par le Fils parce qu’il dit dans Saint Jean : « Lorsque je m’en irai, je vous l’enverrai ». Et par le Père : « Le Père vous l’enverra en mon nom » dit Notre-Seigneur. Par là on voit clairement que le Père sans le Fils, ni le Fils sans le Père, n’a envoyé le Saint-Esprit. Mais il a reçu sa mission de l’un et de l’autre. Et du Père seul, on ne dit nulle part qu’il a été envoyé. La raison en est qu’il n’est ni engendré, ni procédant de personne.
Toutefois dans la Trinité, la mission n’implique aucune infériorité dans celui qui la reçoit, relativement à celui qui la donne.
Pour nous, c’est difficile de comprendre cela, mais ça n’implique aucune infériorité.
Dans le dogme catholique, le Père n’est point supérieur au Fils, et le Fils n’est point inférieur au Père. Le Fils est envoyé par celui qui l’engendre, et le Père envoie celui à qui il communique l’être.
Aussi est-il facile de comprendre qu’on puisse dire que le Fils a été envoyé, non parce que le Verbe s’est fait chair, mais pour qu’il se fît chair, et, qu’en prenant la nature, il accomplît les oracles de l’Ecriture. Dans ce sens, le Fils de Dieu n’est pas seulement envoyé comme homme de Verbe, mais est envoyé pour se faire homme.
Il y a deux sortes de mission pour le Fils et pour le Saint-Esprit : l’une visible et l’autre invisible.
Pour le Fils, la mission visible fut l’Incarnation ; pour le Saint-Esprit, son apparition au baptême de Notre-Seigneur, sur le Thabor et le jour de la Pentecôte.
Pour le Fils, la mission invisible a lieu toutes les fois qu’il vient, Sagesse infinie, Lumière surnaturelle, se communiquer à l’âme bien préparée dans laquelle il habite comme dans son temple ; pour le Saint-Esprit, la mission invisible se renouvelle chaque fois qu’il vient, Amour infini, Charité surnaturelle, se communiquer à l’âme bien préparée dans laquelle il habite comme dans son sanctuaire.
Le but de cette double mission est d’assimiler l’âme à la Personne divine qui lui est envoyée. O homme, si tu comprenais le Don de Dieu !
Dans la pensée divine, cette mission n’est pas transitoire, mais permanente. Elle l’est en effet tant que l’homme n’y met pas fin par le péché mortel. Elle n’apporte pas seulement à l’âme des lumières du Fils et les dons du Saint-Esprit, mais le Fils et le Saint-Esprit en Personnes viennent habiter en elle.
Je vous recommande ce traité du Père Frogé : L’inhabitation du Saint-Esprit dans les âmes des justes, un livre admirable qui montre comment le Saint-Esprit réalise la sanctification des âmes des justes.
Et cette mission du Fils dans l’Incarnation, et ceci c’est de Mgr Bonsirvin : Les enseignements de Jésus-Christ :
Jamais Jésus ne parle directement de son Incarnation, mais il affirme plusieurs fois qu’il a été envoyé par le Père, qu’il est venu, ou sorti, d’auprès de Dieu.
Des textes, nous dégageons les idées suivantes : si le Fils a été envoyé par le Père, c’est qu’il était auprès de lui, et qu’il est comme sorti pour venir dans le monde. Ceci est indiqué dans des textes très nets qui déterminent le sens de phrases moins explicites.
Dans Saint Jean, ch.VIII, verset 42ème : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti, et que je suis venu. – « Que je suis sorti, et que je suis venu », donc la mission de Notre-Seigneur est bien indiquée – Non, je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé ».
« C’est le Père qui m’a envoyé », et en effet la mission correspond justement à la génération du Père. Donc ce n’est pas le Fils Lui-même qui s’est envoyé, d’une certaine manière, mais le Père qui l’a envoyé. Cependant l’œuvre générale, si on peut dire, de l’Incarnation, de la Rédemption, est aussi accomplie par Dieu, et donc les trois Personnes y participent. Il n’y a jamais des œuvres qui soient absolument et complètement indépendantes, mais tout de même on peut faire une appropriation dans cette mission.
Et encore, dans Saint Jean, au ch.XVI, verset 27ème : « Vous m’avez aimé, dit-il à ses disciples et vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père et suis venu dans le monde. Et maintenant je quitte le monde et retourne vers le Père ».
Nous parlions hier de la mission du Fils, de la mission du Saint-Esprit, et nous citions quelques textes qui indiquent cette mission de la part du Père qui envoie son Fils.
Si le Fils a été envoyé par le Père, je vous disais, c’est qu’il était auparavant auprès de Lui et qu’Il en est comme sorti pour venir dans le monde. Il a donc conscience d’une préexistence auprès de Dieu. Je vous citais quelques textes. C’est surtout Saint Jean qui nous parle de cette mission, de cette génération. C’est vraiment l’Evangéliste qui a pénétré, on peut dire, le plus dans l’intime de la très Sainte Trinité. Il a eu des lumières extraordinaires pour nous révéler vraiment la Trinité.
Dans Saint Jean, au ch.XVII, verset 8ème :
Ils ont reconnu véritablement que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’a envoyé.
Au ch.XVIII, verset 37ème :
Moi, c’est pour cela que je suis né et que je suis venu au monde, afin de rendre témoignage à la Vérité.
Et puis au ch.VII, verset 33ème :
Pour un peu de temps encore je suis avec vous, puis je m’en vais vers celui qui m’a envoyé.
Enfin, au ch.X, verset 36ème :
Celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites qu’il blasphème parce je dis : « Je suis le Fils de Dieu ».
Quand on réunit ainsi les différents passages de la Sainte Ecriture concernant cette origine divine de Notre-Seigneur, on est quand même frappés de voir cette constance avec laquelle Notre-Seigneur affirme qu’Il vient du Père, qu’Il est envoyé par le Père, et donc qu’Il vit avec le Père. Ces textes pourraient laisser l’impression que par la mission, le Père s’est séparé du Fils ; Il l’a envoyé, donc en quelque sorte, Il s’est séparé de Lui. Mais c’est notre imagination là encore qui travaille et nous devons réformer cette pensée et c’est Notre-Seigneur qui nous le dit, dans Saint Jean encore, ch.VIII, verset 16ème :
Si je juge, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul, mais moi et mon Père qui m’a envoyé.
Il a trois textes comme cela dans lesquels il montre qu’Il n’est pas seul, qu’Il est toujours avec son Père. Au ch.VIII encore de Saint Jean, verset 29ème :
Celui qui m’a envoyé est avec moi. – Voyez, c’est très clair – Il ne m’a jamais laissé seul parce que je fais toujours son bon plaisir.
Il ne peut pas le laisser seul parce qu’encore une fois, cette union consubstantielle des trois Personnes divines, fait qu’Elles sont toujours ensemble, qu’Elles ne peuvent pas se séparer. Impossible d’imaginer que le Saint-Esprit se sépare du Père et du Fils, que le Fils se sépare du Père. C’est impossible. Il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y en a pas trois.
Et un troisième texte, au ch.XVI, verset 32ème :
Voici l’heure, et nous y sommes, où vous vous disperserez chacun de son côté, me laissant tout seul. Mais je ne suis pas seul, car mon Père est avec moi.
Ces quelques phrases sont quand même très suggestives, n’est-ce pas, parce qu’enfin nous devons croire et affirmer que notre bonheur dans le ciel ce ne sera pas autre chose que de contempler la très Sainte Trinité dans la mesure où nous pourrons la connaître par la lumière de gloire que Notre-Seigneur nous donnera, par l’union avec la grâce sanctifiante de Notre-Seigneur, et bien nous participerons dans une certaine mesure à cette lumière de gloire qui fait que nous pourrons pénétrer, en quelque sorte, dans le sein de la très Sainte Trinité, et voir et contempler cette Charité infinie. C’est sûr que nous ne pourrons pas comprendre dans le sens même de comprendre, c’est-à-dire épuiser toute la nature de Dieu. C’est impossible, nous n’avons pas les moyens. Pas même la lumière de gloire ne pourra faire épuiser toutes les richesses qu’il y a en Dieu, parce qu’alors nous serions Dieu. Mais nous connaîtrons Dieu, c’est bien ce que dit aussi l’Evangile, c’est ce que dit la Sainte Ecriture, comme Il se connaît Lui-même. Ça ne veut pas dire dans la mesure où Il se connaît Lui-même, mais de la même manière où Il se connaît Lui-même. Par cette lumière de gloire, mais évidemment dans une bien faible mesure, c’est évident. Et puis encore, nous le savons par ce texte de Saint Paul : – Stella differt in claritate. Il donne comme exemple : une étoile diffère d’une autre étoile dans la luminosité, dans sa clarté. Et bien c’est la même chose pour les élus du ciel : les élus du ciel vont différer dans l’abondance de cette lumière de gloire, et donc différeront les uns des autres dans la connaissance de Dieu.
Mais quand nous pensons que toute la création, qui pour nous nous paraît un monde presque infini… Enfin, déjà la terre c’est quelque chose d’immense. Et puis ensuite, si on quitte la terre et si on survole tous les astres et tout ce monde inconnu qui nous entoure… Quand on pense que rien n’a changé pour Dieu. Toute cette création n’a rien changé pour Dieu. Ça n’a rien ajouté à Dieu, rien. Evidemment c’est un grand mystère que la création ! Ça a changé quelque chose pour nous, ça n’a rien changé pour Dieu ! Alors, Dieu est donc capable de faire des mondes comme ça infiniment, dans une mesure infinie… C’est impossible pour nous de nous faire une idée de ce qu’est Dieu véritablement. Enfin, nous ne devons pas avoir peur de nous fatiguer un jour d’être dans la présence de Dieu !… C’est encore notre imagination qui travaille, là, et qui nous trompe, n’est-ce pas !
Ce que nous savons par la révélation justement, et c’est qui est extraordinaire, c’est que nous ayons pu connaître qu’il y a trois Personnes en Dieu ! Dieu, si vous voulez, est seul comme Dieu, Il n’est pas seul comme Personne, qu’il y a trois Personnes en Dieu. Donc Dieu aime quelqu’un dans toute la mesure où Il peut l’aimer, beaucoup plus qu’Il peut nous aimer nous qui sommes des êtes limités, et en aimant, Il crée une Personne semblable à Lui. C’est une chose extraordinaire !
Et on comprend mieux même, pourquoi aussi toute la Création, qui est un effet de son Amour, un effet de l’Amour de Dieu, qui est une mission, ça se comprend bien au moins, ça. On comprend mieux aussi la mission avec laquelle est envoyé Notre-Seigneur, qui est un effet de l’Amour de Dieu pour nous, mission dont la première a été en quelque sorte la Création par laquelle tout a été fait. C’est par Notre-Seigneur, par le Verbe, que tout a été créé, non seulement par Lui mais par l’Esprit-Saint aussi, mais enfin particulièrement par le Verbe par qui tout a été fait, donc la mission de Dieu, cette mission de charité fait que Dieu a créé le monde.
Et en même temps, nous, chacun d’entre nous, nous sommes envoyés aussi. Par le fait que nous sommes créés, nous avons une mission. Cette mission n’est ni plus ni moins, je dirais, qu’une partie de la mission du Verbe, infinitésimale évidemment, nous sommes tellement peu de chose par rapport au Verbe ! Mais enfin, c’est tout de même par le fait que nous sommes conscients, que nous avons une âme, et bien nous avons une mission consciente à remplir, une mission de charité. C’est la même chose, c’est le même mouvement de charité qui envoie Notre-Seigneur et qui envoie toutes les créatures, les créatures matérielles inconsciemment, les créatures spirituelles consciemment. Nous sommes conscients de l’amour de Dieu qui réside en nous par Dieu, par la création que le Bon Dieu a faite de nous, et vers laquelle nous devons marcher, la réalisation de notre vocation. C’est notre mission, chacun a sa mission ici sur terre. Si tous les hommes seulement comprenaient qu’ils ont une mission à remplir ! C’est une chose admirable de penser que le Bon Dieu nous a créés, âmes intelligentes, volontaires, conscientes de cette mission que nous avons à remplir sur la terre, même si c’est une toute petite mission, insignifiante, qui paraît même aux yeux des hommes insignifiante, c’est quand même une mission. Une mission qui a été voulue de toute éternité par Dieu, dans la Personne du Verbe, et dans l’union Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est une chose admirable !
L’article En guise de sermon : Le Christ dans la Trinité par Mgr Lefebvre est apparu en premier sur Abbé Pivert.
Mes bien chers Frères,
En cette fête de l’Ascension, nous désirons tous aller au Ciel. Le psaume 23 nous décrit le triomphe du Christ et de ceux qui l’accompagnent et il nous donne la « recette » pour cela. C’est celle de Job dont l’Esprit Saint nous dit qu’il était simple et droit, craignant Dieu et fuyant le mal.
Puissions-nous tous vivre selon ces recommandations pour nous retrouver tous au Ciel avec ceux que nous aurons entraînés avec nous.
Pour cela, récitons le Rosaire.
Télécharger" rel="nofollow" class="ddownload-button button-black id-18669 ext-mp3"> Télécharger
Qui montera sur la montagne du Seigneur ? * ou qui se tiendra dans Son lieu saint ?
Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, * qui n’a pas livré son âme à la vanité, ni fait à son prochain un serment trompeur.
Celui-là recevra la bénédiction du Seigneur, * et la miséricorde de Dieu, son Sauveur.
Telle est la race de ceux qui Le cherchent, * de ceux qui cherchent la face du Dieu de Jacob.
Il est en effet des gens qui sont tellement simples qu’ils ignorent ce qui est droit ; mais ne s’élevant pas jusqu’à la vertu de droiture, ils délaissent la candeur de la vraie simplicité ; ignorant la prudence qu’impliqué la droiture, ils se rendent incapables de persévérer dans l’innocence de leur simplicité. Aussi saint Paul exhorte-t-il ses disciples : « Je veux que vous soyez ingénieux pour le bien, ingénus pour le mal », et : « Ne soyez pas des enfants pour ce qui est du jugement, mais pour la malice, soyez comme de petits enfants » ; et la Vérité en personne prescrit-elle à ses disciples : « Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes » : c’est dans un même précepte que les deux vertus sont jointes comme nécessaires : la prudence du serpent doit guider la simplicité de la colombe ; et à son tour, la simplicité de la colombe modérer la prudence du serpent. Le Saint-Esprit s’est manifesté aux hommes non seulement sous forme de colombe, mais aussi de feu signifiant la simplicité par la colombe et le zèle par le feu ; il s’est manifesté sous ces deux aspects, parce que ceux qui sont remplis de lui, gardent une douceur empreinte de bonhomie, tout en s’enflammant du zèle de la justice contre les fautes des coupables.
Quiconque aspire à l’éternelle patrie vit, sans aucun doute, dans la droiture et la simplicité : simple dans ses œuvres, droit dans sa foi ; simple dans le bien qu’il fait ici-bas, droit dans l’élévation de ses sentiments intimes. Il y a en effet des gens qui dans leurs bonnes œuvres manquent de simplicité : ils ne cherchent pas une récompense au dedans, mais des avantages au dehors. Un sage a dit d’eux : « Malheur au pécheur qui marche sur la terre par deux chemins ». Le pécheur marche sur la terre par deux chemins, quand ses actes paraissent être de Dieu, mais que ses intentions sont du monde.
Craindre Dieu, c’est ne rien omettre de tout le bien qu’on doit faire, selon le mot de Salomon : « Celui qui craint Dieu ne néglige rien ». Mais parce qu’il y a des hommes qui font du bien sans pourtant s’interdire le moins du monde certaines mauvaises actions, après avoir dit que Job craignait Dieu, l’Écriture ajoute qu’il s’éloignait du mal, selon qu’il est écrit : « Éloignez-vous du mal et faites le bien ». Nos bonnes actions ne sont pas agréées de Dieu si, à ses yeux, le mal s’y mêle pour les souiller. Aussi Salomon disait : « Celui qui manque à un seul précepte perdra beaucoup de biens », et saint Jacques : « Quiconque observe toute la Loi, mais la viole en un point est responsable de tout », et saint Paul : « Un peu de levain contamine toute la pâte ». C’est donc nous montrer la parfaite pureté du bienheureux Job dans la prospérité que de marquer avec soin son éloignement du mal.
L’article Sermons sur Job
02. La recette de Job pour aller au Ciel est apparu en premier sur Abbé Pivert.
Que ferez-vous pendant le prochain confinement ? Que ferons vos enfants enrôlés loin de vous dans une guerre inique ? Faut-il vous voiler la face ? Dois-je vous entretenir dans un christianisme de bon aloi pour ne pas tenir le rôle ingrat de prophète de malheur ?
Notre Seigneur nous a avertis : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » Et ailleurs « Vous êtes des lys au milieu des épines », « des lumières au milieu des ténèbres ».
C’est pour cela que le Saint-Esprit nous donne l’exemple de Job. Non seulement il fut réduit à gratter ses ulcères sur son fumier, mais ses braves amis se firent ses pires tentateurs tout en croyant bien faire. Comme les libéraux, comme les hommes du monde…
Nous aurons pour guide saint Grégoire le Grand, pape, dont l’ouvrage « Les morales de Job » fut un des plus lus dans la chrétienté.
Télécharger
Histoire de Job, texte de la Bible
Résumé du sermon
Il y avait dans la terre de Hus un homme qui s’appelait Job. Et cet homme était simple et droit ; et il craignait Dieu, et fuyait le mal.
Et il lui naquit sept fils et trois filles.
Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, et cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Et cet homme était grand parmi tous les Orientaux.
Et ses fils allaient les uns chez les autres, et donnaient un festin chacun à leur jour. Et ils envoyaient prier leurs trois sœurs de venir manger et boire avec eux.
Et lorsque ce cercle des jours de festin était achevé, Job envoyait chercher ses enfants, et les purifiait ; et, se levant de grand matin, il offrait des holocaustes pour chacun d’eux. Car il disait : Peut-être mes enfants ont-ils péché, et ont-ils offensé Dieu dans leur cœur. C’est ainsi que Job faisait tous les jours.
Première série d’épreuves
Or les fils de Dieu étant venus un jour se présenter devant le Seigneur, Satan se trouva aussi parmi eux.
Le Seigneur lui dit : D’où viens-tu ? Il Lui répondit : J’ai fait le tour de la terre, et je l’ai parcourue tout entière.
Et le Seigneur lui dit : As-tu considéré Mon serviteur Job, qui n’a point d’égal sur la terre, qui est un homme simple et droit, qui craint Dieu et fuit le mal ?
Satan lui répondit : Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?
N’avez-vous pas protégé de toutes parts sa personne, et sa maison, et tous ses biens ? Vous avez béni les œuvres de ses mains, et ses possessions se sont multipliées sur la terre.
Mais étendez un peu Votre main, et touchez tout ce qui est à lui, et Vous verrez s’il ne Vous maudira pas en face.
Le Seigneur répondit à Satan : Va, tout ce qu’il a est en ton pouvoir ; seulement ne porte pas la main sur lui. Et Satan sortit aussitôt de devant le Seigneur.
Un jour donc que les fils et les filles de Job mangeaient et buvaient dans la maison de leur frère aîné,
un messager vint à Job et lui dit : Les bœufs labouraient, et les ânesses paissaient auprès d’eux, et les Sabéens se sont précipités, ont tout enlevé, et ont passé les serviteurs au fil de l’épée ; et je me suis échappé moi seul pour vous en apporter la nouvelle.
Il parlait encore, lorsqu’un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tombé du ciel sur les brebis et sur les serviteurs, et les a consumés, et je me suis échappé seul pour vous en apporter la nouvelle.
Il parlait encore, lorsqu’un autre vint et dit : Les Chaldéens ont formé trois bandes, se sont jetés sur les chameaux et les ont enlevés, et ils ont passé les serviteurs au fil de l’épée, et je me suis échappé seul pour vous en apporter la nouvelle.
Il parlait encore, quand un autre se présenta et dit : Vos fils et vos filles mangeaient et buvaient dans la maison de leur frère aîné, lorsqu’un vent impétueux s’est levé tout à coup du côté du désert, et a ébranlé les quatre coins de la maison, qui, s’écroulant, a écrasé vos enfants, et ils sont morts. Et je me suis échappé seul pour vous en apporter la nouvelle.
Alors Job se leva et déchira ses vêtements, et, s’étant rasé la tête, il se jeta par terre, et adora, et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et j’y retournerai nu. Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté ; il est arrivé ce qui a plu au Seigneur ; que le nom du Seigneur soit béni !
En tout cela Job ne pécha point par ses lèvres, et il ne dit rien d’insensé contre Dieu.
Deuxième épreuve
Or il arriva que les fils de Dieu étant venus un jour se présenter devant le Seigneur, et Satan étant aussi venu parmi eux se présenter devant le Seigneur, le Seigneur lui dit : D’où viens-tu ? Il répondit : J’ai fait le tour de la terre, et je l’ai parcourue tout entière.
Le Seigneur dit encore à Satan : As-tu considéré Mon serviteur Job, qui n’a point d’égal sur la terre, qui est un homme simple et droit, qui craint Dieu et fuit le mal, et qui maintient encore son innocence ? Cependant tu m’as porté à agir contre lui pour l’affliger sans motif.
Satan lui répondit : L’homme donnera peau pour peau, et tout ce qu’il a pour sauver sa vie ;
mais étendez Votre main, et frappez ses os et sa chair, et Vous verrez s’il ne Vous maudira pas en face.
Le Seigneur dit donc à Satan : Va, il est en ta main ; mais ne touche point à sa vie.
Satan, étant sorti de devant le Seigneur, frappa Job d’un ulcère malin, depuis la plante des pieds jusqu’à la tête.
Et Job, assis sur un fumier, ôtait avec un tesson la pourriture de ses ulcères.
Alors sa femme lui dit : Vous demeurez encore dans votre simplicité ? Maudissez Dieu, et mourez.
Il lui dit : Vous parlez comme une femme qui n’a point de sens. Si nous avons reçu les biens de la main du Seigneur, pourquoi n’en recevrons-nous pas les maux ? Dans toutes ces choses Job ne pécha point par ses lèvres.
Arrivée des amis de Job
Cependant trois amis de Job apprirent tous les maux qui lui étaient arrivés, et ils vinrent chacun de leur pays : Eliphaz de Théman, Baldad de Suha, et Sophar de Naamath. Car ils s’étaient concertés pour venir le voir ensemble, et le consoler.
Et ayant levé de loin les yeux, ils ne le reconnurent point ; et ils pleurèrent à haute voix, déchirèrent leurs vêtements, et jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête.
Et ils se tinrent assis à terre avec lui sept jours et sept nuits, et nul ne lui dit une parole, car ils voyaient que sa douleur était extrême.
Job vivait dans la terre de Hus, c’est-à-dire au milieu de païens et de pécheurs. Je fus le frère des dragons et des autruches, dit Job. Frater fui draconum, et socius struthionum
C’est pour cette raison que saint Paul écrit à ses disciples : « Au milieu de ce peuple pervers et corrompu, au sein duquel vous brillez comme des flambeaux dans le monde » ; pour cette raison, qu’il est dit à l’ange de l’Église de Pergame : « Je sais où tu habites, là où se trouve le trône de Satan ; mais tu es fermement attaché à mon nom et tu n’as point renié ma Foi » ; pour cette raison, que la voix de l’Époux loue la sainte Église, en lui disant au Cantique d’Amour : « Comme le lys au milieu des épines, telle est ma Bien-Aimée parmi les jeunes filles ». C’est donc avec justesse qu’en nous rappelant sa patrie en terre païenne, on nous décrit la vie du bienheureux Job parmi les pécheurs : de la sorte, selon le chant de l’Époux, on nous montre la croissance du lys au milieu des épines.
2. Job était simple et droit. Les deux sont nécessaires.
Il est en effet des gens qui sont tellement simples qu’ils ignorent ce qui est droit ; mais ne s’élevant pas jusqu’à la vertu de droiture, ils délaissent la candeur de la vraie simplicité ; ignorant la prudence qu’impliqué la droiture, ils se rendent incapables de persévérer dans l’innocence de leur simplicité. Aussi saint Paul exhorte-t-il ses disciples : « Je veux que vous soyez ingénieux pour le bien, ingénus pour le mal », et : « Ne soyez pas des enfants pour ce qui est du jugement, mais pour la malice, soyez comme de petits enfants » ; et la Vérité en personne prescrit-elle à ses disciples : « Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes » : c’est dans un même précepte que les deux vertus sont jointes comme nécessaires : la prudence du serpent doit guider la simplicité de la colombe ; et à son tour, la simplicité de la colombe modérer la prudence du serpent. Le Saint-Esprit s’est manifesté aux hommes non seulement sous forme de colombe, mais aussi de feu signifiant la simplicité par la colombe et le zèle par le feu ; il s’est manifesté sous ces deux aspects, parce que ceux qui sont remplis de lui, gardent une douceur empreinte de bonhomie, tout en s’enflammant du zèle de la justice contre les fautes des coupables. Quiconque aspire à l’éternelle patrie vit, sans aucun doute, dans la droiture et la simplicité : simple dans ses œuvres, droit dans sa foi ; simple dans le bien qu’il fait ici-bas, droit dans l’élévation de ses sentiments intimes. Il y a en effet des gens qui dans leurs bonnes œuvres manquent de simplicité : ils ne cherchent pas une récompense au dedans, mais des avantages au dehors. Un sage a dit d’eux : « Malheur au pécheur qui marche sur la terre par deux chemins ». Le pécheur marche sur la terre par deux chemins, quand ses actes paraissent être de Dieu, mais que ses intentions sont du monde.
L’article Sermons sur Job
01. Job saint au milieu des pécheurs est apparu en premier sur Site de M. l’abbé Pivert.
Mes Bien chers Frères,
Nous finissons en beauté notre contemplation des mystères de la Genèse en admirant la piété filiale de Joseph. Élevé au faîte de la gloire il montre une vénération touchante envers son père, qui la lui rend par sa confiance. Et c’est ainsi que Joseph est la figure du Messie. Quand le Messie parut c’est à sa ressemblance avec Joseph qu’on le reconnut. Et nous aussi, c’est à notre ressemblance avec Joseph qu’on reconnaîtra que nous sommes des vrais chrétiens et non des hypocrites.
Télécharger
Résumé du sermon
Texte de la Genèse
Or Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph pour l’avertir de sa venue, afin qu’il vînt au-devant de lui en la terre de Gessen.
Quand Jacob y fut arrivé, Joseph fit atteler son char, et vint au même lieu au-devant de son père ; et le voyant, il se jeta à son cou, et l’embrassa en pleurant.
Et Jacob dit à Joseph : Je puis mourir â présent ; puisque j’ai vu ton visage. Car tu vis encore. J’ai obtenu ce que je désirais ; j’ai goûté un bonheur auquel je ne m’attendais plus ; ce que j’avais cessé d’espérer se réalise ; j’ai assez vécu, car j’ai vu celui que je pleurais, et il suffit à mon plein contentement de savoir que tu vis encore, toi que je croyais mort depuis longtemps et dévoré par les bêtes féroces. C’est la parole d’un père, parole pleine de tendresse, et propre à manifester le trésor d’affection qui était en réserve dans son âme.
Joseph dit à ses frères et à toute la maison de son père : Je m’en vais dire au Pharaon que mes frères et tous ceux de la maison de mon père sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils demeuraient ;
Il présenta aussi au roi cinq de ses frères ;
Joseph introduisit ensuite son père devant le roi, et il le lui présenta. Jacob salua le Pharaon, et le bénit.
Comme il vit que le jour de sa mort approchait, il appela son fils Joseph, et lui dit : Si j’ai trouvé grâce devant vous, mettez votre main sous ma cuisse, et donnez-moi cette marque de bonté, de me promettre avec vérité que vous ne m’enterrerez point en Égypte ;
Mais que je reposerai avec mes pères, que vous me transporterez hors de ce pays, et me mettrez dans le sépulcre de mes ancêtres. Joseph lui répondit : Je ferai ce que vous me commandez.
Jurez-le-moi donc, dit Jacob. Et pendant que Joseph jurait, Israël adora Dieu, se tournant vers le chevet de son lit.
Texte grec : « Et Israël s’inclina profondément devant le bâton de commandement que portait Joseph. » Voyez ce vieillard, ce patriarche, chargé d’années, témoigner en s’inclinant devant Joseph, toute la vénération qu’il a pour lui, et accomplir ainsi la vision.
Après cela on vint dire un jour à Joseph que son père était malade ; alors prenant avec lui ses deux fils Manassé et Éphraïm, il l’alla voir.
Joseph, les ayant retirés d’entre les bras de son père, adora en se prosternant à terre.
Puis Joseph fit des funérailles triomphales à son père.
Certes, les Égyptiens tenaient à honorer le père de leur vice-roi, mais là encore nous voyons une démonstration de respect.
Mais surtout, en honorant son père, Joseph honorait Dieu, source de toute bénédiction et de toute autorité. Car, Jacob fut non seulement un très grand saint — il fut un patriarche qui transmis fidèlement ce qu’il avait reçu de ses pères qui l’avaient eux-mêmes reçu de Dieu — il reçut le don de prophétie.
Israël partit donc avec tout ce qu’il avait, et vint au Puits du serment ; et ayant immolé en ce lieu des victimes au Dieu de son père Isaac, il L’entendit dans une vision, pendant la nuit, qui l’appelait, et qui lui disait : Jacob, Jacob.
Il Lui répondit : Me voici.
Et Dieu ajouta : Je suis le Dieu très puissant de votre père, ne craignez point ; allez en Égypte, parce que Je vous y rendrai le chef d’un grand peuple. J’irai là avec vous, et Je vous en ramènerai lorsque vous en reviendrez, Joseph aussi vous fermera les yeux de ses mains.
Jacob étant donc parti du Puits du serment, ses enfants l’amenèrent avec ses petits-enfants et leurs femmes, dans les chariots que le Pharaon avait envoyés pour porter ce vieillard,
Avec tout ce qu’il possédait au pays de Chanaan ; et il arriva en Égypte avec toute sa race,
Ses fils, ses petits-fils, ses filles, et tout ce qui était né de lui.
…
Ainsi toutes les personnes de la maison de Jacob qui vinrent en Égypte furent au nombre de soixante-dix.
Or Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph pour l’avertir de sa venue, afin qu’il vînt au-devant de lui en la terre de Gessen.
Quand Jacob y fut arrivé, Joseph fit atteler son char, et vint au même lieu au-devant de son père ; et le voyant, il se jeta à son cou, et l’embrassa en pleurant.
Jacob dit à Joseph : Je mourrai maintenant avec joie, puisque j’ai vu votre visage, et que je vous laisse après moi.
Joseph dit à ses frères et à toute la maison de son père : Je m’en vais dire au Pharaon que mes frères et tous ceux de la maison de mon père sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils demeuraient ; que ce sont des pasteurs de brebis, qui s’occupent à nourrir des troupeaux, et qu’ils ont amené avec eux leurs brebis, leurs bœufs et tout ce qu’ils pouvaient avoir.
Et lorsque le Pharaon vous fera venir, et vous demandera : Quelle est votre occupation ? Vous lui répondrez : Vos serviteurs sont pasteurs depuis leur enfance jusqu’à présent, et nos pères l’ont toujours été comme nous. Vous direz cela pour pouvoir demeurer dans la terre de Gessen, parce que les Égyptiens ont en abomination tous les pasteurs de brebis.
Joseph, étant donc allé trouver le Pharaon, lui dit : Mon père et mes frères sont venus du pays de Chanaan avec leurs brebis, leurs troupeaux, et tout ce qu’ils possèdent, et ils se sont arrêtés en la terre de Gessen.
Il présenta aussi au roi cinq de ses frères ;
Et le roi leur ayant demandé : À quoi vous occupez-vous ? Ils lui répondirent : Vos serviteurs sont pasteurs de brebis, comme l’ont été nos pères. Nous sommes venus passer quelque temps dans vos terres, parce que la famine est si grande dans le pays de Chanaan, qu’il n’y a plus d’herbe pour les troupeaux de vos serviteurs. Et nous vous supplions d’agréer que vos serviteurs demeurent dans la terre de Gessen.
Le roi dit donc à Joseph : Votre père et vos frères sont venus vous trouver. Vous pouvez choisir dans toute l’Égypte ; faites-les demeurer dans l’endroit du pays qui vous paraîtra le meilleur, et donnez-leur la terre de Gessen. Que si vous connaissez qu’il y ait parmi eux des hommes habiles, donnez-leur l’intendance sur mes troupeaux.
Joseph introduisit ensuite son père devant le roi, et il le lui présenta. Jacob salua le Pharaon, et le bénit.
Le roi lui ayant demandé quel âge il avait,
Il lui répondit : Les jours de ma pérégrination sont de cent trente ans ; ils ont été peu nombreux et mauvais, et ils n’ont point atteint ceux de la pérégrination de mes pères.
Et après avoir souhaité toute sorte de bonheur au roi, il se retira.
Joseph, selon le commandement du Pharaon, mit son père et ses frères en possession de Ramessès, dans le pays le plus fertile de l’Égypte. Et il les nourrissait avec toute la maison de son père, donnant à chacun ce qui lui était nécessaire pour vivre. Car le pain manquait dans tout le pays, et la famine affligeait toute la terre, mais principalement l’Égypte et le pays de Chanaan.
Joseph, ayant amassé tout l’argent qu’il avait reçu des Égyptiens et des Chananéens pour le blé qu’il leur avait vendu, le porta au trésor du roi.
Et lorsqu’il ne resta plus d’argent à personne pour en acheter, tout le peuple de l’Égypte vint dire à Joseph : Donnez-nous du pain. Pourquoi nous laissez-vous mourir faute d’argent ?
Joseph leur répondit : Si vous n’avez plus d’argent, amenez vos troupeaux, et je vous donnerai du blé en échange.
Ils lui amenèrent donc leurs troupeaux, et il leur donna du blé pour le prix de leurs chevaux, de leurs brebis, de leurs bœufs et de leurs ânes ; et il les nourrit cette année-là pour les troupeaux qu’il reçut d’eux en échange.
Ils revinrent l’année d’après, et ils lui dirent : Nous ne vous cacherons point, mon seigneur, que l’argent nous ayant manqué d’abord, nous n’avons également plus de troupeaux. Et vous n’ignorez pas qu’excepté nos corps et nos terres nous n’avons rien.
Pourquoi donc mourrons-nous sous vos yeux ? Nous nous donnons à vous, nous et nos terres : achetez-nous pour être les esclaves du roi, et donnez-nous de quoi semer, de peur que la terre ne demeure en friche, si vous laissez périr ceux qui peuvent la cultiver.
Ainsi Joseph acheta toutes les terres de l’Égypte, chacun vendant tout ce qu’il possédait, à cause de l’extrémité de la famine : et il acquit de cette sorte au Pharaon toute l’Égypte, avec tous les peuples, depuis une extrémité du royaume jusqu’à l’autre.
Excepté les seules terres des prêtres, qui leur avaient été données par le roi : car on leur fournissait une certaine quantité de blé des greniers publics ; c’est pourquoi ils ne furent point obligés de vendre leurs terres.
Après cela Joseph dit au peuple : Vous voyez que vous êtes au Pharaon, vous et toutes vos terres. Je vais donc vous donner de quoi semer, et vous ensemencerez vos champs,
Afin que vous puissiez recueillir des grains. Vous en donnerez la cinquième partie au roi ; et je vous abandonne les quatre autres pour semer les terres, et pour nourrir vos familles et vos enfants.
Ils lui répondirent : Notre salut est entre vos mains. Regardez-nous seulement, mon seigneur, d’un œil favorable, et nous servirons le roi avec joie.
Depuis ce temps-là jusqu’à ce jour, on paye aux rois dans toute l’Égypte la cinquième partie du revenu des terres, et cela est comme passé en loi ; excepté la terre des prêtres, qui est demeurée exempte de cette sujétion.
Israël demeura donc en Égypte, c’est-à-dire dans la terre de Gessen, dont il jouit comme de son bien propre, et où sa famille s’accrut et se multiplia extraordinairement.
Il y vécut dix-sept ans, et tout le temps de sa vie fut de cent quarante-sept ans.
Comme il vit que le jour de sa mort approchait, il appela son fils Joseph, et lui dit : Si j’ai trouvé grâce devant vous, mettez votre main sous ma cuisse, et donnez-moi cette marque de bonté, de me promettre avec vérité que vous ne m’enterrerez point en Égypte ;
Mais que je reposerai avec mes pères, que vous me transporterez hors de ce pays, et me mettrez dans le sépulcre de mes ancêtres. Joseph lui répondit : Je ferai ce que vous me commandez.
Jurez-le-moi donc, dit Jacob. Et pendant que Joseph jurait, Israël adora Dieu, se tournant vers le chevet de son lit.
Texte grec : « Et Israël s’inclina profondément devant le bâton de commandement que portait Joseph. » Voyez ce vieillard, ce patriarche, chargé d’années, témoigner en s’inclinant devant Joseph, toute la vénération qu’il a pour lui, et accomplir ainsi la vision.
Après cela on vint dire un jour à Joseph que son père était malade ; alors prenant avec lui ses deux fils Manassé et Éphraïm, il l’alla voir.
On dit donc à Jacob : Voici votre fils Joseph qui vient vous voir. Jacob, reprenant ses forces, se mit sur son séant dans son lit.
Et il dit à Joseph lorsqu’il fut entré : Le Dieu tout-puissant m’a apparu à Luza, qui est au pays de Chanaan ; et m’ayant béni,
Il m’a dit : Je ferai croître et multiplier beaucoup votre race ; Je vous rendrai le chef d’une multitude de peuples, et Je vous donnerai cette terre, et à votre race après vous, afin que vous la possédiez à jamais.
C’est pourquoi vos deux fils Éphraïm et Manassé, que vous avez eus en Égypte avant que je vinsse ici auprès de vous, seront à moi, et ils seront mis au nombre de mes enfants, comme Ruben et Siméon.
Mais les autres que vous aurez après eux seront à vous, et ils porteront le nom de leurs frères dans les terres qu’ils posséderont.
Car lorsque je revenais de Mésopotamie je perdis Rachel, qui mourut en chemin, au pays de Chanaan : c’était au printemps, à l’entrée d’Ephrata, et je l’enterrai sur le chemin d’Ephrata, qui s’appelle aussi Bethléem.
Alors Jacob, voyant les fils de Joseph, lui demanda : Qui sont ceux-ci ?
Joseph lui répondit : Ce sont mes enfants, que Dieu m’a donnés dans ce pays. Approchez-les de moi, dit Jacob, afin que je les bénisse.
Car les yeux d’Israël s’étaient obscurcis à cause de sa grande vieillesse, et il ne pouvait bien voir. Les ayant donc fait approcher de lui, il les embrassa et les baisa ;
Et il dit à son fils : Dieu m’a voulu donner la joie de vous voir, et Il y ajoute encore celle de voir vos enfants.
Joseph, les ayant retirés d’entre les bras de son père, adora en se prosternant à terre.
Et ayant mis Éphraïm à sa droite, c’est-à-dire à la gauche d’Israël, et Manassé à sa gauche, c’est-à-dire à la droite de son père, il les approcha tous deux de Jacob ;
Lequel, étendant sa main droite, la mit sur la tête d’Éphraïm, qui était le plus jeune, et mit sa main gauche sur la tête de Manassé, qui était l’aîné, changeant ainsi ses deux mains de place.
Et bénissant les enfants de Joseph, il dit : Que le Dieu en la présence de qui ont marché mes pères Abraham et Isaac, le Dieu qui me nourrit depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour ;
Que l’Ange qui m’a délivré de tous maux, bénisse ces enfants ; qu’ils portent mon nom, et les noms de mes pères Abraham et Isaac, et qu’ils se multiplient de plus en plus sur la terre.
Mais Joseph, voyant que son père avait mis sa main droite sur la tête d’Éphraïm, en eut de la peine ; et prenant la main de son père, il tâcha de la lever de dessus la tête d’Éphraïm, pour la mettre sur la tête de Manassé,
En disant à son père : Vos mains ne sont pas bien, mon père, car celui-ci est l’aîné. Mettez votre main droite sur sa tête.
Mais, refusant de le faire, il lui dit : Je le sais, mon fils, je le sais ; lui aussi sera chef de peuples, et sa race se multipliera ; mais son frère, qui est plus jeune, sera plus grand que lui, et sa postérité se multipliera dans les nations.
Jacob les bénit donc alors, et dit : Israël sera béni en vous, et on dira : Que Dieu vous bénisse comme Éphraïm et Manassé. Ainsi il mit Éphraïm avant Manassé.
Il dit ensuite à Joseph son fils : Vous voyez que je vais mourir, Dieu sera avec vous, et Il vous ramènera au pays de vos pères.
Je vous donne de plus qu’à vos frères cette part de mon bien que j’ai gagnée sur les Amorrhéens avec mon épée et mon arc.
Or Jacob appela ses enfants, et leur dit : Assemblez-vous tous, afin que je vous annonce ce qui doit vous arriver dans les derniers temps.
Venez tous ensemble, et écoutez, enfants de Jacob, écoutez Israël votre père.
Ruben, mon premier-né, ma force, et la principale cause de ma douleur : tu devais être le plus favorisé dans les dons, et le plus grand en autorité.
Mais tu t’es répandu comme l’eau. Puisses-tu ne point croître, parce que tu es monté sur le lit de ton père, et que tu as souillé sa couche.
Siméon et Lévi sont frères, instruments d’un carnage plein d’injustice.
À Dieu ne plaise que mon âme ait aucune part à leurs conseils, et que ma gloire soit ternie en me liant avec eux ; parce qu’ils ont signalé leur fureur en tuant des hommes, et leur volonté criminelle en renversant une ville.
Que leur fureur soit maudite, parce qu’elle est opiniâtre, et que leur colère soit en exécration, parce qu’elle est dure. Je les diviserai dans Jacob, et je les disperserai dans Israël.
Juda, tes frères te loueront, ta main sera sur le cou de tes ennemis ; les enfants de ton père se prosterneront devant toi.
Juda est un jeune lion. Tu t’es levé, mon fils, pour ravir la proie. En te reposant, tu t’es couché comme un lion et une lionne ; qui osera le réveiller ?
Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu’à ce que soit venu celui qui doit être envoyé ; et c’est lui qui sera l’attente des nations.
Il liera son ânon à la vigne, il liera, ô mon fils, son ânesse à la vigne. Il lavera sa robe dans le vin, et son manteau dans le sang des raisins.
Ses yeux sont plus beaux que le vin, et ses dents plus blanches que le lait.
Zabulon habitera sur le rivage de la mer et près du port des navires, et il s’étendra jusqu’à Sidon.
Issachar, comme un âne robuste, se tient couché dans son étable.
Et voyant que le repos est bon et que la terre est excellente, il a baissé l’épaule sous les fardeaux, et il s’est assujetti à payer les tributs.
Dan gouvernera son peuple aussi bien que les autres tribus d’Israël.
Que Dan devienne comme un serpent dans le chemin, et comme un céraste dans le sentier, qui mord le pied du cheval, afin que celui qui le monte tombe à la renverse.
Seigneur, j’attendrai Votre salut.
Gad combattra tout armé à la tête d’Israël, et il retournera ensuite couvert de ses armes.
Le pain d’Aser sera excellent, et les rois y trouveront leurs délices.
Nephthali sera comme un cerf qui s’échappe, et la grâce sera répandue sur ses paroles.
Joseph croîtra et se multipliera de plus en plus. Il est agréable à contempler ; ses rameaux courent le long de la muraille.
Mais ceux qui étaient armés de dards l’ont exaspéré, l’ont querellé, et lui ont porté envie.
Il a mis son arc et sa confiance dans le Très Fort, et les chaînes de ses mains et de ses bras ont été rompues par la main du Tout-Puissant de Jacob. De là est sorti le pasteur et le rocher d’Israël.
Le Dieu de ton père sera ton protecteur, et le Tout-Puissant te comblera des bénédictions du haut du ciel, des bénédictions de l’abîme des eaux d’en bas, des bénédictions du lait des mamelles et du fruit des entrailles.
Les bénédictions que te donne ton père surpassent celles qu’il a reçues de ses pères ; et elles dureront, jusqu’à ce que le désir des collines éternelles soit accompli. Que ces bénédictions se répandent sur la tête de Joseph, et sur le haut de la tête de celui qui est un nazaréen entre ses frères.
Benjamin sera un loup ravissant ; il dévorera la proie le matin, et le soir il partagera les dépouilles.
Ce sont là les chefs des douze tribus d’Israël. Leur père leur parla en ces termes, et il bénit chacun d’eux en leur donnant les bénédictions qui leur étaient propres.
Il leur donna aussi cet ordre, et il leur dit : Je vais être réuni à mon peuple ; ensevelissez-moi avec mes pères dans la caverne double qui est dans le champ d’Ephron Héthéen,
Laquelle est en face de Mambré, au pays de Chanaan, et qu’Abraham acheta d’Ephron Héthéen, avec tout le champ où elle est, pour y avoir son sépulcre.
C’est là qu’il a été enseveli avec Sara sa femme. C’est là qu’aussi Isaac a été enseveli avec Rébecca sa femme, et que Lia est pareillement ensevelie.
Après avoir achevé de donner ces ordres et ces instructions à ses enfants, il joignit ses pieds sur son lit, et mourut ; et il fut réuni à son peuple.
Joseph, voyant son père mort, se jeta sur son visage, et le baisa en pleurant.
Il commanda aux médecins qu’il avait à son service d’embaumer le corps de son père.
Et ils exécutèrent l’ordre qu’il leur avait donné ; ce qui dura quarante jours, parce que c’était la coutume d’employer ce temps pour embaumer les morts. Et l’Égypte pleura Jacob soixante-dix jours.
Le temps du deuil étant passé, Joseph dit aux officiers du Pharaon : Si j’ai trouvé grâce devant vous, je vous prie de représenter au roi que mon père m’a dit : Tu vois que je me meurs ; promets-moi sous le serment que tu m’enseveliras dans mon sépulcre que je me suis préparé au pays de Chanaan. J’irai donc ensevelir mon père, et je reviendrai aussitôt.
Le Pharaon lui dit : Allez, et ensevelissez votre père selon qu’il vous y a engagé par serment.
Et lorsque Joseph y alla, les premiers officiers de la maison du Pharaon, et les plus grands de l’Égypte l’y accompagnèrent tous.
Avec la maison de Joseph et tous ses frères qui le suivirent, laissant au pays de Gessen leurs petits enfants et tous leurs troupeaux.
Il y eut aussi des chariots et des cavaliers qui le suivirent ; et il se trouva là une grande multitude de personnes.
Lorsqu’ils furent venus à l’aire d’Atad, qui est située au delà du Jourdain, ils y célébrèrent les funérailles pendant sept jours avec beaucoup de pleurs et de grands cris.
Ce que les habitants du pays de Chanaan ayant vu, ils dirent : Voilà un grand deuil parmi les Égyptiens. C’est pourquoi ils nommèrent ce lieu le Deuil d’Égypte.
Les enfants de Jacob accomplirent donc ce qu’il leur avait commandé ;
Et l’ayant porté au pays de Chanaan, ils l’ensevelirent dans la caverne double qu’Abraham avait achetée d’Ephron Héthéen, avec le champ qui regarde Mambré, pour en faire le lieu de son sépulcre.
Aussitôt que Joseph eut enseveli son père, il retourna en Égypte avec ses frères et toute sa suite.
Après la mort de Jacob, les frères de Joseph eurent peur, et ils s’entredirent : Joseph pourrait bien maintenant se souvenir de l’injure qu’il a soufferte, nous rendre tout le mal que nous lui avons fait.
Ils lui envoyèrent donc dire : Votre père, avant de mourir, nous a commandé de vous dire de sa part : Je te conjure d’oublier le crime de tes frères, et cette noire malice dont ils ont usé contre toi. Nous vous conjurons aussi de pardonner cette iniquité aux serviteurs du Dieu de votre père. Joseph pleura en entendant ces paroles.
Et ses frères, étant venus le trouver, se prosternèrent devant lui, et lui dirent : Nous sommes vos serviteurs.
Il leur répondit : Ne craignez point ; pouvons-nous résister à la volonté de Dieu ?
Vous avez eu le dessein de me faire du mal ; mais Dieu a changé ce mal en bien, afin de m’élever comme vous voyez maintenant, et de sauver plusieurs peuples.
Ne craignez point ; je vous nourrirai, vous et vos enfants. Et il les consola en leur parlant avec beaucoup de douceur et de tendresse.
Il demeura dans l’Égypte avec toute la maison de son père, et il vécut cent dix ans. Il vit les enfants d’Éphraïm jusqu’à la troisième génération. Machir, fils de Manassé, eut aussi des enfants, qui naquirent sur les genoux de Joseph.
Joseph dit ensuite à ses frères : Dieu vous visitera après ma mort, et Il vous fera passer de cette terre à celle qu’Il avait juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob.
Et il exigea d’eux une promesse sous le sceau du serment, et il leur dit : Dieu vous visitera ; transportez mes os avec vous hors de ce lieu.
Il mourut ensuite âgé de cent dix ans accomplis ; et son corps, ayant été embaumé, fut mis dans un cercueil en Égypte.
L’article Sermon ~ La Genèse
38. La piété filiale du vice-roi Joseph est apparu en premier sur Site de M. l’abbé Pivert.
Mes bien chers Frères,
Le pardon de Joseph à ses frères nous permet de nous remettre dans la vérité quant à l’amour des ennemis et au pardon. Il y a tellement d’idées fausses sur ce point, qui faussent tout, avec comme conséquence de laisser les pécheurs dans leur péché.
Joseph, au contraire, sait qu’il ne peut pardonner tant que ses frères n’auront pas un cœur de chair à la place de leur cœur de pierre, tant qu’ils n’auront pas reconnu leur faute et n’auront pas réparé. C’est ce à quoi il va travailler avec la sévérité qu’exige la gravité de leur crime. Le pardon qu’il peut alors leur accorder n’en est que plus grand et meilleur, dans l’amour de Dieu.
Notre Dame nous demande la même chose à Fatima : de travailler à la conversion des pécheurs.
Je vous recommande de lire au préalable le texte de la Genèse, ci-dessous. Il est particulièrement touchant et édifiant. Il porte en lui-même une grâce de conversion et un désir de perfection.
Télécharger
Résumé du sermon
Texte de la Genèse
Deux amours : celui d’amitié qui est impossible avec un ennemi
et celui de bienveillance qui nous est demandé par le Christ au nom de l’amour de Dieu
Bienveillance : vouloir du bien. Principalement le bien de la contrition en vue du salut et du retour en la grâce de Dieu.
Le pardon n’est possible qu’en faveur de celui qui reconnaît sa faute, la regrette, en demande pardon (au moins implicitement) et répare. Dieu ne pardonne le pécheur qu’à ces conditions. Nous ne pouvons pas faire autrement.
Joseph, qui imite le Christ par avance va donc travailler à la conversion de ses frères, il va leur offrir une expiation afin de pouvoir leur pardonner. Pour cela, il est ingénieux.
Joseph se montre dur envers eux pour qu’ils reconnaissent leur faute. Il ne leur montre aucune bienveillance apparente avant qu’ils ne soient convertis, mais la dureté est de la vraie bienveillance.
Il savait que leur crime ne pouvait être pardonné sans une grande pénitence, il la leur offre par trois fois dans la tribulation.
La grande douleur de Jacob leur père était un rappel constant de leur faute.
Le pardon : « Ne vous affligez pas de m’avoir vendu en esclavage, c’était pour votre salut. »
Il rend le bien pour le mal. Il accomplit déjà les préceptes et les conseils évangéliques.
Cependant Jacob, ayant entendu dire qu’on vendait du blé en Égypte, dit à ses enfants : Pourquoi cette négligence ? J’ai appris qu’on vend du blé en Égypte ; allez-y acheter ce qui nous est nécessaire, afin que nous puissions vivre et que nous ne mourions pas de faim.
Les dix frères de Joseph allèrent donc en Égypte pour y acheter du blé.
Jacob retint Benjamin avec lui, ayant dit à ses frères qu’il craignait qu’il ne lui arrivât quelque accident en chemin.
Ils entrèrent dans l’Égypte avec les autres qui y allaient pour y acheter du blé ; car la famine était dans le pays de Chanaan.
Or Joseph commandait dans toute l’Égypte, et le blé ne se vendait aux peuples que par son ordre. Ses frères s’étant prosternés devant lui, il les reconnut ; et, leur parlant assez rudement, comme à des étrangers, il leur dit : D’où venez-vous ? Ils lui répondirent : Du pays de Chanaan, pour acheter ici de quoi vivre.
Et quoi qu’il connût bien ses frères, il ne fut néanmoins pas reconnu d’eux.
Alors, se souvenant des songes qu’il avait eus autrefois, il leur dit : Vous êtes des espions, et vous êtes venus ici pour considérer les endroits les plus faibles de l’Égypte.
Ils répondirent : Seigneur, cela n’est pas ainsi ; mais vos serviteurs sont venus ici pour acheter du blé. Nous sommes tous fils d’un même homme ; nous venons avec des pensées de paix, et vos serviteurs n’ont aucun mauvais dessein.
Il leur répondit : Non, cela n’est pas ; mais vous êtes venus pour remarquer ce qu’il y a de moins fortifié dans l’Égypte.
Ils lui dirent : Nous sommes douze frères, tous enfants d’un même homme du pays de Chanaan, et vos serviteurs. Le dernier est avec notre père, et l’autre n’est plus.
Voilà, dit Joseph, ce que je disais : vous êtes des espions. Je m’en vais éprouver si vous dites la vérité. Vive le Pharaon ! vous ne sortirez point d’ici jusqu’à ce que le dernier de vos frères y soit venu. Envoyez l’un de vous pour l’amener ; pendant ce temps, vous demeurerez en prison jusqu’à ce que j’aie reconnu si ce que vous dites est vrai ou faux ; autrement, vive le Pharaon ! vous êtes des espions.
Il les fit donc mettre en prison pour trois jours.
Et le troisième jour, il les fit sortir de prison et il leur dit : Faites ce que je vous dis, et vous vivrez ; car je crains Dieu. Si vous venez ici dans un esprit de paix, que l’un de vos frères demeure enchaîné dans la prison ; pour vous, allez-vous-en, emportez dans votre pays le blé que vous avez acheté, et amenez-moi le dernier de vos frères, afin que je puisse reconnaître si ce que vous dites est véritable, et que vous ne mouriez point. Ils firent ce qu’il leur avait ordonné.
Et ils se disaient l’un à l’autre : C’est justement que nous souffrons tout cela, parce que nous avons péché contre notre frère, et que, voyant l’angoisse de son âme lorsqu’il nous implorait, nous ne l’avons pas écouté ; c’est pour cela que nous sommes tombés dans cette affliction.
Ruben, l’un d’entre eux, leur disait : Ne vous ai-je pas dit : Ne commettez pas un si grand crime contre cet enfant ? et vous ne m’avez point écouté. C’est son sang maintenant que Dieu nous redemande.
Ils ne savaient pas que Joseph les comprenait, parce qu’il leur parlait par un interprète. Mais il s’éloigna quelques instants, et il pleura. Et étant revenu, il leur parla de nouveau.
Il fit prendre Siméon et le fit lier devant eux, et il commanda à ses officiers de remplir leurs sacs de blé, et de remettre l’argent de chacun dans son sac, en y ajoutant encore des vivres pour se nourrir pendant le chemin ; ce qui fut exécuté aussitôt.
Les frères de Joseph s’en allèrent donc, emportant leur blé sur leurs ânes. Et l’un d’eux ayant ouvert son sac dans l’hôtellerie, pour donner à manger à son âne, vit son argent à l’entrée du sac ; et il dit à ses frères : On m’a rendu mon argent ; le voici dans mon sac. Ils furent tous saisis d’étonnement et de trouble, et ils s’entredisaient : Quelle est cette conduite de Dieu sur nous ?
Lorsqu’ils furent arrivés chez Jacob, leur père, au pays de Chanaan, ils lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé, en disant : Le seigneur de ce pays-là nous a parlé durement, et il nous a pris pour des espions qui venaient observer le royaume. Nous lui avons répondu : Nous sommes des gens paisibles, et très éloignés d’avoir aucun mauvais dessein. Nous étions douze frères, enfants d’un même père. L’un n’est plus, le plus jeune est avec notre père au pays de Chanaan.
Il nous a répondu : Je veux éprouver s’il est vrai que vous n’ayez que des pensées de paix. Laissez-moi donc ici l’un de vos frères ; prenez le blé qui vous est nécessaire pour vos maisons, et allez-vous-en ; et amenez-moi le plus jeune de vos frères, afin que je sache que vous n’êtes point des espions, que vous puissiez ensuite emmener avec vous celui que je retiens prisonnier, et qu’il vous soit permis à l’avenir d’acheter ici ce que vous voudrez.
Cela dit, comme ils versaient leur blé, ils trouvèrent chacun leur argent lié à l’entrée du sac, et ils en furent tous épouvantés.
Alors Jacob, leur père, leur dit : Vous m’avez réduit à être sans enfants ; Joseph n’est plus, Siméon est en prison, et vous voulez m’enlever Benjamin. Tous ces maux sont retombés sur moi.
Ruben lui répondit : Faites mourir mes deux enfants, si je ne vous le ramène pas. Confiez-le moi, et je vous le rendrai.
Non, dit Jacob, mon fils n’ira point avec vous. Son frère est mort, et il est demeuré seul. S’il lui arrive quelque malheur au pays où vous allez, vous accablerez ma vieillesse d’une douleur qui m’emportera au tombeau.
Cependant la famine désolait extraordinairement tout le pays ; et le blé que les enfants de Jacob avaient apporté d’Égypte étant consommé, Jacob leur dit : Retournez en Égypte, et achetez-nous un peu de blé.
Juda lui répondit : Celui qui commande là-bas nous a déclaré sa volonté avec serment, en disant : Vous ne verrez point mon visage, à moins que vous n’ameniez avec vous le plus jeune de vos frères. Si donc vous voulez l’envoyer avec nous, nous irons ensemble, et nous achèterons ce qui vous est nécessaire. Si vous ne le voulez pas, nous n’irons point ; car cet homme, comme nous vous l’avons dit plusieurs fois, nous a déclaré que nous ne verrions pas son visage si nous n’avions avec nous notre jeune frère.
Israël leur dit : C’est pour mon malheur que vous lui avez appris que vous aviez encore un autre frère.
Mais ils lui répondirent : Il nous demanda par ordre toute la suite de notre famille : si notre père vivait, si nous avions un autre frère ; et nous lui avons répondu conformément à ce qu’il nous avait demandé. Pouvions-nous deviner qu’il nous dirait : Amenez avec vous votre frère ?
Juda dit encore à son père : Envoyez l’enfant avec moi, afin que nous puissions partir et avoir de quoi vivre, et que nous ne mourions pas, nous et nos petits enfants. Je me charge de cet enfant, et c’est à moi que vous en demanderez compte. Si je ne vous le ramène pas, et si je ne vous le rends pas, je consens que vous ne me pardonniez jamais cette faute. Si nous n’avions point tant différé, nous serions déjà revenus une seconde fois.
Israël, leur père, leur dit donc : Si c’est une nécessité absolue, faites ce que vous voudrez. Prenez avec vous des plus excellents fruits de ce pays-ci, pour en faire présent à celui qui commande : un peu de résine, de miel, de storax, de myrrhe, de térébenthine et d’amandes. Portez aussi deux fois autant d’argent qu’au premier voyage, et reportez celui que vous avez trouvé dans vos sacs, de peur que ce ne soit une méprise.
Enfin menez votre frère avec vous, et allez vers cet homme. Je prie mon Dieu tout-puissant de vous le rendre favorable, afin qu’il renvoie avec vous votre frère qu’il tient prisonnier, et Benjamin ; cependant je demeurerai seul, comme si j’étais sans enfants.
Ils prirent donc avec eux les présents et le double de l’argent, avec Benjamin ; et étant partis, ils arrivèrent en Égypte, où ils se présentèrent devant Joseph.
Joseph les ayant vus, et Benjamin avec eux, dit à son intendant : Faites entrer ces hommes chez moi, tuez des victimes et préparez un festin, parce qu’ils mangeront à midi avec moi.
L’intendant exécuta ce qui lui avait été commandé, et il les fit entrer dans la maison.
Alors étant saisis de crainte, ils s’entredisaient : C’est à cause de cet argent que nous avons remporté dans nos sacs qu’il nous fait entrer ici, pour faire retomber sur nous ce reproche, et nous opprimer en nous réduisant en servitude, ainsi que nos ânes.
C’est pourquoi étant encore à la porte, ils s’approchèrent de l’intendant de Joseph. Et ils lui dirent : Seigneur, nous vous supplions de nous écouter. Nous sommes déjà venus une fois acheter du blé, et après l’avoir acheté, lorsque nous fûmes arrivés à l’hôtellerie, en ouvrant nos sacs, nous y trouvâmes notre argent que nous vous rapportons maintenant au même poids. Et nous vous en rapportons encore d’autre, pour acheter ce qui nous est nécessaire ; mais nous ne savons en aucune manière qui a pu remettre cet argent dans nos sacs.
L’intendant leur répondit : Ayez l’esprit en repos ; ne craignez point. Votre Dieu et le Dieu de votre père vous a donné des trésors dans vos sacs ; car pour moi j’ai reçu l’argent que vous m’avez donné, et j’en suis content. Il fit sortir aussi Siméon de la prison, et il le leur amena. Après les avoir fait entrer dans la maison, il leur apporta de l’eau ; ils se lavèrent les pieds, et il donna à manger à leurs ânes.
Cependant ils tinrent leurs présents tout prêts, attendant que Joseph entrât à midi, parce qu’on leur avait dit qu’ils devaient manger en ce lieu-là.
Joseph étant donc entré dans sa maison, ils lui offrirent leurs présents, qu’ils tenaient en leurs mains, et ils le saluèrent en se baissant jusqu’à terre.
Il les salua aussi, en leur faisant bon visage, et il leur demanda : Votre père, ce vieillard dont vous m’aviez parlé, vit-il encore ? Se porte-t-il bien ?
Ils lui répondirent : Notre père, votre serviteur, est encore en vie, et il se porte bien ; et se baissant profondément, ils le saluèrent.
Joseph, levant les yeux, vit Benjamin, son frère, fils de Rachel, sa mère, et il lui dit : Est-ce là le plus jeune de vos frères, dont vous m’aviez parlé ? Mon fils, ajouta-t-il, je prie Dieu qu’Il vous soit toujours favorable.
Et il se hâta de sortir, parce que ses entrailles avaient été émues en voyant son frère, et qu’il ne pouvait plus retenir ses larmes. Passant donc dans une autre chambre, il pleura. Et après s’être lavé le visage, il revint, se faisant violence, et il dit : Servez à manger.
On servit Joseph à part, et ses frères à part, et les Égyptiens qui mangeaient avec lui furent aussi servis à part (car il n’est pas permis aux Égyptiens de manger avec les Hébreux, et ils croient qu’un festin de cette sorte serait profane).
Ils s’assirent donc en présence de Joseph, l’aîné le premier selon son rang, et le plus jeune selon son âge. Et ils furent extrêmement surpris, en voyant les parts qu’il leur avait données ; la part la plus grande vint à Benjamin, elle était cinq fois plus grande que celle des autres. Ils burent ainsi avec Joseph, et ils firent grande chère.
Mise à l’épreuve des frères de Joseph
Or Joseph donna des ordres à l’intendant de sa maison, et lui dit : Mettez dans leurs sacs autant de blé qu’ils en pourront tenir, et l’argent de chacun à l’entrée du sac ; et mettez ma coupe d’argent à l’entrée du sac du plus jeune, avec l’argent qu’il a donné pour le blé. Cet ordre fut donc exécuté.
Et le lendemain matin, on les laissa aller avec leurs ânes.
Lorsqu’ils furent sortis de la ville, comme ils n’avaient fait encore que peu de chemin, Joseph appela l’intendant de sa maison et lui dit : Courez vite après ces hommes, arrêtez-les et dites-leur : Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ? La coupe que vous avez dérobée est celle dans laquelle boit mon maître, et dont il se sert pour deviner. Vous avez fait une très méchante action.
L’intendant fit ce qui lui avait été commandé, et, les ayant arrêtés, il leur dit tout ce qui lui avait été prescrit.
Ils lui répondirent : Pourquoi mon seigneur parle-t-il ainsi à ses serviteurs et les croit-il capables d’une action si honteuse ?
Nous vous avons rapporté du pays de Chanaan l’argent que nous avions trouvé à l’entrée de nos sacs. Comment donc se pourrait-il faire que nous eussions dérobé de la maison de votre maître de l’or ou de l’argent ? Que celui de vos serviteurs, quel qu’il puisse être, auprès de qui l’on trouvera ce que vous cherchez, soit mis à mort, et nous serons esclaves de mon seigneur.
Il leur dit : Que ce que vous prononcez soit exécuté. Quiconque se trouvera avoir pris ce que je cherche sera mon esclave, et vous en serez innocents.
Ils déchargèrent donc aussitôt leurs sacs à terre, et chacun ouvrit le sien.
L’intendant les ayant fouillés, en commençant depuis le plus grand jusqu’au plus petit, trouva la coupe dans le sac de Benjamin.
Alors ayant déchiré leurs vêtements et rechargés leurs ânes, ils revinrent à la ville.
Juda se présenta le premier avec ses frères devant Joseph, qui n’était pas encore sorti du lieu où il était ; et ils se prosternèrent tous ensemble à terre devant lui.
Joseph leur dit : Pourquoi avez-vous agi ainsi ? Ignorez-vous qu’il n’y a personne qui m’égale dans la science de deviner les choses cachées ?
Juda lui dit : Que répondrons-nous à mon seigneur ? que lui dirons-nous, et que pouvons-nous lui représenter avec quelque ombre de justice pour notre défense ? Dieu a trouvé l’iniquité de vos serviteurs. Nous sommes tous les esclaves de mon seigneur, nous et celui à qui on a trouvé la coupe.
Joseph répondit : Dieu me garde d’agir de la sorte. Que celui qui a pris ma coupe soit mon esclave ; et pour vous, allez en liberté retrouver votre père.
Juda, s’approchant alors plus près de Joseph, lui dit avec assurance : Mon seigneur, permettez, je vous prie, à votre serviteur, de vous adresser la parole, et ne vous irritez pas contre votre esclave ; car après le Pharaon, c’est vous qui êtes mon seigneur. Vous avez demandé d’abord à vos serviteurs : Avez-vous encore votre père ou quelque autre frère ? Et nous vous avons répondu, mon seigneur : Nous avons un père qui est âgé, et un jeune frère qu’il a eu dans sa vieillesse, dont le frère qui était né de la même mère est mort : il ne reste plus que celui-là, et son père l’aime tendrement. Vous dites alors à vos serviteurs : Amenez-le-moi pour que mes yeux le contemplent. Mais nous vous répondîmes, mon seigneur : Cet enfant ne peut quitter son père ; car, s’il le quitte, il le fera mourir.
Vous dîtes à vos serviteurs : Si le dernier de vos frères ne vient avec vous, vous ne verrez plus mon visage. Lors donc que nous fûmes retournés vers notre père, votre serviteur, nous lui rapportâmes tout ce que vous aviez dit, mon seigneur. Et notre père nous ayant dit : Retournez en Égypte pour nous acheter un peu de blé, nous lui répondîmes : Nous ne pouvons y aller seuls. Si notre jeune frère vient avec nous, nous irons ensemble ; mais à moins qu’il ne vienne, nous n’osons nous présenter devant celui qui commande en ce pays-là.
Il nous répondit : Vous savez que j’ai eu deux fils de Rachel ma femme. L’un d’eux étant allé aux champs, vous m’avez dit qu’une bête l’avait dévoré, et il ne paraît plus jusqu’à cette heure. Si vous emmenez encore celui-ci, et qu’il lui arrive quelque accident en chemin, vous accablerez ma vieillesse d’une affliction qui la conduira au tombeau.
Si je me présente donc à mon père, votre serviteur, et que l’enfant n’y soit pas, comme sa vie dépend de celle de son fils, lorsqu’il verra qu’il n’est point avec nous, il mourra, et vos serviteurs accableront sa vieillesse d’une douleur qui le mènera au tombeau.
Que ce soit donc plutôt moi qui sois votre esclave, puisque je me suis rendu caution de cet enfant, et que j’en ai répondu à mon père, en lui disant : Si je ne le ramène, je veux bien que mon père m’impute cette faute, et qu’il ne me la pardonne jamais. Ainsi je demeurerai votre esclave, et servirai mon seigneur à la place de l’enfant, afin qu’il retourne avec ses frères. Car je ne puis pas retourner vers mon père sans que l’enfant soit avec nous, de peur que je ne sois moi-même témoin de l’extrême affliction qui accablera notre père.
Joseph ne pouvait plus se contenir devant tous ceux qui l’entouraient ; il commanda donc que l’on fît sortir tout le monde, afin que nul étranger ne fût présent lorsqu’il se ferait reconnaître de ses frères. Il éleva la voix en pleurant, et il fut entendu des Égyptiens et de toute la maison du Pharaon.
Et il dit à ses frères : Je suis Joseph. Mon père vit-il encore ? Mais ses frères ne purent lui répondre, tant ils étaient saisis de frayeur.
Il leur dit avec bonté : Approchez-vous de moi. Et ils s’approchèrent. Il ajouta : Je suis Joseph votre frère, que vous avez vendu pour être conduit en Égypte. Ne craignez point, et ne vous affligez pas de ce que vous m’avez vendu pour être conduit en ce pays ; car Dieu m’a envoyé en Égypte avant vous pour votre salut.
Il y a déjà deux ans que la famine a commencé dans cette contrée, et il en reste encore cinq, pendant lesquels on ne pourra ni labourer ni recueillir. Dieu m’a fait venir ici avant vous pour vous conserver la vie, et afin que vous puissiez avoir des vivres pour subsister. Ce n’est point par votre conseil que j’ai été envoyé ici, mais par la volonté de Dieu, qui m’a rendu comme le père du Pharaon, le maître de sa maison, et le prince de toute l’Égypte. Hâtez-vous d’aller trouver mon père, et dites-lui : Voici ce que vous mande votre fils Joseph : Dieu m’a établi seigneur de toute l’Égypte. Venez me trouver, ne différez point ; vous demeurerez dans la terre de Gessen ; vous serez près de moi, vous et vos enfants, et les enfants de vos enfants, vos brebis, vos troupeaux de bœufs et tout ce que vous possédez. Et je vous nourrirai là, parce qu’il reste encore cinq années de famine ; de peur qu’autrement vous ne périssiez avec toute votre famille et tout ce qui est à vous.
Vous voyez de vos yeux, vous et mon frère Benjamin, que c’est moi-même qui vous parle de ma propre bouche. Annoncez à mon père quelle est ma gloire, et tout ce que vous avez vu dans l’Égypte. Hâtez-vous de me l’amener.
Et s’étant jeté au cou de Benjamin son frère, pour l’embrasser, il pleura, et Benjamin pleura aussi en le tenant embrassé. Joseph embrassa aussi tous ses frères ; il pleura sur chacun d’eux ; et après cela ils se rassurèrent pour lui parler.
Aussitôt le bruit se répandit dans toute la cour du roi que les frères de Joseph étaient venus, et le Pharaon s’en réjouit avec toute sa maison. Et il dit à Joseph : Dites à vos frères : Chargez vos ânes de blé, retournez en Chanaan ; et amenez de là votre père avec toute votre famille, et venez me trouver. Je vous donnerai tous les biens de l’Égypte, et vous serez nourris de ce qu’il y a de meilleur dans ce pays.
Ordonnez-leur aussi d’emmener des chariots de l’Égypte, pour faire venir leurs femmes avec leurs petits enfants, et dites-leur : Amenez votre père, et hâtez-vous de venir le plus tôt que vous pourrez, sans rien laisser de ce qui est dans vos maisons, parce que toutes les richesses de l’Égypte seront à vous.
Les enfants d’Israël firent ce qui leur avait été ordonné. Et Joseph leur fit donner des chariots, selon l’ordre qu’il en avait reçu du Pharaon, et des vivres pour le chemin. Il commanda aussi que l’on donnât deux robes à chacun de ses frères ; mais il en donna cinq des plus belles à Benjamin, et trois cents pièces d’argent. Il envoya autant d’argent et de robes pour son père, avec dix ânes chargés de tout ce qu’il y avait de plus précieux dans l’Égypte, et autant d’ânesses qui portaient du blé et du pain pour le chemin.
Il renvoya donc ses frères, et il leur dit au départ : Ne vous querellez point le long du chemin.
Ils vinrent donc de l’Égypte au pays de Chanaan, vers Jacob leur père,
Et ils lui dirent cette nouvelle : Votre fils Joseph est vivant, et il gouverne tout le pays d’Égypte. Ce que Jacob ayant entendu, il se réveilla comme d’un profond sommeil, et cependant il ne pouvait croire ce qu’ils lui disaient.
Ses enfants insistaient, au contraire, en lui rapportant comment toute la chose s’était passée. Enfin, ayant vu les chariots et tout ce que Joseph lui envoyait, il reprit ses esprits ; et il dit : Je n’ai plus rien à souhaiter, puisque mon fils Joseph vit encore. J’irai, et je le verrai avant de mourir.
Israël partit donc avec tout ce qu’il avait, et vint au Puits du serment ; et ayant immolé en ce lieu des victimes au Dieu de son père Isaac, il L’entendit dans une vision, pendant la nuit, qui l’appelait, et qui lui disait : Jacob, Jacob.
Il Lui répondit : Me voici.
Et Dieu ajouta : Je suis le Dieu très puissant de votre père, ne craignez point ; allez en Égypte, parce que Je vous y rendrai le chef d’un grand peuple. J’irai là avec vous, et Je vous en ramènerai lorsque vous en reviendrez, Joseph aussi vous fermera les yeux de ses mains.
Jacob étant donc parti du Puits du serment, ses enfants l’amenèrent avec ses petits-enfants et leurs femmes, dans les chariots que le Pharaon avait envoyés pour porter ce vieillard,
Avec tout ce qu’il possédait au pays de Chanaan ; et il arriva en Égypte avec toute sa race,
Ses fils, ses petits-fils, ses filles, et tout ce qui était né de lui.
(…)
Or Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph pour l’avertir de sa venue, afin qu’il vînt au-devant de lui en la terre de Gessen.
Quand Jacob y fut arrivé, Joseph fit atteler son char, et vint au même lieu au-devant de son père ; et le voyant, il se jeta à son cou, et l’embrassa en pleurant.
Jacob dit à Joseph : Je mourrai maintenant avec joie, puisque j’ai vu votre visage, et que je vous laisse après moi.
Joseph dit à ses frères et à toute la maison de son père : Je m’en vais dire au Pharaon que mes frères et tous ceux de la maison de mon père sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils demeuraient ; que ce sont des pasteurs de brebis, qui s’occupent à nourrir des troupeaux, et qu’ils ont amené avec eux leurs brebis, leurs bœufs et tout ce qu’ils pouvaient avoir.
Et lorsque le Pharaon vous fera venir, et vous demandera : Quelle est votre occupation ? Vous lui répondrez : Vos serviteurs sont pasteurs depuis leur enfance jusqu’à présent, et nos pères l’ont toujours été comme nous. Vous direz cela pour pouvoir demeurer dans la terre de Gessen, parce que les Égyptiens ont en abomination tous les pasteurs de brebis.
Joseph, étant donc allé trouver le Pharaon, lui dit : Mon père et mes frères sont venus du pays de Chanaan avec leurs brebis, leurs troupeaux, et tout ce qu’ils possèdent, et ils se sont arrêtés en la terre de Gessen.
Il présenta aussi au roi cinq de ses frères ;
Et le roi leur ayant demandé : À quoi vous occupez-vous ? Ils lui répondirent : Vos serviteurs sont pasteurs de brebis, comme l’ont été nos pères. Nous sommes venus passer quelque temps dans vos terres, parce que la famine est si grande dans le pays de Chanaan, qu’il n’y a plus d’herbe pour les troupeaux de vos serviteurs. Et nous vous supplions d’agréer que vos serviteurs demeurent dans la terre de Gessen.
Le roi dit donc à Joseph : Votre père et vos frères sont venus vous trouver. Vous pouvez choisir dans toute l’Égypte ; faites-les demeurer dans l’endroit du pays qui vous paraîtra le meilleur, et donnez-leur la terre de Gessen. Que si vous connaissez qu’il y ait parmi eux des hommes habiles, donnez-leur l’intendance sur mes troupeaux.
Joseph introduisit ensuite son père devant le roi, et il le lui présenta. Jacob salua le Pharaon, et le bénit.
Le roi lui ayant demandé quel âge il avait,
Il lui répondit : Les jours de ma pérégrination sont de cent trente ans ; ils ont été peu nombreux et mauvais, et ils n’ont point atteint ceux de la pérégrination de mes pères.
Et après avoir souhaité toute sorte de bonheur au roi, il se retira.
Joseph, selon le commandement du Pharaon, mit son père et ses frères en possession de Ramessès, dans le pays le plus fertile de l’Égypte. Et il les nourrissait avec toute la maison de son père, donnant à chacun ce qui lui était nécessaire pour vivre. Car le pain manquait dans tout le pays, et la famine affligeait toute la terre, mais principalement l’Égypte et le pays de Chanaan.
L’article Sermon ~ La Genèse
37. Joseph convertit ses frères pour leur pardonner est apparu en premier sur Site de M. l’abbé Pivert.
From the publisher's feed