Abbé Pivert

Abbé Pivert

By
Download on the App Store

Abbé Pivert episodes

  • Sermon ~ La Genèse 36. Joseph modèle de soumission à la suite du Christ

    Mes bien chers Frères,

    Il me semble que pour bien mettre en application dans nos vies chrétiennes l’exemple de Joseph, il faut montrer en quoi et comment il a suivi le Christ. Suivi ? Oui, sous l’action du Saint-Esprit, Joseph reproduit par avance ce que sera notre modèle à tous, le Christ.

    Je vous explique notamment dans ce sermon comment Dieu bénit Joseph, c’est-à-dire comment le Christ règne par nos vertus.

    Profiterez-vous de la retraite de consécration à Notre Dame selon saint L. M. Grignion de Montfort ? Il est encore temps !

    Télécharger

    Résumé du sermon
    Texte de la Genèse

    Résumé du sermon

    Nous avons vu que Dieu est avec Joseph. Le Saint-Esprit nous montre maintenant deux vertus de Joseph. Si celui-ci y est fidèle, les bénédiction de Dieu porteront un grand fruit, s’il n’avait pas été fidèle, Dieu l’abandonnait et c’était la mort, la mort de l’âme, pire que celle du corps, mais aussi la mort dans l’histoire de l’Église.

    Ces vertus sont : premièrement obéissance et humilité — deuxièmement chasteté. Le fruit est de recevoir le gouvernement, mais surtout de sauver le peuple.

    Joseph figure du Messie

    Esclave dans son Incarnation. Sa vertu lui gagne les cœurs. Factus obediens usque ad mortem crucis, propter quod Deus exaltavit illum et dedit ei nomen quod est super omne nomen., Le Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la Croix, c’est pourquoi Dieu l’a élevé et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom.

    Il laisse son manteau entre les mains des pécheurs : il laisse sa chair mortelle entre les mains de ses bourreaux.

    Ce faisant, il tire le bien du mal et sauve les pécheurs. (les Égyptiens et ses frères).

    Joseph bon esclave et bon prisonnier, modèle pour nous

    Joseph se donna tout entier au service de son maître ; et ayant reçu de lui l’autorité sur toute sa maison, il la gouvernait avec tout ce qui lui avait été mis entre les mains. Le Seigneur bénit la maison de l’Égyptien à cause de Joseph, et Il multiplia tout son bien, tant à la ville qu’à la campagne ;

    Accepter les épreuves — bien faire ce que Dieu nous demande de faire.

    Dieu était avec Joseph — Par une providence spéciale, — mais aussi par la vertu. C’est la vertu qui mène le monde.

    Le vice ne peut pas mener le monde : tout royaume divisé contre lui-même va à sa ruine.

    On n’est pas vertueux pour recevoir une récompense, on est vertueux pour être vertueux et cela porte du fruit, c’est-à-dire engendre la vertu.

    Les deux voisines de Poméranie sous l’invasion russe. L’une n’a plus que deux pains et rien pour en cuire d’autre. Sa voisine n’a plus aucun pain et, ignorant la situation de sa voisine, vient lui en demander. La première aussitôt lui donne un de ses deux pains. Un officier russe se trouve à passer chez la première et, découvrant sa situation de misère, due à ses soldats, lui apporte un grand sac de farine, un sac de sucre et je ne sais plus quoi encore.

    Celle qui a donné son pain ne l’a pas fait pour être secourue et elles furent nombreuses dans la même situation qui ne furent pas secourues. Mais Dieu a récompensé celle-ci.

    La vertu porte quelquefois un résultat immédiat, tangible comme pour Joseph, par exemple certaines femmes qui convertissent leur mari. Il n’y a pas d’autre moyen pour une femme de convertir son mari que de le servir avec vertu.

    Mais quelquefois, le résultat se fait attendre comme dans les persécutions des premiers siècles de l’Église.

    Dans tous les cas le Seigneur est avec l’homme vertueux et il maudit le vicieux.

    Ne pas tricher avec le monde moderne. Le libéral triche : un peu de vertu, un peu d’accord avec le monde, c’est-à-dire avec le vice.

    Texte de la Genèse
    Chapitre 39 Joseph chez Putiphar

    Joseph ayant donc été mené en Égypte, Putiphar, Égyptien, eunuque du Pharaon et général de ses troupes, l’acheta des Ismaélites, qui l’y avaient conduit.

    Le Seigneur était avec lui, et tout lui réussissait heureusement. Il demeurait dans la maison de son maître, qui savait très bien que le Seigneur était avec lui, et qu’Il le favorisait et le bénissait en toutes ses actions.

    Joseph, ayant donc trouvé grâce devant son maître, se donna tout entier à son service ; et ayant reçu de lui l’autorité sur toute sa maison, il la gouvernait avec tout ce qui lui avait été mis entre les mains.

    Le Seigneur bénit la maison de l’Égyptien à cause de Joseph, et Il multiplia tout son bien, tant à la ville qu’à la campagne ; En sorte que Putiphar n’avait d’autre soin que de se mettre à table et de manger.

    Or Joseph était beau de visage et très agréable. Longtemps après, sa maîtresse jeta les yeux sur lui et lui dit : Dormez avec moi.

    Mais Joseph, ayant horreur de consentir à une action si criminelle, lui dit : Vous voyez que mon maître m’a confié toutes choses, qu’il ne sait pas même ce qu’il a dans sa maison ; Qu’il n’y a rien qui ne soit en mon pouvoir, et que m’ayant mis tout entre les mains, il ne s’est réservé que vous seule, qui êtes sa femme. Comment donc pourrais-je commettre un si grand crime, et pécher contre mon Dieu ?

    Cette femme continua durant plusieurs jours à solliciter Joseph par de semblables paroles, et lui à résister à son infâme désir.

    Or il arriva un jour que Joseph étant entré dans la maison, et y remplissant quelque fonction sans que personne fût présent, sa maîtresse le prit par son manteau et lui dit : Dormez avec moi. Alors Joseph, lui laissant le manteau entre les mains, s’enfuit et sortit au dehors.

    Cette femme, voyant le manteau entre ses mains, et se voyant elle-même méprisée, appela les gens de sa maison et leur dit : Voyez, il nous a amené ici cet Hébreu pour nous insulter. Il est venu à moi dans le dessein de me séduire ; mais je me suis mise à crier, Et lorsqu’il a entendu ma voix, il m’a laissé son manteau, que je tenais, et s’est enfui dehors.

    Lorsque son mari fut de retour à la maison, elle lui montra ce manteau, qu’elle avait retenu comme une preuve de sa fidélité, Et lui dit : Cet esclave hébreu que vous nous avez amené est venu pour me faire violence ; Et m’ayant entendu crier, il m’a laissé son manteau, que je tenais, et s’est enfui dehors.

    Le maître, trop crédule aux accusations de sa femme, entra, à ces paroles, dans une grande colère, Et il fit mettre Joseph dans la prison où l’on gardait ceux que le roi faisait arrêter. Il était donc renfermé en ce lieu-là.

    Joseph en prison

    Mais le Seigneur fut avec Joseph ; Il en eut compassion, et Il lui fit trouver grâce devant le gouverneur de la prison,

    Qui lui remit le soin de tous ceux qui y étaient enfermés. Il ne se faisait rien que par son ordre.

    Et le gouverneur, lui ayant tout confié, ne prenait connaissance de quoi que ce soit, parce que le Seigneur était avec Joseph et qu’Il le faisait réussir en toutes choses.

    L’article Sermon ~ La Genèse
    36. Joseph modèle de soumission à la suite du Christ est apparu en premier sur Site de M. l’abbé Pivert.

    20 min
  • Sermon ~ La Genèse 35. Joseph le saint

    Mes bien chers Frères,

    La vie de Joseph, fils de Jacob, est un très bel exemple pour tous les chrétiens, en plus de nous faire comprendre le mystère de Jésus-Christ.

    Télécharger

    Texte de la Genèse

    Jacob demeura dans le pays de Chanaan, où son père avait été comme étranger ;

    Et voici ses générations. Joseph, âgé de seize ans, et n’étant encore qu’un enfant, conduisait le troupeau de son père avec ses frères, et il était avec les enfants de Bala et de Zelpha, femmes de son père. Il accusa alors ses frères, devant son père, d’un crime énorme.

    Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il l’avait eu étant déjà vieux ; et il lui avait faire une robe de plusieurs couleurs.

    Ses frères, voyant donc que leur père l’aimait plus que tous ses autres enfants, le haïssaient et ne pouvaient lui parler avec douceur.

    Il arriva aussi que Joseph rapporta à ses frères un songe qu’il avait eu, qui fut encore la semence d’une plus grande haine.

    Car il leur dit : Écoutez le songe que j’ai eu.

    Il me semblait que je liais des gerbes dans la campagne, que ma gerbe se leva et se tient debout, et que les vôtres, entourant la mienne, l’adoraient.

    Ses frères lui répondirent : Est-ce que tu seras notre roi, et serons-nous soumis à ta puissance ? Ces songes et ses entretiens allumèrent donc encore davantage l’envie et la haine qu’ils avaient contre lui.

    Il eut encore un autre songe, qu’il raconta à ses frères, en leur disant : J’ai vu en songe que le soleil et la lune, et onze étoiles m’adoraient.

    Lorsqu’il eut rapporté ce songe à son père et à ses frères, son père lui en fit réprimande, et il lui dit : Que voudrait dire ce songe que tu as eu ? Est-ce que ta mère, tes frères et moi nous t’adorerons sur la terre ?

    Ainsi ses frères étaient transportés d’envie contre lui ; mais son père considérait tout cela en silence.

    Il arriva alors que les frères de Joseph s’arrêtèrent à Sichem, où ils faisaient paître les troupeaux de leur père.

    Et Israël dit à Joseph : Tes frères font paître nos brebis dans le pays de Sichem ; viens, et je t’enverrai vers eux.

    Je suis tout prêt, lui dit Joseph. Jacob ajouta : Va, et vois si tes frères se portent bien et si les troupeaux sont en bon état, et tu me rapporteras ce qui se passe. Ayant donc été envoyé de la vallée d’Hébron, il vint à Sichem ;

    Et un homme, l’ayant trouvé errant dans la campagne, lui demanda ce qu’il cherchait.

    Il lui répondit : Je cherche mes frères ; je vous prie de me dire où ils font paître leurs troupeaux.

    Cet homme lui répondit : Ils se sont retirés de ce lieu, et j’ai entendu qu’ils se disaient : Allons vers Dothaïn. Joseph alla donc après ses frères, et il les trouva à Dothaïn.

    Lorsqu’ils l’eurent aperçu de loin, avant qu’il se fût approché d’eux, ils résolurent de le tuer ;

    Et ils se disaient l’un à l’autre : Voici notre songeur qui vient.

    Allons, tuons-le et jetons-le dans une vieille citerne ; nous dirons qu’une bête sauvage l’a dévoré, et après cela on verra à quoi ses songes lui auront servi.

    Ruben, les ayant entendus parler ainsi, tâchait de le tirer d’entre leurs mains, et il leur disait :

    Ne le tuez point et ne répandez point son sang, mais jetez-le dans cette citerne qui est au désert, et conservez vos mains pures. Il disait cela dans le dessein de le tirer de leurs mains et de le rendre à son père.

    Aussitôt donc que Joseph fut arrivé près de ses frères, ils lui ôtèrent sa robe de plusieurs couleurs, qui le couvrait jusqu’en bas ;

    Et ils le jetèrent dans cette vieille citerne, qui était sans eau.

    S’étant ensuite assis pour manger, ils virent des Ismaëlites qui passaient, et qui, venant de Galaad, portaient sur leurs chameaux des parfums, de la résine et de la myrrhe, et s’en allaient en Égypte.

    Alors Juda dit à ses frères : Que nous servira de tuer notre frère et d’avoir caché sa mort ?

    Il vaut mieux le vendre à ces Ismaélites et ne point souiller nos mains, car il est notre frère et notre chair. Ses frères consentirent à ce qu’il disait.

    L’ayant donc tiré de la citerne, et voyant ces marchands madianites qui passaient, ils le vendirent vingt pièces d’argent aux Ismaélites, qui le menèrent en Égypte.

    Ruben étant retourné à la citerne, et n’y ayant point trouvé l’enfant,

    Déchira ses vêtements et vint dire à ses frères : L’enfant ne paraît plus ; et que deviendrai-je ?

    Après cela ils prirent la robe de Joseph, et l’ayant trempée dans le sang d’un chevreau qu’ils avaient tué,

    Ils l’envoyèrent à son père, lui faisant dire par ceux qui la lui portaient : Voici une robe que nous avons trouvée ; voyez si c’est celle de votre fils, ou non.

    Le père l’ayant reconnue, dit : C’est la robe de mon fils ; une bête cruelle l’a dévoré, une bête a dévoré Joseph.

    Et ayant déchiré ses vêtements, il se couvrit d’un cilice, pleurant son fils fort longtemps.

    Alors tous ses enfants s’assemblèrent pour tâcher de soulager leur père dans sa douleur ; mais il ne voulut point recevoir de consolation, et il leur dit : Je pleurerai toujours, jusqu’à ce que je descende avec mon fils au séjour des morts. Ainsi il continua toujours de pleurer.

    Cependant les Madianiates vendirent Joseph en Égypte à Putiphar, eunuque du Pharaon, et général de ses troupes.

    L’article Sermon ~ La Genèse
    35. Joseph le saint est apparu en premier sur Site de M. l’abbé Pivert.

    20 min
  • Sermon de Pâques 1984 Mgr Lefebvre

    Mes bien chers Frères,

    Voici pour Pâques un sermon de Mgr Lefebvre sur Notre Seigneur Jésus Christ.

    Nous reprendrons la semaine prochaine le cours de nos sermons sur les Patriarches.

    Que La Très Sainte Vierge présente au pied de la Croix vous bénisse !

    Télécharger l'audio

    Télécharger la transcription

    23 min
  • Sermon ~ La Genèse 34. Ayant été fort avec Dieu, tu seras puissant parmi les hommes

    Mes bien chers Frères,

    « La Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de son message, pas même les bons : ils continuent leur chemin, mais sans faire cas du message. » C’est ce que déclare Sœur Lucie de Fatima.

    Vous êtes bons, mes bien chers Frères, alors, n’y a-t-il pas à faire un examen de conscience ?

    Les interventions de Dieu dans la vie de Jacob nous aident à comprendre ce qu’il en est du message de Fatima.

    N’hésitez pas à me poser vos questions, soit sur ce sermon, soit sur la Genèse ou sur tout autre sujet, c’est bien volontiers que j’y répondrai. Je désire vivement instaurer entre vous et moi une proximité qui se rapproche de celle d’un curé de paroisse avec ses ouailles. De même faites-nous part de vos soucis pour que nous les soulagions et priions à vos intentions.

    Vive le Christ Roi !

    Télécharger

    Résumé du sermon

    Résumé du sermon

    La Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de son message, ni les bons, ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du message.

    Pas même les bons : ils continuent leur chemin et, pourtant, cela ne suffit pas. Que faut-il faire, alors ?

    Dieu nous a donné des modèles avec les patriarches et je veux que vous méditiez sur l’exemple de Jacob.

    Oui, méditer, comme le demande saint Jean Chrysostome.

    Jacob est dans une situation très semblable à la nôtre :

    — haï par son frère, comme nous sommes haïs par nos frères : je mettrai la division entre la mère et la fille, etc. ceux qui vous mettront à mort croiront rendre hommage à Dieu.

    — volé par Laban qui abuse de sa vertu. Car c’est à cause de sa vertu que Jacob est ainsi traité.

    — déçu par ses propres enfants,

    — faible quoiqu’ayant la foi

    Les interventions de Dieu :
    L’échelle de Jacob

    Elle nous fait voir l’action de Dieu dans le monde. L’Incarnation. Enseignement, encouragements, action de la grâce, de l’Église.

    La foi n’est pas une vertu passive, elle est active car elle nous attache à Dieu et 2. Elle éclaire notre route. Dieu ne vient pas chercher les bons seulement, il vient chercher les pécheurs, d’autant que nous sommes tous pécheurs. L’importance des pécheurs : beaucoup précéderont les bons chrétiens dans le royaume des cieux.

    Au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi.

    Nous devons entrer dans ce mouvement divin : nous joindre aux anges, exercer la miséricorde, nous humilier comme le Christ pour chercher les pécheurs et les faire entrer dans le Ciel.

    Nous devons être reconnaissants à Dieu le Père d’avoir envoyé le Verbe Incarné pour nous sauver.

    La lutte avec Dieu pas avec le monde

    Le royaume de Dieu souffre violence et ce sont les violents qui l’emportent.

    Jacob est d’une patience, d’une humilité extrême avec son frère et il conquiert son cœur.

    Tout ceci et surnaturel.

    Dieu veut montrer la faiblesse de ce qui est humain et la force de ce qui est divin.

    Dieu veut nous faire abandonner même le souci de l’avenir.

    Dieu donne les deux derniers remèdes au monde : le saint Rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et ceux-ci étant les deux derniers remèdes, cela signifie qu’il n’y en aura pas d’autres.

    Pas d’autres après, mais pas d’autres du tout, en tout cas pas les moyens humains.

    Notre cœur est dur et nous ne voulons pas l’admettre.

    Nos préoccupations sont encore matérielles, humaines.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : Qui seront ces serviteurs, esclaves et enfants de Marie ? Ce seront un feu brûlant, ministres du Seigneur qui mettront le feu de l’amour divin partout. Ce seront des flèches aiguës dans la main de la puissante Marie pour percer ses ennemis. Ce seront des enfants de Lévi, bien purifiés par le feu de grandes tribulations et bien collés à Dieu, qui porteront l’or de l’amour divin dans le cœur, l’encens de l’oraison dans l’esprit et la myrrhe de la mortification dans le corps, et qui seront partout la bonne odeur de Jésus-Christ aux pauvres et aux petits, tandis qu’ils seront une odeur de mort aux grands, aux riches et orgueilleux mondains.

    Le message de Fátima

    Prière et pénitence pour les pauvres pécheurs.

    Mais ce ne sont pas des moyens mécaniques : il faut y mettre foi, confiance en Dieu, abandon de nous même. Comme Isaac lors de son sacrifice, comme Abraham, Jacob et, nous le verrons, Joseph.

    Nous entrons dans la Semaine Sainte. On ne peut se limiter à contemple Jésus qui souffre, il faut voir l’œuvre de salut qu’il accomplit et entrer dans la lutte avec lui.

    Ayant été fort avec Dieu, tu seras puissant parmi les hommes.

    Sœur Lucie au Père Fuentes (extrait)

    « La Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de son message, ni les bons, ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du message. Les mauvais, ne voyant pas tomber sur eux actuellement le châtiment de Dieu, continuent leur vie de péché sans se soucier du message. Mais, croyez-moi, Père, Dieu va châtier le monde et ce sera d’une manière terrible. Le châtiment céleste est imminent.

    Elle a dit, aussi bien à mes cousins qu’à moi-même, que Dieu donnait les deux derniers remèdes au monde : le saint Rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, et ceux-ci étant les deux derniers remèdes, cela signifie qu’il n’y en aura pas d’autres.

    Toujours, dans les plans de la divine Providence, lorsque Dieu va châtier le monde, il épuise auparavant tous les autres recours. Or, quand Il a vu que le monde n’a fait cas d’aucun, alors comme nous dirions dans notre façon imparfaite de parler, Il nous offre avec une certaine crainte le dernier moyen de salut, sa Très Sainte Mère. Car si nous méprisons et repoussons cet ultime moyen, nous n’aurons plus le pardon du Ciel, parce que nous aurons commis un péché que l’Évangile appelle le péché contre l’Esprit Saint, qui consiste à repousser ouvertement, en toute connaissance et volonté, le salut qu’on nous offre. Souvenons-nous que Jésus-Christ est un très bon Fils et qu’il ne permet pas que nous offensions et méprisions sa Très Sainte Mère. Nous avons comme témoignage patent l’histoire de plusieurs siècles de l’Église qui, par des exemples terribles, nous montre comment Notre-Seigneur Jésus-Christ a toujours pris la défense de l’honneur de sa Mère.

    15 min
  • Sermon ~ La Genèse 33. La lutte de Jacob avec l’Ange, modèle du chrétien portant sa croix

    Mes bien chers Frères,

    Vous savez que les évangélistes ont voulu surtout montrer la divinité du Christ et que, pour ce qui est plus concret dans la vie chrétienne, il faut recourir à l’Ancient Testament. C’est ce qu’ont fait les grands Pères de l’Église dans leurs sermons.

    Aujourd’hui, nous méditerons sur la lutte de Jacob avec l’Ange qui lui enseigne à porter sa croix.

    Télécharger

    21 min
  • Sermon ~ La Genèse 32. Jacob persécuté est béni de Dieu

    Mes bien chers Frères,

    Les bénédictions de Dieu sur notre époque se précisent. Elles sont annoncées dans la vie de Jacob fuyant devant son frère qui veut le tuer, volé de façon perverse et répétée par son oncle et, cependant, béni de Dieu — je devrais écrire non pas ‘cependant béni de Dieu’, mais ‘grâce à cela et à toutes ces purifications béni de Dieu’.

    Cette fois-ci la vision de l’échelle de Jacob, dimanche prochain la lutte de Jacob avec l’ange.

    Tout cela sous le regard de Notre Dame à la Salette et à Fatima.

    Que Dieu vous bénisse comme il a béni Jacob !

    Télécharger
    21 min
  • Sermon ~ La Genèse 31. Jacob et Esaü, de l’Ancien Testament à aujourd’hui

    Mes bien chers Frères,

    Puisque la saint Église nous donne à lire en ce samedi de la deuxième semaine de carême l’histoire de Jacob et Esaü, voyons quel en est le sens profond. Pourquoi en plein carême ? Pour nous rappeler une histoire ou pour nous faire entrer dans le sens moral que Dieu a donné à cet événement ? D’une façon vague et générale ou en nous donnant un leçon même si cela peut faire mal ?

    « À la fin mon cœur immaculé triomphera. »

    Télécharger l'audio

    Télécharger le texte de St L. M. Grignion de Montfort

    Pour imprimer le texte de St Grignion de Montfort, choisir impression en pleine page avec retrouver sur les bords courts. Ne pas choisir l’impression au format livret.

    Pour la consécration à Marie : La Très Sainte Vierge et Consécration à Marie

    Texte sacré
    Résumé du sermon

    Texte sacré

    L’histoire de Jacob et Esaü

    Dès le saint maternel, Esaü combat Jacob.

    Rebecca consulte le Seigneur qui lui répond que deux peuples se battent en son sein et que un des deux peuples dominera l’autre, le plus grand servira le plus petit.

    Lorsque le temps où elle devait enfanter fut arrivé, elle se trouva mère de deux jumeaux.

    Celui qui sortit le premier était roux, et tout velu comme une peau, et il fut nommé Esaü. L’autre sortit aussitôt, et il tenait de sa main le pied de son frère. C’est pourquoi il fut nommé Jacob.

    Quand ils furent grands, Esaü devint habile à la chasse, et homme des champs ; mais Jacob était un homme simple, et il demeurait à la maison.

    Isaac aimait Esaü, parce qu’il mangeait de ce qu’il prenait à la chasse ; mais Rébecca aimait Jacob.

    Un jour, Jacob ayant fait cuire de quoi manger, Esaü retourna des champs étant fort las ; et il dit a Jacob : Donne-moi de ce mets roux, parce que je suis extrêmement las. C’est pour cette raison qu’il fut depuis nommé Edom.

    Jacob lui dit : Vends-moi ton droit d’aînesse.

    Esaü lui répondit : Je me meurs ; de quoi me servira mon droit d’aînesse ?

    Jure-le moi donc, lui dit Jacob. Esaü le lui jura, et lui vendit son droit d’aînesse.

    Et ainsi, ayant pris du pain et ce plat de lentilles, il mangea et but, et s’en alla, se mettant peu en peine de ce qu’il avait vendu son droit d’aînesse.

    Esaü ayant quarante ans, épousa Judith, fille de Béeri l’Héthéen, et Basemath, fille d’Elon du même pays   ; qui toutes deux avaient irrité l’esprit d’Isaac et de Rébecca.

    Isaac étant devenu vieux, ses yeux s’obscurcirent de telle sorte qu’il ne pouvait plus voir. Il appela donc Esaü son fils aîné, et lui dit  : Mon fils. Me voici, dit Esaü.

    Son père ajouta  : Tu vois que j’ai vieilli, et que j’ignore le jour de ma mort. Prends tes armes, ton carquois et ton arc, et sors dehors  ; et lorsque tu auras pris quelque chose à la chasse, tu me l’apprêteras comme tu sais que je l’aime (les veux)  ; et tu me l’apporteras afin que j’en mange, et que je te bénisse avant de mourir.

    Rébecca entendit ces paroles  ; et Esaü étant allé dans les champs pour faire ce que son père lui avait commandé, elle dit a Jacob son fils  : J’ai entendu ton père qui parlait à ton frère Esaü, et qui lui disait  : Apporte-moi quelque chose de ta chasse, et prépare-moi de quoi manger, afin que je te bénisse devant le Seigneur avant de mourir.

    Suis donc maintenant, mon fils, le conseil que je vais te donner. Va-t’en (cours) au troupeau, et apporte-moi deux des meilleurs chevreaux, afin que j’en prépare à ton père une sorte de mets que je sais qu’il aime  ; et qu’après que tu le lui auras présenté et qu’il en aura mangé, il te bénisse avant de mourir.

    Jacob lui répondit  : Vous savez que mon frère Esaü a le corps velu, et que moi je n’ai pas de poil. Si mon père vient donc à me toucher et qu’il s’en aperçoive, j’ai peur qu’il ne croie que je l’ai voulu tromper, et qu’ainsi je n’attire sur moi sa malédiction au lieu de sa bénédiction.

    Sa mère lui répondit  : Mon fils, je me charge moi-même de (sur moi soit) cette malédiction  : fais seulement ce que je te conseille (seulement écoute ma voix), et va me chercher ce que je te dis. Il y alla, il l’apporta, et il le donna à sa mère, qui en prépara à manger à son père comme elle savait qu’il l’aimait (les voulait).

    Elle fit prendre ensuite à Jacob de très beaux habits d’Esaü, qu’elle gardait elle-même à la maison. Et elle lui mit autour des mains la peau des chevreaux, et lui en couvrit le cou partout où il était découvert. Puis elle lui donna ce qu’elle avait préparé à manger, et les pains qu’elle avait cuits.

    Jacob porta le tout devant Isaac, et lui dit  : Mon père. Je t’entends, dit Isaac. Qui es-tu, mon fils  ? Jacob lui répondit  : Je suis Esaü votre fils aîné. J’ai fait ce que vous m’avez commandé  : levez-vous, mettez-vous sur votre séant (asseyez-vous), et mangez de ma chasse afin que vous me donniez votre bénédiction.

    Isaac dit encore à son fils  : Mais comment as-tu pu, mon fils, en trouver si tôt  ? Il lui répondit  : Dieu a voulu que ce que je désirais se présentât tout d’un coup à moi. Isaac dit encore  : Approche-toi d’ici, mon fils, afin que je te touche, et que je reconnaisse si tu es mon fils Esaü ou non. Jacob s’approcha de son père  ; et Isaac, l’ayant tâté, dit  : Pour la voix, c’est (certainement) la voix de Jacob  ; mais les mains sont les mains d’Esaü.

    Et il ne le reconnut point, parce que ses mains, étant couvertes de poil, parurent toutes semblables à celle de son aîné. Isaac, le bénissant donc lui dit  : Es-tu mon fils Esaü  ? Je le suis, répondit Jacob.

    Mon fils, ajouta Isaac, apporte-moi à manger de ta chasse, afin que je te bénisse. Jacob lui en présenta  ; et après qu’il en eut mangé, il lui présenta aussi du vin qu’il but.

    Isaac lui dit ensuite  : Approche-toi de moi, mon fils, et viens me (donne-moi un) baiser. Il s’approcha donc de lui, et le baisa. Et Isaac, aussitôt qu’il eut senti la bonne odeur qui sortait de ses habits, lui dit en le bénissant  : (Voici que) L’odeur qui sort de mon fils est semblable à celle d’un champ plein (de fleurs) que le Seigneur a comblé de ses bénédictions.

    Que Dieu te donne une abondance de blé et de vin, de la rosée du ciel et de la graisse de la terre. Que les peuples te soient assujettis, et que les tribus se prosternent devant toi. Sois le seigneur de tes frères, et que les enfants de ta mère se courbent devant toi. Que celui qui te maudira, soit maudit lui-même  ; et que celui qui te bénira, soit comblé de bénédictions.

    Isaac ne faisait que d’achever ces paroles, et Jacob était à peine sorti dehors, lorsqu’Esaü entra et que, présentant à son père ce qu’il avait apprêté de sa chasse, il lui dit  : Levez-vous, mon père, et mangez de la chasse de votre fils, afin que vous me donniez votre bénédiction.

    Isaac lui dit  : Qui es-tu donc  ? Esaü lui répondit  : Je suis Esaü votre fils aîné (premier né).

    Isaac fut frappé d’un profond étonnement  ; et, admirant (surpris) au delà de tout ce qu’on peut croire (de) ce qui était arrivé, il lui dit  : Qui est donc celui qui m’a déjà apporté de ce qu’il avait pris à la chasse, et qui m’a fait manger de tout avant que tu vinsses  ? (et) je lui ai donné ma bénédiction, et il sera béni.

    Esaü, à ces paroles de son père, jeta un cri furieux  ; et, étant dans une extrême consternation, il lui dit  : Donnez-moi aussi votre bénédiction, mon père.

    Isaac lui répondit  : Ton frère m’est venu surprendre (frauduleusement), et il a reçu la bénédiction qui t’était due.

    C’est avec raison, dit Esaü, qu’il a été appelé Jacob  ; car voici la seconde fois qu’il m’a supplanté. Il m’a enlevé auparavant mon droit d’aînesse  ; et présentement il vient encore de me dérober la bénédiction qui m’était due. Mais, mon père, ajouta Esaü, ne m’avez-vous point réservé aussi une bénédiction  ?

    Isaac lui répondit  : Je l’ai établi ton seigneur, et j’ai assujetti à sa domination tous ses frères. Je l’ai affermi dans la possession du blé et du vin  ; et après cela, mon fils, que me reste-t-il que je puisse faire pour toi  ?

    Esaü lui repartit  : N’avez-vous donc, mon père, qu’une seule bénédiction  ? Je vous conjure de me bénir aussi. Il jeta ensuite de grands cris mêlés de larmes.

    Et Isaac, en étant touché, lui dit  : Ta bénédiction sera dans la graisse de la terre et dans la rosée du ciel qui vient d’en haut. Tu vivras de l’épée, tu serviras ton frère, et le temps viendra que tu secoueras son joug, et que tu t’en délivreras.

    Esaü haïssait donc constamment Jacob, à cause de cette bénédiction qu’il avait reçue de son père  ; et il disait en lui-même  : Le temps de la mort de mon père viendra, et alors je tuerai mon frère Jacob.

    Résumé du sermon

    1. L’histoire

    Jacob est un homme intérieur

    Esaü veut que Dieu bénisse son amour des biens de la terre.

    2. le sens prophétique : les deux peuples le plus petit domine le plus grand.

    3. le sens moral : les deux espèces d’homme. Le plus petit aux yeux du monde dominera le plus grand aux yeux du monde.

    4. applications pratiques

    Mgr Williamson le plus petit avec sa petite Fidélité Catholique. La Fraternité Saint Pie X la plus grande. L’un a la foi, l’autre laisse tomber la foi (lettre de l’abbé Pagliarani) et part à la chasse.

    Pour un plat de lentilles, elle vend son droit d’aînesse qu’elle avait reçu de Mgr Lefebvre. Ct Mgr Williamson qui le recueille.

    Mgr Williamson, avec l’aide de Rebecca, c’est-à-dire de la Très Sainte Vierge, prépare des chevreaux au goût d’Isaac (Jésus-Christ).

    Lorsque la Fraternité Saint Pie X-Esaü s’aperçoit qu’elle a perdu la bénédiction, elle rugit pour que Dieu bénisse quand même son amour du monde. Et elle reçoit : « Ta bénédiction sera dans la graisse de la terre et dans la rosée du ciel qui vient d’en haut. Tu vivras de l’épée, tu serviras ton frère, et le temps viendra que tu secoueras son joug, et que tu t’en délivreras. »

    Pourquoi les deux reçoivent-ils une bénédiction dans la graisse de la terre ? parce que « cherchez le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît. » Mais celle de Jacob s’accompagne de la richesse du rayonnement de la foi, celle d’Esaü s’accompagne de l’épée et de la révolte.

    23 min
  • Sermon ~ La Genèse 30. Les puits d’Isaac et la Fraternité Saint Pie X

    Mes bien chers Frères,

    L’Écriture Sainte nous a été donnée pour notre instruction, pour former notre jugement sur les choses de Dieu. Isaac qui, sans se lasser creuse cinq fois des puits que les Philistins lui bouchent, met en vive lumière ce que doit être l’action de l’Église, ce que, hélas, la Fraternité Saint Pie X n’a pas compris ou, plutôt refuse de comprendre. Faudra-t-il que les peuples meurent de soif auprès de puits que la Fraternité Saint ¨Pie X aura refusé de déboucher ?

    Voilà pourquoi le sermon est un peu plus long que d’habitude. Un peu. Mais je suis certain que vous ne le regretterez pas.

    Télécharger le sermon

    Télécharger le commentaire d'Origène

    Télécharger la lettre de la Fté St Pie X au Cardinal Feernandez

    Commentaire d’Origène
    Échange de lettres entre la Fraternité Saint Pie X et le Dicastère pour la doctrine de la foi

    Commentaire d’Origène

    Nous trouvons sans cesse les patriarches en train de creuser des puits.

    L’Écriture rapporte, en effet, qu’Isaac, lorsque « Dieu l’eut béni et comblé de richesses », entreprit une grande œuvre : « Il se mit à creuser des puits, ces puits qu’avaient creusés ses serviteurs au temps de son père Abraham et que les Philistins avaient bouchés et remplis de terre. » Or « il campa d’abord près du puits de vision », et c’est illuminé par le puits de la vision qu’il entreprit de déboucher les autres puits. Non pas en premier lieu des puits nouveaux, mais ceux qu’avaient déjà creusés son père Abraham.

    Lorsqu’il eut creusé un premier puits, « les Philistins lui portèrent envie ». Mais il ne se laissa pas intimider par leur jalousie et ne plia pas devant l’envie : « Il creusa de nouveau les puits qu’avaient creusés les serviteurs d’Abraham son père et qu’avaient obstrués les Philistins après la mort d’Abraham son père. Et il leur donna les mêmes noms que son père leur, avait donnés. » Ainsi creusa-t-il les puits que son père avait creusés et que les Philistins, par malveil­lance, avaient comblés de terre. Il en creusa aussi de nouveaux dans la vallée de Gérare ; pas lui toutefois, mais ses serviteurs : « Et il trouva là un puits d’eau vive. Mais les bergers de Gérare se querellè­rent avec les bergers d’Isaac en disant que l’eau était à eux. Et il nomma le puits : Injustice, car ils avaient agi injustement envers lui. » Mais Isaac s’éloigne, échappant à leur méchanceté. « Et il creusa un autre puits au sujet duquel il y eut encore une querelle. Et il le nomma : Inimitié. Et il s’éloigna. Et il creusa encore un autre puits au sujet duquel il n’y eut pas de querelle. Il le nomma Abondance, car maintenant, dit-il, Dieu nous a mis au large et nous a fait croître dans le pays. »

    À juste titre, le saint Apôtre, considérant la profondeur des mystères, dit quelque part : « Et qui donc les peut pénétrer ? » De la même manière — ou plutôt bien différemment, puisque nous sommes tellement au-dessous de lui ! — apercevant nous aussi tant de profondeur dans les mystères des puits, nous disons : « Et qui donc les peut pénétrer ? » Oui, qui pourrait expliquer dignement les secrets de ces puits si profonds ou ceux des actes qui sont rapportés à leur sujet ? Invoquons donc le Père de la Parole Vivante, qu’il daigne mettre sa parole dans notre bouche, afin qu’à votre soif nous puissions offrir un peu d’eau vive puisée à ces puits si abondants et si nombreux.

    — Il y a donc les puits que les serviteurs d’Abraham ont creusés, mais les Philistins les ont comblés de terre. C’est eux qu’Isaac entreprend d’abord de déblayer. Les Philistins détestent les eaux et aiment la terre. Isaac aime les eaux ; il recherche les puits, déblaye les anciens, en ouvre de nouveaux.

    Contemplez notre Isaac, celui « qui s’est offert en victime pour nous » : il vient dans la vallée de Gérare, dont le nom signifie « muraille » ou « barrière » ; il vient « renverser le mur de séparation, l’inimitié, dans sa chair » ; il vient enlever la barrière, c’est-à-dire le péché qui met une séparation entre nous et Dieu, cette barrière qui s’élève entre nous et les vertus célestes ; par là, « des deux peuples il n’en fait qu’un », et la brebis perdue, voici que « sur ses épaules » il la ramène jusqu’aux montagnes et la rend aux « quatre-vingt dix-neuf autres qui n’étaient pas perdues ».

    Notre Sauveur, cet Isaac, une fois dans cette vallée de Gérare, veut donc avant tout creuser les puits qu’avaient creusés les serviteurs de son Père ; autrement dit, il veut renouveler les puits de la loi et des prophètes, obstrués par les Philistins.

    Mais quels sont ceux qui remplissent les puits de terre ? — Ceux, à n’en pas douter, qui donnent à la loi un sens terrestre et charnel et lui interdisent un sens spirituel et mystique, en sorte qu’ils ne s’y abreuvent pas ni ne permettent aux autres de le faire. Écoutez ce qu’Isaac, notre Sauveur Jésus-Christ, dit dans l’Évangile : « Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous avez enlevé la clé de la science ; vous-mêmes n’êtes point entrés et vous avez empêché ceux qui voulaient entrer. » Les voilà donc, ceux qui comblent de terre « les puits creusés par les serviteurs d’Abraham » ; ils enseignent la loi charnellement et ils souillent les eaux du Saint-Esprit. Ils possèdent des puits non pour en tirer de l’eau, mais pour y jeter de la terre. — Tels sont les puits qu’Isaac entreprend de creuser. Voyons maintenant comment il s’y prend.

    Les serviteurs d’Isaac, ce sont les Apôtres de notre Seigneur. « Un jour de Sabbat qu’ils passaient au travers des moissons, ils arra­chaient des épis et, les froissant dans leurs mains, les mangeaient. » Là-dessus, réflexion de ceux qui avaient obstrué les puits de son Père : « Voici que tes disciples font ce qui n’est pas permis le jour du sabbat. » Mais lui, essayant de dégager leur esprit enlisé, leur dit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David quand il eut faim, lui et ses compagnons ; comment il entra chez le grand-prêtre Abiathar et mangea, lui et ses serviteurs, les pains de proposition qu’il n’était permis de manger qu’aux seuls prêtres ? » — Et il ajouta : « Si vous compreniez cette parole : Je veux la miséricorde et non le sacrifice, vous n’auriez jamais condamné des innocents ». — Mais eux, à cela, que repartent-ils ? Ils s’en prennent à ses serviteurs et disent : « Cet homme n’est pas envoyé de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat. » Telle est donc la façon dont Isaac recreusa les puits « qu’avaient creusés les serviteurs de son Père ».

    Moïse était serviteur de son Père, lui qui avait creusé le puits de la loi ; David, Salomon, les prophètes et d’autres étaient serviteurs de son Père, eux qui avaient écrit les livres de l’Ancien Testament, ces livres que submergea l’interprétation toute terrestre et grossière des Juifs.

    Aussi lorsque (notre) Isaac voulut leur rendre leur pureté et montrer que tout ce que « la loi et les prophètes » avaient dit « était dit de lui-même », nos Philistins lui cherchèrent querelle. Mais il s’éloigne. Il ne peut rester avec ceux qui, au lieu d’eau dans leurs puits, veulent de la terre. Il leur dit : « Voici que votre maison vous sera laissée solitaire. »

    Alors Isaac, ou plutôt ses serviteurs creusent de nouveaux puits. Serviteurs d’Isaac, Matthieu, Marc, Luc et Jean ; serviteurs, Pierre, Jacques et Jude ; serviteur, l’Apôtre Paul ; tous, puisatiers du Nouveau Testament. Mais contre eux s’élèvent « ceux qui n’ont de goût que pour les choses terrestres », ceux qui ne laissent ni découvrir du nouveau, ni purifier l’ancien. Ils s’attaquent aux puits évangéliques, ils sont les adversaires des puits apostoliques. Et parce qu’ils s’attaquent à tout et s’en prennent à tout, c’est pour eux qu’il est dit : « Puisque vous vous jugez indignes de la grâce de Dieu, désormais nous irons aux Gentils. »

    — Après cela, Isaac creusa un troisième puits, « et il nomma ce lieu : Abondance, disant : Maintenant, le Seigneur nous a mis au large et nous a fait croître dans le pays ».

    Vraiment, Isaac a été mis au large et son nom a grandi sur toute la terre quand il nous a remplis de la connaissance de la Trinité. Car autrefois « Dieu n’était connu qu’en Judée et c’était en Israël seulement que l’on invoquait son grand nom », tandis que mainte­nant « leur son parcourt toute la terre et leurs accents vont jusqu’aux extrémités du monde ».

    Les serviteurs d’Isaac se sont répandus sur toute la surface de la terre ils ont creusé des puits, ils ont montré « l’eau vive » à tous, « bapti­sant toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », car « au Seigneur appartient la terre et tout ce qu’elle renferme ».

    Or, quiconque est parmi nous ministre de la parole de Dieu, creuse un puits et cherche de « l’eau vive » dont il réconforte ses auditeurs. Si donc je me mets, moi aussi, à expliquer les paroles des anciens, si j’y cherche un sens spirituel, si j’essaye d’enlever « le voile de la loi » et de montrer que l’Écriture a « un sens allégorique », pour ma part je creuse des puits. Mais aussitôt les amis de la « lettre » d’élever contre moi des calomnies, de m’attaquer, de manigancer sans trêve des oppositions et des poursuites, disant qu’il ne peut y avoir de vérité que sur la terre.

    Pour nous, puisque nous sommes serviteurs d’Isaac, aimons les puits d’eau vive et les sources. Éloignons-nous de ces brouillons et de ces menteurs et laissons-les à la terre qu’ils aiment. Ne cessons jamais de creuser des puits d’eau vive. Et dans nos explications de l’ancien comme du nouveau, rendons-nous semblables à ce Scribe de l’Évan­gile dont le Seigneur a dit « qu’il tire de son trésor des choses nou­velles et des choses anciennes ».

    Si, parmi ceux qui m’écoutent discourir, il en est un de versé dans les lettres profanes, peut-être pense-t-il : « Tu nous empruntes ce que tu dis et c’est là la science de notre profession. Cette éloquence avec laquelle tu dissertes et enseignes, c’est la nôtre. » — Il me cherche querelle, comme un Philistin qui dirait : « C’est sur mon terrain que tu as creusé ton puits », s’imaginant revendiquer à bon droit ce qui est son propre domaine.

    À cela, je répondrai que toute terre contient des eaux, mais qu’un Philistin qui « n’a de goût que pour les choses terrestres » ne sait pas, en toute terre, découvrir de l’eau ; il ne sait pas en toute âme décou­vrir la raison (rationabilem sensum) et l’image de Dieu ; il ne sait pas qu’il peut y avoir chez tous foi, piété, sens religieux. À quoi vous sert l’instruction si vous ne savez pas vous en servir, et la parole, si vous ne savez pas parler ?

    C’est là justement l’œuvre des serviteurs d’Isaac : en toute terre, ils creusent des puits d’eau vive, c’est-à-dire qu’à toute âme ils disent « la parole de Dieu » et ils en recueillent le fruit.

    Voulez-vous voir maintenant les grands puits qu’un seul des serviteurs d’Isaac a creusés en terre étrangère ? Regardez Paul qui, « depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu’à l’Illyrie, a porté partout l’Évangile de Dieu ». À chacun de ces puits, il a subi les persécutions des Philistins. Écoutez-le : « Que d’ennuis à Iconium, à Lystres », et « à Ephèse » ! Combien de fois a-t-il été battu et lapidé ? « Combien de fois a-t-il combattu contre les bêtes ? » Mais il a persévéré jusqu’à ce qu’il parvînt « à la plénitude », c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il eût établi les Églises sur toute la surface de la terre.

    Ainsi donc les puits creusés par Abraham, c’est-à-dire les écrits de l’Ancien Testament, ont été remplis de terre par les Philistins, que ce fussent de mauvais docteurs, Scribes et Pharisiens, ou les puissances adverses : leurs ouvertures furent bouchées, pour qu’ils ne pussent donner à boire aux descen­dants d’Abraham, Oui, ce peuple ne peut pas boire aux Écritures, et « la soif de la parole de Dieu » le tour­mente, jusqu’à la venue d’Isaac qui dégage les puits où boiront ses serviteurs. — Soyons donc pleins de reconnaissance pour le Christ fils d’Abraham — dont il est dit : « Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham », — qui est venu et nous a déblayé les puits. Il les déblayait pour ceux qui disaient : « Est-ce que notre cœur n’était pas brûlant en nous quand il nous ouvrait les Écritures ? » Ainsi ouvrit-il ces puits et « il les nomma comme les avait nommés Abraham son père », car il ne les changea pas de nom.

    On peut s’étonner que Moïse ait encore gardé pour nous son nom de Moïse, et chaque prophète le sien. C’est que le Christ, sans les changer de nom, a changé la manière de les entendre. Il a opéré ce changement de nous détourner désormais des « fables judaïques » et des « généalogies indéfinies », car il est dit : « ils ferment leurs oreilles à la vérité et les ouvrent à des fables. »

    Ainsi a-t-il ouvert les puits : il nous a enseigné que Dieu n’est pas à chercher en un lieu déterminé, et nous a appris qu’ « un sacrifice est offert à son nom en tout endroit de la terre ». C’est maintenant en effet « le temps où les vrais adorateurs adorent le Père », non plus à Jérusalem ni sur le mont Garizim, « mais en esprit et en vérité ». Ce n’est donc pas dans un lieu ni sur la terre que Dieu habite, mais dans le cœur. Vous cherchez alors où se trouve Dieu ? Dieu se trouve en un cœur pur. C’est là en effet qu’il fera sa demeure, selon qu’il l’a dit par le prophète : « J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux, et ils seront mon peuple et je serai leur Dieu, dit le Seigneur. »

    Remarquez bien que chacune de nos âmes contient en quelque sorte un puits d’eau vive, il y a en elle un certain sens céleste, une image de Dieu enfouie ; c’est ce puits que les Philistins, c’est-à-dire les puissances adverses, ont obstrué de terre. De quelle terre ? Des comportements charnels (carnalibus sensibus), des pensées terrestres, et c’est pourquoi « nous avons porté l’image de l’homme terrestre ». C’est quand nous portions cette image de l’homme terrestre que les Philistins obstruèrent nos puits de terre. Mais maintenant qu’est venu notre Isaac, accueillons sa venue et creusons nos puits ; rejetons-en la terre, purifions-les de toute ordure, de toute pensée fangeuse et terrestre : nous trouverons en eux l’eau vive, cette eau dont le Seigneur dit : « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive sortiront de sa poitrine ». Et remarquez la libéralité du Seigneur ; ce sont des puits que les Philistins ont comblés et de maigres filets d’eau qu’ils nous ont disputés ; à leur place, il nous est rendu des sources et des fleuves.

    — Si vous, qui m’écoutez aujourd’hui, vous recueillez fidèlement ce que vous entendez, Isaac travaille aussi en vous et purifie vos cœurs des comportements terrestres. Sachant que de si profonds mystères sont cachés dans les divines Écritures, vous progressez en discerne­ment, vous progressez en comportements spirituels. Vous deviendrez docteurs à votre tour, et il émanera de vous « des fleuves d’eau vive ». Car il est là, le Verbe de Dieu, et son opération actuelle est d’écarter la terre de votre âme à chacun, pour faire jaillir votre source. Cette source est en vous et ne vient pas du dehors, comme « le royaume de Dieu qui est en vous ».

    Ce n’est pas au dehors, mais chez elle, que la femme qui avait perdu sa drachme la retrouva : « Elle avait allumé sa lampe, elle avait balayé sa maison » des ordures et des saletés qu’y avait accumulées une longue et paresseuse négligence ; et c’est là qu’elle retrouva sa drachme. — Quant à vous, si vous allumez votre lampe, si vous vous servez de l’illumination du Saint-Esprit, « si vous voyez la lumière dans sa lumière », vous trouverez la drachme en vous. Car c’est en vous que se trouve l’image du roi céleste.

    Quand Dieu fit l’homme, au commencement, « il le fit à son image et ressemblance » ; et il n’imprima pas cette image à l’extérieur, mais au dedans de lui. On ne pouvait pas la voir en vous, tant que votre maison était sale, pleine d’ordures et de plâtras. Cette source de perfection était en vous, mais elle ne pouvait pas jaillir, puisque les Philistins l’avaient remplie de terre et vous avaient fait ressembler à l’homme terrestre ». Ainsi vous avez porté, jadis, l’image de l’homme terrestre ; mais après ce que vous venez d’entendre, débarrassés par le Verbe de Dieu de cette grande masse de terre qui vous oppressait, faites resplendir en vous, maintenant, « l’image de l’homme céleste ».

    C’est cette image dont le Père disait au Fils : « Faisons l’homme à notre image et ressemblance. »

    L’artisan de cette image est le Fils de Dieu. Artisan d’une telle valeur, que son image peut bien être obscurcie par la négligence, mais non pas détruite par la malice. L’image de Dieu demeure toujours en vous, même quand vous y superposez de vous-même celle de l» homme terrestre ».

    Le tableau de celui-ci, c’est vous qui en êtes le peintre. La luxure vous a terni ? C’est une première couleur terrestre dont vous vous êtes recouvert. L’avarice vous brûle ? C’est une autre couleur que vous y avez mêlée. La colère vous emporte ? C’est une troisième couleur que vous ajoutez. Et l’orgueil en apporte une autre, et l’impiété une autre. Ainsi vous êtes le peintre, par toutes sortes de fautes qui, réunies, en sont pour ainsi dire les diverses couleurs, de cette « image de l’homme terrestre » que Dieu n’a pas mise en vous. Aussi nous faut-il prier Celui qui dit par les prophètes : « Voici que je détruis tes iniquités comme une vapeur et tes péchés comme de la fumée. » — Lorsqu’il aura détruit en vous toutes ces vilaines couleurs tirées des noirceurs de la malice, alors c’est la belle image créée par Dieu qui resplendira en vous. — Ainsi vous voyez comment les divines Écritures proposent des représentations et des figures qui renseignent l’âme sur la connaissance et la purification de soi.

    Vous voulez encore voir une autre description de cette image ? Eh bien, il y a le billet que Dieu écrit et il y a celui que nous écrivons, nous. Écoutez l’Apôtre : « Détruisant l’acte qui était écrit contre nous dans les décrets et nous était contraire, il l’a fait disparaître en le clouant à la croix. » Cet acte dont il parle était un « reçu » de nos péchés. Car chacun de nous est débiteur de ses fautes et écrit le billet (de reconnaissance) de son péché. Au jugement de Dieu, que Daniel représente assis, il y a, dit-il, « des livres ouverts », pour contenir, sans doute, les péchés des hommes. C’est nous qui les avons écrits contre nous avec nos fautes. Et cela trouve une illustration dans l’Évangile, quand il est raconté de l’économe d’iniquité qu’il dit à chaque débiteur : « Prends ton billet, assieds-toi et écris : quatre-vingts » et la suite. C’est bien à chacun, n’est-ce pas, qu’il est dit : « Prends ton billet ». D’où il ressort que notre billet est un billet de péché ; tandis que le billet de justice, c’est Dieu qui l’écrit. En ce sens l’Apôtre dit : « Vous êtes ma lettre écrite, non avec de l’encre, mais par l’Esprit de Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs. » Vous avez donc en vous le billet de Dieu et le billet du Saint-Esprit. Mais si vous péchez, vous signez contre vous l’acte écrit du péché. Remarquez, que lorsque vous êtes venus à la croix du Christ et à la grâce du baptême, votre écrit a été crucifié et a été effacé dans l’eau du baptême. N’écrivez pas à nouveau ce qui a été effacé, ne rétablissez pas ce qui a été supprimé : ne gardez en vous que le billet de Dieu, ne conservez en vous que l’écriture du Saint-Esprit.

    Mais revenons à Isaac et creusons avec lui des puits d’eau vive. Les Philistins peuvent susciter des oppositions et des querelles, n’en persévérons pas moins avec Isaac à creuser des puits, jusqu’à ce qu’il nous soit dit : « Bois de l’eau de tes puits et de tes sources ». Creusons au point que les eaux du puits surabondent sur « nos places publiques », creusons au point d’arriver à une science des Écritures suffisante non seulement pour nous, mais pour enseigner les autres et les instruire, creusons pour que boivent les hommes, creusons pour que boivent aussi les troupeaux. Écoutez, sages, écoutez, simples : « Le docteur de l’Église est débiteur envers les savants comme envers les ignorants » ; il doit abreuver les hommes et il doit abreuver les troupeaux, car le Prophète a dit : « Seigneur, tu sauveras hommes et bêtes ». — Pour cela, daigne le Seigneur Jésus lui-même, notre Sauveur, nous illuminer et purifier nos cœurs, « Lui à qui appartiennent la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

    Réponse du Conseil général de la Fraternité Saint-Pie X
    au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et annexes

    Source : FSSPX Actualités

    Menzingen, le 18 février 2026 
    Mercredi des Cendres

    Éminence Révérendissime,

    Tout d’abord, je vous remercie de m’avoir reçu le 12 février dernier, ainsi que d’avoir rendu public le con­tenu de notre rencontre, ce qui favorise une parfaite transparence dans la communication.

    Je ne peux qu’accueillir favorablement l’ouverture à une discussion doctrinale, manifestée aujourd’hui par le Saint-Siège, pour la simple raison que c’est moi-même qui l’avais proposée il y a exactement sept ans, dans une lettre datée du 17 janvier 2019 1. À l’époque, le Dicastère n’avait pas vraiment exprimé d’intérêt pour une telle discussion, au motif – exposé oralement – qu’un accord doctrinal entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X était impossible.

    Du côté de la Fraternité, une discussion doctrinale était – et demeure toujours – souhaitable et utile. En effet, même si l’on ne parvient pas à se mettre d’accord, des échanges fraternels permettent de mieux se connaître mutuellement, d’affiner et d’approfondir ses propres arguments, de mieux saisir l’esprit et les intentions qui animent les positions de son interlocuteur, surtout son amour réel pour la Vérité, pour les âmes et pour l’Église. Cela vaut, en tout temps, pour les deux parties.

    Telle était précisément mon intention, en 2019, lorsque j’ai suggéré une discussion dans un moment serein et pacifique, sans la pression ou la menace d’une éven­tuelle excommunication qui aurait rendu le dialogue un peu moins libre – ce qui, malheureusement, se produit aujourd’hui.

    Cela dit, si je me réjouis, bien sûr, d’une nouvelle ouverture au dialogue et d’une réponse positive à ma proposition de 2019, je ne puis accepter, par honnêteté intellectuelle et fidélité sacerdotale, devant Dieu et devant les âmes, la perspective et les objectifs au nom desquels le Dicastère propose une reprise du dialogue dans la situation actuelle ; ni, d’ailleurs, le report de la date du 1er juillet.

    Je vous en expose respectueusement les raisons, aux­quelles j’ajouterai quelques considérations complé­mentaires.

    1. Nous savons d’avance tous deux que nous ne pouvons pas nous mettre d’accord sur le plan doctrinal, en particulier concernant les orientations fondamen­tales prises depuis le Concile Vatican II. Ce désaccord, du côté de la Fraternité, ne relève pas d’une simple divergence de vue, mais d’un véritable cas de cons­cience, né de ce qui s’avère une rupture avec la Tradi­tion de l’Église. Ce nœud complexe est malheureuse­ment devenu encore plus inextricable avec les dévelop­pements doctrinaux et pastoraux survenus au cours des récents pontificats.
    2. Je ne vois donc pas comment un processus de dialogue commun pourrait aboutir à déterminer ensemble ce qui constituerait « les exigences minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique », puisque – comme vous l’avez vous-même rappelé avec franchise – les textes du Concile ne peuvent être corrigés, ni la légitimité de la Réforme liturgique remise en cause.

      • Ce dialogue est censé permettre de clarifier l’inter­prétation du Concile Vatican II. Mais celle-ci est déjà clairement donnée dans le post-Concile et les docu­ments successifs du Saint-Siège. Le Concile Vatican II ne constitue pas un ensemble de textes librement inter­prétables : il a été reçu, développé et appliqué depuis soixante ans, par les papes qui se sont succédé, selon des orientations doctrinales et pastorales précises.
      • Cette lecture officielle s’exprime, par exemple, dans des textes majeurs tels que Redemptor hominis, Ut unum sint, Evangelii gaudium ou Amoris lætitia. Elle se manifeste également dans la Réforme liturgique, comprise à la lumière des principes réaffirmés dans Traditionis custodes.Tous ces documents montrent que le cadre doctrinal et pastoral dans lequel le Saint-Siège entend situer toute discussion est d’ores et déjà déterminé.

        • Le dialogue proposé se présente aujourd’hui dans des circonstances qui ne peuvent être ignorées. En effet, nous attendions depuis sept ans un accueil favorable à la proposition de discussion doctrinale formulée en 2019. Plus récemment, nous avons écrit par deux fois au Saint-Père : afin de solliciter d’abord une audience, puis pour exposer avec clarté et respect nos besoins et la situation concrète de la Fraternité.
        • Or, après un long silence, ce n’est qu’au moment où des sacres épiscopaux sont évoqués que l’on propose la reprise d’un dialogue, lequel apparaît donc comme dilatoire et conditionné. En effet, la main tendue de l’ouverture au dialogue s’accompagne malheureuse­ment d’une autre main déjà prête à infliger des sanc­tions. Il est question de rupture de communion, de schisme 2 et de « graves conséquences ». Qui plus est, cette menace est désormais publique, ce qui crée une pression difficilement compatible avec un vrai désir d’échanges fraternels et de dialogue constructif.

          • Par ailleurs, il ne nous paraît pas possible d’entre­prendre un dialogue pour définir quels seraient les minima nécessaires à la communion ecclésiale, tout simplement parce que cette tâche ne nous appartient pas. Tout au long des siècles, les critères d’apparte­nance à l’Église ont été établis et définis par le Magis­tère. Ce qui devait être cru obligatoirement pour être catholique a toujours été enseigné avec autorité, dans une fidélité constante à la Tradition.
          • Dès lors, on ne voit pas comment ces critères pourraient faire l’objet d’un discernement commun par le moyen d’un dialogue, ni comment ils pourraient être réévalués aujourd’hui au point de ne plus correspondre à ce que la Tradition de l’Église a toujours enseigné, et que nous désirons observer fidèlement, à notre place.

            • Enfin, si un dialogue est envisagé en vue d’aboutir à une déclaration doctrinale que la Fraternité puisse accepter, concernant le Concile Vatican II, nous ne pouvons ignorer les précédents historiques des efforts déployés en ce sens. J’attire votre attention en particu­lier sur le plus récent : le Saint-Siège et la Fraternité ont eu un long parcours de dialogue, commencé en 2009, particulièrement intense pendant deux ans, puis pour­suivi de manière plus sporadique jusqu’au 6 juin 2017. Pendant toutes ces années, on a cherché à atteindre ce que le Dicastère propose maintenant.
            • Or, tout s’est finalement terminé de manière drastique par une décision unilatérale du préfet de la Congréga­tion pour la Doctrine de la foi, le cardinal Müller, qui, en juin 2017, a solennellement établi, à sa manière, les « minima nécessaires pour la pleine communion avec l’Église catholique », incluant explicitement tout le Concile et le post-Concile 3. Cela montre que, si l’on s’obstine dans un dialogue doctrinal trop forcé et sans suffisamment de sérénité, à long terme, au lieu d’obte­nir un résultat satisfaisant, on ne fait qu’aggraver la situation.

              Ainsi, dans le constat partagé que nous ne pouvons pas trouver d’accord sur la doctrine, il me semble que le seul point sur lequel nous pouvons nous rejoindre est celui de la charité envers les âmes et envers l’Église.

              En tant que cardinal et évêque, vous êtes avant tout un pasteur : permettez-moi de m’adresser à vous à ce titre. La Fraternité est une réalité objective : elle existe. C’est pourquoi, au fil des années, les Souverains Pontifes ont pris acte de cette existence et, par des actes concrets et significatifs, ont reconnu la valeur du bien qu’elle peut accomplir, malgré sa situation canonique. C’est égale­ment pour cela que nous nous parlons aujourd’hui.

              Cette même Fraternité vous demande uniquement de pouvoir continuer à faire ce même bien aux âmes aux­quelles elle administre les saints sacrements. Elle ne vous demande rien d’autre, aucun privilège, ni même une régularisation canonique qui, dans l’état actuel des choses, s’avère impraticable en raison des divergences doctrinales. La Fraternité ne peut pas abandonner les âmes. Le besoin des sacres est un besoin concret à court terme pour la survie de la Tradition, au service de la sainte Église catholique.

              Nous pouvons être d’accord sur un point : aucun d’entre nous ne souhaite rouvrir des blessures. Je ne répéterai pas ici tout ce que nous avons déjà exprimé dans la lettre adressée au pape Léon XIV, et dont vous avez directement connaissance. Je souligne seulement que, dans la situation présente, la seule voie réellement praticable est celle de la charité.

              Au cours de la dernière décennie, le pape François et vous-même avez abondamment prôné « l’écoute » et la compréhension des situations particulières, complexes, exceptionnelles, étrangères aux schémas ordinaires. Vous avez également souhaité une utilisation du droit qui soit toujours pastorale, flexible et raisonnable, sans prétendre tout résoudre par des automatismes juri­diques et des schémas préétablis. La Fraternité ne vous demande rien d’autre dans le moment présent – et surtout elle ne le demande pas pour elle-même : elle le demande pour ces âmes dont, comme déjà promis au Saint-Père, elle n’a d’autre intention que de faire de véritables enfants de l’Église romaine.

              Enfin, il est un autre point sur lequel nous sommes éga­lement d’accord, et qui doit nous encourager : le temps qui nous sépare du 1er juillet est celui de la prière. C’est un moment où nous implorons du Ciel une grâce spé­ciale et, de la part du Saint-Siège, de la compréhension. Je prie en particulier pour vous le Saint-Esprit et – ne le prenez pas comme une provocation – son épouse très sainte, la Médiatrice de toutes les grâces.

              Je tiens à vous remercier sincèrement pour l’attention que vous m’avez accordée, et pour l’intérêt que vous voudrez bien porter à la présente question.

              Veuillez agréer, Éminence Révérendissime, l’expres­sion de mes salutations les plus distinguées et de mon dévouement dans le Seigneur.

              Davide Pagliarani, Supérieur général
              + Alfonso de Galarreta, Premier Assistant général 
              Christian Bouchacourt, Second Assistant général
              + Bernard Fellay, Premier Conseiller général, Ancien Supérieur général
              Franz Schmidberger, Second Conseiller général, Ancien Supérieur général

              Annexe I : Lettre de l’abbé Pagliarani à Mgr Pozzo, du 17 janvier 2019
              Annexe II : Ordre et juridiction : inanité de l’accusation de schisme
              Annexe III : Lettre du Cardinal Müller à Mgr Fellay, du 6 juin 2017

              • 1 Cf. Annexe I.
              • 2 La Fraternité se défend pourtant de toute accusa­tion de schisme et considère, appuyée sur toute la théo­logie traditionnelle et l’enseignement constant de l’Église, qu’une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège, lorsqu’elle ne s’accompagne ni d’une intention schismatique, ni de la collation de la juridiction, ne constitue pas une rupture de la commu­nion de l’Église. Cf. Annexe II.
              • 3 Cf. Annexe III.
              • Lettre du cardinal Müller à Mgr Fellay, du 6 juin 2017

                Source : FSSPX Actualités

                Le 26 juin 2017, Mgr Bernard Fellay, Supérieur géné­ral de la Fraternité Saint-Pie X, recevait du cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, une lettre datée du 6 juin précédent, dans laquelle le prélat allemand énonçait, avec l’approbation du pape François, les conditions d’une déclaration doctrinale, préalable à toute recon­naissance canonique de la Fraternité.

                Excellence,

                Comme vous le savez, le Pape François a manifesté, à maintes reprises, sa bienveillance envers votre Frater­nité Sacerdotale, en accordant en particulier, à tous les prêtres membres, la faculté de confesser de manière valide les fidèles et en autorisant les Ordinaires des lieux à concéder des licences pour la célébration des mariages des fidèles qui suivent l’activité pastorale dans votre Fraternité. D’autre part, la discussion se poursuit au sujet des questions relatives au plein réta­blissement de la communion de votre Fraternité avec l’Église catholique.

                À ce sujet, avec l’approbation du Souverain Pontife, j’ai jugé nécessaire de soumettre à la Session Ordinaire de notre Congrégation, réunie le 10 mai dernier, le texte de la Déclaration doctrinale qui vous a été transmis durant la rencontre du 13 juin 2016, comme condition nécessaire en vue du plein rétablissement de la commu­nion. Voici à ce propos, les décisions unanimes de tous les Membres de notre Dicastère :

                1. Il est nécessaire d’exiger des membres de la Frater­nité Sacerdotale Saint-Pie X l’adhésion à la nouvelle formule de la Professio fidei (profession de foi) datant de 1988. En conséquence, il n’est plus suffisant de leur demander d’émettre la Professio fidei de 1962.
                2. Le nouveau texte de la Déclaration doctrinale doit comporter un paragraphe dans lequel les signataires déclarent, de manière explicite, leur acceptation des en­seignements du Concile Vatican II et ceux de la période post conciliaire, en accordant auxdites affirmations doctrinales le degré d’adhésion qui leur est dû.
                3. Les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X doivent reconnaître, non seulement la validité, mais aussi la légitimité du Rite de la Sainte Messe et des Sacrements, selon les livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican II.
                4. Au cours de l’Audience accordée au Cardinal Préfet, le 20 mai 2017, le Souverain Pontife a approuvé ces déci­sions.

                  En vous les communiquant, je vous serais reconnais­sant de bien vouloir les faire connaître aux membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

                  Vous assurant de ma prière pour votre délicate mission, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments dévoués dans le Seigneur.

                  Gerhard Card. Müller, Préfet

                  Lettre de l’abbé Pagliarani à Mgr Pozzo, du 17 janvier 2019

                  Source : FSSPX Actualités

                  Lettre adressée par le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, le 17 janvier 2019.

                  Excellence Révérendissime,

                  Tout d’abord, je tiens à vous remercier de la bienveil­lante attention que vous avez manifestée au cours de toutes ces années vis-à-vis de la Fraternité Saint-Pie X ainsi que du bon accueil que vous m’avez réservé lors de notre rencontre du 22 novembre 2018. Ma gratitude s’étend naturellement aussi à S. Em. le cardinal Ladaria.

                  Comme convenu lors de cette rencontre, je vous écris au sujet des discussions théologiques prévues. Par rapport à ce que nous avons fait dans le passé, je propose de privilégier des échanges écrits réguliers entre théologiens du Saint-Siège et de la Fraternité, en prévoyant par exemple deux rencontres annuelles.

                  Les interlocuteurs que je propose pour la Fraternité sont des prêtres aptes à la discussion doctrinale. Il s’agit de MM. les abbés Arnaud Sélégny, Guillaume Gaud et Jean-Michel Gleize. Il est d’ailleurs prévu que l’abbé Sélégny réside bientôt à la Maison généralice, ce qui permettra de conserver un lien plus direct entre nous. Cela n’empêche pas que d’autre confrères puissent donner leur contribution par ailleurs.

                  Je pense qu’il serait bon d’envisager dès maintenant la possibilité de publier le résultat de ces discussions. Cette idée m’est venue à la lecture du verbatim de votre rencontre du 28 février 2018 avec mon prédécesseur. Vous exprimiez vous-même le souhait d’une telle publication. C’est la raison pour laquelle je me permets de faire cette suggestion. Mais je vous laisse nous indi­quer la manière de publier des synthèses respec­tives de nos discussions, si cela vous semble raisonnable.

                  Par rapport aux thèmes des discussions, je pense qu’il serait bien qu’ils concernent à la fois le Concile et le Magistère postérieur. En effet, dans le développement post-conciliaire, il existe beaucoup d’éléments qui per­mettent de préciser la véritable interprétation à donner au Concile : d’où l’importance d’inclure dans les échanges le Magistère post-conciliaire.

                  Je propose donc la liste suivante, qui devrait nous per­mettre de couvrir à peu près tous les thèmes à traiter :

                  1. Les fondements ecclésiologiques de l’œcu­mé­nisme ;
                  2. La pratique de l’œcuménisme par la hiérarchie de l’Église ;
                  3. Les fondements et buts du dialogue interreligieux ;
                  4. Le salut des juifs selon le Magistère actuel ;
                  5. La nouvelle conception du sacerdoce : ses fonde­ments théologiques et ses conséquences liturgiques ;
                  6. Le ministère pétrinien à la lumière de Apostolos Suos, Ut Unum Sint et des autres enseignements de Jean-Paul II ;
                  7. La synodalité dans le cadre du Magistère actuel ;
                  8. La doctrine actuelle sur la morale conjugale ;
                  9. Le primat et le rôle de la conscience dans le Magis­tère conciliaire et post-conciliaire.
                  10. J’espère que cela corresponde aussi à vos attentes.

                    Veuillez agréer, Excellence Révérendissime, mes salu­tations très respectueuses in Domino.

                    Don Davide Pagliarani

                    25 min
                  11. Sermon ~ La Genèse 29. Isaac homme de Dieu

                    Mes bien chers Frères,

                    N’oublions pas qu’Isaac est celui qui a accepté d’être offert en holocauste à Dieu. Or, nous aussi nous sommes morts avec le Christ dans sa mort par le baptême. Sa vie est ordinaire en apparence, comme celle de la plupart d’entre nous, mais elle est traversée par les épreuves, comme pour nous tous, la Croix. Et elle est une vie d’attention à Dieu, comme doit l’être celle de tout chrétien.

                    Isaac est donc un modèle pour tout chrétien. Un modèle et un maître du fait de son holocauste.

                    Télécharger

                    Résumé du sermon
                    Texte de la Genèse

                    Résumé du sermon

                    N’oublions pas qu’Isaac est celui qui a accepté d’être offert en holocauste à Dieu.

                    Or, nous aussi nous sommes morts avec le Christ dans sa mort par le baptême.

                    La vie d’Isaac est une vie ordinaire en apparence, mais traversée par les épreuves, qui recherche la proximité avec Dieu

                    Isaac bien éduqué par son père – et par Dieu – mais pour tous les hommes cela n’est qu’un début. Chaque homme doit mener à la perfection ce qu’il a reçu.

                    La méditation de la parole de Dieu

                    Jeune époux, il se tient près du puits du Vivant et du Voyant

                    « Le Seigneur bénit Isaac, dit l’Écriture, et il habitait près du puits de vision. » L’essentiel de la bénédiction du Seigneur sur Isaac était qu’il habitât « près du puits de vision ». Précieuse bénédiction, à la vérité, pour qui sait comprendre ! Puisse le Seigneur me la donner à moi aussi, pour que je mérite d’habiter « près du puits de vision » !

                    Si je peux acquérir ne fût-ce qu’un rayon d’intelligence des visions de Dieu, je pourrai dire que j’ai passé un jour près du puits de vision. Et si je peux en saisir quelque chose, pas seulement selon la lettre mais selon l’esprit, je pourrai dire que j’ai passé deux jours près du puits de vision. Et si je pénètre jusqu’au sens moral, j’y aurai séjourné trois jours. Et si, ne pouvant tout comprendre, je suis du moins assidu à écouter les Écritures divines, si « je médite jour et nuit la loi de Dieu », si je ne cesse jamais de chercher, de fouiller, d’examiner, et, ce qui passe avant tout, de prier Dieu et de lui demander l’intelligence, à lui « qui enseigne toute science à l’homme », je pourrai dire que j’habite, moi aussi, près du puits de vision.

                    Rebecca consulte le Seigneur

                    Les jumeaux se disputent en son sein. Elle va consulter le Seigneur.

                    Elle ne va pas chercher de consolation auprès d’autres femmes, ni des consolations humaines.

                    Soit elle se déplace pour consulter Dieu dans un lieu saint, car Abraham en avait établi. Ou près de Melchisédech.

                    Soit elle le consulte en elle-même, c’est-à-dire qu’elle consulte le Saint-Esprit.

                    Une faiblesse d’Isaac ?

                    Isaac préfère son fils Esaü qui lui apportait les viandes de sa chasse. Ce n’est pas gourmandise de sa part, mais peut-être était-il sensible et aveugle aux flatteries d’Esaü . Ou pensait-il que celui-ci avait les qualités qui conviennent au fils de la promesse : vigoureux, entreprenant…

                    Rebecca préfère Jacob, homme intérieur, méditatif, ce qui est une qualité bien plus importante pour hériter de la promesse – et même, d’ailleurs, pour tout homme d’action.

                    La réalité se révélera à lui quand Esaü épousera simultanément deux femmes païennes sans consulter ses parents.

                    Les puits

                    Il est question 4 ou 5 fois de puits dans la vie de Jacob. Le Saint-Esprit veut que nous fassions le rapprochement avec le puits de Jacob ou Jésus-Christ rencontre la Samaritaine.

                    Une femme de la Samarie vint pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire.

                    – Comment vous, qui êtes Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? Les Juifs, en effet, n’ont pas de rapports avec les Samaritains.

                    – Si tu connaissais le don de Dieu, et quel est celui qui te dit : Donne-moi à boire, peut-être lui aurais-tu fait toi-même cette demande, et il t’aurait donné de l’eau vive.

                    – Seigneur, vous n’avez rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où avez-vous donc de l’eau vive ? Êtes-vous plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ?

                    – Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif ; car l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.

                    – Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus ici pour puiser.

                    – Va, appelle ton mari, et viens ici.

                    – Je n’ai pas de mari.

                    – Tu as eu raison de dire : Je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris, et maintenant celui que tu as n’est pas ton mari ; en cela, tu as dit vrai.

                    – Seigneur, je vois bien que vous êtes un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que Jérusalem est le lieu où il faut adorer.

                    – Femme, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem, que vous adorerez le Père. … L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont de tels adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité.

                    – Je sais que le Messie (c’est-à-dire le Christ) doit venir ; lors donc qu’il sera venu, il nous annoncera toutes choses.

                    – Je le suis, moi qui te parle.

                    Le rayonnement d’Isaac

                    Abimélech signe une alliance avec Isaac car « Nous avons vu que le Seigneur est avec toi. »

                    Le carême d’un vrai chrétien

                    Méditation de la parole de Dieu. Évangile, textes de la messe du jour.

                    Le chapelet ou rosaire est d’abord une méditation soutenue par une prière vocale et pas en premier une prière vocale.

                    Adorer en esprit et en vérité

                    En esprit : que la prière soit spirituelle.

                    En vérité : dans la foi, dans la confiance, la charité. Mais aussi : avec droiture d’intention, sans simulation, sans hypocrisie.

                    Texte sacré

                    Après la mort d’Abraham, Dieu bénit son fils Isaac, qui demeurait près du puits nommé le puits de celui qui vit et qui voit (du Vivant et du voyant).

                    Abraham engendra Isaac  ; lequel ayant quarante ans, épousa Rebecca, fille de Bathuel, Syrien de Mésopotamie, et sœur de Laban.

                    Isaac pria le Seigneur pour sa femme, parce qu’elle était stérile  ; et le Seigneur l’exauça, donnant à Rebecca la vertu de concevoir.

                    Mais les deux enfants (dont elle était grosse) s’entrechoquaient dans son sein  ; ce qui lui fit dire  : « Si c’est cela qui devait m’arriver, qu’était-il besoin que je conçusse  ? » Elle alla donc consulter le Seigneur qui lui répondit  : « Deux nations sont dans tes entrailles, et deux peuples sortant de ton sein se diviseront l’un contre l’autre. L’un de ces peuples surmontera l’autre peuple, et l’aîné sera assujetti au plus jeune. »

                    Lorsque le temps où elle devait enfanter fut arrivé, elle se trouva mère de deux jumeaux.

                    Celui qui sortit le premier était roux, et tout velu comme une peau, et il fut nommé Esaü. L’autre sortit aussitôt, et il tenait de sa main le pied de son frère. C’est pourquoi il fut nommé Jacob.

                    Isaac avait soixante ans lorsque ces deux enfants lui naquirent.

                    Quand ils furent grands, Esaü devint habile à la chasse, et homme des champs  ; mais Jacob était un homme simple, et il demeurait à la maison (sous les tentes).

                    Isaac aimait Esaü, parce qu’il mangeait de ce qu’il prenait à la chasse  ; mais Rebecca aimait Jacob.

                    19 min
                  12. Sermon ~ La Genèse 28. La mort de Sarah et le mariage d’Isaac

                    Mes bien chers Frères,

                    On se tient à l’écart des faux cultes, on épouse une bonne chrétienne. Voici l’inhumation de Sarah et le choix d’une épouse pour Isaac.

                    Plus une petite histoire…

                    Télécharger

                    1 Or Abraham était vieux et fort avancé en âge, et le Seigneur l’avait béni en toutes choses.
                    2 Il dit donc au plus ancien de ses serviteurs, qui avait l’intendance sur toute sa maison : Mets ta main sous ma cuisse, (ce qui est une manière de serment)
                    3 afin que je te fasse jurer par le Seigneur, le Dieu du ciel et de la terre, que tu ne prendras aucune des filles des Chananéens parmi lesquels j’habite, pour la faire épouser à mon fils ;
                    4 mais que tu iras au pays où sont mes parents, afin d’y prendre une femme pour mon fils Isaac.
                    5 Son serviteur lui répondit : Si la fille (femme) ne veut pas venir en ce pays-ci avec moi, voulez-vous que je ramène votre fils au lieu d’où vous êtes sorti ?
                    6 Abraham lui répondit : Garde-toi (bien) de ramener jamais mon fils en ce pays-là.
                    7 Le Seigneur, le Dieu du ciel, qui m’a tiré de la maison de mon père et du pays de ma naissance, qui m’a parlé et qui m’a juré en me disant : Je donnerai ce pays à ta race (postérité), enverra lui-même son ange devant toi, afin que tu prennes une femme de ce pays-là pour mon fils.
                    8 Que si la fille ne veut pas te suivre, tu ne seras point obligé à ton serment. Seulement ne ramène jamais mon fils en ce pays-là.
                    9 Ce serviteur mit donc la main sous la cuisse d’Abraham son maître, et s’engagea par serment à faire ce qu’il lui avait ordonné.
                    10 Il prit aussitôt dix chameaux du troupeau de son maître ; il porta avec lui de tous ses biens ; et s’étant mis en chemin, il alla en Mésopotamie, en la ville de Nachor.
                    11 Etant arrivé sur le soir près d’un puits hors de la ville, au temps où les femmes avaient coutume de sortir pour puiser de l’eau, et ayant fait reposer ses chameaux, il dit :
                    12 Seigneur, Dieu d’Abraham, mon maître, assistez-moi aujourd’hui, je vous prie, et faites miséricorde à Abraham mon seigneur (maître).
                    13 Me voici près de cette fontaine (la source d’eau), et les filles des habitants de cette ville vont sortir pour puiser de l’eau.
                    14 Que la (jeune) fille donc à qui je dirai : Baisse ton urne (cruche), afin que je boive ; et qui me répondra : Bois, et je donnerai à boire à tes chameaux, soit celle que vous avez destinée à Isaac votre serviteur ; et je connaîtrai par là que vous aurez fait miséricorde à mon maître.
                    15 A peine avait-il achevé de parler ainsi en lui-même, qu’il vit paraître Rébecca, fille de Bathuel, fils de Melcha, femme de Nachor, frère d’Abraham, qui portait une outre (cruche) sur son épaule.
                    16 C’était une jeune fille très agréable (fort gracieuse), et une vierge parfaitement belle, et inconnue à tout homme : elle était déjà venue à la fontaine, et ayant rempli sa cruche, elle s’en retournait.
                    17 Le serviteur, allant donc au-devant d’elle, lui dit : Donne-moi un peu de l’eau que tu portes dans ton urne, afin que je boive.
                    18 Et elle lui répondit : Bois, mon seigneur ; et ôtant aussitôt sa cruche de dessus son épaule, et la penchant sur son bras, elle lui donna à boire.
                    19 Après qu’il eut bu, elle ajouta : Je m’en vais aussi tirer de l’eau pour tes chameaux, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu.
                    20 Et ayant versé dans les canaux l’eau de sa cruche, elle courut au puits pour en tirer d’autre, qu’elle donna ensuite à tous les chameaux.
                    21 Cependant le serviteur la considérait (contemplait) sans rien dire, voulant savoir si le Seigneur avait rendu son voyage heureux, ou non.
                    22 Après donc que les chameaux eurent bu, cet homme tira des pendants d’oreille d’or, qui pesaient deux sicles, et autant de bracelets, qui en pesaient dix.
                    23 Et il lui dit : De qui es-tu fille ? Indique-le moi. Y a-t-il dans la maison de ton père de la place pour me (y) loger ?
                    24 Elle répondit : Je suis fille de Bathuel, fils de Melcha et de Nachor son mari.
                    25 Il y a chez nous, ajouta-t-elle, beaucoup de paille et de foin, et bien du lieu pour y demeurer.
                    26 Cet homme fit une profonde inclination, et adora le Seigneur
                    27 en disant : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Abraham mon maître, qui n’a pas écarté de mon maître sa miséricorde et sa vérité, et qui m’a amené dans la maison du frère de mon maître. (!)
                    28 La jeune fille courut donc à la maison de sa mère, et lui raconta tout ce qu’elle avait entendu.
                    29 Or Rébecca avait un frère nommé Laban, qui sortit aussitôt pour aller trouver cet homme près de la fontaine.
                    30 Et ayant déjà vu les pendants d’oreille et les bracelets aux mains de sa sœur, qui lui avait rapporté en même temps tout ce que cet homme lui avait dit, il vint à lui lorsqu’il était encore près de la fontaine (source d’eau) avec les chameaux ;
                    31 et il lui dit : Entre, toi qui es béni du Seigneur ; pourquoi demeure-tu dehors ? J’ai préparé la maison, et un lieu pour tes chameaux.
                    32 Il le fit aussitôt entrer dans le logis ; il déchargea ses chameaux, leur donna de la paille et du foin, et fit laver les pieds de cet homme, et de ceux qui étaient venus avec lui.
                    33 En même temps on lui servit à manger. Mais il dit : Je ne mangerai point, jusqu’à ce que je vous aie proposé (énoncé) ce que j’ai à vous dire. Parle, lui dirent-ils (Laban).
                    34 Et il dit : Je suis serviteur d’Abraham.
                    35 Le Seigneur a comblé mon maître de bénédictions, et l’a rendu grand. Il lui a donné des brebis, des bœufs, de l’argent, de l’or, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes.
                    36 (Et) Sara, la femme de mon maître, lui a enfanté un fils dans sa vieillesse, et mon maître lui a donné tout ce qu’il avait.
                    37 Et il m’a fait jurer devant lui en me disant : Tu ne prendras aucune des filles des Chananéens dans le pays desquels j’habite, pour la faire épouser à mon fils ;
                    38 mais tu iras à la maison de mon père, et tu prendras parmi ceux de ma parenté une femme pour mon fils.
                    39 Et je répondis à mon maître : Mais si la femme ne voulait point venir avec moi ?
                    40 Il me dit : Le Seigneur devant lequel je marche enverra son ange avec toi, et dirigera ta voie, afin que tu prennes pour mon fils une femme qui soit de ma famille et de la maison de mon père.
                    41 Que si étant arrivé chez mes parents, ils te refusent ce que tu leur demanderas, tu ne seras plus obligé à ton serment.
                    42 Je suis donc arrivé près de la fontaine (source d’eau), et j’ai dit : Seigneur, Dieu d’Abraham mon maître, si c’est vous qui m’avez conduit dans le chemin où j’ai marché jusqu’à présent
                    43 me voici près de cette fontaine (la source d’eau). Que la jeune fille (vierge) donc qui sera sortie pour puiser de l’eau, à qui j’aurai dit : Donne-moi à boire un peu de l’eau que tu portes dans ton urne (cruche),
                    44 et qui me répondra : Bois, et je m’en vais en puiser aussi (ensuite) pour tes chameaux, soit celle que le Seigneur a destinée pour être la femme du fils de mon maître.
                    45 Lorsque je m’entretenais en moi-même de cette pensée, j’ai vu paraître Rébecca, qui venait avec son urne (cruche) qu’elle portait sur son épaule, et qui, étant descendue à la fontaine, y avait puisé de l’eau. Je lui ai dit : Donne-moi un peu à boire.
                    46 Elle aussitôt, ôtant son urne (cruche) de dessus son épaule, m’a dit : Bois toi-même, et je m’en vais donner aussi (ensuite) à boire à tes chameaux. J’ai donc bu ; et elle a fait boire mes chameaux.
                    47 Je l’ai ensuite interrogée, et je lui ai demandé : De qui es-tu fille ? Elle m’a répondu qu’elle était fille de Bathuel, fils de Nachor et de Melcha sa femme. Je lui ai donc mis ces pendants d’oreilles pour parer son visage, et lui ai mis ces bracelets aux bras.
                    48 Aussitôt me baissant profondément, j’ai adoré et béni le Seigneur, le Dieu d’Abraham mon maître, qui m’a conduit par le droit chemin pour prendre la fille du frère de mon maître, et la donner pour femme à son fils.
                    49 C’est pourquoi, si vous avez véritablement dessein d’obliger (agissez avec miséricorde et loyauté envers) mon maître, dites-le-moi. Que si vous avez résolu autre chose, faites-le-moi savoir, afin que j’aille chercher ailleurs.
                    50 Laban et Bathuel répondirent : C’est Dieu qui parle en cette rencontre ; nous ne pouvons te dire autre chose que ce qui paraît conforme à sa volonté.
                    51 Rébecca est entre tes mains ; prends-la, et emmène-la avec toi, afin qu’elle soit la femme du fils de ton maître, selon que le Seigneur s’en est déclaré (a parlé).
                    52 Le serviteur d’Abraham ayant entendu cette réponse, se prosterna contre terre, et adora le Seigneur.
                    53 Il tira ensuite des vases d’or et d’argent, et des vêtements dont il fit présent à Rébecca. Il donna aussi des présents à ses frères et à sa mère.
                    54 Ils firent ensuite le festin, ils mangèrent et burent, et demeurèrent ensemble ce jour-là. Le lendemain, le serviteur s’étant levé, le matin, leur dit : Permettez-moi d’aller retrouver mon maître.
                    55 Les frères et la mère de Rébecca lui répondirent : Que la jeune fille demeure au moins dix jours avec nous, et après elle s’en ira.
                    56 Je vous prie, dit le serviteur, de ne point me retenir davantage, parce que le Seigneur m’a conduit dans tout mon chemin. Permettez-moi de retrouver mon maître.
                    57 Ils lui dirent : Appelons la jeune fille, et sachons d’elle-même son sentiment.
                    58 On l’appela donc, et étant venue, ils lui demandèrent : Voulez-vous bien aller avec cet homme ? Je le veux bien (J’irai), répondit-elle.
                    59 Ils la laissèrent donc aller, accompagnée de sa nourrice, avec le serviteur d’Abraham et ceux qui l’avaient suivi ;
                    60 et souhaitant toutes sortes de prospérités à Rébecca, ils lui dirent : Tu es notre sœur, crois (puissiez-vous croître) en mille et mille générations, et que ta race (postérité) se mette en possession des villes de ses ennemis.
                    61 (Ainsi) Rébecca et ses suivantes (servantes) montèrent sur les chameaux, et suivirent cet homme, qui s’en retourna en grande hâte vers son maître.
                    62 En ce même temps, Isaac se promenait dans le chemin qui mène au puits appelé le puits de celui qui vit et qui voit (du Vivant et du voyant), car il demeurait au pays du midi.
                    63 Il était alors sorti dans les champs pour méditer, le jour étant sur son déclin. Et ayant levé les yeux, il vit de loin venir les chameaux.
                    64 Rébecca, ayant aussi aperçu Isaac, descendit de dessus son chameau
                    65 et elle dit au serviteur : Quel est cet homme qui vient le long des champs au-devant de nous ? C’est mon maître, lui dit-il. Elle prit aussitôt son voile, et se couvrit.
                    66 (Or) Le serviteur alla (cependant) dire à Isaac tout ce qu’il avait fait.
                    67 Alors Isaac la fit entrer dans la tente de Sara sa mère, et la prit pour femme ; et l’affection qu’il eut pour elle fut si grande, qu’elle tempéra la douleur que la mort de sa mère lui avait causée.

                    20 min

                  About Abbé Pivert

                  From the publisher's feed

                  La Fidélité Catholique