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Le 23 août 2025, Philippe de Veulle était l’invité de Mike Borowski, en direct sur Géopolitique Profonde.
Philippe de Veulle est avocat au barreau de Paris, docteur en droit, diplômé du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) et de l’Université Paris Descartes. Il est spécialisé en droit et contentieux des affaires, droit international et droit pénal financier.
Macron face à la rentrée sociale
L’exécutif abordait la rentrée 2025 dans un climat tendu, marqué par de nouvelles coupes sociales et une colère grandissante. Emmanuel Macron affichait une sérénité provocante, méprisant les alertes sur des mobilisations populaires qu’il jugeait illusoires. Il pariait sur l’usure des mouvements sociaux, la dispersion des luttes et la force de l’appareil d’État pour contenir toute explosion.
Mais les signes d’un mécontentement profond s’accumulaient : soignants épuisés, cheminots sous pression, enseignants précarisés, retraités touchés par les économies budgétaires. À cela s’ajoutait une contestation hors syndicats, véhiculée par des appels diffus sur les réseaux sociaux. Ce décalage entre les discours officiels et la réalité vécue faisait planer le risque d’un embrasement inattendu.
Le pari de la soumission populaire
Le pouvoir misait sur une résignation ancrée dans la société. Les grèves massives semblaient reléguées au passé, remplacées par des actions brèves et dispersées. L’inflation, la vie chère et la peur de tout perdre renforçaient l’inaction. À cela s’ajoutaient une répression judiciaire et policière renforcée, ainsi que l’affaiblissement des syndicats, réduisant les possibilités d’organisation collective.
Mais cette apparente soumission masquait une colère latente. Beaucoup ressentaient une perte de sens démocratique et l’imposition de réformes sans réel débat. Le pouvoir pouvait confondre résignation contrainte et consentement. Or, une société contrainte trop longtemps peut exploser. Toute la rentrée 2025 se jouait dans cet entre-deux.
Bloquons tout et la mémoire des gilets jaunes
Le mot d’ordre “Bloquons tout”, lancé pour le 10 septembre, portait cette tension. Il appelait à un blocage généralisé : grèves dans les transports, les pharmacies, les hôpitaux… L’objectif était clair : paralyser le pays pour forcer un recul gouvernemental. Comme les gilets jaunes, ce mouvement contournait les structures syndicales et se voulait spontané. Mais il s’inscrivait dans un contexte de surveillance accrue et d’anticipation policière.
La vraie question n’était pas tant son ampleur immédiate, mais sa capacité à durer et à fédérer. Si “Bloquons tout” reste confiné aux réseaux sociaux, il sera neutralisé. Mais si les luttes convergent, le pays pourrait connaître une paralysie inédite. Une incertitude persistait : ce mouvement était-il un véritable sursaut populaire ou un outil infiltré pour canaliser la contestation ? L’expérience des gilets jaunes incitait à la prudence. L’automne dirait si ce mot d’ordre allumerait l’étincelle ou s’éteindrait dans l’indifférence.
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Ne vous laissez plus manipuler par des élites déconnectées du réel. Découvrez la revue mensuelle Géopolitique Profonde.
https://geopolitique-profonde.com/
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Macron face à la rentrée sociale
L’exécutif abordait la rentrée 2025 dans un climat tendu, marqué par de nouvelles coupes sociales et une colère grandissante. Emmanuel Macron affichait une sérénité provocante, méprisant les alertes sur des mobilisations populaires qu’il jugeait illusoires. Il pariait sur l’usure des mouvements sociaux, la dispersion des luttes et la force de l’appareil d’État pour contenir toute explosion.
Mais les signes d’un mécontentement profond s’accumulaient : soignants épuisés, cheminots sous pression, enseignants précarisés, retraités touchés par les économies budgétaires. À cela s’ajoutait une contestation hors syndicats, véhiculée par des appels diffus sur les réseaux sociaux. Ce décalage entre les discours officiels et la réalité vécue faisait planer le risque d’un embrasement inattendu.
Le pari de la soumission populaire
Le pouvoir misait sur une résignation ancrée dans la société. Les grèves massives semblaient reléguées au passé, remplacées par des actions brèves et dispersées. L’inflation, la vie chère et la peur de tout perdre renforçaient l’inaction. À cela s’ajoutaient une répression judiciaire et policière renforcée, ainsi que l’affaiblissement des syndicats, réduisant les possibilités d’organisation collective.
Mais cette apparente soumission masquait une colère latente. Beaucoup ressentaient une perte de sens démocratique et l’imposition de réformes sans réel débat. Le pouvoir pouvait confondre résignation contrainte et consentement. Or, une société contrainte trop longtemps peut exploser. Toute la rentrée 2025 se jouait dans cet entre-deux.
Bloquons tout et la mémoire des gilets jaunes
Le mot d’ordre “Bloquons tout”, lancé pour le 10 septembre, portait cette tension. Il appelait à un blocage généralisé : grèves dans les transports, les pharmacies, les hôpitaux… L’objectif était clair : paralyser le pays pour forcer un recul gouvernemental. Comme les gilets jaunes, ce mouvement contournait les structures syndicales et se voulait spontané. Mais il s’inscrivait dans un contexte de surveillance accrue et d’anticipation policière.
La vraie question n’était pas tant son ampleur immédiate, mais sa capacité à durer et à fédérer. Si “Bloquons tout” reste confiné aux réseaux sociaux, il sera neutralisé. Mais si les luttes convergent, le pays pourrait connaître une paralysie inédite. Une incertitude persistait : ce mouvement était-il un véritable sursaut populaire ou un outil infiltré pour canaliser la contestation ? L’expérience des gilets jaunes incitait à la prudence. L’automne dirait si ce mot d’ordre allumerait l’étincelle ou s’éteindrait dans l’indifférence.
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