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Cycle 15 – Le rock psychédélique
Cette semaine, on parle du morceau Anemone du Brian Jonestown Massacre sorti en 1996, quatrième et dernier volet d’un cycle en quatre temps consacré au Brian Jonestown Massacre.
Du tambourin, de la guitare, de la déglingue sans filtre et de l’expérimentation hypnotique pour ce cycle consacré au rock psychédélique, de la fin des années 60 à aujourd’hui.
Ils publient ensemble Le rendez-vous manqué des peuples. De l’échec des révolutions populaires aux dérives populistes, aux Éditions Autrement.
Depuis deux décennies, Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud partagent leur réflexion au long cours et leurs regards complémentaires. Ensemble, ils ont publié une dizaine de livres ou d’atlas, témoignant de l’ancrage de leurs recherches respectives sur le Moyen-Orient. Avec Le rendez-vous manqué des peuples, un essai sur l’échec des révolutions populaires et les dérives populistes, ils ouvrent cette fois l’angle d’observation au-delà de cette région afin d’analyser en profondeur l’émergence de deux phénomènes concomitants depuis les années 2000. Lesquels ?
Le premier de ces phénomènes concerne l’aspiration très forte à la dignité et à la démocratie observée depuis 2011 avec les printemps arabes notamment. Cette vague démocratique – qu’il serait en toute rigueur plus exact de qualifier de « mobilisation » plutôt que de « révolution » -, pour l’instant, a cédé la place à une reprise en main autoritaire. Elle reste cependant prégnante et les braises couvent. Pour l’instant, oui, il y a reflux, écrasement des aspirations populaires et le constat vaut pour le Moyen-Orient comme pour d’autres zones géographiques, en Biélorussie, à Hong Kong, etc.
Le second phénomène, concomitant du premier, s’observe quant à lui dans les démocraties établies de longue date et qui font face au risque de dé-consolidation, d’involution à la faveur de figures nationales populistes poussant les démocraties vers le bas, dressant la rue contre les institutions, contre les résultats des élections, dressant les peuples contre les élites, mais aussi contre la démocratie.
Y a –t-il un arrière-plan commun à ces deux phénomènes distincts, différents, relevant de conceptions très différentes des libertés et des aspirations des peuples ? Telle est l’interrogation de Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud. Le premier intérêt de leur démarche consiste à souligner (ou rappeler) que toute mobilisation populaire n’est pas nécessairement démocratique. D’où certainement l’immense difficulté de définir « le peuple ». Il n’est pas inutile non plus de se souvenir de La Boétie et de son Discours de la servitude volontaire.
Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud soulignent dans les deux cas l’expression d’une souffrance sociale dans des contextes différents, étant entendu que le constat de concomitance n’implique aucun lien de causalité entre les phénomènes. La souffrance des peuples est une réalité vécue, ressentie. Or, les peuples s’édifient aussi par une souffrance collective. Conjuguée à l’espoir, la souffrance devient un phénomène révolutionnaire mobilisateur qui se caractérise par un triple rejet : celui de la prédation politique, celui de la corruption et celui de l’impéritie économique et du chômage. Il faut prendre au sérieux l’aspiration à la dignité qui surgit de la faillite ou des échecs des pouvoirs en place. Une aspiration pour ainsi dire universelle et inscrite dans la Charte des Nations Unies. Partout face à la dignité bafouée des hommes et des femmes, le vent de la révolte se lève, il y a incandescence.
Quels sont les facteurs de la souffrance sociale dans les démocraties ? Elle s’origine dans le fait que les sociétés sont devenues de plus en plus inégalitaires. La souffrance qui en résulte s’exprime de plusieurs façons et témoigne d’une insécurité collective : la crainte du déclassement, la paupérisation des classes moyennes, la difficulté de vivre dans une société multiculturelle, l’insécurité sociale. Autant de facteurs contribuant au vote populiste nationaliste.
Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud nous invitent à analyser l’amont et l’aval de ces mouvements de contestation en étant particulièrement attentifs à l’aspiration à la dignité. Que nous enseigne les dix dernières années d’exercice du pouvoir par certains leaders populistes élus ? Comment s’opère la dérive politique ? Rarement d’un seul coup. Le franchissement du Rubicon se fait progressivement dans le temps. Par le haut, présidentialisation d’un régime, neutralisation de la Cour constitutionnelle, referendums, etc. Par le bas, contrôle de la société civile, des ONG pouvant aller jusqu’à leur interdiction en cas de non-soumission, mise sous contrôle de la vie sociale, mise au pas de l’université, etc. La démocratie américaine résiste mieux que la démocratie en Hongrie ou en Turquie face à sa remise en cause et sa brutalisation. Les régimes illibéraux versent dans le capitalisme de connivence.
Dans les régimes autoritaires, le printemps des peuples s’est caractérisé par une forte mobilisation populaire et l’absence de leadership : révolution citoyenne où la non structuration ou non émergence de dirigeants légitimes et légitimés offre une garantie contre la confiscation de la révolution dont souvent les peuples firent l’expérience malheureuse lors de révolutions partisanes. Toutefois, la question se pose de savoir si l’absence de structuration de la contestation civile a contribué ou non à l’échec, a facilité ou non la reprise en main autoritaire un peu partout. Nouveau paradoxe auquel sont désormais confrontés les peuples ? Nouvelle aporie du politique ? La révolution citoyenne (révolution de velours) est-elle condamnée à l’échec ? Le délitement du tissu social est-il en cause ? Comment surmonter les difficultés et les écueils des révolutions partisanes du passé et citoyennes du présent ? Comment notamment éviter le repli ou l’écueil identitaire sur lequel, dans ses séquences récentes, la révolution citoyenne a buté ? Comment échapper au piège de l’autoritarisme national de revanche ? Que se passe-t-il quand l’espoir meurt et que reste la souffrance ?
Anne est une jeune professeure dans un lycée professionnel en région parisienne. Elle a un regard acerbe sur l’Éducation nationale.
Avec nous, elle témoigne de son parcours et de son quotidien.
Des habitant·e·s qui se regroupent en coopérative pour créer leur prochain lieu de vie. 1 voix dans les décisions collectives quelque soit le nombre de part sociales de la coopérative et quelque soit la taille du logement. Un apport en fonction de ses moyens, ses revenus. Pas de spéculation ni immobilière ni foncière. Pas d’enrichissement personnel, ni de transmission de patrimoine via un héritage. Pas de loyer qui augmente mais une redevance qui diminue au fur et à mesure de la fin du remboursement des emprunts. Voilà les grandes lignes directrices des coopératives d’habitant·e·s ; au nombre de 18 déjà habitées, membres de la fédération HABICOOP, et quelques 50 autres en phase de projet.
Christiane Châteauvieux nous relate ces modèles, qui depuis presque dix ans se multiplient, soutenus par la fédération qui fonctionne comme un centre de ressources pour tous les projets, dans toutes les phases depuis la constitution en SAS, les relations avec les pouvoirs publics et/ou les bailleurs sociaux, les promoteurs, etc. jusqu’aux organisations concrètes et pratiques.
Il y eut les phalanstères, le familistère Godin. Il y eut les castors, ouvriers autoconstructeurs dans les années d’après la seconde guerre mondiale. Ce sont les références qu’évoque Christiane, comme base ou ‘fondations’ des idées des coopératives : alliant espaces personnels, intimes et espaces communautaires, collectifs et partagés dans leur conception et leurs utilisations. Pour sortir d’un marché du logement, et casser les pièges du logement social dans lequel on ne choisit rien, redonner des sens aux vies de proximité, au voisinage, au faire ensemble dans l’habiter ensemble … dans de grandes villes comme Lyon, ou de plus petites cités, voire en ruralité aussi.
Des différences avec l’habitat participatif ? oui il y en a ! notamment car l’habitant·e ici n’est pas propriétaire de son logement mais de parts d’une société, et qu’iel participe à l’ensemble du projet (construction, rénovation, …) et pas uniquement aux espaces communs.
CIRCUS MARCUS – Les accouplements répétitifs
Le site de la fédération habicoop
Le citoyen dans la co-conception se voit attribuer différents rôles et différentes appellations selon les projets – “smart citoyen” (Shelton, Lodato, 2019), “contributeur” (Talvard, 2018), “innovateur” (Laurent, 2019), “partenaire” (OCDE, 2001), etc.– qui traduisent le degré d’implication réel ou attendu des citoyens dans les processus de co-conception. Cette redéfinition du rôle du citoyen dans la fabrique urbaine ne va pas toujours de pair avec une application réelle de ces processus. Une des raisons invoquées par les parties prenantes sont les difficultés à s’accorder sur une définition claire du public à impliquer des objectifs à atteindre et des moyens d’y parvenir.
Quels sont les objectifs de la co-conception citoyenne ? Qui impliquer ? Qu’attend-t-on du citoyen dans la co-conception ?
Le vélo parfait d’Andréas
Le 8 février 2022, Guillaume Gouffier-Cha remettait à notre ministre des transports de l’époque Jean-Baptiste Djebarri -son rapport “Filière économique du vélo”. JBD a montré pendant son temps au ministère plus d’intérêt pour la filière économique de l’avion, de l’hydrogène et de drone taxi. Ce rapport parlementaire est intéressant et incomplet. Il est très (trop?) orienté vélo et mobilité du quotidien ou ce que nous pourrions nommer la mobilité contrainte.Il y a clairement un décalage entre les usages du vélo (loisir et sport) en France et là où aimeraient amener l’usage du vélo nos hommes et femmes politiques, c’est-à-dire sur les pistes cyclables du boulevard Sébastopol.
Revenons à notre rapport du député. Quelques lignes sont consacrées aux artisans je cite ce rapport “Les artisans de la fabrication du vélo se multiplient et représentent une centaine de petites entreprises en 2022 contre une dizaine dans les années 2000. Ils sont réunis au sein de l’association des artisans du cycle. Ils représentent plusieurs centaines d’emplois et plusieurs milliers de vélos produits par an. Il s’agit de vélos haut de gamme et souvent sur mesure“.
Vélos haut de gamme et souvent sur mesure, ce n’est pas l’archétype du vélo des vélotaffeurs et vélotaffeuses. Aujourd’hui nous recevons l’un de ses artisans. Andréas Berhens est artisan, LaFraise cycles promet “des vélos faits sur mesure conçus et fabriqués à Roubaix”. Il propose aussi à qui le veut, de vous accompagner dans la fabrication de votre vélo. Il va vous apprendre à souder, à créer votre propre vélo. Nous avions aussi envie de l’avoir au micro, parce qu’il représente l’association des artisans du cycle qui organise le désormais fameux “concours de machines”. Qui sont les clients des artisans ? Pourquoi viennent-ils se faire faire un vélo ? Combien de temps ça prend ? Qui participe au concours de Machines ? Fabriquer des vélos, c’est rentable ? Est-ce une filière économique ?
Abel consacre sa chronique fait le point sur les points qui ne seraient plus retirés aux conducteurs de véhicules motorisés pour des “petits” excès de vitesse. C’est quoi un petit excès de vitesse ?
Pour suivre le travail d’Andréas sur Instagram, c’est par là.
Cycle 15 – Le rock psychédélique
Cette semaine, on parle du morceau Istanbul Is Sleepy de The Limiñanas sorti en 2017, troisième volet d’un cycle en quatre temps consacré au Brian Jonestown Massacre.
Du tambourin, de la guitare, de la déglingue sans filtre et de l’expérimentation hypnotique pour ce cycle consacré au rock psychédélique, de la fin des années 60 à aujourd’hui.
Nicolas Pellissier nous narre l’histoire d’Antechaos et la manière dont le groupe perçoit le monde.
Le chaos est rempli d’espoir parce qu’il annonce une renaissance.
Cause commune reçoit Gérard Neyrand, un sociologue spécialisé sur les questions de genre.
Depuis une trentaine d’années, il a publié de multiples ouvrages, plus d’une quarantaine de rapport, une myriade d’articles sur les évolutions de la famille, sous toutes les coutures : la conjugalité, les mariages, les divorces, mais aussi sa propre histoire, traversée par mai 68 et les mouvements de femme. Il est aussi question des mariages interculturels, clin d’œil à la créolisation.
Un beau panorama qui fait le point sur plus de 50 années de ce qu’il appelle la seconde modernisation.
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.