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Or


Cette semaine, on parle du livre de Simon Clair, Lizzy Mercier Descloux, une éclipse publié en 2019, premier volet d’un cycle en quatre temps consacré à Lizzy Mercier Descloux.
Du rock, du culte, du no-wave et de l’insaisissable pour ce cycle consacré à la chanteuse française, de ses influences à ses retentissements dans la musique actuelle.
Asmoth reçoit Esteban Martin (Impureza), membre du quatuor de death metal Misgivings.
Formé en 1991, le groupe sort (enfin) son premier album éponyme. Féroce et barbare il ne laisse pas indifférent. Rétrospective sur plusieurs décennies des aventures de passionnées de death metal français.
Gallagher Fenwick, grand reporter et ancien directeur de la rédaction anglophone de France 24, il a couvert de nombreux conflits dans le monde. Il fut notamment correspondant à Jérusalem de 2010 à 2015, puis à Washington DC pendant trois ans. Il publie Volodymyr Zelinsky. L’Ukraine dans le sang aux éditions du Rocher, un ouvrage dont les droits sont reversés au Mouvement Interculturel France-Ukraine.
Comédien devenu chef d’État puis chef de guerre, le président de l’Ukraine a impressionné la planète par son sang-froid et son courage. Gallagher Fenwick retrace le parcours atypique de Volodymyr Zelensky, l’ascension et la transformation fascinantes d’un clown propulsé président par son art de la communication, qui a dû et su se muer en chef de guerre. Charlie Chaplin devenu Churchill ?
Comment cet homme qui n’avait aucune expérience politique, est-il devenu président de l’Ukraine, élu au second tour avec 73% des voix ? Comment l’individu, qui n’est pas belliqueux et qui semblait dans le déni face à la menace et l’imminence d’une invasion de son territoire par les troupes russes, massées depuis de longues semaines aux frontières de l’Ukraine, s’est-il métamorphosé dans la nuit du 23 au 24 février 2022 au point d’incarner depuis plus de 100 jours le visage d’une nation assiégée ? Comment cette mutation fait-elle extraordinairement écho à celle d’une armée ukrainienne dont personne ne donnait cher avant février dernier, mais qui aujourd’hui incarne et symbolise tout un peuple en armes, des hommes et des femmes défendant leur pays, leur histoire, leur révolution contre un agresseur ?
Pour comprendre, Gallagher Fenwick a interrogé la directrice d’école de Volodymyr Zelinsky à Kryvyi Ryh, la ville industrielle du Sud-Est de l’Ukraine où il a grandi dans une famille juive laïque et russophone, rencontré ses amis d’enfance et ses collègues de Kvartal 95, sa société de production, mais il a aussi rencontré des parlementaires au sein de son parti politique et dans l’opposition, des politologues, des historiens, des chercheurs et des journalistes.
Comment donc ce génie de la communication est-il d’abord en résonnance avec son peuple ? Comment cette star dans le monde de l’humour et de la satire politique, crève aujourd’hui les écrans ? Un clown devenu chef de guerre ? Quel rôle a joué la série Le serviteur du peuple dans la mue actuelle du personnage de série en celle d’un acteur international de premier plan ? Comment cet homme parvient-il à maintenir la guerre qui se déroule dans son pays tout en haut de l’agenda politique international mais aussi informationnel ?
Gallagher Fenwick évoque aussi les zones d’ombre de Volodymyr Zelinsky : sa relation avec l’oligarque Ygor Kolomoysky, mise en évidence par les Pandora papers, le flou qu’il a intentionnellement entretenu entre le candidat réel à la plus haute mandature et le personnage virtuel qu’il incarnait dans sa série devenue œuvre programmatique, sa manière populiste de gouverner, au moins jusqu’à la guerre, sa loyauté en amitié vis-à-vis de ses amis d’enfance qui l’ont suivi dans toutes ses aventures jusqu’à la présidence, les accusations de népotisme qui en ont découlé. Homme de spectacle, homme d’affaires, homme de compromis et de compromissions, homme d’Etat aujourd’hui qui n’hésite pas à se mesurer aux autres et se confronter aux rapports de force pour les transformer. Son courage et son verbe ont forgé sa stature en lui donnant une légitimité rare pour avoir voix au chapitre, pour ne pas laisser les autres décider sans eux de l’avenir des Ukrainiens et de leur pays. S’il a besoin de l’aide des occidentaux, ces derniers ont aussi besoin de lui. Mais jusqu’à quel point ? ou jusqu’à quand ? En mobilisant les opinions publiques internationales, il sait qu’elles exercent une pression sur leurs gouvernements respectifs afin qu’ils n’abandonnent pas l’Ukraine.
Mais, la force de Volodymyr Zelinsky ne serait-elle pas faire écho, d’ébranler et d’émouvoir dans les pays de l’espace post-soviétique ? de redonner espoir aux luttes pour la démocratie, pour la souveraineté, contre la corruption, 30 ans après l’implosion de l’Union soviétique et le bilan mitigé des indépendances ? L’ironie de l’histoire, dans cette guerre tragique qui tue et détruit, en plein cœur de l’Europe, c’est que Vladimir Poutine aura non seulement donné à Volodymyr Zelinsky le plus beau rôle de sa vie, mais, au-delà, activement contribué à déconstruire et délégitimer le narratif impérial russe.
Gallagher Fenwick, Volodomyr Zelinsky. L’Ukraine dans le sang, éditions du Rocher. Droits reversés au Mouvement Interculturel France-Ukraine.
La dispersion des citoyens gilets jaunes rassemblés autour des ronds points est un symbole : celui de la lutte entre les expressions directes des citoyens et la démocratie représentative pieusement défendue par les élites.
Les personnes furent toutes délogées comme une fin d’attroupement banal. Des délinquants… Sans aucune considération pour un peuple qui parle, pense et propose. La fumisterie du grand débat, qui n’a d’égal dans le cynisme (il était le seul à parler, avec de la com triant sur le volet quelques valets) que la remise de la médaille aux personnels hospitaliers humiliés, révèle l’ampleur de l’arrogance du petit énarque kapo du capital bancaire – public (ENA) privé (Rothschild) public (ministre) – qui organise avec ses amis le pillage de l’État (le plus fort livre en la matière : La valeur du service public, aux éditions La Découverte, 2022).
La démocratie va de pair avec la défense du service public parce que l’État républicain s’est construit progressivement contre l’État libéral des riches (au pouvoir avec le suffrage censitaire). L’oligarchie actuelle fonctionne comme un “pouvoir managérial public privé” qui ne cesse de casser la respublica au nom du profit, des coûts, de la performance, alors que jamais historiquement le patronat n’a réalisé autant de profit ni autant démantelé l’État social.
Récession, caisses vides ? Des mensonges alors que la fraude fiscale suffit à éliminer les déficits inventés par ces voleurs pour nous faire croire qu’il faut encore et encore couper les branches de l’État social.
Moins d’écoles, moins de maternités bordel !! Alors que jamais il n’y a eu autant de riches fainéants – oui des rentiers – qui ne travaillent pas et de pourris dans la classe dirigeante (M. Sarkozy l’éternel mis en examen, les parachutes dorés pour les plus incapables, les jetons de présence dans les conseils d’administration “sans faire grand chose” (dixit les chercheurs), les bonus (16 millions pour le PDG de Publicis en 2012, avec ça on aurait pu embaucher 740 personnes en CDI !!), les délits d’initiés en pagaille sans parler des anciens ministres qui deviennent hommes d’affaires comme Fillon échoué dans le pétrole russe).
Quelle valeur a une démocratie qui tue le peuple, sachant que le peuple ne fait pas partie des 1% les plus riches qui forment cette élite des grands corps, des conseils d’administration et des mafias cachées dans les think tank, les “fondations” et autres “cercles” ?
Bref une caste et non plus une classe, des pourris corrompus (mais suivez Anticor !) et non plus des orateurs pleins de promesses, aidés par toute une myriade de kapos sortis des écoles de commerce ou des corps intermédiaires (École de santé publique, école de sécurité sociale) sanctuarisés dans les tribunaux sociaux (Agence régionale de santé, commissions départementales RSA).
Au nom du public, ils tuent le public. Le privé est entré dans le public pour dire que le public doit penser et fonctionner comme le privé, la loi du fric. Ce ne sont pas les corps intermédiaires de jadis qui aidaient la république en marche, la vraie : syndicats, associations, élus locaux. Aujourd’hui nous dit Harold Bernat, il ne reste plus que l’encadrement technocratique d’un syndicalisme dépolitisé.
La gangrène est là, mais, paradoxe, la pourriture se pare de discours sur le changement alors qu’il s’agit de destruction. On parle du Che dans les publicités. Macron utilise le mot révolution dans son livre de campagne. Les dominants sont très forts en idéologie pour nous retourner la tête. Ah ! Bourdieu et son capital symbolique. Sauf que nous ici, nous ne reconnaissons pas les escrocs politiques, nous ne sommes pas à genoux dans ce qu’il appelle la fides implicita, la remise de soi aux menteurs, Hollande le premier, qui dès 1983 se cachait sous un pseudonyme (merci les Pinçon-Charlot) pour encenser le libéralisme et préparer le régime maigre, comme les autres depuis le début des années 1970.
Droite et gauche, une caste unie par les mêmes études, les mêmes grands corps, les mêmes grands salaires, les mêmes connivences avec les Puissants économiques. Merci Julie Gervais, Claire Lemercier et Willy Pelletier, votre livre La valeur du service public qui réunit vos recherches et celles de dizaines de chercheurs est une œuvre magnifique pour aider le peuple à accuser ses responsables politiques.
La défaite de la majorité,comme dit Harold Bernat, est un travail politique de tous les instants pour nous convaincre que le travailleur est un coût, un fainéant et un incapable. “D’où tu parles et qui te paies ?” est la question de base du philosophe matérialiste. Si ce peuple est exploité économiquement et humilié (assisté, incapable de monter des startup), réprimé (qui n’a pas peur d’aller manifester aujourd’hui ?) et réduit au silence (les technocrates pensent pour vous), il peut tenter de se mobiliser en majorité.
Procès contre des politiques à la manière de Diane Protat ? Referendum des gilets jaunes ?, démocratie locale ? Imposition d’un mandat impératif ? Quel serait un projet du peuple qui nous permettrait de sortir des micro-luttes ? L’unification autour de revendications qui prennent appui sur des conditions misérables identiques “dans une “reconstruction sensible du principe majoritaire” prône Harold Bernat ?
Mais puisque les dominés sont aliénés, par le techno tout puissant qui sait tout (le commissaire européen chauve, jamais élu, qui parle doctement à voix basse des gravissimes dettes des États), par l’État policier rampant qui lamine les mouvements sociaux (honte au LBD et à toutes ces armes qui nous font glisser dans l’autoritarisme), par l’épuisement engendré par la précarité (des tonnes de livres et de rapports, y compris sur Cause commune), par les médias qui nous fourrent la tête de multiples imaginaires : sport, films, musiques tous noués et orchestrés autour du star système qui légitime la grandeur du Champion performant (ou du génie) et du fric légitime du “plus grand”, de l’unique acquis par la performance (ou le don réac), tout n’est pas perdu ?
Les sous-prolétaires haïs de Marx rêvent de ces super-mecs là (ah le machisme qui semble marcher tout seul dans ce fascisme ordinaire des classes populaires, quel polluant pire que l’amoco cadiz !! et ça swingue sévère dans le Rap des gros musclés comme dans tous les caïdats), vendent des drogues et rêvent BMW. Les chômeurs de longue durée jouent au loto ou se défoncent. Les travailleurs précaires ont la tête dans le sac et courent pour survivre. Les migrants s’invitent et le complexe politico-médiatique fabrique Zemmour le petit poutine raciste, fasciste et corrompu par Bolloré.
Harold Bernat, Diane Protat ou Radio Cause commune sont ils entendables par le “peuple” ? Vieux débat de l’avant garde. Vieux débat des intello et des masses.
Que faire ? Le débat est ouvert.
Depuis le 04 mai, le personnels de la Bibliothèque Nationale de France est en grève contre une réforme de la politique de communication des documents aux usagers.
Celle-ci, d’ores déjà à l’œuvre contraint les lecteur·ices à réserver leurs ouvrage à l’avance et non une fois arrivé à la bibliothèque.
La commande directe de document est restreinte de 13h30 à 17h. C’est à la fois une mesure comptable pour ventiler des postes de magasinier·es sans augmenter les effectifs ainsi qu’une entrave au travail des étudiant·es et chercheur·euses.
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
Les podcasts et les photos, sauf indication contraires, sont diffusés selon les termes d’au moins une des licences suivantes : licence Art libre version 1.3 ou ultérieure, licence Creative Commons By Sa version 2.0 ou ultérieure et licence GNU FDL version 1.3 ou ultérieure. Les musiques sont diffusées sous leur propre licence, voir la page consacrée à chaque émission pour les licences précises.
Céline est cycliste. Comme souvent quand une entreprise se crée, Céline ne trouve pas sur le marché ce dont elle a besoin pour pédaler confortablement pendant de longues heures. Céline est une jeune femme, avec tout ce que cela implique en terme biologique. Quelques jours par mois, elle doit composer avec ses menstruations. Et comme elle n’a pas envie de s’organiser en fonction de ses règles, elle décide avec deux co-fondatrices de trouver une solution, un cuissard pensé pour ces périodes de menstruation. Ce qui est étonnant c’est qu’il faille attendre une initiative comme celle-ci pour trouver une solution. Le marché des femmes à vélo n’intéresse donc t-il personne ? Quelles innovations est-elle allé chercher ? Est-ce si compliqué de penser un cuissard spécial menstruations ? Wilma propose-t-elle des solutions uniquement pour les femmes à vélo ? Celles à bicyclette, elles font comment ?
Abel nous cause de vélologistique. Quand le vélo cargo est un outil de livraison en ville mais n’est pas piloté par des cyclistes.
Cette semaine Brian, Ariana et Grégoire vous font par de leur critiques sur deux films sud-américains :
Erik Satie – Gymnopédie n°1
Cause commune reçoit Isabelle Coutant, sociologue à l’IRIS.
Depuis une vingtaine d’années, elle a travaillé sur les classes populaires, plus spécifiquement sur les fractions précarisées : squats, migrants, adolescents en souffrance sociale issus de l’immigration.
Son dernier ouvrage Les migrants en bas de chez soi est particulièrement intéressant pour les chercheurs comme pour les militants. Il donne à voir toutes les facettes des bénévoles et engagés de toutes sortes qui sont intervenus auprès des centaines de migrants échoués dans un lycée désaffecté du 19e arrondissement de Paris. Par les nombreux portraits proposés, par l’implication de la chercheuse auprès de certains Afghans, le concret de la souffrance et de la résistance des “résidents” est exposé, sans oublier de nombreux éclairages sur le cynisme des élus municipaux, dont le discours sur “la ville refuge” n’a d’égal que l’inaction et l’abandon des populations.
Quand le quartier s’en mêle, voilà une belle plongée dans une résistance locale qui rappelle les migrations antérieures.
Du tambourin, de la guitare, de la déglingue sans filtre et de l’expérimentation hypnotique pour ce cycle consacré au rock psychédélique, de la fin des années 60 à aujourd’hui.
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.