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Or


Florent Parmentier, Secrétaire général du Cévipof, enseignant à Sciences-Po, chercheur au Centre HEC Paris de Géopolitique, spécialiste de l’Europe centrale et orientale, a publié, avec Juliette Durrieu, La Moldavie à la croisée des mondes, aux éditions Non Lieu.
Enclavée entre la Roumanie et l’Ukraine, pays grand comme la Bretagne ou la Belgique, la Moldavie est à la croisée des mondes, tiraillée par ses influences multiples liées à son histoire, sa culture, ses intérêts économiques et stratégiques. Un habitant de Chisinau plus que centenaire et qui aurait vécu toute sa vie dans le même appartement de l’actuelle capitale, serait né sous l’Empire russe des Romanov, entre les deux guerres mondiales aurait été roumain, après la Seconde Guerre mondiale, il aurait été citoyen soviétique et serait moldave depuis le 27 août 1991, en ayant ainsi changé quatre fois de pays en restant dans la même maison.
On trouve dans cet exemple, souligne Florent Parmentier, l’une des caractéristiques typiques de l’Europe centrale et orientale : la mobilité des frontières. La Moldavie aujourd’hui est le résultat de cette histoire, méconnue, mais un résumé de l’histoire de l’Europe. Elle n’est pas la Syldavie de Tintin, ni la Poldavie de Boris Vian, mais elle est l’héritière de la Bessarabie, ce territoire situé entre deux fleuves, le Prut et le Dniestr, un espace découpé de la principauté de Moldavie sous domination ottomane et intégrée à l’Empire russe de 1812 à 1918. Un espace habité par une population latine et slave, et où se côtoyaient les alphabets latin, hébraïque et cyrillique. Une terre d’émigration. Les pogroms de Kichenev en 1903 et ceux de 1905, sont les premiers pogroms du XXème siècle dans l’Empire russe et marquent le début d’une forte migration frappant la très importante communauté juive d’alors. D’autres migrations suivront après la Révolution de 1917 notamment, et après 1991. La Moldavie au tropisme francophone et francophile est un des pays les plus pauvres d’Europe et, en 2015, les transferts de fonds des migrants représentaient 26% du PIB moldave.
La proclamation de l’indépendance, le 27 août 1991, fut suivie d’un conflit entre mai et juillet 1992 qui se solda par la sécession de la Transnistrie (soutenue par Moscou), cette bande de terre longeant la rive gauche du Dniestr. Liée à des milieux sécuritaires et de renseignement russes ainsi qu’à des réseaux criminels et mafieux en Russie et dans l’espace post-soviétique, la Transnistrie bénéficie de sa proximité avec le port d’Odessa (situé en Ukraine) pour toutes sortes de trafics. Le conflit est non résolu à ce jour, même s’il semble, comme le précise Florent Parmentier, celui dont la résolution présenterait le moins de difficultés parmi ceux ayant éclaté dans l’espace de l’ex-Union soviétique. En 1994, la Moldavie a proclamé sa neutralité, s’engageant ainsi à ne pas rejoindre l’OTAN, mais attendant en retour le départ des troupes russes installées en Transnistrie. Avec une certaine sagesse, les dirigeants moldaves ont essayé de promouvoir une identité non clivante, de se penser comme un trait d’union possible entre l’UE et la Russie.
Trente ans d’indépendance ont en tout état de cause consolidé la République moldave : par rapport à la Roumanie dont elle se veut distincte et indépendante, et par rapport à la Russie aussi dans la mesure où les interactions et les liens culturels, sportifs, économiques avec la Transnistrie sont réels et forts, tout comme les points communs. En outre, le pays a atteint une relative maturité politique. L’alternance politique est un acquis et les résultats électoraux ne font l’objet d’aucune contestation, ce qui est loin d’être le cas dans d’autres républiques de l’espace post-soviétique, avec qui la Moldavie partage en revanche le fléau de la corruption se manifestant notamment par la confusion entre le pouvoir politique et économique. La lutte contre la corruption est le chantier prioritaire d’aujourd’hui est de demain de la Moldavie, indispensable à la maturation en cours de sa démocratie. La coalition anti-oligarchique entre pro-européens et pro-russes est un signe intéressant. La société moldave, fracturée, marquée par ses diversités culturelles, linguistiques, politiques, est à la recherche d’une pacification, afin de transformer un espace conflictuel en un espace stable et dynamique dans lequel il serait possible de faire coexister plusieurs enjeux.
Comment expliquer que le pays le plus pauvre d’Europe est celui qui accueille le plus de réfugiés depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine ? La Moldavie pourra-t-elle sortir indemne de la prolongation du conflit actuel en Ukraine ? Quelles sont à moyen terme les perspectives pour ce pays qui a signé en 2014 un accord d’association avec l’Union européenne et qui, le 3 mai dernier, par la voie de sa présidente, Maia Sandu, demandait formellement l’adhésion de son pays à l’Union européenne. Comment la Moldavie, à la croisée des mondes, interroge-t-elle l’identité européenne ?
ET :
Une très douce odeur de térébenthine. Nous sommes dans l’atelier de Daphné Bitchatch à Paris XIXème proche des Buttes Chaumont. Nous venons de déjeuner d’excellents sushi casher et nous commençons à parler de ce que fait Daphné ici, dans son lieu, de fabrique et de vie, et là.
Daphné sera présente en fin de semaine au 39e Marché de la Poésie qui a lieu du 8 au 12 juin 2022 sur le parvis Saint-Sulpice, Paris VIème. Dans la collection Livre d’Artiste, D. B. présente Antonyme, qu’elle a écrit et signé de ses peintures originales, placées au mitan de chaque exemplaire qui en devient unique ! Elle en co-signe deux autres, Déploiements de Roland Chopard et Le Sang de l’églantier d’Anastasia Kharitonova… Tous trois livres des éditions Æncrages and co, ces amoureux fous de l’encre, de la presse typographique, du plomb, des compos maison, des bois gravés, des clichés et de la linotype, du papier chiffon, des reliures et des façons cousues main… Miracle du livre artisanal qui se produit encore et encore et habite Baumes-les-Dames dans la vallée du Doubs, où il mouille l’ancre depuis 2000 et résiste aux tempêtes.
Avec Daphné, nous parlons de tout ce qu’elle pratique, la peinture, l’assemblage, la sculpture, l’écriture, et comment, avec et pour quoi, et pour qui ?
Elle a carte blanche pour nous prendre par la main, nous emmener loin, dans la noirceur de la guerre, de la violence, de ses angoisses, de nos peurs, qu’elle tente de faire bifurquer, car le phare sur la côte ou la mèche de la bougie qui guident dans l’obscurité de la nuit relèvent souvent de Dichotomie… et c’est ainsi qu’elle intitule la série de toiles qu’elle peint à l’huile dernièrement.
Dans un monde submergé, la boussole n’indique qu’un seul chemin : le retour sur soi. La seule façon de remonter au déluge, c’est de le faire advenir, d’en imaginer l’expérience dixit Jean-Pierre Dhainault.
Daphné nous confie ce qu’elle aime, musiques, notes, chansons, mots, marteaux, chants d’oiseaux… Belle écoute ! C’est parti… Direction l’inverse !
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
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Patrick est l’un des premiers en France à avoir senti l’essor (et l’intérêt) du vélo “gravel”. Littéralement, un vélo pensé pour aller sur les graviers. Le Gravel c’est un vélo qui permet de rouler sur le bitume et emprunter le chemin sur le bas côté qui vous tend les bras depuis si longtemps. Le gravel c’est peut-être l’inverse, un vélo qui vous permet de partir de chez vous, en zone urbaine et rejoindre les sous-bois, en quelques tours de pédalier, sans que cette portion de route ne soit pénible. C’est quoi en fait le gravel ? Une question piège. Encore plus un piège que demander si on recommande un double ou simple plateau à l’avant. “C’est quoi le gravel ?”. Notre invité du jour, Patrick Van Den Bossche aura la réponse, peut-être, il s’intéresse au gravel depuis plusieurs années. Patrick a créé le premier média en ligne à avoir orienté sa ligne éditoriale sur ce sujet, bike-café. Au début, les marques lui riaient au nez. “Mouais, le gravel… Mon grand-père faisait déjà du gravel sur les routes défoncées de sa campagne. Il roulait sur des boyaux”. “Le gravel, un effet de mode, qui passera, un phénomène feu de paille”. Quelques années après, en 2023 nous avons dans nos kiosques à journaux, 4 magazines qui se glissent sur ce segment de marché. Patrick boit-il du petit lait ? Qu’en pense-t-il ? C’est quoi pour lui le gravel ? Et où sera le gravel en 2023 ? Passera-t-il par le vélo électrique ? Aussi Patrick, et c’est l’occasion de le recevoir, vient de publier un livre avec son compagnon de route Dan de Rosilles ce livre “Micro-aventure, week-end aventure à vélo” édité chez Vagnon Aventure.
Abel revient sur ce sujet, le vélo, le vélo à assistance électrique, le vélo électrique.
Cette semaine, nous recevons Daisy Letourneur qui nous présente son livre On ne naît pas mec, Petit traité féministe sur les masculinités, qui vient de paraître aux éditions La Découverte. Dans cet ouvrage qui porte un regard féministe sur les hommes, on découvre comment les hommes sont construits et que les histoires qu’on se raconte sur la « nature masculine » se révèlent mensongères. On voit que l’amour des hommes pour les femmes n’est pas un cadeau. On voit qu’en un sens les hommes préfèrent de toute façon les hommes, ce qui ne les empêche pas d’être homophobes.
Daisy Le tourneur est l’autrice du blog « La Mecxpliqueuse » où elle écrit sur les masculinités depuis 2017. Elle est aussi militante féministe, trans et lesbienne, membre du collectif « Toutes Des Femmes ».
Cause Commune invite une sociologue brésilienne spécialiste des mouvements sociaux, de l’action publique de l’État dans le domaine social. Le lien entre les deux provient du fait qu’au Brésil, les SDF luttent pour améliorer leur condition, mais sont aussi associés aux politiques publiques.
Monica Dowbor, Professeur de sciences politique à l’ Université Jésuite, Unisinos, à Porto Alegre, Brésil, chercheuse du Centre Brésilien d’Analyse et de Planification (Cebrap) à São Paulo et coordinatrice du groupe interdisciplinaire “Passa Repassa” pour la recherche et la diffusion sur la population sans domicile fixe (SDF) et les politiques publiques.professeur à l’Université de Sao Paulo.
Elle explique à l’auditeur français, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, que la démocratie locale fonctionne parfois bien mieux qu’en France. La démocratie participative est très dynamique et les militants ainsi que les populations concernées sont à l’origine de lois fédérales (santé universelle pour tous, 50 % de postes étudiants pour les Noirs les plus pauvres) comme d’expérimentations locales à l’échelle des villes (travail communautaire, mouvements festifs) comme à Porto Alegre.
Une invitation à la modestie du côté de la France.
Dans cette émission nous recevrons Nouma, Maëlis & Anaïs pour représenter le média LA PÉPITE qui fait dernièrement l’actualité avec la sortie de sa mixtape « CITÉS D’OR ».
Un projet qui rassemble plusieurs artistes de la nouvelle génération qui a su convaincre un public friand de nouveautés.
Des extraits et anecdotes à découvrir tout au long de l’émission!
Dans cette émission vous découvrirez AMK, rappeur issu du 15e arrondissement de Paris qui a su imposer son style notamment au travers de plusieurs clips vidéos sur les réseaux.
Également présent sur les tremplins musicaux, AMK s’impose comme un rappeur incontournable de la génération actuelle. Il le confirme avec son dernier projet « 15 » qui démontre ses compétences, son style et flow qui le démarquent sur la scène Rap. Un projet renforcé par un featuring avec NEKFEU sur le titre « Bussdown »
Une session live qui est fidèle à ce qu’on peut attendre d’un artiste comme AMK!
Découvrez le néo métal de Neat avec Bud au micro.
Au carrefour des années 90 entre Korn, Deftones, le skate ou encore Pleymo, Neat propose sa patte musicale dans un univers graphique vert et noir (il faut le voir pour le croire!)
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.