Cause à effet - Magazine du travail, de l'emploi et de la formation

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  • #13 – La place des chômeurs dans notre société
    Avec Didier Demazière, directeur de recherche au CNRS.
    Le chômage fait entièrement partie de notre société, il est l’autre versant de l’activité, on n’imagine guère parler de l’activité sans parler du chômage.
    Le mot chômage, ça vient du grec kauma. Ça veut dire chaleur, et en particulier la chaleur caniculaire, douloureuse et brûlante. Les latins le reprennent pour inventer un terme populaire, caumare, se reposer pendant les grandes châleurs. Aujourd’hui, on utilise plus le mot de chômage pour dire « se reposer“. Le chômage est subit, il est vécu essentiellement comme une contrainte.
    Et puis, le chômage, c’est aussi une construction sociale, c’est-à-dire une manière de se trouver dans la société.
    Et comme on se présente, on s’identifie à partir de son travail, pour un chômeur c’est toujours un peu compliqué. Vous penserez peut-être à moi la prochaine fois que vous vous présenterez à quelqu’un. Mais remarquez comment vous vous y prenez.
    Salut tu fais quoi dans la vie ? Alors moi je suis écailleur et toi ? Au nom de quoi serait-ce qui nous permet de nous nourir qui permettait de définir notre vie.
    Qu’est-ce qui fait que l’on ne se présente pas selon ses passions, ou ce que l’on fait le plus, salut tu fais quoi dans la vie ? Je me passionne pour l’astronomie, j’élève des gamins, j’anime une émission de radio, j’écaille des poissons. Et surtout, qu’elle est la place des chômeurs dans tout ça ?
    Le chômage est une construction sociale, résultant de la codification de certaines situations en un statut (donc le chômeur), et impliquant la reconnaissance sociale d’une légitimité à occuper un emploi. Elles font alors resurgir des questions qui semblaient résolues : qu’est-ce qu’être chômeur, comment définir les chômeurs, quelles sont les limites de la catégorie ?
    Invité
    Didier Demazière – Directeur de recherche au CNRS, sociologue, rattaché au CSO Sciences Po,  président de l’association française de sociologie.
    Références
    Didier Demazière : Sociologie des chômeurs, La Découverte 2006
    Musique
    RMI – MC Solaar
    J’ai rien prévu pour demain – Tryo
    0 min
  • #11 – Le stress au travail
    Xavier Marchand, consultant chez Didaction Conseil
    Charge de travail trop importante, organisation du travail défaillante, isolement, pression de la hiérarchie, les facteurs de stress sont très nombreux et chacun peut s‘y identifier aisément.
    D’ailleurs le stress au travail ça sonne un peu comme un pléonasme. Quel travail n‘est pas stressant ? Y compris et a fortiori un boulot intéressant hein ? On y retrouve toujours ses moments de stress.
    Ne serait-ce que pour cette émission, regardez…. Laurence s‘est remise à boire, Patrick est au bord du burnout, Sandrine va finir agoraphobe.
    Non non je plaisante, tout le monde va à peu près bien, je rassure tous les proches et spéciale dédicace à Patricia la maman de Sandrine au passage. Ou en tout cas c‘est pas de ma faute, je ne les maltraite pas trop.
    Bon mais c’est bien parce que chacun dans son organisation de travail baigne dans le stress ; c’est bien parce qu’on s’y noie  ; qu’on ne sait plus ce que c’est, et c‘est quand on ne sait plus ce que c’est qu’on fait appelle à un consultant.
    Quels sont les déclencheurs du stress au travail, les situations à risques ?  Quelles sont les conséquences d‘un stress à long terme ?
    Existe-t-il un bon stress, le travail est-il nécessairement et invariablement stressant  ?
    0 min
  • #09 – Les autodidactes
    Avec Capucine Bremond, maître de conférence
    Apprendre seuls, vraiment ?
    On entend souvent parler d’autodidactes, et on ne sait jamais vraiment quoi faire de cette information.
    Si l’on peut s’accorder à dire que l’autodidaxie se fait hors des circuits scolaires classiques, non, l’autodidacte n’apprend pas seul. Ses maîtres, ses guides, ses sourciers, pour citer le sociologue Claude F. Poliak, car il y en a toujours des maîtres des guides et des sourciers, ne sont simplement pas des enseignants scolaire habilités.
    En fait, l’autodidacte est celui dont les connaissances ne sont garanties par aucun diplôme, aucune étiquette sur le front pour rassurer ses interlocuteurs. Par extension, il va devoir les défendre seul. Genre “tu as fais quoi comme étude pour savoir faire ça ?” la question typique. Et donc pour y répondre, est-ce que l’on va prendre le risque d’admettre que l’on a appris seul au risque de délégitimiser sa production ? Poursuivi par son manque de légitimité, on entend dans le ton de cet autodidacte un ton de revanche, sur la vie, l’univers ou peut-être le reste.
    Ça le caractérise parfois.
    On en fait même des gimmicks, comme je me suis fait tout seul. Raccourci absurde. Se faire différemment chacun peut l’entendre, mais si même Mooglie a eu recours à des loups pour parfaire son éducation, souffrons que l’humain soit un animal social.
    Mais bon c’est vrai que dans le regard qu’on porte sur tout ça, et ça c’est Philippe Carré qui le met en avant, on est un peu resté bloqué sur le mythe de Robinson Crusoë jusqu’à tard, jusqu’aux années 1980.
    C’est-à-dire l’idée que l’autodidacte serait “culturellement” à poil dans sa jungle d’informations. Il apprend strictement seul, sans idée, sans culture, sans rien.Une sorte d’enfant loup, qui n’aurait pas déjà un terreau initial qui lui permette d’apprendre lui-même ce qui convient pour sa survie.
    Et ce n’est pas tout à fait vrai.
    En fait, l’autodidacte choisit ses propres sources mais il n’est jamais tout à fait seul dans ses stratégies d’apprentissage et il ne part pas de zéro non plus. En fait, dans nos représentations, on continue souvent de croire que l’apprentissage consiste à remplir des petites boîtes dans la tête. Mais, nous sommes dans une époque où la notion de savoir est très relative, où les sources se multiplient, et l’éducation, au sens autoritaire, canal d’information unique s’amenuise.
    C’est aussi une époque de post-vérité où la vérité s’accepte plus en fonction de l’identité et l’émotion qu’elle procure que la qualité de ses sources.
    Invitée
    Capucine Bremond – Maître de conférence spécialiste des théories des apprentissages
    Musique
    Quand tu allais, on revenait – I am
    Autodidactes – Cause Commune
    0 min
  • #08 – Ce que l’addiction dit de notre rapport au travail
    Gladys Lutz, docteure en psychologie du travail et présidente de l’association Additra
    quelle est la place des addictions dans le travail ?
    La consommation des psychotropes est peut-être une réalité que l’on essaye de fuir, un moyen de s’échapper de son travail ? Comme le fait dire Philip K. Dick par l’un de ses personnages dans Substance Mort “Il y a des fois où je voudrais devenir fou. Mais je ne sais plus comment on s’y prend. C’est un art qui s’est perdu. Il existe peut-être un manuel là-dessus.”
    Ou encore est-ce un moyen d’accéder au niveau de production de son travail, de réaliser sa tâche ? Le Redbull des chauffeurs Uber, le vin des dîners d’affaires, le café de presque tout le monde en fait. Sommes-nous de plus en plus artificialisés ? Sommes nous de plus en plus le résultat de notre propre effort face à la nature ? Où le dopage serait la variable d’ajustement de la production de l’humain-machine, bref que disent les addictions de notre rapport au travail ?
    Invitée
    Gladys Lutz, docteure en psychologie du travail, membre de l’équipe de recherche du projet SURIPI (Centre de Sociologie des organisations de Sciences Po) et présidente de l’association Additra.
    Gladys Lutz a notamment co-écrit à six mains “Se doper pour travailler”, chez Eres, sous la direction de Renaud Crespin Sociologue de sciences Po et Dominique Lhuillier chercheure au CNAM.
    Musique
    The Dope Show, Marilyn Manson
    Je fume pu d’shit, Stupeflip
    0 min
  • #06 – Les femmes en management
    Invité.e.s
    Cécile Dejoux – Professeure des universités en management
    Nadia Mordelet – Ancienne directrice des achats IT, coach d’organisation
    Si l’on sait que les inégalités tendent à se réduire en matière d’inégalités femmes / hommes en situation de travail, on sait aussi qu’il existe encore de nombreux chantiers sur lesquels des progrès restent à faire.
    Par exemple, l’OCDE ne dénombre que 7% de femmes cheffes d’entreprises, et moins de 1 cadre dirigeant sur 3 est une femme, que soit dans le privé ou dans le public.Ainsi, malgré les progrès encore fébriles qui tendent vers plus d’égalité, la place des femmes dans le management a tendance à aller à rebours.
    Alors mettons concrètement les pieds dans le plat: le management reste-t-il donc réellement une affaire d’hommes ? Existe-t-il des solutions concrètes pour amener plus d’égalité dans les postes à responsabilités ? Quelle marge de progression reste-t-il à accomplir ? Existe-t-il un management au féminin ? Quelle est la place des femmes dans le management ?
    1 hr 29 min

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