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Or


L’occasion d’entendre et d’échanger avec Marc DILET est donnée ici par Fabiola BADOÏ : une rencontre sous le signe d’une exposition qui se tiendra à Paris tout début juin, de photographies et de dessins et maquettes : “Streetscapes, Vers l’incréé“.
Fabiola prend la main ici pour évoquer avec Marc DILET son travail, et comment il tâche de faire surgir un monde, des mondes (ou un “Tout monde” à la façon de Édouard Glissant) à partir des trouvailles dans les rues de la photographe Sandra BINION : un amas de tubes plastiques, des cordes enlacées, des filets déchirés, … objets abandonnés perdus oubliés à Kyoto, New Delhi, Paris ou ailleurs, là où ils ont chuté — ces déchets et leurs prolongations dans des formes imaginées, poussées, posées, dépliées, … parlent des formes des mondes que nous habitons.
Il est question aussi durant cette émission du langage, sur / de l’architecture, des cultures soutenant nos constructions, de la poésie des espaces, des volumes et des images — et aussi, bien entendu, là où passe, existe du politique ; citons l’exemple donné par Marc DILET de l’enfermement, l’encerclement — voire le siège — que constituent les centres commerciaux autour des villes , tels des remparts et limites à nos libertés, de circuler, de penser , de créer…
Pour cette avant dernière émission de la saison, nous recevons Renard du collectif des Insoumis, avec qui nous avons parlé Free Party et teknival, et de tout ce que ça représente pour les acteurs de ce mouvement né il y a un peu plus de 30 ans maintenant !
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, la Free Party, fête libre en français, à ne pas confondre avec fête gratuite, qui a une connotation beaucoup plus consumériste, a été amenée en France par le sound system spiral tribe venu d’Angleterre au début des années 90 et ils ont essaimé ce type de soirée partout en Europe ! Le principe est d’investir un lieu abandonné ou inhabité (type friche industrielle ou forêt) et d’y faire une fête libre où tout le monde est bienvenu sans distinction et où chaque participant est acteur de la fête ! Et ensuite de disparaître sans laisser de trace pour refaire ça autre part le week-end d’après ! Alors bien sûr au fil des années il y a eu des dérives et les autorités n’appréciant pas de ne pas pouvoir contrôler ça et aussi face au succès que ça avait, ont commencé à légiférer, et les saisies se sont multipliées etc etc…
Dans ce nouvel épisode de Dissonance Cognitive, Bud reçoit Loïc et Vincent du groupe The Ghost I See, qui vient de sortir leur nouvel EP Résilience.
Ils nous décriront le parcours du groupe, la place du metalcore dans la sphère métal et partageront leur vision de la scène d’une manière très positive!
Une heure de bonheur qui fleure bon le Sud.
Le katsugen undō se manifeste selon l’état du corps. Pour cent personnes, cent mouvements différents. Cela varie aussi d’un jour à l’autre pour une même personne.
Noguchi Haruchika Sensei
Suite de l’émission précédente « Aikido is misogi », « Yuki et la sagesse du corps » est le second volet de la rencontre avec Peter Shapiro sensei autour du Seitai et de l’aikido.
Un dimanche, réunis dans un chalet avec d’un côté les Alpes et de l’autre le Jura, à une trentaine de kilomètre de Berne, nous écoutons Peter nous parler de « Rhinocéros à moitié endormis », des temps modernes, du Seitai et du katsugen Undō (mouvement régénérateur) dans sa relation à l’aïkido. Nous l’entendons également alors qu’il guide une séance de seitai et enseigne comment faire YUKI.
Peter Shapiro est né aux États-Unis, son père était médecin, sa mère musicienne. Tout jeune, il reçoit une éducation artistique à la ECFS (Ethical Culture Fieldston Scholl). Depuis les années 60, Peter aime jouer du piano, du free jazz et il a toujours peint ; il a été notamment l’élève du peintre allemand Hans Hoffmann, inspirateur des peintres dits expressionnistes abstraits.
Peter Shapiro sensei est 6ème Dan en Aikido et shodan en Masakatsu bo. Noguchi Haruchika sensei lui a remis personnellement un certificat de consultant en Katsugen undō et shodan en Seitai.
Aujourd’hui, à l’âge de 84 ans, Peter Shapiro propose des séminaires de Seitai et enseigne la pratique de l’aïkido, au sein du KI NO NAGARE AIKIDO à Berne. Il intervient dans plusieurs dojo et parfois dans les stages de Gérard Blaize sensei, à Paris.
Philippe Mouche, romancier, dessinateur et journaliste. Il a travaillé notamment pour Libération, Le Monde, Terre Sauvage et l’AFP. Il est l’auteur de plusieurs romans dont La Place des Autres, lauréat du prix Une autre Terre en 2021, récompensant un roman pour son traitement de l’écologie. Il publie aux éditions Gaïa un roman d’espionnage intitulé Bons baisers d’Europe.
Vous n’en rêviez même pas, mais il l’a fait pour vous ! Fayez Barawi, rescapé du conflit irakien, polytraumatisé, devenu muet sous le fracas des bombes, a appris sur les routes de l’exil, au fil de sa longue errance de migrant (entre séjours réguliers et irréguliers, demandes d’asiles refusées, reconduite aux frontières, OQTF, etc.) les 24 langues officielles de l’Union européenne (UE). Peu bavard, il ne dira jamais ce qui fut le plus difficile dans cette expérience unique : apprendre les langues ou se faire accepter comme ressortissant européen, Schengen ou pas !
Vingt ans plus tard, sous le pseudonyme de Fergus Bond, il est devenu grâce à ce don aussi prodigieux qu’embarrassant, l’ambassadeur attitré d’une puissante organisation : le Multilinguisme. Si son nom est… Bond, il n’envoie pas ses bons baisers depuis la Russie, mais depuis l’Europe et à l’attention des Européens. Son arme secrète (ou pas), c’est le langage, le pouvoir des mots qu’il met au service d’une cause, l’Europe ! Il se bat apparemment sur le même terrain que ses adversaires, qui se servent aussi des mots pour détruire le projet européen, pour dresser des murs entre les peuples, pour intimider, menacer, faire peur, nous saturer de visions complotistes de l’histoire.
Comment Fergus Bond sortira-t-il vivant de cette impasse relativiste et mortifère qui neutralise tout effet de langage en renvoyant dos à dos les mots qui tuent et les mots qui émancipent avec tout ce qu’ils charrient en termes de passions tristes ou au contraire de passions joyeuses ? Son don lui suffira-t-il pour renverser la donne, lui qui est devenu le premier être humain au monde à parler les 24 langues officielles de l’UE et le seul à pouvoir les traduire entre ¬elles ¬selon les 552 combinaisons possibles ? La traduction fait-elle ou non partie du problème, lui qui veut toucher le cœur et les esprits en s’adressant directement aux gens dans leur langue « maternelle », en VO et sans sous-titre ? S’il est capable de retourner un tueur à gages, cela signifie-t-il pour autant qu’il sera capable de convaincre les sujets européens (qui n’en peuvent mais) et les faire adhérer à son projet ?
Peut-il vraiment compter sur la jeune équipe fantasque et cosmopolite qui le conseille ? Cette dernière succombera-t-elle aux sirènes bureaucratiques de Bruxelles ou Strasbourg ? Que faire quand son attachée de presse, Julia Chanéac, sort vivante mais amnésique d’un attentat ?
Philippe Mouche signe un roman d’espionnage loufoque et drôle, d’une acuité mordante. Il nous invite à dépasser crispations identitaires et inventer un nouveau récit européen, ambitieux car porteur d’espoir, reposant sur une autre approche de la notion de frontière et de la question migratoire. Mais laissons plutôt l’écrivain raconter !
Radio Cause commune, Le monde en questions, n° 104 et 110 (série polars géopolitiques)
Grégoire au centre
A propos de cycle, les entrepreneurs dans notre univers du spad, innovent-ils ou inventent-ils de nouveaux produits ? En proposant un vélo à assistance électrique qui va révolutionner la mobilité proposent-ils des innovations ? Vraiment ? Lesquelles ? Ne promettent-ils pas de réinventer une roue qui existe déjà ?
J’en suis toujours persuadé, et je suis prêt à changer d’avis, je ne demande qu’à être convaincu, selon moi, le vrai besoin d’innovation qui est autant attendu par l’ensemble des acteurs de la filière, du producteur au consommateur c’est l’innovation de services.
Aujourd’hui, nous recevons, je crois, et c’est ce que nous allons vérifier, les représentants d’une société de service qui innove. Une innovation de service posée entre le fabricant (ou l’assembleur), la marque en tout cas et le consommateur, les futurs cyclistes. Grégoire Sarton et Emilien Fabre ont fondé une entreprise qui s’appelle Test & Ride. Leurs services ne sont pour l’instant disponibles qu’à Paris et petite couronne. Leur innovation, si cela en est une, réunir un ensemble de marques dans leur giron pour les proposer en test aux consommateurs. Ils ne sont pas un magasin ouvert au public. Ils proposent simplement de mettre les vélos des marques à disposition des futurs acheteurs en leur faisant essayer, dans les meilleures conditions possibles les vélos. Leur entreprise s’appelle Test & Ride… Testez le vélo qui vous intéresse, il vous plait, achetez le. Il ne vous plait pas essayez-en un autre. Jusqu’à ce que vous trouviez votre bonheur.
Mais, ce service, est-ce une innovation ? Qu’est-ce qu’elle améliore ? Est-elle un progrès ? Ou bien, si on prend une position plus radicale, est-ce une uberisation du métier de vélociste ? Quel est leur modèle économique ? a qui rendent-ils service ?
Abel revient sur les distinctions entre VAE et vélo. Le VAE est-il toujours pertinent ? En tout cas, il est poussé à la vente.
En juin, se tiendra la 2e édition de l’Olympic Esports Week à Singapour. A cette occasion, nous avons souhaité aborder des liens entre sport et réalité virtuelle. Est-ce que ces Olympic Esports Series seront organisés l’an prochain en France en marge des Jeux Olympiques et Paralympiques ? Est-ce un problème ? pourquoi le mouvement olympique s’intéresse tant à ces pratiques ? de quelles pratiques est-il question ? Si décriés, le esport, la réalité virtuelle dans le sport ne sont-ils que des maux (m.a.u.x) pour le sport et la société ?
Dans cette émission, nous présentons des exemples très variés de réalité virtuelle utilisée pour faire avancer ou utiliser le sport de façon vertueuse. Nous y parlons d’amélioration de la performance sportive, de lutte contre la sédentarité, de changement d’image auprès des jeunes, de solidarité avec les enfants hospitalisés.
Dans ce nouvel épisode de Dissonance Cognitive, Bud reçoit Greg du média MUSinc, qui fête son 6ème anniversaire.
Fort de ces années d’expérience, Greg nous parlera de son parcours, de l’évolution des médias dédiés à la scène et de ses projets. Une heure en compagnie d’un sachant du métal, ça ne se refuse pas!
François Héran, sociologue et démographe, professeur au Collège de France, titulaire depuis 2017 de la chaire « Migrations et Sociétés ». A la tête de l’Institut Convergences Migrations, après avoir dirigé, pendant 10 ans, l’Institut national d’études démographiques (INED), il a co-dirigé la 4ème édition de Controlling immigration. A comparative perspective (Stanford, 2022) et publie Immigration : le grand déni aux éditions du Seuil.
C’est tout d’abord sur un étrange paradoxe que François Héran, spécialiste notamment des questions migratoires et du droit d’asile, appelle notre attention. Ceux qui s’imaginent que la France ferait face à un « tsunami » migratoire, par la faute des politiques, de l’Union européenne ou des juges, sont également convaincus que la migration est une anomalie dont la France pourrait se passer. Qu’en est-il ?
Tout d’abord, de 2000 à 2020, selon les compilations de l’ONU, la part des immigrés dans la population mondiale a progressé de 62 %. Cette augmentation concerne aussi le continent européen (+ 60 %). Les régions d’Europe qui ont connu les plus fortes hausses relatives de populations immigrées depuis l’an 2000 sont l’Europe du Sud (+ 181 %), les pays nordiques (+ 121 %), le Royaume-Uni et l’Irlande (+ 100 %), l’Allemagne et l’Autriche (+ 75 %), suivies du reste de l’Europe de l’Ouest (hors la France) : + 58 %. En revanche, la hausse est faible en Europe centrale ex-communiste (+ 12 %). Dans ce tableau européen, la France occupe une position très inférieure à la moyenne : + 36 % d’immigrés en l’espace de vingt ans (avec ou sans l’outre-mer). Les immigrés représentent aujourd’hui chez nous 10,3 % de la population, selon l’Insee. La hausse a démarré en 2000, après la longue stagnation des années 1974-1999. On constate donc bien en France une évolution de l’immigration. Celle-ci est inscrite dans une dynamique mondiale qu’aucun président de la République n’a pu ni contrecarrer ni inverser.
Ensuite, en 2021, les préfectures ont délivré 272 000 premiers titres de séjour à des étrangers hors Union européenne. Si l’on enlève la migration saisonnière, cela fait 265 000, soit 0,4 % de population supplémentaire, dont il faut défalquer les départs et les décès. Nous sommes là encore sous la moyenne européenne et sous la moyenne de l’OCDE. Même chose pour les demandes d’asile : de 2014 à 2020, l’Union européenne élargie en a enregistré 5,6 millions. C’est impressionnant à première vue, mais pour un ensemble de 524 millions d’habitants, cela augmente la population de 1,1 % en sept ans, si l’on fait l’hypothèse que tous les déboutés restent. En France, la proportion est de 1 %. Rien à voir donc avec une « invasion » ou un « tsunami ».
Par conséquent, en faisant de l’immigration un sujet obsessionnel du débat politique, on la grossit pour mieux la dénier, à force de métaphores notamment aquatiques. La population immigrée a progressé en France depuis l’an 2000, mais moins que dans le reste de l’Europe. La France n’est donc pas si « attractive » qu’on le croit ou dit. La France est loin d’avoir pris sa part dans l’accueil des réfugiés eu égard à son population ou PIB. Nous ne sommes pas les « champions de l’asile ». Et la hausse migratoire vient d’abord de la migration estudiantine et économique, alors que la migration familiale a reculé.
La réalité ne commande-t-elle pas plutôt de fixer des objectifs réalistes et atteignables en ne surestimant pas le pouvoir politique sur l’immigration ? N’est-il pas salutaire de déconstruire les discours politiques en se demandant s’ils reposent sur des faits ou s’ils sont des jugements déconnectés de la réalité ?
A cet égard, François Héran observe dans l’enquête « Fractures françaises » de septembre 2020, menée après l’expérience du premier confinement, que la part des Français considérant que « les immigrés en général ne font pas d’efforts pour s’intégrer » a reculé pour la première fois depuis 2013, passant de 60 % à 50 %. Une partie du public s’est en effet rendu compte que les immigrés occupaient plus qu’à leur tour des emplois « essentiels » pour la continuité de la vie économique et sociale. Cela reste élevé, bien sûr, mais les résultats varient de 40 % pour les électeurs de gauche à 95 % pour les électeurs d’extrême droite. Les jugements sur la place des immigrés dans la société sont d’abord des jugements politiques. Cette étude est à mettre en relation avec les conclusions du rapport annuel sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme de la Commission nationale consultative sur les droits de l’homme (CNCH) qui indiquent sur la base de l’évolution globale de l’indice longitudinal de tolérance (ILT) que les Français sont globalement de plus en plus tolérants. Le rapport de 2019 (confirmé dans les éditions suivantes) mettait en effet en évidence le fait que plus de trois quarts des Français adhèrent à la lutte contre le racisme. L’indice longitudinal de tolérance (ILT), en hausse constante depuis 2013, se stabilise en 2019 après avoir atteint son plus haut point en 2018. Le renouvellement générationnel et une population de plus en plus diplômée sont des facteurs explicatifs de cette évolution de la société où les normes antiracistes, antisémites, anti-xénophobes prévalent de plus en plus, et plus à gauche qu’à droite. Les questions d’ordre économique et social sont les premières préoccupations des Français, loin devant les questions d’immigration, de racisme et d’intégrisme religieux, qui sont au plus bas.
Alors que commence l’examen de la loi Darmanin (la 23ème loi sur l’immigration et l’asile depuis 1990) et que sur les 22 précédentes lois votées, une seule était à l’initiative des députés, François Héran rétablit de façon salutaire les faits en montrant ce qui relève du fantasme et de l’obsession dans le discours politique. Il interroge la prétention de ce dernier à parler au nom de l’opinion publique lorsqu’il agite de façon anxiogène l’épouvantail de l’immigration, quand les préoccupations majeures des Françaises et des Français sont d’abord économiques et sociales.
ET :
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
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Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.