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Nous souhaitons tous disposer d’un bon traitement si nous sommes malade, mais comment savoir qu’un traitement est bon, efficace sur la maladie ou les problèmes qui sont les miens, sans effet délétère secondaire ?
Ce soir, lundi 7 novembre, se tient l’inauguration de cette exposition qui se tient à la Cité du Design à Saint-Étienne. Le titre de cette proposition culturelle ? Bicyclette(s) faire des vélos. Mise en scène par Jean-Louis Fréchin et son associé Loïc Leguen au sein du bureau de design NO Design, Pourquoi s’intéresser à la bicyclette avec un prisme de designer ? Parce qu’entre l’usage(r) et l’industriel se glisse, le designer pardi. Parce que les objets que l’on utilise disent qui nous sommes, “parce que les objets racontent notre culture” pour reprendre les termes de Jean-Louis Fréchin. Cette exposition à Saint-Étienne n’est pas le fait du hasard. Cette cité fut en son temps la capitale mondiale du vélo, vers les années 1960. Berceau de Mercier, Manufrance, le savoir-faire a glissé au fil du temps vers l’Est (un Est lointain, très lointain, puisque vous le savez l’Asie est le fournisseur officiel des vélos sur le globe). L’idée de cette exposition est bien de démontrer que nous ne sommes pas si loin de pouvoir ramener ce savoir-faire en France, en poussant un peu les frontières en Europe si besoin. Organisée autour de 4 thématiques, l’exposition met en valeur les vélos pour les taffeurs, les voyageurs, les finisseurs et les innovateurs. D’autres propositions vous sont offertes. Une partie atelier, home-trainer, vélo au féminin. Un ensemble d’animations viendra égayer ce parcours initiatique dans le monde merveilleux de la bicyclette. Peut-être, cette exposition sera le lancement d’un renouveau d’une production de vélos “made in Saint-Étienne”. Laissez-vous guider au cours de cette émission
Sébastopol, piste cyclable bi-directionnelle, quand un aménagement cyclable génère de lui-même des situations conflictuelles entre cyclistes et piétons.
Merci à Olivier Grieco pour le montage et la mise en ligne.
Clément Therme, spécialiste de l’Iran, est chargé de cours à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Membre associé de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur des Relations entre Téhéran et Moscou depuis 1979 (PUF, 2012), il a également dirigé la publication d’un ouvrage collectif, L’Iran et ses rivaux, Entre nation et révolution, paru aux éditions Passés/Composés en février 2020. A paraître prochainement, un livre sur les relations entre les États-Unis et l’Iran depuis 1979.
Un mouvement de contestation secoue l’Iran depuis la mort, le 16 septembre 2022, de Masha Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, décédée trois jours après son arrestation, à Téhéran, par la police des mœurs, qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire de la République islamique pour les femmes, et en particulier de ne pas porter correctement son voile.
Spécialiste de l’Iran, Clément Therme analyse la contestation civile qui prend de l’ampleur dans tout le pays. Il observe en premier lieu la forte mobilisation des femmes revendiquant l’égalité (entre les femmes et les hommes). Il s’agit pour les plus âgées d’entre elles de reconquérir des droits dont elles bénéficiaient sous le régime du Chah, et qu’elles ont perdu lors de la Révolution de 1979 ; et pour les plus jeunes d’entre elles, nées après 1979, il s’agit de conquérir des droits. La contestation survient dans un contexte économique fortement dégradé, d’appauvrissement sans précédent des classes moyennes et de paupérisation de la société. Ce qui explique qu’elle s’étende à tout le pays, et ne concerne pas seulement les régions traditionnellement considérées comme réfractaires à l’autorité centrale, comme la province du Balouchistan (à l’est) et les régions kurdes (au nord et à l’ouest) dont était originaire Masha Amini. Elle ne se déroule pas seulement dans la capitale ou dans les grandes villes du pays. Intergénérationnelle, elle gagne toutes les catégories sociales, même si la jeunesse, concernée par son avenir, est très mobilisée. On observe une réelle convergence des luttes, avec notamment aussi une mobilisation des universités, des ouvriers occupant les raffineries, des appels à la grève générale, etc.
En conséquence, la mort de Masha Amini est l’événement révélateur d’une profonde colère sous-jacente de la société. Pour comprendre l’ampleur et la longévité inédites du mouvement, et ce qui le distingue des précédentes contestations (en 2018, 2019, ou 2009 par exemple) où revendications économiques avaient débouché sur des critiques du régime, il importe de souligner le fait suivant. La défiance du pays envers le pouvoir des mollahs s’est muée en rejet. La radicalité des slogans atteste du passage de la crise de confiance en rejet et détestation du pouvoir. Les manifestantes et les manifestants demandent un changement de régime, ils ne croient plus que ce régime soit en capacité d’améliorer leurs conditions de vie ni la situation économique du pays. Ils ne croient plus à la possibilité de réformer de l’intérieur le régime. La prétendue alternance du pouvoir entre modérés et ultra-conservateurs qui fonctionnait jusqu’alors comme une soupape de sécurité, est désormais dénoncée comme une illusion ou une imposture. Les modérés, dont la modération était d’ailleurs toute relative, puisqu’ils n’ont pas hésité à réprimer toute contestation lorsqu’ils étaient au pouvoir, sont aujourd’hui hors-jeu. Totalement écartés du pouvoir depuis les présidentielles de 2021, décrédibilisés, ils ne représentent plus aucune alternative aux yeux de la population. Le régime, incapable de susciter l’adhésion (grâce à l’existence de modérés en son sein), est davantage détesté que craint. La répression impitoyable fait peur, mais ne démobilise plus. C’est là une caractéristique de l’actuel mouvement de contestation. D’où la question : le régime actuel n’est-il pas sur le point de vaciller ? Est-ce le début de la fin, pour reprendre un slogan des manifestant.e.s ?
L’opposition n’est certes pas structurée, mais, dans une période de forte répression, cela peut être un atout rendant plus difficile son démantèlement. La contestation invente de nouvelles formes de lutte, pour contourner la censure et la répression. Elle a son hymne, Baraye, elle reprend des chants révolutionnaires internationaux, comme Bella Ciao. Se pose aussi la question de savoir jusqu’à quel point les forces de sécurité continueront-elles à obéir et à tuer ? Plus de deux cents morts à ce jour, dont une vingtaine d’enfants, et des milliers, des centaines de milliers d’arrestations, des violences, des tortures et des viols. Parmi les forces sécuritaires mobilisées, il faut distinguer les Gardiens de la Révolution, fer de lance du régime, chargé de la répression et du maintien de l’ordre dans les provinces rebelles du Kurdistan et du Baloutchistan, mais aussi dans les zones sensibles comme Téhéran. Ailleurs dans le pays, c’est l’armée qui exerce les fonctions de police et de répression des rassemblements, et on peut s’interroger à terme sur sa loyauté face à un régime qui n’a cessé en quatre décennies de renforcer ses propres appareils sécuritaires. En outre, la répression n’a pas la même force létale dans tout le pays : là où le risque est grand de capter des images et de les diffuser sur des réseaux sociaux, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, la répression frappe moins fort que dans les villes des provinces les plus reculées et davantage à l’abri des regards.
Autre caractéristique de la situation à relever, précise Clément Therme, la crise identitaire du régime. Les contestataires n’hésitent plus à dénoncer le régime des ayotallahs comme anti-iranien. L’émergence d’un récit national, alternatif au narratif et à la propagande du régime, est désormais une réalité. Le régime qui n’a connu que deux Guides suprêmes depuis 1979, les ayatollahs Khomeiny et Khamenei, est accusé d’agir contre les intérêts du pays et du peuple iranien, sans légitimité. Les manifestant.e.s dénoncent une gérontocratie corrompue et incapable de redresser le pays.
Comment le régime tente-t-il de sauver les apparences ? Il voudrait faire croire que le pays est en guerre, dans un scénario à la Bachar El Assad en Syrie, sauf qu’il n’y a pas de Daesh attaquant l’Iran. Il bombarde le nord de l’Irak, sans risque de riposte de la part d’un État. La fermeture de toutes les représentations diplomatiques américaines, depuis la crise des otages, fait que les ambassades des pays de l’UE sont la seule cible possible d’attaques de partisans du régime, sans risque de riposte de la part de l’UE. La guerre en Ukraine, où l’Iran livre des drones et des missiles à la Russie, révèle un nouveau clivage, car les Iraniens pencheraient plutôt pour la défense de l’Ukraine contre l’agression russe. Le régime tente de sortir de son isolement sur la scène internationale en négociant un accord sur le nucléaire, en affirmant que sa survie et son maintien au pouvoir sont une nécessité et une garantie afin de prévenir le chaos qui résulterait de sa chute.
La normalisation des relations avec l’Iran se fera-t-elle sur le dos des manifestant.e.s ? La signature d’un accord sur le nucléaire sera-t-elle déconnectée des autres dossiers associés historiquement à ce processus, dont celui du respect des droits et libertés politiques et civiles ?
Pour aller plus loin
ET
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
Les podcasts et les photos, sauf indication contraires, sont diffusés selon les termes d’au moins une des licences suivantes : licence Art libre version 1.3 ou ultérieure, licence Creative Commons By Sa version 2.0 ou ultérieure et licence GNU FDL version 1.3 ou ultérieure. Les musiques sont diffusées sous leur propre licence, voir la page consacrée à chaque émission pour les licences précises.
Émission proposée en partenariat avec Weelz!
Léry Jicquel est le créateur du site de rencontres LeJobvelo.fr. L’idée ? Proposer un site d’annonces de boulots dans l’industrie du vélo. Parce que dans les sites d’emploi, glissez le mot-clé “vélo” et vous trouverez toutes les annonces contenant ces termes, ou à peu près “Pour accompagner son fort développement nous recherchons…. Pas mieux avec le mot “mobilité”, vous aurez alors toutes les entreprises mentionnant “dans le cadre d’une mobilité interne, le poste de.. est à pourvoir”. Si vous vous croyez plus malins que les autres, vous allez chercher avec le mot clé “cycle”, vous aurez alors toutes les annonces mentionnant cela ou à peu près “après un cycle de formation, vous intégrerez le département de…”. Que des jobs qui n’ont fondamentalement rien à voir avec l’industrie du vélo.
Musique : The Buttshakers – Gone For Good. Ils seront en concert au new morning le 9 novembre à Paris. Au VIP à St-Nazaire le 10 novembre.
Émission proposée en partenariat avec Weelz!
Vicky Carbonneau est dans le paysage vélo depuis quelques années. Elle est l’une des fondatrices du mouvement Girls on Wheels, les GOW, une communauté sur Facebook essentiellement dont l’objectif est de donner envie aux filles de rouler. De leur donner un petit coup (ou grand) coup de pouce. Elle est aussi associée au sein de la marque Wilma, nous recevions la fondatrice au micro cet été. Vicky est également désormais associé à son copain, au pied du Ventoux, dans un café qui répond au doux nom de Pista Cycling Café.
Vicky est aussi l’autrice d’un livre intitulé “En danseuse” publié chez Amphora. Une série de 35 portraits de femmes (et quelques hommes aussi impliqués dans le sport féminin). L’envie de rassembler ces femmes aux diverses pratiques, au diverses histoires, aux divers profils. Qu’enfin, nos filles, nos adolescentes puissent elle aussi avoir des figures, des femmes qui les inspirent, qui leur donnent envie de dire “Moi quand je serais grande, je voudrais être Capucine, ou Swanee, ou Marion, ou Katel, ou Christelle…”
Pour en savoir plus sur ce livre, filez là.
Assises du vélo à assistance électrique à Grenoble. Mardi 18/10 roulez en vélib’, c’est gratuit. N’oubliez pas de vous enregistrer avant, sinon ça risque d’être long!
Dans cet épisode vous découvrirez WILLIS et ZAZA, deux rappeurs qui ont fait leur début ensemble dans le Rap durant les années 90 en période d’adolescence.
Saber Mansouri, docteur en histoire, essayiste et romancier, publie Un printemps sans le peuple. Une histoire arabe usurpée, janvier 2011- novembre 1911, aux éditions Passés/Composés.
Saber Mansouri fait partie de ces penseurs n’écrivant pas sous la pression et le poids de l’actualité, dans l’urgence. Dix années de recul lui furent nécessaires pour rédiger avec patience et publier aujourd’hui un essai sur la révolution dite du Jasmin, qui chasse en plein hiver Ben Ali du pouvoir, en 2011. La distance nécessaire pour faire surgir quelques questions cruciales. Peut-on par exemple considérer l’an 2011 comme un moment historique marquant une rupture par rapport aux anciennes pratiques du pouvoir en Tunisie ? Reprenant deux concepts chers au philosophe Cornélius Castoriadis, celui d’auto-institution et celui d’auto-transformation propre à toute révolution et moment révolutionnaire, Saber Mansouri interroge la décennie tunisienne cruciale (2011-2021) : peut-on parler de l’instauration d’un nouvel art de gouverner le peuple, de l’émergence d’une pensée politique affranchissant les siens du despotisme et de l’injustice, rendant ainsi possible la construction d’une cité commune, d’une république estimant ses citoyens, d’une démocratie avec le peuple ?
Mais, comment dresser un premier bilan d’une décennie sans se demander encore si les Tunisiens avaient pensé, préparé cette révolution avec et dans leurs mots ? Ont-ils reconquis leur propre langage pour nommer ce qui leur arrive, ce qui leur est arrivé, avec leurs propres mots, issus de leur histoire et expériences ? Les mots qu’ils emploient, les mots de la langue arabe, sont-ils les leurs ou de simples traductions d’un champ lexical occidental, importé, plaqué sur un réel qu’ils sont censés rendre intelligible, mais qu’ils n’éclairent pas, parce qu’ils sont révélateurs d’une absence d’autonomie de la pensée. Penser par soi, n’est-ce pas ce travail de la pensée sur les mots et dans les mots, processus de digestion, maturation, nécessaire à toute émancipation et libération, condition de possibilité d’une véritable révolution, célébrée comme un moment de génie du peuple s’auto-instituant et s’auto-transformant ? Est-ce que les Arabes ont nommé dans leur propre langue leur propre révolution, ce grand moment de fête politique du XXIème siècle ?
Peut-on par ailleurs penser le présent et faire de l’histoire sans faire de la géographie, sans lire les cartes ? Le 14 janvier 2011, Ben Ali fuit en Arabie saoudite. Le 20 octobre 2011, le chef de l’État lybien, Mouammar Kadhafi qui gouverna d’une main de fer son pays pendant 42 ans, est capturé et tué, au terme d’une chasse à l’homme et de bombardements de l’Otan. Quel impact cet événement et la guerre civile qui s’ensuit jusqu’à nos jours en Lybie, a eu sur la décennie tunisienne ? Les liens entre les deux pays étaient en effet très fort, la Lybie jouant durant des décennies le rôle d’un poumon économique en accueillant les travailleurs tunisiens.
Aux bombardements de l’Otan en 2011 dans la région de Syrte fait aussi écho le bombardement d’Aïn Zara, dans la région de tripoli, ordonné par le lieutenant Giulio Gavotti, le 1ER novembre 1911. Car, pour Saber Mansouri, grand lecteur de Thucydide, l’histoire est un pont, et celui qu’il traverse relie ces deux dates, 1911 et 2021 (ou 2021 à 1911), à un siècle de distance pour former ce qu’il appelle son siècle arabe. L’histoire est un tapis que l’historien déroule et déplie. De même qu’il n’est pas possible de comprendre la révolution du Jasmin, sans la mettre en perspective avec sa célébration dix ans plus tard, il n’est pas possible de comprendre la frappe aérienne d’une oasis en 1911 sans remonter au choc colonial et aux disputes entre la France, l’Italie, Malte et la Grande-Bretagne. Impossible également de comprendre le protectorat tunisien sans le mettre en relation avec la colonie de peuplement qu’était l’Algérie. Impossible encore de questionner la décolonisation sans s’interroger sur la multiplication des appareils sécuritaires, et leur mainmise sur les leviers économiques, des pays ayant accédé à l’indépendance, dans les années 1960.
Ce temps long de l’histoire et les mises en perspective qu’il permet, sont de nature à éclairer le présent. Le rôle de l’intellectuel est précisément de mettre en évidence le fil rouge tissé dans la toile, de désigner des événements phares, non pas pour dire que l’histoire se répète, mais se renouvelle, avance, en révélant ceux qu’elle a exclus, et qui reviennent alors au premier plan. A travers la figure de Mohammed Bouazizi, le vendeur ambulant de Sidi Bouzid se donnant la mort, le 17 décembre 2010, parce qu’on l’avait empêché d’exercer son métier, c’est le peuple, tous ceux et celles qui furent marginalisés, les invisibles, les sans-voix, ceux et celles qui ne disposent d’aucune représentation politique, ni d’aucun pouvoir, ni pouvoir d’achat ni pouvoir des mots, qui reviennent au premier plan.
Parler au nom du peuple ne suffit pas. On ne gouverne pas sans aimer et respecter le peuple. Hier comme aujourd’hui, « l’injustice ruine la cité » pour reprendre le constat que faisait déjà en son temps Ibn Khaldun. Le fait que les jeunes Tunisiens aujourd’hui souhaitent quitter leur pays, parce qu’ils ne voient pas d’avenir possible pour eux sur place, est un assez bon indicateur, parmi d’autres, de ceux et celles qui, une décennie après la révolution du Jasmin, ont de nouveau été exclus, marginalisés, par une révolution qui n’en est pas vraiment une, parce qu’elle n’estime pas les siens et manque de considération à leur égard. C’est un printemps sans le peuple.
Entretien avec Mylène Juste – Partie 2
Mylène Juste a créé le Collectif des Femmes de Strasbourg Saint-Denis qui représente les prostituées de son quartier, et milite au sein du STRASS, syndicat des Travailleureuses du sexe en France, dont elle fut la secrétaire générale durant de nombreuses années. La fois où nous nous sommes rencontrées pour préparer l’émission en hommage à Grisélidis Real avec Nancy Huston (AAC#14), consciencieuse praticienne, professionnelle, méthodique, elle a piqué Carnet de bal d’une courtisane de Grisé qui traînait sur la table de la terrasse du café où nous nous sommes retrouvées, pour le relire, avec un grand sourire, presqu’un rire… Cette énumération, liste des clients à la « Je me souviens » d’un Pérec, fait défiler des notes de séances et on y lit l’utile et l’agréable, on y relie la pratique de tout un art aussi précis et fin que celui de l’orfèvre, écrivait Grisélidis Real, à une certaine poésie du réel…
Mylène Juste évoque volontiers pour nous le sien, son réel, celui d’aujourd’hui, le réel du quartier où elle taffe, le réel du quotidien de ses collègues, de ses adelphes, de celleux qu’elle n’a de cesse de défendre… c’est tout un poème ! Elle évoque des bouts de son combat et nous écoutons quelques extraits d’écrits siens sur la Tendresse et la Puterie, sur le Cul et la Puterie, sur l’Amour et la Puterie, sur son engagement militant et activiste, survolant les interrogations et ouvrant les réflexions sur le corps et le cœur de la Pute et en général des femmes qui exercent le travail sexuel.
Mylène s’attelle à la préparation d’une émission en direct sur notre radio Cause Commune dont l’objectif sera de tendre le micro à des femmes hors norme, des personnes que la société, les politiques ignorent, des travailleureuses du sexe qui gagnent leur vie en monnayant la sexualité sous toutes ses formes : prostituées, escorts, strip-teaseuses, Cam girls, dominatrices. Il s’agira de faire connaitre les réalités et les luttes de ces personnes évoluant dans un écosystème périlleux et malmené, et d’inviter à changer ou renouveler nos regards sur ces travailleuses en minorité, de débattre sur des thèmes qui les touchent de plein fouet, à l’intersection de nombreuses luttes, le classisme, le racisme, le sexisme, l’âgisme, et toutes les peurs diverses d’une société hétéro-normée, aliénante et phagocytée par une hypocrisie qui préconise encore aux personnes, en tout cas à iels, comment, quand, où et avec qui faire « bon » usage de son corps…
« Lumières Rouges : vies d’insurgé.es » aura lieu tous les premiers jeudis du mois, à partir de Novembre 2022 à 22h30. Un large temps sera consacré à répondre en direct à vos appels… Alors à très bientôt chèr.es auditeurices !
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.