Cause à effet - Magazine du travail, de l'emploi et de la formation

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Cause à effet - Magazine du travail, de l'emploi et de la formation episodes

  • #119 – Guerres et pauvreté
    Contexte

    Cause commune accueille Séverin Duc, historien, chercheur associé au Centre Roland Mousnier.

    Ses travaux sont incroyables. Il nous déconstruit la mémoire collective ! Qui n’a pas été obligé de sortir cette foutue formule qui fleure bon la fierté nationale : la victoire de François 1er en 1515 à Marignan ? Eh bien chers auditeurs, si vous voulez savoir à quel point votre cerveau est lobotomisé, laissez vous conduire avec Séverin dans les trous de l’inconscient collectif, ce monstre caché qui donne à voir une France guerrière ne valant pas mieux que les Nazis en 1941 sur le front Russe. Les guerriers en chasse, en recherche furieuse de proies à massacrer (notamment nombre de populations civiles italiennes) à torturer hommes femmes et enfants, à rendre esclaves sexuelles des milliers de femmes au delà des viols ponctuels, ce sont les armées du prince des arts de la renaissance.

    Un douloureux lavage de cerveau qui nous sert aussi à penser les guerres actuelles et bien plus : à penser les élites, hébergeant bien souvent des serial killers qui se servent des guerres comme d’une opportunité pour exercer et développement plus librement leur cruauté. Une inversion totale du regard sur la guerre et la paix.

    Ah, au fait, François a été fait prisonnier en 1525…

    1 hr 56 min
  • #154 – LASPIZ
    Au micro

    Dans cet épisode vous découvrirez LASPIZ, rappeur originaire d’Issy-les-Moulineaux (92) qui vient nous présenter son dernier projet « Minä » composé de 6 titres où on découvre l’artiste et ses compétences artistiques dans toute sa diversité.

    Un échange qui commence par un comeback en 2020 où il était venu poser un freestyle en tant qu’auditeur durant une émission avec un autre artiste.

    Désormais il est l’invité du jour et va nous expliquer comment il a géré 90% de la construction de son projet. Il saura aussi régaler la team et surtout les auditeurs sur son freestyle musicale en fin d’émission !

    1 hr
  • #17 – Cul, Tendresse, Lois et Vanité (Partie 1)
    Entretien avec Mylène Juste – Partie 1

    Mylène Juste a créé le Collectif des Femmes de Strasbourg Saint-Denis qui représente les prostituées de son quartier, et milite au sein du STRASS, syndicat des Travailleureuses du sexe en France, dont elle fut la secrétaire générale durant de nombreuses années.

    La fois où nous nous sommes rencontrées pour préparer l’émission en hommage à Grisélidis Real avec Nancy Huston (AAC#14), consciencieuse praticienne, professionnelle, méthodique, elle a piqué Carnet de bal d’une courtisane de Grisé qui traînait sur la table de la terrasse du café où nous nous sommes retrouvées, pour le relire, avec un grand sourire, presque un rire… Cette énumération, liste des clients à la « Je me souviens » d’un Pérec, fait défiler des notes de séances et on y lit l’utile et l’agréable, on y relie la pratique de tout un art aussi précis et fin que celui de l’orfèvre, écrivait Grisélidis Real, à une certaine poésie du réel…

    Mylène Juste évoque volontiers pour nous le sien, son réel, celui d’aujourd’hui, le réel du quartier où elle taffe, le réel du quotidien de ses collègues, de ses adelphes, de celleux qu’elle n’a de cesse de défendre… c’est tout un poème ! Elle évoque des bouts de son combat et nous écoutons quelques extraits d’écrits siens sur la Tendresse et la Puterie, sur le Cul et la Puterie, sur l’Amour et la Puterie, sur son engagement militant et activiste, survolant les interrogations et ouvrant les réflexions sur le corps et le cœur de la Pute et en général des femmes qui exercent le travail sexuel.

    Mylène s’attelle à la préparation d’une émission en direct sur Cause Commune dont l’objectif sera de tendre le micro à des femmes hors norme, des personnes que la société, que les politiques ignorent. Des Travailleureuses du sexe qui gagnent leur vie en monnayant la sexualité sous toutes ses formes : prostituées, escorts, stripteaseuses, cam girls, dominatrices.

    Il s’agira de faire connaitre les réalités et les luttes de ces femmes évoluant dans un écosystème périlleux et malmené, et d’inviter à changer ou renouveler nos regards sur ces travailleuses en minorité, de débattre sur des thèmes qui les touchent de plein fouet, à l’intersection de nombreuses luttes, le classisme, le racisme, le sexisme, l’âgisme, et toutes les peurs diverses d’une société hétéro-normée, aliénante et phagocytée par une hypocrisie qui préconise encore aux personnes, en tout cas à ielles, comment, quand, où et avec qui faire « bon » usage de son corps…

    « Au bout du parapluie rouge : vies d’insurgées » aura lieu tous les derniers jeudis du mois, à partir d’octobre 2022 à 22h30. Un large temps sera consacré à répondre en direct à vos appels…

    Alors à très bientôt chèr·es auditeurices !
    À l’oreille
    • Santana – Black magic woman – Gypsy Queen
    • Sade – Jezebell, in live – San Diego, 2015
    • Tanya Tagaq – Uja, 2015
    • Madredeus – guitarra – fado 1995
    • Marie-Luise Böning (vocals) & Lena Sophia Schmidt (piano) – Die ballade von der judenhure Marie Sanders – composition de Brecht et d’Eisler / Nymphetamin, in live – Rostock, 2015
    • Balavoine – Soulève-moi, 1983
    • Extraits de textes lus ou cités
      • Mylène Juste, La Putain, les Abolitionnistes et les Cohortes religionnaires, Archives d’une défenseure des putes,… – extraits lus par Mylène et Corinne Leconte
      • Grisélidis Réal, Lettre à mes enfants chéris – lue par Marc Le Gall
      • Flora Tristan, L’émancipation de la femme, ou Le testament de la paria – extrait lu par Killa Peñaherrera
      • Pour aller plus loin
        • Le STRASS ou Syndicat du TRAvail Sexuel existe depuis 2009 en France.
        • Il a été créé par des travailleurSEs du sexe lors des Assises européennes de la prostitution qui se tenaient alors à Paris ; y étaient rassemblé·es des travailleureuses du sexe, rejoint·es par des juristes, des travailleurs sociaux, des sociologues, etc.
        • ACCEPTESS.T Actions Concrètes Conciliants : Éducation, Prévention, Travail, Équité, Santé et Sport pour les personnes Trans.
        • Ma lumière rouge, blog, Libération
        • Lien vers d’autres émissions Accords aux Corps
          • Autour et alentour de Grisélidis Real
          • « Le Corps comme un fruit mûr et la Peau qui chante », Grisélidis Réal
            invitées : Nancy Huston et Mylène Juste
          • Désaccords
          • Numéro Spécial : Les Travailleurs·euses du sexe protestent de Pigalle à République.
            1 hr
          • #129 – Z comme zombie
            En plateau

            Iegor Gran, écrivain phare des éditions P. O. L., auteur du Journal d’Alix (2022) et des Services compétents (2020), publie Z comme zombie. Fils d’Andreï Siniavski, grande figure du monde intellectuel russe et soviétique, il a rédigé la préface d’André-la-Poisse, un conte fantastique écrit par son père, et réédité en 2021 aux éditions du Typhon.

            Contexte

            Dans Z comme zombie, Iegor Gran s’interroge sur ce qu’il appelle la zombification d’une grande partie de la société russe qui continue de soutenir la guerre de Poutine contre l’Ukraine, adhère « aux élucubrations sur la « chienlit nazie » et l’Ukraine qui les menace », et justifie le bombardement des hôpitaux et des écoles, exécution ou déplacement de civils, le massacre de Boutcha et autres crimes de guerre.

            Comment comprendre ce processus de zombification ? Car les zombies sont des gens bien, que l’on trouve dans chaque famille, dans des milieux sociaux divers. Ils ont fait des études ou ils n’en ont pas fait. On en connait tous, on peut échanger avec eux, discuter raisonnablement de tout, sauf de Poutine et de sa guerre ! Ils semblent alors subir une métamorphose, une déformation, une altération de leur jugement ; ils se crispent et répètent à l’envi tout ce que la zombocaisse (la télévision contrôlée par le pouvoir poutinien) leur débite. Ils semblent perdre ou perdent toute distance, tout regard critique face au discours guerrier, présentant la Russie comme une forteresse assiégée, cernée d’ennemis, comme si la Seconde guerre mondiale n’avait pas pris fin en 1945, et que la Grande Guerre patriotique se prolongeait ou avait repris, à cette réserve près que les ennemis de la Russie éternelle sont désormais, dans un même sac, les nazis et les Alliés.

            Comment cette vision du monde, cette histoire revisitée occultant notamment le pacte germano-soviétique (ou pacte Ribbentrop-Molotov), parvient à dominer un si grand nombre d’esprit prêts à justifier la destruction d’un pays et de son peuple, comme une punition pour avoir  voulu s’émanciper du giron russe post-soviétique ?

            Que signifie la lettre Z ? Il s’agit au départ de l’initiale de Zapad désignant l’un des deux grands corps d’armée mobilisés aux frontières de l’Ukraine, avec celui de Vostok, avant le déclenchement de l’invasion, le 24 février 2022. Les deux initiales (Z et V) étaient peintes sur les engins militaires afin d’éviter le tir ami. Mais, le Z, la dernière lettre de l’alphabet latin, s’est transformée en signe de ralliement, de soutien à l’offensive russe, se retrouvant partout :  sur les tee-shirt, sur la purée en décoration culinaire, ou s’incrustant sur la coupe de cheveux. Le Z tel le V de la victoire, partout ! objet d’un culte, symbole du combat du soldat russe libérant en 2022, comme en 1945, l’Europe du fascisme et du nazisme.

            Le discours guerrier et celui de la propagande, est un style qui ne peut manquer d’interpeler un écrivain, avec ses euphémismes (« OMS, opération militaire spéciale » pour dire guerre, ou « intervention humanitaire » pour dire invasion), avec ses hyperboles, c’est aussi un discours efficace. Pourtant les moyens de s’informer et de contourner la censure, aujourd’hui disponibles, existent contrairement à ce qui caractérisait la période stalinienne, et sont facilement accessibles (internet, youtube). Mais tout ce qui pourrait nuancer, remettre en cause la phraséologie et le dogme, devient objet de suspicion, considéré comme une manipulation de l’ennemi. Que faire face à cet irrationnel ?

            Comment déconstruire un tel discours ? Pourquoi et d’où vient cette cécité ou paresse intellectuelle ? Comment peut-elle être ébranlée ? Par un choc ou électrochoc ? La mobilisation décrétée par le gouvernement y contribuera-t-elle ? Une lourde défaite militaire sonnera-t-elle le glas de la zombification ? Le réveil ne sera pas facile.

            Comment penser librement, penser par soi, en toute autonomie ? La question est philosophique et universelle. Au-delà de la zombification des esprits dont il est ici question et qui concerne une société et un espace toujours en quête de démocratie où la figure du tyran, Ivan le Terrible ou Staline, a laissé des traces durables. Comment sortir du manichéisme, du lavage de cerveau, comment éviter de sombrer dans le relativisme ou l’indifférence, balloté d’une vérité alternative à l’autre ? A quelles conditions peut-on sauver un discours de vérité ? Le moment ou jamais de relire Kant et son remarquable opuscule Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ?

            À l’oreille
            • Boulat Okoudjava – Le petit orchestre de l’espoir dirigé par l’amour
            • Vladimir Vyssotski – Plus rien ne va
            • Arno Babadjanian – Elegy
            • Poure aller plus loin
              • Iegor Gran, Z comme zombie, P.O.L., 2022
              • Iegor Gran, Le Journal d’Alix, P.O.L., 2022
              • Iegor Gran, La marche du canard sans tête, P.O.L. 2021
              • Iegor Gran, Ces casseroles qui applaudissent aux fenêtres, P.O.L., 2020
              • Iegor Gran, Les services compétents, P.O.L., 2020
              • Iegor Gran, N. G ! P.O.L., 2003, puis Folio Gallimard. Grand Prix de l’humour noir 2003 et prix RD-RG/Paris Première
              • ET

                • Andreï Siniavski, André-la-Poisse, Préface Iegor Gran, traduction Louis Martinez, Éditions du Typhon, 2021
                • Radio Cause commune, Le monde en questions, n°66, 98 et 109
                • Emmanuel Kant, Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée, traduction et commentaires A. Philionenko, Vrin.
                • 1 hr 7 min
                • #153 – Les actions des membres du collectif CHATONS dans l’éducation
                  153e émission Libre à vous ! de l’April diffusée en direct mardi 27 septembre 2022 de 15 h 30 à 17 h 00
                  Au programme :
                  • sujet principal : les actions des membres du collectif CHATONS dans l’éducation, avec Audrey Guélou, membre de Picasoft et doctorante à l’Université de Technologie de Compiègne, et Neil, contributeur à La Contre-Voie
                  • la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet, vice-président de l’April, sur le thème « Datagir : une initiative de l’ADEME pour apporter l’information environnementale au plus près des citoyens »
                  • la chronique « La pituite de Luk » sur le thème « Je suis un boomer »
                  • quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l’April et le monde du Libre
                  • Références

                    Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).

                    Intervenir en direct

                    Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.

                    Licences

                    Les podcasts et les photos, sauf indication contraires, sont diffusés selon les termes d’au moins une des licences suivantes : licence Art libre version 1.3 ou ultérieure, licence Creative Commons By Sa version 2.0 ou ultérieure et licence GNU FDL version 1.3 ou ultérieure. Les musiques sont diffusées sous leur propre licence, voir la page consacrée à chaque émission pour les licences précises.

                    1 hr 29 min
                  • #174 – Transformer l’habiter pour ou par le vélo ?
                    En plateau (au téléphone) Nathalie Ortar

                    Contexte

                    Nathalie est chercheuse anthropologue, elle enseigne à l’ENTPE (École Nationale des Travaux Publics de l’État).

                    C’est dans le Rhône, du côté de Vaulx-en-Velin qu’elle sévit. Elle travaille sur l’habiter, qui influe sur la mobilité. Sur la question de la mobilité genrée également. Comment choisir son lieu de résidence ? Où placer la mobilité dans ce choix ? Identifier les implications dans son quotidien entre un choix résidentiel ou un choix de centre urbain ? Ces choix, ces comportements sont-ils changeants au cours de la vie du citoyen ? La prise de conscience d’un besoin de sobriété, est-elle entrain de bouleverser nos façons d’habiter ?

                    L’agenda, quoi faire, que voir, que lire cette semaine :
                    • Fin des championnats du Monde UCI en Australie, Christophe Laporte remporte une médaille d’argent. Il va pouvoir rentrer à la maison en 1ère classe.
                    • Juliette Labous finie 7ème chez les Élite Femmes. Aurait-elle été sur le podium si elle avait voyagé à l’aller en business ? On ne le saura jamais.
                    • Ce dimanche à Strasbourg, rendez-vous au cinéma Star Saint-Exupéry à 11h00, trois documents sonores à découvrir…
                    • La musique du vélo ! Une expérience à vivre.
                    • Que lire enfin, ce livre “disparaître” par Lionel Duroy, aux éditions Mialet-Barrault.
                    • Pédaler jusqu’à Stalingrad… ou pas.
                      La chronique d’Abel Guggenheim

                      Abel continue sur sa lancée. L’offre crée la demande. Quelles solutions pour éviter une saturation des pistes cyclables ?

                      Musique : The Black Keys’ “It Ain’t Over” extrait de leur album Dropout Boogie
                      Réalisation : Malo Ferry / Merci à Nasma pour son aide à la préparation de cette émission.
                      Habillage sonore : Valentin Texier
                      30 min
                    • #22 – La lumière dans le fond
                      Films évoqués

                      L’équipe composée cette semaine de Ethel, Léo, Théo et Charles vous fait part de leurs critiques sur :

                      • Don’t worry darling d’Olivia Wilde
                      • Feu Follet de João Pedro Rodriguez
                      • À l’oreille

                        Ermo – crtl + C ctrl + V

                        1 hr
                      • #128 – Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique
                        En plateau

                        Vladimir Fédorovski, influent diplomate sous Gorbatchev, porte-parole de la Perestroïka. L’écrivain désormais français, de mère russe et de père ukrainien, auteur du Roman vrai de Gorbatchev, paru chez Flammarion en 2019, revient sur le destin du dernier Secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique (PCUS). Il vient par ailleurs de publier Nicolas II, Lénine – Le roman d’une révolution aux éditions Balland.

                        Contexte

                        Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev fut le dernier Secrétaire général du comité central du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) – il fut désigné en 1985 – et l’unique et éphémère président de l’Union des républiques socialistes soviétiques (1990-1991). Il est décédé le 30 août 2022 à l’âge de 91 ans. Figure controversée et paradoxale, l’homme au legs ambivalent suscite des jugements contradictoires. Pour Vladimir Fédorovski, la personnalité de Gorbatchev était une forteresse inaccessible. Alexandre Yakovlev, qui fut à la fois l’inspirateur et l’architecte de la Perestroïka et l’un de ses plus proches collaborateurs se déclara quant à lui « incapable de pénétrer le psychisme de Gorbatchev ».

                        Loué, admiré, voire adulé en Occident pour son rôle dans la fin de la Guerre froide, rôle pour lequel il reçut le prix Nobel de la Paix en 1990, il était et reste beaucoup moins populaire en Russie et dans tout l’espace post-soviétique. Pour certains, il a changé la face du monde, permit la réunification de l’Allemagne, mis fin à la guerre en Afghanistan. Pour d’autres, il fut le fossoyeur de l’Union soviétique. Il est tenu pour responsable de la dislocation de l’URSS, même si en réalité cette dernière fut actée par la publication du communiqué du 8 décembre 1991, cosigné par Boris Eltsine, président de la république socialiste fédérative soviétique de Russie, Stanislaw Chouchkievitch, président de la république socialiste soviétique de Biélorussie et Leonid Kravtchouk, président de la république socialiste soviétique d’Ukraine. Ce communiqué appelé « accord de Minsk », conclu dans la forêt de Belovej, en Biélorussie, annonçait laconiquement : « l’Union des républiques socialistes soviétiques a cessé d’exister en tant que réalité géopolitique et en tant que sujet du droit international », et donnait naissance à la CEI, Communauté des Etats indépendants.

                        Mikhaïl Gorbatchev, l’homme de la Perestroika et de la Glasnost, a de son côté toujours dit qu’il n’avait pas voulu la dislocation de l’URSS. (Evénement que Vladimir Poutine considère comme la plus grande catastrophe géopolitique du XXème siècle). Mais sa politique de réformes et de transparence avait-elle des chances d’aboutir ou bien était-il trop tard pour transformer un système sclérosé et à bout de souffle ? Jusqu’où voulait-il réformer et jusqu’à quel point entendait-il mettre fin à la langue de bois, sinon vraiment démocratiser un système et un espace composé de 15 républiques ? Il est en tout cas le premier leader politique de l’histoire soviétique à avoir passé sa jeunesse dans un village et aux champs avant de s’élever dans l’appareil du parti. Il est issu d’une famille paysanne de la région de Stavropol, située au sud de la Russie. La région n’a jamais connu le servage et aurait ainsi conservé une certaine liberté d’esprit, voire un sens de l’initiative. Qui plus est, depuis la mort de Staline, elle est un laboratoire expérimental de réformes, notamment dans l’agriculture. Second atout, Gorbatchev et sa femme ont fait des études universitaires, ce qui les distingue de la plupart des autres hauts cadres soviétiques, et leur donne des billes manquant à d’autres. De retour de Moscou où il a fait ses études de droit et s’est marié avec Raïssa, Gorbatchev intègre vite à Stavropol l’équipe qui pilote localement des projets réformateurs, avant de devenir le Premier secrétaire de la région de Stavropol.

                        Enfin, troisième atout, et non des moindres, Gorbatchev, est originaire d’une région peuplée à ses marges par une mosaïque de nationalités. Il aurait pu avoir une approche moins doctrinale de la question nationale supposée résolue par le mythe de la fusion des peuples dans un seul peuple soviétique. Au lieu de cela, confronté aux aspirations sociales, politiques et nationales, le Secrétaire général s’inscrira dans la lignée répressive de ses prédécesseurs, fermant la porte au dialogue et à la négociation. Cela commença avec l’arrestation et le transfert à Moscou, le 10 décembre 1988, des membres du Comité Karabagh, lesquels constituaient une véritable force politique alternative, et critiquaient notamment la gestion calamiteuse du séisme qui frappa l’Arménie le 7 décembre 1988 ainsi que la captation de l’aide internationale à Moscou ; en Géorgie, à Tbilissi, 22 manifestants furent tués à coups de pelle, en avril 1989, par l’armée soviétique ; en Azerbaïdjan, l’intervention de l’armée soviétique à Bakou fit 130 morts et des centaines de blessés, dans la nuit du 19  au 20 janvier 1990. C’était du reste la première fois que l’armée soviétique prenait d’assaut une ville située en territoire « soviétique ». Sans oublier l’assaut du Parlement et de la télévision de Vilnius par l’armée soviétique, en Lituanie, qui fit 14 morts, le 13 janvier 1991 ; ni les 5 morts à Riga, en Lettonie, cinq jours plus tard dans un assaut similaire.

                        Vladimir Fédorovski note deux erreurs majeures commises par Gorbatchev. La loi anti-alcool tout d’abord qu’il promulgua très vite et le rendit impopulaire, lui valant l’appellation de « Secrétaire minéral », puisqu’il était réputé ne pas boire d’alcool. Conséquence, l’augmentation de la consommation d’eau de Cologne, alcool frelaté et autres produits d’entretien comme substituts à la vodka et développement de la production privée artisanale. Autre erreur considérable, l’adoption en 1986 de la loi sur l’Entreprise qui permet aux chefs d’entreprise en place de prendre tout pouvoir sur de nombreux secteurs de l’économie du pays, ce qui eut pour conséquence la perte du contrôle budgétaire par l’administration, déclencha le pillage des richesses du pays et l’émergence d’une oligarchie prédatrice. Mais, remarque néanmoins Vladimir Fédorovski, c’est tout le legs de Gorbatchev (fin de la Guerre froide, le choix de la paix) qui vole en éclats dans la situation internationale actuelle, en rappelant que l’homme qui avait quitté la vie politique en 1991 avait mis en garde contre le risque de troisième guerre mondiale et le danger nucléaire.

                        À l’oreille
                        • Dmitri Chostakovitch – Valse
                        • Tchaïkovski – Casse-noisette (Valse des fleurs)
                        • Boulat Okoudjava – hommage à François Villon
                        • Pour aller plus loin
                          • Vladimir Fédorovski, Nicolas II, Lénine – Le roman d’une révolution, éditions Balland, 2022
                          • Vladimir Fédorovski, Le roman vrai de Gorbatchev, Flammarion, 2019 – J’ai lu, 2022
                          • Vladimir Fédorovski L’Ukraine. Les faces cachées, éditions Balland, 2022
                          • Vladimir Fédorovski, Le roman de Saint-Pétersbourg, éditions du Rocher, 2003. Prix Europe
                          • Vladimir Fédorovski, Poutine de A à Z, Stock, 2017
                          • Vladimir Fédorovski, Dictionnaire amoureux de Saint-Pétersbourg, Plon, 2016
                          • Vladimir Fédorovski, Poutine, l’itinéraire secret, éditions du Rocher, 2014
                          • ET

                            • Radio Cause commune/strong>, Le monde en questions, n°111, La guerre de Poutine contre l’Ukraine (5)
                            • Taline Ter Minassian, Gorbatchev, PUF, 2022
                            • 1 hr 4 min
                            • #152 – Être libriste et responsable SI d’une association
                              152ème émission Libre à vous ! de l’April diffusée en direct mardi 20 septembre 2020 de 15 h 30 à 17 h 00.
                              Au programme :
                              • Sujet principal : être la personne responsable des systèmes d’information et libriste, bénévole ou salariée, dans une association.
                              • La première chronique, ou billet d’humeur, de notre nouveau chroniqueur, sur le thème : « Pops-ups et fenêtres modales ».
                              • « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture », la chronique de Marie-Odile Morandi lue par Laure-Élise Déniel. Sur le thème : « De la couleur de nos cerveaux ».
                              • quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l’April et le monde du Libre
                              • Références

                                Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).

                                Intervenir en direct

                                Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.

                                Licences

                                Les podcasts et les photos, sauf indication contraires, sont diffusés selon les termes d’au moins une des licences suivantes : licence Art libre version 1.3 ou ultérieure, licence Creative Commons By Sa version 2.0 ou ultérieure et licence GNU FDL version 1.3 ou ultérieure. Les musiques sont diffusées sous leur propre licence, voir la page consacrée à chaque émission pour les licences précises.

                                1 hr 30 min
                              • #73 – Gwen
                                Contexte

                                Gwen. Une vie dissolue. Une mère perdue et malade. Placement en foyer. Un père absent… et une vie qui continu malgré tout. Se réaliser et transformer ses difficultés en opportunité

                                56 min

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