L’écrivain américain Rihan Holiday disait ''pour accélérer, il faut ralentir''. Autrement dit, lorsqu’on débranche la prise pour quelques jours ou quelques semaines, c’est à ce moment-là que notre cerveau se met en marche et nous permet de revenir avec de nouvelles idées, de nouveaux projets. Mais encore faut-il que ce temps libre, permis par les vacances, ne soit pas accaparé par nos écrans de smartphones. La lecture d’un article de mes confrères du Figaro m’a justement fait prendre conscience que l’usage de notre temps est à la fois politique et économique, même si nous ne nous en rendons pas compte.
Et c’est vrai qu’il a d’abord été politique, car l’invention de l’horloge mécanique en 1280, à l’époque, c’était une manière de contester le pouvoir de l’Église et de ses clochers. Et plus près de nous avec le virus du COVID 19, la dimension temps et la recherche de sens est redevenue centrale. La découverte du temps libre et donc de la recherche de sens a modifié les rapports entre employés, employeurs, surtout dans la restauration, mais pas que. Et donc l’usage de notre temps a donc bel et bien un aspect politique et économique. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir comment les grandes villes essayent toutes d’appliquer le concept de la ville du quart d’heure, Autrement dit, toutes nos activités quotidiennes école, sport, loisirs, restauration devraient, selon ce concept, être idéalement situé à moins de quinze minutes de notre lieu d’habitation. Et le débat sur la retraite en France, mais aussi chez nous en Belgique, porte sur l’usage de notre temps libre. Avec en filigrane évidemment, la question de savoir qui va le financer. Et comme toujours en politique, chacun souhaite que ce soit le voisin qui fasse le plus d’effort. En réalité, ce débat sur le temps, je le soulève car comme nous sommes à la rentrée, il va très vite se compresser ce temps. Nous aurons tous, à des degrés divers, un ressenti de manque de temps alors que paradoxalement, nous n’avons jamais eu autant de temps libre au cours des dernières décennies. Et cela ne serait-ce que, par exemple, beaucoup de tâches ménagères ont été automatisées et qu’en plus une économie de la paresse a fait son apparition dans nos villes avec toute sa livraison à domicile permise par le commerce ou par ces jeunes gens en scooter qui viennent nous livrer des tas de choses nuit et jour. Ou par ces abonnements de type Amazon Prime ou Netflix qui amène le divertissement chez soi, chez nous, sans devoir sortir au cinéma ou aux concerts. D’où mon expression d’économie de la paresse…
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--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21, la radio Rock'n'Pop.