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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff
Littérature sans frontières est une chronique de Pierre Guelff.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Décidément, le monde est petit et le temps passe si vite… En 1985 et 1986, j’entretenais une correspondance avec Pierre Dangle, alors auteur aux Éditions du Rocher. J’en étais aux tout débuts de mes recherches sur la symbolique, et il m’éclaira quelque peu sur les notions d’initiation, de monde profane, de rites…
Puis, il n’y a pas de hasard, plus de trois décennies plus tard, je retrouve le même Pierre Dangle chez l’éditeur MdV, soit Maison de Vie, avec un nouvel ouvrage traitant du langage symbolique et de mots-clés !
Cet auteur y est présenté comme avoir une très longue pratique de la pensée symbolique et que, dans son ouvrage, il y propose, entre autres, des symboles « de manière simple sans sacrifier la richesse du fond. »
Effectivement, en 270 pages, Pierre Dangle entraîne le lecteur dans les arcanes de l’alchimie, de l’art du trait, d’outils chers aux Compagnons et gens du Métier, tels le compas, la corde d’arpentage, l’équerre, le fil à plomb…, mais, également, la symbolique, souvent méconnue ou mal interprétée, des nombres, dont celui dit d’or, de l’œil (Photo extraite de l’ouvrage), du delta…
Assurément, cet essai, bien illustré, est une source crédible sur ce sujet particulièrement pointu et, peut-être, une bonne petite piqûre de rappel pour ceux qui ont besoin de se rafraîchir la mémoire…
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
https://frequenceterre.com/wp-content/mp3/chronique-2018-11-04-09-00-00-pierre-Symbolisme.mp3
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
En débutant la lecture du Choix de Claire de Sylvie Anne (Presses de la Cité), je n’avais pas oublié son formidable récit de L’Étranger de Saint-Cernin et, si comparaison n’est pas raison, j’ai à nouveau été très agréablement surpris de lire son nouveau roman en y retrouvant ce style tant apprécié des amateurs de sagas et d’histoires de terroir. Claire, dessinatrice de mode dans l’âme, habite Paris et s’ennuie. Son mari, Pierre, arriviste patenté ne veut pas d’enfant car, serine-t-il, il n’aurait pas le temps de s’en occuper et n’a pas envie de gâcher sa carrière à la banque. Pour lui, Claire n’a aucune raison de déprimer, puisqu’elle a tout le confort possible dans leur maison. « Les rouages de la vie grippaient comme une mécanique qui défaille », explique l’auteure. Alors, elle fait sa valise et retourne auprès de sa mère, veuve, à Brives. L’accueil n’est guère enthousiaste, elle apprécie son gendre, mais, soudain Claire est prise de malaises, de faiblesse et d’étourdissements. Le docteur de famille est catégorique : « Vous n’êtes pas malade, vous êtes enceinte ! » Enceinte de Pierre, le ciel tombe sur la tête de la jeune parisienne, et les rumeurs, ragots… se déclenchent. Elle quitte sa mère et se rend chez sa tante à Queyssac-les-Vignes trouver refuge, trouve sur sa route Antoine, une jeune et sympathique artisan et Lilas naît. À Paris, Pierre perd son emploi, déprime, est plaqué par une jeune femme qu’il a séduite et qui découvre que son amant n’a pas divorcé…
Au risque de dévoiler la suite de ces événements qui, au fil des pages, vont en s’amplifiant et font du lecteur un spectateur privilégié d’un dénouement assez exceptionnel, je vous livre l’ultime phrase de ce roman magnifique : « Si le chemin pour conquérir sa liberté de femme et de mère avait été douloureux, il aboutissait aujourd’hui à la plus encourageante des promesses. »
À vous de la découvrir !
Avant-dernière chronique consacrée à l’imposant essai L’Histoire sacrée du monde de Jonathan Black (J’ai Lu) avec Paracelse qui voyait, au début du XVIe siècle, la manière dont les étoiles agissaient sur les êtres humains en exerçant une influence à distance à l’intérieur du corps humain. Mars a, par exemple, un lien avec le sang et le soleil avec le cœur, selon lui.
À l’heure actuelle, plus personne ne met en cause l’influence de la pleine lune sur l’augmentation des naissances, autant humaines qu’animales.
Et puis, selon ce médecin, philosophe et théologien laïque, « certaines personnes naissent avec une conscience visionnaire. D’autres peuvent y être initiées par les cérémonies des sociétés secrètes. Les techniques pour induire des états de conscience supérieurs et entrer en contact avec les intelligences supérieures comptent parmi les secrets les mieux gardés. »
L’influence posthume de Paracelse sur la civilisation fut immense. Il aurait été déterminant pour la médecine, traditionnelle comme alternative, pour le développement de la méthode scientifique. On lui attribue la découverte des principes à l’origine de l’homéopathie et de l’importance de l’hygiène en médecine. Il serait le père de la toxicologie et de la médecine expérimentale L’intérêt qu’il portait aux composants chimiques des remèdes le conduisit à identifier et à nommer le zinc.
La plupart des remèdes populaires répertoriés par cet homme itinérant qui mourut seul, ayant atteint son objectif de ne jamais devenir riche, servent de base aux médicaments industrialisés d’aujourd’hui.
Et, comme l’explique l’ouvrage au fil des chapitres et, donc, des siècles, nous avons assisté à un changement de conscience, comme l’humanité passait d’une forme de conscience basée sur les idées à une autre basée sur les objets, mais, au XVIIIe siècle, la science et la philosophie fournirent des résultats escomptés : ils développèrent un ensemble de critères efficaces pour décrire le fonctionnement du monde, soit un virage majeur.
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Mischa Berlinski, auteur du roman Dieu ne tue personne en Haïti (Albin Michel), débute son ouvrage par une parabole créole qui, a elle seule, peut résumer la trame de son récit : « Tout faire pour s’en sortir n’est pas un péché ».
Au fil des chapitres de cette histoire d’un ancien shérif de Floride qui se retrouve en Haïti après avoir accepté un poste aux Nations unies, voici quelques phrases qui l’illustrent davantage :
« Quand on travaille dans le domaine pénal, on est convaincu que tous les hommes naissent pécheurs. »
« Notre chef d’administration était un Trinidadien, dont les barbecues dominicaux reflétaient sa vision de l’ONU en tant que fraternité humaine. Asiatiques, Africains et Occidentaux pour partager des morceaux de poulet à la jamaïcaine. »
« Sur mille personnes, l’une d’elles fera forcément quelque chose que les autres ne feront pas. »
« Comme nous le rappelle le philosophe, la seule chose absolument bonne en ce monde, est une bonne volonté. Alors pourquoi les Américains oppriment-ils autant ? »
« Le monde des riches est intime, soupçonneux, consanguin. »
« C’est la loi de la nature : s’il veut garder son os, un chien doit montrer les dents. »
Et, dans le fond, pourquoi le titre Dieu ne tue personne en Haïti ? Parce que, explique l’auteur, c’est un proverbe créole qui, métaphoriquement, signifie que personne n’y meurt de mort naturelle et que le monde s’éclaire alors d’une sorte d’affreuse logique meurtrière ! Celle de la précarité, de la violence, des gosses qui crèvent de faim… sous l’œil amorphe ou désintéressé des nantis.
Remarquable numéro 4 du magazine POUR (écrire la liberté), en kiosque en cette fin septembre 2018, sous le titre générique « Nous sommes tous des migrants » !
Parmi les nombreux articles, nous avons pointé celui qui met en demeure de « se positionner clairement sur l’absolue nécessité d’assurer des conditions d’accueil et/ou de séjour dignes aux personnes en transition plus ou moins longue sur notre territoire. »
Mais, au-delà de la dramatique actualité concernant les réfugiés, cet article signé Pierre Beaulieu se veut un rappel de valeurs fondamentales qui devraient être de mises dans toute la société.
À savoir, le respect de la dignité humaine ne peut pas être remis en question et « faire humanité » avec l’autre, quelle que soit sa différence apparente, car c’est ce qui nous rattache à un espoir.
Quel espoir ? Le journaliste de POUR explique : « L’espoir que notre existence a un sens, l’espoir d’ouvrir la voie et de laisser un modèle de société à nos petits frères, nos petites sœurs, nos enfants et nos petits-enfants où les femmes et les hommes vivent libres et dans le respect mutuel. »
La lutte incessante menée par POUR et par Fréquence Terre-Écolodio va dans ce sens. Dans celui de se mobiliser, c’est-à-dire de « lutter contre la dictature des quotas, des chiffres comptables et de la désinformation constante. »
Précision d’autant plus importante que, dans une précédente série de chroniques, nous avons abordé le sujet avec les ouvrages « Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit et sans armes » de Srdja Popovic (Payot) et « L’impératif de la désobéissance » de Jean-Marie Muller (Éditions du Passager clandestin).
Reprenons la lecture de notre confrère : « En conséquence de la violence et du processus de déshumanisation enclenchés par certains acteurs économiques, politiques et idéologiques, la désobéissance civile émerge. »
Partout la conscience et la force citoyenne s’affirment autour de la dignité humaine et de ce qui en découle. La solidarité et la primauté de l’Humain sortent des abysses d’une période sombre dans laquelle un projet de société basé exclusivement sur l’accumulation, l’individualisme et le profit les avaient plongées. La lumière perce le ciel sombre et illumine le visage de milliers de personnes touchées par des élans de mobilisation. »
Après avoir rappelé quelques nécessités pour aboutir à ce que la lumière éclaire davantage notre société, POUR conclut : « Aujourd’hui, l’enjeu premier réside dans notre faculté à dénoncer et à contrer l’influence néfaste du fanatisme des intérêts et de certains pouvoirs économiques et financiers sur nos communautés de destin. Nous affirmons que le pouvoir du citoyen réside dans sa capacité à désobéir quand c’est nécessaire, à transmettre l’information et à veiller à l’accessibilité à la contestation pour toutes et tous et enfin, dans sa capacité à créer un sens commun autour de la conscience de l’universalité d’enjeux qui touchent ou menacent finalement tout le monde… »
Alors en reportage dans le Nord de la France, j’ai découvert le n°86 du trimestriel Fakir, particulièrement diffusé en Picardie et principalement rédigé, illustré et géré par des bénévoles. Son slogan est « Journal fâché avec tout le monde. Ou presque » ; tiré à près de 90 000 exemplaires, il n’est lié à aucun parti, aucun syndicat, fournit une contre-information combative, rigolote sur la forme mais sérieuse sur le fond, pas sectaire.
En le lisant, j’ai aussitôt fait le lien avec POUR, dont le slogan est « Pour écrire la liberté » et est un autre média alternatif, au même titre que Fréquence Terre-Écolodio dans le monde radiophonique.
Fakir ose, non pas lancer des rumeurs, diffuser des infos poujadistes ou racoleuses, mais qui, sur base de dossiers fouillés et d’enquêtes approfondies (celles qui sont souvent occultées par les pouvoirs, le patronat, les médias scotchés aux multinationales), Fakir, donc, fournit une information détonante et explicite, entre autres, sur la mainmise de lobbyistes à maints niveaux de la société.
Pour illustrer mes propos, j’ai relevé quelques articles qui prouvent que la langue de bois ne fait partie de l’ADN du trimestriel et qui, heureusement, fait parfois modifier des comportements et des décisions qui paraissaient coulées dans le bronze.
« Lettre ouverte au Benalla de la Big Pharma » est un reportage qui évoque le directeur de Sanofi, la multinationale pharmaceutique française, aux étroites relations avec le président Macron malgré, selon Fakir et diverses sources crédibles citées, des dizaines de milliers d’enfants atteints de troubles neuro-développementaux précoces, notamment d’autisme, dus à l’anti-épileptique Dépakine, des rejets de vapeurs toxiques cancérigènes de son usine à Mourenx jusqu’à 190 000 fois plus que le maximum autorisé…
C’est aussi la démonstration, propres statistiques du ministère de l’Éducation à l’appui, qu’un haut fonctionnaire qui voulait rayer des établissements scolaires de Somme trois collèges de petites tailles au nom de la « rentabilité » et qui avait magouillé ses arguments, a été obligé de faire marche arrière. Preuve étant donnée que les petits collèges ont un taux de réussite plus élevé que les grands établissements !
C’est, dans le même ordre de lutte contre l’inégalité sociale, les injustices, l’influence des nantis…, la preuve que la Commission européenne a menti et donné l’occasion de revoir l’autorisation de la pêche électrique, hypocritement rebaptisée « pêche par impulsions ».
Remarque de Fakir, que personnellement j’ai pu vérifier dans la capitale de l’Europe il y a déjà quelques années au sujet du rôle des lobbies à la Communauté européenne : « Ainsi semble aller la vie, à Bruxelles : quand un lobbyiste ne peut passer par la fenêtre, il entre par la grande porte, bras dessus bras dessous avec un eurodéputé. »
Chaque trimestre, une trentaine de pages jouent donc la contre-information utile nécessaire pour tenter de sauver notre planète et la démocratie. Comme POUR, comme Fréquence Terre-Écolodio.
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